Part 50
1385. LA SVITTE || ET LE || MARIAGE || DV CID. || Tragi-comedie. || _A Paris || Chez Toussainct Quinet || au Palais._ Auec Privilege. || 1638. || Pet. in-12 de 4 ff. et 83 pp.
Cette édition, faite sur le modèle de la petite édition in-12 du _Cid_, est précédée d'un frontispice, gravé par _Briot_, qui sert de titre. Elle est dédiée par Chevreau à Madame la Duchesse de Lorraine. La dédicace est signée d'un C.
Vendu: 20 fr. mar. r. (_Capé_), Giraud, 1855 (no 1651).
1386. LE< || MARIAGE || DV CID. || Tragi-Comedie. || _Iouxte la Copie Imprimee || A Paris._ || C[I][C] [I][C] CXXXVIII [1638]. Pet. in-8 de 88 pp. (y compris les 4 ff. prél. non chiffr.), caract. ital.
Cette édition de la pièce de Chevreau est imprimée avec les mêmes caractères et avec les mêmes fleurons que l'édition du _Cid_ portée sous le no 274. M. Pieters, qui ne l'a pas vue, s'est borné à la décrire d'après le catalogue Lambert (_Annales de l'Imprimerie des Elzeviers_, 2e édit., p. 190). Nous avons vu à la bibliothèque Cousin le recueil qui a figuré à la vente Lambert (1850), et nous avons pu vérifier la parfaite exactitude des renseignements fournis par le rédacteur du catalogue. Un autre exemplaire, joint au _Cid_ Elzevier de 1638, nous a été communiqué par M. Tandeau de Marsac.
1387. LA SVITE || ET || LE MARIAGE || DV CID. || Tragi-Comédie. || _Iouxte la Copie imprimée || A Paris._ || M.DC.XXXX [1640]. In-8 de 78 pp. (y compris le titre), plus 1 f. caract. ital.
Au verso du titre, un bois grossier représentant le _Cid_.
Le f. non chiffré qui se trouve à la fin contient un carton, qui doit se placer à la page 46. On y trouve l'argument du quatrième acte.
On trouve cette édition jointe à une réimpression du _Cid_, qui porte la même date (no 275).
1388. LA || SVITTE || ET LE || MARIAGE|| DV || CID. || Tragi-Comedie. || _A Paris_, || _Chez Antoine de Sommauille, au || Palais, dans la petite salle, à l'Escu de France._ || M.DC.XXXXVI [1646]. || Auec Privilege du Roy. In-12 de 82 pp. et 1 f. blanc.
Les 8 premières pp. de cette édition contiennent les préliminaires: le titre, la dédicace signée C, le privilège où ne figure que le nom de _Toussainct Quinet_ et les noms des _Acteurs_.
1389. LA SUITE || ET LE || MARIAGE || DV CID. || Tragi-Comedie. || _A Caen, || Chez I. Iacques Godes, Impr. & March. Lib. || proche les RR. Peres Iesuittes_[sic]. || M.DC.LXXXII [1682]. In-12 de 60 pp.
Édition mal imprimée, sur mauvais papier. On lit au titre de départ, p. 3: _La Suitte et le Mariage du Cid._
Nous avons cité, no 1016, une pièce française traduite en allemand par Isaac Clauss, en 1655, qui n'est autre, croyons-nous, que la pièce de Chevreau.
1390. LA VRAIE SVITE DV CID, Tragi-Comedie. _A Paris, Chez Antoine de Sommauille, 1638._ In-4.
Pièce en cinq actes et en vers, par Desfontaines; elle fut représentée en 1637.
1391. LA VRAYE SVITTE DU CID. _A Paris, Chez Antoine de Sommanuille_, 1638. Pet. in-12.
Vendu: 8 fr., demi-rel., Solar, 1860 (no 1694).
1392. THE || SECOND PART OF || THE || CID. || _London, || Printed by I. Okes, for Samuell || Browne, and are to be sold at his || shop in St. Pauls Church-yard || at the signe of the white Lion._ || M.DC.XXXX [1640]). In-12 de 35 ff. non chiff. et 1 f. blanc.
Traduction en vers de la _Vraie Suite du Cid_. La dédicace «to the truely Noble the Ladie Theophila Cooke» est signée RUTTER. Le traducteur prétend qu'il n'a mis cette suite sur la scène anglaise qu'à la demande du roi Charles Ier.
1393. L'OMBRE DV COMTE DE GORMAS ET LA MORT DV CID, Tragi-Comedie par Chillac, Juge des Gabelles de S. M. en la ville de Beaucaire en Languedoc. _Paris, Cardin Besongne, 1639._ In-4.
1394. L'OMBRE DV COMTE DE GORMAS ET LA MORT DV CID, Tragi-Comedie [par Timothée de Chillac], Sur l'imprimé A Paris, Chez Cardin Besongne, 1645. Pet. in-8 de 98 pp.
Cat. Soleinne, no 1181.
1395. L'OMBRE DV COMTE DE GORMAS ET LA MORT DV CID. Tragi-Comedie, _Iouxte la Copie imprimée A Paris, 1646._ In-8.
1396. L'OMBRE DV COMTE DE GORMAS ET LA MORT DV CID, Tragi-Comedie par M. Timothée de Chillac; _A Caen, Chez Jacques Godes, 1682._ In-12.
1397. L'OMBRE DV COMTE DE GORMAS ET LA MORT DV CID, Tragi-Comedie par M. Timothée de Chillac. _A Caen, Chez Jacques Godes, 1696._ In-12.
La pièce de Chillac a été traduite en allemand par Isaac Clauss, en 1655, à la suite du _Cid_ (voy. le no 1016).
1398. CHAPELAIN DÉCOIFFÉ, OU PARODIE DE QUELQUES SCENES DU CID. _S. l., 1665._ In-12.
Cette parodie bien connue, de Furetière, figure dans un grand nombre d'éditions des _OEuvres de Boileau_.
1399. RÉCIT tiré des Mémoires de Michel Turretini, pasteur et professeur, de la discussion qui eut lieu entre le Conseil et la vénérable Compagnie, en 1681, au sujet de la représentation du Cid.
Inséré dans les _Mémoires et documents publiés par la Société d'histoire et d'archéologie de Genève_, t. Ier, pp. 80 sqq.
1400. ODE DE Mr BOILEAU DESPREAUX SUR LA PRISE DE NAMUR. Avec une Parodie de la mesme Ode par le Sieur P. Motteux. Et une Parodie d'une Scene du Cid, sur ce sujet. Par Messieurs D. A. & H. _A Londres, Chez R. Bentley Libraire, à la Poste au Covent-Garden; R. Parker, à la Licorne sous la Bourse Royale, & tous les Libraires François. S. d._ [1683?], pet. in-8 de 15 pp.
Musée britannique: 1073. d. 30.
1401. CRITICA Á FAMOSA TRAGEDIA DO CID, composta por Pedro Corneille, e Reparos a ella, por D. Francisco Paulo de Portugal e Castro. _Lisboa, por Miguel Rodrigues, 1747._ In-4 de 18 pp.
Le comte de Vimosa, marquis de Valença, auteur de cette critique, est presque un contemporain de Corneille; il naquit à Lisbonne en 1679 et y mourut en 1749. Sa critique a donné lieu à la réponse suivante:
NOTAS á Critica que o snr. Marquez de Valença fez á Tragedia do Cid composta por Mr. Corneille.
Nous ne savons si cette pièce a été imprimée; il en existe une copie manuscrite à la Bibliothèque nationale de Lisbonne, dans un volume de Mélanges (_Miscellaneas_) d'Alexandre de Gusmão.
Le marquis de Valença fit paraître à son tour une contre-critique dont voici le titre:
RESPOSTO do Marquez de Valença aos Reparos de um anonymo á Critica que fez o mesmo Marquez á famosa Tragedia do Cid. _Lisboa, por Miguel Rodrigues, 1748._ In-4 de VIII et 23 pp.
1402. DU CID DU GRAND CORNEILLE, par A. La Beaumelle.
_Chefs-d'oeuvre des Théâtres étrangers; Chefs-d'oeuvre du Théâtre espagnol, Torres Naharro, Cervantes Saavedra, Guillem de Castro_ (Paris, Ladvocat, 1823, in-8), pp. 309-331.
La Beaumelle compare le _Cid_ de Corneille à celui de _Diamante_, et reconnaît dans ce dernier une simple imitation, contrairement à l'opinion de Voltaire et à celle de la Harpe.
* * * * *
Ici devraient figurer, dans l'ordre chronologique, deux pièces de circonstance, jouées à Rouen le 29 juin 1823 et le 29 juin 1827, et qui sont relatives au _Cid_. On les trouvera dans notre chapitre XXIe (nos 1559 et 1565).
1403. LE CID, par Génin.
_Le National_ du 11 avril 1841.
Génin fournit de nouveaux arguments à l'appui de l'opinion développée pour la première fois par La Beaumelle.
1404. _Commentaire sur le Cid_, tragi-comédie de Pierre Corneille, par M. Walras. _Caen, imprimerie d'Hardel, 1843._ In-8.
1405. LE CID, par Paul de Musset.
_Revue de Paris_, IVe série, t. XXVIIe (mars 1844).
1406. L'ACADÉMIE ET LA CRITIQUE DU CID, par Charles Loubens.
_Revue indépendante_, t. XVIIIe (1845). pp. 375 sqq.
1407. DE PETRI CORNELII TRAGOEDIA CID. Dissertatio quam scripsit Ulricus Petri, Brunopolitanus. _Brunsvigae, typis exscripsit Fr. Otto_, M.DCCCXLVII [1847]. In-8 de 40 pp.
1408. LE CID, esquisse littéraire, par M. Walras, inspecteur de l'Académie du Nord. _Douai, Adam d'Aubers, imprimeur-éditeur, 1853._ In-8 de 4 ff. et 264 pp.
Cette esquisse est le développement du _Commentaire_ publié par le même auteur en 1843. M. Walras, chargé, en 1846, du cours de littérature française à la faculté des lettres de Caen, prit pour sujet de ses leçons le _Cid_, s'attachant à déterminer les emprunts faits par Corneille à Guillen de Castro et au Romancero du Cid. Comme La Beaumelle et Génin, il s'est attaché à prouver que Diamante n'avait fait que traduire l'original français.
1409. DOCUMENTS RELATIFS A L'HISTOIRE DU CID. Par M. Hippolyte Lucas, de la Bibliothèque de l'Arsenal. _Paris, Alvarés, libraire-éditeur, 24, rue de la Lune_, [_Lagny, Typographie de A. Varigault et Cie], 1860._ Gr. in-12 de 2 ff. et 211 pp.
Il existe quelques exemplaires de ce livre tirés sur papier de couleur, dans le format in-8.
Voici comment s'exprime l'auteur au début de sa préface:
«Nous avons pris à tâche, dans ce volume, de bien faire connaître les principales transformations de l'histoire ou de la légende du Cid; de montrer que les sources auxquelles Corneille a puisé ne sont autres que celles qu'il a indiquées lui-même, et que c'est à tort que Voltaire, la Harpe et Sismondi l'ont accusé de plagiat, lorsque son génie n'a fait que s'inspirer du _Romancero_ et de la première des deux comédies de Guillen de Castro, intitulées: _la Jeunesse du Cid._ La traduction complète et littérale de la pièce de Diamante (_Celui qui honore son père_) ne laissera aucun doute, dans l'esprit du lecteur, sur l'imitation faite par ce dernier du chef-d'oeuvre de notre scène en le recomposant à la mode espagnole, et en y introduisant l'élément comique; nous n'avons point inséré les nombreux documents qui concernent notre _Cid_, et la querelle que firent à son auteur Scudéry, l'Académie, Mayret, Claveret, etc., parce que ces documents se trouvent dans presque toutes les éditions de Corneille; nous en avons seulement esquissé les principaux traits. Nous nous sommes servi principalement de matériaux empruntés aux auteurs espagnols, pour combler une espèce de lacune dans notre histoire littéraire, et, à ce point de vue, nous croyons que notre travail sera utile aux aristarques futurs et aux éditeurs qui s'occupent du premier et du plus durable chef-d'oeuvre de notre littérature dramatique.»
Cette étude contient la traduction complète de la pièce de Guillen de Castro (_Las Mocedades del Cid_) et de colle de Diamante (_El Honrador de su Padre_).
1410. PIERRE CORNEILLE ET JEAN-BAPTISTE DIAMANTE, par M. Antoine de Latour.
Article Inséré Dans le _Correspondant_ Du 25 Juin 1861 Et Reproduit Dans l'_Espagne religieuse et littéraire_ (Paris, 1863, in-8, pp. 113-144); M. de Latour y donne la date exacte de la naissance de Diamante, d'après des recherches faites par D. Cayetano Albertano de la Barrera. L'auteur espagnol n'etant né qu'en 1626, la question si souvent discutée depuis Voltaire de la vraie paternité du _Cid_ est définitivement résolue.
1411. CID I DE SPANSKA ROMANSERNA, HOS CORNEILLE OCH HERDER, Afhandling som framställes till offentlig granskning, af J. Oskar I. Rancken, i hist.-filolog. lärosalen den 12 october 1861, p. v. t. f. m. _Helsingfors, J. C. Frenckell & Son, 1861._ In-8 de 49 pp.
Thèse sur le Cid dans le Romancero espagnol, chez Corneille et chez Herder.
1412. CORNEILLE. LE CID.
Articles de M. Sainte-Beuve insérés dans le _Constitutionnel_ des lundis 2 février et 7 mars, du mardi 8 mars, du lundi 14 mars, du mardi 15 mars et du lundi 22 mars 1864; reproduits dans les _Nouveaux Lundis_, t. VIIe (Paris, Michel Lèvy frères, 1867, in-12), pp. 199-306.
L'auteur parle, dans le premier article, du _Lexique_, de M. Godefroy, de la _Langue de Corneille_, de M. Marty-Laveaux, et de l'édition des _OEuvres de P. Corneille_, donnée par ce savant chez MM. Hachette et Cie, de _Corneille et son temps_, par M. Guizot, du _Grand Corneille historien_, par M. Ernest Desjardins, et de _Corneille à la Butte-Saint-Roch_, de M. Édouard Fournier; il s'occupe, dans les autres articles, du _Poëme du Cid_, de M. Damas-Hinard, et des _Recherches sur l'Histoire et la Littérature de l'Espagne pendant le Moyen-Age_, par M. Reinhart Dozy.
1413. EST-IL VRAI, comme l'ont affirmé Voltaire, Laharpe et Sismondi, que Corneille ait pris le sujet et les principales scènes du Cid dans une pièce espagnole de Diamante, qu'il aurait imitée et traduite sans l'indiquer et en l'adaptant à la scène française? Dissertation par M. Molinier, professeur à la Faculté de droit de Toulouse.
_Mémoires de l'Académie impériale des Sciences, Inscriptions et Belles-Lettres de Toulouse_, 6e série, t. IIIe, 1865, pp. 410 sqq.
Sismondi, que M. Molinier, à l'exemple de M. H. Lucas, cite parmi les détracteurs de Corneille, n'a soumis la question à aucun examen; il s'est contenté d'indiquer d'un mot, sans aucune preuve à l'appui, que Diamante était le véritable auteur du _Cid_: «L'ancien poëte Diamante, dit-il, et peu après lui Guillen de Castro, ont pris dans les premières romances leur tragédie du _Cid_; tous deux ont servi de modèle à Corneille.» Sismondi, _Histoire de la littérature du Midi de l'Europe_, 3e édit. (Paris, 1829, 4 vol. in-8), t. IIIe, p. 201.
1414. CORNEILLE ET LE CID, par A.-E. Chaignet. _Saint-Maixent, 1868._ In-8 de 31 pp.
_Conférences scientifiques et littéraires des Facultés de Poitiers._
1415. THE FRENCH CID AND HIS SPANISH PROTOTYPE; by C. Collmann. _Mezeritz, 1869._ In-4 de 32 pp.
Programme de gymnase.
1416. LES DIFFÉRENCES ENTRE LA LANGUE MODERNE, ET CELLE DE CORNEILLE, étudiées dans le Cid par Dr. [_sic_] Woldemar Richter. Dissertation doctorale, approuvée par la Faculté philosophe de l'Université de Rostock. _Torgau, 1872. Imprimerie de E. Tragmann._ In-4 de 12 pp.
1417. LE CID D'ANDALOUSIE, par M. Alexandre Dumas fils.
M. Dumas fils a longuement parlé du _Cid_ dans son _Discours de réception à l'Académie française_ (Paris, Typographie de Firmin Didot frères, fils et Cie, 1875, in-4; _Journal officiel de la République française_ du 12 février 1875). M. Dumas, qui se flatte de savoir lire entre les lignes, a voulu donner une explication nouvelle de la jalousie inspirée à Richelieu par le succès du _Cid_. Il prétend que le cardinal ne fut pas atteint dans sa vanité d'écrivain, mais dans ses conceptions politiques.
«Il y avait dans le _Cid_, pour Richelieu, une faute capitale, qui heurtait les idées, qui contrariait les projets de ce grand homme d'État, lequel entreprenait, au milieu des plus grands obstacles, de constituer non-seulement la monarchie, mais l'unité française.» Cette faute, c'était de célébrer les héros de l'Espagne, au moment où les armées espagnoles venaient de remporter contre la France des avantages signalés. M. Dumas met en scène Richelieu lui-même et lui prête un long discours, qui rappelle par certains côtés les entretiens de d'Artagnan et de Mazarin: «Prends un siége, Corneille, et écoute-moi. Tu es tout à la joie de ton triomphe; tu n'entends que le bruit des bravos, et tu ne t'expliques pas pourquoi je ne joins pas mes applaudissements à ceux de toute la ville; tu ne comprends pas pourquoi même je proteste contre ton succès. Je vais te le dire. Quoi! c'est au moment où j'essaye de refouler et d'exterminer l'Espagnol, qui harcèle la France de tous les côtés; qui, vaincu au Midi, reparaît à l'Est; qui, vaincu à l'Est, menace au Nord..., c'est en un pareil moment que tu viens exalter sur la scène la littérature et l'héroïsme espagnols!...»
Le paradoxe peut être ingénieusement soutenu, mais ce n'est là qu'un paradoxe. Il vaut beaucoup mieux écrire l'histoire preuves en mains, que de chercher à «lire entre les lignes». La persécution du _Cid_ n'est pas une «légende», mais un fait certain, dont presque tous les détails sont connus, et dont on ne peut arbitrairement changer le caractère. Il est hors de doute que Richelieu travailla lui-même à des pièces de théâtre, et que, par un travers qui se rencontre souvent chez les grands hommes, il se crut aussi habile ecrivain qu'habile politique. S'il en était autrement, et si le _Cid_ n'avait été persécuté que par la raison d'État, comment expliquerait-on l'intervention de l'Académie et les corrections mises de la main même du cardinal sur le manuscrit de Chapelain?
Au moment de la représentation du _Cid_, les Espagnols n'avaient pas encore remporté de succès qui pussent inquiéter Richelieu. Il est difficile, d'ailleurs, de voir un rapport direct entre les troupes impériales et le héros qui défait les Mores. Corneille, loin de dissimuler ses emprunts à la littérature espagnole, n'hésita pas à les faire connaître en détail. Il continua de lire les ouvrages de Lope de Vega, d'Alarcon et des autres auteurs de la Péninsule; quatre ans après le _Cid_, il écrivit le _Menteur_.
Si quelque considération politique put porter Richelieu à combattre le _Cid_, ce ne fut pas l'éloge des Espagnols, mais l'éloge du duel que Corneille avait imprudemment placé dans la bouche du comte de Gormas; mais, sur ce point encore, la querelle ne dut pas être de longue durée, puisque, dès les premières représentations, le poëte changea les vers qui pouvaient blesser le ministre (voy. _Lettre à Mylord *** sur Baron et la demoiselle Le Couvreur_ [par d'Allainval]; Paris, 1730, in-12, p. 21).
1418. A PROPOS DE LA RÉCEPTION DE M. ALEXANDRE DUMAS FILS A L'ACADÉMIE FRANÇAISE, par M. Charles Livet.
_Le Moniteur universel_ du 21 février 1875.
A propos du _Discours_ de M. Dumas, M. Livet s'est efforcé de démontrer que Richelieu n'avait jamais conçu de jalousie contre le _Cid_, et qu'en chargeant l'Académie de lui présenter des observations sur une pièce qui attirait alors l'attention générale, il avait voulu simplement fournir à l'assemblée littéraire qu'il venait de fonder l'occasion de déterminer les règles essentielles de l'art théâtral.
X
1419. JUGEMENT SUR LA TRAGÉDIE D'HORACE.
_The Spectator_ [by R. Steele and Jos. Addison], London, 1711-1712, in-fol., discours XXXIIe.
Reproduit dans toutes les éditions et traductions de ce célèbre recueil.
1420. DISSERTATION SUR UN VERS DE LA TRAGÉDIE DES HORACES.
_Mercure de France_, juillet 1748, pp. 55 sqq.
Il s'agit, comme on peut le penser, du vers:
Ou qu'un beau désespoir alors le secourût.
1421. A COMPARISON BETWEEN THE HORACE OF CORNEILLE AND THE ROMAN FATHER OF MR. WHITEHEAD. By W. Freeman. _London, 1750._ In-8.
Le nom de _Freeman_ est un pseudonyme.
1422. OBSERVATIONS SUR UN VERS D'HORACE, par Bilderdijk.
Bilderdijk, dont nous avons parlé à propos de sa traduction de _Cinna_ (no 960), s'est occupé, dans une de ses _Dissertations sur l'art dramatique_ (Leyde, 1823, in-8), du fameux «qu'il mourût» d'_Horace_:
«Corneille, dit-il, était trop pénétré de la situation où il avait placé le vieil Horace, pour oublier que nécessairement il devait se trouver deux hommes dans lui. Lorsque, à la question que lui fait Julie, il lui lance son _qu'il mourût_, c'est le Romain qui parle; mais, à côté du Romain, il y a le père, et quoi de plus naturel, que celui-ci parle à son tour et s'attache à une hypothèse suivant laquelle peut-être la fortune eût pu sourire à son fils? L'Horace citoyen préfère n'avoir plus de fils que d'avoir un fils déshonoré; l'Horace père se complaît à calculer la chance qu'aurait eue son fils d'être victorieux.» V. L.
1423. UNE REPRÉSENTATION D'HORACE au Théâtre-Français, le 2 avril 1839.
_Dramatische und Dramaturgische Schriften von Eduart Devrient_; vierter Band; zweite Auflage (Leipzig, 1846, in-18), pp. 93-97.
Devrient occupe depuis longtemps le premier rang parmi les critiques dramatiques de l'Allemagne; il n'est donc pas sans intérêt de connaître son impression sur _Horace_. Il la donne ainsi en peu de mots: «Rhétorique froide à mourir, action si peu nourrie qu'elle suffirait à peine pour remplir un acte, et qui se développe en pures phrases à travers toute sorte d'arrêts mesquins; j'en eus chaud et froid d'ennui. Malgré toute ma bonne volonté, je ne puis considérer cette pièce comme une oeuvre classique. J'ai pu, en outre, me convaincre que les plaintes dont la décadence du Théâtre-Français et l'insuffisance des auteurs sont l'objet, ne sont que trop fondées.» Devrient fait ensuite une amère critique de Beauvallet et de Rachel. Il ne sait pas que, aux yeux des étrangers, il n'a jamais été, lui aussi, qu'un acteur lourd et fastidieux.
1424. PARODIE DE LA SCÈNE DE LA DÉLIBÉRATION DE CINNA (acte IIe, scène Ire).
Cette espèce de satire, dirigée contre le duc d'Aumont, fut attribuée à Marmontel et le fit mettre à la Bastille en 1759, bien qu'elle fût en réalité l'oeuvre de Cury. On en trouve la plus grande partie dans le _Journal historique_ de Collé (décembre 1759).
Au XVIIe siècle, _Cinna_ avait été dignement apprécié par Saint-Évremond (voy. le no 1251).
1425. REMARQUES SUR LE CINNA DE CORNEILLE.
_Apologie de Sakespeart_ [sic] _en réponse à la critique de M. de Voltaire_; _traduite de l'anglais de Madame de Montagu_ (à Londres et se trouve à Paris, au Grand-Corneille, rue Saint-Jacques, près celle des Mathurins, 1777, in-8), pp. 190-214.
Le frontispice de cet ouvrage porte le fleuron décrit au no 1260.
1426. REPRÉSENTATION AU PROFIT D'UN PETIT-NEVEU DU GRAND CORNEILLE, donnée le lundi 16 février dernier, et OBSERVATIONS SUR LA TRAGÉDIE DE CINNA.
_Journal des Théâtres_, mars 1778. Voy. le n° 1236.
1427. MARMONTEL ET THOMAS, OU LA PARODIE DE CINNA, vaudeville en un acte, représenté au Théatre du Vaudeville le 23 janvier 1813; par M. Dumolard.
Non imprimé.
1428. OBSERVATION SUR CINNA, tragédie de P. Corneille. =Vom Hülfslehrer Oxé=.
Ce travail occupe les pp. 1-26 du programme suivant: _Zu den öffentlichen Prüfungen der Schüler des Königlichen Gymnasiums zu Kreuznach am 30. und 31. August ladet alle Gönner und Freunde desselben insbesondere die Eltern der Schüler, die Königlichen und Städtischen Behörden, sowie die Herren Geistlichen der Stadt und Umgegend hochachtungsvoll und ergebenst ein der Direktor des Gymnasiums Prof. Dr. Moritz Ast_; Kreuznach, 1849; Druck und Papier von Friedrich Wohlleden, in-4.
XII
1429. ÉTUDE DE PAULINE, dans Polyeucte.
_Mémoires de Mlle Clairon, actrice du Théâtre-Français, écrits par elle-même_, pp. 110 sqq.;--nouvelle édition (Paris, Ponthieu, 1822, in-8), pp. 315-318.
On trouve dans les _Mémoires_ [de Coste d'Arnobat] _pour Marie-Françoise Dumesnil_, _en réponse aux Mémoires d'Hippolyte Clairon_ (Paris, Dentu, an VII, in-8, pp. 168 sqq.), une critique très-vive, mais très-juste, de cette étude.
1430. OBSERVATIONS SUR LE POLYEUCTE DE P. CORNEILLE; par M. Walras, Professeur de Philosophie au Collége Royal de Caen. Extrait du Recueil de la Société libre d'Agriculture, Sciences, Arts et Belles-Lettres du département de l'Eure, 2e série, tome V. _Évreux, Louis Tavernier et Cie, imprimeur de la Société, 1845._ In-8 de 1 f. (pour le faux titre) et 42 pp.
1431. UMA PAGINA DA HISTORIA ROMANA. Os Martyres; Polyeucte ou Poliuto, tragedia christã.
Article de M. Antonio Rangel de Torres Bandeira, dans le _Diario de Pernambuco_ du 11 juillet 1862.
1432. ÉTUDES DE PHILOSOPHIE CATHOLIQUE SUR L'ART. De la souffrance et du sentiment religieux dans la tragédie en général et dans la tragédie de Polyeucte en particulier. _Paris, 1860._ In-8.
1433. NÉARQUE ET POLYEUCTE, histoire nationale.
Article du P. Léonce Alischan inséré dans le _Polyhistor_, revue bimensuelle, avril 1864, pp. 97-106; mai 1864, pp. 129-138.
1434. POLYEUCTE ET LE ZÈLE TÉMÉRAIRE, par M. Edmond Le Blant.
Ce mémoire, lu à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres dans sa séance du 8 octobre 1875, contient un examen approfondi, au point de vue historique et critique, de la légende qui fait le fond de la tragédie de Corneille. M. Le Blant croit pouvoir établir que, si Polyeucte avait tenu véritablement la conduite imprudente que lui attribue la tradition, s'il s'était livré à des actes de violence et de provocation vis-à-vis des autorités constituées, il n'eût pas été admis dans le martyrologe.
XIII