En Turquie d'Asie

Part 17

Chapter 173,979 wordsPublic domain

Dans la montagne on rencontre des calcaires et des épanchements de roches ignées et dans la plaine des alluvions quaternaires.

4e section: de Koniah à Olou-Kichla.

Longueur 230 kil. Prix kil. 5,665 L. T. Coût total: L. T. 1,300,650.

De Koniah, la ligne continue à traverser la grande plaine de Caramanie parallèlement à la route postale jusqu’à Erekli, contourne au Nord l’Ak Gueul (lac Blanc), traverse une plaine fortement ondulée qui s’étend au pied du Taurus et atteint le col d’Oloukichla, col largement ouvert et peu élevé au-dessus du plateau.

Les terrains traversés sont, dans la plaine, des alluvions et des argiles, et, dans la montagne, des grès et des calcaires avec des marnes.

5e section: d’Olou-Kichla à Alep.

Longueur 350 kil. Prix kil. 10,005 L. T. Coût total: L. T. 3,501,750.

D’Olou Kichla aux gorges de Tchifté-han la vallée de formation tertiaire est large et facile. La gorge de Tchifté-han est étroite et sinueuse. De Tchifté-han à Ak-keupru la vallée a de 100 à 200 mètres de largeur, en certains points sinueuse et bordée de roches escarpées de porphyre, de quartzite ou de schiste. D’Ak-keupru à Bilemedek-Boghaz la vallée est des plus faciles, sauf en un point où la rivière serpente entre des pointes de roches calcaires de dureté moyenne.

Dans le Boghaz, la vallée assez tourmentée est tantôt bordée de pentes rapides couvertes de forêts de pin et tantôt flanquée d’escarpements gigantesques taillés à pic dans un calcaire tendre. Au delà de Boghaz, la vallée de Tchakit de 1 kil. de largeur environ est bordée de coteaux, tantôt ondulés et tantôt escarpés, laissant apparaître des tufs, des poudingues et des marnes.

La plaine d’Adana est formée d’alluvions récentes bordées de monticules tertiaires. Çà et là des îlots de même formation se font jour dans la plaine. Les seuls obstacles pour un chemin de fer sont les deux fleuves du Seïhoun et du Djeïhoun qui exigeront de grands ponts. Au delà de la plaine d’Adana vers Ayas on trouve le long de la mer des ondulations tertiaires coupées de larges dépressions où la ligne peut facilement se développer jusqu’à Payas. De Payas pour atteindre le col de Beylan, le tracé doit se développer au flanc d’un coteau rocheux et accidenté sur environ 25 kilom. de longueur pour redescendre de la même façon, après la traversée du col, dans la plaine d’Antioche. Puis le tracé peut atteindre Alep sans difficulté sérieuse.

6e section: d’Alep à Bagdad.

Longueur 915 kilom. Prix kilom. 5,263 1/2 L. T. Coût total: L. T. 4,816,102,50.

En quittant Alep la ligne se développe sur la rive droite de l’Euphrate jusqu’à Ambar. Là elle traverse le fleuve pour aboutir à Bagdad. Le pays est une vaste plaine entrecoupée de mamelons. Le tracé d’un chemin de fer peut s’y développer facilement. Quelques ponts sur des affluents secondaires et un grand pont sur l’Euphrate à Ambar seront les seuls travaux un peu importants que l’on aura à exécuter.

La ligne principale d’Ismidt à Bagdad d’une longueur totale de 2,200 kil. coûterait donc environ 14,885,000. Soit en moyenne 6,766 L. T. par kil.

EMBRANCHEMENTS

1er Embranchement: d’Eski-Cheir à Angora par Pébi.

Longueur 230 kil. Prix kil. 4,787 L. T. Coût total 1,100,560.

En adoptant des déclivités de 12 mm,5 par m., on peut sans mouvements de terre exceptionnels franchir une série de faîtes de second ordre, puis contournant les montagnes granitiques de Kara-Kayas près Kaïmas, et les gorges de la Sakaria supérieure on atteint, sans trop de difficultés, Sivri-Hissar.

La station de Sivri-Hissar serait établie au Nord et à 2 kil. de la ville sur un plateau qui est le point de jonction des trois grands bassins de Sivri-Hissar, Tchiftiler et Mulk-Tchaï. De Sivri-Hissar la ligne peut descendre dans la vallée avec des pentes de 0,020 par m., ou bien côtoyer les versants de la rive droite pour gagner le cours de la Sakaria près Pébi. Cette portion de la ligne n’est pas difficile, mais elle exigerait un assez grand nombre d’ouvrages d’art. A Pébi, on traverserait la Sakaria et de là par des petites vallées et des plateaux peu élevés on atteindrait Polatli et Déré-Bounar, sans que les rampes dépassent 0,0125 par m. De ce point la ligne se dirigeant sur l’Enguri-Tchaï, près Mali-Keuï, suivrait cette vallée jusqu’à Angora.

2e Embranchement: d’Afium Kara-Hissar à Alacheher.

Longueur 200 kil. Prix kil. 7,395 L. T. Coût total L. T. 1,479,000.

Cette ligne établirait une jonction entre la ligne principale et la ligne déjà construite de Smyrne à Alacheher. Il existe sur le tracé une partie assez difficile de 20 à 25 kil. de développement, c’est la montée du plateau entre Ouchak et Alacheher. Le reste du tracé est facile.

3e Embranchement: d’Ilguine à Aïdin.

Longueur 400 kil. Prix kil. 6,525 L. T. Coût total 2,610,000.

Cette ligne établirait une jonction entre la ligne principale et la ligne déjà construite entre Smyrne et Aïdin. Elle traverserait le plateau central en passant par Eguirdir et Isparta pour atteindre la vallée du Méandre, qu’elle suivrait jusqu’à Aïdin en passant par Dénizli.

4e Embranchement: de Koniah à Erzeroum.

Longueur 1,100 kil. Coût total L. T. 8,643,480.

Cette ligne, à raison des difficultés variables que présente le terrain traversé, doit être divisée en 3 sections comme suit:

1re Section: de Koniah à Kaisarieh.

Longueur: 376 kil. Prix kil. 7,395 L. T. Coût total 2,780,520.

Cet embranchement se détacherait de la ligne principale en un point situé près de Kara-Bounar, une chaîne secondaire de peu d’importance remonterait à flanc de coteau jusqu’à Ak-seraï, puis traversant le Beyaz-Sou s’étendrait au travers d’un plateau aride, accidenté et mal coordonné pour l’écoulement des eaux pour atteindre Nemchéir. De là il gagnerait Kaisarieh en passant par Urkub et Indjé-Sou.

Toute cette contrée, de formation tertiaire et quaternaire s’étendant au pied occidental du Taurus, est semée de déjections volcaniques, tufs, ponces, laves, notamment aux abords du mont Argée.

2e Section: de Kaisarieh à Sivas.

Longueur 260 kil. Prix kil. 6,525 L. T. Coût total L. T. 1,696,500.

De Kaisarieh la ligne suivrait la route postale jusqu’à Hanly sans rencontrer de difficultés. En ce point elle quitterait la route pour suivre la vallée d’Ikrouch-Sou jusqu’au Kizil-Irmak, qu’elle remonterait sans trop de difficultés jusqu’à Sivas.

3e Section: de Sivas à Erzeroum.

Longueur 464 kil. Prix kil. 8,700 L. T.

De Sivas la ligne suivrait d’abord le Kizil-Irmak, qu’elle abandonnerait ensuite pour gagner le plateau et redescendre dans la vallée jusqu’à Zara. Là elle quitterait encore la vallée en remontant au Nord sur un plateau qu’elle traverserait sur 25 kil. de longueur pour atteindre la rive gauche de la rivière de Kara-Hissar, qu’elle remonterait jusqu’au faîte de Kizil Dagh. Puis traversant le défilé de Galérès-Sou, elle descendrait dans la vallée de l’Euphrate vers Erzindjïan. De ce point en remontant la vallée on peut sans trop de difficultés atteindre Erzeroum.

4e Embranchement: d’Alep à Diarbékir et Ourfa par Biredjik.

Longueur 420 kil. Prix kil. 6,255 L. T. Coût total L. T. 2,740,500.

D’Alep la ligne remonte le Chalus jusqu’à sa source, de là elle se dirige vers l’Est en coupant en écharpe une série de petites vallées secondaires pour atteindre Biredjik. Là elle franchit l’Euphrate, puis traversant la plaine mamelonnée d’Ourfa elle atteint la grande plaine de Suverek. Au delà elle s’élève à flanc de coteau jusqu’au faîte du Karadja-Dagh, puis elle redescend dans la vallée du Tigre pour atteindre Diarbékir.

5e Embranchement: d’Ambar à Bassorah.

Longueur 600 kil. Prix kil. 4,785. L. T. Coût total L. T. 2,871,000.

Cette ligne se détache à Ambar de la ligne principale et continue à suivre la rive droite de l’Euphrate jusqu’à Bassorah et le golfe Persique. Le tracé est en plaine sur les alluvions du fleuve au pied d’un coteau mamelonné.

6e Embranchement: De Tripoli à Homs.

Longueur 100 kil. Prix kil. 8,700. L. T. Coût total L. T. 870,000.

La ligne en quittant le littoral s’élève par des vallées secondaires jusqu’au faîte du Liban, un peu déprimé en ce point, en passant par Akkar, puis elle descend dans la vallée de l’Oronte qu’elle suit jusqu’à Homs. La traversée du Liban est assez difficile.

Les divers embranchements de la ligne principale d’une longueur de 3,050 kil. coûteraient donc environ 20,435,652 L. T. Soit 6,656 L. T. par kilomètre.

LIGNES SECONDAIRES

1re Ligne secondaire: De Samsoum à Diarbékir.

Longueur totale 897 kil. Coût total L. T. 6,846,800.

Cette ligne en raison des difficultés variables que présente le terrain traversé doit être subdivisée en 3 sections, comme suit:

1re Section: de Samsoum à Sivas.

Longueur 362 kil. Prix kil. 8,700 L. T. Coût total L. T. 3,410,400.

De Samsoum on suit le Mert-Irmak que l’on remonte jusqu’au col de Kara-Dagh, puis on descend à flanc de coteau en appuyant vers le Nord pour atteindre le Tersakan-Sou que l’on remonte jusqu’à Dervent. Ce passage assez difficile franchi, on descend vers Amassia. De là, on remonte la rive droite du Yéchil-Irmak et l’on traverse ce fleuve pour gagner la vallée du Déli-Tchaï que l’on remonte jusqu’à sa source. Traversant alors le col de Tchinguel-Boghaz on regagne la vallée du Yéchil-Irmak pour suivre le fleuve jusqu’à Tokat. De ce point il faut gravir le Tchamlidel dont le passage présente de sérieuses difficultés, puis, on descend par la vallée de Cham-Sou dans celle de Kizil-Irmak pour remonter ce fleuve jusqu’à Sivas.

2e Section: de Sivas à Malatia.

Longueur 305 kil. Prix kil. 6,960 L. T. Coût total L. T. 2,122,800.

De Sivas la ligne atteint sans difficulté le col du Taurus avec une rampe de 005 par mètre, puis elle descend vers Malatia en pénétrant dans une gorge étroite qu’elle suit pendant quelques heures. La vallée s’élargit ensuite rapidement et débouche dans la grande plaine de Malatia avec des pentes de 0 m,005 par mètre.

3e section: de Malatia à Diarbékir.

Longueur 200 kil. Prix kil. 5,568 L. T. Coût total L. T. 1,331,600.

De Malatia par une plaine ondulée on peut atteindre Karpout avec une faible rampe, puis on s’élève en flanc de coteau pour atteindre le faîte de séparation des deux vallées de l’Euphrate et du Tigre vers Argana-Maaden. Ce passage présente quelques difficultés sur 20 à 30 kil. D’Argana on gagne Diarbékir, en traversant une plaine magnifique qui descend en pente douce vers cette dernière ville.

2e Ligne secondaire: d’Alep vers le Hedjaz par Homs et Damas.

Longueur 580 kil. Prix kil. 5,655 L. T. Coût total L. T. 3,279,900.

D’Alep la ligne se dirige vers le sud à travers une plaine ondulée pour atteindre la vallée de l’Oronte à Hama. Elle remonte la vallée jusqu’à Homs, longe l’Anti Liban au pied du coteau pour atteindre Damas, puis gagnant le plateau du Hauran elle pénètre dans la vallée du Jourdain, qu’elle descend jusqu’à la mer Morte. De là, elle se dirige vers le Hedjaz.

Ce tracé ne présente pas de difficultés.

1er Embranchement: sur Kelaat-el-Arch.

Longueur 150 kil. Prix kil. 5,655 L. T. Coût total L. T. 848,250.

Cet embranchement réunirait le réseau ottoman aux lignes égyptiennes. Le tracé en est facile.

2e Embranchement: sur Jérusalem et Jaffa.

La ligne déjà concédée de Jaffa à Jérusalem se prolongerait facilement et avec grand avantage vers le plateau du Hauran dont les produits très abondants trouveraient un écoulement facile vers la mer (pour mémoire).

3e Ligne secondaire: de Moudania à Kara-keuï par Brousse.

Longueur 160 kil. Prix kil. 4,350 L. T. Coût total L. T. 696,000.

Cette ligne est à peu près terminée entre Moudania et Brousse[13]. Elle est à voie étroite de 1 m. 10. De Brousse, on peut franchir avec des rampes de 0,020 par mètre la chaîne de Tymbos pour passer dans le bassin de Yéni-Cheir, atteindre Eïné-Gueul et gagner Kara-keuï en traversant la forêt d’Ahadagh, riche en bois de construction. Cette ligne traverse un pays riche en forêts, mines et productions de toute nature. La ville de Brousse, remarquable par ses eaux minérales, attire chaque année de nombreux visiteurs.

[13] Voir le chapitre VIII de la deuxième partie.

Les lignes secondaires d’une longueur de 1787 kilomètres coûteraient donc environ 11,675,200 L. T., soit en moyenne 6,500 L. T.

III

PORTS DE MER, ÉCHELLES ET ABRIS

1. PORTS DE MER

Les principaux ports de mer dont la construction pourrait être entreprise par l’industrie privée moyennant des droits à percevoir sont les suivants:

1. Trébizonde.--Brise-lame de 800 m. de longueur partant de la pointe du rocher de la quarantaine en se dirigeant vers l’Est, jusqu’à des profondeurs de 12 m.

Puis une jetée de 500 m. de longueur partant du rocher d’Elleoussa et se dirigeant perpendiculairement au brise-lame pour s’arrêter à 200 m. de lui par des profondeurs de 10 m. (projet Dussaud). La jetée servirait de quai. Fond rocheux; mouvement du port 256,000 tonnes par an. Estimation des travaux L. T. 435,000.

2. Samsoun.--Brise-lame partant d’un point situé à proximité du Phare et dirigé vers l’Est pour abriter des vents N. N. E., par des profondeurs de 2 à 3 m. Il faut draguer le port qui est ensablé. Le mouvement actuel du port est de 310,000 tonnes par an. Estimation des travaux L. T. 261,000.

3. Sinope.--Le port de Sinope est un port naturel parfaitement abrité, il n’y aura donc à faire que des travaux de quai et des échelles pour faciliter l’embarquement et le débarquement des marchandises. Le mouvement actuel du port est de 113,000 tonnes par an. Estimation des dépenses L. T. 87,000.

4. Ymourtalik.--Brise-lame pour abriter le port contre les vents S. E. venant du col d’Alexandrie. Dragages près de la côte, murs de quai et échelles. On devra en outre plus tard rejeter dans leur ancien lit débouchant dans la mer au delà de la pointe de Karatach les eaux d’hiver du Djeïhoun pour arrêter les ensablements dans la rade d’Ymourtalik, la plus belle et la mieux abritée de toute la côte. Estimation des dépenses L. T. 130,500.

5. Beyrouth.--Prolongement de la jetée actuelle sur 5 à 600 m. de longueur par des profondeurs de 7 à 8 m. et 12 m., plus des quais et des échelles. Les dépenses peuvent être réduites à 86,956 L. T., mais le projet complet des travaux à exécuter au port de Beyrouth, présenté en 1872, s’élevait à L. T. 261,000.

6. Jaffa.--Brise-lame de un kilomètre par des profondeurs de 9 à 10 m. Jetée sur les brisants. Échelle à claire voie au Nord dans le prolongement de la gare du chemin de fer (aujourd’hui concédé). Estimation des dépenses L. T. 174,000.

2. ÉCHELLES ET ABRIS

1. Rizeli.--Brise-lame de 609 m. se dirigeant vers le N. E. pour abriter des vents du N. O. jusqu’à des profondeurs de 12 m. L’abri ainsi formé aurait environ 30 hectares et des fonds de 8 à 10 mètres. Le rivage n’étant pas abordable il faudrait établir une échelle ou un quai contre la jetée.

2. Tiréboli.--Améliorer l’abri formé par les brisants en les surmontant d’une jetée sur 2 à 300 m. de longueur L. T. 43,500.

3. Kerassunde.--Jetée au large du N. E. au S. O. en utilisant les hauts fonds rocheux et une ancienne jetée. Feu de port sur un rocher à 1/2 mille au large. Le mouvement actuel du port est de 28,000 T. par an. Estimation des dépenses L. T. 87,000.

4. Ordou.--(Vona) Jetée de 500 m. environ dans la direction O. E. Plus un quai ou une échelle, L. T. 43,500,26.

5. Ounié.--Jetée partant de la pointe St-Nicolas (Tach-Koula-Bournou) et dirigée vers l’Est, échelle ou quai. Dragages L. T. 87,000.

6. Termé.--Quais et échelles dans le Termé-Sou, près de son embouchure. L. T. 21,750.

7. Inéboli.--Jetée à la pointe Est, échelles ou quais, mouvement du port 295,000 T. par an. Estimation des dépenses L. T. 87,000.

8. Bartine.--Quais et échelles à l’embouchure de la rivière, mouvement du port 25,000 T. Estimation des dépenses L. T. 21,750.

9. Moudania.--Jetée avec quais et échelles; mouvement du port 15,000 T. par an. Estimation des dépenses 65,250 L. T.

10. Panderma.--Prolonger la jetée actuelle et établir une échelle pour les bateaux à vapeur (la demande de concession est faite). Estimation des dépenses 21,750 L. T.

11.--Mersine.--Un brise-lame serait nécessaire pour abriter les échelles actuelles contre les vents S. S. E. de la haute mer. Le mouvement actuel du port est de 110,000 T. par an. Estimation de la dépense L. T. 65,250.

12. Karatache.--Améliorer le couvert des brisants par une jetée et établir une échelle. Le mouvement actuel du port est de 18,000 tonnes par an. Estimation des dépenses L. T. 42,500,26.

13. Alexandrette.--Amélioration des jetées, quais et échelles, mouvement du port 130,000 T. Estimation des dépenses L. T. 87,000.

14. Tripoli de Syrie.--Jetée sur les brisants, quais et échelles, mouvement du port 97,000 T. Estimation des dépenses L. T. 65,250.

Dépenses totales pour abris et échelles L. T. 2,262,000.

IV

DESSÉCHEMENTS ET IRRIGATIONS

1. DESSÉCHEMENTS

1. Terrains situés au bord de la mer.

Tous les terrains bas situés le long de la mer sont en général bordés le long de la plage par une dune de sable dont la hauteur atteint de 4 à 5 m. Cette dune arrête les eaux pluviales et celles des petits cours d’eau. Les rivières et cours d’eau un peu importants peuvent seuls lutter contre la barre et écouler leurs eaux librement dans la mer.

Le desséchement proprement dit des terrains marécageux situés à proximité de la mer consisterait à creuser des canaux réunissant entre eux tous les bas-fonds envahis par les eaux pour les faire déboucher dans les cours d’eau les plus voisins à proximité de leur embouchure.

Pour compléter ces travaux on devrait en outre endiguer les cours d’eau qui tendent à déborder et à envahir les bas fonds de la plaine. Il conviendrait également de détourner au moyen de canaux les eaux pluviales qui se réunissent au pied des coteaux voisins ainsi que celles des petits ruisseaux, pour rejeter toutes ces eaux dans les cours d’eau principaux les plus voisins. Ces travaux en général faciles et peu dispendieux ne dépasseraient pas en moyenne 10 L. T. par hectare de terrain desséché.

Les marais que l’on peut ainsi dessécher sont:

deunums. 1. Marais de Tarsous et Adana 600,000 2. » de Sis, Payas, Alexandrette 495,000 3. » de Mersine à Selefkié 165,000 4. » du golfe d’Adalia 660,000 5. » des côtes des vilayets d’Aïdin et de Brousse 770,000 6. » de Samsoun, du Yéchil et du Kizil Irmak 550,000 --------- 3,300,000

Soit à 4 piastres par deunum L. T. 132,000.

2. Terrains situés près des lacs ou à proximité des grands cours d’eau.

Pour garantir des inondations périodiques les terrains situés à proximité des lacs, il faut endiguer ces lacs à la limite des basses eaux et faire remonter les digues le long des cours d’eau qui se jettent dans les lacs jusqu’au point où ils ne sauraient plus déborder dans la plaine.

Les terrains ainsi protégés doivent être sillonnés de canaux de desséchement que l’on fait déboucher soit dans les lacs, soit dans les cours d’eau à travers les digues au moyen de buses à clapets.

On aura soin en outre, comme il est dit plus haut, de dériver les eaux des coteaux voisins dans les cours d’eau les plus proches.

Les marais que l’on peut ainsi dessécher sont ceux des lacs de Sabandja, d’Isnik, d’Apollonia, de Mouhalidj dans le vilayet de Brousse, et ceux des lacs de Koniah, d’Akcheher, de Kotch-hissar, d’Eregli, de Bey-Cheher, d’Eguerdi, de Bourdour, etc. etc., sur le plateau central.

Les premiers occupent environ 660,000 deunums. Et les seconds 880,000 » --------- 1,540,000

les desséchements coûteraient à 4 piastres par deunum L. T. 61,600.

3. Marais de la Syrie. Des marais existent sur le bord de la mer dans presque toute la Syrie, on en voit aussi près du lac d’Antioche, sur le cours de l’Oronte, près de Damas et sur les rives du Jourdain.

Les travaux de desséchement à exécuter sont analogues à ceux qui sont indiqués plus haut.

La surface à dessécher étant d’environ 660,000 deunums, la dépense peut être évaluée à L. T. 26,400.

4. Marais de la Mésopotamie.--Les digues qui anciennement protégeaient la Mésopotamie contre les inondations du Tigre et de l’Euphrate ont été surmontées et en partie détruites par une crue exceptionnelle survenue l’an 7 de l’Hégire. Tout le pays fut alors inondé et la basse plaine se transforma en marais.

Depuis cette époque, les dégradations des digues et des canaux n’ont fait qu’augmenter et chaque crue d’hiver alimente et propage les marais.

Il s’agit donc de réparer les anciennes digues et de curer les anciens canaux d’asséchement en construisant de nouvelles écluses pour assurer le desséchement de tous ces marécages.

La surface occupée par les marais étant d’environ 11,000,000 de deunums à 4 piastres par deunum, le desséchement coûterait L. T. 44,000.

Dépense totale des desséchements L. T. 660,000.

2. IRRIGATIONS

1º Irrigation en Asie-Mineure.

Tous les terrains situés sur les côtes de l’Asie-Mineure sont faciles à irriguer. Les cours d’eau qui descendent des montagnes qui bordent le haut plateau, sont rapprochés l’un de l’autre et en général ils ne tarissent jamais. Ces cours d’eau sont faciles à barrer et à dériver à leur entrée dans la plaine. Il est également facile de développer les canaux d’irrigation à travers les grandes plaines d’alluvions dont la pente vers la mer est toujours très sensible.

En hiver, les eaux qui descendent de la montagne sont chargées de détritus et on peut les utiliser pour le colmatage des parties basses et marécageuses.

Sur le plateau central, aux abords des grands lacs, des circonstances analogues se présentent, et l’on peut aussi dans cette région faire profiter les grandes plaines qui entourent ces lacs du bénéfice des irrigations et du colmatage.

Les plaines que l’on peut le plus facilement irriguer sont les suivantes:

deunums. 1º la plaine de Sis 1,100,000 2º id d’Adana 2,200,000 3º id de Mersine à Selefkié 1,100,000 4º id du golfe d’Adalia 2,200,000 5º la plaine du vilayet d’Aïdin 2,200,000 6º id id de Brousse 2,200,000 7º id id de Samsoun 2,200,000 8º id autour des lacs du plateau 2,090,000 Les travaux d’irrigation sur ces 1,200,000 peuvent être exécutés à raison de 32 paras par deunum, soit L. T. 104,347.

2º Irrigations en Syrie.

Le long de la mer les irrigations ne peuvent en général se faire que pendant l’hiver, presque tous les cours d’eau qui descendent de la montagne tarissant en été. Mais à l’intérieur et sur les cours d’eau permanents tels que l’Oronte et le Jourdain, les irrigations d’été peuvent être appliquées comme en Asie-Mineure.

Les plaines à irriguer comptent environ 3,300,000 deunums; à 32 paras le deunum les travaux à exécuter coûteraient L. T. 26,086.

3º Irrigations en Mésopotamie.

Il serait facile de rétablir les anciens canaux d’arrosage qui jadis sillonnaient la Mésopotamie, une fois les digues du Tigre et de l’Euphrate rétablies.

Ces canaux existent encore en partie et il suffit de les compléter, d’y construire des écluses et des vannes de distribution et de faire les aménagements secondaires que comporte une répartition régulière des eaux sur un pays aussi vaste pour rendre à la Mésopotamie sa fertilité première. La surface des plaines à irriguer n’est pas inférieure à 82,000,000 de deunums; à 32 paras par deunum les travaux coûteraient L. T. 660,000.

V. Épis en rivière et endiguements pour améliorer la navigation.

Les principales rivières du versant de la mer Noire et quelques-unes de celles qui se jettent dans la Méditerranée deviendraient navigables dans la partie basse de leurs cours. On peut citer entre autres: