La Tétralogie de l'Anneau du Nibelung

Part 43

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[Note 447-3: «Voici»: il y a dans le texte _nun_, dont le sens est celui de «maintenant», «à présent», et qui souvent du reste est explétif. Je crois n'avoir nul besoin de justifier autrement cet emploi d'un mot dont l'équivalent est d'un si général usage dans les poésies _primitives_,--puisque aussi bien ce chant de Siegfried nous suggère l'authentique genèse de la Poésie dans les races humaines en contact avec la Nature: il nous suggère encore, à un autre point de vue, l'enthousiasme joyeux de l'Homme qui, pour la première fois, s'asservit la Matière. Mais d'ailleurs, quoi Wagner ne nous suggère-t-il point?]

[Note 447-A: Voici le chant de la Forge: Un nouveau motif de forge se développe, plein d'entrain, très touffu, rythmant puissamment la très simple mélodie de Siegfried. Il ne ressemble nullement au morne motif de forge, affecté à Mime et aux Nibelungen, et qui exprime une idée de travail âpre et stérile. (Partition, pages 106 et suiv.)]

[Note 451-1: «Et voilà le jeune Sjurd qui chevauche devant sa porte (celle de Regin). Regin rejette loin de lui tous ses outils de forgeron et saisit une épée:--«Sois le bienvenu, Sjurd, je t'ai forgé une épée; si le courage ne te manque pas, tu iras loin en tes chevauchées.» Sjurd s'avança vers l'enclume et frappa de toutes ses forces. L'épée était si dure qu'elle ne pouvait plier ni se briser. Sjurd frappe avec force, et, du coup, il fend du haut en bas l'enclume et le billot qui la supporte.» (_Chants des Iles Féroë._) «Alors Regin forgea une épée qui s'appelait Gram et qui était si acérée que quand Sigurd la tenait dans une rivière, elle coupait un flocon de laine que le courant apportait contre son tranchant. Puis, avec cette arme, Sigurd fendit jusqu'en bas l'enclume de Regin.» (_Edda_ de Snorro). Analogues détails dans l'_Edda_ de Sœmund (_Sigurdakvidha Fáfnisbana önnur_), dans la _Völsunga-saga_, dans la _Wilkina_ ou _Thidreks-Saga_, etc.--Parmi les ressemblances _extérieures_ de Siegfried et de Parsifal, notons en passant que ce dernier se coupe lui-même son arc et ses flèches.--En ce qui concerne Siegfried, Wagner a bien compris que le héros seul devait se reforger son Epée. Dans la _Tétralogie_ seulement, remarquais-je plus haut, Siegfried vient à bout de ce projet malgré son ignorance de l'art,--_à cause même de cette ignorance_, a pu dire Mime. En effet, recréée par lui, dans ces conditions, _à ces conditions_, elle ne sera plus l'arme d'un Siegmund, d'un héros qui ne devait son Glaive, comme sa détresse, comme son courage et ses révoltes, qu'à Wotan même; cette épée ne sera plus la Pensée de Wotan, mais l'arme d'un Héros vraiment libre; l'arme d'une indépendante Humanité, dont Siegfried symbolise la Jeunesse, la Joie; l'arme ainsi capable sinon d'effectuer, du moins de préparer, et de rendre possible, l'Acte unique, l'Acte libérateur et rédempteur; l'arme capable, enfin, de fracasser la Lance, sur laquelle sont inscrites les Runes des Conventions, seules gardiennes de l'Ordre établi.]

[Note 451-A: A ces paroles, la Fanfare du Glaive jaillit, foudroyante. (Partition, page 135 en haut.) Le finale de l'acte est bâti sur ce thème.]

[Note 452-1: A qui lut avec soin mes notes, faut-il remémorer que Wotan est le «Père-des-Orages» (_Sturmvater_), et quel est son «coursier d'éclairs», et pourquoi lui, _Lichtsohn_, «approche brillant, dans l'ombre?» et tant et tant d'autres détails analogues? J'imagine que non.]

[Note 453-1: «Cette Forêt, le Puissant la craint et l'évite», disait Brünnhilde en _La Walküre_. Wotan craignait d'être tenté, quoique «frapper Fafner» lui fût «interdit.» Mais à présent qu'ayant _renoncé_, comme on s'en convaincra bientôt, il vient «pour voir, non pour agir,» il ne redoute plus les tentations. Alberich ne peut croire encore à ce renoncement; d'où sa fureur et son effroi.]

[Note 453-2: Wotan, perdant Brünnhilde, a perdu, avec son vivant Désir, le goût d'«agir.»--«_Depuis qu'il s'est arraché de toi_,» dit Waltraute à Brünnhilde, au _Crépuscule-des-Dieux_, «dans les mêlées Wotan ne nous a plus envoyées» (_nous_ désigne les Walkyries); «sans direction, pleines d'inquiétude, nous chevauchions, au hasard, du côté des armées. Les Héros du Walhall, Walvater les fuyait: seul, à cheval, sans repos ni répit, il courait le Monde, en Voyageur...» etc., etc. Il faudra remarquer, en effet, qu'à mesure que se développe le quadruple Drame, Wotan y «agit» de moins en moins. Dans le _Crépuscule-des-Dieux_, il ne paraîtra plus, encore que tous les événements n'y soient, y compris le dénouement, que les inévitables péripéties, l'inévitable catastrophe, issues de ses «actions» antérieures.]

[Note 455-1: «Comment ce Dieu (Odin) trouve-t-il de quoi nourrir une foule qui doit être considérable (celle des Héros)--Har répondit: Elle est en effet très nombreuse et s'accroîtra bien davantage encore; cependant elle sera insuffisante quand Fenris viendra.» (_Edda_ de Snorro, _Gylfaginning_.)]

[Note 455-2: «Au Ragnarœcker (Crépuscule-des-Dieux) toute la suite de Hel sera avec Loke.» (_Edda_ de Snorro.)--Sur Hella, p. 366, n.(3).]

[Note 456-1: Sein Herr ist er, «il est son maître.»--L'_Edda_ de Sœmund (_Sigurdakvidha Fáfnisbana önnur_), les _Chants des Iles Féroë_, la _Völsunga_, font d'Odin, tantôt sous les noms de Huikar, Feng, Fiœlnir, etc., tantôt sous la forme d'«un homme âgé» qui «n'a qu'un œil au front»,--le protecteur de Sigurd ou Sjurd, dont il guide la barque, ou auquel il donne des conseils pour tuer le Dragon, etc. On sait déjà, par la _Walküre_, que Wagner ne pouvait adopter cette version: «Un seul,» a dit Wotan, «peut ce qui m'est impossible: un Héros que mes préférences mêmes ne me pousseraient jamais à soutenir: qui, étranger au Dieu, _affranchi de sa faveur_, réaliserait inconsciemment, sans en avoir reçu mission, _et à l'aide de ses propres armes_, l'objet de mon exclusif Désir...», etc.]

[Note 456-2: Les Héros de Walhall.]

[Note 456-3: Wotan se nomme en effet lui-même ailleurs _der Weckrufer_, mot qui signifie «l'_Éveilleur_».]

[Note 457-1: Littéralement: «Le Sauvage».]

[Note 460-1: «Ecoute, illustre Sjurd, va, chevauche... Pour un chef tel que toi, je suis prêt à donner ma vie.--Ecoute, Regin, tu me parles ainsi, mais, ô forgeron Regin, tu nourris d'autres sentiments au fond du cœur.» (_Chants des Iles Féroë_.)]

[Note 461-1: «Promets-moi encore ceci, illustre Sjurd, quand tu te rendras sur la bruyère, sur la Glitraheide» (la bruyère étincelante où est couché le Dragon), «consens à ce que je t'y suive.» (_Chants des Iles Féroë_)]

[Note 461-A: Ici commence cette admirable Symphonie des Murmures de la Forêt. (Partition à partir de la page 173.)--L'inspiration de Wagner s'y épanouit en un souffle d'idyllisme héroïque. De mystérieux murmures frissonnent dans l'orchestre. Mais voici que de ces profondeurs palpitantes, doucement, mariant ses modulations au bruissement de la forêt, le thème si mélancolique des Malheurs des Wälsungen se déroule. (Cf. Valkyrie, partition, pages 15 et 16.--Voy. la note de la page 321.--Pour ce passage de la partition de Siegfried, voy. cette partition page 174, en haut.)--Il reviendra, plus sombre, dans la Marche funèbre du Crépuscule des Dieux. Avec moins de détresse ici, mais toujours aussi poignant, il rappelle, d'un frisson, la destinée tragique attachée à la Race des Wälsungen; il nous suggère que ce Héros, là, sous nos yeux, ivre de jeunesse et de vaillance, aura la destinée mélancoliquement tragique de Sieglinde et de Siegmund.

Un gazouillis d'oiseaux susurre, et voici qu'il se précise en un chant perlé. (Partition, page 176, au bas, et toute la page 177.) Sans doute l'oiseau, dont tout à l'heure Siegfried comprendra si bien le ramage. Emerveillé, l'Enfant veut imiter le chant des oiseaux; il n'aboutit qu'à tirer de son chalumeau un son très criard et très douteux. (Partition, page 181.--Silence complet de l'orchestre durant ce puéril et charmant tableau d'idylle.)--Puis, tandis que l'immense murmure harmonieux reprend (partition, page 182), Siegfried, dépité, embouche son cor, cette fois, plus habile à cette musique-là. Une fanfare allègre, que nous entendrons souvent, se répercute à tous les échos de la Forêt, dont le bruissement est couvert tout à coup par de formidables accords graves. (Partition, page 184 et 185, en haut.) Hélas! les oiseaux se sont envolés et c'est le Dragon qui arrive.

Toute cette Symphonie de la Forêt, si descriptive, si paysagiste, si remplie d'un souffle de Nature, est, d'ailleurs, quelque peu voisine aux thèmes de la Mélodie primitive. En son frissonnement palpite la note caractéristique, resplendissante, (_dominante_) de la _Rheingold-fanfare_, forme éclatante du thème originel.--(Cf. _Rheingold_, partition, page 30.--Voyez la note de la page 238.) Dans ces transformations profondes, fondamentales du thème de la nature, il y a une idée philosophique de durée; et cette idée de durée, de perpétuité indifféremment radieuse des choses, nous allons la voir reparaître, se développer, s'affirmer, à mesure que le Drame individuel, penchera de plus en plus vers sa catastrophe. La Partition du _Crépuscule-des-Dieux_ est pleine de ces retours de la Mélodie primitive: significatif.

Se fondant de plus en plus dans le concert des harmonies premières, la Symphonie de la Forêt conclut par le Chant de l'Oiseau, où nous retrouvons la Mélodie de Woglinde, entendue au début de _Rheingold_, mélodie issue du motif de la Nature. (Cf. _Rheingold_, partition, page 5.--Voy. ci-après, la note de la page 470.)]

[Note 463-1: _Waldweben._--L'idée du _Waldweben_ se trouve dans le _Wieland der Schmied_ de Simrock. Mais qu'importe une telle origine, étant donné ce qu'a fait Wagner de cette idée?--Peu d'habitués de nos concerts qui n'aient entendu le _Waldweben_: on voit par lui quelle communion s'établit entre la Nature, la Forêt vivante,--et l'âme de Siegfried. C'est de ces murmures de la Forêt que se dégage, pour flotter d'abord autour de lui, pour pénétrer ensuite en lui, ce qu'on appelle «la pensée de la mère.» Il n'est pas neuf de signaler, dans cette prestigieuse symphonie, l'intervention du thème dit _Wellenbewegung_, qui, d'un bout à l'autre du _Ring_, chante l'éternel renouvellement, l'éternelle succession, l'indéfini devenir des choses, des existences, et dont le mélodieux panthéisme, ici tout particulièrement, suggère la présence de l'âme de Sieglinde, indiquée d'ailleurs par un autre thème. Mais cette présence, à qui connaît l'œuvre allemande et la langue allemande, n'est-elle pas rendue évidente, en dehors même de la musique, par le choix des termes du texte? Sous quel arbre Siegfried s'est-il assis? Sous un _Tilleul_. Et l'Oiseau-de-la-Forêt, l'Oiseau qui tout à l'heure, prophétique, guidera l'innocent, sur quel arbre chante-t-il, sur lequel reste-t-il? Sur le _Tilleul_, et dans le _Tilleul_. C'est le choix de cet arbre qui, dans le poème de _Siegfried_, exprime pour _le lecteur_ cette présence de Sieglinde, cette présence de l'âme de Sieglinde, _sensible à l'auditeur_-spectateur du Drame intégral, du _Wort-Tondrama_, du Drame Musical-Poétique-Plastique.--Le choix de cet arbre?--Sans doute; voici: _Tilleul_, en français, n'évoque rien; mais si _Tilleul_ se prononçait _Linde_; si _Linde_ était l'un des éléments constitutifs du nom de _Sieg-Linde_, n'évoquerait-il pas bien des choses? Or tel est le cas; ma preuve est faite. Il me reste à la compléter par l'étymologie de Sieglinde, que j'ai promise antérieurement. Tout d'abord le mot _Sieg_ (victoire) entre dans la composition du nom de chacun des Wälsungen (_Sieg_-mund, _Sieg_-linde, _Sieg_-fried), ce qui est logique, Wälse n'étant autre que Wotan, et Wotan s'appelant quelquefois _Sieg_-vater, le «Père-des-Victoires.»--_Sieg-Linde_ pourrait donc se traduire, à peu près: «_Tilleul_-de-Victoire». C'est un nom plus ou moins peau-rouge? Je le reconnais; mais il n'est tel qu'en apparence. Car ouvrons par exemple Schade (_Alt-deutsches Wörterbuch_, 2e éd., Halle, 1872-82), au mot _Linde_: nous y lirons que _Linde_ (Tilleul) est ainsi désigné à cause de la _tendresse_, _délicatesse_, souplesse et flexibilité du bois, «von der _Weichheit_ und _Nachgiebigkeit_ genannt, sowol von der weichen Spinde des Baums zwischen Rinde und Kern, als auch von dem _weichen nachglebichen_ Holze.» Or, _tendre_ (au propre et au figuré), _délicat_ (au propre et au figuré), ces adjectifs desquels Schade nous a convaincus que le Tilleul a tiré sa dénomination, se rendent en haut-allemand (_alt et mittelhochdeutsch_) par _lind_, _lindi_, _linde_, que le même philologue définit par _weich_ (_tendre_, délicat, sensible), _sart_ (_tendre_, délicat) _sanft_ (_tendre_, doux, suave), etc. Pas n'est même besoin de remonter si loin: _lind_ existe encore au sens de _gelind_, doux, avec les dérivés _lindern_, adoucir, et _Linderung_, adoucissement.--Il en résulte que _Sieg-linde_ outre l'idée de _victoire_ (_Sieg_), commune à tous les Wälsungen, évoque l'idée de _tendresse_, douceur; et que, par l'un de ces jeux de syllabes, désormais connus du lecteur comme si familiers à Wagner, _Linde_, dernière partie du nom, sert à investir génialement ici, comme d'une supplémentaire beauté philologique, l'incomparable poésie, la réalité symbolique, et la musicale vérité de la _métempsychose maternelle_.]

[Note 466-1: «Le dragon en rampant s'éloigne de son or, qu'on le sache bien. Sjurd... saisit sa lance terrible et s'arme aussi de son épée.--La chute d'eau était haute de trente coudées, et le dragon était couché dessous. _Son ventre reposait sur les rochers_, mais ses deux nageoires s'élevaient dans les airs... Et voilà le vaillant Sjurd qui brandit son épée...» (_Chants des Iles Féroë._)--Touchant la vraisemblance scénique de cet épisode du Dragon Fafner, dans les conditions toutes spéciales du _Festspiel-Haus_ de Bayreuth, cf. l'_Avant-Propos_, p. 132, note (2).]

[Note 467-1: «Sjurd perça le cœur quoiqu'il fût difficile d'y arriver. Il le perça de sa lance qui avait trente aunes de long.» (_Chants des Iles Féroë._)]

[Note 467-2: «Sigurd et Regin montèrent vers la Gnita-Heide et y trouvèrent _le sentier par lequel Fafnir rampait vers l'eau_. Dans ce sentier Sigurd creusa une fosse profonde et s'y cacha. Quand Fafnir quitta l'or sur lequel il était couché, _de sa bouche il lança du poison_ qui tomba sur la tête de Sigurd. Mais quand Fafnir passa au-dessus de la fosse, _Sigurd lui plongea son épée dans le cœur_. Fafnir _se débattait_ et frappait de la tête _et de la queue_...» Ce récit sommaire, placé en tête du _Fafnismal_ (_Edda_ de Sœmund) et abrégé encore dans _l'Edda_ de Snorro, donne assez bien l'idée de ce qu'est le combat de Sigurd en presque toutes les autres sources, y compris les _Chants des Iles Féroë_. La place me manque ici pour citer davantage.]

[Note 468-1: «Compagnon, compagnon, quel compagnon t'a donné le jour? De quel homme es-tu le fils, toi qui as osé teindre ton arme brillante dans le sang de Fafnir? _Ton épée a transpercé mon cœur... Qui t'a poussé et comment t'es-tu laissé pousser, ô jeune homme, à me tuer?..._» (_Fafnismal_, dans _l'Edda_ de Sœmund).]

[Note 468-2: «Je m'appelle un prodige, et je marche ci et là _sans avoir connu de mère_. _Je n'ai point non plus de père comme les autres hommes._ Je m'avance solitaire.»--«Mon _cœur me poussait en avant_, mes mains et ma bonne épée ont fait le coup.» (_Fafnismal._)]

[Note 468-3: «Qui t'a poussé et comment t'es-tu laissé pousser à me tuer, _ô jeune homme à l'œil lumineux_?» (_Fafnismal._)]

[Note 469-1: «FAFNER: «Je me croyais plus fort que les autres hommes, et je n'ai trouvé personne qui me résistât.» (_Fafnismal._)]

[Note 469-2: ... ein _rosiger_ Held...]

[Note 469-3: «GRIPIR: J'ai pu voir dans tout son éclat le printemps de ta vie.» (_Grepisspà._)]

[Note 469-4: «Le Dragon répondit tandis que son sang s'écoulait: «Tu dois frapper maintenant Regin le forgeron... Tue maintenant Regin le forgeron comme tu m'as frappé. C'est le plus méchant des traîtres; il veut te faire périr.» (_Chants des Iles Féroë._)]

[Note 469-5: «Mais je te prédis une chose: _cet or_ au son retentissant, ce métal aux reflets rouges, ces anneaux _te tueront_...»--«Maintenant, je te le conseille, Sigurd, crois-en mon avis, et chevauche loin d'ici. Cet or au son retentissant, ce métal aux reflets rouges, ces anneaux te tueront.»--«Regin _m'a trahi et te trahira aussi_; _il sera la cause de notre mort à tous deux_. Fafnir doit quitter la vie, ta force m'a vaincu.» (_Fafnismal_) Détails tout à fait analogues dans presque toutes les autres sources (_Völsunga_; _Chants des Féroë_, etc.)]

[Note 469-6: «SIGURD: Dis-moi, Fafnir, toi qui vois l'avenir et qui sais tant de choses....» (_Fafnismal._)]

[Note 469-A: Ici reparaît le motif de la Malédiction d'Alberich. (Partition, pages 193, au bas, et 194.)]

[Note 470-1: «Sigurd prit le cœur de Fafnir et le fit rôtir à la broche. Quand il crut qu'il était à point et qu'il vit le jus découler du cœur, il y appliqua le doigt pour voir s'il était, en effet, assez cuit. _Mais il se brûla et se mit le doigt dans la bouche. Aussitôt que le sang de Fafnir eut touché sa langue, il comprit le langage des oiseaux. Il entendit ce que les aigles se disaient sur les branches._» (_Fafnismal._) «PREMIER AIGLE: Voilà Sigurd teint de sang, il fait rôtir le cœur de Fafnir. Il me paraîtrait sage ce guerrier, s'il mangeait cet organe de la vie,» etc. (_Id._) Toutes les sources, _Chants des Féroë_, _Völsunga_, _Edda_ de Snorro, etc., reproduisent d'analogues détails.]

[Note 470-A: La Symphonie de la Forêt reprend. (Partition, p. 195.)--C'est alors que sur les ondes bruissantes de l'orchestre l'Oiseau de la Forêt perle son adorable chant. (Partition, pages 196, 197.)--A signaler l'accord particulier, d'un effet si pittoresque, qui revient, parmi les traînées murmurantes de l'orchestre, à chaque phrase du Chant de l'Oiseau.--Ce Chant, avons-nous vu, reproduit presque identiquement la Mélodie de Woglinde. La seule différence, c'est que cette mélodie reparaît ici en mi-majeur, au lieu d'être, comme dans _Rheingold_, en mi-bémol majeur; le rythme en serait aussi peut-être un peu plus vif.

Puis sous les traînées murmurantes de l'orchestre, et tandis que l'Oiseau, par dessus, dit son chant, se déroule le motif mélancolique des Wälsungen, «comme si, dit judicieusement M. Ernst, l'âme de Sieglinde errait à l'entour de son fils très aimé.» (Voyez à ce propos la note de mon collaborateur, touchant Sieglinde page 463.) «Non moins reconnaissable, dans ce Chant de l'Oiseau, remarque le même auteur, est l'élément caractéristique du _Sommeil de Brünnhilde_. Le thème des Walkyries s'y trouve également: ces deux points fixent la nature _prophétique_ de ce chant qui doit annoncer à Siegfried qu'une fiancée l'attend au faîte de la montagne.» (Voy. dans la partition pour tout le Chant de l'Oiseau, indépendamment du passage cité ci-dessus, les pages 208, 230, 231, 232, 233 et 234.)]

[Note 471-1: Ces dialogues entre des oiseaux et des héros sont assez fréquents dans l'_Edda_, comme dans tous les chants primitifs, du reste. Ils contribuent à signifier la communion, l'intimité de l'homme enfant avec la Nature: cette signification, c'est encore l'une de celles qu'il importe d'attribuer au présent épisode de la _Tétralogie_.]

[Note 471-2: «SEPTIÈME AIGLE: «Qu'il coupe la tête à ce Jote au cœur froid, et _qu'il lui enlève ses richesses_. _Alors tout le trésor que possédait Fafnir sera à lui seul...._»--«.... _Sigurd suivit la trace de Fafnir vers sa demeure._ _Elle était ouverte_, mais la porte et les linteaux étaient en fer. Toute la charpente était aussi de fer et l'or était caché sous terre....» (_Fafnismal._)]

[Note 474-1: «Cette querelle entre Mime et Alberich reproduit bien les aigres disputes (observe avec justesse M. Ernst) et les glapissements--comme de furieuses voix de vieilles femmes,--entendus, selon maint conte, au voisinage des endroits hantés par les nains.»]

[Note 475-1: «_Sigurd trouva là un énorme trésor_, et il en remplit deux coffres. _Il prit le casque d'Œgir_» (analogue au Tarnhelm), «la cotte de mailles d'or et l'épée Hroth et beaucoup de choses précieuses...» (_Fafnismal._)]

[Note 475-2: «DEUXIÈME AIGLE: Voilà Regin couché songeant comment il trompera l'homme qui se confie en lui....»--«SIXIÈME AIGLE: Il»(Sigurd) «me paraît très imprudent s'il épargne plus longtemps ce dangereux ennemi. Regin qui le trahit est couché là-bas, et Sigurd ne sait pas comment il doit se défendre contre lui.»--... «SIGURD: Le sort n'a pas décidé que Regin parviendrait à me tuer. Bientôt les deux frères descendront vers Hel.» (_Fafnismal._ Se rappeler que dans les sources mythiques, Fafner est un frère de Regin, qui a mené Sigurd contre lui.)]

[Note 476-1:«_Regin s'était éloigné tandis que Sigurd tuait Fafnir. Il revint_ au moment où Sigurd essuyait le sang de son épée. Regin dit: «_Salut à toi, Sigurd!_ tu as remporté la victoire et _tué Fafnir_. De tous les hommes qui existent sur la terre, tu es _le plus vaillant_.... Tu es fier, Sigurd, et heureux de ta victoire, et tu essuies ton épée Gram dans l'herbe....» (_Fafnismal._)]

[Note 476-2: «Ne t'ai-je point parlé déjà, une autre fois, d'un sujet gai? C'était l'histoire du garçon qui s'en va par le monde «pour apprendre la peur» et qui est assez niais pour ne jamais la connaître. Pense à mon effroi, lorsque j'ai tout à coup reconnu que ce garçon n'est autre que le jeune Siegfried, qui conquiert le trésor et réveille Brünnhilde.» (Lettre de Wagner à Uhlig, datée de Zurich, 10 mai 1831.) M. Ernst cite ce document à l'appui de son affirmation que l'idée de la peur, et de l'impossibilité où Siegfried est de la ressentir, vient surtout du nº4 du recueil populaire des _Kindermärchen_. Affirmation sans doute, ai-je dit déjà, trop exclusive: je crois l'avoir assez démontré par deux citations de l'_Edda_ de Sœmund. (Voir _La Walküre_, p. 403, note (1), auxquelles je renvoie.)]

[Note 477-1: «SIGURD: «Tu m'as conseillé de chevaucher par delà la montagne sacrée. Si tu ne m'avais poussé à l'action, le Dragon aux écailles brillantes jouirait encore de la vie et de son trésor...» (_Fafnismal_). «En luttant contre la mort, le Dragon lui dit:... «Ecoute, Sjurd, ce que j'ai à te dire. Qui t'a suivi dans le chemin jusqu'ici?»--«C'est Regin ton frère, qui m'a montré le chemin. _C'est le plus méchant des traîtres_; il veut te faire périr.» (_Chants des Iles Féroë_).]

[Note 477-2: Souvenir du _Nibelunge-nôt_: «L'homme hardi (Siegfrid) n'avait pas l'âme faite de façon à deviner leur trahison. Plein de vertu, il était étranger à toute fausseté.» (XVI, 146).]

[Note 479-1: «TROISIÈME AIGLE: «Après lui avoir _coupé la tête_» (à Siegfried), «il» (Regin) «enverra vers Hel ce bavard aux longs cheveux; ainsi il possédera tout le trésor sur lequel Fafnir était couché.» (_Fafnismal._)]

[Note 479-2: «Sigurd coupa la tête de Regin, mangea le cœur de Fafnir et but le sang de Regin et de Fafnir...» (_Fafnismal_)--«Regin se coucha à terre pour boire le sang vénéneux du Dragon. Pour boire le sang vénéneux du Dragon, Regin se coucha à terre. Sigurd lui donna le coup de la mort à l'endroit où il se tenait. Et c'était le jeune Sjurd qui brandissait son épée. Il coupa en deux le forgeron Regin.» (_Chants des Iles Féroë_).]

[Note 480-1: «Toi, Fafnir, tu exhales ton dernier souffle, tu vas descendre vers Hel.» (_Fafnismal_) «Tu étais effroyable, Dragon aux écailles brillantes, et tu avais un cœur impitoyable!» (_Id._)]