Part 49
Cette pièce, attribuée à tort à Corneille par Niceron (voy. Taschereau, _loc. cit._, p. 306), a été reproduite en entier par M. Marty-Laveaux (t. IIIe, pp. 59-62). On y trouva des détails très-curieux sur les pièces de théâtre contemporaines du _Cid_.
1363. LETTRE || POVR MONSIEVR || DE CORNEILLE, || contre les mots de || la Lettre sous le nom || d'Ariste. || Ie fis donc resolution de guerir ces idolatres. _S. l. n. d. [Paris, 1637]._ In-8 de 3 ff. et 1 f. blanc.
Cette lettre, que Niceron a voulu attribuer à Corneille lui-même, n'est pas exempte de critiques contre lui; elle occupe les 3 premières pp. de la pièce; la p. 4 contient l'épigramme suivante de Martial, imitée en français:
_Martialis_
Epig. L. 9. Epi. 83.
Lector et Auditor nostros probat, Aule, libellas, Sed quidam exactes esse Poeta negat: Non nimium curo, nam coenæ fercula nostræ Malim conviviis quam placuisse coquis.
_Traduction à Monsieur Corneille._
Les vers de ce grand Cid que tout le monde admire, Charmant à les entendre, et charmant à les lire, Un Poëte seulement les trouve irreguliers: Corneille, mocque toy de sa jalouse envie, Quand le festin agrée à ceux qua l'on convie, Il importe fort peu qu'il plaise aux Cuisiniers.
Ces vers, qui se trouvent déjà à la fin de la _Lettre apologétique du Sr Corneille_, sont accompagnés ici de l'épigramme suivante:
Si les vers du grand Cid, que tout le monde admire, Charment à les ouyr, mais non pas à les lire, Pourquoy le traducteur des quatre vers Latins Les a-t'il comparez aux mets de nos festins? J'advoue avec luy, s'il arrive Qu'un mets soit au goust du convive, Qu'il importe bien peu qu'il plaise au cuisinier; Mais les vers qu'il deffend d'autres raisons demandent, C'est peu qu'ils soient au goust de ceux qui les entendent, S'ils ne plaisent encore aux maistres du mestier.
M. Marty-Laveaux a reproduit cette lettre _in extenso_ (t. IIIe, p. 56).
1364. LETTRE || DE || Mr DE SCVDERY, || A || L'ILLVSTRE ACADEMIE. || _A Paris, || Chez Antoine de Sommauille, || au Palais, à l'Escu de France._ || M.DC.XXXVII [1637]. In-8 de 11 pp. (y compris le titre) et 2 ff. blancs.
«Messieurs, dit Scudéry au début de ce factum, puis que Monsieur Corneille m'oste le masque, et qu'il veut que l'on me connoisse, j'ay trop accoutumé de paroistre parmy les personnes de qualité, pour vouloir encor me cacher: Il m'oblige peut-estre en pensant me nuire; et si mes Observations ne sont pas mauvaises, il me donne luy-mesme une gloire dont je voulois me priver. Enfin, Messieurs, puis qu'il veut que tout le monde sçache que je m'appelle SCUDERY, je l'advoue. Mon Nom, que d'assez honnestes gens ont porté devant moy, ne me fera jamais rougir: veu que je n'ai rien fait non plus qu'eux indigne d'un homme d'honneur. Mais comme il n'est pas glorieux de frapper un ennemy, que nous avons jetté par terre, bien qu'il nous dise des injures, et qu'il est comme juste de laisser la plainte aux affligez, quoy qu'ils soient coupables, je ne veux point repartir à ses outrages par d'autres, ny faire comme luy, d'une dispute Academique, une querelle de crocheteurs, ny du Licée un marché public.»
Scudéry continue sur ce ton si voisin du comique et s'échauffe peu à peu au point d'écrire cette phrase dont son adversaire ne manque pas de se moquer (voy. le no 244):
«Qu'il vienne, qu'il voye, et qu'il vainque, _ce trois fois grand Autheur du Cid_: soit qu'il m'attaque en soldat, maintenant qu'il est obligé de l'estre, soit qu'il m'attaque en escrivain, il verra que je me sçay defendre de bonne grace, et que si ce n'est en injures, dont je ne me mesle point, il aura besoin de toutes ses forces. Mais s'il ne se defend que par des paroles outrageuses, au lieu de payer de raisons, prononcez, _O mes juges_, un arrest digne de vous, et qui face sçavoir à toute l'Europe que le _Cid_ n'est point le chef-d'oeuvre du plus grand homme de France, mais ouy bien la moins judicieuse Piece de Monsieur Corneille mesme.»
Comme on le voit par la première phrase que nous avons citée, cette lettre est une réponse à la _Lettre apologétique_, dans laquelle Corneille dénonçait Scudéry comme l'auteur des _Observations_.
1365. LA || PREVVE || DES PASSAGES || ALLEGVEZ DANS || LES OBSERVATIONS || SVR LE CID. || A Messieurs || de l'Academie. || Par Mr de Scudery. || _A Paris, || Chez Antoine de Sommauille, || au Palais, à l'Escu de France._ || M.DC.XXXVII. In-8 de 14 pp. (y compris le titre) et 1 f. blanc.
Scudéry cite ces paroles du Tasse: «Io non mi dolgo, che habbiano cercato d'impedirmi questo honore, che m'era fatto d'al vulgo, perche di nissuna cosa ragionevole mi debbo dolere: piu testo dovrei lamentarmi di colero, che inalzandomi dove non merito di salire, non hanno riguardo al precipitio,» puis il ajoute: «Ce sont les modestes paroles, par où le Tasse, le plus grand homme de son siècle, a commencé l'Apologie du plus beau de ses Ouvrages, contre la plus aigre et la plus injuste Censure, qu'on fera peut-estre jamais. Mr Corneille, tesmoigne bien en ses Responses, qu'il est aussi loing de la modération, que du merite de cet excellent Autheur, puisqu'au lieu de se donner l'humilité d'un Accusé, il occupe la place des Juges, et se loge luy-mesme à ce premier lieu, ou personne n'oseroit seulement dire qu'il pretend. C'est de cette haute region, que sa plume, qu'il croit aussi foudroyante que l'eloquence de Pericles, luy a fait croire, que des injures estoient assez fortes, pour destruire tout mon Ouvrage, et que sans combattre mes raisons par tant d'autres, il lui suffisait seulement de dire que j'ay cité faux.»
1366. EPISTRE || AVX POËTES || DV TEMPS, || sur leur querelle || du Cid. || _A Paris_, || M.DC.XXXVII [1637]. In-8 de 14 pp. et 1 f. blanc.
1367. POUR LE SIEVR CORNEILLE contre les ennemis du Cid. _A Paris_, M.DC.XXXVII [1637]. In-8 de 7 pp.
Sonnet. (Bibliothèque de l'Arsenal.)
1368. DISCOVRS || A || CLITON. || SVR LES || OBSERVATIONS || DV CID. || Auec vn Traicté de || la disposition du Poëme Drama- || tique, & de la prétenduë Regle || de vingt-quatre heures. || _A Paris, || Imprimé aux despens de l'Autheur._ [1637]. In-12 de 103 pp., y compris le titre.
L'auteur de ce traité, que les frères Parfaict ont mal à propos attribué à Claveret (_Histoire du Théâtre-François_, t. Ve, p. 257), affecte de montrer une grande impartialité en faveur du _Cid_. «Je me suis trouvé une fois dans le parterre, dit-il, et une autre fois dans les galleries, à la représentation de ce nouveau Poëme; et je suis tesmoin de ce qu'en disent encore les sçavants et les ignorants, la cour et le bourgeois, comme remarque notre Observateur: je n'en connois l'Autheur que de nom, et par les affiches des Comediens. Or à cause que je fais quelques fois des vers, et que je favorise ceux qui s'en meslent, j'ay inclination pour luy, et je panche desjà du costé de ses Approbateurs...» Il ajoute que le _Traité de la disposition du Poëme dramatique_ était écrit cinq ou six ans avant la querelle du _Cid_ et qu'il n'y a rien changé. «Comme ce Traicté, dit-il en terminant, estoit sous la Presse mesme auparavant la _Lettre apologitique_ du Sieur Corneille, je ne sçay combien de feuilles volantes ont été jettées en public presque en mesme temps, sur le sujet du _Cid_, et de son Observateur. Apres quoy, il semble que je serois obligé de signer cet escrit, si je voulois prendre la qualité d'intervenant, au procés qui s'instruict en l'illustre Academie, sur la requeste du Sr de Scudery. Mais plustost que de plaider (qui est un mestier que je m'empesche de faire autant que je puis), j'ayme mieux que ce petit ouvrage s'en aille avec les vagabons et gens sans adveu, ou qu'il soit mis aux Enfermez comme un enfant trouvé. Cliton en aura du soin comme son parrain, et ma pauvre Muse, apres avoir couru le pont neuf et s'estre ainsi prostituée aux colporteurs, sera possible receue aux filles repenties.»
1369. EXAMEN || DE CE QVI || S'EST FAIT POVR || ET CONTRE LE CID; || auec vn Traicté || de la Disposition du Poëme || Dramatique, & de la || pretenduë Regle de || vingt-quatre heures. || _A Paris, || Imprimé aux despens de l'Autheur, [1637]._ In-8 de 103 pp.
Cette édition porte, comme la précédente, au titre de départ: _Discours à || Cliton, || sur les || Obseruations || du Cid, || avec vn Traicté de || la disposition_, etc.
1370. LE IVGEMENT || DV CID, || Composé par vn Bourgeois de || Paris, Marguillier de sa || Paroisse. [_Paris, 1637_ ]. In-8 de 24 pp.
La pièce n'a qu'un simple titre de départ, p. 1.
Cette édition, que M. Marty-Laveaux n'a citée que d'après les notes manuscrites de Van Praet, est conservée à la Bibliothèque Sainte-Geneviève (Y. 2538 (3) Rés.). Malheureusement l'exemplaire qu'elle en possède est incomplet des deux ff. paginés 3-6.
1371. LE IVGEMENT || DV CID. || Composé par vn Bourgeois de || Paris, Marguillier de sa || Paroisse. _S. l. n. d. [Paris, 1637]._ In-8 de 16 pp.
Cette édition n'a pas de f. de titre, mais un simple titre de départ. La pièce a été réimprimée dans le _Recueil de Dissertations sur plusieurs tragédies de Corneille et de Racine_ (no 1336), dans l'_Esprit du grand Corneille_, par François de Neufchâteau (no 792), et dans le _Tableau de la littérature française au seizième siècle_, par M. Sainte-Beuve, 2 vol. in-8; M. Marty-Laveaux en a donné un extrait (t. Xe, p. 502).
1372. L'ACOMODEMENT || DV CID & DE SON || CENSEVR. || _A Paris_, || M.DC.XXXVII [1637], Pet. in-8 de 7 pp. de 14 lignes, impr. en gros caractères.
Cette pièce, dont nous avons trouvé un exemplaire au Musée britannique (840. C. 22), n'a pas encore été signalée. C'est un tissu de violentes injures contre Corneille; mais, comme elle est très-courte, nous ne croyons pas inutile de la transcrire:
«Monsieur du _Cid_, vous n'avés fait que deux fautes, qui ne se puissent reparer: l'une, d'avoir fait imprimer vostre piece, qui avoit esté si bien approuvée sur le Theatre. Et l'autre, d'avoir répondu à celuy qui l'a censurée; Parce que vous ne vous deviés pas ennyvrer de la gloire du Theatre, pour montrer que vous n'en pouviez pretendre hors de là: Et que pour répondre à un ennemy déclaré et conneu, il faloit faire mieux de la plume ou de l'espee. Vous ne sçauriez mei [_sic_] que dans le détail de vostre Piéce, vous ne soyez imbecile dans le sentiment des Roys, de la Nature, de la Vertu, des Grands, des Sages, des Capitaines, des Fanfarons et des Modestes: Et que vous ne soyez extrémement plat et fade dans vos Vers, pour estre si presomptueux, si foible et si extravagant en l'Epistre d'Ariste, qu'on ne peut comprendre quel mouvement vous l'a dictée. Mais si l'on vous reproche qu'en vostre lettre Apologitique au Sr Scuderi, l'on ne sçauroit deviner si vous voulez passer pour Vaillant, pour Poltron, pour Ecolier ou pour Maistre: Et qu'on doute si vous connoissez vous mesme ce que vous estes (si ce n'est un Suppliant qui voudroit bien faire le Rodomont) Consolez-vous, que celuy qui vous a deffaict en une moitié de son Livre s'est deffaict en l'autre, et vous accordez tous deux. _Fin._»
1373. EPISTRE || FAMILIERE || DV Sr MAYRET. || AV Sr CORNEILLE. || Sur la Tragi-comédie du Cid. || _A Paris, Chez Anthoine de Sommauille, || au Palais, dans la petite Sale_, || _a l'Escu de France._ || M.DC.XXXVII [1637]. In-8 de 48 pp. (la dernière chiffrée par erreur 38).
«Monsieur, dit Claveret au début de sa lettre, si je croyois le bruit commun, qui vous declare desja l'Autheur de ces mauvais papiers volants qu'on void tous les jours parestre à la deffense de vostre Ouvrage; Je me plaindrois de vous à vous-mesme, de l'injustice pue l'on me fait en un libelle de vostre style, et peut-estre de vostre façon [dans la _Lettre apologétique_ de Corneille]: Mais comme l'action est trop indigne d'un honneste homme, je suspendray pour quelque temps ma creance en vostre faveur; et me contenteray (puisque la querelle de vostre _Cid_ vous a rendu chef de party), de vous demander seulement raison de l'impertinence d'un de vos lanciers qui m'est venu rompre dans la visiere mal à propos; mais d'autant que je n'ay pas l'honneur de connoistre le galant homme, et qu'il ne seroit pas raisonnable que je me commisse avec un masque, je vous addresseray, s'il vous plaist, ce petit discours, comme si vous estiez luy-mesme.»
Cette lettre, dans laquelle Claveret nous donne un grand nombre de détails curieux pour l'histoire littéraire du temps, est datée de Paris le 4 juillet 1637. Elle est suivie d'un post-scriptum ainsi conçu:
«Si je ne craignois d'abuser de vostre bonté je vous prierois de faire tenir la cy-jointe à vostre Amy, que vous empescherez s'il vous plaist de plus outrager le mien: autrement nous userons du droict de représaille sur un des vostres, qui n'a desjà que trop souffert pour vos interests, et ceux de vostre Chef-d'oeuvre. J'aime mieux paroître obscur que satyrique.»
Vient ensuite la _Response à l'Amy du Cid sur ses invectives contre le Sieur Claveret_, qui occupe les pp. 30 à 48.
1374. LETTRE || DV || DES-INTERESSÉ, || AV SIEVR MAIRET. _S. l. n. d. [Paris, 1637]._ In-8 de 7 pp.
Cette pièce, que le P. Niceron attribue à tort à Corneille, a été reproduite par M. Marty-Laveaux (t. IIIe, pp. 62-67); l'imprimé n'a qu'un simple titre de départ.
1375. ADVERTISSEMENT || AV BESANÇONNOIS || MAIRET. || M.DC.XXXVII [1637]. In-8 de 12 pp. (y compris le titre) et 22 ff. blancs.
Cette pièce, reproduite en entier par M. Marty-Laveaux (t. IIIe, pp. 67-76), est attribuée à Corneille lui-même par les frères Parfaict.
1376. RECVEIL || DES BONNES || PIECES QVI ONT ESTÉ || FAITES POVR & CONTRE || LE CID. || Par les bons esprits de ce temps. || _A Paris, || Chez Nicolas Trabo[=u]illet, au Palais, || en la Gallerie des prisonniers, à || la Tulippe_; [ou _Chez Cardin Besongne, au Palais, au haut de la montée de la Ste Chapelle, aux Rosés vermeilles_]. || M.DC.XXXVII [1637]. In-12.
M. Taschereau s'est borné à citer ce _Recueil_ d'après une _Vie de Corneille_, «manuscrit d'une date ancienne qui faisait partie de la bibliothèque de M. de Soleinne», sans vérifier si c'était une réimpression ou un recueil factice d'un certain nombre de factums publiés dans la querelle du _Cid_. Nous avons été plus heureux que M. Taschereau, et nous avons pu constater que le volume dont nous venons de transcrire le litre n'est qu'un recueil factice pour lequel les libraires _Trabouillet_ et _Besongne_ avaient fait imprimer un titre. Voici l'indication des pièces que contient l'exemplaire de M. le baron James de Rothschild, en tout conforme à l'exemplaire au nom de _Besongne_, décrit au catalogue Soleinne (t. Ve, no 428). On remarquera que les libraires ne se sont pas appliqués à les ranger d'une manière absolument méthodique:
1º Titre;
2º _Observations sur le Cid_ (no 1350);
3º _Excuse à Ariste_ (no 142); cette pièce est encartée entre le titre des _Observations_ et le f. blanc qui suit ce titre;
4º _Lettre apologétique du Sr Corneille_ (no 145);
5º _La Voix publique à Monsieur de Scudery_ (no 1355);
6º _L'Amy du Cid à Claveret_ (no 1359);
7º _La Preuve des Passages alleguez dans les Observations sur le Cid_ (no 1365);
8º _L'Incognu et véritable Amy de Messieurs de Scudery et Corneille_ (no 1356);
9º _Lettre à *** sous le nom d'Ariste_ (no 1361);
10º _Responce de *** à *** sous le nom d'Ariste_ (no 1362);
11º _Lettre pour Monsieur de Corneille contre les mots de la Lettre sous le nom d'Ariste_ (no 1363);
12º _Discours à Cliton sur les Observations du Cid_ (no 1368);
13º _Epistre familière du Sr Mayret au Sr Corneille_ (no 1373);
14º _Le Souhait du Cid en faveur de Scuderi_ (no 1357);
15º _Lettre du des-interessé au Sieur Mairet_ (no 1374).
1377. APOLOGIE || POVR MONSIEVR || MAIRET, contre || les calomnies du Sieur Corneille de Roüen. || M.DC.XXXVII [1637]. In-4 de 32 pp.
Cette pièce, que ni M. Taschereau ni M. Marty-Laveaux n'ont pu voir, existe à la Bibliothèque Sainte-Geneviève (Y. 458 (3) Rés.).
1378. LETTRE de M. l'abbé de Bois-Robert à M. Mairet.
Cette lettre, relative à la querelle du _Cid_, et datée du 5 octobre 1637, a été imprimée pour la première fois dans le _Recueil de Dissertations sur plusieurs tragédies de Corneille et de Racine_ (no 1336), t. Ier, pp. 114 sqq.
1379. LETTRE DE || Mº DE BALZAC, || A Mº DE SCVDERY, || SVR SES OBSERVATIONS || DV CID. || Et la Response || de Mº de Scudery, || à Mr de Balzac. || Auec la Lettre de || Mr de Scudery à Messieurs || de l'Academie Françoise, || sur le iugement qu'ils ont fait du Cid, || & de ses Obseruations. ||_A Paris, || Chez Augustin Courbé, Libraire || & Imprimeur de Monseigneur frere du Roy, || dans la petite Salle du Palais, à la Palme_; [ou _Chez Antoine de Sommauille || au Palais dans la petite Sale_ [sic], || _à l'Escu de France_] M.DC.XXXVIII [1638]. In-8 de 34 pp.
_La Lettre de M. de Balzac à M. de Scudery_ occupe les pp. 3-14; ensuite vient 1 f. blanc, qui n'est pas compris dans la pagination et qui termine le cahier B.--La _Response de Mr de Scudery à Monsieur de Balzac_ remplit les cahiers C et D, dont les pp. sont chiffrées de 15 à 39.--La _Lettre de Mr de Scudery à Messieurs de l'Académie Françoise_ n'occupe que 2 ff., signés E et paginés de 31 à 34.
Bibliothèque nationale (Y. 5665 (5) Rés.) 2 exempl.
1380. LES SENTIMENS || DE || L'ACADEMIE || FRANÇOISE || SVR || LA TRAGI-COMEDIE || DV CID. || _A Paris, || Chez Iean Camusat, ruë sainct || Iacques, à la Toyson d'Or._ || M.DC.XXXVIII. || Auec Privilege du Roy. In-8 de 192 pp.
L'extrait du privilége se trouve à la fin de la p. 192. Il est daté du 26 novembre 1637 et donné à _J. Camusat_ pour dix ans.
La Bibliothèque nationale possède le manuscrit original de Chapelain, avec des notes autographes du cardinal de Richelieu. Voy. les détails que M. Marty-Laveaux donne à ce sujet (t. IIIe, p. 34, note 1).
1381. LES SENTIMENS || de || L'ACADEMIE FRANÇOISE || SUR || LA TRAGI-COMEDIE DU CID. || _A Paris || En la boutique de G. Quinet au Pa- || lais à l'entrée de la Gallerie des || Prisonniers à l'Ange Gabriel._ || M.DC.LXXVIII [1678]. || Avec Privilege du Roy. || Pet. in-8 de 183 pp.
Au verso du dernier feuillet, chiffré 183, se trouve le privilége daté du 26 novembre 1637, et portant deffences à tous autres qu'à _Jean Camusat_ d'imprimer le présent volume pendant l'espace de dix ans.
1382. OBSERVATIONS sur les Sentiments de l'Academie Françoise. Msc. de 35 ff. non chiffr. et 1 f. blanc, à la Bibliothèque Sainte Genevieve (Y. 458 (3), in-4, Rés.).
Il est possible que ces _Observations_ aient été imprimées, et que l'Académie, à l'adresse de qui elles contiennent une assez vive critique, ait obtenu la suppression de l'édition. La copie que nous citons est d'une belle écriture de la première moitié du XVIIe siècle et fait partie d'un recueil qui a dû être formé vers 1650 (il contient une pièce de 1643). Voici le début de cette apologie du _Cid_:
_«Observations sur les Sentiments de l'Academie Françoise._
«Ceux qui par un désir de gloire se veulent rendre les Censeurs des ouvrages qui sont donnés au public ne doivent pas trouver mauvais que le public mesme se rende le juge de leur censure, et comme ils entreprennent librement de corriger les oeuvres d'autruy, et de soumettre à leur jurisdiction les Livres et les Autheurs, ainsi est-il raisonnable que leurs ouvrages souffrent la mesme correction et qu'à leur exemple chacun se donne la liberté de les examiner par les regles de sa propre raison, puisque sans authorité ils exercent une espece d'inquisition sur les Lettres, il est bien juste que ceux qui en font commerce soient aussi les inquisiteurs de leurs jugements, qu'ils corrigent leurs corrections, et qu'ils facent voir à ces nouveaux critiques que leur censure mesme n'est pas exempte de reprehension.
«Si, en la correction de la Tragicomedie du _Cid_, les censeurs académiques eussent suivy les regles communes et ordinaires d'une juste censure, et si balançant leur jugegement entre les loix de la justice et celles de la grace, ils eussent corrigé les deffauts qui estoient reprehensibles et pardonné à ceux qui estoient remissibles, leurs _Sentiments_ eussent passé sans reproche, et tant de belles observations qu'ils contiennent eussent eu les louanges et les couronnes qu'elles pouvoient meritter. Certes nous leur rendons ce témoignage que l'élégance et la beauté du style relevé de poinctes égyptiennes et les raisons revestues de belles et specieuses apparences pouvoient porter cet ouvrage jusques au dernier degré de l'admiration. Mais quand on vient à l'examiner comme l'Académie a examiné la Tragicomedie du _Cid_, c'est à dire à la rigueur et par des regles severes et tyranniques, par chiquaner et pointiller comme elle a faict jusques aux moindres et plus legeres particules, combien de taches dans cette belle piece, que de nuages parmy ces brillans, et que de plates peintures entresemées parmy ces images de relief.
«Que les criticques en jugent sur nos indices, et qu'à nostre déclaration ilz examinent d'abord la premiere periode de ces beaux sentiments academiques, periode qui devroit estre ornée et embellie comme l'entrée et le frontispice d'un ouvrage corinthien et qui cependant n'est rien qu'un amas de paroles rudes, confuses, sans raison ni liaison. Mais pour en bien juger, il la faut considerer en son jour et en sa propre situation:
«_Ceux qui par quelque desir de gloire donnent leurs ouvrages au public ne doibvent pas trouver estrange que le public s'en face le juge. Comme le present qu'ilz luy font ne procede pas d'une volonté tout a faict des-interessée et qu'il n'est pas tant un effect de leur libéralité que de leur ambition, il n'est pas aussi de ceux que la biensceance veut qu'on reçoive sans en considérer le prix._»
Cette seule phrase fournit à l'auteur quatre observations dans lesquelles il ne ménage pas l'Académie.
1383. L'INNOCENCE ||ET LE || VERITABLE AMOVR || DE || CHYMENE. || Dedié aux dames. || _Imprimée cette Année_ || M.DC.XXXVIII [1638]. Pet. in-8 de 47 pp.
Cette pièce, dont un exemplaire est conservé à la Bibliothèque de l'Arsenal (13826. B), contient la défense de Corneille, en même temps que celle de Chimène. «Nostre divin poëte, y est-il dit p. 47, n'a eu autre intention que de contenter les plus gentils esprits, il les a non-seulement contenté, mais ravy; que son poëme soit regulier ou irregulier, cela luy doit estre indifferent, il n'enviera jamais à son censeur la premiere chaire dans les ecoles pendant qu'il sera regardé et consideré dans la Cour, comme l'unique et le plus ravissant des poëtes.»
1384. LA SVITE || ET LE || MARIAGE || DV CID, || Tragi-Comedie. || _A Paris, || Chez Toussainct Quinet, au Palais sous || la montée de la Cour des Aydes._.|| M.DC.XXXVIII [1638]. || Auec Priuilege du Roy. In-4 de 4 ff. et 108 pp.
Collation des ff. prélim.: titre, avec un fleuron qui représente une fontaine jaillissante éclairée par le soleil; on lit au-dessus de cette fontaine, sur une banderole qui s'enroule dans la bordure, cette devise: _Heureux qui naist ainsi_;--3 pp. pour la dédicace _A Madame la Duchesse de Lorraine_, dédicace signée C.;--1 p. pour le _Privilége_ (accordé pour dix ans à _Quinet_, à la date du dernier jour de juillet 1637, et suivi d'un achevé d'imprimer du dernier octobre 1637);--1 p. pour l'_Argument du premier acte_;--1 p. pour les _Acteurs_.
Cette pièce, en cinq actes et en vers, est l'oeuvre de Chevreau, qui espérait peut-être, en signant seulement de son initiale, que le public l'attribuerait à Corneille.