Part 51
Coquille de taille moyenne, de forme rectangulaire allongée ; valves assez bombées, épaisses, pesantes ; bord supérieur presque rectiligne dans une direction légèrement ascendante ; bord inférieur, nettement sinueux, parallèle au bord supérieur ; région antérieure médiocre, bien arrondie ; région postérieure très développée, un peu plus de deux fois aussi longue que l’antérieure ; crête dorsale médiocre, fort obtuse ; sommets obtus, non comprimés, à peine proéminents, largement excoriés, laissant voir une nacre plombée ; ligament court, assez robuste, long de 18 millimètres ; charnière filiforme, édentulée ; impressions musculaires : antérieure très profonde, postérieure presque superficielle, palléale faible.
Longueur : 87 millimètres ; hauteur max. : 42 millimètres à 39 millimètres des sommets ; longueur de la région antérieure : 27 millimètres ; de la région postérieure : 63 millimètres ; épaisseur max. : 34 millimètres.
Test d’un beau marron très foncé, passant au noir antérieurement et postérieurement, très largement excorié au voisinage des sommets ; stries d’accroissement médiocres, très irrégulièrement distribuées ; nacre peu irisée, d’un blanc bleuâtre.
Cette espèce se distinguera du _Spatha (Leptospatha) Stuhlmanni_ Martens[486] :
Par ses bords supérieur et inférieur subparallèles ; par sa région antérieure moins brièvement tronquée ; par sa région postérieure plus allongée, mais se terminant par un rostre beaucoup moins effilé et non pas médian et nettement tronqué comme chez le _Sp. Stuhlmanni_, mais très nettement basal et largement convexe ; par son bord inférieur non pas convexe-relevé vers la région postérieure, mais descendant et très nettement sinueux dans sa partie médiane ; etc.
Variété =_persinuata_= Germain.
1904. _Spatha (Leptospatha) Decorsei_ Germain, var. _sinuata_ Germain, _loc. cit._, p. 469.
Diffère du type par sa forme générale plus développée en hauteur vers la région postérieure ; par sa région postérieure bien plus déclive, se terminant par un rostre très fortement écourté, largement convexe et placé très bas ; par son bord inférieur bien plus fortement sinueux ; par son épaisseur maximum plus voisine du bord supérieur ; par son ligament plus robuste ; etc.
Longueur : 74 millimètres ; hauteur max. : 39 millimètres à 33 millimètres des sommets ; longueur de la région antérieure : 24 millimètres ; de la région postérieure : 52 millimètres ; épaisseur maximum : 29 millimètres.
Test marron très sombre, presque noir, très fortement et très profondément excorié au voisinage des sommets, laissant voir une nacre plombée ; stries d’accroissement plus régulières et plus fortes que dans le type ; nacre peu irisée, bleue de prusse.
J’ai changé le nom de variété _sinuata_, que j’avais d’abord donné à cette coquille, parce qu’il existe déjà un _Spatha sinuata_ Martens. Cette similitude d’appellation pouvait prêter à confusion.
Le Mamoun (pays de Senoussi), mars 1903 ; 1 échantillon recueilli avec le type.
_Spatha (Leptospatha) Adansoni_ Jousseaume.
1886. _Spathella Adansoni_ Jousseaume, _Bulletin soc. zoologique de France_, XI, p. 498 (à part, p. 28), Pl. XIV, fig. 4-4a.
1889. _Spathella Adansoni_ Bourguignat, _Mollusques Afrique équator._, p. 196.
1890. _Spatha (Spathella) Adansoni_ Dautzenberg, _Mém. société zoolog. France_, III, p. 135.
1900. _Spatha Adansoni_ Simpson, _Proceed. unit. stat. nation. Museum_, XXII, p. 898.
Coquille ovalaire-allongée, nettement comprimée ; bord supérieur à peu près rectiligne dans une direction à peine ascendante ; bord inférieur à peine convexe, parallèle au bord supérieur ; région antérieure assez développée, bien arrondie ; région postérieure deux fois aussi longue, terminée par un rostre assez saillant ; impressions musculaires bien marquées ; test relativement mince, d’un brun noirâtre ; stries médiocres, assez régulières ; nacre saumonée, bien irisée.
Longueur : 77 1/2 millimètres ; hauteur maximum : 39 millimètres ; épaisseur maximum : 22 millimètres.
Le Soudan français (M. CHEVALIER, 1895) ; 1 exemplaire.
Cette coquille, découverte par le Dr BELLAMY dans le Diamouko, à son embouchure dans le Sénégal, habite également le Sénégal aux environs de Bakel, où elle a été recueillie par DORR.
_Spatha (Leptospatha) Pfeifferi_ Bernardi.
1859. _Margaritana Pfeifferiana_ Bernardi, _Journal de Conchyliol._, VIII, p. 331, pl. XII, fig. 1-2.
1870. _Margaron (Margaritana) Pfeifferiana_ Lea, _Synopsis of Naïades_, p. 68.
1889. _Spathella Pfeifferiana_ Bourguignat, _Mollusques Afrique équator._, p. 196.
1890. _Margaritana Pfeifferiana_ Paetel, _Conch. Sam._, III, p. 173.
1900. _Spatha Pfeifferiana_ Simpson, _Proceed. unit. st. nation. Museum_, XXII, p. 900.
Petite espèce à valves médiocrement épaisses, quoique solides, recouvertes d’un épiderme vert ; nacre saumonée. Longueur : 44 millimètres ; hauteur : 25 millimètres ; épaisseur maximum : 14 millimètres.
Le Mamoun (pays de Senoussi) ; mars 1903 ; un seul exemplaire.
Ce _Spatha_ n’était encore connu que du Gabon.
_Spatha (Leptospatha) Bourguignati_ Ancey.
1885. _Spatha Bourguignati_ Ancey _in_ : Bourguignat, _Esp. nouvelles, genres nouv. Oukéréwé et Tanganika_, p. 12 et 14.
1887. _Spathella Bourguignati_ Ancey, _Bullet. soc. malacolog. France_, IV, p. 268.
1889. _Spathella Bourguignati_ Bourguignat, _Mollusques Afrique équator._, p. 197, pl. VIII, fig. 1-2.
1889. _Spathella Bloyeti_ Bourguignat, _loc. cit._, p. 198, pl. VIII, fig. 3.
1889. _Spathella spathuliformis_ Bourguignat, _loc. cit._, p. 199, pl. VIII, fig. 4.
1892. _Spatha (Spathella) Bourguignati_ Smith, _Ann. magaz. natur. history_, 6e série, X, p. 128.
1898. _Spatha Bloyeti_ Martens, _Beschalte Weichth. Ost-Afrik_, p. 249.
1898. _Spatha Wahlbergi_ var. _spathuliformis_ Martens, _loc. cit._, p. 248, taf. VII, fig. 18.
1900. _Spatha Wahlbergi_ var. _spathuliformis_ Simpson, _Proceed. unit. stat. nation. Museum_, XXII, p. 898.
1904. _Leptospatha spathuliformis_ de Rochebrune et Germain, _Mém. société zoolog. France_, XVII, p. 25.
1906. _Spatha (Leptospatha) Bourguignati_ Germain, _Bullet. Muséum hist. natur. Paris_, XII, no 3, p. 173.
J’ai déjà montré tout dernièrement que, d’après les types de Bourguignat déposés au Muséum de Paris[487], on devait réunir au _Spatha Bourguignati_ les _Spatha Bloyeti_ et _Sp. spathuliformis_. Il n’y a entre ces trois prétendues espèces, d’autres différences que celle de la taille, le _Sp. spathuliformis_ représentant la forme _maxima_.
M. CHEVALIER a recueilli assez abondamment ce _Spatha_, qui paraît vivre dans tout le bassin du Chari puisque MM. DUPERTHUIS et LACOIN en ont également constaté la présence dans des localités très différentes. A côté des échantillons types, il existe de nombreux exemplaires présentant de grandes analogies, soit avec le _Spatha Stuhlmanni_ Martens, soit avec le _Sp. cryptoradiata_ Putzeys. Certains spécimens recueillis par M. CHEVALIER sont même particulièrement difficiles à rapporter à une espèce plutôt qu’à une autre ; aussi je crois qu’il faudra, lorsque la faune malacologique de cette région de l’Afrique sera mieux connue, réunir un certain nombre de formes de ce groupe en une seule espèce.
Le Mamoun (pays de Senoussi) ; mars 1903 ; 12 exemplaires.
Une très belle variété _major_ Germain[488], de même forme que le type, mais mesurant 101 millimètres de longueur pour 55 millimètres de hauteur et 33 millimètres d’épaisseur maximum a été recueillie par M. A. CHEVALIER près de la chute du Colimbine, non loin de Yilimane (Soudan français). Son test est épais, pesant, recouvert d’un épiderme marron assez foncé ; la nacre, très irisée, est d’un magnifique rose saumoné.
Une valve trouvée dans le sable sec, à Toya (Soudan français), 5 mars 1895.
Le Soudan français [M. A. CHEVALIER, 1895] ; un exemplaire jeune.
_Spatha (Leptospatha) divaricata_ Martens.
1898. _Spatha divaricata_ Martens, _Beschalte Weichth. Ost-Afrik._, p. 250, taf. VII, fig. 15.
Coquille subelliptique allongée, très comprimée, région antérieure courte, semi-ovalaire ; région postérieure plus de 1 fois 1/2 aussi longue que l’antérieure ; bord supérieur rectiligne dans une direction à peine ascendante ; bord inférieur parallèle au bord supérieur, subrectiligne dans sa partie médiane ; ligament long ; sommets petits, assez proéminents, situés aux 2/5 de la longueur totale ; impressions musculaires faibles.
Longueur : 25-32 millimètres ; hauteur maximum : 12 1/2-15 1/2 millimètres ; épaisseur maximum : 7-8 millimètres[489].
Test peu épais, solide, jaune brunâtre, orné, sur la région postérieure, d’une sculpture chevronnée assez saillante rayonnant des sommets. Cette sculpture, tout à fait caractéristique de ce _Spatha_, a bien été figurée par Martens. Les stries d’accroissement sont fines et assez régulières, la nacre, bien irisée, est orangée.
Les dimensions maxima correspondent à un échantillon qui diffère du type : par sa forme plus allongée et beaucoup plus comprimée ; par sa région antérieure plus développée ; par sa hauteur maximum plus voisine de l’extrémité postérieure ; enfin par l’absence presque complète de sculpture chevronnée. C’est donc une variété =_elongata_= présentant en outre le mode _compressa_, du _Spatha divaricata_.
Cette espèce a été recueillie par M. le Dr DECORSE, aux environs de Fort-Archambault (janvier 1903). Le type provient des Rapides du Gribingui [Dr DECORSE], janvier 1903 ; 1 exemplaire.
_Spatha (Leptospatha) cryptoradiata_ Putzeys.
1898. _Spatha cryptoradiata_ Putzeys, _Annales (Bullet. des séances) société malacol. Belgique_, p. XXVII, fig. 14-15.
1900. _Spatha cryptoradiata_ Simpson, _Proceed. unit. States nation. Museum_, XXII, p. 900.
1906. _Spatha (Leptospatha) cryptoradiata_ Germain, _Mém. société zoolog. France_, XIX, p. 241.
Le _Spatha cryptoradiata_, d’abord découvert dans le Congo, est une espèce fort abondante dans le Chari. Elle est assez polymorphe, pour qu’on puisse distinguer, en ce qui concerne la forme générale de la coquille, des mutations _elongata_, _curta_, _compressa_, reliées entre elles par de nombreux intermédiaires.
Le bord inférieur est tantôt rectiligne, tantôt sinueux, plus rarement très légèrement convexe. Le test est très sombre, d’un marron extrêmement foncé, presque noir ; les sommets, très généralement excoriés, sont, dans ce cas, d’un vert très brillant ; la nacre est bleue, assez brillante, violacée sur les bords, rarement rosée. Voici les dimensions de quelques exemplaires :
Longueur Hauteur maximum Epaisseur maximum
1 58 millimètres. 28 millimètres. 17 millimètres.
2 59 — 29 — 17 1/2 —
3 59 1/2 — 29 — 17 1/2 —
4 63 — 31 — 19 1/2 —
5 64 — 32 — 19 —
6 64 — 33 — 19 —
7 66 — 28 — 16 —
8 66 — 32 — 20 1/2 —
9 67 — 33 — 18 3/4 —
10 70 — 36 — 22 —
Dans un très grand nombre d’échantillons on observe un état tout à fait spécial du test : celui-ci présente, sur un fond généralement très sombre, des radiations verdâtres très peu marquées. Entre ces radiations les stries d’accroissement ont pris un aspect très particulier rappelant les plis d’une étoffe régulièrement froncée. Il n’y a d’ailleurs que l’épiderme qui présente de tels caractères et encore toute la surface épidermique de la coquille n’est-elle pas recouverte de cette pseudo sculpture qui présente l’aspect d’une étoffe plissée. La cause de cette apparence si spéciale du test est d’ordre purement physique : il faut l’attribuer à un retrait de l’épiderme[490] dû aux alternances de sécheresse et d’humidité auxquelles la coquille s’est trouvée exposée ; on ne saurait donc en faire état au point de vue spécifique.
Le Bangoran, affluent du Chari (pays de Senoussi), février 1903 ; 17 exemplaires.
Ndellé (pays de Senoussi), février 1903 ; 3 exemplaires.
Miangoulom, février 1903 ; 3 exemplaires.
Dar Banda, dans une rivière affluent du Moyen-Baguirmi (territoire du Chari) ; 5 exemplaires.
* * *
Bien peu d’espèces de _Spatha_, en dehors des précédentes, ont été signalées dans le Bassin du Chari-Tchad. On ne peut guère citer que le _Spatha (Leptospatha) lacustris_ Simpson[491], découvert dans le Kanem par M. le lieutenant DUPERTHUIS. C’est une coquille extrêmement voisine, si toutefois elle est différente, du _Spatha (Leptospatha) Bourguignati_ Ancey, dont elle ne constitue probablement qu’une variété _major_.
Test épais, très fortement corrodé, orné de stries médiocres, assez régulières ; nacre rougeâtre, un peu saumonée, très fortement irisée.
Longueur : 77-89 millimètres ; largeur maximum : 43-49 millimètres ; épaisseur maximum : 23-26 millimètres.
Genre MUTELA Scopoli 1777[492].
_Mutela angustata_ Sowerby.
1868. _Iridina angustata_ Sowerby _in_ : Reeve, _Conchol. Iconic._, XVI, pl. II, fig. 5.
1894. _Mutela angustata_ Jickeli, _Land- und Süssw. Mollusk. Nordost._, p. 268.
1890. _Mutela angustata_ Paetel, _Conch. Sam._, III, p. 187.
1890. _Mutela angustata_ Westerlund, _Fauna Paleärt. region._, II, p. 312, pl. VII.
1900. _Mutela angustata_ Simpson, _Proceed unit. stat. nation. Museum_, XXII, p. 904.
1906. _Mutela angustata_ Germain, _Bullet. Muséum hist. natur. Paris_, XII, no 1, p. 55 et 59, no 3, p. 174.
Le _Mutela angustata_ est une coquille que l’on doit rattacher, comme variété, au _Mutela nilotica_ Cailliaud[493] dont il diffère surtout par la divergence, plus ou moins accentuée, des bords supérieur et inférieur. C’est plus spécialement la forme répondant au type figuré par SOWERBY qui habite le bassin du Chari et le lac Tchad. Elle y est d’ailleurs assez variable, aussi bien au point de vue de la forme générale qu’au point de vue de la taille. Les grands exemplaires atteignent 146-148 millimètres de longueur pour 58-60 millimètres de hauteur et 40 millimètres d’épaisseur maximum. Leur test est généralement épais, recouvert d’un épiderme foncé. Les petits échantillons mesurent 110 millimètres de longueur, 40 millimètres de hauteur et 26 millimètres d’épaisseur maximum. Leur test est plus mince et aussi plus richement coloré. Chez les jeunes, les valves, assez fragiles, sont recouvertes d’un épiderme vert émeraude ou olivâtre, très brillant.
Habite tout le Bassin du Chari et le lac Tchad :
Affluents de la Kémo et de la Tomi, tributaires de l’Oubangui (rivières coulant sur des terrains granitiques et archéens, à courant plus ou moins torrentiel), septembre-octobre 1902.
Le Mamoun (pays de Senoussi), mars 1903 ; 2 échantillons.
Le Bas-Chari (lieutenant LACOIN).
Le lac Tchad (lieutenants HARDELET, L. LACOIN, MOLL, capitaine DUPERTHUIS, R. CHUDEAU).
Variété =_curta_= Germain.
1906. _Mutela angustata_ var. _curta_ Germain, _Bullet. Muséum hist. natur. Paris_, XII, no 3, p. 174, fig. 6.
Coquille beaucoup moins allongée, ne mesurant que 99 millimètres de longueur pour une largeur de 41 millimètres et une épaisseur maximum de 26 millimètres. Test vert émeraude ; nacre très irisée, rose saumon.
Le Bas Chari.
Variété =_ponderosa_= Germain.
1905. _Mutela angustata_ var. _ponderosa_ Germain, _Bullet. Muséum hist. natur. Paris_, XI, p. 489 [_sine descript._], et 1906, XII, no 1, p. 56, fig. 1, et p. 59.
Valves extrêmement épaisses et pesantes ; test très fortement encroûté de calcaire : stries grosses et onduleuses ; nacre d’un rose saumon très vif, bien irisée.
Longueur : 118-149 millimètres ; largeur maximum : 41-64 millimètres ; épaisseur maximum : 28-42 millimètres.
Le lac Tchad [MM. les lieutenants HARDELET et MOLL].
=_Mutela Chevalieri_= Germain[494]. PLANCHE LITHOGR., fig. 1.
1904. _Mutela Chevalieri_ Germain, _Bullet. Muséum hist. natur. Paris_, X, p. 469.
Coquille de très grande taille, de forme générale subtriangulaire- allongée ; valves médiocrement bombées, épaisses et solides, très fortement baillantes antérieurement, à peine baillantes postérieurement ; bords supérieur et inférieur très divergents ; bord supérieur d’abord à peu près rectiligne dans une direction fortement ascendante, puis subconvexe ; bord inférieur à peine subsinueux ; région antérieure assez développée en longueur, remarquablement étroite ; angle antérodorsal très aigu ; région postérieure à peine deux fois aussi longue que l’antérieure, _extrêmement développée en hauteur_, très largement et obliquement tronquée ; crête dorsale obtuse, mais néanmoins bien indiquée ; sommets assez obtus, légèrement proéminents, peu comprimés, très excoriés, laissant voir une nacre saumonée bien irisée ; ligament relativement court (longueur : 40 millimètres), très large, remarquablement robuste, d’un marron noirâtre brillant ; charnière filiforme avec quelques rares traces de denticulations extrêmement faibles à la région postérieure ; impressions musculaires : antérieures médiocres, postérieures profondes surtout supérieurement, palléale très faible.
Longueur max. : 147 millimètres ; hauteur max. : 65 1/2 millimètres à 54 millimètres des sommets (non compris l’épaisseur du ligament qui atteint 6 millimètres) ; hauteur au niveau des sommets : 51 1/2 millimètres ; longueur de la région antérieure : 51 millimètres ; de la région postérieure : 98 1/2 millimètres ; épaisseur max. : 40 millimètres.
Test marron foncé, presque noir antérieurement, fort largement excorié ; stries d’accroissement médiocres, irrégulières, lamelleuses à la région postérieure. Nacre bien irisée, saumonée.
Cette espèce se rapproche, _par sa forme_, du _Mutela truncata_ Martens[495], mais s’en distingue :
Par sa région antérieure bien moins haute et terminée en pointe ; par sa région postérieure beaucoup plus développée, s’élargissant progressivement, de telle sorte que la hauteur maximum est voisine de l’extrémité postérieure ; par son bord inférieur subsinueux dans sa partie médiane et non régulièrement et largement convexe, etc., et surtout par sa charnière dépourvue de dents comme chez tous les vrais _Mutela_.
Le Haut Oubangui.
Genre MUTELINA Bourguignat[496].
_Mutelina rostrata_ Rang.
1835. _Iridina rostrata_ Rang. _Nouv. Ann. Muséum Paris_, p. 316.
1836. _Iridina cœlestis_ Lea, _Synopsis of Naïades_, p. 57.
1838. _Iridina cœlestis_ Lea, _Trans. Amer. Philos. soc._, VI, p. 82, Pl. XXII, fig. 70.
1838. _Iridina cœlestis_ Lea, _Observ. genus Unio_, II, p. 82, Pl. XXII, fig. 70.
1839. _Iridina cœlestis_ Troschel, _Archiv. für natur._, V, part. 2, p. 239.
1838. _Platiris (Spatha) cœlestis_ Lea, _Synopsis of Naïades_, p. 33.
1843. _Iridina cœlestis_ Hanley, _Biv. shells._, p. 225.
1844. _Iridina rostrata_ Potiez et Michaud, _Galerie Mollusques Douai_, p. 147, Pl. LVI, fig. 1.
1847. _Iridina cœlestis_ Troschel, _Arch. für natur._, XIII, part. I, p. 273.
1852. _Platiris (Spatha) cœlestis_ Lea, _Synopsis of Naïades_, p. 55.
1866. _Spatha rostrata_ Martens, _Malakozool. Blätter._, XIII, p. 11.
1868. _Iridina cœlestis_ Sowerby _in_ Reeve, _Conchol. Icon._, XVI, Pl. II, fig. 3.
1870. _Platiris (Spatha) cœlestis_ Lea, _Synopsis of Naïades_, p. 89.
1874. _Mutela rostrata_ Jickeli, _Land- und Süssw. Mollusk. Nord-Ost. Afrik._ ; p. 269.
1876. _Mutela cœlestis_ Clessin _in_ : Martini et Chemnitz, _Syst. Conch. Cabinet. ; Anod._ ; p. 193, Taf. XXV, fig. 1-2.
1883. _Mutela subdiaphana_ Bourguignat, _Mollusques fluviat. Nyanza- Oukéréwé_, p. 5 (_sans descript._).
1886. _Mutelina legumen_ de Rochebrune, _Bullet. soc. malacol. France_, II, p. 6.
1886. _Mutelina Tholloni_ de Rochebrune, _loc. cit._, II, p. 6.
1886. _Mutelina prasina_ de Rochebrune, _loc. cit._, II, p. 7.
1886. _Mutelina rostrata_ Jousseaume, _Bullet. soc. zool. France_, II, p. 488 [tir. à part, p. 18].
1890. _Mutela cœlestis_ Paetel, _Conchy. Sam._, III, p. 187.
1890. _Mutela rostrata_ Paetel, _loc. cit._, III, p. 187.
1890. _Mutela rostrata_ Westerlund, _Fauna paleärt. region._ ; II, part. 7, p. 312.
1892. _Mutela subdiaphana_ Smith, _Ann. magaz. natur. history_, 6e série, X, p. 128.
1898. _Mutela subdiaphana_ Martens, _Beschalte Weichth. Ost-Afrik._ ; p. 254.
1900. _Mutela rostrata_ Simpson, _Proceed. Unit. stat. nation. Museum._ ; XXII, p. 905.
1906. _Mutelina rostrata_ Germain, _Bullet. Muséum hist. natur. Paris_ ; XII, no 1, p. 59 ; et _Mém. soc. zoologique France_ ; XIX, p. 239.
Cette espèce présente un polymorphisme étendu portant à la fois sur la forme générale, sur la taille et sur la coloration.
Le polymorphisme portant sur la forme générale est le plus considérable. Le Dr de ROCHEBRUNE a décrit, sous le nom de _Mutelina prasina_, une forme un peu allongée et comprimée qui, par tous ses autres caractères, correspond absolument au type _rostrata_. Cette forme est représentée, dans la collection du Muséum, par deux exemplaires complets provenant de Gancini (Congo). L’un d’eux, par son bord inférieur convexe, passe déjà au _Mutelina Tholloni_, autre forme, provenant de la même localité, décrite également par le Dr DE ROCHEBRUNE. Ce _Mutelina Tholloni_, ainsi d’ailleurs que le _M. legumen_ du même auteur, constituent une mutation présentant à la fois un _mode_ _elongata_ et un mode _incurvata_ du _M. rostrata_ Rang[497].
Quant aux _Mutelina paludicola_ de Rochebrune et _M. Mabillei_ de Rochebrune[498], on peut les considérer comme constituant une espèce distincte du _M. rostrata_. C’est une coquille comprimée, très légèrement cunéiforme, à région antérieure très courte par suite de la situation très antérieure des sommets, relativement élargie à la partie postérieure par suite de la divergence des bords supérieur et inférieur[499]. Cette divergence des bords supérieur et inférieur atteint son maximum chez une très belle espèce nouvelle du fleuve Falémé (Sénégal)[500]. D’ailleurs les collections du Muséum renferment une forme intermédiaire, provenant du Niger dans l’Ouassoulou [Collect. du Dr FRAS] et qui présente, par rapport au type rostrata, la même différence qu’entre le _Mutela nilotica_ et le _Mutela angustata_[501].
Quant à la taille, elle varie dans d’assez fortes proportions ; j’ai signalé une variété _minor_ recueillie, dans le lac Tchad, par M. le lieutenant L. LACOIN. Il existe d’ailleurs des var. _major_[502] et _minor_ chez toutes les _formes_ précédemment signalées.
Les échantillons typiques sont d’un beau bleu lorsqu’ils sont jeunes et vert émeraude à l’état adulte. On rencontre, assez communément, des var. _ex colore_ : _lutescens_, _rufescens_, etc... indifféremment chez toutes les variétés.
Le tableau suivant résume, en le précisant, le polymorphisme du _Mutelina rostrata_ :