Histoire des enseignes de Paris
Part 22
Le moment était si lugubre et si redoutable, que personne n’avait le cœur d’être plaisant, même sur une enseigne; mais du moins la plaisanterie pouvait cacher la peur. Ainsi un marchand, nommé Basset, avait joué sur son nom en se donnant un chien pour enseigne et en l’intitulant: _Au Basset_[272]. Un autre, qui demeurait sur la place Vendôme, avait cru se faire de son enseigne un paratonnerre politique en y inscrivant une phrase de Robespierre relative à l’Être suprême[273]. La police, à cette époque terrible, trouvait le temps d’éplucher les enseignes et de les mettre toutes au diapason de la circonstance. Après la création du Calendrier républicain, adopté par la Convention le 24 novembre 1792, un arrêté du Bureau central de Paris enjoignit aux cabaretiers de substituer, sur leurs enseignes, aux mots: _bière de mars_, ceux-ci: _bière de germinal_[274].
M. Firmin Maillard a caractérisé ainsi les enseignes de la Terreur: «Brutus, Spartacus et quelques autres martyrs de la liberté deviennent des héros d’enseignes. C’est à la _Lanterne nationale_ ou à la _Carmagnole_ que vont se désaltérer les garçons bouchers: ils arrivent au cabaret, drapeau déployé, drapeau sur lequel il y a un énorme couteau et ces six mots écrits au bas: «_Tremblez, aristocrates, voici les garçons bouchers!_» Voilà leur enseigne! mais rien ne peut égaler celle du libraire Tisset, «coopérateur des succès de la République française.» L’abominable homme restait rue de la Barillerie, nº 13, et il avait au-dessus de sa porte une guillotine enluminée entre les montants de laquelle se trouvaient inscrits les noms des personnes qui devaient être exécutées dans la journée. Du reste, cet aimable personnage éditait une liste de condamnés qu’il appelait: _Compte rendu aux Sans-Culottes, par très haute, très puissante et très expéditive dame Guillotine_, rédigé et présenté aux _amis de ses prouesses_, par Tisset.»
Alors on pouvait dire qu’au-dessus de la France, il y avait une enseigne terrible, sur laquelle flamboyaient ces trois mots, qui depuis ont pris quelque chose de solennel: _A la Terreur!_ Puis, tout finit avec des _Notre-Dame-de-Thermidor_, hommage ridicule, mais honnête, rendu à Mᵐᵉ Tallien, qui eut assez d’empire sur son mari pour le forcer à jouer sa tête en décidant la Convention à mettre fin au règne sanglant des Jacobins, par la révolution du 9 Thermidor.
Toutes les enseignes n’ont pas disparu pendant la Révolution; ainsi qu’on a pu le voir par celles que nous avons citées, beaucoup de figures en pierre ou en bois trouvèrent grâce devant le vandalisme brutal de la populace, quand elles n’avaient aucun sens politique, comme le _Lion d’Argent_, charmant détail de la maison nº 1 de la rue des Prouvaires, dont la gracieuse ornementation est un des rares spécimens intacts du style Louis XV; le _Lion ferré_, de la rue Saint-Martin, le _Vieux Satyre_, de la rue Montfaucon, et surtout comme l’_Hercule_, de la rue Grégoire-de-Tours, alors rue des Mauvais-Garçons-Saint-Germain, que les républicains du quartier avaient pris sous leur sauvegarde, en le surnommant le _Vieux Sans-Culotte_, et qui, comme les trois qui précèdent, existe encore aujourd’hui.
On vit renaître les enseignes non politiques et inoffensives sous le Directoire, mais d’abord en très petit nombre. La Terreur avait donné des leçons de prudence et de réserve aux plus aventureux[275]; on hésita quelque temps, avant de se remettre à vivre au dehors, pour ainsi dire. Dans les premiers jours de défiance et de trouble qui suivirent la grande délivrance de Thermidor (27 juillet 1794), on avait eu l’idée de faire inscrire sur les portes des maisons les noms des personnes qui habitaient ces maisons; on renonça bientôt à
cette inquisition intolérable. La Révolution avait tué l’industrie des peintres d’enseignes; on ne les vit renaître de leurs cendres qu’au milieu du Directoire. En attendant, on avait remplacé les enseignes comme on avait pu. Mercier, dans la description qu’il fait du Palais-Égalité, ci-devant Palais-Royal, en 1799, nous fournit à ce sujet un détail bien singulier: «Les tableaux sortis des cabinets curieux, les gravures libertines, les romans érotiques, servent d’enseignes
à une foule de prostituées logées aux mansardes[276].» On ne faisait alors aucun cas des meilleurs tableaux anciens, qui pourrissaient dans la boue chez les marchands de bric-à-brac. Sébastien Mercier, dans un autre endroit du même ouvrage, raconte qu’un savetier avait pris, pour en faire l’auvent de son échoppe, un superbe tableau de maître, représentant la Cène.
Les premières enseignes peintes qui reparurent à Paris furent celles des restaurants, des cafés, des marchands de comestibles: c’est de ce temps-là que datent l’enseigne de l’hôtel des Américains, rue Saint-Honoré, près de l’Oratoire; la _Flotte Sainte-Barbe_, rue Saint-Martin; le _Gourmand_, de Corcellet; le _Bœuf à la Mode_, de la rue de Valois; le _Veau qui tette_, de la place du Châtelet, aujourd’hui rue des Halles; l’enseigne des _Trois Frères provençaux_, etc. Après les établissements de gastronomie, les débits de tabac eurent des enseignes, telles que la _Bonne Prise_, encore à sa place au nº 7 de la rue Saint-Jacques, la _Civette_, de la place du Palais-Royal et la _Grosse Carotte_. «Saint-Germain-l’Auxerrois[277], respecté, disent les frères de Goncourt, a tout à côté de lui une renommée nouvelle, une enseigne fameuse: la _Grosse Carotte_, ce débit de tabac qui rivalise avec la célèbre _Carotte américaine_ des Halles.» Le jardin Turc, dont la vogue commençait à se prononcer au boulevard du Temple, n’avait trouvé rien de mieux, pour remplacer une enseigne peinte, que d’avoir à sa porte des Turcs, de vrais Turcs, en costume, qui fumaient indolemment leur pipe, de midi à minuit[278]. C’était le premier essai des tableaux vivants.
XXVII
LES ENSEIGNES AU XIXᵉ SIÈCLE
A la fin du Directoire, il y eut comme une renaissance des enseignes, à Paris. Beaucoup de celles qu’on avait mises au grenier, au début de la Révolution et surtout pendant la Terreur, reprenaient leur ancienne place sur les boutiques, sans aucun changement ou avec de légères modifications exigées par l’état social et politique. Ce fut bientôt une mode, une fureur, une folie. On ne souffrait plus qu’une boutique qui avait acquis une clientèle respectable fût dépourvue d’enseigne. Il fallait donc en faire peindre de nouvelles, en toute hâte, et les peintres en lettres, qui venaient de traverser la Révolution, n’y avaient pas gagné du côté de l’art et de l’orthographe. Ces enseignes improvisées, qui semblèrent sortir de terre pour se répandre dans tous les quartiers et toutes les rues, ne faisaient pas honneur à la peinture française, à l’esprit français et à la langue française. C’était un affreux désordre d’enseignes horribles, ou ridicules, de toutes formes et de toutes grandeurs, qui se disputaient le terrain et qui n’obéissaient qu’à la loi du plus fort ou du plus effronté. On avait commencé, pour leur faire place, par effacer l’odieuse inscription: _Liberté, Égalité, Fraternité, ou la Mort_, qui s’était imposée, comme une épitaphe sépulcrale, sur tous les murs et sur toutes les portes, en guise d’enseigne révolutionnaire.
«Le Consulat, dit M. Amédée Berger, à qui nous laissons la parole, faute de pouvoir mieux dire, le Consulat eut beaucoup à faire pour nettoyer les murailles de Paris, qui s’étaient singulièrement illustrées depuis la Révolution: les reliefs et les massifs se balançaient de plus belle au-dessus des passants alarmés; et en présence des inscriptions les plus grossières, le besoin d’un nouveau Caritidès se faisait de nouveau sentir.» La réforme fut radicale, et une ordonnance de Bureau central du canton de Paris, en date du 1ᵉʳ frimaire an VIII (novembre 1799), obligea tous les boutiquiers à supprimer les enseignes pendantes, à les remplacer par des tableaux incrustés dans les murs, enfin «à corriger dans les enseignes tout ce qui pouvait s’y rencontrer de contraire aux lois, aux mœurs et à la langue française». Pour prévenir tout abus, on devait soumettre d’avance à l’autorité la copie des inscriptions que l’on avait l’intention de placer au-dessus des boutiques, et il était interdit de modifier le texte approuvé par l’administration[279]. Cette intrusion pédantesque de la police dans la liberté des enseignes ne plut pas à tout le monde. «En attendant que l’on s’occupe de la restauration des lettres, disait avec dédain le dramaturge Arnault dans une note de journal, on procède à la correction des enseignes. Nos édiles ont pris, en effet, un arrêté excellent sous plusieurs rapports. Des magistrats qui savent lire ne veulent plus que des écrivains ne sachent pas écrire[280].» On lisait, le 1ᵉʳ décembre 1810, dans le _Mercure de France_, une autre note, qui doit être de Jouy, puisqu’il l’a intercalée depuis dans son _Hermite de la Chaussée d’Antin_: «M. Caritidès (personnage des _Fâcheux_ de Molière) voulait, avec raison, qu’on réformât la détestable orthographe des enseignes, et l’on vient de faire droit, en 1810, au placet qu’Éraste fut chargé, par lui, de présenter à Louis XIV, en 1661. Tant de grossières absurdités vont enfin disparaître, et il ne restera plus à désirer aux beaux esprits les plus minutieux que de voir s’établir une sorte d’analogie entre les enseignes et les professions. Ce défaut était moins choquant autrefois qu’il ne l’est aujourd’hui; il y avait quelque raison pour qu’un cordonnier fût à l’_Image de saint Crépin_, un tabletier au _Singe d’ivoire_, un marchand de tabac à la _Civette_. Mais quelle espèce de rapport peut-on établir entre le _Masque de fer_ et des bonnets de coton, entre _Jocrisse_ et un joaillier, la _Vestale_ et une lingère, le _Petit Candide_ et un bureau de loterie, la _Bonne foi_ et un tailleur? Nous ne manquons pas de mauvais plaisants tout prêts à trouver là des sujets d’épigrammes.» L’orgueilleux Étienne de Jouy ne pardonnait pas à la lingère qui lui avait emprunté une scène de son opéra de la _Vestale_ pour en faire une enseigne. «Sous l’Empire, dit Amédée Berger, une révolution s’était opérée dans l’aspect des rues marchandes de Paris: le magasin avait supprimé la vieille boutique, et alors avait commencé une curieuse lutte de façades, d’étalages et d’enseignes. Chacun voulait avoir son enseigne, et un marchand du faubourg Saint-Denis, ne sachant à quel saint se vouer, écrivit au-dessus de sa boutique: _A n’importe quoi_.» M. Auguste Luchet complète cette description dans un chapitre sur les _Magasins de Paris_[281], où il étudie la métamorphose de la boutique en magasin: «On perdit deux cents, trois cents aunes d’étoffe en guirlandes d’étalage. On n’eut point d’enseignes, on eut des tableaux, des tableaux à l’huile, peints sur toile, que l’on payait jusqu’à mille écus: luxe inouï, incroyable, qui pendant dix ans donna un aspect fantastique aux rues Saint-Honoré, Saint-Denis, Neuve-des-Petits-Champs, et commença la pompe merveilleuse des boulevards de Paris.»
La monomanie d’enseignes peintes avait pourtant donné lieu à bien des critiques dès l’année 1810; on lisait dans la Chronique du _Mercure de France_, le 29 décembre de cette année-là: «Les calembours, bannis du théâtre, semblent vouloir se réfugier sur les enseignes. Un marchand gainier, nommé Aymon, a trouvé très spirituel de prendre pour enseigne: _Aux Quatre Fils Aymon_. Un marchand de tableaux du passage du Panorama, du nom de Pierre Legrand, a fait peindre au-dessus de sa porte le portrait du Czar; au-dessous est écrit: _Au Czar, Pierre Legrand, marchand_ _de tableaux_. Enfin, un libraire connu a joué sur son nom plus agréablement encore, en l’inscrivant ainsi: _A la Sagesse de Charron, libraire_. C’est à présent qu’on peut dire avec vérité que l’esprit court les rues; on s’en aperçoit quand on le retrouve dans les salons[282].»
Lady Morgan, ci-devant miss Owenson, qui visitait la France en 1816, a formulé des critiques analogues sur les enseignes de Paris[283]: «Je ne connais véritablement rien de plus amusant, à Paris, que les allusions classiques et les devises sentimentales qu’on trouve dans les enseignes, et l’absurdité de leur application ajoute beaucoup au ridicule de leur effet. Je remarquai au-dessus de la porte d’un boucher, dans la rue Saint-Denis, une enseigne représentant un bouquet d’œillets fanés, avec ces mots: _Au Tendre Souvenir_. La _Tentation de saint Antoine_, en relief, est suspendue à côté de la _Fille mal gardée_, et les _Trois Pucelles_ figurent sur les fenêtres d’un tailleur pour l’armée, qui, pour attirer des pratiques, s’intitule _Tailleur civil et militaire_, tandis que _saint Augustin_ promet de «reblanchir à neuf les vieilles plumes». _L’Ange gardien_ s’annonce pour «faire des envois à l’étranger», et la _Religieuse_ offre son «magasin de nouveautés, au plus juste prix». Au _Bienvenu_, au _Revenant_, aux _Bons Enfants_, aux _Amis de la Paix_, sont des enseignes arborées bien souvent pour attirer le chaland. La _Belle Hélène_ et les _Trois Sultanes_ étalent leurs charmes dans tous les quartiers pour séduire les gens et intéresser le goût ou le sentiment du passant imprudent. La morale même est appelée à l’aide du sentiment, et les marchandises les plus chères sont achetées au _Gagne-Petit_ ou mises en vente à la _Conscience_.» Les observations critiques de Lady Morgan sont moins justes quand elle suppose que les enseignes des boutiques pourront un jour fournir des armoiries aux futurs parvenus; que la noblesse s’élèvera du comptoir à la pairie, et que ces nouveaux mystères héraldiques défieront la sagacité des Œdipes du blason: «Le plus habile généalogiste n’expliquera pas aisément un écusson portant sur champ d’argent une Vache habillée à la mode de 1816, ou sur champ de gueules deux Mandarins se donnant la main en signe de fraternité. Comment devinera-t-on, en voyant ces étranges armoiries, que les ancêtres de la nouvelle noblesse vendaient du bœuf à la mode, à l’enseigne de la _Vache parée_, rue du Lycée, et des cachemires de l’Inde, à l’enseigne des _Deux Magots_, rue de Seine?»
En 1825, les enseignes étaient parvenues au plus haut point de leur splendeur et de leur prospérité. Le moment parut bon à Balzac pour faire la nomenclature et la description des plus remarquables, en rassemblant ainsi les matériaux de leur histoire sous la Restauration. Son _Petit Dictionnaire critique et anecdotique des Enseignes de Paris_, volume in-32, de 160 pages, est devenu fort rare, quoiqu’il ait été tiré et vendu à un grand nombre d’exemplaires. On l’a réimprimé intégralement dans la dernière édition des Œuvres complètes de Balzac. Nous ne jugeons donc pas utile de l’analyser et d’en extraire les passages les plus piquants, après l’avoir souvent cité dans le cours de notre travail. C’est pourtant le répertoire le plus considérable qu’il y ait des enseignes de Paris, en 1826. Il nous a semblé, toutefois, nécessaire et intéressant de donner une simple liste des enseignes qui y sont décrites, et de classer ces enseignes par ordre de profession et de commerce, pour faire ressortir autant que possible les analogies plus ou moins bizarres qui peuvent exister entre les différents corps d’état et leurs enseignes.
Commençons par les marchands de nouveautés, qui, comme Balzac le fait remarquer, ont la plus grande part dans cette longue liste de tableaux d’enseignes.
MAGASINS OU MARCHANDS DE NOUVEAUTÉS.
A l’_Assomption_, rue Saint-Honoré, nº 375.
Aux _Bayadères_, boulevard des Italiens, nº 9.
A la _Belle Ferronnière_, rue du Faubourg-Saint-Antoine.
A la _Belle Jardinière_, rue de la Lanterne, nº 13.
Aux _Bonnes d’Enfants_, rue Saint-Honoré, nº 279.
Au _Coin de Rue_, au coin de la rue des Bons-Enfants.
A la _Clochette_, place de l’École.
Au _Croissant_, rue Dauphine, nº 44.
Au _Château d’Eau_, boulevard Saint-Martin, nº 27.
A la _Caravane_, rue de Richelieu, nº 82.
Au _Chaperon rouge_, rue Saint-Honoré, nº 326.
A la _Curieuse_, rue de la Monnaie, au coin de la rue Baillet.
Au _Drapeau libérateur_, rue du Petit-Carreau, nº 26.
Au _Diable boiteux_, rue de la Monnaie, nº 23.
Aux _Deux Magots_, à l’angle des rues de Seine et de Buci.
Aux _Deux Cousines_, rue Coquillière.
Aux _Dames françaises_, rue de Buci, nº 2.
A la _Dame du Lac_, rue Saint-Martin, nº 257.
A l’_Éclipse de 1820_.
A la _Fille d’honneur_, rue de la Monnaie, au coin de la rue Boucher.
A la _Frileuse_, rue Saint-Denis, nº 370.
Au _Gagne-Denier_, rue Saint-Antoine, nº 219.
Au _Général Foy_, rue Poissonnière, nº 44.
Au _Grand saint Michel_, rue de la Vieille-Bouclerie, nº 9.
A la _Fontaine de Jouvence_, rue des Moineaux, nº 3.
A _Jean Bart_, rue Royale, marché Saint-Martin, nº 20.
A _Joconde_, rue Saint-Denis, nº 191.
Au _Lien des Nations_, rue du Faubourg-Montmartre, nº 87.
Au _Mariage enfantin_, rue Sainte-Anne, nº 55.
Au _Nœud gordien_, Palais-Royal, galerie de pierre, nº 233.
Au _Pauvre Diable_, rue Montesquieu, au coin du Passage.
Au _Petit Matelot_, quai et île Saint-Louis.
A la _Petite Jeannette_, boulevard des Italiens, nº 3.
Au _Polichinel vampire_, rue Saint-Martin, en face le Conservatoire.
A _Monsieur Pigeon_, rue de Seine.
A _Pygmalion_, rue Saint-Denis, au coin de la rue de la Heaumerie.
A la _Pucelle d’Orléans_, rue Saint-Honoré.
A _Saint-Denis de la Châtre_, rue de la Juiverie, nº 21.
Au _Serment_, rue Saint-Denis, nº 408.
Au _Soldat cultivateur_, rue du Faubourg-Saint-Antoine, nº 77.
Au _Soldat laboureur_, rue Saint-Denis, nº 110.
Au _Solitaire_, rue du Faubourg-Saint-Denis, nº 68.
A _Valérie_, rue Saint-Denis, nº 309.
Au _Vampire_, rue Saint-Antoine.
Aux _Vêpres siciliennes_, rue Saint-Denis.
A la _Vestale_, rue Montmartre, au coin de la rue de Cléry.
Au _Zodiaque de Paris_, rue du Temple, nº 47.
Combien en reste-t-il aujourd’hui de ces magasins qui ont dû leur renommée et leur vogue à des enseignes habilement peintes, empruntées la plupart à des pièces de théâtre, dont l’immense succès avait coïncidé avec l’ouverture des maisons qu’elles recommandaient au public?
LINGÈRES. A l’_Ange gardien_, rue Saint-Honoré, nº 359.
A la _Baigneuse_, rue Montesquieu, nº 5.
A la _Bonne Ouvrière_, rue du Faubourg-Saint-Denis, nº 1.
Au _Frère de la Charité_, rue Saint-Denis, nº 171.
A la _Négresse_, rue Saint-Honoré, nº 285.
Au _Paysage_, rue Saint-Martin, nº 144.
A la _Parisienne_, rue Saint-Denis, nº 289.
A la _Religieuse_, rue Saint-Lazare, nº 72.
A la _Somnambule_, rue Saint-Honoré, nº 242.
Aux _Trois Sultanes_, au coin des rues Vivienne et Colbert.
BONNETIERS. A la _Barque à Caron_, rue du Bac.
Au _Bon Fabricant_, au coin des rues de la Calandre et de la Barillerie.
Au _Bon Henri_, rue Neuve-des-Petits-Champs, nº 30.
Au _Cotonnier_, rue Neuve-des-Petits-Champs, nº 67.
A _Monsieur Dumolet_, rue Montesquieu.
Au _Grand Mogol_, rue Saint-Martin, nº 287.
A la _Mère de Famille_, rue du Faubourg-Saint-Denis, nº 8.
Au _Moine saint Martin_, marché Saint-Martin.
Au _Saint Nom de Jésus_, rue Vieille-du-Temple, nº 62.
Au _Sabot fourré_, rue du Faubourg-Saint-Antoine, nº 51.
Au _Tableau des Samoïèdes_, rue des Deux-Ponts, nº 22.
MAGASINS DE SOIERIES ET D’ÉTOFFES. A la _Belle Anglaise_, rue Saint-Denis, nº 94.
Au _Grand Turc_, rue Saint-Honoré, nº 248.
A l’_Irlandaise_, rue Vivienne, nº 17.
A la _Perle_, rue Neuve-des-Petits-Champs, nº 35.
A la _Reine Mathilde_, rue Feydeau, nº 17.
A _Jean de Paris_, rue du Bac, nº 4.
A la _Toison de Cachemire_, rue Vivienne, nº 14.
DRAPIERS. Au _Bourgmestre de Saardam_, rue Saint-Honoré, nº 53.
Au _Buste de Henri IV_, rue Saint-Honoré, nº 3.
Aux _Deux Frères_, rue Montesquieu, nº 5.
Aux _Deux Edmond_, rue Saint-Denis, nº 220.
A l’_Invariable_, rue Dauphine, près de la rue d’Anjou.
Aux _Médecins français_, rue Saint-Martin, nº 262.
Aux _Montagnes russes_, rue Neuve-des-Petits-Champs, au coin du Perron.
MERCIERS. A la _Barbe bleue_, rue du Four-Saint-Germain, près l’Abbaye.
Aux _Décorations françaises_, rue Saint-Denis, nº 8.
A la _Fileuse_, rue Saint-Denis, nº 80.
A la _Gasconne_, rue Saint-Honoré, nº 21.
A la _Lilliputienne_, rue Montmartre, nº 104.
A l’_Oiseau bleu_, rue du Faubourg-Saint-Antoine, nº 69.
A la _Pèlerine_, rue Saint-Honoré, nº 275.
Au _Petit Petro_, rue Saint-Denis, nº 150.
A la _Villageoise_, rue du Faubourg-Saint-Antoine, nº 27.
FOURREURS. Au _Grand Hercule_, rue des Fourreurs, nº 18.
Au _Manteau d’Hermine_, rue des Fossés-Saint-Germain-des-Prés, nº 17.
Au _Renard_, rue des Fourreurs, nº 19.
Au _Roi de Danemarck_, rue Saint-Honoré, nº 213.
MARCHAND DE TULLES. Au _Roi d’Angleterre_, rue Vivienne, nº 11.
MARCHANDE DE MODES. A la _Glaneuse_, Palais-Royal, galerie de bois, nº 225.
BOUTIQUES DE CORSETS. Aux _Deux Sœurs_, boulevard des Panoramas, nº 13.
A _Ninon_, boulevard Poissonnière, nº 14.
PLUMASSIERS. A l’_Autruche_, rue Saint-Denis, nº 354.
Au _Lever de l’Aurore_, rue Saint-Denis, nº 293.
TAILLEURS. Au _Triomphe de Trajan_, rue de Richelieu, nº 72.
Au _Roi de Cœur_, rue du Temple.
CHAPELIERS. Aux _Architectes canadiens_, rue Dauphine, nº 3.
Au _Chapeau sans pareil_, boulevard Bonne-Nouvelle, nº 11.
A l’_Ermite de la chaussée d’Antin_, rue Caumartin, au coin de la rue Neuve-des-Mathurins.
A l’_Observateur des Modes_, boulevard des Italiens, nº 11.
Aux _Véritables Chasseurs canadiens_, rue Dauphine, nº 63.
CORDONNIERS, BOTTIERS. A la _Belle Indécise_, boulevard Bonne-Nouvelle, nº 33.
A la _Botte sans couture_, Palais-Royal, galerie de pierre.
A l’_Hortensia_, boulevard Bonne-Nouvelle, nº 15.
A la _Pantoufle verte_, rue de Richelieu, en face le Théâtre-Français.
A _Saint Crépin_, rue Saint-Honoré, nº 242.
COIFFEURS. A _Absalon_, rue Basse, Porte Saint-Denis, nº 8.
Au _Savant Perruquier_, rue Saint-Jacques, nº 121.
Aux _Templiers_, rue Feydeau, nº 16.
A la _Toilette Psyché_, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, nº 5.
BIJOUTIERS. A la _Belle Anglaise_, Palais-Royal, nº 156.
Au _Cheval indien_, Palais-Royal, galerie de pierre, nº 146.
A la _Juste Balance_, rue Saint-Martin, nº 196.
Au _Mouton blanc_, quai Lepelletier, nº 10.
Aux _Trois Agneaux d’Or_, quai Lepelletier, nº 5.
BIJOUX FAUX. A l’_Écrin_, rue Notre-Dame-de-Nazareth, nº 15.
QUINCAILLIERS. A _Charles VII_, rue de l’École-de-médecine, nº 35.
Au _Cheval d’Or_, rue Saint-Denis, nº 371.
A l’_Espérance_, rue du Faubourg-Saint-Antoine, nº 11.
A la _Flotte d’Angleterre_, rue de la Barillerie, nº 5.
Aux _Forges de Vulcain_, au coin de la rue de la Barillerie et du Marché aux fleurs.
Au _Pilote_, rue de Seine, nº 79.
Au _Vaisseau marchand_, rue Saint-Martin, nº 186.
ORNEMENTS D’ÉGLISE. A _Fénelon_.
ARMURIER. _Au Faisceau_, rue de Richelieu, nº 64.
SELLIERS. Au _Courrier français_, rue de Grenelle-Saint-Honoré, nº 63.
Aux _Jockeis_, boulevard Montmartre, nº 14.
Aux _Courses de Newmarket_, boulevard de la Madeleine, nº 15.
A la _Renommée_, rue du Bac, nº 28.
EPINGLIER. Au _Désir de la France, la Paix_, rue Saint-Denis, nº 298.
OPTICIEN. A la _Longue vue_, place des Victoires.
BUREAU DE LOTERIE. A la _Clef du bonheur_, rue de Richelieu, nº 87.
PAPIERS PEINTS. Au _Comédien d’Étampes_, rue de Grenelle-Saint-Germain, nº 5.
Aux _Deux Chinois_, boulevard Saint-Martin, nº 8.
Aux _Deux Indiens_, boulevard Bonne-Nouvelle, nº 47.
Aux _Innocents_, boulevard Bonne-Nouvelle, nº 7.
Aux _Orientaux_, boulevard des Italiens, nº 15[284].
Aux _Quatre Saisons_, rue Saint-Denis, nº 126.
MARCHANDS DE MEUBLES. A la _Borne d’Or_, Faubourg-Saint-Antoine, nº 20.
Au _Griffon_, rue du Faubourg-Saint-Antoine, nº 26.
FAÏENCIERS. Aux _Chiens de fayence_, rue du Petit-Lion Saint-Sulpice, nº 22.
Au _Désespoir de Jocrisse_, rue du Bac, nº 33.
Au _Petit Poucet_, rue Montfaucon, nº 4.
CHAUDRONNIER. Au _Mouton d’Or_, rue de Saintonge, nº 8.
LAMPISTE. A la _Lampe merveilleuse_, rue Vendôme, nº 25.
TOURNEUR SUR MÉTAUX. A la _Tête d’Archimède_, rue de Ménilmontant, nº 54.