Part 50
Coquille ovalaire-allongée, assez ventrue, solide, opaque ; bord supérieur à peu près rectiligne ; bord antérieur arrondi, un peu anguleux supérieurement ; bord inférieur régulièrement convexe ; région postérieure allongée, une fois et demie à deux fois plus longue que l’antérieure, présentant une arête dorsale assez nettement accusée chez les jeunes, devenant obtuse chez l’adulte ; sommets proéminents, souvent excoriés et, dans ce cas, laissant voir une nacre blanche sur laquelle les tubercules et les chevrons du test apparaissent nettement ; dents cardinales au nombre de 2 sur la valve droite, relativement bien allongées, la supérieure moins haute que l’inférieure, séparées par une rainure profonde ; une seule cardinale sur la valve gauche, haute, robuste, légèrement comprimée et finement serrulée ; lamelles latérales au nombre de deux sur la valve gauche, minces, comprimées, parallèles et séparées par un sillon profond ; une seule lamelle latérale sur la valve droite, très longue, élevée et assez tranchante ; impressions musculaires : antérieure arrondie et assez profonde, postérieure superficielle.
Longueur maximum : 30-36 millimètres ; hauteur maximum : 19-22 millimètres ; épaisseur maximum : 14-16 millimètres.
Test d’un marron pâle, parfois jaunacé, présentant des stries d’accroissement très fines mais peu régulières et des tubercules ou des chevrons au voisinage des sommets ; nacre irisée, bleuâtre ou rosée.
Cette espèce est très polymorphe tant par sa forme générale que par l’ornementation sculpturale du test. On peut ainsi distinguer les mutations suivantes qui se définissent d’elles-mêmes :
Var. ex-forma : =_elongata_= Germain.
— =_curta_= Germain.
— =_compressa_= Germain.
L’ornementation du test se compose, fondamentalement, de stries assez fines qui, sur certains échantillons, deviennent fortes, assez saillantes et très irrégulières. Il s’y ajoute souvent, au voisinage des sommets, soit des tubercules, soit des chevrons, soit à la fois des tubercules et des chevrons.
L’_Unio Lacoini_ se rapproche à la fois de l’_Unio (Nodularia) ægyptiaca_ Cailliaud, dont il diffère par sa forme plus elliptique ; par ses dents cardinales beaucoup plus longues ; etc... et de l’_Unio (Nodularia) Faidherbei_ Jousseaume qui s’en sépare par ses valves beaucoup moins convexes ; ses sommets plus antérieurs ; etc...
Faguibine (Haut-Sénégal), 1900 ; 10 échantillons.
Le lac Tchad, Kanassarom, sur la côte nord-est [M. le lieutenant L. LACOIN, 1902] ; 6 exemplaires.
* * *
Deux Unios seulement sont à ajouter aux espèces précédentes : l’un appartient à la série des _Nodularia_, l’autre à celle des _Grandidieria_ Bourguignat[462].
_Unio (Nodularia) essoensis_ Chaper[463]. — M. le capitaine DUPERTHUIS a découvert dans le Kanem (Tchad oriental) trois exemplaires d’une variété _minor_ Germain[464] de cette espèce. Le test est mince, léger, recouvert d’un épiderme marron brillant, orné d’étroits rayons vert émeraude particulièrement nombreux à la région postérieure. Les sommets sont parfois ornés de forts tubercules. La nacre, bien irisée, est orangée.
Longueur : 26-32 millimètres ; hauteur maximum : 20-23 millimètres ; épaisseur maximum : 11-15 millimètres.
Quelques échantillons très frustes, d’une espèce de _Nodularia_, ont été rapportés des lacs Daouna, dans la région de Tombouctou [Mission du général de TRENTINIAN, 1899]. Leur mauvais état de conservation ne permet pas de les déterminer spécifiquement ; ils sont cependant intéressants puisqu’ils permettent d’affirmer que les Nodularia habitent les lacs, encore inconnus au point de vue faunique, des environs de Tombouctou.
_Unio (Grandidieria) tsadianus_ Martens[465]. — Coquille solide, oblongue-elliptique, très renflée ; région antérieure courte et arrondie ; région postérieure rostrée ; bord supérieur subrectiligne ; bord inférieur très convexe ; sommets renflés, situés au quart de la longueur totale.
Longueur : 31 millimètres ; hauteur maximum : 20 millimètres ; épaisseur maximum : 18 millimètres.
Test épais, solide, jaune fauve ou verdâtre, irrégulièrement strié. Nacre irisée, bleuâtre.
Habite le lac Tchad, aux environs de Kouka [lieutenant allemand GLAUNING, 1902]. C’est la première fois qu’une espèce de la série des _Grandidieria_ est signalée en dehors des lacs Tanganika, Victoria- Nyanza ou Rodolphe. Le fait est d’autant plus intéressant que le lac Tchad nourrit également des Pliodons appartenant justement à la section _Cameronia_ si largement représentée dans le lac Tanganika.
=Sous-Famille des ÆTHERIDÆ[466].=
Genre ÆTHERIA de Lamarck[467].
_Ætheria elliptica_ de Lamarck.
1807. _Ætheria elliptica_ de Lamarck, _Ann. Muséum hist. natur. Paris_, X, p. 401, pl. XXIX et pl. XXX, fig. 1.
1807. _Ætheria trigonula_ de Lamarck, _loc. cit._, p. 403, pl. XXX et XXXI.
1807. _Ætheria semilunata_ de Lamarck, _loc. cit._, p. 404, pl. XXXII, fig. 1-2.
1807. _Ætheria transversa_ de Lamarck, _loc. cit._, p. 404, pl. XXXII, fig. 3-4.
1819. _Ætheria elliptica_ de Lamarck, _Anim. s. vertèbres_, VI, I, p. 100.
1819. _Ætheria trigonula_ de Lamarck, _loc. cit._, p. 100.
1819. _Ætheria semilunata_ de Lamarck, _loc. cit._, p. 100.
1819. _Ætheria transversa_ de Lamarck, _loc. cit._, p. 100.
1820. _Ætheria semilunata_ Sowerby, _Genera of shells_, I.
1823. _Ætheria Cailliaudi_ de Férussac, _Mém. Æth._ ; in : _Mém. Acad. sc._, I, p. 359.
1823. _Ætheria Lamarcki_ de Férussac, _loc. cit._, p. 359.
1823. _Ætheria plumbea_ de Férussac, _loc. cit._, p. 359.
1825. _Ætheria tubifera_ Sowerby. _Zoolog. Journal_, I, p. 523, pl. XIX.
1826. _Ætheria Cailliaudi_ Cailliaud, _Voyage à Méroë_, II, p. 222, IV (1827), p. 261 ; atlas, II (1823), pl. LXI, fig. 1-3.
1830. _Ætheria Carteroni_ Michelin, _Magas. zoolog., Mollusques_, I, pl. I, fig. 1.
1834. _Ætheria plumbea_ Rang et Cailliaud, _Mém. Eth._, p. 15 et _Ann. Muséum Paris_ (3), III, p. 142.
1834. _Ætheria Lamarcki_ Rang et Cailliaud, _loc. cit._, p. 17 et p. 143.
1834. _Ætheria Cailliaudi_ Rang et Cailliaud, _loc. cit._, p. 17 et p. 143.
1858. _Ætheria semilunata_ H. et A. Adams, _Genera of recent Mollusca_, pl. CXX, fig. 3.
1858. _Ætheria semilunata_ Woodward, _Manual of Conchol._, pl. XVIII, fig. 7.
1862. _Ætheria Caillaudi_ Chenu, _Man. Conch._, II, p. 150, fig. 139.
1866. _Ætheria Cailliaudi_ von Martens, _Malak. Blätter_, XIII, p. 9.
1868. _Ætheria plumbea_ Morelet, _Voyage Welwitsch, Moll._, p. 100.
1872. _Ætheria elliptica_ Reeve, _Conchol. Icon._, XVIII, fig. 1-1_b_.
1872. _Ætheria Cailliaudi_ Reeve, _loc. cit._, fig. 2-2 _a_.
1874. _Ætheria Cailliaudi_ Jickeli, _Land- und Süssw. Moll. N. Ost- Afrik._, p. 281.
1880. _Ætheria elliptica_ Smith. _Proceed. zoolog. soc. London_, p. 352.
1881. _Ætheria Pettrettini_ Bourguignat, _Matér. hist. Mollusques Acéph. syst. Européen_, p. 53 et p. 70.
1881. _Ætheria Letourneuxi_ Bourguignat, _loc. cit._, p. 56 et p. 70.
1881. _Ætheria Chambardi_ Bourguignat, _loc. cit._, p. 56 et p. 69.
1881. _Ætheria nilotica_ Letourneux _in_ : Bourguignat, _loc. cit._, p. 58 et p. 66.
1881. _Ætheria Cailliaudi_ Bourguignat, _loc. cit._, p. 64.
1881. _Ætheria tubifera_ Bourguignat, _loc. cit._, p. 65.
1881. _Ætheria elliptica_ Bourguignat, _loc. cit._, p. 66.
1881. _Ætheria senegalica_ Bourguignat, _loc. cit._, p. 68.
1881. _Ætheria semilunata_ Bourguignat, _loc. cit._, p. 70.
1881. _Ætheria transversa_ Bourguignat, _loc. cit._, p. 71.
1881. _Ætheria Carteroni_ Bourguignat, _loc. cit._, p. 71.
1883. _Ætheria Cailliaudi_ Bourguignat, _Hist. malacolog. de l’Abyssinie_, p. 137.
1883. _Ætheria tubifera_ Bourguignat, _loc. cit._, p. 137.
1883. _Ætheria nilotica_ Bourguignat, _loc. cit._, p. 138.
1886. _Ætheria Bourguignati_ de Rochebrune, _Bullet. soc. malacologique de France_, III, p. 14.
1886. _Ætheria Cailliaudi_ Jousseaume, _Bullet. soc. zoolog. de France_, XI, p. 501 (à part, p. 31).
1886. _Ætheria plombea_ Jousseaume, _loc. cit._, p. 501 (à part, p. 31).
1890. _Ætheria Cailliaudi_ Dautzenberg, _Mémoires soc. zoolog. de France_, III, p. 135.
1892. _Ætheria elliptica_ Smith, _Ann. magaz. natur. history_, 6e série, X, p. 381.
1898. _Ætheria elliptica_ Martens, _Beschalte Weichth. Ost-Afrik._, p. 216.
1898. _Ætheria elliptica_ var. _Cailliaudi_ Martens, _loc. cit._, p. 217.
1898. _Ætheria elliptica_ var. _tubifera_ Martens, _loc. cit._, p. 217.
1898. _Ætheria semilunata_ de Rochebrune et Germain, _Mém. société zoolog. de France_, XVII, p. 27.
1904. _Ætheria Bourguignati_ de Rochebrune et Germain, _loc. cit._ XVII, p. 27, pl. II, fig. 8.
1905. _Ætheria semilunata_ Germain, _Bullet Muséum hist. nat. Paris_, XI, no 5, p. 331.
1905. _Ætheria Cailliaudi_ Germain, _loc. cit._, XI, no 5, p. 331.
1905. _Ætheria elliptica_ Germain, _loc. cit._, XI, no 4, p. 260.
Le genre _Ætheria_ a été créé par DE LAMARCK en 1807[468] pour des coquilles fluviatiles, ressemblant à des Huîtres, que l’on crut marines jusqu’aux découvertes faites, dans le Nil, par le voyageur nantais CAILLIAUD. Il n’est peut-être aucun Mollusque aussi polymorphe et je crois que l’on doit considérer _toutes les Æthéries décrites jusqu’ici comme appartenant à une seule espèce_. C’est d’ailleurs l’opinion du Dr R. ANTHONY[469] qui compte publier, très prochainement, une importante monographie de ce genre particulier aux fleuves de l’Afrique[470].
Coquille irrégulière ou très irrégulière, généralement inéquivalve ; crochets prolongés en un talon plus ou moins développé ; charnière sans dents, épaisse et sinueuse ; ligament interne ou externe contigu à une fosse ligamentaire très profonde ; impressions musculaires antérieure et postérieure bien marquées ; impression palléale étroite. Test épidermé, le plus souvent foliacé ; intérieur des valves nacré.
Les Æthéries sont des animaux libres dans leur jeune âge. Leur coquille est alors régulière, « en tout semblable à un petit Unionidé et, plus spécialement, en raison de son absence de dents, à une petite Anodonte »[471]. Au bout d’un certain temps, ces jeunes Æthéries se fixent et cette fixation se fait indistinctement sur la valve droite ou sur la valve gauche, contrairement à ce qu’on observe chez les _Mulleria_ qui se fixent toujours par la valve droite[472].
Les Æthéries se fixant sur tous les corps étrangers, il en résulte fatalement des déformations, souvent très considérables, dans la forme de la coquille. Tel est le cas du très bel échantillon, recueilli par M. A. CHEVALIER, et qui a dû être fixé sur une branche submergée. La coquille est devenue absolument ellipsoïdale assez allongée, la valve libre très profonde (Longueur : 120 millimètres ; hauteur maximum : 59 millimètres ; épaisseur maximum : 60 millimètres). Cet exemplaire a été trouvé dans le Chari (Mamoun, pays de Senoussi), en mars 1903, par M. A. CHEVALIER.
On a constaté la présence des Æthéries dans presque toute l’Afrique équatoriale, depuis le Nil jusqu’au Sénégal, au Niger, à la Gambie et au Congo. C’est un Mollusque ordinairement commun, formant très souvent des bancs denses qui, par la suite, devenus subfossiles, sont employés par les indigènes à la fabrication de la chaux.
M. A. CHEVALIER a rapporté de nombreux échantillons d’Æthéries recueillis dans les localités suivantes :
Le moyen Niger, entre Bamakou et Tombouctou (commun). [Mission du général DE TRENTINIAN, 1899].
Pays de Corbol, au S. du Baguirmi, dans le canal (juillet 1902). [A. CHEVALIER].
Rivière sablonneuse et marais du Mamoun ; lit du Boungoul (pays de Senoussi), mars 1903. [A. CHEVALIER].
Dans le lac Iro, territoire du Chari. Juin 1903.
Le Gribingui (Haut-Chari), fixé aux blocs éboulés de poundingues ferrugineux. Novembre 1903. Employé par les indigènes pour fabriquer la chaux.
Bords de la rivière Komadougou, près le village de Tselloum, dans le Bornou. (Janvier 1900). [F. FOUREAU].
Le Chari, au village de Mara, 28 février 1900 [F. FOUREAU].
Rivière Logone, au village de Kousri, 22 mars 1900 [F. FOUREAU].
=Famille des MUTELIDÆ=
Genre SPATHA Lea[473].
§ 1. _SPATHA_ sens. str.
_Spatha rubens_ de Lamarck.
1819. _Anodonta rubens_ de Lamarck, _Anim. sans vertèbres_, VI, part. II, p. 85.
1823. _Anodonta rubens_ Cailliaud, _Voyage à Méroë_, IV [1827], p. 262 ; Atlas, II, 1823, Pl. LX, fig. 12.
1835. _Iridina rubens_ Rang, _Nouv. Ann. du Muséum Paris_ ; p. 314.
1836. _Iridina rubens_ Lea, _Synopsis of Naïades_, p. 56.
1839. _Iridina solida_ Anton, _Verz. der Conch._, p. 16.
1838. _Platiris (Spatha) rubens_ Lea, _Synopsis of Naïades_, p. 33.
1853. _Anodonta solida_ Küster, _Conchyl. Cabinet, Anod._, p. 50, Taf. XII, fig. 1.
1857. _Spatha rubens_ H. et A. Adams, _Gen. rec. Moll._, II, p. 507, Pl. CXIX.
1859. _Spatha rubens_ Chenu, _Man. Conchyl._, II, p. 148, fig. 729.
1867. _Anodon rubens_ Sowerby _in_ : Reeve, _Conch. Icon._, XVII, Pl. II. fig. 5.
1876. _Spatha rubens_ Clessin, _in_ : Martini et Chemnitz, _Syst. Conchyl. Cabinet Anod._, Pl. LXI, fig. 1.
1890. _Spatha rubens_ Paetel, _Conch. Sam._, III. p. 188.
1900. _Spatha rubens_ Simpson, _Proceed. unit. stat. nation. Muséum_, XXII, p. 896.
Cette espèce bien connue se rencontre dans toute l’Afrique équatoriale. Elle est abondante dans tous les cours d’eau, depuis le Nil jusqu’au Sénégal. Sa forme et sa taille varient, mais il est impossible de séparer, ainsi que le voulait BOURGUIGNAT[474], les exemplaires qui habitent le Nil de ceux qui vivent dans le Sénégal. La coquille nommée _Spatha Cailliaudi_ par von MARTENS[475] et très exactement figurée par JICKELI[476], n’est encore qu’une variété du _Spatha rubens_ qui habite d’ailleurs les mêmes localités que le type.
Les exemplaires recueillis par la Mission sont assez nombreux ; ils possèdent un test très pesant, marron foncé, un peu brillant ; les stries d’accroissement sont grossières et fort irrégulières ; la nacre, d’un bel orangé, est très irisée. Voici les dimensions de quelques échantillons :
Longueur 101 111 111 114 114 118 124 125 120 131 mm. max. : 1/2
Largeur 64 72 75 74 79 78 78 78 78 82 — max. :
Epaisseur 39 48 47 45 46 56 47 50 44 45 — max. : 1/2
Les deux derniers échantillons correspondent à une variété _compressa_ très voisine du _Spatha Lepsii_ Jickeli[477], espèce que l’on doit encore rattacher, comme variété, au _Spatha rubens_.
Variété _rotundata_ Martens.
1898. _Spatha rotundata_ Martens, _Beschalte Weichth. Ost-Afrikas_ ; p. 242, figuré p. 243.
Coquille plus petite, plus régulièrement arrondie ; bord inférieur plus convexe ; sommets moins antérieurs, parfois presque médians. Même test épais, solide ; stries d’accroissement plus fines ; nacre très irisée, rougeâtre ou violacée.
Longueur max. : 71-77-80 millimètres ; hauteur max. : 50-50-51 millimètres ; épaisseur maximum : 27-33-33 millimètres.
Cette espèce n’est peut-être que l’état jeune du _Spatha rubens_.
Le Chari, dans le pays de Senoussi. [Mars 1903] ; 4 exemplaires recueillis avec _Spatha rubens_.
Variété =_Chudeaui_= Germain, nov. var.[478].
1907. _Spatha rubens_ var. _Chudeaui_ Germain, _Bulletin Muséum hist. natur. Paris_ ; no, 1. p. 65.
Coquille de grande taille, subtrapézoïdale, médiocrement allongée ; valves bien bombées, très épaisses, pesantes ; bord supérieur convexe dans une direction très ascendante ; bord inférieur un peu sinueux, formant, avec le bord supérieur, un angle très accentué ; région antérieure très peu développée, arrondie ; angle antéro-dorsal fort saillant ; région postérieure bien développée, à peine subtronquée, un peu plus de deux fois aussi longue que l’antérieure ; crête dorsale très obtuse ; sommets bien antérieurs, peu proéminents, largement excoriés ; ligament très robuste ; empreintes musculaires antérieures très profondes ; postérieures profondes, palléale médiocre.
Longueur max. : 126 millimètres ; hauteur max. : 86 millimètres, à 52 millimètres des sommets ; épaisseur max. : 54 millimètres.
Test solide, recouvert d’un épiderme brun très foncé, presque noir ; stries d’accroissement fortes, irrégulières, plus faibles antérieurement ; nacre très irisée, d’un rose saumon vif.
Cette magnifique variété se distingue du type :
Par la position très antérieure de ses sommets ; par la région postérieure plus développée, terminée par une partie rostrale régulièrement arrondie ; par sa hauteur maximum plus éloignée des sommets ; enfin par ses bords supérieur et inférieur très divergents. Par ce dernier caractère, cette variété rappelle l’aspect du _Spatha Kirki_ Ancey[479]. Dans ces deux coquilles, le bord postérieur est également fort régulièrement convexe depuis l’angle postéro-dorsal jusqu’au bord inférieur.
Le Mamoun (Pays de Senoussi) [M. A. CHEVALIER] ; 1 échantillon.
Le Gribingui [MM. A. CHEVALIER et DECORSE] ; mars 1903 ; 1 exemplaire.
_Spatha Renei_ Jousseaume.
1886. _Spatha Renei_ Jousseaume, _Bullet. soc. zoolog. de France_, XI, p. 22, pl. XIII, fig. 3-3 _a_.
1890. _Spatha Renei_ Dautzenberg, _Mém. soc. zoolog. France_, III, p. 126.
SIMPSON[480] considère à tort cette espèce comme synonyme du _Spatha rubens_ var. _Cailliaudi_ Martens. M. CHEVALIER a recueilli, dans le Bani près de San (Soudan français), un exemplaire bien complet et bien typique du _Spatha Renei_ qui diffère très nettement du _Sp. rubens_. La coquille, de taille beaucoup plus faible, est d’une forme assez régulièrement ovalaire ; les valves sont peu bombées ; le test est recouvert d’un épiderme vert très foncé qui, lorsque l’animal est mort depuis un certain temps, s’exfolie facilement et laisse voir la coquille qui est d’un rouge saumoné assez vif.
Longueur maximum : 89 millimètres ; hauteur maximum : 64 millimètres ; épaisseur maximum : 23 millimètres.
Cet échantillon constitue, par rapport au type, une variété _compressa_[481].
M. CHEVALIER a en outre recueilli, dans la même station, un deuxième exemplaire moins typique, mais ayant conservé son épiderme, et un jeune individu dont la coquille, relativement comprimée, est recouverte d’un épiderme plus clair, passant au rougeâtre vineux vers les sommets. La nacre est toujours très irisée, violacée ou rougeâtre.
_Spatha chaiziana_ Rang[482].
1834. _Anodonta Chaiziana_ Rang, Acéph. Sénégal, in : _Nouv. Ann. Muséum Paris_, p. 13, pl. XXVIII et XXIX.
1838. _Margarita (Anodonta) Chaiziana_ Lea, _Synopsis of Naïades_, p. 30.
1852. _Margaron (Anodonta) Chaiziana_ Lea, _Synopsis of Naïades_, p. 49.
1868. _Anodonta Chaiziana_ Morelet, _Série Conchyliol._, p. 97.
1870. _Margaron (Anodonta) Chaiziana_ Lea, _Synopsis of Naïades_, p. 79.
1876. _Spatha Chaiziana_ Clessin, _in_ : Martini et Chemnitz, _Syst. Conchyl. Cabinet, Anodont._, p. 187, taf. LXIII, fig. 3-4[483].
1886. _Spatha Chaiziana_ Jousseaume, _Mém. soc. zoolog. France_, XI, p. 490.
1890. _Spatha Chaiziana_ Paetel, _Conchyl. Sam._, III, p. 188.
1900. _Spatha Chaiziana_ Simpson, _Proceed. unit. stat. nation Museum_, XXII, p. 896.
1905. _Spatha Chaiziana_ Germain, _Bullet. Muséum hist. natur. Paris_, XI, no 5, p. 330, XII (1906), no 3, p. 172, et _Mémoires soc. zoolog. France_, XIX, p. 240.
Cette espèce, bien caractérisée, paraît répandue dans tout le centre de l’Afrique. En dehors du Sénégal, elle a été recueillie dans le Bornou, sur les bords de la rivière Komadougou par M. F. FOUREAU ; dans le Bas- Chari par le lieutenant L. LACOIN ; enfin dans le Kanem par M. le lieutenant DUPERTHUIS.
M. A. CHEVALIER a également trouvé cette espèce, notamment dans le Mamoun (pays de Senoussi), en mars 1903. Antérieurement à sa Mission, le général DE TRENTINIAN l’avait recueillie dans le Niger Moyen (Soudan français), 1898-1900.
_Spatha tawai_ Rang.
1834. _Anodonta Tawai_ Rang, Acéph. du Sénégal, in : _Nouv. Ann. Muséum Paris_, p. 14.
1886. _Spatha Tawai_ Jousseaume, _Mém. société zoolog. de France_, XI, p. 490.
1900. _Spatha Tawai_ Simpson, _Proceed. unit. stat. nat. Museum_, XXII, p. 902 [_Incert. sed._].
Le _Spatha tawai_ est une coquille qui, d’après les types du Muséum de Paris, diffère du _Spatha chaiziana_ seulement par sa forme plus petite, notablement plus comprimée, et par son épiderme plus clair, d’un magnifique vert très brillant. Il est fort probable que les deux espèces sont synonymes et que le _Spatha tawai_ n’est que la forme jeune du _Spatha chaiziana_.
Un seul exemplaire mesurant 49 millimètres de longueur, 30 millimètres de hauteur et 18 millimètres d’épaisseur maximum. Il a été recueilli, en mars 1903, dans le Mamoun (pays de Senoussi).
_Spatha Mabillei_ Jousseaume.
1886. _Spatha Mabillei_ Jousseaume, _Bullet. soc. zoolog. France_, XI, p. 495 (à part, p. 25), pl. XIV, fig. 2-2 _a_.
1890. _Spatha Mabillei_ Dautzenberg, _Mém. soc. zoolog. France_, III, p. 126 et 135.
1900. _Spatha Mabillei_ Simpson, _Proceed. unit. stat. nation. Museum_, XXII, p. 897.
Cette espèce est certainement très voisine du _Spatha chaiziana_ dont elle se distingue surtout par sa forme plus comprimée et sa région postérieure moins développée et plus largement arrondie. M. A. CHEVALIER n’a pas recueilli le type, mais seulement la variété suivante :
Variété =_mamounensis_= Germain, nov. var.
1907. _Spatha Mabillei_ var. _mamounensis_ Germain, _Bulletin Muséum hist. natur. Paris_ ; no 1, p. 67.
Coquille subrectangulaire, comprimée ; valves médiocrement épaisses, solides ; bord supérieur subrectiligne dans une direction légèrement ascendante ; bord inférieur rectiligne, presque parallèle au bord supérieur ; région antérieure médiocrement développée, semi-circulaire ; région postérieure semi-ovalaire, à peine deux fois aussi longue que l’antérieure ; sommets très peu saillants ; ligament long de 14 1/2 millimètres ; empreintes musculaires antérieures médiocres, postérieures faibles.
Longueur maximum : 61 millimètres ; hauteur maximum : 40 1/2 millimètres à 20 1/2 millimètres des sommets ; épaisseur maximum : 23 millimètres.
Épiderme marron foncé, presque noir, bien brillant ; stries d’accroissement médiocres et irrégulières ; nacre violacée, assez irisée.
Comparée au type, la variété _mamounensis_ s’en distingue :
Par sa forme générale moins allongée ; par sa région antérieure plus arrondie ; par sa région postérieure bien moins allongée avec un bord plus régulièrement convexe ; par son bord supérieur rectiligne presque parallèle au bord inférieur ; par son ligament plus court ; etc...
Le Mamoun (pays de Senoussi), mars 1903 [M. A. CHEVALIER].
§ 2. — _LEPTOSPATHA_ de Rochebrune et Germain[484].
Genre _Spathella_ Bourguignat, _Esp. nouv. genres nouv. Oukéréwé et Tanganika_, décembre 1885, p. 13.
_Spatha (Leptospatha) sinuata_ Martens.
1883. _Spatha sinuata_ Martens, _Sitz. b. natur. freunde_, p. 173.
1885. _Spatha sinuata_ Martens, _Conch. Mittheil._, II, p. 190, Taf. XXXIV, fig. 5-6.
1889. _Spathella sinuata_ Bourguignat, _Mollusques Afrique équat._, p. 196.
1900. _Spatha sinuata_ Simpson, _Proceed. unit. st. nation. Museum_, XXII, p. 899.
Un seul exemplaire de cette espèce, caractérisée par son bord inférieur bien sinueux et son bord postérieur assez largement tronqué, recueilli dans le Bani, près San, par M. A. CHEVALIER.
=_Spatha (Leptospatha) Decorsei_= Germain[485]. PLANCHE LITHOGR. fig. 5.
1904. _Spatha (Leptospatha) Decorsei_ Germain, _Bullet. Muséum hist. natur. Paris_, X, no 7, p. 469.