La civilisation japonaise conférences faites à l'école spéciale des langues orientales
Part 16
[54] _Ni-hon Syo-ki_, liv. III, p. 5.
[55] _Koku-si ryaku._
[56] _Ni-hon Syo-ki_, liv. iii, p. 15.--Le _Wau-tyau si-ryaku_ dit que ce fut _Nigi-hayabi_ lui-même que Nagasoune proclama roi; les principaux chefs de clans étaient _Ye-ugasi_, _Oto-ugasi_, _Yaso-takeru_, _Yesiki_, _Otosiki_, etc.
[57] _Koku-si ryaku_, liv. 1, p. 6; _Wau-tyau siryaku_, liv. 1, p. 2.
[58] _Ni-hon Syo-ki_, liv. III, p. 20; _Koku-si ryaku_, liv. I, p. 8.
[59] J’ai dit, dans une conférence précédente, que les noms sous lesquels on nous a fait connaître jusqu’à présent les 41 premiers mikados étaient des noms posthumes. Ces noms posthumes, si l’on en croit Rai-san-yo (_Ni-hon Sei-ki_), liv. v, p. 8; leur auraient été donnés par Omi-mifoune, arrière-petit-fils de l’empereur Odomo, en l’an 784 de notre ère. Il est singulier que, jusqu’à présent, on n’ait pas encore publié la liste des noms que portaient originairement ces 41 souverains, et que nous fournit le Ni-hon Syo-ki. La voici, d’après ces vieilles annales:
1. _Kam Yamato Iva are hiko_ (Zin-mou). --660 à 585
2. _Kam Nu-na Kawa mimi_ (Sui-seï). --581 à 549
3. _Siki-tu hiko Tama-te-mi_ (An-nei). --448 à 511
4. _Oho-yamato-hiko Yuki-tomo_ (I-tok). --510 à 476
5. _Mi-matu-hiko Kaye-sine_ (Kau-syau). --475 à 393
6. _Yamato tarasi hiko Kuni osi hito_ (Kau-an). --392 à 291
7. _Yamato neko hito Futo-ni_ (Kau-rei). --290 à 215
8. Yamato neko hito Kuni-kuru (Kau-gen). --213 à 158
9. _Waka Yamato-neko-hiko futo hi-bi_ (Kai-kwa). --157 à 98
10. _Mi maki iri hiko I-ni-ye_ (Siou-zi). --97-30
11. _Iku-me-iri hiko I-sa-ti_ (Soui-nin). --29 -|- 70
12. _Oho tarasi hiko O-siro-wake_ (Kei-kau). -|- 71 à 130
13. _Waka-tarasi-hiko_ (Sei-mou). 131 à 191
14. _Tarasi-naka-tu hiko_ (Tyou-ai). 192 à 200
15. _Iki-naga-tarasi bime_ (Zin-gou). 201 à 269
16. _Honda_ (Au-zin). 270 à 312
17. _Oho-sasagi_ (Nin-tok). 313-399
18. _I-sa-ho-wake_ (Ri-tiou). 400-405
19. _Mitu-ha-wake_ (Han-syau). 406-411
20. _O-asa-tu ma-hoku ko Sukune_ (In-ghyau) 412-453
21. _Ana-ho_ (An-kau). 454-456
22. _Oho bas-se waka-take_ (Iou-ryak). 457-477
23. _Sira-ka-take-hiro-kuni-osi waka yamato neko_ (Sei-nei). 480-484
24. _O-ke_ ou _Ku-me-no waka-go_ (Ken-sô). 485-487
25. _O-ke_ ou _Oho-si_, ou _Oho-su_ (Nin-ghen). 488-498
26. _O bas se-waka-sagasi_ (Bou-rets). 499-506
27. _O-ho-tô_ (Kei-tai). 507-531
28. _Hiro-kuni-osi-take-kana-bi_ (Au-kan). 534-535
29. _Take-o-hiro-kuni-osi-tate_ (Sen-kwa). 536-539
30. _Ama-kuni-osi-haraki-hiro-niva_ (Kin-mei). 540-571
31. _Nu-naka Kura-futo-tama-siki_ (Bin-tats). 572-585
32. _Tatibana-no toyo-hi-no_ (Yô-mei). 586-587
33. _Bas-se he_ (Syou-zyoun). 588-592
34. _Toyo-mi-ke Kasiki-ya bime_ (Soui-ko). 593-628
35. _Oki-naga-tarasi hi-hiro-nuka_ (Syo-mei). 629-641
36. _Ama-toyo-takara-ikasi-bi-tarasi bime_ (Kwan-kyok). 642-644
37. _Ama-yorodu-toyo-bi_ (Kau-tok) 645-654
38. _Ama-toyo-takara ikabi-tarasi bime_ (Sai-meï). 655-664
39. _Ama-mikoto-hirakasu-wake_ (Ten-di) 662-672
40. _Ama-no nuna-bara oki-no ma-bito_ (Tem-bou). 672-686
41. _Taka ama-no hara-hiro-no bime_ (Dzi-tô). 687-696
[60] _Ni-hon Syo-ki_, liv. IV, p. 4.
[61] L’érudition japonaise s’est occupée, dans ces derniers temps, de la recherche des tombeaux de souverains antérieurs à Zinmou. De curieux travaux ont déjà été publiés à ce sujet, mais nous manquons jusqu’à présent des moyens de contrôler les assertions des savants du Nippon qui cherchent à faire remonter les origines historiques de leur pays au-delà du VIIe siècle avant notre ère.
[62] Sse-ma Tsien, _Sse-ki_ (Pen-ki), liv. VI, p. 17; _Kang-kien yih tchi-loh_, liv. VIII, p. 5; _Koku-si ryaku_, liv. I, p. 12.
[63] _Nippon wau-dai iti-ran_, liv. I, p. 3; _Koku-si ryaku_, loc. citat.
[64] _Nippon wau-dai iti-ran_, loc. cit.
[65] Le nom de _Siu-fouh_ est écrit dans le _Nippon wau-dai iti-ran_ avec le caractère _fouh_ «bonheur», au lieu de _fouh_ «genouillère»; mais cette orthographe se rencontre également dans quelques auteurs chinois.
[66] On pourrait peut-être faire quelques réserves sur cette opinion que l’on trouve développée de la façon la plus intéressante dans le travail de M. Ogura Yémon, intitulé «La Maison de Taïra» (_Mémoires de la Société des Etudes Japonaises_, t. I, p. 2 et sv.).
[67] _Siraki_ est un des noms du pays plus connu sous celui de _Sinra_, et appelé par les Chinois _Sin-lo_.
[68] _Ni-hon Syo-ki_, liv. V, p. 12; _Han-tyau si-ryaku_, liv. I, p. 6.
[69] _Ni-hon Sei-ki_, liv. I, p. 10.
[70] _Koku-si ryaku_, liv. I, p. 15.
[71] _Ni-hon Syo-ki_, liv. VI, p. 2; _Ni-hon Sei-ki_, liv. I, p. 12.
[72] _Ni-hon Syo-ki_, commentaire, liv. VI, pp. 3-4.
[73] _Au-tyau si-ryaku_, liv. I, p. 6.
[74] _Koku-si ryaku_, liv. I, p. 17.
[75] A la seconde année _Kien-wou tchoung-youen_.
[76] _Au-tyau si-ryaku_, liv. I, p. 8; _Nippon wau-dai iti-ran_, liv. I, p. 6.
[77] Ce prince mourut à Isé, au retour de la guerre qu’il avait dirigée contre les _Atuma-yebisu_, en 113 de notre ère (Mitukuri, _Sin-sen Nen-hyau_, p. 16).
[78] _Ni-hon Syo-ki_, liv. VIII, p. 6.
[79] _Ni-hon Syo-ki_, liv. IX, p. 3.
[80] _Nippon wau-dai iti-ran_, liv. I, p. 11.
[81] _Ni-hon Syo-ki_, liv. IX, p. 6.
[82] _Dai Ni-hon si_, liv. III, p. 8.
[83] D’Hervey de Saint-Denys, _Ethnographie des peuples étrangers à la Chine_, t. I, p. 56.
[84] La traduction de Titsing, revue par Klaproth, porte: «Deux fois l’impératrice envoya des ambassades avec des présents à l’empereur de la Chine de la dynastie des Weï, et elle reçut _souvent_ des ambassadeurs et des présents de ce monarque». Le texte japonais signifie simplement: «Il vint également à la Cour un ambassadeur du royaume des Weï; de part et d’autre, on s’offrit des présents» (_Gi-no kum yori mo, si-sya rai-tyau su; tagai-ni okuri-mono ari_).
[85] Voy. la _Carte de l’empire japonais_ au siècle de Iki-naga-tarasi, à la fin de cette Conférence, p. 118.
[86] _Ni-hon Syo-ki_, liv. X, p. 3.
[87] _Ni-hon Syo-ki_, liv. X, p. 11.
[88] Certains dictionnaires chinois fournissent l’explication de plus de 100,000 signes différents; le dictionnaire impérial intitulé _Kang-hi Tsze-tien_ comprend 42,718 caractères disposés sous 214 clefs. La connaissance de 8,000 de ces caractères suffit généralement pour lire les productions littéraires de la Chine ancienne et moderne. Voy., sur ce sujet, le travail de M. F. Maurel, dans les _Mémoires de l’Athénée oriental_, 1871, t. I, p. 143.
[89] Dans les _Actes de la Société d’Ethnographie_, t. VI, 1869, p. 171 et suiv.
[90] L’un des plus anciens monuments de l’antiquité chinoise est l’inscription gravée sur un rocher du mont Heng-chan, par ordre de Yu-le-Grand (XXIIIe siècle avant notre ère), en commémoration de l’écoulement des eaux du déluge. Sur cette inscription, écrite en caractères dits _Ko-teou_, et reproduite dans l’Encyclopédie japonaise _Wa-kan San-sai du-ye_ (liv. XV, p. 30), on peut consulter: Hager, _Monument de Yu_ (Paris, 1802, in-fol.); Klaproth, _Inschrift des Yü_ (Berlin, 1811, in-4º).
[91] J’ai donné, dans les _Actes de la Société d’Ethnographie_ (1863, t. III, p. 139 et suiv.), le résumé de mes recherches sur les origines de la nation chinoise. J’ajouterai ici quelques renseignements qui me paraissent utiles pour l’étude de cette question. Les Mémoires historiques (_Sse-ki_), primitivement composés par _Sse-ma Tan_, et qui furent coordonnés et publiés, après sa mort, par le fils de cet historien, le célèbre _Sse-ma Tsien_, commencent avec _Hoang-ti_ «l’Empereur Jaune», dont le règne remonte à l’année 2698 [avant] de notre ère. L’authenticité de ce règne est admise par tous les critiques chinois; celui de _Fouh-hi_, qu’on reporte sept cent soixante-dix ans plus haut dans la nuit des temps, est lui-même loin d’être considéré comme fabuleux, et les auteurs les plus scrupuleux nous le donnent tout au plus comme un règne semi-historique. Les anciennes annales intitulées _Kou-chi_, composées par _Soutchih_, de la dynastie des Soung, font, de la sorte, remonter les annales de la Chine à ce même Fouh-hi. Les récits qui appartiennent précisément à la légende, et dans lesquels il n’est peut-être cependant pas impossible de découvrir quelques traces d’ethnogénie dignes d’être étudiées, sont réputées l’œuvre de _Tao-sse_. L’ouvrage de _Lo-pi_, intitulé _Lou-sse_, est un de ceux qui font reculer davantage les légendes relatives aux origines de son pays; mais cet ouvrage, malgré sa grande popularité, est généralement peu estimé des lettrés qui ne prennent pas au sérieux sa chronologie fantaisiste des premiers âges. Le classement des souverains mythologiques sous le nom de «Souverains Célestes primitifs» (_Tsou tien-hoang_), de «Souverains Terrestres primitifs» (_Tsou ti-hoang_), et de «Souverains Humains primitifs» (_Tsou jin-hoang_), paraît avoir été adopté par les Japonais qui ont imaginé également, à l’origine de leur empire, des dynasties fabuleuses rattachées aux trois grandes puissances constitutives de l’univers (_San-tsaï_), savoir: le Ciel, la Terre et l’Homme.
[92] Le grand ouvrage historique intitulé _Kang-kien I-tchi loh_ a cru devoir accueillir les légendes relatives aux temps antérieurs au règne de l’empereur _Hoang-ti_. Il les publie dans ses deux premières sections:
I.--_San-hoang ki_ «Annales des Trois Souverains», comprenant _Pan-kou chi_ ou _Pan-kou_, dont le nom a été rapproché de celui du _Manou_ indien, fils de Brahmâ et père de l’espèce humaine. Pan-kou, dans la légende chinoise, est également le premier ancêtre des hommes, le souverain du monde à l’époque du Chaos primordial (_Hoen-tun_) avec lequel il est parfois identifié;--_Tien-hoang chi_ «les Souverains Célestes»;--_Ti-hoang chi_ «les Souverains Terrestres»;--_Jin-hoang chi_ «les Souverains Humains»;--_Yeou-tchao chi_ «le chef Yeou-tchao»; et _Soui-jin chi_ «le chef Soui-jin».
II.--_Ou-ti ki_ «Annales des Cinq Empereurs», comprenant _Fouh-hi_;--_Chin-noung_;--_Hoang-ti_;--_Chao-hao_; --_Tchouen-hioh_;--_Ti-kouh_;--_Yao_,--et _Chun_.
Le grand Yu (_Ta Yu_) est placé en dehors de cette section et en tête de la dynastie des _Hia_, dont il est considéré comme le fondateur.
[93] Le _Kang-kien I-tchi loh_ nous fournit de curieuses notices sur ces deux personnages qui sont représentés comme les chefs de la première émigration chinoise, à une époque où elle était encore plongée dans les langes de la barbarie la plus primitive. Les Chinois, avant _Yeou-tchao_, formaient une population de troglodytes: ils habitaient des cavernes et vivaient dans les lieux sauvages en compagnie des animaux. Ils n’avaient aucun sentiment de convoitise; par la suite, ils devinrent astucieux, et les animaux commencèrent à être leurs ennemis. Yeou-tchao enseigna aux hommes à se construire des tannières avec du bois et à y habiter pour éviter leurs attaques. On ne connaissait pas encore l’agriculture, et on mangeait les fruits des plantes et des arbres. On ne possédait pas l’art de se servir du feu; on buvait le sang des animaux et on en mangeait la chair avec le poil.
Le successeur de Yeou-tchao, Soui-jin, parvint à obtenir du feu en perçant du bois. Les hommes, sous Yeou-tchao, avaient appris à se construire des tannières, mais ils ne savaient pas encore faire cuire leurs aliments. Soui-jin le leur enseigna; il observa en outre les astres et étudia les cinq éléments. Il enseigna au peuple à cuire les mets [avec le feu produit par la friction du bois], et le peuple fut satisfait; aussi lui décerna-t-on le nom de _Soui_, qui signifie «tirer du feu du bois». Il fit connaître les quatre saisons et la manière de se conformer à la volonté du ciel. A cette époque, on ne possédait pas d’écriture. Soui-jin établit, pour la première fois, le système des cordelettes nouées. Il eut quatre ministres, nommés _Ming-yeou_, _Pi-yuh_, _Tching-poh_ et _Yun-kieou_.
[94] _Fouh-hi_ (3468 ans avant notre ère).
[95] _Chin-noung_ (vers 3218 avant notre ère).
[96] Voy, sur le système du cycle chinois de 60 ans et sur son application dans la supputation des temps chez les Japonais, mon recueil de _Thèmes faciles et gradués pour l’étude de la langue japonaise_, p. 74.
[97] Dans les ouvrages chinois que j’ai eus à ma disposition, on fait usage, pour les souverains antérieurs à Hoangti et pour Hoangti lui-même, du titre de _hoang_, qui, dans l’ancienne écriture, était tracée sous une forme où l’on trouve les éléments idéographiques _tsze_, «soi-même» et _wang_ «gouvernant», c’est-à-dire «autocrate». Pauthier nous dit que ces premiers princes portaient simplement le titre de _wang_ «regulus». J’ignore où le regretté sinologue a trouvé ce renseignement, et s’il n’a pas confondu les signes _hoang_ et _wang_ en cette circonstance.
[98] _Ti-kouh_, père du célèbre empereur _Yao_, régna 70 ans et mourut vers l’an 2366 avant notre ère.
[99] «_Ti-tchi_ (2366 à 2357), dit le _Kang-kien yih-tchi-loh_, régna dix ans comme un mannequin et fut déposé.» Un grand nombre d’historiens chinois ont jugé à propos de supprimer son nom de la liste des souverains; c’est ainsi qu’il ne figure point dans l’histoire des Cinq Empereurs (_Ou-ti pen-ki_) placée en tête des Mémoires historiques (_Sse-ki_) du grand historiographe _Sse-ma Tsien_, où l’on voit paraître _Yao_ immédiatement après _Ti-kouh_ (Livre I).
[100] _Yao_ ou _Tao-tang_.
[101] _Yu_, ou _Ta Yu_ «le Grand Yu».
[102] 2200 avant notre ère.
[103] Parmi les travaux publiés sur cette question, je citerai seulement les suivants: le P. Prémare, dans la _Revue orientale et américaine_, t. III, p. 100, et t. IV, p. 248 W.-H. Medhurst, _An inquiry into the proper mode of rendering the word God, in translating the Sacred Scriptures into the Chinese language_ (Shanghaë, 1848).
[104] _Chi-king_, section _Soung_, partie I, ode 6.
[105] _Chi-king_, section _Ta-ya_, partie II, ode 4.
[106] _Chi-king_, section _Ta-ya_, partie I, ode 1.
[107] _Chi-king_, loc. cit.
[108] Voy. notamment section _Siao-ya_, parties V et VI.
[109] Section _Koueh-foung_, partie XIII, ode 2.
[110] _Li-ki_, chap. X; et Calleri, dans les _Memorie della R. Accademia delle Scienze di Torino_, 2e série, t. XV. p. 66, et le texte chinois, p. 33.--Voyez également _Li-ki_, chap. XIX (Libr. cit., p. 117).
[111] _Chine_, p. 44.
[112] Voyez, pour plus de détails, mon introduction à l’_Enseignement des Vérités_, du philosophe japonais Kaubau Daï-si (texte et traduction), p. XI.
[113] _Li-ki_, chap. III, et Calleri, dans les _Mem. della R. Acad. delle Scienze di Torino_, t. XV, p. 9.
[114] _Li-ki_, ch. X, et Calleri, dans les _Mem. della Acad. delle Scienze di Torino_, t. XV, p. 66.
[115] Territoire actuel de _Si-ngan fou_, dans la province de Chen-si.
[116] Voyez _Chi-king_, section _Koueh-foung_, partie VII, pièce 7.
[117] _Ibid._, partie X (chants des _Tang_), pièce 11.
[118] Voyez notamment le _Chi-king_, section _Koueh-foung_, partie IV (chant de _Young_), pièce 1.
[119] _Liber carminum_, édit. J. Mohl, p. 254.
[120] _Li-ki_, chap. XVI, et Calleri, dans les _Memorie della_ _Reale Accademia delle Scienze di Torino_, 2e série, t. XV, p. 107.
[121] _Li-ki_, chap. XV, et Calleri, dans les _Memorie della Reale Accademia delle Scienze di Torino_, 2e série, t. XV, p. 79.
[122] Il y aurait bien quelques restrictions à faire, notamment en ce qui concerne les membres de la famille impériale, les descendants de la famille de Confucius, etc. Il me paraît inutile de m’y arrêter ici.
[123] Le fondateur de cette dynastie, _Taï-tsou_ (960 de notre ère), abolit la charge de grand historiographe et constitua, dans le sein de l’Académie des _Han-lin_, un tribunal chargé de composer l’histoire officielle de l’empire.
[124] Dans mes Conférences sur l’Ethnographie de la race Jaune, faites au Collège de France pendant les années 1869 et 1870. J’espère publier un jour ces conférences, qui ont été recueillies par la sténographie.
[125] _Chi-king_, section _Ta-ya_, partie III, pièce 10, _in fine_.
[126] On rapporte que le fondateur de la dynastie des Ming, scandalisé de ce que Mencius avait qualifié de _bandit_ le prince qui n’a point de respect pour les représentations de ses ministres, ordonna que ce philosophe fût dégradé et que sa tablette commémorative fût enlevée du panthéon des lettrés. Il défendit, en outre, que qui que ce soit se permît de lui faire des représentations au sujet de cette décision souveraine.
Un lettré nommé _Tsien-tang_ se décida cependant à contrevenir à l’ordre exprès de l’empereur, et à s’exposer à la mort pour la mémoire du grand moraliste de Tsou. Il rédigea donc une requête, et, dans l’intention de la remettre à son prince, il se rendit au palais impérial, précédé de son cercueil.
Dès qu’il eut déclaré le motif de sa visite, un garde lui décocha une flèche pour le châtier de son insolence. L’empereur, auquel on remit néanmoins la requête, la lut attentivement, ordonna que la blessure du courageux lettré fût soignée au palais même, et décida que Mencius serait réintégré dans les titres qu’il lui avait enlevés.
Plus d’un souverain chinois s’est fait gloire de faciliter aux censeurs le soin de lui adresser des remontrances. On cite un empereur qui parfumait les requêtes de ses ministres et se lavait les mains avant de les toucher, prétendant qu’il était bon de se préparer à recevoir des vérités qui ne sont pas toujours agréables à entendre; et, s’adressant à un de ses ministres, il lui disait: «Ménage mon peuple, mais ne crains pas de ne point me ménager moi-même. Il vaut mieux que j’aie cent fois à rougir que d’être cause qu’il coule une seule larme.»
L’histoire de Chine est remplie de faits de ce genre, qui formeraient aisément la matière d’un volume tout entier.
[127] _Youen-kien-loui-han_, cité par Pauthier, _Chine_, t. II, p. 136.
[128] _Siouen-wang_, roi de _Tsi_, adressa à Mengtsze cette question: «On rapporte que le fondateur et premier roi de la dynastie des _Chang_ (1783 avant notre ère), _Tching-tang_ [détrôna et] envoya en exil le roi _Kie_ (de la dynastie des _Hia_, et que _Wou-wang_) (fondateur de la dynastie des _Tcheou_, 1134 avant notre ère) mit à mort _Tcheou_ (dernier prince de la dynastie des _Chang_). Est-ce possible?»
Mengtze répondit: «Dans l’histoire, cela est rapporté.»
Le roi lui dit: «Est-il donc permis à un sujet de tuer son prince?»
Mengtze répondit: «Celui qui vole [les droits de] l’humanité, on l’appelle _un voleur_; celui qui vole la justice, on l’appelle _un scélérat_. Or un voleur, un scélérat, n’est qu’un individu ordinaire [et nullement un prince]. J’ai entendu dire que [_Tching-tang_] avait tué un individu appelé _Tcheou_; mais je n’ai jamais entendu dire qu’il ait tué son prince.»
[129] Cette opinion était celle du poète _Sou Toung-po_, auquel on doit un célèbre commentaire du livre de Laotsze, publié sous le titre de _Tao-teh king kiaï_.
[130] Voy., dans la _Biographie universelle_ de Michaud, art. CONFUCIUS, seconde édition, p. 31.
[131] Un savant sinologue anglais, M. John Chalmers, a écrit: «Je me hasarde à appeler Laotsze _le_ philosophe de la Chine, parce que si Confucius a obtenu une plus grande réputation, il le doit bien plus aux circonstances qu’à la profondeur de sa pensée.» (_The speculations of_ «_the Old Philosopher_», translated from the Chinese, London, 1868, introd., p. VII.)
[132] Cet ouvrage a été traduit en français par Stanislas Julien, et publié, avec la reproduction du texte chinois, à l’Imprimerie Royale de Paris, en 1842.
[133] Voy., pour plus de détails, mon article _Taosséisme_, dans le _Dictionnaire général de la Politique_, de M. Maurice Block, t. I, p. 991.
[134] Cet ouvrage est très répandu au Japon, où il compte de nombreux admirateurs. En l’an 847 de notre ère, le mikado _Nin-myau Ten-wau_ en entendit la lecture dans son palais.
[135] Malgré les difficultés exceptionnelles que présente l’intelligence de ce chapitre initial du _Nan-hoa-king_, j’ai essayé d’en donner une traduction française qui a paru, avec un commentaire, dans mes _Textes chinois anciens_, pp. 73 et suiv.
[136] Suivant le _Sse-wou-ki-youen_, l’usage de l’encre et de la pierre à broyer remonterait, ainsi que les caractères chinois, au règne de l’empereur Hoangti (XXVIIe siècle avant notre ère); mais il n’y a pas à s’arrêter à cette opinion fondée sur la présence des signes désignant l’encre et les pinceaux dans les ouvrages de l’antiquité. Il paraît avéré que ce fut seulement sous la dynastie des _Tang_ (618 à 906 de n. è.) qu’on commença à faire usage d’encriers fabriqués en terre cuite. La plus ancienne encre de Chine fut fabriquée avec de la terre noire, ainsi que l’indique le caractère _meh_ qui signifie «encre». Plus tard, on fit usage de noir de fumée, auquel on ajouta divers ingrédients et des substances aromatiques.
Quant aux pinceaux, on rapporte qu’ils ont été inventés sous la dynastie des Tsin, bien que quelques auteurs soutiennent que l’empereur Chun (XXIIIe siècle avant n. è.) fut le premier à en répandre l’usage chez les Chinois (voy. l’encyclopédie _San-tsaï-tou-hoeï_) et que le système de leur fabrication seulement fut perfectionné sous les Tsin. Suivant le _Wou-youen_, Fouhhi traça des caractères avec du bois; Hoangti remplaça le bois par des couteaux et Chin-noung par des pinceaux. L’usage des encriers aurait été introduit par _Tchoung-yeou_, et celui du papier à écrire par _Tsaï-lun_. Sous les Han, les Weï et les Tang, les pinceaux étaient faits avec du poil de rat; puis on employa le poil de renard pour donner plus de résistance à la partie intérieure. Enfin _Tchang-hoa_, sous les Tçin, fabriqua les pinceaux avec du poil de cerf.
Dans les temps les plus reculés, on traçait les caractères sur des tablettes de bambou; plus tard, on leur substitua des tissus de soie. C’est ce qui fait que le signe chinois qui désigne le «papier» est tracé avec la figure de «la soie». L’emploi de l’écorce d’arbre date de _Tsaï-lun_, de Koueï-yang, qui vivait sous le règne de l’empereur Hoti, de la dynastie des Han (89 à 105 de n. è.).
Au Japon, l’introduction du papier à écrire date du règne du mikado _Sui-ko_ (593 à 628), auquel une ambassade avait été envoyée du royaume de _Kao-li_ (en Corée) avec des présents. Mais ce papier manquait de solidité et était constamment piqué par les insectes. Le prince héréditaire imagina alors de se servir du mûrier noir (Broussonetia), qui continua depuis lors à servir de matière première pour la fabrication du papier japonais.
[137] Nous ne possédons notamment qu’une traduction d’un abrégé du _Li-ki_, le quatrième des livres sacrés.
[138] Le _Tao-teh King_ ou Livre de la Voie et de la Vertu.
[139] Le _Yih-king_ a été traduit en latin sous ce titre: «_Y-king_, antiquissimus Sinarum liber quem ex latina interpretatione P. Regis aliorumque ex Soc. Jesu P. P. edidit Julius Mohl» (Stuttgartiæ, 1834, deux vol. in-12).--Au moment où m’arrivent les épreuves de cette conférence, je reçois une nouvelle traduction du _Yih-king_ due à l’éminent sinologue anglais, M. James Legge. Elle forme le tome XVI des _Sacred books of the East_, publiés sous la direction de M. Max Müller (London, 1882, un vol. in-8º.)