Part 44
Le sujet de _Polyeucte_ avait été indiqué à Donizetti par le célèbre chanteur Adolphe Nourrit, qui se proposait de créer le rôle pathétique du martyr chrétien. Au mois de mars 1838, Nourrit avait signé un engagement avec le directeur du théâtre Saint-Charles, à Naples; c'est là que devait être jouée la nouvelle partition. Le chanteur, qui abordait pour la première fois la scène italienne, croyait pouvoir compter sur un grand succès. «Ce qui me rassure tout à fait, écrivait-il à Mme Aucoc, sa soeur, à la date du 1er mai 1838, c'est le début dans un opéra nouveau, où je n'aurai de comparaison à subir avec personne, un opéra écrit pour moi par Donizetti, qui a le talent de mettre bien en relief les qualités de ses chanteurs et de cacher leurs défauts; et puis, par-dessus tout, le sujet de cet opéra, qui me plaît, que j'ai choisi et auquel j'ai foi. L'effet de mon rôle reposera sur l'exaltation du sentiment religieux, combattu un instant par la passion humaine, mais finissant par triompher. Toutes les fois que j'ai eu cette corde à faire vibrer, j'ai su trouver des accents sympathiques, et plus que jamais aujourd'hui je crois à l'effet de la musique religieuse.»
Donizetti donna tous ses soins à la composition de la musique qu'il écrivit autant pour la France que pour l'Italie; mais, au moment des répétitions, la censure napolitaine ne voulut pas permettre la représentation. «Le roi ne veut pas, écrivait Nourrît, le 16 août, à M. Duverger, que la religion chrétienne soit mise en scène, soit en bien, soit en mal... Je n'ai pas besoin de te dire tout ce que me donne à penser cette prohibition de notre _Polyeucte_: là-dessus nos idées doivent être les mêmes, comme elles l'ont été sur Rome. Il faut me dépêcher bien vite, bien vite, de gagner un peu de réputation dans ce pays, et revenir en France juste au moment où l'on voudra sortir de ce gâchis dans lequel tombent tous les jours davantage les affaires de l'art théâtral. Un jour que je serai moins pressé, nous causerons plus à l'aise de tout cela. En attendant, nous avons changé les personnages, le lieu de la scène et la religion de notre martyr chrétien, et nous en avons fait un _Guèbre_, sans rien changer ni aux situations du drame, ni aux sentiments. Dieu veuille que cette transmutation suffise aux susceptibilités de la censure royale. L'ouvrage y perdra, sans doute; mais j'espère, s'il est adopté ainsi, que le public ne voudra voir que des chrétiens.»
La censure napolitaine, inepte comme toutes les censures, qui croiraient manquer à leur rôle si elles ne suscitaient à l'art et aux artistes les plus misérables tracasseries, rejeta les _Guèbres_ comme elle avait condamné _Polyeucte_. Nourrit en conçut un violent chagrin, dont on trouve la trace dans toutes les lettres qu'il écrivit depuis. Il voulut débuter dans _la Muette_, dans _Guillaume Tell_, dans _les Huguenots_, dans _Lucrezia Borgia_, mais aucune de ces pièces ne trouva grâce devant les autorités royales. Il dut se contenter de rôles médiocres dans des opéras plus médiocres encore: _Il Giuramento_ et _Elena da Feltre_. Il crut s'apercevoir alors que ses études italiennes, loin de lui avoir profité, avaient nui à sa voix; il en eut un tel désespoir qu'il en devint presque fou. Dans un accès de fièvre chaude, il se jeta par la fenêtre et se tua (7 mars 1839). Voy. _Adolphe Nourrit, sa vie, son talent, son caractère, sa correspondance_, par L. Quicherat; _Paris, Hachette_, 1867, 3 vol. in-8.
1134. LES MARTYRS, opéra en quatre actes, Paroles traduites par M. Eugène Scribe, Musique de M. Donizetti, Divertissement de M. Corali. Représenté pour la première fois sur le Théâtre de l'Académie Royale de Musique, Le [ ] avril 1840. Prix: 1 franc. _Paris, Schonenberger_ [sic], _éditeur de musique, commissionnaire, boulevard Poissonnière_, 10; _Ch. Tresse, successeur de J.-N. Barba, Libraire, Palais-Royal, galerie de Chartres_, 2 _et_ 3; _Marchant, Boulevard Saint-Martin_, 12, 1840. Gr. in-8 de 27 pp. à 2 col., plus 2 ff. pour le catalogue musical de Schönenberger.
«Corneille traduit en opéra! dit Scribe dans l'_Avertissement_, quelle impiété littéraire!
«Les _messieurs_ qui, de nos jours, ont affiché le plus de mépris pour nos grands auteurs classiques vont, comme tous les faux dévots, crier le plus haut à la profanation.
«Deux mots de réponse:
«J'ai fait pour une tragédie de Corneille ce que nos pères avaient fait pour une tragédie de Racine: l'_Iphigénie en Aulide_, traduite en opéra, a fait connaître à la France une des plus belles partitions de l'immortel Gluck.
«Ensuite, et s'il est vrai, comme l'attestent nos plus illustres compositeurs, que la musique veuille avant tout des passions et des effets dramatiques, et que l'opéra le meilleur soit celui qui présente le plus de belles situations, on concevra sans peine que tous les ouvrages de Corneille doivent offrir, comme ils offrent en effet, de magnifiques sujets d'opéra!
«J'aurais voulu respecter et conserver intacts tous les vers de _Polyeucte_, mais la musique a des exigences auxquelles on doit se soumettre; de plus, il a fallu traduire les principaux morceaux, airs, duos, trios et finales, d'après la partition déjà faite du _Poliutto_, composé pour le théâtre de Saint-Charles, et défendu avant sa représentation par la censure de Naples.
«Si je me suis permis de supprimer les quatre confidents ou confidentes de Corneille, c'est que l'opéra doit mettre en action ce que la tragédie met en récit. Je n'ai hasardé, du reste, d'autres changements que ceux qui avaient été conseillés et indiqués avant moi, par Laharpe et par Andrieux.
«Quant au rôle du père et du gouverneur Félix, j'ai suivi l'idée donnée par Voltaire, qui désirait qu'à ce caractère pusillanime et peu digne de la tragédie, on substituât celui d'un zélé défenseur des divinités du paganisme; fanatique en sa croyance comme Polyeucte dans la sienne.»
La partition française des _Martyrs_ est plus importante que celle de _Poliuto_.
«Donizetti y ajouta l'ouverture, presque tout le premier acte, à l'exception de la cavatine de Pauline, les airs de ballet, le morceau d'ensemble qui termine le deuxième acte, l'air de basse au troisième acte et le trio du quatrième acte.
«Plusieurs morceaux de _Poliuto_ ne se retrouvent pas dans _les Martyrs_: la _prière_ intercalée dans la cavatine du ténor, la cabalette de la cavatine du baryton, l'air du ténor et une courte scène de Pauline (dans le grand duo), telles sont les pages italiennes qui ne figurent point dans l'opéra français, dont le troisième acte est d'un maître.
«Interprètes: _Duprez_ (Polyeucte), _Derivis_ (Félix), _Massol_ (Sévère), _Serda_ (Callisthène), _Wartel_ (Néarque), Mme _Dorus-Gras_ (Pauline).
«L'ouverture des _Martyrs_, dont l'allégro a le tort de rappeler celui de la _Vestale_, est coupée vers le milieu par un choeur lointain et mystérieux. Meyerbeer s'en est souvenu en écrivant l'ouverture du _Pardon de Ploërmel_.» CHOUQUET.
1135. PAOLINA E POLIUTO, opera in quattro atti. Nuova versione dal francese di C. Bassi. _Milano_, [1840?]. In-8.
Traduction italienne du livret de Scribe.
1136. POLIUTO, tragedia lirica in tre atti di Salvatore Cammarano; musica di Donizetti. _Parigi, Michel Levy Fratelli, editori, 1859._--POLYEUCTE, tragédie lyrique en trois actes, de Salvator Cammarano. Musique de Donizetti. Représenté pour la première fois, à Paris, le 14 avril 1859. _Paris, Michel Lévy frères, libraires-éditeurs, 1859._ In-8 de 51 pp.
Texte italien, avec traduction française en regard.
1137. POLIUTO, OU OS MARTYRES, tragedia lyrica em quatro actos de Salvador Cammarano, para ser representada com a musica de Donizetti no Theatro provisorio. _Rio de Janeiro, Typographia Dous de Dezembro de P. Brito, 1852._ In-8 de 63 pp.
Traduction portugaise de Luis Vincente de Simoni.
1138. [Cyrillique: Poliyevkt', Lybretto opery Donytsetty v' 3-kh' deystviyah'. Sanktpeterburh'], 1870. In-8.
Traduction russe du livret de _Poliuto_.
1139. [Cyrillique: Tsoliévkt'. Lybretto opery v' 3-kh' aktakh'. Moskva], 1872. In-8.
1140. POLIUTO, opera tragiczna w 3 aktach; rzecz Salv. Cammarana, muzyka K. Donizettego. (Tres[´c] zebrana w krótko[´s]ci). _Warszava, w drukarni J. Ungra. S. d._, in-12 de 28 pp.
Traduction polonaise du livret de _Poliuto_.
Dès que l'oeuvre de Donizetti eut été représentée à Paris, elle fit le tour de l'Italie et chaque théâtre en fit imprimer le livret. Il serait peu intéressant de rechercher ces diverses éditions.
1141. POLYEUCTE, opéra en cinq actes; paroles de ?; musique de Charles Gounod.
Cette partition, à laquelle l'auteur de _Faust_ travaille depuis longtemps, n'a pas encore vu le jour.
XVI
1142. RODOGUNA, Dramma per musica dell' Abate Andrea Minelli, Veneziano. _In Milano, nella Stampa di Carlo Giuseppe Quinto, 1703._ In-12.
XVIII
1143. ERACLIO, Melodramma recitato nel Teatro de' SS. Gio. e Paolo di Venezia l'anno 1671; [poesia del Co. Niccolò Beregani, Patrizio Veneto; musica di Don Pietr' Andrea Ziani, Veneziano, Canonico Lateranese]. _In Venezia, per Francesco Niccolini, 1071._ In-12.
Repris en 1692 sur le Théâtre Malvezzi, à Bologne.
1144. L'ERACLIO, Dramma per musica; poesia di ?; musica di G. A. Bernabei.
Représenté à Vienne en 1690.
1145. ERACLIO, Dramma rappresentato in Roma l'anno 1712; [poesia di Pier' Antonio Bernardoni, Bolognese; musica dell' Atto Iº d'Incerto Autore, dell' Atto IIo di Francesco Gasparini, Romano, e dell' Atto IIIº di Carlo Pollaroli, Bresciano]. _In Roma, a spese di Antonio de' Rossi, 1712._ In-8.
1146. HERAKLIUS, dramatische Oper von ?; Musik von Reinhardt Keiser.
Représenté à Hambourg en 1712.
XIX
1147. PERSÉE, || Tragedie || Representée || Par l'Academie Royale || de Musique. || Le dix-septiéme [dans d'autres exemplaires: le dix-huitiéme] Avril 1682. || _On la vend || A Paris, || A l'Entrée de la Porte de l'Academie Royale de Musique, || au Palais Royal, rue Saint-Honoré. || Imprimée aux despens de ladite Academie. || Par Christophe Ballard, seul Imprimeur du || Roy pour la Musique_, || M.DC.LXXXII [1682]. || Avec Privilege de Sa Majesté. In-4 de 7 ff., 62 pp. et 1 f.
Collation des ff. prélim.; front. gravé tiré sur un f. séparé et représentant la scène de Persée et du monstre; le décor a une grande analogie avec celui du 3e acte d'_Andromède_, mais Persée n'est pas monté sur Pégase. (Ce frontispice est signé: _Bérin in._ et _Doliuar fe_.);--titre imprimé avec les armes royales;--4 ff. pour le _Prologue_;--1 f. pour les _Acteurs de la Tragédie_.
Le f. de la fin est occupé par le privilége général donné à Lully, pour trente ans, à la date du 20 septembre 1672.
Quinault, en écrivant pour Lully le livret, a suivi presque pas à pas l'_Andromède_ de Corneille, mais il a dû supprimer plusieurs pièces et abréger beaucoup son modèle, l'opéra devant être entièrement chanté. Il a introduit un personnage nouveau, _Mérope, soeur de Cassiope_, qui, rivale d'_Andromède_, finit par favoriser les desseins de Persée. Les apparitions célestes sont plus nombreuses encore dans la pièce de Quinault que dans la pièce de Corneille. L'opéra se termine, comme la tragédie, par une brillante apothéose.
Avant que Quinault arrangeât pour l'opéra la tragédie de Corneille, le sujet d'_Andromède_ avait été de nouveau traité en Italie et en Allemagne. On peut citer notamment les pièces suivantes, dont les auteurs eurent peut-être sous les yeux l'ouvrage français: _Il Perseo, Dramma [di Aurelio Aurelj, Veneziano: musica di Andrea Mattioli], rappresentato nel Teatro de' SS. Gio. e. Paolo di Venezia, l'anno_ 1665 (in Venezia, per Francesco Niccolini, 1665, in-12);--_Perseo, Dramma musicale [di Aurelio Amalteo, di Uderzo], nel giorno natalizio della Sacra Cesar. Real Maestà dell' Imperatrice Margherita_ (in Vienna d'Austria, per Matteo Cosmerovio, 1669, in-8);--_Andromedes und Persaeus, dramatische Oper von J. Wolfgang Frank_ (Hamburg, 1679).
1148. PERSÉE, Tragedie, representée par l'Academie Royale de Musique. Pour la premiere fois le dix-septiéme Avril 1682. Et remise au Theatre le neuf Février 1703. _A Paris, Chez Christophe Ballard, seul Imprimeur du Roy pour la Musique, rue S. Jean de Beauvais, au Mont-Parnasse._ M.DCC.III [1703]. Avec Privilege de Sa Majesté. Le Prix est de trente sols. In-4 de XVI-62 pp. et 1 f. bl.
1149. PERSÉE, Tragedie, représentée pour la premiére fois par l'Academie Royale de Musique. Le dix-septiéme Avril 1682. Et remise au Théatre le Jeudy vingt Novembre 1710. _A Paris, Chez Christophe Ballard, seul Imprimeur du Roy pour la Musique, rue S. Jean de Beauvais, au Mont Parnasse._ M.DCCX [1710]. Avec Privilege de Sa Majesté. Le prix est de trente sols. In-4 de 75 pp. en tout.
Au verso de la p. 75, se trouve le privilége général accordé pour dix ans au sieur Guyenet, concessionnaire de l'Opéra, à la date du 22 juin 1709, avec mention de la cession faite par Guyenet à _Ballard_, pour l'impression des livrets et de la musique.
Distribution des rôles lors de cette reprise: _Hardouin_, Céphée; _Mlle Milon_, Cassiope; _Mme Pestel_, Mérope; _Mlle Journet_, Andromède; _Thévenard_, Phinée; _Cochereau_, Persée; _Guédon_, Mercure, etc.
1150. PERSÉE, Tragedie, representée par l'Academie Royale de Musique, le 17. Avril 1682, et ensuite à Versailles au mois de Juin; Remise au Theatre le Dimanche 8. Novembre 1722. _A Paris, Chez la veuve de Pierre Ribou, sur le Quai des Augustins, à la descente du Pont-Neuf, à l'Image Saint-Louis._ M.DCC.XXII [1722]. Avec Privilege du Roi. In-4 de xvj et 67 pp.
Au verso de la p. 67, le privilége général accordé pour dix-neuf ans à Besnier, Chomat, Duchesne et de la Val de Saint-Pont, à la date du 10 août 1713, et cédé par eux à _Ribou_.
Distribution des rôles lors de cette reprise: _Dubourg_, Céphée; _Mlle C. Antier_, Cassiope; _Mlle L. Antier_, Mérope; _Mlle Tulou_, Andromède; _Thévenard_, Phinée; _Muraire_, Persée; _Tribou_, Mercure.
Après Quinault et Lulli, le sujet de _Persée_ et d'_Andromède_ a été repris si souvent par les compositeurs d'opéras qu'il ne nous a pas été possible de constater les emprunts qui ont pu être faits à Corneille. Nous nous bornerons à indiquer sommairement les opéras qui, par leur titre, se rapprochent de l'_Andromède_ française:
ANDROMEDA, Dramma per musica; [poesia di P. Pariati, musica di Marcantonio Ziani], rappresentato nel giorno natalizio della Sacra Cesareo-Real Maestà dell' Imperatore Carlo VI. _Vienna, 1714._
ANDROMEDA, Dramma per musica; poesia ...?; musica di Leonardo Leo. _Napoli, 1742._
ANDROMÈDE, Drame en musique [en trois actes et en vers libres italiens]. Musique d'Ignace Fiorillo. _Cassel, Estienne, 1761._ In-8.
Édition italienne, avec traduction française en prose.
ANDROMEDA, Dramma per musica; poesia di ...?; musica di Paisiello. _Milano_, 1770.
ANDROMÈDE, Ballet héroïque et Pantomime, de la composition de M. Granger, musique de M. Raubach, décorations de M. Gradizzi, costumes du sieur Génard. _Saint-Pétersbourg, de l'imprimerie de l'Académie impériale des sciences_, 1772. In-8 de 18 pp.
PERSEO, Dramma per musica di ...?; musica di M. Gasp. Sacchini. _Londra_, 1774.
ANDROMEDA, grosse Oper von ...?; Musik von Joh. Fried. Reichhardt. _Berlin_, 1778.
PERSÉE, Tragédie lyrique par Quinault [réduite par Marmontel]; musique de Filidor. _Paris, 1780._
PERSAEUS UND ANDROMEDA, grosse Oper von Baumgärtner. 1780.
ANDROMEDA E PERSEO, Dramma per musica; poesia di ...?; musica di J. M. von Haydn. 1780.
ANDROMEDA, Dramma per musica; poesia di ...?; musica di Pietro Persicchini. _Varsovia_, 1782?
ANDROMEDA E PERSEO, Dramma per musica; poesia di ...?; musica di Marescalchi. _Roma, 1784._
PERSAEUS UND ANDROMEDA, grosse Oper von ...?; Musik von Druzechy. _Pest_, 1787?
ANDROMEDA, Dramma per musica; poesia di ...?; musica di Vittorio Trento. _Napoli_, 1792 (?) e 1805.
ANDROMEDA, grosse Oper von ...?; Musik von Jos. Elm. Naumann. 1795?
ANDROMEDA, Dramma per musica; poesia di G. Bertati; musica di Nic. Antonio Zingarelli.
Cet opéra, non cité par Fétis, a été joué en Italie vers 1800.
ANDROMEDA, liryczna tragedya L. Osi[´n]skiego; musyka Jos. Elsnera. _Warzawa, 1807._
Osi[n´]ski a dû s'inspirer de Corneille, d'autant plus qu'à la même époque il traduisit le _Cid, Horace_ et _Cinna_ (voy. les nos 1065-1069).
1151. PERSÉE ET ANDROMÈDE, ballet-pantomime en trois actes, par M. Gardel, maître des ballets de Sa Majesté impériale et royale; musique arrangée et composée par M. Méhul. Représenté, pour la première fois, sur le Théâtre de l'Académie Impériale de Musique, le 8 Juin 1810. Prix: 75 centimes. _A Paris, Chez Bacot, Libraire, au Palais-Royal, Galerie de bois, no_ 252, _côté du Jardin_. 1810. _De l'Imprimerie d'A. Égron, Imprimeur du Tribunal de commerce_. In-8 de 32 pp. en tout.
«Le sujet de _Persée et Andromède_, dit Gardel, avec ce sérieux imperturbable que nous avons admiré chez Noverre, a été traité par des auteurs avec lesquels je dois trembler d'être mis en comparaison. Je le dois craindre d'autant plus que l'on trouvera sans doute dans mon ouvrage des fautes qu'ils ont su habilement éviter...»
Ce nouveau ballet fut dansé par _Vestris_, _Milon_, _Albert_, _Montjoie_ et _Galais_, _Mmes Gardel_, _Chevigny_, _Vict. Saulnier_.
XXI
1152. NICOMEDE IN BITINIA, Dramma rappresentato nel Teatro di S. Mosè di Venezia, l'anno 1677; [poesia del Dott. Gio. Matteo Giannini, Veneziano; musica del Cav. Carlo Grossi, Veneziano]. _In Venezia, per Francesco Niccolini, 1677._ In-12.
Réimprimé la même année, chez le même libraire, avec quelques changements et l'addition d'un prologue.
XXII
1153. PERTARIDO, RE DE' LONGOBARDI, Dramma per musica; [poesia di ?; musica di Giuseppe Boniventi.] _Venezia, 1727._ In-8.
1154. PERTHARITE, KOENIG DER LOMBARDEN, grosse Oper von ?; Musik von Hoszisky. _Rheinsberg, 1783._
XXIII
1155. EDIPPO, Dramma per musica di Domenico Lalli.
Cet opéra, dont le livret fut tiré plutôt de Voltaire que de Corneille, fut représenté à Munich le 22 octobre 1729. Les ballets étaient de Dubreuil, les décors de Nicolas Stuber, les costumes de Deschamps. La musique était probablement de Torri.
Voy. _Geschichte der Oper am Hofe zu München, nach archivalischen Quellen bearbeitet von Fr. M. Rudhardt_; Freising, Franz Datterer, 1865, in-8, t. Ier. pp. 116 sqq.
Un opéra allemand de G. Gebel, intitulé, _Oedipus_, qui fut représenté à Rudolstadt en 1751, ne présente sans doute pas de rapports avec la pièce de Corneille.
1156. OEDIPE A COLONNE. Opéra en trois actes [paroles de Guillard, musique de Sacchini], dédié à la Reine, représenté devant Leurs Majestés à Versailles, le 4 janvier 1786. Et pour la première fois, sur le Théatre de l'Académie Royale de Musique, le Mardi 30 Janvier 1787. Prix XXX sols. _A Paris, De l'Imprimerie de P. de Lormel, Imprimeur de ladite Académie, rue du Foin Saint-Jacques, à l'Image de Sainte-Génevieve. On trouvera des Exemplaires à la Salle de l'Opéra._ M.DCC.LXXXVII [1787]. Avec Approbation, et Privilége du Roi. In-4 de VIII et 48 pp.
Guillard s'est inspiré à la fois de l'_OEdipe_ de Sophocle, de celui de Corneille et de celui de Voltaire.
La musique de Sacchini est son chef-d'oeuvre, et pourtant ce grand artiste ne parvint pas à triompher des cabales qui s'élevaient contre lui; il mourut le 7 octobre 1786, avant que son ouvrage eût été représenté.
1157. EDIPUS TE KOLONE, zangspel vry naar het fransch van Guillard, muzyk van Sacchini, door Pieter Johannes Uylenbroek. _Amsteldam, P. J. Uylenbroek, 1705._ In-8 de 2 ff., 42 pp. et 1 f.
Traduction néerlandaise du livret de Guillard.
Nic. Zingarelli fit encore représenter, à Venise, en 1799, un opéra intitulé: _Edipo a Colonna._
XXIV
1158. LA CONQUISTA DEL VELLO D'ORO, Festa teatrale di Nice. Minato; musica di Antonio Draghi. _Vienna, Crist. Cosmerov, 1678._ In-12.
Cet opéra, dont l'auteur n'eut peut-être pas recours à la tragédie de Corneille, fut représenté pour les fiançailles de la reine de Pologne Éléonore avec le duo Charles de Lorraine.
La musique des ballets fut écrite par Jean H. Schmelzer.
Il existe une édition allemande du livret publiée la même année chez le même libraire.
1159. JASON, OU LA TOISON D'OR. Tragedie, représentée par l'Academie Royalle de Musique. _On la vend, A Paris, A l'Entrée de la Porte de l'Academie Royalle de Musique, au Palais Royal, rue Saint Honoré. Imprimée aux dépens de ladite Academie. Par Christophe Ballard, seul imprimeur du Roy pour la Musique._ M.DC.XCVI [1696]. Avec Privilege de Sa Majesté. In-4 de 4 ff., 80 pp. et 1 f.
Cet opéra, dont J.-B. Rousseau avait écrit le livret et Colasse la musique, fut représenté le 17 janvier 1696.
Jean-Baptiste Rousseau ne se faisait pas d'illusions sur ses tragédies lyriques: «Elles sont ma honte, disait-il; je ne savais pas encore mon métier quand je me suis adonné à ce pitoyable genre d'écrire.»
J.-B. Pescetti fit représenter à Londres en 1737 un opéra du _Vello d'oro_; Scolari en donna un autre à Venise, sous le même titre, en 1749.
1160. LA TOISON D'OR. Tragédie-Lyrique, en trois actes, [paroles de Desriaux, musique de Vogel], représentée, pour la premiere fois à Paris, sur le Théatre de l'Académie-Royale de Musique, le Mardi 29 août 1786. Prix XXX sols. _A Paris, De l'Imprimerie de P. de Lormel, Imprimeur de ladite Académie, rue du Foin Saint-Jacques, à l'Image de Sainte Genevieve. On trouvera des Exemplaires à la Salle de l'Opéra._ M.DCC.LXXXVI [1786]. Avec Approbation et Privilege du Roi. In-4 de 8 et 46 pp.
Cet opéra fut chanté par _Laïs_ (Jason), _Moreay_ (Arcas), _Mlles Maillard_ (Médée), _Gavaudan cadette_ (Calciope), _Dozon_, cette vachère devenue cantatrice, grâce aux leçons de Gossec (Hypsiphile), etc. Il fut remanié aussitôt après la première représentation.
1161. MÉDÉE A COLCHOS, OU LA TOISON D'OR, Tragédie-Lyrique en trois actes [paroles de Desriaux, musique de Vogel], représentée, pour la première fois sur le Théatre de l'Academie-Royale de Musique, le Mardi 27 Septembre 1786. Sit Medea ferox invictaque; flebilis Ino. Hor. Art. Poe. _A Paris, De l'Imprimerie de P. de Lormel, Imprimeur de ladite Académie, rue du foin Saint-Jacques, à l'Image de Sainte-Génevieve. On trouvera des Exemplaires à la Salle de l'Opéra._ M.DCC.LXXXVI [1786]. Avec Approbation, et Privilege du Roi. In-4 de VIII et 49 pp.
Remaniement de l'opéra précédent. _Mlles Gavaudan_ et _Dozon_ cédèrent leurs rôles à _Mlle Audinot_ et à _Mme Chéron_; _Martin_ remplaça _Moreau_.
XXVI
1162. LA SOFONISBA, Dramma dell' Ab. Francesco Silvani [musica di Antonio Caldara, Veneziano], recitato nel Teatro di S. Gio. Crisostomo di Venezia l'anno 1708. _In Venezia, per Marino Rossetti, 1708._ In-12.
Il est probable que Silvani suivit plutôt la _Sofonisba_ du Trissin que celle de Corneille. Son livret fut représenté à Naples l'année suivante avec une musique nouvelle de Leo.
Ce n'est sans doute pas à Corneille que Zanetti emprunta son livret de _Sofonisba_, dont la musique fut tour à tour écrite par Jomelli (Venise, 1746), Traetta (Parme, 1761), Buroni (Venise, 1764), Agnesi (Naples, 1771), Paer (Bologne, 1796) et Federici (Turin, 1805). Le même sujet a été traité, en outre, en Allemagne, par Gebel (Rudolstadt, 1753), Neefe (1782), et en Italie, par Vento (vers 1760) et Petrali (Milan, 1844).
XXVII
1163. OTTONE AMANTE, AMOR E SDEGNO, Dramma per musica; poesia di Michel Angelo Boccardi; musica di M. Tavelli.