Bibliographie Cornélienne Description raisonnée de toutes les éditions des oeuvres de Pierre Corneille

Part 51

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1435. CHANSON sur l'air: Amants, aimez vos chaisnes. A Bonne de Pons, femme de Michel Sublet, marquis d'Heudicourt, grand Louvetier de France.

Cette chanson, inspirée par une représentation de la _Mort de Pompée_, a été publiée par M. Marty-Laveaux (t. IVe, pp. 8 sqq.), d'après le _Recueil de Maurepas_. C'est une satire particulièrement dirigée contre Marie de Cossé, veuve de Charles de la Porte, duc de la Meilleraye, pair et maréchal de France.

«On conte d'elle, ajoute une note du manuscrit, qu'un jour, étant à la comédie, on y représenta la _Mort de Pompée_, de l'illustre Pierre Corneille, et que, comme elle y pleurait amèrement, quelqu'un lui demanda pourquoi elle versait tant de larmes; à quoi elle répondit: «Je pense bien, c'était «mon oncle»; parce que Pompée était gendre de Jules-César.»

1436. JUGEMENT SUR POMPÉE.

Discours de M. Olivier, de l'Académie de Marseille, dans les _Mémoires de littérature_ du P. des Molets, t. IVe (Paris, 1728, in-12).

1437. SUR CORNÉLIE DANS LA MORT DE POMPÉE.

Mlle Clairon parle de ce rôle dans les termes suivants: «L'opinion publique fait de _Cornélie_ un des beaux rôles du théâtre. Ayant à jouer ce rôle, j'ai fait sur lui toutes les études dont j'étais capable. Aucune ne m'a réussi. La modulation que je voulais établir d'après le personnage historique n'allait point du tout avec le personnage théâtral. Autant le premier me paraissait noble, simple, touchant, autant l'autre me paraissait gigantesque, déclamatoire et froid. Je me gardai bien de penser que Corneille et le public eussent tort, ma vanité n'allait point jusque-là; mais, pour ne pas la compromettre, je me promis de me taire et de ne jamais jouer Cornélie. Depuis ma retraite, les _Commentaires sur Corneille_ et le mot _Esprit_ dans les _Questions encyclopédiques_, par Voltaire, ont paru; lisez-les: si je me suis trompée, l'exemple d'un si grand homme me consolera.» (_Mémoires de Mlle Clairon, actrice du Théâtre-Français, écrits par elle-même_; nouvelle édition; Paris, Ponthieu, 1822, in-8, p. 323.)

Les _Mémoires_ [de Coste d'Arnobat] _pour Marie-Françoise Dumesnil_ (Paris, an VII, in-8, pp. 43-45) contiennent naturellement une réfutation de ce passage.

1438. EXAMEN ORATOIRE DU RÔLE DE CORNÉLIE DANS POMPÉE, par M. Lelièvre.

Discours lu à la Société des Sciences, Lettres et Arts de Rouen, dans sa séance du 20 prairial an XI (9 juin 1803).

XIV

1439. LES DESCENDANS DU MENTEUR, comédie en trois actes, en vers, Par Armand Charlemagne. Représentée pour la première fois sur le théâtre de l'Impératrice, le 16 Prairial an XIII (5 juin 1805). Prix: 30 sous. _Paris, Chez Mme Masson, Libraire, Editeur de pièces de théâtre, rue de l'Echelle, no 558, au coin de celle Saint-Honoré. [Imprimerie de Caillat, rue Saint-Denis, no 28.]_ An XIII-1805. In-8 de 48 pp.

1440. EXAMEN CRITIQUE D'UNE ANECDOTE LITTÉRAIRE SUR LE MENTEUR DE P. CORNEILLE, par F. Bouquet, professeur au Lycée et à l'École supérieure des Sciences et des Lettres de Rouen. _Rouen, Imprimerie de E. Cagniard, 1865._ In-8 de 13 pp., y compris le titre.

Extrait de la _Revue de Normandie_ (avril 1865).

François de Neufchâteau (_Esprit du Grand Corneille_, t. Ier, p. 149) raconte, à propos du _Menteur_, une anecdote assez curieuse, qu'il prétend avoir empruntée au _Bolæana_:

«Oui, mon cher Despréaux, disait Molière à Boileau, je dois beaucoup au _Menteur_. Lorsqu'il parut, j'avois bien l'envie d'écrire; mais j'étois incertain de ce que j'écrirois; mes idées étoient confuses: cet ouvrage vint les fixer. Le dialogue me fit voir comment causoient les honnêtes gens; la grâce et l'esprit de Dorante m'apprirent qu'il falloit toujours choisir un héros de bon ton; le sangfroid avec lequel il débite ses faussetés me montra comment il falloit établir un caractère; la scène où il oublie lui-même le nom supposé qu'il s'est donné m'éclaira sur la bonne plaisanterie, et celle où il est obligé de se battre par suite de ses mensonges me prouva que toutes les comédies ont besoin d'un but moral. Enfin, sans le _Menteur_, j'aurois sans doute fait quelques pièces d'intrigue, l'_Étourdi_, le _Dépit amoureux_, mais peut-être n'aurois-je pas fait le _Misanthrope_.--Embrassez-moi, dit Despréaux, voilà un aveu qui vaut la meilleure comédie.»

M. Taschereau (_Histoire de Corneille_, 2e édition, p. 115) emprunte ce récit à François de Neufchâteau, mais il avoue l'avoir vainement cherché dans les deux recueils connus sous le nom de _Bolæana_: celui de Brossette et celui de Montchesnay. M. Marty-Laveaux (_OEuvres de Corneille_, t. IVe, p. 129) fait le même aveu, et M. Bouquet, après lui, a feuilleté sans plus de succès les _Bolæana_, _Segraisiana_, _Menagiana_ et _Carpenteriana_. Il est donc impossible de savoir où François de Neufchâteau a puisé son récit, mais tout porte à croire que, s'il n'en est pas l'inventeur, il l'a pris dans un recueil qui ne mérite aucune créance. Molière avait vingt ans à l'époque où fut joué le _Menteur_ et ne songeait pas encore à écrire. Si les ouvrages de Corneille ont eu sur Molière une incontestable influence, il ne faut pas exagérer l'impression que le _Menteur_ put produire sur son esprit. Telle est la thèse que développe M. Bouquet. «Il nous a semblé, dit-il en terminant, que la vérité historique, déjà si honorable et si belle par elle-même, n'avait que faire des oripeaux du roman, et qu'elle suffisait largement à la gloire de notre illustre compatriote.»

XVI

1441. _Critique de Rodogune_.

_Mercure de France_, décembre 1738, mai 1739.

Au XVIIe siècle, _Rodogune_ avait été chaudement défendue par Saint-Évremond (voy. le n° 1251).

XVIII

1442. LES ALARMES DES ÉVÊQUES CONSTITUTIONNELS, imitation des deux premières scènes du premier acte de la tragédie d'Héraclius de P. Corneille.--_Nota._ On s'est attaché à conserver autant qu'il a été possible, les idées et les vues de Corneille. _S. l. n. d._, in-8.

1443. DÉFENSE DE P. CORNEILLE SUR LE SUJET DE L'HÉRACLIUS, par M. Delzons.

_Revue de l'instruction publique_ du 2 février 1865.

M. Damas-Hinard (_Poëme du Cid; texte espagnol, accompagné d'une traduction française_; Paris, 1858, in-4) ayant renouvelé les accusations de plagiat portées contre Corneille à propos d'_Héraclius_, dont il aurait emprunté le sujet à Calderon, M. Delzons reprend l'argumentation déjà faite par M. Viguier (voy. n° 1404), et n'a pas de peine à démontrer que la pièce espagnole est de beaucoup postérieure à la tragédie française.

XIX

1444. L'ANDROMEDE, représentée par la Troupe Royale au Petit Bourbon, auec l'Explication de ses Machines. _A Paris, au Bureau d'adresses, 1650._ In-4 de 8 ff.

Extraordinaire de la _Gazette_ (1650, n° 27, pp. 245-260). Cette relation a été reproduite par M. Marty-Laveaux (t. Ve, pp. 279-290).

1445. RELATION de la reprise d'Andromede [par Donneau de Visé].

_Mercure galant_, juillet 1682, pp. 357-360.

XX

1446. THÉATRE-FRANÇAIS.--Reprise de Don Sanche d'Aragon.

Article de M. Charles Magnin dans la _Revue des Deux-Mondes_ de 1844 (XIVe année, nouvelle série, t. Ve, pp. 892-903). L'auteur apprécie longuement le remaniement de _Don Sanche_ (voy. le no 822). Sans contester un certain mérite à l'arrangeur, il en indique clairement les défauts:

«Je crois, dit M. Magnin, qu'on aurait pu faire mieux en faisant moins. La pièce originale était trop chargée d'incidens et de personnages; la pièce actuelle pèche par la sécheresse et par le vide. Corneille avait placé la plus belle scène de la pièce, et une des plus belles du théâtre, celle de la querelle, devant la reine, dans le premier acte; c'était un début plein de mouvement et de grandeur. M. Mégalbe a reporté cette scène au second acte, ce qui est d'un effet bien moins frappant. Je n'ose blâmer le retranchement des deux reines. Cependant il faut convenir que l'amour d'Elvire pour Carlos servait à rehausser encore ce cavalier et mettait en jeu un nouveau et puissant ressort, la jalousie.

«Mais le plus gros péché, le péché capital de M. Mégalbe, c'est, à mon avis, le changement qu'il a apporté dans la condition du personnage principal. Carlos, dans la pièce de Corneille, se croit bien réellement fils d'un pêcheur; il ignore, comme tout le monde, que son père, roi détrôné d'Aragon, l'a caché chez de pauvres gens pour le soustraire aux rebelles. Ce n'est qu'au cinquième acte que le mystère s'éclaircit assez péniblement, et que Carlos est enfin reconnu par don Sanche. Tout l'intérêt vient de cette ignorance où Carlos est de sa naissance. Dans la pièce arrangée, au contraire, don Sanche a pris volontairement un nom supposé; ce n'est plus un vrai soldat de fortune; c'est un prince déguisé, cachant son nom, comme un autre Joconde, afin de se faire aimer pour lui-même. Ce travestissement d'opéra-comique détruit presque entièrement la beauté du rôle.»

1447. ANALYSE DE DON SANCHE, par M. J. Janin.

_Histoire de la littérature dramatique_; t. VIe.

XXII

1448. CORNEILLE HISTORIEN,--PERTHARITE, ROI DES LOMBARDS, par M. A. Thiénot.

_Le Constitutionnel_ du mercredi 18 août 1869.

XXIII

1449. OBSERVATIONS DES PRÉCIEUSES SUR LA TRAGÉDIE D'OEDIPE.

_Grand Dictionnaire des Précieuses, historique, poétique, géographique, par le Sieur de Somaize_ (Paris, Jean Ribou, 1661, 2 vol. in-12), t. Ier, pp. 147-171, vo Emilie.

Ce curieux fragment, signalé par M. Livet, a été reproduit par M. Marty-Laveaux, t. VIe, pp. 113-120.

1450. TROISIÈME ET QUATRIÈME DISSERTATIONS CONCERNANT LE POËME DRAMATIQUE, en forme de Remarques sur la Tragédie de M. Corneille intitulée OEdipe et de Réponses à ses calomnies [par l'abbé d'Aubignac]. _A Paris, Chez Jacques du Breuil, 1663_. In-12 de 1 f. et 185 pp.

Les deux premières dissertations de d'Aubignac sont relatives à _Sophonisbe_ et à _Sertorius_; nous les citerons plus loin (no 1459). Celle-ci a été reproduite en entier dans le _Recueil_ de l'abbé Granet (no 1336) et par extrait dans l'édition de Corneille, de M. Marty-Laveaux (t. XIIe, pp. 509-515).

1451. DISSERTATION CRITIQUE SUR L'OEDIPE DE CORNEILLE, [par Mlle Barbier].

_Nouveau Mercure_, février et mars 1709, pp. 92 sqq.

1452. LETTRE A MONSIEUR DE GENOUVILLE, contenant la critique de l'OEdipe de Sophocle, de celui de Corneille et de celui de l'auteur [par Voltaire].

Insérée dans _OEdipe, Tragédie par Monsieur de Voltaire_ (Paris, P. Ribou, 1719, in-8), pp. 108 sqq.

1453. NOUVELLES REMARQUES SUR L'OEDIPE DE M. DE VOLTAIRE ET SUR SES LETTRES CRITIQUES; où l'on justifie Corneille contre les calomnies de son émule, et où l'on fait un parallèle des deux tragédies de ces auteurs, avec un recueil des plus beaux endroits de l'une et de l'autre pièce, par M*** [l'abbé Girard]. _Paris, Laurent d'Houry, 1719._ In-8.

L'abbé Girard avait publié d'abord l'opuscule suivant: _Lettre d'un Abbé à un Gentilhomme de province, contenant des Observations sur le style et les pensées de la nouvelle tragédie d'OEdipe, et des Réflexions sur la dernière lettre de M. de Voltaire_; Paris, Joseph Mongé, 1719. In-8.

1454. CORNEILLE VERDEDIGD. Behelzende een dichtkundig Onderzoek van het Byverdichtsel van Thezeus en Dirce in het Treurspel van Edipus van den Heer P. Corneille; benevens een Onderzoek en Wederlegging van verscheidene Beschuldigingen, tegen dat zelfde Spel opgemaakt door den Heer Arouet de Voltaire, en anderen. Hier komen by eenige byzondere Aanmerkingen, zo over de Poëzy, als de Nederduitsche Taal en Rymtrant. Door B. Huydecoper. _Te Amsterdam, by de Erfg: van J. Lescailje en Dirk Rank, op de Beurssluis, 1720._ In-8 de 80 pp.

Balthazar Huydecoper est l'auteur d'une traduction d'_OEdipe_ (voy. le no 992), à laquelle on joint l'ouvrage qui précède. Il s'est proposé, comme on le voit, de répondre aux critiques dirigées contre la pièce de Corneille par Voltaire et par ses admirateurs hollandais.

1455. DISSERTATION SUR L'OEDIPE DE CORNEILLE ET SUR CELUI DE M. DE VOLTAIRE [par l'abbé Pellegrin].

_Mercure de France_, juin 1719, t. IIe, pp. 1315-1345; août 1720, pp. 1700-1731.

Le titre de la seconde partie porte: _par M. le Chevalier de... à Madame la Comtesse de..._

1456. JOCASTE, tragédie en cinq actes et en vers, précédée d'une Dissertation sur les OEdipes de Sophocle, de Corneille, de Voltaire, de La Motte, et sur Jocaste [par le comte de Lauraguais, depuis duc de Brancas]. _Paris, Debure l'aîné, 1871._ In-8.

1457. SUR LES DIVERSES TRAGÉDIES D'OEDIPE, par Gaillard.

Cette comparaison de toutes les tragédies d'OEdipe, anciennes et modernes, depuis celle de Sophocle jusqu'à celle de Ducis, y compris celle de Corneille, se trouve dans les _Mélanges académiques_, _poétiques_, _littéraires_, _philologiques_, _critiques et historiques_, _par M. Gaillard, de la classe d'histoire et de littérature anciennes de l'Institut_ (Paris, Agasse, 1806, 4 vol. in-8), t. IIIe, pp. 231 sqq.

XXIV

1458. HISTORIETTES BAGUENAUDIÈRES, par un Normand [M. de Chennevières]. _Chez les libraires de Normandie, [Aix, imprimerie d'Aubin, sur le Cours, 1], 1845._ In-8 de 2 ff. et 156 pp.

Ce recueil, publié par M. de Chennevières, aujourd'hui directeur des Beaux-Arts, contient plusieurs pastiches dans le genre mis à la mode par Mérimée. Un de ces pastiches, intitulé _Mademoiselle Gueru_, est présenté par l'auteur comme extrait d'un manuscrit incomplet qui avait pour titre: _Recueil des aventures et changements de condition de Nicolas Barillon, comédien, dit Avale tripes._ Ce personnage imaginaire «vient à parler du voyage qu'il fit avec tous ses camarades de Paris au Neubourg, pour y représenter, dans le château de messire Alexandre de Rieux, marquis de Sourdéac, la pièce nouvelle qu'avait préparée pour cette occasion le fameux Rouennais, Pierre Corneille.» Comme bien l'on pense, cette portion du manuscrit ne s'est pas perdue. M. de Chennevières profite de cette fiction pour nous donner une foule de détails de son invention sur la représentation de la _Toison-d'Or_.

Voy. _Revue de Rouen_, t. Ier (1847), pp. 613 et 665.

XXV

1459. DEVX || DISSERTATIONS || CONCERNANT || LE POËME || DRAMATIQVE, || en forme de || Remarques: || Sur deux Tragedies de M. Corneille || intitulées || Sophonisbe & Sertorius: || Enuoyées à Madame la Duchesse || de R* || _A Paris, || Chez Iacques Du-Breuil_, _en || la Place de Sorbonne._ || M.DC.LXIII [1663]. || Auec Priuilege du Roy. Pet. in-12 d'un f. pour le titre, 104 et 1 f.

Cette pièce est de l'abbé d'Aubignac, qui s'exprime ainsi dans l'avis au lecteur placé au verso du titre: «Ne vous estonnez pas, mon cher lecteur, de rencontrer ces Remarques sur la _Sophonisbe_, jointes à celles qui ont esté faites sur le _Sertorius_, M. Corneille les a trouvées si belles, si raisonnables et si utiles, qu'il en a acheté du Libraire tous les Exemplaires qui luy restoient pour les distribuer à ses Amis, et faire sçavoir à tout le Monde combien il a l'esprit docile, et capable de corriger ses fautes quand on les luy fait connoistre. Ce n'est pas qu'il ait tiré de sa bourse de quoy satisfaire à son désir, et à la perfidie du Libraire, mais il lui a donné en échange un grand nombre d'autres Exemplaires de la traduction d'à-Kempis, qui luy demeuroient inutiles, mais qu'il estime d'un prix incomparable. Il n'est pas juste neantmoins qu'il jouysse seul de ce trésor, et qu'il s'enrichisse du bien d'autruy que l'on avoit donné liberalement au public; les honnestes Gens qui ont veu cet Ouvrage l'ont si hautement loué, que tous les autres en cherchent par tout avec beaucoup de soin. C'est donc pour les contenter que cette seconde Edition paroist au jour; elle ne leur déplaira pas, et ne doit pas déplaire à M. Corneille, car il ne doit pas estre jaloux que les autres s'instruisent en l'art du Theatre aussi bien que luy.»

Malgré l'assurance avec laquelle l'auteur des deux dissertations affirme qu'il avait d'abord publié une édition séparée de ses _Remarques sur Sophonisbe_, M. Taschereau a cru que cette édition n'avait jamais existé, et que d'Aubignac n'en parlait que pour ajouter une injure de plus à ses basses attaques contre Corneille. Nous avouons, quant à nous, qu'il nous est bien difficile de partager cette opinion. Il nous paraît assez probable que les _Remarques sur Sophonisbe_ auront été d'abord imprimées séparément, et que l'édition en aura été enlevée non par Corneille, mais par d'Aubignac lui-même ou par ses amis.

Le privilége, dont un extrait termine le volume, est accordé à M. L['Abbé] D['Aubignac], à la date du 15 janvier 1656, date qui permet aussi de supposer une édition antérieure. Il est précédé du _Sonnet_ suivant:

Ne reverrez vous point cét illustre sejour Où mille coeurs soûmis qui vous rendent hommage Ne souhaitent rien tant que le noble avantage De languir à vos pieds de respect et d'amour?

Vous devez vos beautez aux soûpirs de la Cour, Vous les devez encore à l'honneur de vostre âge, C'est trop les retenir dans un desert sauvage Où rien ne se plaindra de cét heureux retour.

Mais si vous ne sortez de cette nuit profonde Avec tous les plaisirs pour les rendre au beau monde, Vous ne reviendrez plus que visiter des morts.

Et je sçay que jamais, inhumaine Sylvie, Vous n'auriez la bonté par quelques doux transports D'en regarder un seul pour luy rendre la vie.

1460. DEFENCE || DV|| SERTORIVS || DE MONSIEVR || CORNEILLE.. Dédiée à Monseigneur de Guise. || _A Paris, || Chez Guillaume de Luyne, || Libraire-Iuré, au Palais, au bout de la || Salle des Merciers, à la Iustice_; [ou _Chez Claude Barbin, au Palais, vis à vis le portail de la Sainte Chapelle, au signe de la Croix_]. M.DC.LXIII [1663]. || Auec Priuilege du Roy. In-12 de 6 ff. et 131 pp.

Collation des ff. prélim.: titre, 3 ff. pour la dédicace à Monseigneur le Duc de Guise, 2 ff. pour le privilége.

Le privilége, daté du 8 avril 1683, est accordé pour sept ans à _Guillaume de Luyne_, qui déclare y associer _Claude Barbin_. L'achevé d'imprimer est du 23 juin 1663.

L'auteur de cette _Défense_ est Donneau de Visé, qui, avant de se faire le champion de Corneille, avait été le plus violent adversaire de sa _Sophonisbe_.

XXVI

1461. CRITIQUE DE LA SOPHONISBE, [par Donneau de Visé].

Insérée dans la IIIe partie des _Nouvelles nouvelles_ (Paris, Gabriel Quinet, 1663, in-12), et réimprimée dans le _Recueil_ de l'abbé Granet (no 1336).

En publiant cette sévère critique, Visé paraît n'avoir pas eu d'autre intention que celle de se faire connaître du public. Après avoir attaqué Corneille, il devint son plus ardent défenseur.

1462. REMARQUES SUR LA TRAGEDIE DE SOPHONISBE DE M. CORNEILLE, envoyées à Madame la Duchesse de R*, par M. L. D. [L'Abbé d'Aubignac]. _Paris, 1663._ In-12 (?).

Nous avons admis, contrairement à l'opinion de M. Taschereau, que cette critique avait paru d'abord séparément, avant celle de _Sertorius_ (voy. le no 1459). Les paroles de d'Aubignac nous ont paru trop précises pour qu'on puisse les révoquer en doute d'une manière absolue; nous avouons pourtant que nous n'avons pas vu cette édition et qu'elle n'est citée nulle part.

1463. DEFFENSE || DE LA || SOPHONISBE || DE MONSIEVR || DE CORNEILLE. || _A Paris, || Chez Claude Barbin, au Palais, || vis à vis le portail de la Sainte Chapelle, || au signe de la Croix._ || M.DC.LXIII [1663]. || Auec Permission. Pet. in-12 de 81 pp., y compris le titre, et 1 f. blanc.

Réponse à la _Dissertation_ de l'abbé d'Aubignac par Donneau de Visé; elle est réimprimée dans le _Recueil_ de l'abbé Granet (no 1336).

Visé s'exprime ainsi sur le compte de d'Aubignac: «Apres avoir monstré que c'est Monsieur de Corneille que l'envie vient d'attaquer en voulant faire voir des defauts dans sa _Sophonisbe_, voyons celuy qui l'a fait agir, et qui parle par sa bouche. Peut-estre s'imagine-t'on que c'est quelque jeune homme qui a crû que son âge feroit excuser sa temerité, et qui par une bouillante et imperieuse demangeaison d'écrire, a ozé reprendre le Prince des Poëtes François, afin de trouver de la gloire, mesme dans sa defaite, et de n'estre vaincu que par un ennemy dont la valeur est connue, et à qui personne n'a jamais pû résister. S'il estoit ainsi, cét orgueil seroit louable, mais les Remarques de la Sophonisbe, sont d'un homme, qui loin de faire voir les defauts d'autruy devroit les cacher, et qui devroit estre prudent à son âge; et ce qui est plus estonnant, est que celuy qui en est l'Autheur, n'attaque Monsieur de Corneille que par des raisons qui ne valent pas mieux que ces Remarques. _Monsieur de Corneille_, dit-il un jour devant des dignes de foy, _ne me vient pas visiter, ne vient pas consulter ses pieces avec moy, ne vient pas prendre de mes leçons, toutes celles qu'il fera seront critiquées!_ Belles et judicieuses paroles! Elles ne marquent point de vanité, et ne font point voir qu'il a plus qu'il ne croit de ce qu'il reproche à Monsieur de Corneille.»

1464. LETTRE sur les Remarques qu'on a faites sur la Sophonisbe de M. Corneille. _Paris, 1663._ In-12.

Cette lettre, adressée «à Monsieur D. P. P. S.» et signée L. B., a été réimprimée dans le _Recueil_ de l'abbé Granet (no 1136).

1465. DISSERTATION SUR LES SOPHONISBES DE MAIRET ET DE CORNEILLE.

_Mercure de France_, janvier 1709.

1466. EXAMEN DES SOPHONISBES DE MAIRET, DE CORNEILLE ET DE VOLTAIRE, par Clément.

Inséré dans le _Tableau annuel de la littérature_, an IX (1801), no IV, pp. 282 sqq.

XXIX

1467. CORNEILLE HISTORIEN.--ATTILA, ROI DES HUNS, tragédie.

Article de M. J. Thiénot, dans _le Constitutionnel_ du lundi 13 septembre 1869.

M. Thiénot admire la sagacité historique dont Corneille a fait preuve dans cette pièce injustement attaquée par Boileau. Il admire surtout le rôle d'Ildione. «Oh! grand Corneille, s'écrie-t-il, c'est à tort que tu demandais humblement pardon au public d'avoir imaginé ce personnage d'Ildione, d'en avoir fait une princesse franke de race germanique, venant comme une Judith barbare venger les siens sous la tente d'Attila. La préface dit en effet: «Attila épouse Ildione, dont les historiens marquent la beauté, sans parler de sa naissance. C'est ce qui m'a _enhardi à en faire la soeur d'un de nos premiers rois_. Il est constant qu'il mourut la première nuit de ses noces avec elle. Marcellin dit qu'elle le tua elle-même; et je lui en ai voulu donner l'idée, _quoique sans effet, tous les autres rapportant qu'il avait coutume de saigner du nez_.» Hé bien! Corneille, le rôle d'Ildione, créé par toi, est vrai, historiquement vrai, jusqu'en ses moindres détails. Tu pouvais lui permettre de frapper Attila. Il est mort, non d'une hémorragie, mais de la main de cette jeune fille vengeresse de sa race. Nous avons maintenant toutes les preuves, que ta merveilleuse sagacité avait devancées. Ildico s'appelait, de son nom germanique, Hildegonde; elle était la fille d'un roi des Franks ou d'un roi des Bourguignons. Attila avait jadis massacré ses parents; elle en appela à la peine du talion: sang pour sang!»

1468. PREMIÈRES REPRÉSENTATIONS DE L'ATTILA DE CORNEILLE.

Article de M. Léon Guyard, inséré dans _le Monde illustré_, juillet 1871.

XXX

1469. LA || CRITIQVE || DE || BERENICE. || _A Paris, || Chez || Louis Bilaine_ [sic], _au second Pillier || de la grand'Salle du Palais_, || _au grand Cesar_. || _Michel le Petit, || et || Estienne Michallet, || rue S. Iacques à la Toison d'or, || & à l'Image S. Paul._ || M.DC.LXXI [1671]. || Auec Privilege du Roy. Pet. in-8 de 70 pp. (y compris un titre pour la seconde partie, placé après la p. 38), et 1 f. pour le privilége.