La région du Tchad et du Ouadaï; études ethnographiques, dialecte Toubou, Tome 1 (de 2)
Part 4
Les habitants de Ngouri et ceux de Dibinentchi étaient autrefois en lutte continuelle. Voici, d’après les indigènes, les deux incidents qui amenèrent cette lutte :
Les Kreda étaient dans les meilleurs termes avec les habitants de Ngouri. Or, un jour, un Kreda qui allait vendre du bétail à Dibinentchi fut dépouillé par les habitants de ce village. Une femme de Dibinentchi, mariée à un homme de Ngouri, le quitta et retourna à Dibinentchi, où elle prit un autre mari. Les habitants de Ngouri réclamèrent alors la dot versée par le premier mari, mais les habitants de Dibinentchi refusèrent de la verser. La lutte éclata et les Ḥaddâd de Ngouri et Dibinentchi durent y prendre part. Cette rivalité a pris fin lors de notre installation au Kanem.
KANKOU : Gouriâou, Iagrâou, Kaléguéa, Ngaraou.
Dans la région de Ngouri et de Elkouli (Mondo).
BARIBOU. — Habitent la région de Bari.
DIABOU : Assakéléa, Dalla, Djila.
Habitent la région de Ngouri et aussi celle de Douloumi (lac Tchad), où ils se sont mélangés aux Kankena Ngalên.
Nous avons déjà dit qu’Assakélé était la fille du sultan boulala Kalo, qui régna autrefois au Kanem. Les chansons kanembou rapportent que Kaléa djerma Meleï, captif du roi du Bornou chargé d’un commandement militaire, résolut d’aller chercher la belle Assakélé jusque « dans le feu » et d’en faire sa femme. Les guerriers bornouans, sous la conduite de ce chef, marchèrent sur le Kanem, où ils trouvèrent Ndéfé, fils de la sœur de Kalo, en train de couper des racines d’acacia-sayal, pour en faire des bois de sagaie. Le djerma, qui se vit refuser Assakélé, l’enleva de vive force et la guerre éclata entre lui et Kalo. Beaucoup de chansons kanembou retracent les péripéties de la lutte séculaire entre Bornouans et Boulala.
Les Diâbou seraient les descendants des Boulala qui habitaient autrefois la région de Métalla.
KADJIDI, KORIO, KANKENA. — Ces tribus se trouvent dans la région du lac et s’étendent depuis le Kanem jusqu’aux terres des Kouri et des Boudouma. Certaines fractions habitent le Tchad depuis longtemps, d’autres depuis une époque relativement récente.
La région du lac a toujours servi de refuge aux gens fuyant devant les incursions de leurs ennemis, Ouadaïens, Oulâd Slimân, etc. ; et c’est ainsi que certains Kanembou s’y sont fixés à demeure et sont devenus en tous points semblables aux Kouri, leurs voisins. Comme ces derniers, ils possèdent actuellement de nombreux troupeaux de bœufs du Tchad, de grande taille et aux longues cornes.
Au temps où les eaux du lac remplissaient les baḥrs de leur région, ils se trouvaient dans des îles, tout comme les Boudouma encore actuellement. Par suite du mouvement de recul des eaux du Tchad, les baḥrs se sont vidés et ce n’est qu’après l’hivernage, au moment de la crue du lac, qu’ils se remplissent plus ou moins. Certains Kanembou sont même assez loin de l’eau libre du Tchad pour ne se retrouver dans des îles — comme cela avait lieu normalement il y a une dizaine d’années — que lors d’une crue exceptionnelle, comme celle de 1906.
Les Kanembou du Tchad et les Kouri parlent généralement les deux langues.
KADJIDI : Bôgara, Kougoua, Isa, Ngalên, Djôa, Medelaï, Boudouma.
Dans la région de Bol (canton de Abba) et quelques-uns dans la région de Michiléla (ancien canton de Salékanya). Nous avons déjà expliqué pourquoi deux fractions de cette tribu ont été appelées Ngalên et Boudouma.
Les Kadjidi seraient le produit d’un mélange de Kanembou avec les nombreux esclaves que les Maguemi possédaient autrefois au Kanem.
KORIO : Kadja, Kiriou, Keliou, Dalla, Oualéa.
On trouve les Korio dans le canton de Kaboulou et chez les Kouri Kerawa. Ils habitent principalement la région de Kaïra. Ces Kanembou se sont fortement mélangés aux Kouri.
KANKENA : Malloua, Kaguimma, Kadjiraou, Kaoua, Dallâna, Aoudoua, Maradoua, Seroua, Braïna, Dinâra, Ngalên, Solôo[86].
Les Kankena habitent, au Nord, la région de Mattégou et de Kamba, au sud-est de Kouloa : ils exploitent des mares à natron.
Du côté du Sud, ils forment le canton du kachalla Taher, à côté des Kouri-Kerawa (chef Djibrin), et celui d’ʿAli Katchimi, dont le centre est Douloumi, au nord-est des Kouri-Kaléâ (chef Mousa ould Daouda).
KOUBOURI[87] : Borkoubouâ, Amsa, Limanoa, Djilloua.
A l’ouest de Mao et, du côté du lac, à Kiskawa, Kaléboa, Kologo et Diaga Kobirom.
SOUGOURTI. — Du côté de Kologo.
TCHIROUA. — Du côté de Bir Alali. Ils parlent le kanembou et le gourân et vivent à côté des Hawalla[88] (ou Famalla), population toubou mêlée d’éléments kanembou.
Leur chef porte le titre de _fougbou_.
TOUMÂGUERI. — D’origine toubou. Ils habitent la région de Dibinentchi.
FÔDDA. — Autour de Mondo et au Dagana. Les Fôdda seraient d’origine toubou et apparentés aux Ngalamiya. Leur nom signifie d’ailleurs, en toubou : habitants ou originaires du Baḥr el Ghazal (sing. _Fôdidé_).
NGUEDJIM : Mâda, Ngadja, Oullia, Magâ[89], Kaïlerou, Bogar-Kourâ, Kaloua, Kaléa, Alia.
Habitent la région de Dibinentchi. Leur chef porte le titre de _galadima_.
Au Kanem, on dit couramment que les Nguedjim sont les descendants des captifs que possédaient les Boulala, lorsque ceux-ci régnaient au Kanem. En kanembou, on dit d’un Nguedjim : _tambelaï kaléa koléa_ (fils de gros nombril[90], captif et mauvaise tête). Eux se prétendent les descendants des Nguedjem, c’est-à-dire de Boulala authentiques. Remarquons, en effet, que les Boulala du Fitri comprennent trois fractions et que l’une d’entre elles porte le nom de Nguedjem : Maglafia (probablement Mâga- Lafia[91]), Batoa, Nguidjemi.
Ces Nguedjim du Kanem semblent être les descendants de Boulala qui ne prirent pas part à l’exode de leur tribu vers le Baḥr el Ghazal et qui se mélangèrent peut-être à d’anciens captifs de Boulala restés avec eux. Quoi qu’il en soit, les Nguedjim se sont étroitement unis aux Kanembou, parlent le kanembou — qui est d’ailleurs la langue primitive des Boulala — et sont considérés comme Kanembou.
GOUDJIROU : A Goudjer (Mondo).
Les Goudjirou sont des Kouka qui, fuyant le Fitri au moment de la conquête du pays par les Boulala, vinrent se réfugier au Kanem. Ils sont considérés actuellement comme Kanembou et le nom qu’ils portent est celui de l’endroit où ils se sont installés. Ils ne parlent plus le tar lis et ne connaissent que le kanembou et le gourân. Ils se rappellent cependant leur origine et se disent Kouka : _endi Kouka, tantâ Kouka_ (nous sommes des Kouka). La région qu’ils habitent au Kanem est célèbre par ses savonniers (balanites ægyptiaca) :
_Nourout Mao toumer_, Mao est connue pour ses dattiers.
_Nourout Goudjer hadjlidj..._, Goudjer l’est pour ses hadjlidj...
REMARQUE. — Nous venons de donner la classification généralement usitée au Kanem. Il est facile de se rendre compte qu’elle n’a rien de rigoureux. Plusieurs fractions kanembou (Koufri, Keï, Déberi ou Débberi, Adjirou, etc.) ne sont d’ailleurs pas comprises dans cette nomenclature. Il est vrai qu’elles comptent parmi les moins importantes.
Nous verrons, plus loin, que la presque totalité des tribus ḥaddad porte le même nom qu’un certain nombre de fractions kanembou.
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_DALATOUA_
Nous avons déjà vu que les Dalatoua sont les descendants des Bornouans venus au Kanem avec le chef Dalafno (ʿAbd Allah Afno). Ils se disent d’origine maguemi. Ils habitent la région de Mao. On les appelle Dalatoua et aussi Bôrnou. Ils sont commandés par un alifa (corruption de khalifa). L’alifa actuel est Ari, dit Mala, fils de Mousa (celui qui fit assassiner von Beurmann)[92].
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[Note 1 : _Grammar of the Bornu or the Kanuri language_, p. 33.]
[Note 2 : _Sammlung und Bearbeitung Central-Afrikanischer Vokabularien_ : Einleitung, XLVI.]
[Note 3 : Les Kanembou ont l’habitude d’articuler à peine certaines consonnes. C’est ainsi qu’ils prononcent presque _tououâ_.]
[Note 4 : Tou est le nom que les Tedâ donnent au Tibesti.]
[Note 5 : On raconte qu’un captif du Bornou, se rendant sur les bords du lac afin de ramasser de l’herbe (_boudou_) pour les chevaux, fut enlevé par un groupe d’habitants des îles. De là le nom de _boudou-ma_ (les hommes de l’herbe) qui fut donné à ces derniers. Selon une autre version, l’insulaire du Tchad est appelé _boudou-ma_ (l’homme aux herbes), parce qu’il vit au milieu des herbes du lac.]
[Note 6 : Cette remarque peut s’appliquer aux noms des fractions des Maguemi habitant le Bornou : _Oumêoua_ (gens d’Oumê), _Tsilimoua_ (gens de Tsilîm), _Birioua_ (gens de Biri), _Dalaoua_ (gens de Dala). Ces noms semblent, en effet, devoir être : _Oumêboua_, _Tsilimboua_, etc. On pourrait alors conclure que le singulier est _bou_ et le pluriel _boua_.]
[Note 7 : Dans toute cette partie de l’Afrique, les Pouls sont appelés Foulata par les autres indigènes ; les Arabes leur donnent le nom de Fellahta.]
[Note 8 : Cf. aussi Blau, _Chronik der Sulṭâne von Bornu_ (_Zeitschrift der deutschen Morgenländischen Gesellschaft_. Leipzig, 1852), p. 309, qui lui donne une étymologie fantastique, étrangère au Yémen, et remontant jusqu’à Adam par Ismâʿîn (Ismaʿil) et Abraham.]
[Note 9 : M. René Basset nous renvoie d’ailleurs aux historiens arabes Tabari, Ibn el Athir, Abou ’l Féda, Masʿoudi, etc., et à la Qasidah ḥimyarite de Nechouân.]
[Note 10 : Nous verrons plus loin que les Boulala sont d’origine kanembou. Voir IIIe partie.]
[Note 11 : _Voyage de Léon l’Africain_, traduction de Jean Temporal (1556), tome II.]
[Note 12 : Blau (_op. laud._, note 2, p. 321) y voit des Arabes émigrés. Il rapproche leur nom des Barda’ah (بردعة) mentionnés par Maqrizi (_Abhandlung über die in Aegypten eingewanderten arabischen Stämme_, p. 11-51).]
[Note 13 : Schön rapporte que l’idiome kanouri est désigné par les Haoussa sous le nom de _baribari_. Le même nom (baribari, béribéri) sert à désigner les habitants du Bornou et du Mounyo.]
[Note 14 : Il est en effet exact que la population boulala ne parle plus sa langue d’origine, le kanembou, et que, après avoir conquis le Fitri, elle a adopté l’idiome des vaincus, le _tar lis_.]
[Note 15 : On peut s’expliquer de la même manière les noms employés par les Haoussa.
« L’hypothèse de la dynastie berbère de Barth est inadmissible. Nous connaissons par Ibn Khaldoun et d’autres auteurs toutes les tribus berbères : aucune ne porte le nom de Bardoa. L’opinion de Nachtigal est la vraie ». (_Note de M. René Basset._)]
[Note 16 : En arabe, _baḥr er rigeïg_ : le fleuve mince.]
[Note 17 : En arabe, _selṭan ed dounia_ : le maître du monde.]
[Note 18 : La mère du troisième roi du Kanem, Dounama (ou Dougou), appartenait à la fraction toubou des Kiiê. La chronique d’Aḥmed donne à Ibrahim, fils de Sêf et père de Dounama, le titre de père du sultan. C’est pourquoi Dounama est parfois considéré comme le véritable fondateur de la dynastie du Kanem. D’après Nachtigal, c’est Dounama qui reçoit le premier le titre de _maïna_ (prince), non décerné à ses devanciers.]
[Note 19 : Voir plus loin la chanson.]
[Note 20 : _Maïna_, noble, prince (de _maï_, sultan).]
[Note 21 : Notons, en passant, que le mot toubou _Tomaghera_ peut se décomposer de la façon suivante : _Tou-magra_, les maîtres, les seigneurs du Tou.]
[Note 22 : Signalons à ce sujet que, d’après Barth, les Tedâ désignent les Kanouri sous le nom de _Tougouba_. _Tou_ est le nom que les Tedâ donnent à leur pays. Nous verrons, plus loin, que ce nom a probablement été donné au Tibesti à cause de sa nature montagneuse. De plus, _tougou_ désigne, chez les Toubou du sud, une grosse pierre qui sert à écraser le grain. Par analogie avec ce que nous avons dit pour _Keunoumbé_ (pl. _Keunoumbâ_), le mot _Tougoubé_ (pl. _Tougoubâ_) voudrait donc dire habitant du Tougou, habitant d’une région montagneuse.
Si ce nom s’applique aux Kanembou, que faut-il en conclure ? Il y a bien, au nord du Borkou, les contreforts des monts du Tibesti et le pays contient quelques petits reliefs de sable et de rocher. Mais n’est-on pas en droit de supposer que les Kanembou ont peut-être habité une partie du Tibesti, ou tout au moins la région avoisinant la partie sud du Tibesti ?...]
[Note 23 : La chronique d’Aḥmed dit que le roi Sêf établit sa domination « sur les Berbères, les Toubou, les Kanembou et autres ». Cela laisse-t- il supposer que quelques Berbères, venus du Nord, ont suivi le mouvement d’émigration vers le Sud, ou bien ce nom de Berbères s’applique-t-il simplement à l’un des peuples qui furent annexés au royaume ?...]
[Note 24 : Il est appelé Ḥamî حمى dans la Chronique du Bornou.]
[Note 25 : Cf. Blau, _op. laud._, p. 309-310.]
[Note 26 : Il est appelé Salmama (سلممه) fils de ʿAbdallah Bakrouh (عبد الله بكروه) dans la Chronique du Bornou (Blau, _op. laud._, p. 310-311).]
[Note 27 : Il va sans dire que, en ce qui concerne l’historique du Kanem, nous faisons le plus large emploi des renseignements donnés par Barth, d’après ses deux chroniques.]
[Note 28 : La Chronique du Bornou nomme Ghâiou ben Lafrad (غايو بن لفرد) le prince contre qui il fit la guerre (Blau, _op. laud._, p. 311).]
[Note 29 : Les Sô n’existent plus en tant que peuplade. Ils étaient autrefois très puissants et habitaient, au sud du lac, la région comprise entre le Chari et la komadougou Ouôbé. Ils furent battus et dispersés par les sultans du Bornou.
La tradition indigène les représente comme de vrais géants : à Ngala, où se trouvent les tombeaux de 35 rois sô, on montre des vases gigantesques, des cruches et des plats, dont se servaient autrefois ces indigènes ; le Dr Decorse, au cours d’une excursion en pays sô, a ramassé « des débris de poteries énormes, comme on n’en fait plus dans le pays ».
Les légendes kanembou ont synthétisé la peuplade sô en la personne d’un énorme géant, païen et anthropophage, appelé Kirdi Sôou. Ce géant dévorait les Kanembou. Pour débarrasser ses états d’un pareil fléau, le sultan Liziramma envoya un de ses esclaves, le vaillant Dalafno, qui alla attendre Kirdi Sôou près de l’endroit où le géant avait son habitation. La femme de ce dernier était en train de préparer le repas avec deux djourabs de mil (420 kilos) : elle avait rempli d’eau cinq abreuvoirs de troupeaux (en kanouri : _kélé_) pour faire boire son mari. Celui-ci arriva avec quatre éléphants suspendus à un bâton qu’il portait sur son épaule gauche. Tout en marchant, il mangeait un cinquième éléphant qu’il tenait dans sa main droite. Dalafno tua le géant d’un coup de sagaie, qui traversa l’arbre derrière lequel s’était réfugié celui-ci. Dans la chevelure de Kirdi Sôou, où de petits oiseaux avaient fait leur nid, on trouva une grande quantité d’œufs — de quoi remplir deux djourabs ; il fallut quatre chameaux pour transporter la tête chez le sultan.
Les Keribina du Bornou sont considérés comme les descendants des anciens Sô, et on croit que les Kotoko se mélangèrent fortement à la peuplade aujourd’hui disparue. Cf. Barth, _Reisen_, t. II, p. 301.]
[Note 30 : Voir Barth (II, 314), qui fait de Bêri ou Ibrahim, un seul personnage, fils de Dounama et de Zeineb de la race de Lekmámma, mais la Chronique du Bornou (Blau, _op. laud._, p. 311) fait de Bêr le fils de Dounama et de Zineb (fille de Lakmama et d’Ibrahîm le fils de Bêr, et de Kakoûdi).]
[Note 31 : Le mot _Babalia_ est probablement formé de _baba Ali_ (notre père ʿAli), en souvenir d’ʿAli Gatel Magabirna.]
[Note 32 : Le nom de _Boulala_, ou _Bilala_, vient de ce que l’un des premiers chefs de cette tribu s’appelait _Boulal_, ou _Bilal_.]
[Note 33 : Frère et successeur d’Idris ben Nikâle (1353-1376).]
[Note 34 : Cf. Blau (_op. laud._, p. 312-313), qui appelle Malik el Djalil le prince boulala qui le tua.]
[Note 35 : Blau (_op. laud._, p. 313). Il mourut à Chêmih qui paraît être Ndjimie.]
[Note 36 : Blau (_op. laud._, p. 313) : il fut tué dans une guerre contre les Boulala.]
[Note 37 : Blau (_op. laud._, p. 313). Il aurait été tué à Sofyâri Ghazroua.]
[Note 38 : Blau (_op. laud._, p. 313), il mourut à Mâghia.]
[Note 39 : Blau (_op. laud._, p. 315). Il mourut à Ghasrakmou. Ce qui précède est résumé de Barth, _Reisen_, t. II, p. 306 et suiv.]
[Note 40 : (_Sahara et Soudan_), p. 525. Le suffixe _ri_ sert, en kanouri, à indiquer une idée de relation, d’origine : _maïri_, _meïri_, royal ; _mandarari_, un habitant du Mandara ; _toubori_, un Toubou.]
[Note 41 : Cf. Yver, article Bornū dans l’_Encyclopédie de l’Islam_, t. I, p. 778, col. 2 et les auteurs cités.]
[Note 42 : Remarquons, d’ailleurs, que l’on pourrait expliquer d’une façon analogue le mot de _Kanouri_ : les gens de Noé. Il est bien évident que l’étymologie de _Kanouri_ par l’arabe _nour_ ou _nar_ et celle de Bornou par _berr Nouḥ_ n’ont aucune valeur.]
[Note 43 : Prononcer _Boulalî-yé_, _Ouada-î-yé_, etc.]
[Note 44 : Signalons, en passant, l’opinion suivante : « L’origine du nom de _Bornou_, et de son dérivé _Béraouni_, pourrait bien se rattacher à l’ancienne dynastie berbère, car ces noms ont une grande affinité avec celui de Béranès, qui est la qualification nationale d’une des grandes divisions du peuple berber ; et les Berbers eux-mêmes donnent le nom de _Béraounis_ aux Tibbous. » (Vivien de Saint-Martin, article _Bornou_).
Un habitant du Bornou est désigné par les Kanembou et les Bornouans sous les noms de _Kanôri_ (pl. _Kanôréa_) et _Bornouma_ (pl. _Bornoubou_ — d’après Kœlle). L’origine arabe du mot Bornou ne semble pas faire de doute. C’est d’ailleurs l’opinion de Nachtigal. L’explorateur se sert aussi, à plusieurs reprises, du mot _Beraouni_, pl. _Beraouna_, qui a une tournure arabe et doit probablement être employé par des indigènes parlant cette langue. Nous n’avons cependant entendu employer par les Arabes que les noms cités plus haut (Bernaï, Bornaï). Ajoutons que, selon M. René Basset, c’est une erreur de rattacher le mot _Bornou_ à _Branes_ : il fait également remarquer que Bornou n’est pas le terme indigène.
Signalons enfin l’explication donnée par M. l’officier interprète Landeroin (Mission Tilho). « Plusieurs Bornouans nous ont donné l’étymologie suivante ; le mot Bornou viendrait de deux mots kénouris : _Bouroum_, étendue d’eau ; _nouî_, il est mort, il a disparu. Autrefois, ajoutent-ils, une grande partie du Bornou était recouverte par les eaux du Tchad. Celui-ci s’étant peu à peu desséché, l’eau ayant disparu, les indigènes dirent cette région : _Bouroum nouî_ « l’eau a disparu », et par abréviation _Bour nou_, puis Bornou ».]
[Note 45 : Ce que nous venons de dire pour les habitants du Birni Gassaro peut se répéter pour les habitants du Birni Ndjimi, et on comprend fort bien que le nom de Bornou, qui apparaît pour la première fois chez l’historien Ibn Saʿïd, ait pu servir à désigner une partie du Kanem.
M. René Basset est d’avis que l’étymologie du mot _Bornou_ par _birni_ est très vraisemblable.]
[Note 46 : Barth (_Reisen_ t. II, p. 321-325), croit que c’est sous le règne d’ʿAli ben Dounama, que Léon l’Africain visita le Soudan. Ce voyageur arabe, né à Grenade en 1483, visita le Soudan au début du XVIe siècle ; il fut pris par des corsaires chrétiens et amené à Rome en 1517. Il rapporte que le roi régnant alors au Bornou s’appelait Abran. Ce roi « rassembla toute son exercite pour se ruer sur le roi de Guangara (Wangara, à l’ouest du Bornou) ; et, ainsi qu’il marchait sur les frontières de ce royaume, il fut averti qu’Homar, seigneur de Gaoga, s’acheminait à la volte de Borno, qui fut cause de le faire changer de chemin et de volonté ».
Abran ou Ibran est une corruption du mot Ibrahim fréquemment employée par les Kanembou. Or, comme prince du nom de Ibrahim qui aurait régné vers cette époque-là au Bornou, nous ne voyons que Bîri (Ibrahim) ben Dounama (1455-1461), de la généalogie bornouane de Nachtigal (?). Celui- ci (_Sahara et Soudan_, p. 542), porte ʿAli ben Dounama comme ayant régné de 1465 à 1492, et Barth croit que ce prince régna de 1472 à 1505.]
[Note 47 : Ou Amâmi.]
[Note 48 : Barth, _Reisen_, II, p. 325-336 ; Blau, _op. laud._, p 315.]
[Note 49 : Barth, _Reisen_, II, 331 ; Blau, _op. laud._, p. 316.]
[Note 50 : Barth, _Reisen_, II, p. 341-345 ; Blau, _op. laud._, p, 316.]
[Note 51 : Habitants du Kano.]
[Note 52 : Barth, t. II, p. 341-343 ; Redhouse, _History of Events during expeditions against the tribes of Bulala_, p. 48-122.]
[Note 53 : Ce mot est composé de _Dala_ (pour Abdallah) et de _Afno_, qui est le nom donné au pays haoussa.]
[Note 54 : Barth (_Reisen_, III, 451) fait toutefois observer qu’aucun chef puissant ne résida à Mao qui était cependant une ville florissante.]
[Note 55 : Les Gourân désignent les Kanembou sous le nom de Aoussâ.]
[Note 56 : Nachtigal, _Sahara und Sûdan_, t. II, p. 252-253. Les Toubou donnent aux Bornouans le nom de _Agâ_ et aux Dalatoua celui de _Kagâ_. Nous ne pouvons pas expliquer ces deux noms d’une manière certaine. Cependant le mot toubou _Agâ_ veut dire « dehors ». Peut-être a-t-on donné aux Kanori le nom de _Aoussâ agâ_ (les Kanembou du dehors), pour les distinguer de ceux qui étaient restés au Kanem, et, par abréviation, a-t-on dit tout simplement _Agâ_. Le nom de _Kagâ_ s’explique au moyen de _k, ké_ (avec) et du mot _Agâ_ : qui est avec les Agâ, qui a des relations ou des liens de parenté avec les Agâ. — Une étymologie différente se présente, d’autre part, à l’esprit. Nous savons que des Toubou ayant pour ancêtre Kiié, ou Keï, ou Kaï, s’étaient mélangés aux Kanembou et appartenaient à la famille royale. On les appelait Kagouâ (ou Kagâ ?) Les gens venus du Bornou avec Dalafno appartenaient-ils à cette tribu ? Peut-être aussi — mais c’est peu probable — y a-t-il une certaine relation entre ces deux noms et celui du premier district bornouan qu’occupèrent les princes du Kanem (Kagha).]
[Note 57 : Il avait fait le pèlerinage de la Mekke et son nom complet était : El Ḥadj Moḥammed el Amin el Kanemi.]
[Note 58 : Barth, _Reisen_, II, p. 348-351 ; Blau, _op. laud._, p. 317 ; Nachtigal, _Sahara und Sûdan_, t. II, p. 408-409 ; Denham, _Voyages_, t. II, p. 299-300 ; Von Oppenheim, _Rabeh und das Tschadseegebiet_, p. 183-184.]
[Note 59 : Barth, _Reisen_, t. II, p. 351-356 ; Blau, _op. laud._, p. 317-318 ; Nachtigal, _Sahara und Sûdan_, II, 409 ; Denham, _Voyages_, t. II, p. 301-302 ; d’Escayrac de Lauture, _Mémoire sur le Soudan_, p. 67-69.]
[Note 60 : D’Escayrac de Lauture, _Mémoire sur le Soudan_, p. 64 ; Barth, _Reisen_, t. II, p. 356-357 ; Denham, _Voyages_, t. II, p. 302 ; Nachtigal, _Sahara und Sûdan_, t. II, p. 410-411.]
[Note 61 : Blau, _op. laud._, p. 318 ; Barth, _Reisen_, t. II, p. 361 ; Nachtigal, _Sahara und Sûdan_, t. II, p. 412.]
[Note 62 : Cf. Fouraud, _D’Alger au Congo par le Tchad_, p. 806-812 ; Gentil, _La chute de l’empire de Rabah_, 126-132, 150-164, 211-225, 234-238 ; Decorse et Gaudefroy-Demombynes, _Rabah et les Arabes du Chari_, p. 1-16, p. 28-36 ; Von Oppenheim, _Rabeh und das Tchadseegebiet_, p. 113-117 ; Lippert, _Râbaḥ_, p. 246-250.]
[Note 63 : Les indigènes l’appellent _Koukaoua_ et _Kikoa_. _Kouka_ est le nom que les Kanouri donnent à l’_adansonia digitata_ ; _Koukaoua_, _Kikoa_ signifient « la ville aux koukas ».]
[Note 64 : Ngala était à la limite du Bornou et du Baguirmi.]
[Note 65 : Barth, _Reisen_, II, 355-356 ; Denham, _Voyages_, t. II, p. 301 ; Nachtigal, _Sahara und Sûdan_, t. II, 409-410 ; D’Escayrac de Lauture, _Mémoire sur le Soudan_, p. 70-71.]
[Note 66 : Le titre d’_alifa_ resta cependant le plus généralement employé. A l’heure actuelle, le chef des Dalatoua du Mao est l’alifa Ari, dit Mala (fils de l’ancien alifa Moussa).]
[Note 67 : Le mot _kademoul_ est celui qu’emploient les Arabes Choa pour désigner le turban, insigne du commandement. Les Kanembou disent _milma_ et les Toubou _lodoun_.]
[Note 68 : Sur l’histoire des Oulad Slimân, cf. Barth, _Reisen_, III, p. 56-61 ; Nachtigal, _Saharâ und Sûdân_, t. II, p. 18-22.]