Part 48
5º _Le Jugement du Cid, composé par un Bourgeois de Paris, Marguillier de sa paroisse_; Paris, 1637, in-8: t. Ier. pp. 99-113;
6º _Lettre de M. l'abbé de Boisrobert à M. Mairet_: t. Ier, pp. 114-117;
7º _Critique de la Sophonisbe de Corneille, tirée de la troisième Partie des Nouvelles Nouvelles, par M. Dauneau de Visé_; Paris, 1663, in-12: t. Ier, pp. 118-133;
8º _Dissertation concernant le Poëme dramatique, en forme de Remarques sur la Tragédie de M. Corneille, intitulée Sophonisbe, par l'abbé d'Aubignac_; Paris, 1663, in-12: t. Ier, pp. 134-153;
9º _Défense de la Sophonisbe de M. Corneille, par M. Dauneau de Visé_; Paris, 1663, in-12: t. Ier, pp. 154-194;
10º _Lettre sur les Remarques qu'on a faites sur la Sophonisbe de M. Corneille_; Paris, 1663, in-12: t. Ier, pp. 195-212;
11º _Seconde Dissertation concernant le Poëme dramatique, en forme de Remarques sur la Tragédie de M. Corneille, intitulée Sertorius, par l'abbé d'Aubignac_; Paris, 1663, in-12: t. Ier, pp. 213-292;
12º _Défense du Sertorius de M. Corneille, par M. Dauneau de Visé_; Paris, 1663, in-12: t. Ier, pp. 293-373;
13º _Troisième Dissertation concernant le Poëme dramatique, en forme de Remarques sur la Tragédie de M. Corneille, intitulée l'OEdipe, par l'abbé d'Aubignac_; Paris, 1663, in-12: t. IIe, pp. 1-69;
14º _Dissertation sur la Tragédie de Racine, intitulée Alexandre, à Madame Dourneau; par M. de Saint-Évremond_; dans les _OEuvres de Saint-Évremond_, Amsterdam, 1726, in-16: t. IIe, pp. 70-84;
15º _La Folle Querelle, ou la Critique d'Andromaque, Comédie de M. de Subligny_; Paris, 1668, in-12: t. IIe, pp. 85-187;
16º _La Critique de la Bérénice de Racine, par l'abbé de Villars_; Paris, 1671, in-12: t. IIe, pp. 188-207;
17º _La Critique de la Bérénice de Corneille, par le même_; Paris, 1671, in-12: t. IIe, pp. 208-222;
18º _Réponse à la Critique de la Bérénice de Racine, par Subligny_; Paris, 1671: t. IIe, pp. 223-254;
19º _Tite et Titus, ou les Bérénices, Comédie en trois actes_; Utrecht, 1673, in-12: t. IIe, pp. 255-312;
20º _Remarques sur l'Iphigénie de Racine_; Paris, 1675, in-12: t. IIe, pp. 313-350;
21º _Dissertation sur les Tragédies de Phèdre et Hippolyte, par Subligny_; Paris, 1677, in-12: t. IIe, pp. 351-414.
L'abbé Granet dit, dans sa Préface, qu'il a formé le dessein de donner une histoire critique des principales disputes élevées en France, depuis le commencement du XVIIe siècle, en matière d'éloquence, de poésie, d'histoire et de tout ce qui a rapport aux belles-lettres. «Ce dessein m'a obligé, ajoute-t-il, de rassembler une infinité de petits écrits qui sont devenus fort rares, et dont une partie a formé les deux volumes que je publie, parce qu'ils m'ont paru renfermer des détails curieux, concernant le Théâtre-François, et retracer en partie le progrès du goût en fait de Poésie dramatique.
«Il n'en est point des critiques des pièces de Théâtre comme des critiques de la plupart des autres ouvrages. Un homme de lettres examine dans son cabinet un livre nouveau; il en démêle tous les rapports, les beautés et les défauts; ce n'est, à proprement parler, que l'ouvrage de son esprit; mais une pièce de théâtre qui a été représentée plusieurs fois essuye la critique du parterre et du public; cette critique vole de bouche en bouche, et l'auteur qui, dans un écrit imprimé, s'érige en censeur de la pièce, ne manque pas de profiter de ces observations; ainsi il est en partie l'écho du public, dont il atteste le goût aux siècles à venir.
«Des personnes zélées pour la gloire de Corneille et de Racine, opposeront peut-être qu'un pareil Recueil ne sçauroit être honorable à leur mémoire, et qu'il vaudroit mieux laisser périr de pareils écrits. Mais, outre que dans quelques-uns ils sont défendus, il y en a d'autres où leurs beautés et leurs défauts sont équitablement pesés. Je ne vois pas que des ouvrages faits contre ces deux grands Poëtes puissent jamais nuire à leur réputation; ils ne servent qu'à faire connoître la manière dont on a apprécié leurs productions, auxquelles je conviens qu'en bien des choses on a dans la suite rendu plus de justice, parce que le goût s'est épuré et que l'intelligence des beautés dramatiques est devenue plus lumineuse.»
1337. LETTRE SUR CORNEILLE ET SUR RACINE, par M. l'abbé Simon [Louis-Benoît]. _S. l._, 1758. In-12.
1338. PARALLÈLE DES TROIS PRINCIPAUX POËTES TRAGIQUES FRANÇOIS, CORNEILLE, RACINE ET CRÉBILLON, précédé d'un abrégé de leurs vies et d'un catalogue raisonné de leurs ouvrages, avec plusieurs Extraits des Observations faites par les meilleurs juges sur le caractère particulier de chacun d'eux... [par Fontanelle, Vauvenargues, Gaillard, etc., etc.] _Paris, Saillant, 1765._ In-12.
1339. DISSERTATION SUR CORNEILLE ET RACINE, suivie d'une Épître en vers [par Durosoi]. _Londres et Paris, Lacombe, 1773._ In-8.
1340. OBSERVATIONS SUR RACINE ET INCIDEMMENT SUR CORNEILLE.
_Mélanges académiques_, de Gaillard, t. IIIe, pp. 320-402.
1341. SUR CORNEILLE ET RACINE.
Fragment en prose inséré sans nom d'auteur dans _les Quatre Saisons du Parnasse_, publiées par Fayolle; 2e année, Printemps (Paris, Mondelet, 1806, in-12), pp. 229-234.
1342. CORNEILLE, RACINE ET LEUR ÉPOQUE, par M. Auguste de Lavallery.
_Essor, préludes philosophiques et littéraires_, t. Ier, 2e livr. (Paris, 20 septembre 1833, in-8), pp. 33-42.
1343. CORNEILLE, RACINE ET MOLIÈRE. Deux cours sur la poésie dramatique française au XVIIe siècle par Eugène Rambert, ancien professeur à l'Académie de Lausanne, professeur à l'École polytechnique fédérale de Zurich. _Lausanne, A. Delafontaine, Libraire-Éditeur, 1861._ In-8 de 516 pp. et 1 f. d'_Errata_.
1344. CORNEILLE ET RACINE ONT-ILS FAIT PARLER L'ANTIQUITÉ?
Littérature et Philosophie par Émile Ferrière (Paris, Marpon, 1865, in-12), pp. 31-58.
M. Ferrière prend ça et là quelques vers de Corneille et de Racine, qui expriment des sentiments tout modernes, et se hâte de conclure que ni l'un ni l'autre n'ont su faire parler l'antiquité. Mais les vers que cite M. Ferrière sont tous empruntés à des scènes d'amour, c'est-à-dire aux scènes où les auteurs n'ont pas voulu s'écarter du goût raffiné de leur siècle; il serait facile de leur en opposer d'autres, tels que les discours politiques de _Cinna_, de _Nicomède_ et de _Britannicus_. La conclusion du critique est donc fausse, en ce qu'elle est trop absolue.
1345. OBSERVATIONES GRAMMATICAE ET LEXICOLOGICAE DE LINGUA CORNELIANA ET RACINIANA.--REMARQUES GRAMMATICALES ET LEXICOLOGIQUES SUR LA LANGUE DE CORNEILLE ET CELLE DE RACINE. Dissertatio philologica quam die VII mensis decembris A. MDCCCLXXI publice defendet Petrus Aretz Rhenanus. _Bonnae, formis I. F. Carthausii._ In-8 de 46 pp. et 1 f.
XIX.--DISSERTATIONS, CRITIQUES, PIÈCES DE THÉATRE ET PARODIES RELATIVES AUX OUVRAGES SÉPARÉS DE CORNEILLE.
I
1346. MÉLITE, OU LA PREMIÈRE PIÈCE DE CORNEILLE, nouvelle historique, par Dumersan.
Le _Monde Dramatique_, t. Ive, pp. 337 sqq., no Du 6 Juin 1837.
Cette nouvelle a été mise par l'auteur en un acte et en vers, et représentée sous cette forme sur le théâtre des arts à rouen le 29 juin 1837. Voy. le no 1570.
VII
1347. PARALLÈLE DES BEAUTÉS DE CORNEILLE AVEC CELLES DE PLUSIEURS SCÈNES DE LA MÉDÉE DE SÉNÈQUE.
Lu à la séance de la Société libre d'émulation de Rouen du 16 juin 1804.
VIII
1348. DÉCORATION DE L'ILLUSION COMIQUE.
La Bibliothèque nationale possède (msc. franç., no 24330) un manuscrit intitulé: Mémoire de plusieurs décorations qui serue [sic] aux pieces contenus [sic] en ce present Liure commance per Laurent mahelot Et continué par michel Laurent En lannee 1673. In-fol.
Ce manuscrit, dont les deux auteurs étaient fort ignorants, contient la description suivante, accompagnée d'un grand dessin. En dépit du titre, il ne peut être question ici que de l'_Illusion comique_:
«_La Mélite_» de M. de Corneille.
«Au milieu il faut un Palais bien orné. A un costé du theâtre [à droite] un autre pour un Magicien, au-dessus d'une montaigne; de l'autre costé du theatre un parc. Au premier acte, une Nuict, une Lune qui marche, des rossignols, un Miroir enchanté; Vne baguette pour le Magicien, des Carquans ou Menottes, des trompettes, des Cornets de Papier, un chapeau de ciprez pour le Magicien.»
Le continuateur du manuscrit, plus ignorant encore que le premier, n'a pas été en état d'esquisser même un dessin grossier. Il s'est borné à nous donner une liste des pièces qui composaient le répertoire courant de 1673 à 1685, avec l'indication sommaire des décorations et des accessoires requis pour la représentation. Les pièces de Corneille qui figurent dans cette liste sont: _le Cid_, _Horace_, _Cinna_, _Polyeucte_, _Rodogune_, _Héraclius_, _Andromède_, _Don Sanche_, _OEdipe_, _Sertorius_, _Othon_ et _Suréna_.
Voici un spécimen des indications recueillies par le machiniste:
_Rodogune._
Theatre est une salle de palais au second acte il faut un fauteuille [sic] et deux tabourest [sic] au cinquiesme acte trois fauteuille Et un tabourest une coupe d'or.
L'indication d'_Andromède_, «pièce en machine Jouee en 1682 Et recommancee [sic] le 22 janvier 1683» montre que le théâtre auquel appartenait Michel Laurent était le théâtre du faubourg Saint-Germain.
Les dernières indications fournies par le machiniste ont été recueillies par M. E. Despois (_le Théâtre français sous Louis XIV_; Paris, 1874, in-12, pp. 410-415), mais l'auteur de cet excellent travail n'a pas eu l'idée d'y faire figurer le décor de l'_Illusion comique_.
IX
1349. L'AVTEVR || DV VRAI CID || ESPAGNOL, || A ||SON TRADVCTEVR || FRANÇOIS. || Sur vne Lettre en vers qu'il a fait Imprimer,||intitulée, Excuse à Ariste, Où, après cent || traicts de vanité, il dit de soy-mesme, ||Ie ne dois qu'à moy seul toute ma renommée. [_Paris, 1637_]. In-8 de 2 ff., caract. ital.
Ce pamphlet, attribué par Corneille à Mairet, paraît avoir été le premier factum dirigé contre le _Cid_, après l'imprudente _Excuse à Ariste_ (voy. le no 141); il se compose de six strophes de six vers signées: _Don Baltazar de la Verdad._ Voici les deux premières strophes:
_L'Espagnol._
Je parle à toy vanteur, dont l'audace achevée, S'est depuis quelques jours dans le Ciel eslevée, Au mespris de la terre, et de ses habitans, A toy dont l'insolence en tes escrits semée Et bien digne du fast des plus foux Capitans, Soustient que ton merite a fait ta renommée. Les noms de deux ou trois, dont tu veux faire acroire, Qu'en les traittant d'esgaux tu les combles de gloire Dans l'Espagne, et plus outre avoient déja couru, Mais de ton froid esprit qui se paist de fumée, Rien certes dans Madrid n'avoit jamais paru, Et le _Cid_ seulement y fait ta renommée.
1350. OBSERVATIONS || SVR || LE CID. || _A Paris. || Aux despens de l'Autheur_ || M.DC.XXXVII [1637]. In-8 de 2 ff., dont le premier est blanc, et 96 pp.
Première édition de la célèbre critique de Scudéry; elle se reconnaît aux _Fautes d'Impression_ indiquées au verso du titre:
Page 12, ligne 3: _euenemeut_, lisez _euenement_. Page 14, ligne 8: _ses_, lisez _ces_. Page 14, ligne 11: _Sopocle_, lisez _Sophocle_. Page 44, ligne 6: _Mone_, lisez _Monsieur_.
Dans certains exemplaires, on a retourné le f. blanc et l'on a encarté entre ce f. et le f. de titre l'édition de l'_Excuse à Ariste_, décrite ci-dessus (no 142).
1351. OBSERVATIONS || SVR || LE CID. || Ensemble l'excuse à Ariste & || le Rondeau. || _A Paris, || Au_ [sic] _despens de l'Autheur_. || M.DC.XXXVII, [1637]. In-8 de 4 ff. et 96 pp.
Collation des feuillets préliminaires: titre avec un fleuron composé de rinceaux dans le milieu desquels se trouve une tête coiffée de plumes; 3 ff. pour l'_Excuse à Ariste_ et le _Rondeau_.
Cette édition se distingue facilement de la précédente, même si elle est incomplète des feuillets préliminaires, parce que les fautes d'impression y ont été corrigées.
1352. OBSERVATIONS || SVR || LE CID. || Ensemble l'excuse à Ariste & || le Rondeau. || _A Paris. || Au_ [sic] _despens de l'Auteur_. || M.DC.XXXVII [1637]. In-8 de 4 ff., 94 pp. et 1 f. blanc.
Collation des feuillets préliminaires: titre;--5 pp. pour l'_Excuse à Ariste_;--1 p. pour le _Rondeau_.
1353. LES || FAVTES || REMARQVEES || EN LA || TRAGICOMEDIE || DV CID. || _A Paris,|| Aux despens de l'Autheur._ || M.DC.XXXVII. In-8 de 43 pp., y compris le titre.
Même ouvrage que le précédent sous un autre titre. Le titre de départ, p. 3, porte: _Observations sur le Cid._
C'est au factum de Scudéry que Corneille répondit dans sa _Lettre apologétique_ (voy. le no 144).
1354. LA || DEFFENSE || DV CID. || _A Paris_, || M.DC.XXXVII [1637]. In-4 de 28 pp., y compris le titre.
Le titre porte un fleuron qui nous paraît être celui de _L. Maurry_, de Rouen. Ce détail a son importance, parce qu'il prouverait que la _Deffense du Cid_ aurait été écrite, sinon par Corneille lui-même, du moins sous son inspiration, par un de ses compatriotes.
Voici en quels termes M. Taschereau (_Hist. de Corneille_, 2e édit., p. 301) a parlé de cette pièce:
«Cette _Défense du Cid_, à laquelle il est fait allusion dans plusieurs des pamphlets dont nous aurons bientôt occasion de parler, notamment dans la _Lettre apologétique du sieur Corneille_ (1637), est mentionnée t. I, p. lxxix, du _Théâtre de Corneille_, édit. de 1747, et t. V, p. 256, de l'_Histoire du Théâtre-Français_ (par les frères Parfaict), et, avant cela, dans les _Mémoires pour servir à l'histoire des hommes illustres_ (voir t. XX, p. 88 et suiv.). Nous devons avouer qu'elle a échappé à toutes nos recherches, et nous ne l'avons même vu mentionner nulle part, de manière à croire que ceux qui en ont parlé aient été plus heureux que nous. Ainsi Niceron, qui, en citant la plupart des pamphlets publiés à l'occasion du _Cid_, donne exactement le nombre de pages de chacun de ceux qu'il cite, ne le fait pas pour la _Défense du Cid_, et, s'il en indique le format, c'est qu'en indiquant celui dans lequel furent imprimées toutes les autres pièces de cette discussion, il aura cru pouvoir donner comme une certitude une conjecture assez vraisemblable.»
Les recherches de M. Marty-Laveaux n'ont pas eu plus de succès que celles de M. Taschereau; mais du moins le savant éditeur a donné, d'après des notes manuscrites de Van Praet, une description assez exacte de la pièce (il indique cependant 32 pp. au lieu de 28). Nous avons eu la bonne fortune de trouver enfin un exemplaire de la _Deffense du Cid_ à la bibliothèque Sainte-Geneviève (Y. 458 (1) Rés.), et, comme la même collection possède plusieurs autres pièces sur le _Cid_, qui n'ont été décrites que par Van Praet et qui ne sont nulle part ailleurs, nous croyons que cet exemplaire est celui que le célèbre bibliographe aura eu entre les mains.
Pour donner une idée de ce factum, nous en transcrivons fidèlement le début:
La Deffense DV CID.
Ces iours passez voyant paroistre vn liuret contre le sentiment commun, et contre l'approbation generale que tous les bons Esprits auoi[=e]t d[=o]nee à la Tragicomedie DV CID, et remarquant que ce liuret poussoit vne si foible voix qu'on empruntoit tous les Echos de la Gazette pour la faire mieux retentir, et que d'ailleurs il se presentoit hors de saison apres auoir souffert sans resistance que son ennemy fist la conqueste et triomphast de la creance de tout le monde: ie iugeay que son effet seroit pareil à celuy d'vne troupe de picoteurs qui n'osant affronter vn regiment le laissent librem[=e]t passer pour venir fondre apres sur la queuë et se ruer sur le bagage. Et me sentant pressé par la clameur importune de ces Gazettons du Pont-Neuf pendant une semaine ne voyant point de iour à me mettre en colere contre eux mon despit s'auança iusqu'au liure que l'achetay tout indigné de ce qu'il troubloit le plaisir que l'auois eu à lire quelques Scénes DV CID, à l'ouuerture du premier feuillet ma veuë tomba sur ces mots AVX DESPENS DE L'AVTHEVR: certes pensay-ie en moy, cet esprit prognostique, comme vn fidele Almanach, l'euenement de son liure qui aura cours au despens de sa reputation. Et me mettant à lire pour entreuoir le dessein de l'Autheur dedans le cours de ses paroles. Ie fis iugement que cet oeuvre estoit la descharge de sa melancolie, me persuadant par la suite de son discours que le grand esclat de l'ouurage fait pour LE CID, auoit produit sur l'ame de ce personnage ce que le Soleil fait quand il est joint à la canicule à l'endroit de nos corps qu'il desseiche et recuit, et faisant bo[=u]illir au dedans la melancolie, rend la ratte où elle se retire fort dure et importune. Ie le leuz donc en paix, et permis le libre cours à cet esprit qui se purgeoit, dont ie ne m'offensois non plus que des plaintes d'vn malade de qui le mal cautionne et excuse l'impatience, me promettant que cet homme seroit desormais bien gay apres auoir mis hors tant de mauuaises humeurs, ce qui me fait croire que ie pourrois par vne Response l'aborder seurement sans craindre son indignation, pensant bien qu'il n'y en pourroit plus auoir, ayant jetté tant de bile noire: En tout cas ie me suis persuadé qu'il ne sera pas plus mauuais à la recharge qu'à l'attaque, où son plus grand feu est employé. Et comme le grand zele qui l'anime à l'honneur des Poëtes luy a fait pr[=e]dre la plume, le desir de mettre paix entre deux combatans, me porte à en arrester le cours en luy monstrant tout doucement que sa veuë est préoccupée, et son organe vicie comme d'un fievreux à qui le vin semble amer à cause du fiel qui s'amasse sur sa langue et sur son palais. Des esprits plus au[=a]tageux que le mien eussent renuoyé son liure à la jalousie conceuë à l'encontre DV CID, comme vn effet naturel a sa cause propre, mais ie me suis volu efforcer d'auoir de luy de plus hauts sentimens, et croire quoy qu'à peine qu'vne grande ame comme la sienne ne se laisse pas toucher, ny mesme abborder par l'enuie qui est la plus basse de toutes les passions de l'homme, et le plus fort argument qu'il est esloigné de la vertu, puisque par elle le bien luy desplaist mesme en autruy, où il ne le peut contraindre à aucune subjection, mais en voulant le refuter, i'ay bien rencontré de l'obstacle, trouuant son ordre si confus qu'il offusque son dessein: Sa p[=e]see est de frapper sur celuy qui nous a fait parler François, cette belle Tragicomedie, mais n'y trouuant que peu ou point de prise il s'est fait de l'Autheur et du Traducteur vn seul objet de son mespris, les meslant confusément tous deux comme vn sujet vnique de la Satire qu'il en fait, mais par ce que l'ordre me plait, ie traitteray à part ce qu'il dit contre l'Autheur et separement, aussi les deffauts qu'il allegue contre son Traducteur faisant ainsi de ce discours deux parties sans obmettre pourtant la suite des cinq poincts où se reduit sa censure lesquels ie cite mot à mot:
1. Que le sujet n'en vaut rien. 2. Qu'il choque les principales reigles du Poëme Dramatique. 3. Qu'il manque de iugement en sa conduite. 4. Qu'il a beaucoup de meschans vers. 5. Que presque tout ce qu'il a de beautez sont empruntées.
De ces cinq articles, les trois premiers ne peuvent regarder que l'Autheur, le Traducteur n'y a point de part, il n'a qu'à ne deffendre des derniers où l'imposition qu'on luy fait est si legere qu'elle ne merite pas son courroux, vne moindre plume de beaucoup que la sienne pourra bien destourner le coup.
(Suit la première partie.
1355. LA VOIX || PVBLIQVE. || A || MONSIEVR DE || SCVDERY sur les || Obseruations du Cid. || _A Paris._ || M.DC.XXXVII [1637]. In-8 de 7 pp.
1356. L'INCOGNV || ET || VERITABLE AMY || DE MESSIEVRS DE || SCVDERY ET || CORNEILLE. || M.DC.XXXVII [1637]. In-8 de 7 pp., y compris le titre.
L'auteur, qui signe D. R., et que le P. Niceron a cru être Rotrou, voudrait concilier Scudéry et Corneille.
1357. LE || SOVHAIT || DV CID || EN FAVEVR || DE SCVDERI. || Vne Paire de Lunettes || pour faire mieux ses Obseruations. M.DC.XXXVII [1637]. In-8 de 36 pp.
Pamphlet favorable à Corneille; on lit à la fin: MON RIS.
1358. LETTRE || DV Sr || CLAVERET, ||AV Sr || CORNEILLE, || soy disant Autheur || du Cid. || _A Paris._ || M.DC.XXXVII [1637]. In-8 de 15 pp., y compris le titre.
Le titre de départ, p. 3, porte: _Lettre || contre vne || inuectiue || du Sr || Corneille, || soy disant Autheur du Cid._
«Monsieur, dit Claveret en commençant, j'avoue que vous m'avez surpris par la lecture de vostre lettre apologitique, et que je n'attendais pas d'un homme, qui faisoit avec moi profession d'amitié, une si ridicule extravagance, que celle qui vous fait dire à l'observateur du _Cid_ (au lieu de vous défendre contre luy par de bonnes raisons), _Il n'a pas tenu à vous que du premier lieu ou beaucoup d'honnestes gens me placent_, _je ne sois descendu au dessous de Claveret_. Ces termes si pleins de vanité, et dont vous vous servez vous-mesme pour embellir votre apologie, devoient (ce me semble) estre escris d'une autre main que de la vostre; et bien que l'esprit soit un legitime heritage, ou tout le monde croit avoir sa part, j'estois tout prest de vous signer que vous estes plus grand poete que moy, sans qu'il fust necessaire que vous empruntassiez les voix de tous les colporteurs du Pont-Neuf, pour le faire esclater par toute la France. Apres m'estre informé d'où pouvoit proceder une animosité si lasche et si extraordinaire, j'ay descouvert enfin qu'on vous avoit fait croire que j'avois contribué quelque chose à la distribution des premiers vers, qui vous furent adressez sous le nom du vray Cid Espagnol, et qu'y voyant vostre vaine gloire si judicieusement combattue, vous n'aviez pu vous empescher de pester contre moy, parce que vous ne saviez à qui vous en prendre.»
«Les frères Parfaict, t. Ve, p. 267 de leur _Histoire du Théâtre François_, disent que Claveret fit paraître une seconde lettre. Nous avons lieu de croire que cet écrit, dont ils ne donnent pas le titre, n'existe pas. Il est évident d'ailleurs, par le compte qu'ils en rendent, que ces historiens n'ont pu se procurer qu'un très-petit nombre de ces pamphlets.» TASCHEREAU, _Hist. de Corneille_, 2e édit., p. 407.
1359. L'AMY DV CID || A< || CLAVERET. || _A Paris._ || M.DC.XXXVII [1637]. In-8 de 8 pp., y compris le titre.
Pièce attribuée à tort à Corneille par la P. Niceron. Elle a été réimprimée par M. Marty-Laveaux, t. IIIe, pp. 53-56.
On trouve à la suite de l'_Epitre familiere du sieur Mairet_, une _Réponse à l'Amy du Cid_.
1360. LA VICTOIRE DV SR [SIC] CORNEILLE, SCVDERY ET CLAVERET, auec vne Remontrance par laquelle on les prie amiablement de n'exposer ainsi leur renommée à la risée publique. _Paris_, M.DC.XXXVII (1637). In-8 de 7 pp.
Cette pièce, que M. Marty-Laveaux n'a pu retrouver (voy, t. IIIe, p. 29), avait été citée par Van Praet. Nous avons eu la bonne fortune d'en rencontrer un exemplaire au Musée britannique (840. C. 22). / 4.
1361. LETTRE || A *** || SOVS LE NOM || D'ARISTE.
Ce n'est donc pas assez, & de la part des Muses, Ariste, C'est en vers qu'il vous faut des excuses, Mais la mienne pour vous n'en plaint pas la façon. Cent vers lui coustent moins que deux mots de || chanson, &c.
_S. l. n. d._ [_Paris_, 1637]. In-8 de 8 pp.
Cette lettre est attribuée par Niceron à Mairet, mais sans fondement sérieux. Nous avons eu l'occasion d'en citer un passage sous le no 4.
1362. RESPONCE || DE *** || A *** || SOVS LE NOM D'ARISTE. || _A Paris_, M.DC.XXXVII [1637]. In-8 de 8 pp., y compris le titre.