L'Afrique centrale française

Part 49

Chapter 492,992 wordsPublic domain

Le _Lanistes magnus_, décrit par FURTADO est, sans aucun doute, une forme major du _Lanistes procerus_ dont le dernier tour est un peu plus ventru. Il existe également une variété _minor_ qui possède exactement les caractères du type mais ne mesurant que 54 millimètres de hauteur pour 38 millimètres de diamètre maximum[439]. Elle a été recueillie, par MM. CHEVALIER et DECORSE dans le Mamoun (pays de Senoussi), en mars 1903.

M. le lieutenant LACOIN a également recueilli cette espèce dans le Bas- Chari et dans le Bar-el-Ghazal.

_Lanistes ovum_ Peters.

1835. _Ampullaria ovum_ Peters, _Archiv. f. naturgesch._, XI, p. 215.

1851. _Ampullaria ovum_ Philippi _in_ : Martini et Chemnitz, _Syst. Conch. Cab., Ampull._, p. 22, no 27, pl. VI, fig. 2.

1860. _Lanistes ovum_ Martens, _Malak. Blätt._, VI, p. 216.

1866. _Lanistes ovum_ Pfeiffer, _Novitates Conchol._, II, p. 290.

1868. _Ampullaria ovum_ Morelet, _Voy. Wellwitsch_, p. 41, p. 44 et p. 95.

1874. _Lanistes ovum_ Jickeli, _Land- und Süssw. Moll. N.-O. Afrik._, p. 230.

1877. _Lanistes ovum_ Smith, _Proceed. zoolog. soc. London_, p. 715.

1879. _Meladomus ovum_ Bourguignat, _Mollusques Egypte, Abyssinie, Zanzib._, etc., p. 36.

1889. _Meladomus ovum_ Bourguignat, _Mollusques Afrique équatoriale_, p. 173.

1898. _Lanistes ovum_ Martens, _Beschalte Weichth. Ost-Afrik._, p. 166.

1906. _Lanistes ovum_ Germain, _Mém. soc. zoolog. France_, XIX, p. 233.

Cette espèce bien connue est abondante dans toute l’Afrique tropicale ; elle est assez polymorphe, tant au point de vue de la forme générale qu’au point de vue de la taille, pour qu’on y puisse distinguer les variétés suivantes :

Variété =_Lacoini_= Germain[440]. PLANCHE V, fig. 16.

1906. _Lanistes ovum_ var. _Lacoini_ Germain, _Mém. soc. zoolog. France_, XIX. p. 234.

Coquille de forme plus ventrue-globuleuse ; spire moins haute à tours plus convexes ; dernier tour notablement plus développé en largeur ; ombilic à peine plus large ; test plus finement et plus régulièrement strié.

Hauteur : 42-46 millimètres ; diamètre : 35-36 1/2 millimètres ; hauteur de l’ouverture : 27-28 millimètres ; diamètre de l’ouverture : 17 1/2-19 millimètres.

Territoire du Chari : Mamoun (Pays de Senoussi) ; mars 1903 ; 2 exemplaires.

Variété _elatior_ Pfeiffer.

1866. _Lanistes ovum_ var. _elatior_ Pfeiffer, _Novitates Conchol._, p. 291, taf. LXX, fig. 7-8.

1874. _Lanistes ovum_ var. _elatior_ Jickeli, _Land- und Süssw. Moll. N.-O. Afrik._, p. 230.

1879. _Meladomus elatior_ Bourguignat, _Mollusques Egypte, Abyss., Zanzib._, p. 35.

1889. _Meladomus elatior_ Bourguignat, _Mollusques Afrique équat._, p. 173.

1906. _Lanistes ovum_ var. _elatior_ Germain, _Mém. soc. zoolog. de France_, XIX, p. 234.

Coquille de forme plus élevée ; spire plus haute, composée de 6 tours convexes à croissance assez rapide séparés par des sutures profondes ; test épais, solide, assez finement strié, d’un brun marron ou d’un vert noirâtre un peu brillant.

Territoire du Chari : Mamoun (Pays de Senoussi) ; 1 exemplaire.

BOURGUIGNAT a donné, au Muséum d’histoire naturelle de Paris, deux exemplaires de _Lanistes ovum_ qui, par leur forme un peu haute, sont intermédiaires entre le type _ovum_ et la variété _elatior_. Ils ont été recueillis aux environs de Zanzibar par M. BLOYET [1886].

L’espèce type a été récoltée par le Dr DECORSE dans le Mamoun (mars 1903), à Kousri, et dans un ruisseau près de Koga-Pongourou [6 décembre 1903] ; 6 exemplaires.

_Lanistes ellipticus_ Martens.

1866. _Lanistes ellipticus_ Martens, _in_ : Pfeiffer, _Novitates Concholog._, II, p. 294, taf. LXX, fig. 9-10.

1879. _Meladomus ellipticus_ Bourguignat, _Mollusques Egypte, Abyssinie, Zanzibar_, etc..., p. 35.

1886. _Lanistes Zambesianus_ Furtado, _Journal de Conchyl._, XXXIV, p. 148, pl. VII, fig. 1.

1889. _Meladomus ellipticus_ Bourguignat, _Mollusques Afrique équatoriale_, p. 123.

1898. _Lanistes ellipticus_ Martens, _Beschalte Weichth. Ost-Afrik._, p. 168.

Le _Lanistes ellipticus_ est une espèce primitivement découverte dans la région du Mozambique, puis dans le bassin du Zambèse (CAPELLO et IVENS ; prof. PETERS, 1884-1885), enfin dans le lac Nyassa [J.-A. SIMONS, etc.]. Le Dr DECORSE a également constaté la présence de ce _Lanistes_ à Kousri. L’unique exemplaire recueilli est d’ailleurs conforme à la figuration donnée par PFEIFFER[441].

=_Lanistes gribinguiensis_= Germain. PLANCHE V, fig. 15.

1905. _Lanistes gribinguiensis_ Germain, _Bullet. Muséum hist. natur. Paris_, XI, no 6, p. 487.

Coquille d’assez petite taille, senestre, ventrue, pourvue d’une perforation ombilicale assez large, _non circonscrite par une angulosité_ ; spire très brève, subconoïde, à sommet très obtus ; 5 tours à peine convexes, à croissance très rapide, présentant une région méplane relativement large contre la suture qui est à peu près linéaire ; dernier tour très grand, renflé, bien ventru-arrondi, formant les 6/7 de la hauteur totale ; ouverture peu oblique, médiocrement échancrée, subelliptique, à bord externe largement convexe, anguleuse supérieurement, arrondie inférieurement ; columelle presque droite, très légèrement réfléchie sur l’ombilic ; péristome droit et aigu ; bords marginaux convergents réunis par une faible callosité d’un blanc bleuâtre.

Opercule médiocre, profondément enfoncé dans l’intérieur de la coquille, légèrement concave extérieurement, orné de stries concentriques assez fines ; nucleus à peine saillant, presque situé contre le bord columellaire.

Hauteur : 20 millimètres ; diamètre maximum : 19 1/2 millimètres ; hauteur de l’ouverture : 14 millimètres ; diamètre de l’ouverture : 11 millimètres.

Test solide, relativement épais, opaque, assez grossièrement strié [le dernier tour présente des costulations émoussées relativement grosses, onduleuses et assez régulières, sauf vers l’ouverture], d’un marron assez foncé, orné de bandes peu visibles, étroites, plus sombres que le fond de la coquille. Intérieur de l’ouverture d’un rouge vineux brillant.

Cette espèce se rapproche surtout du _Lanistes lybicus_ Morelet[442], tant par son enroulement que par la position de sa carène spirale ; mais elle s’en distingue par un caractère essentiel : tandis que, chez le _Lanistes lybicus_ et toutes les formes de ce groupe, la fente ombilicale est entourée par une angulosité plus ou moins saillante mais toujours très visible, la perforation ombilicale est ici simple, sans aucune trace d’angulosité. Le _Lanistes gribinguiensis_ présente aussi assez l’aspect du _L. stuhlmanni_ Martens[443], mais cette dernière espèce n’est pas ombiliquée.

Le Gribingui, dans l’Oubangui.

* * *

En dehors des espèces que nous venons de passer en revue, la région du Chari et le bassin du Tchad nourrissent encore les _Lanistes_ suivants :

_Lanistes Vignoni_ Bourguignat[444]. — Cette espèce, qui a été très exactement figurée par PFEIFFER[445] comme variété du _Lanistes bernardianus_ Morelet[446], habite le lac Tchad, dans la région de Woudi, où elle a été recueillie par M. F. FOUREAU. C’est une coquille globuleuse, à spire peu haute composée de 5 tours très étagés et ornés d’une carène saillante. L’ombilic est entouré d’une angulosité bien marquée ; enfin l’ouverture, peu oblique, ovalaire-allongée, atteint environ les 2/3 de la hauteur totale.

Hauteur : 34 millimètres ; diamètre maximum : 32 millimètres ; hauteur de l’ouverture : 22 millimètres ; diamètre de l’ouverture : 15 millimètres.

_Lanistes Foai_ Germain[447]. — Cette espèce, qui se rapproche surtout de la précédente, s’en distingue nettement par sa spire beaucoup plus déprimée et son ouverture plus régulièrement ovalaire. La perforation ombilicale n’est pas entourée par une carène, mais présente seulement une fausse apparence d’angulosité ; enfin le _Lanistes Foai_ est remarquable par sa forme écourtée, sa hauteur étant plus faible que son diamètre maximum.

Hauteur : 25 millimètres ; diamètre maximum : 28 millimètres ; hauteur de l’ouverture : 18 millimètres ; diamètre de l’ouverture : 12 millimètres.

Test solide, épais, opaque, un peu pesant, d’un marron foncé, orné, sur le dernier tour, de 6-7 bandes étroites plus sombres que le fond de la coquille ; stries très fines, irrégulièrement distribuées.

Recueillie par M. E. FOA dans le Haut-Congo.

Enfin MM. DUPUIS et PUTZEYS ont décrit une coquille du Lualaba qui appartient à la même série que les deux précédentes. C’est le _Lanistes lybicus_ var. _nseudweensis_ Dupuis et Putzeys[448] caractérisé par sa forme déprimée, ses tours présentant, à leur partie supérieure, une carène saillante ; enfin par son ombilic entouré d’une carène nettement accusée.

Hauteur : 21 millimètres ; diamètre maximum : 22 millimètres ; hauteur de l’ouverture : 13 1/2 millimètres ; diamètre de l’ouverture : 10 1/2 millimètres.

=Famille des MELANIIDÆ=

Genre MELANIA de Lamarck.

_Melania tuberculata_ Müller.

1774. _Nerita tuberculata_ Müller, _Verm. terr. et fluv. hist._, p. 191.

1779. _Strombus tuberculatus_ Schröter, _Geschichte d. flusconchyl._, p. 373.

1779. _Strombus costatus_ Schröter, _loc. cit._ ; p. 373, Taf. VIII, fig. 14.

1804. _Melanoïdes fasciolata_ Olivier, _Voyage empire Ottoman_, II, p. 40, Pl. XXXI, fig. 7.

1822. _Melania fasciolata_ de Lamarck, _An. sans vertèbres_ ; VI, 2e part., p. 174.

1847. _Melania pyramis_ Buch _in_ : Philippi, _Abbild. Conchyl._, II, p. 172, Taf. IV, fig. 16.

1852. _Vivipara fasciolata_ Raymond, _Journ. Conchyl._, III, p. 326.

1853. _Melania tuberculata_ Bourguignat, _Catal. rais. Mollusques Orient_, p. 65.

1861. _Melania Rothiana_ Mousson, _Coq. Roth_, p. 61.

1864. _Melania tuberculata_ Bourguignat, _Malacol. terr. fluv. Algérie_, II, p. 251, Pl. XV, fig. 1-11.

1865. _Melania tuberculata_ Dohrn, _Proceed. zoolog. soc. London_, p. 234.

1865. _Melania rubropunctata_ Tristam, _Proceed. zoolog. soc. London_, p. 541.

1865. _Melania tuberculata_ Martens, _Malakozool. Blätter_, XI, p. 205.

1869. _Melania tuberculata_ Martens, _Nachrichtsbl. d. Malak. ges._, I, p. 154.

1874. _Melania tuberculata_ Jickeli, _Land- und Süssw. Mollusk. Nordostafrik._, p. 251.

1874. _Melania abyssinica_ Ruppel _in_ : Jickeli, _loc. cit._ ; p. 253.

1877. _Melania tuberculata_ Smith, _Proceed. zoolog. soc. London_ ; p. 712.

1879. _Melania tuberculata_ Martens, _Sitz. ber. d. ges. natur. Freunde in Berlin_, p. 104.

1881. _Melania tuberculata_ Smith, _Proceed. zoolog. soc. London_ ; p. 291.

1882. _Melania tuberculata_ Bourguignat, _Mollusq. terr. fluv. mission Revoil au pays Çomalis_, p. 90.

1883. _Melania Rothiana_ Locard, _Malacol. lacs Tibériade, Antioche_, etc., p. 32.

1883. _Melania tuberculata_ Bourguignat, _Hist. malacol. Abyssinie_ ; p. 102 et 131.

1884. _Melania tuberculata_ Bourguignat, _Hist. Melaniens syst. europ._, p. 5 et _Ann. malacologie_, II, p. 5.

1887. _Melania tuberculata_ Bourguignat, _Bullet. soc. malacol. France_ ; IV, p. 267.

1888. _Melania tuberculata_ Pollonera, _Bollettino della Società malacologica Italiana_ ; XIII, part. II, p. 34.

1888. _Melania tuberculata_ Smith, _Proceed. zool. soc. London_ ; p. 52.

1888. _Melania tuberculata_ Bourguignat, _Iconogr. malacol. lac Tanganika_ ; p. 27. Pl. XI, fig. 26-27.

1889. _Melania tuberculata_ Bourguignat, _Bullet. soc. malacol. France_, VI, p. 5 et 51.

1889. _Melania tuberculata_ Bourguignat, _Mollusq. Afrique équator._ ; p. 182.

1890. _Melania tuberculata_ Smith, _Ann. magaz. natur. history_ ; 6e série, VI, p. 149.

1890. _Melania tuberculata_ Bourguignat, _Hist. malacol. lac Tanganika_ ; p. 163, Pl. XI, fig. 26-27 ; et _Ann. sc. natur._ ; 7e série, X, _même paginat._

1891. _Melania tuberculata_ Smith, _Proceed. zoolog. soc. London_ ; p. 310.

1892. _Melania tuberculata_ Martens, _Sitz. bericht. d. ges. nat. Freunde Berlin_, p. 173.

1893. _Melania tuberculata_ Bourguignat, _Mollusques Nyanza-Oukéréwé_, p. 4.

1894. _Melania tuberculata_ Ancey, _Mém. soc. zoolog. France_ ; VII, p. 224.

1896. _Melania tuberculata_ Sturany _in_ : Baumann, _Durch Massailand zur Nilquelle_, p. 10.

1898. _Melania tuberculata_ Martens, _Beschalte Weichth. Ost-Afrik._ ; p. 193.

1898. _Melania tuberculata_ Pollonera, _Bollet. Musei zoolog. anat. comp. R. univers. Torino_, XIII, no 313, p. 12 (4 mars 1898).

1904. _Melania tuberculata_ Smith, _Proceed. malacolog. soc. London_ ; VI, p. 100.

1904. _Melania tuberculata_ de Rochebrune et Germain, _Mém. soc. zoolog. France_ ; XVII, p. 7.

1904-1906. _Melania tuberculata_ Germain, _Bullet. Muséum hist. natur. Paris_ ; X, p. 353 ; XI, p. 257 et p. 328 ; XII, p. 54, p. 59 et p. 297.

Cette espèce cosmopolite est extrêmement abondante dans certaines régions de l’Afrique. Elle habite particulièrement le lac Tchad où tous les voyageurs qui ont exploré ces régions en ont recueilli de nombreux exemplaires. Le plus souvent on trouve le _Melania tuberculata_ sur les plages sableuses où l’accumulation des individus forme parfois une couche atteignant plusieurs centimètres d’épaisseur. Les échantillons ont, dans ce cas, entièrement perdu leur épiderme. Il est d’ailleurs relativement rare de trouver des exemplaires vivants ou simplement en bon état de conservation.

Région de Tombouctou, abords des lacs Daouna. [Mission du général de TRENTINIAN] août 1899.

Lac Tchad, archipel Kouri, octobre 1903. Une centaine d’exemplaires.

* * *

_Melania (Plotia) scabra_ Müller[449]. — Bien qu’elle n’ait pas été recueillie, au cours de la Mission, cette coquille est si répandue dans l’O. africain qu’on la rencontrera sans doute un jour dans le Chari. Sous le nom de _Plotia Leroyi_, Bourguignat[450] a décrit une espèce qui ne diffère pas du _M. scabra_. Quant au _Plotia Bloyeti_ du même auteur, ce n’est qu’une variété _minor_ de la même espèce. Elle n’en diffère en effet, dit BOURGUIGNAT, que « par sa taille moitié plus petite, par sa forme plus ventrue, moins oblongue, par sa spire moins allongée »[451].

Un assez grand nombre de Mélanies ont été découvertes, dans ces dernières années, dans le cours du Haut-Congo et de quelques-uns de ses affluents. Elles ont été décrites et figurées par DUPUIS et PUTZEYS dans un travail auquel je renvoie le lecteur, aucune de ces espèces n’ayant été signalée dans le Chari ou ses tributaires[452].

PÉLÉCYPODES

=Famille des UNIONIDÆ=

Genre UNIO Philippsson[453].

§ 1. — _UNIO_ sensu stricto.

=_Unio mutelæformis_= Germain. PLANCHE LITHOGR., fig. 3-4.

1906. _Unio mutelæformis_ Germain, _Bull. Muséum hist. natur. Paris_ ; XII, no 1, p. 60, note 1 [_sans descript._].

1906. _Unio mutelæformis_ Germain, _Mém. soc. zoolog. de France_ ; XIX, p. 336.

Coquille de petite taille, d’une forme subrectangulaire très allongée ; valves médiocrement solides, peu bombées ; bords supérieur et inférieur tout à fait parallèles ; bord supérieur rectiligne ; bord inférieur presque droit, à peine subsinueux en son milieu, légèrement remontant à son extrémité ; région antérieure médiocre, bien arrondie ; région postérieure fort allongée dans le sens horizontal, à peu près trois fois aussi longue que l’antérieure, conservant la même hauteur jusqu’au niveau de l’angle postéro-dorsal, puis s’atténuant, surtout supérieurement, en une partie rostrale aiguë ; sommets assez antérieurs (mais très notablement moins que dans l’_Unio Monceti_ Bourguignat), médiocrement ventrus, comprimés latéralement ; crête dorsale bien accentuée ; charnière présentant : sur la valve droite une cardinale double et deux latérales très longues et peu saillantes ; sur la valve gauche une cardinale très haute, subquadrangulaire, nettement denticulée, et une latérale très longue, médiocrement saillante ; empreintes musculaires : antérieure profonde, postérieure superficielle.

Longueur maximum : 24-26 millimètres ; hauteur max. : 9-10 millimètres ; épaiss. max. : 5 millimètres.

Test d’un marron jaunacé ou ocracé[454], parfois très sombre[455], légèrement excorié vers les sommets ; stries d’accroissement assez délicates, régulières, plus fortes postérieurement ; nacre assez irisée, bleu de prusse clair.

Cette espèce ne peut se rapprocher que de l’_Unio Monceti_ Bourguignat[456] ; on l’en distinguera :

Par son test non chevronné ; par sa forme beaucoup plus allongée quoique la région postérieure ne soit, comme dans le type _Monceti_, que trois fois aussi longue que l’antérieure, mais l’_Unio Monceti_ présente une région antérieure remarquablement écourtée, très arrondie, avec des sommets tout à fait antérieurs ; par ses sommets bien moins proéminents ; par sa forme beaucoup plus comprimée.

Rapides du Gribingui, janvier 1903 (Dr DECORSE) ; 1 exemplaire.

Le Mamoun (pays de Senoussi) ; mars 1903 ; 1 exemplaire.

Le lac Tchad (M. le lieutenant L. LACOIN, 1902) ; 2 échantillons.

Variété =_chariensis_= Germain, _nov. var._

Cette coquille diffère du type :

Par sa forme plus écourtée, elliptico-ovalaire ; par son bord supérieur légèrement ascendant et un peu subconvexe ; par son bord inférieur, non pas rectiligne, mais très notablement et régulièrement convexe ; par son bord postérieur plus développé en hauteur par suite de la divergence plus nette des bords supérieur et inférieur, ce qui fait que la hauteur maximum de la coquille n’est pas égale, comme dans le type, à la hauteur de la verticale, mais se trouve reportée vers la région postérieure ; par ses deux carènes dorsales assez accentuées ; etc.

Chez cette petite coquille, les sommets sont très peu proéminents, le ligament est peu robuste et fort court ; le test, d’un roux jaunâtre pâle, présente des stries d’accroissement fines, serrées et régulières ; la nacre, très irisée, est d’un rose saumon particulièrement vif.

Le Mamoun (pays de Senoussi) ; mars 1903. Avec le type.

§ 2. _NODULARIA_ Conrad[457].

_Unio (Nodularia) æquatoria_ Morelet.

1885. _Unio æquatorius_ Morelet, _Journ. de Conchyliol._ ; XXXIII, p. 31, Pl. II, fig. 9.

1890. _Unio æquatorius_ Paetel, _Conch. Sam._, III, p. 144.

1891. _Unio landanensis_ Schepman, _Notes Leyden Mus._ ; VIII, p. 113, Pl. VIII, fig. 3a-3b.

1900. _Nodularia æquatoria_ Simpson, _Proceed. unit. stat. nat. Museum_ ; XXII, p. 823.

Coquille ovalaire un peu allongée ; bord supérieur un peu convexe dans une direction très légèrement ascendante ; bord inférieur bien convexe ; région antérieure médiocre, arrondie ; région postérieure semi- elliptique, plus de deux fois aussi longue que l’antérieure ; sommets petits, assez proéminents ; charnière typique de Nodularia.

Test médiocrement épais, assez solide, d’un vert olivâtre foncé ; stries d’accroissement fines, serrées, régulièrement distribuées ; nacre bien irisée d’un rose violacé.

Les échantillons recueillis par M. A. CHEVALIER correspondent bien à cette description ; mais ils sont de taille beaucoup plus petite, constituant une variété _minor_ parfaitement nette (longueur max : 27-30 millimètres ; hauteur max. : 16-17 1/2 millimètres ; épaisseur maximum : 11-12 millimètres). Quelques exemplaires ont un épiderme soyeux rappelant celui que l’on observe chez l’_Unio Fellmanni_ Deshayes[458] d’Algérie.

Dans le Bangoran, 10 février 1903 ; 1 exemplaire.

Le Mamoun (pays de Senoussi). Mars 1903 ; 1 exemplaire.

=_Unio (Nodularia) Chivoti_= Germain[459], nov. sp. PLANCHE V, fig. 23.

1907. _Unio (Nodularia) Chivoti_ Germain, _Bulletin Muséum hist. natur. Paris_ ; no 1, p. 66.

Coquille de taille moyenne, assez régulièrement ovalaire, très comprimée ; valves minces, mais assez solides, à peine baillantes antérieurement ; bord supérieur régulièrement subconvexe ; bord inférieur très régulièrement et très largement convexe ; région antérieure arrondie, un peu décurrente à la base ; région postérieure une fois et demie plus longue que l’antérieure, terminée par un rostre légèrement tronqué ; sommets érosés, médiocrement proéminents, assez gros et obtus ; arête dorsale médiocrement accentuée ; charnière présentant : sur la valve droite, deux cardinales médiocres, l’inférieure plus élevée que la supérieure, presque lisse, à peine serrulée à son extrémité antérieure, la supérieure un peu plus longue, moins haute, plus mince ; lamelle latérale très longue, mince et saillante ; sur la valve gauche : une dent cardinale subtriangulaire assez élevée et deux lamelles très longues, minces, assez saillantes, l’inférieure plus haute que la supérieure ; impressions musculaires : antérieure médiocre, postérieure très superficielle ; ligament très court, d’un marron brillant.

Longueur max. : 31 millimètres ; hauteur max. : 19 millimètres à 10 1/2 millimètres des sommets ; épaisseur max. : 10 millimètres.

Test marron foncé, passant au brun noirâtre à la région antérieure, présentant des stries d’accroissement fines, assez régulières, très serrées, plus fines et plus irrégulières postérieurement, orné en outre de rides fulgurantes plus ou moins saillantes partant des sommets. Ces rides ne se trouvent que dans la région supérieure du test où elles entourent pour ainsi dire le sommet ; elles sont plus développées postérieurement ; au milieu et antérieurement elles se résolvent en granulations saillantes. Cette sculpture du test est, de tous points, comparable à celle des Unios du Victoria-Nyanza. Nacre bien irisée, bleu de prusse assez foncé.

Le Mamoun (pays de Senoussi) ; mars 1903.

=_Unio (Nodularia) bangoranensis_= Germain nov. sp. PLANCHE V, fig. 22.

1907. _Unio (Nodularia) bangoranensis_ Germain, _Bulletin Muséum hist. natur. Paris_ ; no 1, p. 66.

Coquille de petite taille, de forme ovalaire-allongée, assez convexe ; valves solides, médiocrement épaisses, assez baillantes antérieurement, très peu baillantes postérieurement ; bord supérieur régulièrement convexe ; bord inférieur bien convexe ; région antérieure arrondie, légèrement décurrente à la base ; région postérieure à peine une fois et demie aussi longue que l’antérieure, terminée par un rostre médiocre ; sommets médiocrement obtus, un peu comprimés ; arête dorsale très émoussée ; charnière présentant : sur la valve droite : deux cardinales médiocrement longues, l’inférieure subtriangulaire très élevée, beaucoup plus élevée que la supérieure qui est très peu développée, et une longue lamelle latérale peu saillante ; sur la valve gauche : une cardinale assez haute formée de deux pointes saillantes séparées : la _première presque sous les sommets_, très aiguë ; la seconde au voisinage de l’angle antéro-dorsal, plus longue et plus mousse[460] ; deux lamelles latérales très longues ; impressions musculaires : antérieure profonde, postérieure très superficielle ; ligament court, assez robuste.

Longueur maximum : 23-36 millimètres ; hauteur maximum : 13 1/2 millimètres (à 5 1/2 millimètres des sommets) — 21 1/2 millimètres (à 12 millimètres des sommets) ; épaisseur maximum : 10-14 millimètres.

Test marron très foncé, presque noir, largement excorié au voisinage des sommets ; stries d’accroissement fines, serrées et irrégulières ; nacre bleuâtre, quelquefois saumonée, bien irisée.

Cette espèce ressemble, par le contour de ses valves, à l’_Unio Chivoti_ ; mais elle s’en éloigne par sa forme plus écourtée, la région postérieure étant notablement plus développée ; par ses valves beaucoup plus bombées et bibaillantes (elles ne sont baillantes qu’antérieurement chez l’_U. Chivoti_) ; et surtout par la sculpture toute différente du test.

Dans le Bangoran, affluent du Chari (Pays de Senoussi), février 1903 ; 1 exemplaire complet et 1 valve [A. CHEVALIER].

Rapides du Bas Gribingui, janvier 1903 [Dr DECORSE] ; 2 échantillons.

Le Chari, à Fort-Archambault, mai 1903 [Dr DECORSE] ; 1 échantillon.

=_Unio (Nodularia) Lacoini_= Germain[461].

1905. _Unio (Nodularia) Lacoini_ Germain, _Bullet. Muséum hist. nat. Paris_, XI, no 6, p. 489 (_sans descript._).

1906. _Unio (Nodularia) Lacoini_ Germain, _Mémoires soc. zoolog. de France_, XIX, p. 237, pl. IV, fig. 11-12.