La Bible d'Amiens

Part 21

Chapter 213,871 wordsPublic domain

Sur la façade. {A. La tour du troupeau (IV, 8.) {B. Chacun se repose et «personne ne les effraiera». (IV, 4.) {C. «Les épées en socs de charrue.» (IV, 3.) {D. «Les lances en serpes.» (IV, 3.)

23. Nahum:

À l'intérieur du {A. «Nul ne regardera en arrière.» (II, 8.) porche. {B. «Prophétie contre Ninive.» (I, 1.) {C. Tes princes et tes chefs, (III, 17.) {D. Les figues précoces, (III, 12.)

24. Habacuc:

A. «Je veillerai pour voir ce qu'il dira.» (II, 1.) B. Le ministère auprès de Daniel.

25. Sophonie:

Sur la façade. {A. Le Seigneur frappe l'Éthiopie. (II, 12.) {B. Les bêtes dans Ninive. (II, 15.)

À l'intérieur du {C. Le Seigneur visite Jérusalem. (I, 12.) porche. {D. Le cormoran et le butor[228]. (II, 14.)

26. Aggée:

A. Les maisons des princes _ornées de lambris_[229]. (I, 4.) B. «Le ciel retenant sa rosée.» (I, 10.) C. Le temple du Seigneur est désolé. (I, 4.) D. «Ainsi dit le Seigneur des armées.» (I, 7.)

27. Zacharie:

A. L'iniquité s'envole. (V, 6, 9.) B. «L'ange qui me parla.» (IV, 1.)

28. Malachi:

A. «Vous avez offensé le Seigneur.» (II, 17.) B. «Ce commandement est pour vous.» (II, 1.)

41. Ayant ainsi mis rapidement sous les yeux du spectateur la succession des statues et de leurs quatre-feuilles (au cas où l'heure du train presserait, il peut être charitable de lui faire savoir que, prendre à l'extrémité est de la cathédrale la rue qui va vers le sud, la rue Saint-Denis, est le plus court chemin pour arriver à la gare) je vais y revenir en commençant par saint Pierre et j'interpréterai un peu plus complètement les sculptures des quatre-feuilles.

En gardant pour les quatre-feuilles les chiffres adoptés pour les statues, les quatre-feuilles de saint Pierre seront désignés par 1 A et 1 B, et ceux de Malachi par 28 A et 28 B.

1. A.--_Le Courage_, avec un léopard[230] sur son bouclier; les Français et les Anglais étant d'accord dans la lecture de ce symbole jusqu'à l'époque du poinçonnage du léopard du Prince Noir sur la monnaie, en Aquitaine.

1. B. La _Lâcheté._--Un homme effrayé par un animal s'élançant hors d'un fourré, pendant qu'un oiseau continue de chanter. Le poltron n'a pas le courage d'une grive[231].

2. A. La _Patience_ ayant un bœuf sur son bouclier (ne reculant jamais)[232].

2. B. La _Colère_[233].--Une femme perçant un homme d'une épée. La colère est essentiellement un vice féminin.--Un homme, digne d'être appelé ainsi, peut être conduit à la fureur ou à la démence par l'_indignation_ (Voir le Prince Noir à Limoges), mais non par la colère. Il peut être alors assez infernal,--«Enflammé d'indignation, Satan restait _sans peur_--» mais dans ce dernier mot est la différence, il y a autant de crainte dans la colère qu'il y en a dans la haine.

3. A. La _Douceur_ porte un agneau[234] sur son écu.

3. B. La _Grossièreté_, encore une femme, envoyant un coup de pied à son échanson. Les formes finales de l'extrême grossièreté française étant dans les gestes féminins du cancan; voyez les gravures favorites à la mode dans les boutiques de Paris.

4. A. L'_Amour_: l'amour divin, non l'amour humain: «Moi en eux et toi en moi.» Son écu supporte un arbre[235] avec un grand nombre de branches greffées dans son tronc abattu. «Dans ces jours le Messie sera abattu, mais non pour lui-même.»

4. B. La _Discorde._--Un mari et une femme se querellant. Elle a laissé tomber sa quenouille (manufacture de laine d'Amiens, voyez plus loin--9, A)[236].

5. A. L'_Obéissance_ porte un écu avec un chameau. Actuellement la plus désobéissante de toutes les bêtes qui peuvent servir à l'homme, celle qui a le plus mauvais caractère, pourtant passant sa vie dans le service le plus pénible. Je ne sais pas jusqu'à quel point son caractère a été compris par le sculpteur du Nord; mais je crois qu'il l'a pris comme un type de porteur de fardeau qui n'a ni joie ni sympathie, comme le cheval, ni pouvoir de témoigner sa colère comme le bœuf[237]. Sa morsure est assez mauvaise (voyez ce qu'en raconte M. Palgrave), mais probablement peu connue à Amiens, même des Croisés qui voulaient monter leurs propres chevaux de guerre, ou rien[238].

5. B. _Rébellion._--Un homme claquant ses doigts devant son évêque[239]. Comme Henri VIII devant le pape, et les modernes cockneys français et anglais devant tous les prêtres, quels qu'ils soient.

6. A. _Persévérance_, la grande forme spirituelle de la vertu communément appelée Fortitude.

D'habitude domptant ou mettant en pièces un lion; ici en caressant un et tenant sa couronne. «Tiens ferme ce que tu as[240] afin qu'aucun homme ne prenne ta couronne[241]».

6. B. _Athéisme_, laissant ses souliers à la porte de l'église. L'infidèle insensé est toujours représenté nu-pieds dans les manuscrits du XIIe et XIIIe siècle, le chrétien ayant «comme chaussure à ses pieds la préparation à l'Évangile de Paix[242]». Comparez: «Combien sont beaux tes pieds avec des souliers, _ô fille de prince_[243]!»

7. A. _Foi_, tenant un calice avec une croix au dessus[244], ce qui était universellement accepté dans l'ancienne Europe, comme étant le symbole de la foi. C'en est aussi un symbole tolérant, car, toutes différences d'église laissées de côté, les mots: «À moins que vous ne mangiez la chair du Fils de l'Homme et buviez son sang, vous n'avez pas de vie en vous[245]», restent dans leur mystère pour être compris seulement de ceux qui ont appris le caractère sacré de la nourriture[246], dans tous les temps et dans tous les pays, et les lois de la vie et de l'esprit qui dépendent de son acceptation, de son refus et de sa distribution.

7. B. _Idolâtrie_, s'agenouillant devant un monstre. Le contraire de la foi--non le manque de foi. L'idolâtrie est la foi en de faux dieux et tout à fait distincte de la foi en rien du tout (6, B), le _Dixit incipiens_[247]. Des hommes très sages peuvent être idolâtres, mais ils ne peuvent pas être athées.

8. A. _Espérance_ avec l'étendard gonfalon[248] et une couronne devant elle, à distance[249]; opposée à la couronne que la Fortitude tient dans ses mains avec constance (6, A.).

Le gonfalon (_Gund_, guerre; _fahr_, étendard, d'après le Dictionnaire de Poitevin) est le drapeau qui dans la bataille signifie: en avant; essentiellement sacré; de là le nom de gonfalonier toujours donné aux porte-étendards dans les armées des républiques italiennes.

Il est dans la main de l'espérance, parce qu'elle combat toujours devant elle, allant à son but, ou au moins ayant la joie de le voir se rapprocher. La Foi et la Fortitude attendent, comme saint Jean en prison, mais sans être outragées.

L'Espérance est toutefois placée au-dessous de saint Jacques à cause des versets 7 et 8 de son dernier chapitre se terminant ainsi: «Affermissez vos cœurs, car la venue du Seigneur devient proche.» C'est lui qui interroge le Dante sur la nature de l'Espérance (Par., C. XXV et voyez les notes de Cary).

8. B. Le _Désespoir_ se poignardant[250]. Le suicide n'est pas considéré comme héroïque ni sentimental au XIIIe siècle et il n'y a pas de morgue gothique bâtie au bord de la Somme.

9. A. La _Charité_ portant sur son écu une toison laineuse et donnant un manteau à un mendiant nu. La vieille manufacture de laine d'Amiens avait cette notion de son but, qu'il fallait, notamment, vêtir le pauvre d'abord, le riche ensuite. Dans ces temps-là on ne disait aucune bêtise sur les fâcheuses conséquences d'une charité indistincte[251].

9 B. _Avarice_ avec un coffre et de l'argent. La notion moderne commune aux Anglais et aux Amiénois sur la divine consommation de la manufacture de laine.

10. A. _Chasteté_, écu avec le Phénix[252].

10. B. _Volupté_, un baiser trop ardent[253].

11. A. _Sagesse_, sur son écu une racine mangeable, je crois[254]; signifiant la tempérance, comme le commencement de la sagesse.

11. B. _Folie_[255], le type ordinaire usité dans tous les psautiers primitifs, d'un glouton armé d'un gourdin. Cette vertu et ce vice sont la sagesse et la folie terrestres complétant la sagesse spirituelle et la folie correspondante (au dessous saint Matthieu). La tempérance, le complément de l'obéissance, et la cupidité avec violence, celui de l'athéisme.

12. A. _Humilité_, sur son écu une colombe.

12. B. _Orgueil_, tombant de son cheval.

42. Tous ces quatre-feuilles sont plutôt symboliques que représentatifs; et, comme leur but était suffisamment atteint si leur symbole était compris, ils avaient été confiés à un ouvrier très inférieur à celui qui sculpta la série de ceux que nous allons passer en revue et qui sont placés sous les statues des prophètes.

Le sujet de la plupart de ces quatre-feuilles est ou un fait historique, ou une scène dont parle le prophète comme y ayant effectivement assisté dans une vision. Et ce sont les mains les plus habiles que l'architecte a en général chargé de leur exécution. En donnant leur interprétation, je rappelle pour chacun d'eux le nom du prophète dont ils commentent la vie ou la prophétie[256].

13. A. «_Isaïe_[257].--J'ai vu le Seigneur assis sur un trône.» (VI, 1.)

La vision du trône «haut et élevé» entre les séraphins.

13. B. «Vois, ceci a touché tes lèvres.» (VI, 7.)

L'ange est debout devant le prophète et tient, ou plutôt tenait, le charbon avec des pincettes qui avaient été artistement sculptées, mais sont maintenant brisées.

Un fragment seulement est resté dans sa main[258].

14. A. _Jérémie_[259]--L'enfouissement de la ceinture. (XIII, 4, 5.)

Le prophète est en train de creuser au bord de l'Euphrate, représenté par des sinuosités verticales[260] qui descendent en serpentant vers le milieu du bas-relief. Notez que la traduction doit être «trou dans la terre», et non dans le «rocher».

14. B. _Le bris du joug._ (XXVIII, 10.)

Du cou du prophète Jérémie; il est représenté ici par une chaîne doublée et redoublée.

15. A. _Ézéchiel[261].--La roue dans la roue. (I, 16.)

Le prophète est assis; devant lui deux roues d'égale dimension, l'une engagée dans la circonférence de l'autre.

15 B. «Fils de l'homme, tourne ton visage vers Jérusalem.» (XXI, 2.)

Le prophète devant la porte de Jérusalem.

16. _Daniel._

16. A. «Il a fermé les gueules des Lions.» (VI, 22.)

Daniel tenant un livre; les lions sont traités comme des supports héraldiques. Le sujet est rendu avec plus de vie dans les séries que nous trouverons plus loin (24. B).

16. B. «Au même moment sortirent les doigts de la main d'un homme.» (V, 5.)

Le festin de Balthazar figuré par le roi seul, assis à une petite table oblongue. À côté de lui le jeune Daniel paraissant seulement quinze ou seize ans, gracieux et doux, interprète les caractères tracés. À côté du quatre-feuilles sortant d'un petit tourbillon de nuages paraît une petite, main courbée, écrivant, comme si c'était avec une plume renversée, sur un fragment de mur gothique[262].

Pour le boursouflage moderne opposé à la vieille simplicité, comparez le festin de Balthazar de John Martin[263].

43. Le sujet suivant commence la série des petits prophètes.

17. _Osée_[264].

17. A. «Ainsi je l'achetai pour moi pour quinze pièces d'argent et une mesure d'orge.» (III, 2.)

Le prophète versant le grain et l'argent sur les genoux de la femme «chérie de son ami[265]». Les pièces d'argent sculptées portent chacune une croix avec une inscription qui est celle de la monnaie du temps.

17. B. «Ainsi serais-je aussi pour toi.» (III, 3.)

Il passe un anneau à son doigt.

18. _Joël_[266].

18. A. Le soleil et la lune sans lumière. (II, 10.)

Le soleil et la lune comme deux petites boules plates dans le haut de la moulure extérieure.

18. B. Le figuier écorcé, et la vigne dénudée. (I, 7.)

Remarquez l'insistance continuelle sur le dépérissement de la végétation comme signe de la punition divine. (19, D.)

19. _Amos._

19. A. Le Seigneur criera de Sion. (I, 2.)

Le Christ apparaît avec un nimbe traversé d'une petite croix.

19. B. «Les habitations des bergers se lamenteront.» (I, 2.)

Amos avec le bâton crochu ou le crochet des bergers, et une bouteille en osier, devant sa tente (L'architecture de la feuille droite est restaurée).

_À l'Intérieur du Porche._

19. C. Le Seigneur avec le cordeau du maçon. (VII, 8.)

Le Christ cette fois encore, et désormais toujours, avec une petite croix dans son nimbe, a dans sa main une grande truelle qu'il pose sur le haut d'un mur à demi bâti. Il paraît y avoir un cordeau enroulé autour du manche.

19. D. La place où il ne pleuvait pas. (IV, 7.)

Amos est en train de cueillir les feuilles de la vigne sans fruits pour nourrir ses brebis qui ne trouvent pas d'herbe. C'est un des plus beaux morceaux de sculpture.

20. _Abdias_[267] (_à l'intérieur du porche_).

20. A. «Je les cachai dans une caverne (I Les Rois, XVIII, 13).

Trois prophètes à l'ouverture d'un puits auxquels Abdias apporte des pains.

20. B. «Il tomba sur la face.» (XVIII, 7.)

Il s'agenouille devant Elie qui porte un manteau à longs poils[268].

_En façade_

20. C. Le capitaine des cinquante[269].

Elie? parlant à un homme armé sous un arbre.

20. D. _Le messager._ Un messager à genoux devant un roi. Je ne puis expliquer ces deux scènes. 20. C et 20. D.

Celle qui est le plus haut peut signifier le dialogue d'Elie avec les capitaines (II les Rois, I, 9,) et celle d'au-dessus le retour des messagers[270] (II les Rois, I, 5).

21. _Jonas_[271].

21. A. Échappé de la mer.

21. B. Sous le calebassier. Une petite bête ressemblant à une sauterelle rongeant le tronc d'un calebassier. J'aimerais savoir quels insectes attaquent les calebassiers d'Amiens[272]. Ceci peut être une étude entomologique pour qui voudra.

_Michée._

_En façade._

22. A. _La tour du troupeau._ (IV, 8.)

La tour est entourée de nuages, Dieu apparaît au-dessus.

22. B. Chacun se reposera, et «nul ne les effraiera.» (VI, 4.)

Un mari et sa femme «sous sa vigne et son figuier».

_À l'intérieur du porche_:

_Les épées en socs de charrue._ (IV, 3.)--Néanmoins, deux cents ans après que ces médaillons furent taillés, la fabrication des épées était devenue une des principales industries d'Amiens! Pas à son avantage.

22. D. «_Les lances en serpes_[273].» (IV, 3.)

23. _Nahum_:

_À l'intérieur du porche._

23. A: «Nul ne regardera en arrière. (I, 8.)

23. B. «La malédiction de Ninive[274].» (I, 1.)

_En façade._

23. C. _Les princes et les grands._ (III, 17.)

23. A, B et C ne sont aucun susceptibles d'une interprétation certaine. Le prophète A montre du doigt, vers le bas du quatre-feuilles, une colline que le P. Rozé dit être couverte de sauterelles? Je ne puis que copier ce qu'il en dit.

23. D. _Les figuiers précoces._ (III, 12.)

Trois personnes sous un figuier attrapent dans leur bouche son fruit qui tombe.

24. _Habakuk._

24. A. «Je veillerai afin de voir ce qu'il me dira.» (II, 1.)

Le prophète écrit sur sa tablette sous la dictée du Christ.

24. B. _Le ministère auprès de Daniel._

La visite traditionnelle à Daniel. Un ange emporte Habakuk par les cheveux, le prophète a un pain dans chaque main. Ils enfoncent le toit de la caverne. Daniel caresse le dos d'un jeune lion; la tête d'un autre est passée nonchalamment sous son bras. Un autre ronge des os au fond de la caverne[275].

25. _Sophonie_[276].

_En façade._

25. A. _Le Seigneur frappe l'Éthiopie._ (II, 12.)

Le Christ frappant une cité avec une épée. Remarquez que dans ces bas-reliefs toutes les actions violentes sont rendues d'une manière faible ou ridicule; les actions calmes toujours bien rendues.

25. B. _Les bêtes dans Ninive._ (II, 15.)

Très beau. Toutes sortes de bêtes rampant parmi les murs chancelants, et sortant de leurs fentes et de leurs crevasses. Un singe accroupi devenant un démon présente la théorie darwinienne retournée.

_À l'intérieur du porche._

25. C. Le Seigneur visite Jérusalem.

Le Christ traversant les rues de Jérusalem avec une lanterne dans chaque main.

25. D. Le hérisson et le butor[277] (III, 14).

Avec un oiseau chantant dans une cage à la fenêtre.

26. _Aggée._

_À l'intérieur du porche._

26. A. _Les maisons des princes ornées de lambris_[278]. (I, 4.)

Une maison parfaitement bâtie de pierres carrées tristement solides; la grille (d'une prison?) sur la façade du soubassement.

26. _Le ciel retient sa rosée._ (I, 4.)

Les cieux comme une masse en saillie, avec des étoiles, le soleil, et la lune à la surface. Au-dessous, deux arbres flétris.

_En façade._

26. C. _Le temple du Seigneur désolé._ (I, 4.)

La chute du temple, «pas une pierre laissée sur l'autre», majestueusement vide. Encore des pierres carrées. Examinez le texte, (I, 6.)

26. D. _Ainsi dit le Seigneur des Armées._ (I, 7.)

Le Christ montrant du doigt son temple détruit.

27. _Zacharie._

27. A. _L'iniquité s'envolant._ (V, 6 à 9.)

La méchanceté dans l'Epha[279].

27. B. _L'ange qui me parlait._ (IV, 1.)

Le prophète presque couché, un glorieux ange ailé sort du nuage en volant.

28. _Malachie._

28. A. _Vous avez blessé le Seigneur._ (II, 17.)

Les prêtres percent le Christ de part en part avec une lance barbelée dont la pointe ressort par le dos.

28. B. _Ce commandement est pour vous._ (II, 1.)

Dans ces panneaux celui qui est placé le plus bas est souvent une introduction à celui d'au-dessus, son explication. C'est peut-être au chapitre I verset 6 aux titres indiqués que peut faire allusion ici l'image du Christ.

44. Avec ce bas-relief se termine la suite de sculptures destinées à illustrer l'enseignement apostolique et prophétique qui constitue ce que j'entends par la «Bible» d'Amiens. Mais les deux porches latéraux contiennent des sujets supplémentaires qui sont nécessaires à l'achèvement de l'enseignement pastoral et traditionnel adressé à son peuple en ces jours.

Le porche septentrional consacré à saint Firmin, qui le premier évangélisa Amiens, a sur son trumeau central la statue du saint; au-dessus, sur le tympan, l'histoire de la découverte de son corps; sur les côtés du porche les saints et les anges ses compagnons dans l'ordre suivant:

Statue centrale: Saint Firmin.

Côté sud (gauche):

41. Saint Firmin le confesseur.

42. Saint Domice.

43. Saint Honoré.

44. Saint Salve.

45. Saint Quentin.

46. Saint Gentian.

Côté nord (droit):

47. Saint Geoffroy.

48. Un ange.

49. Saint Fuscien, martyr.

50. Saint Victoric, martyr.

51. Un ange.

52. Sainte Ulpha.

De ces saints, en exceptant saint Firmin et saint Honoré, desquels j'ai déjà parlé[280], saint Geoffroy[281] est plus réel pour nous que les autres; il était né l'année de la bataille d'Hastings, à Molincourt dans le Soissonnais et fut évêque d'Amiens de 1104 à 1150. Un homme d'une vie entièrement simple, pure et juste: un des plus sévères entre les ascètes, mais sans rien de sombre--toujours doux et pitoyable. On rapporte de lui un grand nombre de miracles, mais tous indiquant une vie qui était surtout miraculeuse par sa justice et sa paix.

Consacré à Reims et accompagné à son diocèse d'un cortège d'autres évêques et de nobles, il descend de son cheval à Saint-Acheul, le lieu de la première tombe de saint Firmin, et marche nu-pieds d'Amiens à Picquigny pour demander au vidame d'Amiens la liberté du châtelain Adam, il défendit les privilèges des habitants de la ville, avec l'aide de Louis le Gros contre le comte d'Amiens, le battit, et rasa son château; néanmoins, les gens ne lui obéissant pas assez dans la discipline de la vie, il blâma sa propre faiblesse plutôt que la leur et se retira à la Grande-Chartreuse, ne se trouvant pas capable d'être leur évêque. Le supérieur chartreux le questionnant sur les raisons de sa retraite, et lui demandant s'il avait trafiqué des charges de l'Église, l'évêque répondit: «Mon Père, mes mains sont pures de simonie, mais mille fois je me suis laissé séduire par la louange».

46. Saint Firmin le Confesseur était le fils du sénateur romain qui reçut le corps de saint Firmin lui-même. Il garda pieusement la tombe du martyr dans le jardin de son père et à la fin bâtit sur elle une église consacrée à Notre-Dame-des-Martyrs, qui fut le premier siège épiscopal d'Amiens, à Saint-Acheul, et dont nous avons parlé plus haut.

Sainte Ulpha était une jeune Amiénoise qui vivait dans une grotte calcaire au-dessus des marais de la Somme; si jamais M. Murray vous munit d'un guide comique pour aller à Amiens, nul doute que cet auteur éclairé pourra compter beaucoup sur le plaisir que vous causera l'histoire de cette sainte troublée dans ses dévotions par les grenouilles, et les faisant taire à force de prières. Vous êtes, bien entendu, maintenant, absolument au-dessus de telles extravagances et vous êtes assuré que Dieu ne peut pas ou ne veut pas faire tant pour vous que fermer la bouche d'une grenouille. Souvenez-vous, en conséquence, que comme Il laisse aussi maintenant ouverte la bouche du menteur, du blasphémateur et du traître, vous devez fermer vos propres oreilles à leurs voix, autant que vous le pourrez.

De son nom vient saint Wolf--ou Guelf.--Voyez de nouveau les noms chrétiens de Miss Yonge. Notre tour de pierre de Wolf, Ulverstone, et l'église d'Ulpha ignorent, je crois, leurs parents picards.

47. Les autres saints, dans ce porche, sont tous pareillement provinciaux, pour ainsi dire des amis personnels des Amiénois[282]; et au-dessous d'eux les quatre-feuilles représentent l'ordre charmant de l'année qu'ils protègent et sanctifient, avec les signes du zodiaque au dessus, et les travaux des mois au-dessous; différant peu de la manière dont ils sont toujours représentés--excepté pour mai: voyez la page suivante. La libra aussi est assez rare dans la femme qui tient les balances; le lion particulièrement de bonne humeur, et la moisson, un des plus beaux morceaux dans toute la série de sculptures; plusieurs des autres particulièrement fines et fouillées[283].

41. _Décembre._--Tuant et échaudant le cochon[284]. Au-dessus, le Capricorne avec une queue qui s'effile brusquement; je ne puis déchiffrer les accessoires.

42. _Janvier._--À deux têtes[285], d'une exécution triste. Le Verseau plus faible que la plupart des bas-reliefs de cette série.

43. _Février._--Très beau, chauffant ses pieds et mettant des charbons sur le feu. Le poisson au-dessus, travaillé, mais inintéressant.

44. _Mars._--Au travail dans les sillons de vigne[286].

Le Bélier soigné mais assez lourd.

45. _Avril._--Donnant à manger à son faucon; très joli.

Au-dessus, le Taureau avec de charmantes feuilles pour la pâture.

46. _Mai._--Très singulier, un homme d'âge moyen est assis sous les arbres à écouter les oiseaux chanter et les Gémeaux au dessus, un fiancé et une fiancée.

Ce quatre-feuilles rejoint ceux de l'angle intérieur à Sophonie.

52. _Juin._--En face rejoignant ceux de l'angle intérieur où est Aggée. Fauchant. Remarquez les charmantes fleurs sculptées tout en travers de l'herbe. Au-dessus, le Cancer avec ses écailles superbement modelées.

51. _Juillet._--La moisson. Très beau. Le Lion souriant complète la démonstration que toutes les saisons et tous les signes sont regardés comme une égale bénédiction et providentiellement bienfaisants.

50. _Août._--Battant le blé[287]. La Vierge au-dessus, tenant une fleur, sa draperie très moderne, et confuse pour un travail du XIIIe siècle.

49. _Septembre._--Je ne suis pas sûr de son action soit qu'il émonde ou que d'une manière quelconque il cueille le fruit de l'arbre plein de feuilles[288]. La Balance au dessus; charmant.

48. _Octobre._--Foulant la vendange[289]. Le Scorpion une figure très traditionnelle et douce avec une queue fourchue, il est vrai, mais sans aiguillon.

47. _Novembre._--Semant, avec le Sagittaire; à moitié caché quand cette photographie fut prise grâce au bel arrangement qui règne maintenant sans interruption, que ce soit pour un travail ou pour un autre, dans les cathédrales françaises; ils ne peuvent jamais les laisser tranquilles dix minutes.