Le dernier rapport d'un Européen sur Ghât et les Touareg de l'Aïr

Part 12

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[Note 40 : Autre chef des Imanghasaten. Lors des derniers voyages de M. Foureau, il a été un des chefs hostiles qui n’ont voulu avoir aucun rapport avec l’explorateur français. Dans une lettre écrite à Adjiro (Aïr), Erwin de Bary a fait de lui le portrait suivant, qu’il n’est pas sans intérêt de reproduire : « C’est le type du noble targui. Très blanc de teint, doué d’une vigueur exceptionnelle, il a une voix retentissante, dont la basse profonde, même dans la conversation, me frappait d’étonnement. A la moindre émotion, ses yeux noirs s’allument, et l’on devine un nez en bec d’aigle sous son litham. Il est violent et susceptible, de sorte qu’il n’est pas commode de traiter avec lui. Othman me disait d’ailleurs : Oufenaït a l’extérieur d’un lion, mais le cœur d’un enfant. — Ce qui veut dire : ménage son orgueil et son ambition, et tu auras bon marché de lui. J’ai vu plus tard qu’Othman avait raison. »]

[Note 41 : Droit de passage.]

[Note 42 : On était en 1876. C’est un exemple assurément peu ordinaire, que celui de ce vieux chef de nomades, qui du fond de son Sahara, se tenait si bien au courant de la situation de l’Europe, et « parlait beaucoup » des Français, lui qui depuis quinze ans n’en avait pas revu un seul ! Il est certain que Duveyrier, avec ses manières généreuses et chevaleresques, avait produit sur l’émir une impression profonde, et quelles que soient les preuves de duplicité que nous aient données les Touareg, nous n’avons pas de raison de croire qu’Ikhenoukhen ne nous soit pas resté fidèle jusqu’à la fin. Son intérêt nous répondait d’ailleurs de la sincérité de ses sentiments, puisque les taxes payées par les caravanes françaises devaient, d’après le traité de Ghadamès, ne profiter qu’à lui seul. Ainsi s’explique aussi son attitude presque hostile vis-à-vis d’Erwin de Bary, qui tout en se présentant comme médecin musulman, était le protégé des Imanghasaten. Malheureusement, l’autorité d’Ikhenoukhen n’était plus acceptée sans conteste, les Imanghasaten et les Ifoghas étaient en état de rébellion ouverte, et Dournaux-Dupéré était mort victime de ces rivalités des tribus azdjer.]

[Note 43 : Plante non déterminée.]

[Note 44 : Plus d’un voyageur européen s’en est aperçu. Ce sont des Imrhad qui en 1894 ont menacé par exemple la mission d’Attanoux et l’ont mise un instant dans une position critique.]

[Note 45 : Il y a encore une autre raison : comme le remarque M. Foureau, les nobles prennent chez les Imrhad ce qu’ils trouvent à leur convenance, et ceux-ci se dédommagent sur le passant (_Rapport sur ma mission au Sahara, 1893-1894_, p. 261).]

[Note 46 : Voir Duveyrier, _les Touareg du Nord_, p. 165.]

[Note 47 : En Arabe _Chabrek_ ou _Chobrom_, en Touareg _afetazzene_ (Foureau, _Essai de catalogue des noms arabes ou berbères_, etc., p. 13). C’est le point le plus méridional où cette crucifère ait été observée jusqu’ici.]

[Note 48 : _Atriplex halimus_. Cette salsolacée est très recherchée des chameaux.]

[Note 49 : Ils sont généralement en peau d’antilope, et viennent pour la plupart de l’Aïr.]

[Note 50 : Tous les Touareg ne se coiffent pas de la même façon. De Bary signale plus loin une ancienne coutume qui a persisté chez les Kel-Fadé de l’Aïr et chez une partie des Ifoghas du Sahara méridional.]

[Note 51 : Déjà Duveyrier avait signalé l’identité probable de l’oléandre avec l’arbuste appelé _elel_ par les Touareg (p. 212). L’observation d’Erwin de Bary confirme l’existence, dans les hautes parties du pays Touareg, d’une petite flore méditerranéenne qui comprend sans doute le myrte et le thuya.]

[Note 52 : Ici le rapport donne une série d’indications topographiques pour la construction de l’itinéraire.]

[Note 53 : Il prend ici le nom d’oued Tafelamine.]

[Note 54 : Ascherson a identifié l’_Ana_ avec la _Leptadenia pyrotechnica_ (Asclépiadées). (_Pflanzen des mittlern Nord-Afrika_, dans Rohlfs, _Kufra_, p. 484).]

[Note 55 : Voir plus loin, p. 63.]

[Note 56 : Plante non déterminée.]

[Note 57 : Voir dans F. Foureau, _Rapport sur ma mission au Sahara 1893-1894_, p. 133, le tableau de la partie inférieure de l’oued Mihero. Les deux descriptions se complètent très bien.]

[Note 58 : « La paix ! la paix ! »]

[Note 59 : Tuer une femme serait une ignominie pour les Touareg, et les Hoggar eux-mêmes ne l’oseraient pas. C’est ce qui explique que le berger ait envoyé sa femme en se mettant lui-même à l’abri.]

[Note 60 : M. Foureau a trouvé des flaques d’eau jusque dans l’oued Mihero inférieur. Après la pluie, l’oued est, dit-on, impraticable. (Ouv. cité, p. 130.)]

[Note 61 : Erwin de Bary ayant étudié les sciences naturelles, on peut considérer l’observation comme acquise. L’oued Mihero est jusqu’ici le seul point où la survivance du crocodile ait été signalée dans l’immense espace qui sépare le Nil du coude du Niger. On sait qu’il a disparu également des pays de l’Atlas.]

[Note 62 : Depuis cette époque, un seul Européen a revu l’oued Mihero : c’est M. Fernand Foureau. Il fut malheureusement arrêté dans sa marche, à deux jours au nord des _Sebarbarh_, par un Targui fanatique, propriétaire du pâturage, qui lui interdit d’aller plus loin. (_Rapport sur ma mission au Sahara, 1893-1894_, p. 134).]

[Note 63 : Il ne faudrait pas cependant inférer de ces expressions admiratives que ces oueds touareg soient des terrains de colonisation qui fourniraient à nos colons de vastes étendues cultivables. Au Sahara tout est relatif, et les oueds du Tasili, balayés de temps à autre par une crue torrentielle, qui les rend impraticables, constituent de bien piètres et bien insignifiantes parcelles cultivables au milieu de l’immensité du désert stérile et inabordable. Comme on l’a dit, ce sont des contrées « que l’on peut traverser, mais non pas mettre en valeur ». (Foureau, _Rapport sur ma mission au Sahara, 1893-1894_, p. 13)]

[Note 64 : Plante non déterminée. Ce nom ne figure pas dans le _Catalogue des noms arabes et berbères relatifs_ à la flore saharienne publié récemment par M. Foureau.]

[Note 65 : Il ne faut pas s’étonner de cette épithète appliquée à des Touareg de la classe des nobles. Chez les Azdjer, il y a extrêmement peu de riches parmi les nobles ; ce sont les Imrhad (vassaux) qui possèdent. (Foureau, _Mission chez les Touareg, 1894-1895_, p. 74.)]

[Note 66 : On sait que les Touareg Taïtoq (ou Touareg de l’Ahenet) faits prisonniers en 1888 ont prétendu faire partie d’une confédération indépendante des Hoggar, mais que leur sincérité pouvait être mise en doute (voir Bissuel, _les Touareg de l’Ouest_, Alger, 1888). Ceci prouve, en tout cas, qu’en 1876 les Taïtoq comptaient encore parmi les Hoggar.]

[Note 67 : Tribu azdjer.]

[Note 68 : C’était, en réalité, un marabout de l’Aïr, nommé Toufik, et dont il sera question plus loin.]

[Note 69 : Ceci paraît une vanterie, à en juger par ce qui s’est passé plus tard. En 1894, un rhezi de 70 Tibbou « a pénétré dans le village de Taderamt, à 800 mètres de Ghât, y a tué trois hommes ; puis a volé une cinquantaine de chameaux à une caravane campée sous les murs de la ville, et est reparti tranquillement sans que la garnison turque ait même fait mine de se montrer ; il paraît, du reste, que cette garnison agit toujours ainsi. » (Foureau, _Mission chez les Touareg, 1894-1895_, p. 76.)]

[Note 70 : Celle des Megarha de l’oued Châti, qui infligèrent aux Hoggar une défaite sensible près du mont Tifedest.]

[Note 71 : Il y avait là, en effet, une indication précieuse, dont le colonel Flatters eût pu faire son profit. Le commandant Bernard, membre de la première mission Flatters, recommande également l’adjonction d’une trentaine de chevaux comme une des mesures les plus efficaces pour assurer le succès d’une mission transsaharienne (_Deux Missions françaises chez les Touareg_, Alger, 1896, p. 327). Il ne faut pas oublier que les chameaux touareg n’étant pas habitués aux chevaux manifestent à leur vue la plus grande terreur.]

[Note 72 : Les Kel-Ouï de l’Aïr sont des Touareg de teint très foncé par suite de leurs nombreuses unions avec des femmes nègres.]

[Note 73 : Cette offre curieuse montre bien à quel genre d’opposition la pénétration française s’est heurtée chez certaines tribus azdjer. C’était avant tout le dépit de voir une source de revenus nouvelle venir augmenter la force du chef d’un parti rival. La convention de Ghadamès avait fait des jaloux. Les Imanghasaten, antifrançais farouches, seraient devenus maniables s’ils avaient eu l’espoir d’avoir pour eux les droits de passe réservés à l’émir.]

[Note 74 : 500 francs. C’est la somme qu’ont payée Duveyrier et M. Foureau.]

[Note 75 : Chef de la zaouïa de Tounine. Ne pas confondre ce personnage avec le chérif arabe Moulay-el-Mahadi, marabout des Tidjaniya, à qui M. Foureau a eu affaire en 1895, et qui s’est montré fort bien disposé pour lui.]

[Note 76 : Abd el-Kader-Ould-Badjouda était chef de la tribu arabe des Ouled-ba-Hammou. Tant qu’il a vécu, il a été l’ennemi de l’influence française. Son fils a hérité de sa haine.]

[Note 77 : Dournaux-Dupéré et Joubert. E. de Bary a écrit plus tard : « Comme je l’ai appris de source certaine, chacun savait à Ghadamès que ces voyageurs allaient à la mort. Aucun de ces marchands jaloux de leur monopole n’eut l’idée de les avertir. En général, les Français doivent bien se persuader qu’ils n’ont pas, dans leurs tentatives commerciales, d’adversaires plus acharnés que ces Ghadamésiens faux et polis. Tous les efforts faits de ce côté échoueront tant que la France n’aura pas recours à des mesures plus énergiques. » (Lettre du 1er avril 1877, _Verhandlungen_ de la Soc. de géogr. de Berlin, 1877, p. 248).]

[Note 78 : Il est bien plus probable que le marabout n’a pas voulu le renseigner sur ce point. Il est extrêmement difficile d’obtenir des détails sur l’extension réelle des diverses associations religieuses ; comme on verra plus loin, les amis touareg d’Erwin de Bary se sont dérobés, lorsqu’il leur a demandé de lui servir de parrains pour s’affilier à deux de ces confréries.]

[Note 79 : Cette seconde supposition est invraisemblable. Bien des musulmans sont affiliés simultanément à plusieurs confréries.]

[Note 80 : Infidèle.]

[Note 81 : Les esprits.]

[Note 82 : On ne saurait s’en étonner. Les musulmans instruits se défient au Sahara des Européens convertis, et E. de Bary ne tenait nul compte de ce sentiment.]

[Note 83 : Oasis de l’Adrar méridional.]

[Note 84 : Barth (_Reisen_, I, p. 524, 542) a indiqué, d’après les renseignements fournis par les Kel-Ouï, les étapes de la route des pèlerins dans le Sahara méridional.]

[Note 85 : Les Tagama de Barth.]

[Note 86 : Chacun de ces oueds a son propriétaire qui ne laisse pâturer les chameaux des autres qu’en échange d’une redevance, et exige même un droit du voyageur qui ne fait que passer sur son terrain. C’est en vertu de ce droit de propriétaire qu’en 1894 le cheikh Mohammed a intimé à M. Foureau l’ordre de quitter l’oued Mihero, malgré la présence d’un envoyé du chef suprême des Azdjer.]

[Note 87 : Nom inconnu. N’y a-t-il pas erreur de transcription ?]

[Note 88 : L’émir des Hoggar.]

[Note 89 : Ce récit n’est jamais parvenu en Europe.]

[Note 90 : On peut se demander si cet incident n’a pas coûté la vie au voyageur.]

[Note 91 : Tribu de la confédération des Azdjer, campée d’ordinaire dans la plaine d’Admar. Duveyrier en fait un portrait des moins favorables.]

[Note 92 : Tous les voyageurs qui ont été en contact avec les Touareg ont eu à faire la même expérience. « Les Touareg, dit M. Foureau, sont avant tout mendiants, depuis les chefs jusqu’au dernier des esclaves ; tous viennent demander au passant de l’argent, des cadeaux et de la nourriture. C’est une véritable plaie, et nul ne peut se soustraire à cette déplorable coutume qui consiste à se faire donner du matin au soir, et à faire fournir par le voyageur la nourriture à tous les visiteurs. Les principales excuses à ce défaut sont : la pauvreté du pays, leur misère et la difficulté de se procurer du gain, l’habitude séculaire du pillage. Leurs instincts mendiants découlent aussi un peu de leur organisation. Il y a chez eux trois classes : les nobles, peu nombreux, les serfs et les nègres. Les nobles sont habitués à prendre chez les seconds, qui sont leurs vassaux, tout ce qui peut leur convenir ; ceux-ci rendent la pareille aux passants, quand les nobles ont d’abord exigé les droits d’usage. » (F. Foureau, _Rapport sur ma mission au Sahara, 1893-1894_, Paris, 1894, p. 210.)]

[Note 93 : Nom probablement mal transcrit.]

[Note 94 : Par suite de leurs fréquentes unions avec des femmes achetées au Soudan, les Kel-Ouï parlent la langue haoussa aussi couramment que leur propre dialecte berbère. Ce dialecte est d’ailleurs mélangé d’une foule d’expressions haoussa. (Barth, _Reisen und Entdeckungen in Nord- und Central-Afrika_, I, p. 374).]

[Note 95 : Ceci dénote l’inexpérience d’Erwin de Bary. S’il avait eu sous la main l’ouvrage de Barth, par exemple, il aurait vu que ce taux qui lui paraissait exorbitant ne représentait même pas le bénéfice ordinaire que le négociant transsaharien retire de la vente de ses marchandises. Les risques étant très forts et les pertes nombreuses, il faut que le taux des bénéfices s’élève en proportion.]

[Note 96 : Il faut se rappeler qu’en cette saison les nuits du Sahara sont souvent très froides.]

[Note 97 : Il ne semble pas que cette caisse soit parvenue à destination. On en est ainsi réduit à la note géologique sommaire qu’on trouvera à la fin de ce volume.]

[Note 98 : Il y avait là, évidemment, une extorsion concertée. La caravane étant allée, selon l’usage, camper la veille de son départ loin de la ville, il fallait à tout prix la rejoindre avec les bagages le même soir.]

[Note 99 : Voir, pour cette partie du voyage, les feuilles 12 (Mourzouk) et 19 (Agadez) de la carte d’Afrique au 1/2.000.000 de M. de Lannoy de Bissy.]

[Note 100 : Erwin de Bary avait observé en dessous des couches de grès brun qui forment les terrasses supérieures du plateau de Tayta, au nord-est de Ghât, des affleurements de couches également horizontales de marnes et schistes argileux en feuillets très minces, de couleur jaune clair, rouge, brune ou grise, alternant avec des calcaires gris (_Zeitschrift der Gesellsch. für Erdkunde in Berlin_, 1877, XII, p. 77-79).]

[Note 101 : Nous avons supprimé ici et dans les pages qui suivent une série de lectures de boussole et autres indications qui n’ont d’intérêt que pour la construction de l’itinéraire.]

[Note 102 : En arabe _cheggaa_, en touareg _djemda_. (Foureau, _Essai de catalogue des noms arabes et berbères_, etc., Paris, 1896, p. 12.)]

[Note 103 : _Cornulaca monacantha_ Del. C’est une des plantes favorites des chameaux.]

[Note 104 : Nom inconnu. Il faut sans doute lire Ghât.]

[Note 105 : Nous employons le terme aujourd’hui admis de _reg_, bien que de Bary n’en use pas lui-même (il dit _Kiesebene_), pour désigner cette forme particulière de terrain à surface plane et ferme, constituée par des graviers roulés plus ou moins gros, auxquels se mêlent parfois de petits débris de roche.]

[Note 106 : L’oued Tarhareben de la carte de Barth (_Reisen_, I, pl. 5).]

[Note 107 : Groupe de puits où bifurquent les routes de l’Aïr à Ghadamès et de l’Aïr au Touât.]

[Note 108 : Erwin de Bary se plaint plus haut de l’incohérence des renseignements fournis par les Kel-Ouï, en voici un exemple. On sait que le pays des Tibbous est à l’est de l’Aïr, et que celui des Aouélimiden à l’ouest du même pays.]

[Note 109 : Le vrai nom de cet arbre est _teborak_ (Foureau, _Catalogue des noms arabes et berbères_, etc., p. 42). C’est le _Balanites aegyptiaca_ Del., en arabe _hadjilidj_, arbre caractéristique du Soudan septentrional. Barth, dont l’itinéraire reste un peu plus à l’ouest, a signalé son apparition sous la même latitude (_Reisen_, I, p. 294).]

[Note 110 : Acacias gommiers.]

[Note 111 : Campement des Touareg Azdjer situé dans l’Anahef, sur une route plus occidentale (carte de Barth).]

[Note 112 : Drine des Arabes (_Arthratherum pungens_).]

[Note 113 : _Pulicaria undulata_ L. (Foureau, _Essai de catalogue des noms arabes_, etc., p. 5).]

[Note 114 : _Leptadenia pyrotechnica_ R. Br.]

[Note 115 : Ne s’agirait-il pas du séné, _Cassia obovata_, dont Barth a noté la limite nord sur sa carte, presque sous la même latitude ? C’est ce qu’il est difficile de dire, attendu que, comme l’a déjà remarqué Ascherson (_Pflanzen des mittlern Nord-Afrika_. p. 474), de Bary n’a nommé nulle part le séné, qui existe cependant dans l’Aïr.]

[Note 116 : _Euphorbia calyptrata_ Coss.]

[Note 117 : Le voyageur a évidemment confondu avec des basaltes des roches éruptives anciennes, telles que des porphyrites.]

[Note 118 : C’est-à-dire : c’est là que finissent les terrains de parcours des Touareg du Nord, et que commencent ceux des Touareg d’Aïr. Barth, qui a passé plus à l’ouest, place cette limite à Asiou, sous la même latitude. Quant aux districts habités, ils sont situés bien plus loin au sud.]

[Note 119 : D’après Duveyrier et le _Catalogue_ Foureau, ce nom s’applique tantôt au _Maerua rigida_ R. Br., observé par Duveyrier à Ouererat, au nord de Ghât, tantôt un arbre différent, encore indéterminé. Ascherson ne cite pas le _Maerua rigida_ parmi les espèces de l’Aïr déterminées avec certitude. Mais de Bary nomme le _Maerua rigida_ en toutes lettres, et comme il avait avec lui l’ouvrage de Duveyrier, qui en donne la description détaillée, il n’est guère admissible qu’il ait pu s’y tromper.]

[Note 120 : Ici l’itinéraire de de Bary rejoint celui de Barth.]

[Note 121 : Sans doute l’_alouet_ du catalogue Foureau. Désigne probablement la _Moricandia suffruticosa_ Coss., en arabe _foul-el-djemel_, signalée comme fréquente dans l’Ahaggar et très recherchée des chameaux (v. Duveyrier, _les Touareg du Nord_, p. 150).]

[Note 122 : Semble être une variété de l’_Arthratherum pungens_, le _drine_ du Sahara algérien (Foureau, _Catalogue des noms arabes et berbères_, etc., p. 36).]

[Note 123 : Cette plante est répandue dans toutes les oasis du Sahara, jusqu’en Tripolitaine, mais nulle part, sauf au Soudan, elle n’atteint pareille taille.]

[Note 124 : E. de Bary le nomme plus loin : c’est Iferouane.]

[Note 125 : La véritable dénomination est _Serki-n-touraoua_, ce qui veut dire en langue haoussa « consul des blancs » (Barth). On appelle ainsi au Haoussa le fonctionnaire chargé de servir d’intermédiaire aux Arabes dans leurs rapports avec les sultans noirs.]

[Note 126 : Pièce de cotonnade blanche d’environ 22 mètres.]

[Note 127 : Cette observation a son importance. Elle prouve qu’à l’ouest des massifs que Barth a portés sur sa carte (Timgué, Boundaï, etc.), il en existe d’autres, non moins élevés peut-être, et que la zone montagneuse de l’Aïr est plus large qu’on ne se le figure généralement.]

[Note 128 : Plante non déterminée.]

[Note 129 : Il est visible que le chef de la caravane a évité les endroits habités, afin que le voyageur arrivât sans encombre jusqu’à la résidence de son protecteur, le hadj Bilkhou.]

[Note 130 : Le Boundaï de Barth.]

[Note 131 : Probablement l’Adjouri de Barth.]

[Note 132 : Les sangliers sont inconnus dans les autres oasis du Sahara. Ils représentent dans l’Aïr, comme les crocodiles dans le massif central, une faune de survivants, aujourd’hui isolés par le désert.]

[Note 133 : Les Stapélies appartiennent à la flore de l’Afrique du Sud ; c’est la première fois qu’une espèce de ce genre est signalée au Sahara, où d’autres plantes grasses de la famille des asclépiadées (ex. _Calotropis procera_) sont fréquentes.]

[Note 134 : Le jujubier (_Zizyphus lotus_ L.) est en effet un arbuste nettement méditerranéen, qui ne dépasse pas vers le Sud la hamada el-Homra. Par contre, on le retrouve dans le massif central du Sahara, où les Touareg l’appellent _tabaket_, _tazzougart_ (_Catalogue_ Foureau, p. 37).]

[Note 135 : Barth n’avait signalé dans l’Aïr que des cônes trachytiques.]

[Note 136 : Qui resta lettre morte, le serki étant parti faire un séjour à Sokoto.]

[Note 137 : Tribu touareg redoutée à cause de ses habitudes de pillage, et le plus souvent alliée aux Aouélimiden contre les Kel-Ouï (voir Barth, _Reisen_, I, p. 383). « Les Kel-Ouï, écrivait E. de Bary plus tard, sont en guerre continuelle avec les Aouélimiden et les Kel-Fadé, de sorte que, depuis des années, aucune caravane d’Agadès n’a pris la route de l’ouest. Des bandits recrutés chez les Kel-Guérès, les Aouélimiden et les Kel-Fadé infestent de même la route d’Agadès à Sokoto, et seules de très grandes caravanes peuvent s’y risquer. » (Lettre d’Adjiro, 1er avril 1877, publiée dans les _Verhandl. der Geselsch. für Erdkunde_, 1877, p. 246.)]

[Note 138 : C’est la première fois qu’il en est fait mention.]

[Note 139 : Barth dit au contraire que les Kel-Ouï sont venus du Nord-Ouest (_Reisen_ I, p. 372).]

[Note 140 : Il ne s’agit évidemment ici que de la partie de la région qui confine à Agadès.]

[Note 141 : Il y a là un renseignement à retenir. Il est vrai que la mode est changeante, et que tel article demandé en 1877 peut ne plus l’être aujourd’hui. Les agates ne figurent pas sur la liste des marchandises importées par les caravanes en 1862, d’après le rapport du commandant Mircher (_Mission de Ghadamès_, p. 39).]

[Note 142 : Au dire des Touareg Taïtoq faits prisonniers en 1889, Talabe est situé à quatre jours au nord-ouest d’Agadès. C’est un bas-fond, récepteur de plusieurs oueds venant de l’est, et couvert d’une véritable forêt d’arbres divers (Bissuel, _les Touareg de l’Ouest_, p. 191). Si l’information donnée à E. de Bary est exacte, l’oued Aouderas, dont Barth a traversé la vallée supérieure en allant à Agadès, se prolongerait donc dans la direction du nord-ouest sur une distance de plusieurs journées de marche.]

[Note 143 : Cette évaluation est plus forte que celle de l’informateur de Richardson, qui estimait les forces réunies du Gober et du Maradé à 1500 hommes (_A Narrative of a Mission to Central-Africa_, II, p. 104). Les autres renseignements cadrent parfaitement avec ceux de Richardson, Barth, Staudinger, et Monteil sur ce mystérieux peuple gober, ennemi acharné des peuples de Sokoto.]

[Note 144 : Voir plus haut.]

[Note 145 : Allusion aux Touareg Taïtoq de l’Ahenet, qui vont se ravitailler dans l’oued Telak. E. de Bary mentionne ailleurs encore un autre grief : « Depuis trois ans, aucun Hoggar n’est venu dans l’Aïr. Cela tient à leur refus obstiné de rendre des chameaux volés au marabout El-Bakkay de Tombouctou, et cela malgré les représentations du hadj Bilkhou, qui a pris fort mal la chose. » (Lettre citée, _Verhandl. der Ges. für Erdkunde_, p. 246). Les Hoggar pouvant se ravitailler au Touât se souciaient peu, évidemment, du mécontentement des Kel-Ouï.]

[Note 146 : L’autorité du sultan d’Agadès est purement nominale. « Tout son rôle, dit encore E. de Bary, se borne à faire percevoir un tribut sur les caravanes qui viennent du Nord. (De là ce nom de serki-n-touraoua, consul des blancs, que portait le malandrin qui avait dépouillé le voyageur.) Quant aux Kel-Ouï, ils ne paient de tribut ou de redevance d’aucune sorte, et chaque cheikh traite à sa guise les affaires intérieures de sa tribu. » (Lettre citée, p. 251.)]

[Note 147 : La même information a été recueillie récemment par le lieutenant de vaisseau Hourst (_la Mission Hourst_, Paris, p. 225, 1897).]

[Note 148 : Renseignement erroné, que le voyageur a rectifié plus tard (voir plus loin p. 139).]

[Note 149 : Et non en sténographie.]

[Note 150 : Cette nécessité d’aller chercher des vivres au Soudan n’était pas un fait anormal. L’Aïr ne suffit pas à nourrir la population qui l’habite. « Sans le commerce du sel, dit Richardson, la population se verrait dans l’alternative de périr ou d’émigrer au Soudan. » (_A Narrative of a Mission to Central-Africa_, II, p. 138).]