La civilisation japonaise conférences faites à l'école spéciale des langues orientales
Part 15
Cette attitude du nouveau gouvernement n’était évidemment pas de nature à donner une satisfaction générale dans l’archipel, où la haine des étrangers est encore loin d’avoir été tout à fait déracinée. Mais le prestige du successeur d’_Ama-terasu Oho-kami_ était trop considérable pour que quelqu’un osât se révolter contre ses arrêts. D’ailleurs, les rapports des Européens avec les Japonais avaient éveillé dans l’esprit de ces derniers une vive curiosité de savoir, et le désir ardent de régénérer leur pays par l’introduction de toutes les sciences et de tous les progrès réalisés en Occident. Tandis que les Chinois ont peine à comprendre que les «Barbares des quatre frontières» aient pu atteindre et surtout dépasser la civilisation du «Royaume du Milieu», les Japonais, au contraire, ont fait de suite bon marché de leur civilisation, en grande partie calquée sur celle de la Chine, et ils ont résolu de tout transformer parmi eux. Non-seulement ils se sont hâtés d’imiter nos institutions européennes, de transformer leur armée et leur marine à l’instar des nôtres, de se donner quelques premiers tronçons de télégraphes et de chemins de fer, d’organiser des postes, de créer un nouveau système monétaire et de reconstituer leurs finances sur le mode des puissances occidentales; ils ont voulu encore, et presque avant tout, perdre l’apparence extérieure d’Asiatiques: ils ont adopté pour leur souverain, pour les fonctionnaires publics, et même pour les classes supérieures de la société, notre manière de vivre et jusqu’à notre costume. Quant à la religion, dont la réforme eût été, dans toute autre région du monde oriental, la plus grosse difficulté à résoudre, il semble qu’elle ait été, pour les Japonais, le moindre embarras qu’ils aient rencontré pour l’accomplissement de leur œuvre de transformation sociale. Le Bouddhisme, en excluant, ou peut s’en faut (car on doit tenir compte de ses diverses écoles), toute croyance à une divinité suprême et personnelle, ainsi qu’à une existence d’outre-tombe, préparait d’ailleurs les Japonais à accepter toutes les formes du scepticisme moderne et même à se désintéresser dans la solution qui pourrait être donnée au problème religieux. L’ardeur qu’ils avaient mise, deux siècles auparavant, à poursuivre le christianisme de leurs persécutions et de leur colère, se trouvait de la sorte considérablement affaiblie. Ils devaient, sans trop de résistance, laisser s’établir dans leurs villes les missionnaires de l’évangile, et y construire des églises et des séminaires. Quant aux innombrables idoles bouddhiques, le plus souvent, ils ne devaient plus s’en préoccuper; ou plutôt, sachant que toutes ces représentations fantastiques, où l’art ancien avait marqué son génie bizarre et _sui generis_ sur la céramique, sur le bois, sur l’ivoire ou sur le bronze, avaient acquis une grande valeur mercantile pour les collectionneurs européens, ils n’hésitèrent pas à se débarrasser de ces idoles désormais inutiles, et à disperser les divinités auxquelles ils rendaient naguère encore des sacrifices et des hommages, sous le marteau de simples commissaires priseurs.
Je ne veux pas dire pour cela que les Japonais intelligents, que quelques bonzes éclairés, que le gouvernement mikadonal lui-même se soient absolument désintéressés de la question religieuse. Loin de là; j’ai eu l’occasion de rendre compte ailleurs[244] d’une mission envoyée il y a quelques années en Europe, à l’effet d’étudier ce que la transformation actuelle du Japon exigeait qu’on fît le plus tôt possible pour donner un aliment au besoin de croyance des classes populaires de l’empire. Cette mission,--et je pourrais dire en un mot tous les Japonais que j’ai vus se préoccuper de la religion de leur pays,--était, au fond, assez indifférente sur la foi qu’il convenait de faire adopter à ses compatriotes: ce qui la préoccupait, c’est que cette religion pût s’allier avec le mouvement des idées modernes et ne se trouvât pas, dès à présent, en contradiction avec les conquêtes de la science européenne.
Peu après son avènement au trône, Mutsouhito, âgé alors de dix-sept ans, réunit une espèce de Conseil d’Etat composé des principaux seigneurs qui avaient contribué à restaurer le pouvoir effectif qu’avaient exercé ses aïeux, avant la domination des syaugouns. D’accord avec cette assemblée, il arrêta les bases d’une constitution, où furent proclamés quelques principes qui témoignent certainement de progrès que nul n’était guère en droit d’espérer d’une nation asiatique, et qui n’avaient été réalisés nulle part ailleurs en Orient.
Sans reconnaître précisément l’abolition des castes et l’égalité de tous les citoyens devant la loi, cette constitution admettait la possibilité d’appeler à toutes les fonctions publiques les hommes de valeur qui se feraient remarquer dans les différentes classes de la société. Elle déclarait, en outre, abolies toutes les coutumes cruelles et barbares qui avaient été en usage dans les siècles passés.
Après avoir promulgué ces rudiments de constitution, le mikado annonça qu’il avait établi une ère nouvelle dont le nom exprimait l’idée sur laquelle serait fondé son gouvernement. Cette ère fut appelée _mei-di_ «le gouvernement éclairé».
Comme conséquence immédiate du nouvel ordre de choses, la Porte Impériale dut se préoccuper de rendre aussi impuissante que possible l’aristocratie féodale qui gouvernait encore, avec presque toutes les prérogatives de la souveraineté, les principautés et les innombrables clans entre lesquels était partagé l’archipel Japonais. Vouloir se défaire brusquement des anciens _Koku-si_, et notamment des plus puissants d’entre eux auxquels le mikado devait sa restauration effective au trône, fut jugé chose prématurée, sinon absolument impossible. Loin de là, ces mêmes Kok-si furent appelés aux plus hautes fonctions du nouvel édifice politique, où leur présence, qu’on n’avait pu éviter, devait nécessairement contribuer à rendre plus lente et plus laborieuse l’œuvre projetée de réorganisation politique et sociale. Par un coup d’audace périlleux, mais qui fut couronné de succès, le mikado décréta la suppression des états féodaux et la division de tout l’empire en _ken_ ou «départements», à la tête desquels les daïmyaux ne seraient plus que des préfets non héréditaires, salariés par le gouvernement et tous également révocables. Les princes féodaux acceptèrent sans résistance la situation nouvelle qui leur était faite.
Les Japonais ont, de tout temps, montré de remarquables aptitudes à s’assimiler les idées étrangères. Depuis l’arrivée des Américains dans leurs îles, en 1853, ils se sont préoccupés avec une ardeur infatigable de rechercher les moyens propres à donner à leur pays les apparences civilisatrices des contrées de l’Occident. La révolution de 1868 était une occasion favorable pour introduire dans leur pays les institutions politiques et sociales dont ils avaient acquis une idée plus ou moins superficielle dans leurs voyages en Europe, dans leurs relations avec les étrangers établis au milieu d’eux, ou dans les livres anglais, français et allemands traitant de la matière et dont ils avaient déjà fait des traductions complètes ou analytiques.
Leur première pensée fut, en conséquence, de créer au Japon le régime parlementaire, et de constituer un parlement composé d’une Chambre de Seigneurs et d’une Chambre des Communes. La chambre des seigneurs n’était pas absolument impossible à organiser, bien qu’il y eût à craindre qu’elle ne servît qu’à faciliter l’entente des grands feudataires dépossédés pour préparer le pays à une révolution nouvelle. Et, d’ailleurs, il y avait lieu de supposer que, dans une pareille assemblée, l’inégalité d’importance et d’autorité des différents daïmyaux, ne permettrait pas de résoudre les questions par des votes dans lesquels on se bornerait à additionner les suffrages. Le prince de Satsouma, par exemple, n’hésita pas, dans une de ces assemblées d’essais où la majorité ne lui était pas favorable, à se retirer, montrant par là qu’au lieu de s’attacher à compter les voix des seigneurs, il fallait bien plutôt se préoccuper d’en calculer le poids. Le sénat projeté n’était donc pas établi dans des conditions sérieuses d’existence et de durée.
Mais la difficulté était bien autre, quand on voulut convoquer une Chambre des Communes. Où trouver les communes? où trouver des citoyens capables de comprendre ce que devait être un collège électoral? On proposa de faire enseigner publiquement par des conférenciers officiels, les premiers éléments du droit public, et de décider que les Japonais qui auraient fréquenté ces conférences pendant un certain temps, acquerraient le titre de citoyen et la capacité électorale. Cette proposition originale dont on eût peut-être pu tirer d’utiles résultats, si elle avait été adoptée et mise en pratique avec persévérance, ne pouvait en tous cas donner des résultats immédiats. Elle fut bientôt abandonnée, ainsi que toutes sortes d’autres systèmes ayant pour but de trouver les moyens d’introduire une chambre basse dans le parlement projeté.
Le sénat ou _Gen-rau-in_[245], fondé par décret du 17 avril 1875, ne devait pas survivre à la retraite du prince de Satsouma que j’ai mentionnée tout à l’heure. Une sorte de Conseil Supérieur, dans lequel furent appelés quelques Européens en qualité de conseillers-adjoints, lui succéda, et prépara les lois que le cabinet acceptait ensuite ou repoussait à son gré.
Le même décret instituait une autre chambre, appelée _Fu-ken kai-gi_[246], que les journaux se sont hâtés de considérer comme étant une Chambre des Communes. Cette assemblée n’est autre que la réunion des préfets ou chef de _Ken_, appelés chaque année, durant une session de cinquante jours, à examiner certaines affaires relatives aux intérêts particuliers des départements placés sous leur juridiction administrative.
En somme, les intentions qui ont provoqué le décret d’avril 1875 n’ont pu être réalisées, et le Parlement japonais est encore une création réservée à un avenir plus ou moins éloigné. La Porte Impériale s’est trouvée, de la sorte, dans la nécessité de revenir à peu de choses près au gouvernement personnel et absolu qui avait régi le Japon avant la grande révolution de 1868. Faute de pouvoir trouver des citoyens dans les classes populaires d’un pays maintenu plus de deux mille ans dans un perpétuel esclavage, sous l’autorité absolue de la noblesse et de la classe militaire, le mikado ne put appeler tout d’abord autour de lui que d’anciens serviteurs dévoués, ignorants, sans autorité et sans prestige, ou des daimyaux médiocrement éclairés et, en tous cas, jaloux de recouvrer le pouvoir que la révolution était venue brusquement leur arracher des mains. Le tiers-état, le seul élément social sur lequel puissent être appuyées les institutions nouvelles, est à peine en voie de formation chez les Japonais; il est cependant certain qu’il ne tardera pas à acquérir une large part d’influence dans les résolutions du gouvernement mikadonal.
Le jeune empereur paraît très favorable à l’émancipation de cette classe moyenne de la population japonaise, émancipation qui sera sans doute facilitée par la loi nouvelle qui appelle tous les indigènes, désormais sans distinction de caste ou d’origine, à servir sous les drapeaux. Les conseillers de la couronne, à cette occasion, firent observer au mikado que, si l’émancipation du peuple devait avoir pour résultat le plus prochain, d’ébranler et même d’anéantir un jour les dernières forces sur lesquelles s’appuient les anciens feudataires du Nippon, elle aurait très probablement ensuite pour effet, de discuter jusqu’au droit du souverain lui-même. Ces représentations ne firent point changer la résolution qu’on attribue à l’initiative de l’empereur Moutsouhito lui-même, et la rumeur publique prête au jeune prince cette noble réponse: «Dussé-je subir un jour le sort de Charles Ier d’Angleterre et de Louis XVI de France, je persévérerai dans la voie que j’ai ouverte pour l’émancipation et pour le bonheur de mes sujets.»
Quoiqu’il en soit de ce récit, et de l’origine des idées libérales qui ont signalé à plusieurs reprises les actes du gouvernement japonais, il est certain que le Japon a réalisé, en quelques années, des réformes dignes de lui donner une place dans le grand concert politique des nations de race Blanche, et un rang distingué à la tête de tous les empires asiatiques.
TABLE DES MATIÈRES
Pages.
I.--Place du Japon dans la classification ethnographique de l’Asie 1
II.--Coup d’œil sur la géographie de l’archipel Japonais 29
III.--Les origines historiques de la monarchie japonaise 55
IV.--Les successeurs de Zinmou, jusqu’à la guerre de Corée 87
V.--Influence de la Chine sur la civilisation du Japon.--La Chine avant Confucius 119
VI.--Les grandes époques de l’histoire de Chine, depuis le siècle de Confucius jusqu’à la restauration des lettres sous les Han 163
VII.--La littérature chinoise au Japon 191
VIII.--Le Bouddhisme et sa propagation dans l’extrême Orient 223
IX.--Aperçu général de l’histoire des Japonais, depuis l’établissement du Bouddhisme jusqu’à l’arrivée des Portugais 253
X.--La littérature des Japonais 283
XI.--Les sciences et l’industrie au Nippon 327
XII.--La révolution moderne au Japon 369
NOTES:
[1] Ces conférences ont été, pour la plupart, recueillies par M. Vignon, sténographe.
[2] Ce Manuel se composera des documents suivants: 1. Liste des Dieux du Panthéon Japonais;--2. Liste ordinale et chronologique des Mikado ou Empereurs du Japon;--3. Liste ordinale et chronologique des Syaugoun ou Généralissimes Japonais;--4. Liste alphabétique des Mikado;--5. Liste chronologique des Nengaux ou noms d’années;--6. Liste alphabétique des Nengaux;--7. Chronologie cyclique de l’Histoire du Japon;--8. Chronologie des principaux faits de l’Histoire du Japon;--9. Petite Biographie des hommes célèbres;--10. Liste des anciennes Provinces du Japon;--11. Liste des Ken ou Départements actuels de l’empire Japonais;--12. Liste des Temples célèbres;--13 Liste chronologique des Résidences impériales;--14. Liste des Ports de mer japonais;--15. Petit Dictionnaire géographique.
[3] _Introduction au Cours pratique de Japonais._ Résumé des principales connaissances nécessaires pour l’étude de la langue japonaise. Seconde édition (Paris, 1872);--_Guide de la Conversation Japonaise._ Troisième édition (Paris, 1883).
[4] _Les Livres sacrés du Japon._ Yamoto bumi. La Genèse des Japonais, traduite pour la première fois, accompagnée d’un commentaire perpétuel composé en chinois et d’une glose exégétique en français.
[5] Voy., pour le développement de ces idées sur la classification ethnographique, l’introduction de mon ouvrage intitulé: _Les Populations Danubiennes_ (Paris, 1882, in-4º et Atlas in-folio).
[6] J’ai signalé, avec d’assez grands développements, cette théorie dans un fragment, couronné par l’Institut, de mon _Histoire de la langue chinoise_. En attendant la publication de cet ouvrage encore inédit, voy. les observations que j’ai publiées sur la Reconstitution de la langue chinoise archaïque, dans les _Transactions of the second Session of the International Congress of Orientalists_. London, 1874, p. 120.
[7] Voy., sur ce sujet, l’ouvrage de M. Ludwig Podhorszky, intitulé: _Etymologisches Wœrterbuch der magyarischen Sprache_, genetisch aus chinesischen Wurzeln und Stæmmen, 1877; in-8º.
[8] Voy. mon _Aperçu de la langue coréenne_. Paris, Impr. impér., 1864, in-8º, et dans le _Journal asiatique_, 6e série, t. III, p. 287 et suiv.
[9] Voy. mon _Introduction à l’étude de la langue japonaise_. Paris, 1856, in-4º, p. 29.
[10] Klaproth, _Tableaux historiques de l’Asie_, p. 153.
[11] Castren, _Nordiska Resor och forskningar_, t. IV, cité par Beauvois, dans la _Revue Orientale et Américaine_, 1864, t. IX, p. 137.
[12] Beauvois, _Lib. cit._, p. 139.
[13] Voy., à ce sujet, ma Lettre à M. Oppert, dans la _Revue Orientale et Américaine_, t. IX, p. 269.
[14] _Wa-kan San-sai du-ye_, liv. LXVI, f. 13.--«En une nuit, le sol s’entrouvrit et forma un grand lac, qui reçut le nom de _Mitu-umi_. La terre forma une grande montagne, qui devint le _Fu-zi-no yama_, dans la province de Suruga. Cet événement n’est pas à l’abri du doute, car les historiens n’en parlent pas». (Voy. cependant _Nippon wau dai iti-rau_, liv. I, f. 3.)
Les Japonais qui, depuis des siècles, n’ont cessé de professer pour cette montagne un véritable culte d’admiration, lui ont donné différents noms témoignant tous de ce sentiment. Ils l’écrivent parfois avec des caractères qui signifient «il n’y en a pas deux pareilles au monde», ou «l’inépuisable», ou «l’immortelle»; ils la désignent aussi sous le nom de _Hô-rai_ (chinois: _Poung-laï_), qui est celui d’une montagne célèbre où séjournent les immortels, suivant la mythologie de la Chine, et dont il est question dans la plus vieille géographie du monde, le _Chan-haï-king_. «Le mont _Poung-laï_, dit cette géographie, est une montagne habitée par les immortels et située au milieu de la mer; il n’y a pas de route pour y arriver».
[15] Du 14e jour du 3e mois au 18 du mois suivant.
[16] _Ni-hon-go-ki_, cité par le _Wa-kan San-sai du-ye_, liv. VI, f. 14.
[17] Voy., sur ce volcan, mes _Etudes Asiatiques_, p. 298.
[18] _Histoire naturelle de l’empire du Japon_, trad. de Naude, t. I, p. 168.
[19] En japonais: _sat-tuki_ «le cinquième mois».
[20]
_Hyaku-nin is-syu_, pièce 1, et dans mon _Anthologie japonaise_, p. 39.
[21] Banaré, _Instructions nautiques_, Mer de Chine 3e partie, p. 2.
[22] Bousquet, _le Japon de nos jours_, t. I, p. 6.
[23] Voy. _Syo-gen-zi-kau_, édit. lith., p. 223, c. 4.
[24] A ces noms, il faut ajouter les suivants: _Toyo-asi-vara-ti-i-wo-aki-no-mitu-ho-no-kumi_, _Ura-yasu-no kuni_, _Hoso-hoko-ti-taru-no kuni_, _Siwa-gami-ho-no-ma-no kuni_, _Tama-gaki-utitu kuni_, désignations appartenant à la période mythologique des Génies célestes;--_Toyo-Akitu-su_, nom donné par le premier mikado _Zin-mu_ au Japon, parce que ce pays lui avait semblé avoir la forme d’une espèce de sauterelle;--_Ya-ba-tai_, altération du nom de _Yamato_, empruntée aux Annales des Han postérieurs (_Heou-Han chou_);--_Ziti-iki_ «le pays du Soleil»; _Zit-tô_, «le lever du soleil»; _Siki-sima_ «les îles disséminées»; _Asivara-no kuni_.
[25] Ces îles sont souvent appelées, dans les géographies, de leur nom chinois _Lieou-kieou_; les Japonais les nomment _Riou-kiou_. La forme locale est _Loutchou_.
[26] Voy. sur les usages si variés du Bambou au Japon, la curieuse notice de M. le Dr Mène, dans les _Mémoires de la Société des études japonaises_, t. III, p. 6 et suiv.
[27] On peut consulter, sur ce sujet, mon _Traité de l’éducation des vers à soie au Japon_, traduit du japonais et publié par ordre du ministre de l’Agriculture, à l’Imprimerie nationale. Cet ouvrage a été traduit en italien, par M. F. Franceschini, et publié à Milan (un vol in-8º).
[28] Geerts, _Les produits de la nature japonaise et chinoise_, p. 209.
[29] Le premier mikado ou empereur du Japon, _Zin-mu_, commença à régner en 667 avant notre ère.
[30] L’empereur de Chine _Taï-tsoung_, de la dynastie des _Soung_, ayant appris, en l’an 984, que les souverains japonais ne formaient qu’une seule lignée de descendants, ne put s’empêcher de pousser un soupir et de s’écrier: «Cela n’est-il pas la véritable voie de l’antiquité?» (Voy. mes _Textes chinois anciens_, traduits en français, p 89.)
[31] Mitukuri, _Sin-sen Nen-hyau_, ann. 285; _Dai Ni-hon si_, liv. III, p. 13. Voy. aussi mes _Archives paléographiques_, t. I, p. 234.
[32] _Russko-Iaponskii Slovar_, p. 2.
[33] _Dai Ni-hon si_, liv. 11, p. 6.
[34] Il est fait mention de cette ambassade dans les _Heou-Han chou_, ou annales officielles chinoises de la dynastie des Han postérieurs, à la date de la deuxième année _tchoung-youèn_, dans l’histoire de l’empereur _Kouang-wou_.--Cf. _Dai Ni-hon si_, liv. II, p. 10.
[35] Voy., sur cette écriture, les renseignements que j’ai donnés dans les _Mémoires du Congrès international des Orientalistes_, Session inaugurale de Paris, 1873, t. I, p. 221.
[36] D’Hervey de Saint-Denys, _Mémoire sur l’histoire ancienne du Japon_, p. 7.
[37] Voy. l’intéressante notice de M. Addison van Name, dans les _Mémoires du Congrès international des Orientalistes_, Session de Paris, 1873, t. I, p. 221.
[38] _Ko va noti no hito no ituvari atume taru mono ni site, sara-ni Kano Syau-toku no mi ko no mikoto no erabi tamaisi, makoto uo fumi ni va arazu_ (_Ko-zi ki_, Préliminaires, p. 20 vº).
[39] _Wa-kan Kwó-tó fen-nen-gau un-no du_, Introduction.
[40] Les deux mots _ming-hing_, rendus en japonais par «en se _nuagifiant_,» forment, en chinois, une expression qui désigne «la matière première des choses».
[41] _Ni-hon Syo-ki_, liv. 1, p. 1.
[42] _Ni-hon Syo-ki_, lib. cit., p. 1 vº.
[43] _Ni-hon Syo-ki_, liv. 1, p. 2.
[44] _Ni-hon Syo-ki_, lib. cit., p. 2 vº.
[45] Les six autres génies de la dynastie divine (_Ama-no Kami_) furent:
2º _Kuni-no Sa-tuti-no mikoto_, également appelé _Kuni-Sa-tati-no mikoto._
3º _Toyo-Kun-nuno Mikoto_ également appelé _Toyo-kuni-nusi-no Mikoto, Toyo-kumi-no-no Mikoto, Toyo-ka-busi-no-no Mikoto, Uki-fu no no toyo-kai-no Mikoto, Toyo-kuni-no-no Mikoto, Toyo ku’i-no-no Mikoto, Hako kuni-no-no Mikoto, ou Mi-no-no Mikoto._
4º _U’i-ti ni-no Mikoto_, qui eut pour épouse _Su’i-ti-ni-no Mikoto._
5º _Oho-to-no di-no Mikoto_, qui eut pour épouse _Toma-be-no Mikoto._
6º _Omo-taru-no Mikoto_, lequel eut pour épouse _Kasiko-ne-no Mikoto._
7º _Iza-nagi-no Mikoto_, lequel eut pour femme _Iza-nami-no Mikoto._
[46] D’autres auteurs disent qu’ils étaient seulement mâles.
[47] Izanagi et Izanami ayant vomi, par métamorphose naquit le dieu _Kana-yama-hiko_, ou «le Génie des Montagnes d’or»; ayant uriné, par métamorphose naquit la déesse _Midu-ha-no me_; ayant fait des excréments, par métamorphose naquit la déesse _Hani-yama bime_ (Voy. _Ni-hon Syo-ki_, liv. 1, p. 11).
[48] Une notice sur les deux dynasties des génies célestes et terrestres du Japon a été insérée par Klaproth en tête de la traduction du _Nippon-wau dai iti-ran_ rédigée par Titsingh avec l’aide des interprètes japonais du comptoir hollandais de Dé-sima. Cette notice renferme malheureusement de nombreuses inexactitudes. On trouvera un tableau complet de la mythologie antique des Japonais dans la traduction que j’ai entreprise du _Ni-hon Syo-ki_, l’une des sources les plus anciennes et les plus authentiques de l’histoire primitive du Nippon. Le premier volume de cette traduction sera livré prochainement à l’impression et paraîtra à la librairie d’Ernest Leroux dans le recueil des publications de l’Ecole spéciale des Langues orientales.
[49] Ou en dialecte sinico-japonais _Ten-syau daï-zin_.
[50] Livr. iii, p. 1; _Au-tyau si-ryaku_, liv. I, p. 1.
[51] _Ni-hon Syo-ki_, liv. iii, p. 3.
[52] _Ni-hon Syo-ki_, loc. cit.
[53] Ce nom pourrait se traduire par «le géant à la grande moëlle»; mais un commentaire du _Koku-si ryaku_ (liv. i, p. 6) nous apprend que _Naga-sune_ est un nom de ville, dont on a fait la désignation d’un chef aïno.--_Hiko_ est le titre des princes à l’époque kourilienne de l’histoire du Nippon: il signifie littéralement «fils du Soleil», de même que _hime_, donné aux princesses, signifie «fille du Soleil.»