Bibliographie Cornélienne Description raisonnée de toutes les éditions des oeuvres de Pierre Corneille

Part 43

Chapter 433,598 wordsPublic domain

1092. MÉDÉE, tragédie lyrique en trois actes et en vers, paroles d'Hoffmann, musique de Cherubini, représentée sur le Théâtre Feydeau le 23 ventôse an V (13 mars 1797). _Paris, an V._ In-8.

«Le journal _Le Censeur_ avait inséré le jugement suivant sur cet ouvrage: La musique, qui est de Cherubini, est souvent mélodieuse et quelquefois mâle, mais on y a trouvé des réminiscences et des imitations de la manière de Méhul.» Dans un beau mouvement d'enthousiasme, Méhul lui répondit: «O _Censeur_, tu ne connais pas ce grand artiste. Mais moi qui le connais et qui l'admire, parce que je le connais bien, je dis et je prouverai à toute l'Europe que l'inimitable auteur de _Démophon_, de _Lodoïska_, d'_Elisa_ et de _Médée_, n'a jamais eu besoin d'imiter pour être tour à tour élégant ou sensible, gracieux ou tragique, pour être enfin ce Cherubini, que quelques personnes pourront bien accuser d'être imitateur, mais qu'elles ne manqueront pas d'imiter _malheureusement_ à la première occasion. Cet artiste, justement célèbre, peut bien trouver un _Censeur_ qui l'attaque, mais il aura pour défenseurs tous ceux qui l'admirent, c'est-à-dire tous ceux qui sont faits pour sentir et apprécier les grands talents. MÉHUL.» Je demandais un jour à un des rares spectateurs vivants de l'opéra de _Médée_, au successeur de Cherubini, ce qu'il pensait de cet ouvrage: «C'est de la musique bien faite,» me répondit M. Auber.» Clément et Larousse, _Dictionnaire lyrique, ou Histoire des Opéras_; Paris, [1869], in-8, p. 447.

Le succès de l'opéra de _Médée_ donna naissance aux parodies suivantes:

LA SORCIÈRE, parodie en un acte et en vaudevilles de Médée. Par B. Sewrin. Représentée pour la première fois à Paris, sur le Théâtre de la Cité-Variétés, le 27 mars 1797 (vieux style), 7 Germinal de l'an V.--On peut rendre hommage aux talents sans exclure la parodie. Bébée, scène dernière. Prix, 15 sous. _A Paris. Se trouve au Théâtre et chez tous les marchands de de_ (sic) _nouveautés, [Imprimerie de Jamain, rue Montmartre, no 124]_, 1797. In-8 de 23 pp. en tout.

Les personnages de cette parodie sont: _M. Bridon_, bailli; _Thyrcée_, sa fille; _Faussette_, amie de Thyrcée; _Fiston_, époux de Thyrcée; _Bébée_, première femme de Fiston; _Alix_, servante de Bébée; deux enfans. La scène se passe dans un village. Au lever du rideau, _Thyrcée_ et _Faussette_ causent ensemble au milieu d'un choeur de villageoises. _Faussette_ chante à son amie des couplets sur l'air de Marlborough.

BÉBÉE ET JARGON, rapsodie en un acte, en prose, mêlée de couplets, imitée de l'opéra Médée. Représentée à Paris, sur le théâtre de Mademoiselle Montansier, au Palais-Royal, le 7 Germinal (28 mars 1797, style français); Par MM. Villiers et Capelle. Prix 15 sous. _Se trouve, Au Théâtre de Mademoiselle Montansier; et chez les Auteurs, rue de Chartres, no 340, [De l'Imprimerie de la grande rue Taranne, no 35, ancien Hôtel de Marsan]._ In-8 de 32 pp. en tout.

Les personnages sont: _Bébée_; _Jargon_; _Crayon_, beau-père futur de Jargon; _Trichée_, fille de Crayon; _Mimi_, suivante de Bébée; un Garçon peintre; les deux enfants de Bébée; plusieurs Peintres de l'atelier de Jargon.

Ici vient se placer, dans l'ordre chronologique, un opéra de _Médée_ que nous indiquons sous toute réserve, n'ayant pas été à même de vérifier si le librettiste s'était inspiré de Corneille.

MEDEA IN CORINTO, dramma tragico in due atti.--MÉDÉE A CORINTHE, tragédie lyrique en deux actes [musique de Mayer]. Représentée, pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre royal Italien, Salle de Louvois, le 12 [lis. le 14] Janvier 1823. Prix: 1 fr. 50 c. _Paris, Au Théâtre royal italien, et chez Roullet, libraire de l'Académie royale de Musique, rue des Bons-Enfans, no 26. De l'Imprimerie de Hocquet, rue du Faub. Montmartre, 1823._ In-8 de 48 pp.

Texte italien, avec traduction française en regard. Les pages sont chiffrées de deux en deux, en sorte qu'il n'y a que 24 pp. doubles.

L'opéra de Mayer avait été joué pour la première fois à Venise en 1812.

1093. MEDÉE ET JASON, tragédie lyrique en trois actes, paroles de Milcent, musique de Granges de Fontanelle, représentée à l'Académie impériale de musique le 10 août 1813. _Paris, 1813._ In-4 de 2 ff., xvj et 44 pp.

Milcent ne s'est guère servi de la _Médée_, ni de la _Toison d'or_, de Corneille, qu'il paraît avoir peu connues; il dit, dans la _Dissertation_ qui précède son poëme, que Corneille fit _trois_ drames sur ce sujet, sans avoir soin de nous indiquer quel est le troisième. Dans cette même dissertation, Milcent raisonne longuement sur la Médée qu'ont représentée les poëtes modernes, et ses réflexions ne manquent pas d'une certaine justesse: «Si Médée est toute puissante, dit-il, si les élémens sont soumis à sa baguette, toute vraisemblance cesse, il n'y a plus d'illusion, et la pièce ne peut exister, car l'action doit nécessairement commencer par où elle finit. Du moment où Médée est certaine que Jason épouse Créüse, elle doit, d'un coup de sa baguette, anéantir sa rivale, son infidèle époux et le palais de Créon. Il est contraire à la raison que cette Médée, si _indomptable_, si _jalouse_ et si _puissante_, se borne, pendant toute l'action, à vomir des imprécations et des menaces contre Créon et sa fille, et à faire d'inutiles reproches à Jason; comment se peut-il qu'elle n'entreprenne rien pour empêcher le mariage qu'elle craint, et ne pense à faire usage de son pouvoir magique que lorsqu'il est devenu inutile?...»

«Appuyé sur ces considérations, ajoute Milcent, et éclairé par Voltaire qui, dans son commentaire sur la _Médée_ de Corneille, a le premier entrevu la nécessité de la rendre intéressante, j'ai pensé qu'il fallait peindre cette Princesse telle que l'histoire nous la représente: faire voir Jason sous un jour plus favorable qu'on n'a fait jusqu'à présent, et le rendre digne du violent amour qu'il avait inspiré à son épouse.»

L'auteur du poëme a suivi plus particulièrement Euripide et la tragédie anglaise de Glower, traduite en français par Saint-Amand.

Aux opéras que nous venons de citer, nous pourrions en ajouter un grand nombre d'autres, par exemple: _Médée_, opéra dont Lenglet avait écrit la musique vers 1805, et qui est resté inédit; _Medea_, opéra italien, musique de Celli, représenté à Palerme en 1838; _Medea_, représentée à Palerme en 1844, avec la musique de J. Pacini, etc.; mais nous n'oserions pas dire que les livrets de ces pièces offrent quelque rapport avec la tragédie de Corneille.

IX

1094. AMOR E DOVER. Dramma recitato nel Teatro di S. Gio. Crisostomo di Venezia, l'anno 1697. [Poesia di Domenico David, Veneziano; musica di Carlo Francesco Pollarolo, Bresciano]. _In Venezia, per il Niccolini, 1697._ In-12.

Nous croyons que cet opéra est tiré de la traduction italienne du _Cid_. Voy. no 832.

1095. RODRIGO, Dramma per musica; poesia di ?; musica di Giorgio Federico Haendel.

Cet opéra fut composé par Haendel en 1708, à la demande du prince de Toscane, frère du grand-duc Jean-Gaston de Médicis. La représentation eut lieu à la cour au mois d'octobre de la même année.

Plusieurs opéras, représentés en Italie à la fin du XVIIe siècle, sous le titre de _Roderico_, sont probablement aussi tirés du _Cid_; on en trouvera la liste dans la _Drammaturgia di Lione Alacci_; Venezia, 1755, in-4, col. 672 sq.

1096. IL GRAN CID, Dramma per musica rappresentato nel Teatro di Livorno nel Carnevale dell' anno 1715, consecrato all' Alt. Reale della Sereniss. Violante Gran Principessa di Toscana. [Poesia di Logildo Mereo, P. A., cioè: Gio. Giacomo Alborghetti, Bergamasco; musica di Giambattista Stück.] _In Massa, per Pellegrino Frediani, 1715._ In-8.

1097. CID, Dramma rappresentato in Firenze nel Teatro di Via della Pergola il Carnevale dell' anno 1737, sotto la protezione dell' Alt. Reale del Sereniss. Gio. Gastone I. Grand Duca di Toscana. _In Firenze, da Anton Maria Albizzini, 1737._ In-8.

Réimpression avec changements du poëme d'Alborghetti, auquel était adapté une musique nouvelle.

1098. ONORE VINCE AMORE, Dramma per musica da rappresentarsi nel Teatro de' Fiorentini in Napoli. _Napoli, 1736._ In-12.

Cet opéra, dont Leo avait écrit la musique, paraît être un arrangement du _Cid_.

1099. IL CID, Dramma per musica da rappresentarsi nel Teatro di S. Sebastiano il Carnevale dell' anno 1741; dedicato a Sua Eccellenza il Signore Carlo Francesco, Libero Barone di Wachtendonck, cavaliere, ecc., ecc. _In Lucca_, M.DCC.XLI [1741]. Pet. in-12.

1100. IL GRAN CID, Dramma per musica; poesia di .. ?; musica de L. Piccini.

Fétis n'indique pas la date de cet opéra, qui fut représenté à Naples vers 1765. Nous ignorons si le livret a été imprimé.

1101. IL GRAN CID, Dramma per musica; poesia di .. ?; musica di Antonio Maria Gasparo Sacchini.

Cet ouvrage, pour lequel on dut imprimer un livret italien, fut représenté à Rome en 1764. Il fut transporté en français sous le titre suivant:

1102. CHIMENE OU LE CID, Tragédie en trois actes, [paroles de Guillard, musique de Sacchini, ballet de Gardel], représentée devant Leurs Majestés à Fontainebleau. _Paris, de l'imprimerie de Ballard, 1783._ In-8.

«L'auteur du livret n'eut pas à se mettre en frais d'imagination pour tailler un opéra dans le chef-d'oeuvre de Corneille. Le musicien avait une tâche plus difficile, et il s'en est acquitté avec un mérite apprécié des contemporains, et qu'on a trop tôt oublié. L'air _Je vois dans mon amant l'assassin de mon père_, l'allegro _Combats pour soustraire Chimène_, doivent être signalés aux amateurs de la musique pathétique et des compositions d'une belle facture. Il y a dans cet ouvrage, comme dans tous les ouvrages de Sacchini, dans _OEdipe, Renaud_ et _Dardanus_, une sensibilité noble, vraie et exempte de l'afféterie commune à cette époque. Au point de vue du style, la pureté de forme en rend l'audition très-agréable. Quoique Sacchini fût principalement un compositeur dramatique, et qu'il écrivît mieux pour la voix que pour l'orchestre, ses ouvertures sont bien traitées. Celle de _Chimène_ offre des effets semblables à ceux qu'on remarque dans l'ouverture de la _Caravane_, opéra-comique joué la même année à Paris. Mais il est probable que Grétry a été l'imitateur involontaire de Sacchini, car il était assez riche de son propre fonds pour ne rien emprunter à personne. _Chimène_, en effet, avait été déjà jouée à Rome en 1762, puis à Londres, en 1778, sous le titre d'_Il gran Cid_. Mais autant l'ouverture de _Chimène_ est instrumentée avec correction, de manière à tirer du quatuor une sonorité pleine et harmonieuse, autant celle de la _Caravane_ offre des détails pauvres et un maigre accompagnement.» Clément et Larousse, _loc. cit._, p. 163.

L'opéra français de Sacchini fut représenté pour la première fois sur le théâtre de la cour, à Fontainebleau, le 18 novembre 1783. Le rôle de Chimène fut chanté par _Mme Saint-Huberti_; les autres rôles furent tenus par _Lays_ (le roi), _Laîné_ (Rodrigue), _Chéron_ (don Diègue), _Rousseau_ (don Sanche).

1103. CHIMENE OU LE CID, Tragédie lyrique en trois actes, représentée devant Leurs Majestés le mardy 18 Novembre 1783 et pour la premiere fois sur le Théatre de l'Académie Royale de Musique le lundi 9 février 1784, mise en musique par M. Sacchini. _A Paris, chez Le Duc, s. d._ [1784]. In-fol. de 1 f. et 274 pp.

Partition complète pour orchestre, avec les paroles.

1104. CHIMENE, grosse Oper in drei Akten. Frei nach dem Französischen von Carl Wagner. _Darmstadt, 1821._ In-8.

Traduction allemande adaptée à la musique de Sacchini.

1105. IL GRAN CID. Dramma per musica; poesia di....?; musica di G. Paisiello.

Opéra représenté à Florence en 1776. Nous ignorons si le livret a été imprimé.

1106. CHIMENE ET RODRIGUE, OU LE CID, Opéra en trois actes, par M. de Rochefort, de l'Académie royale des Inscriptions et Belles-Lettres. _Paris, Lambert et Baudouin, 1783._ In-8.

Cet opéra n'a pas été représenté. Nous ne savons même pas par qui la partition devait être écrite.

1107. RODRIGO DI VALENZA, dramma per musica; poesia di ?; musica de F. Orlandi.

Cet opéra fut joué en Italie en 1814. Generali le fit représenter à Milan en 1817, avec une musique nouvelle de sa composition.

1108. RODRIGO, dramma per musica; poesia di....?; musica di Antonio Sapienza.

Représenté sur le théâtre San Carlo, à Naples, en 1823.

1109. RODRIGO E CHIMENE, dramma per musica in tre atti; poesia di....?; musica di G. G. Aiblinger.

Représenté sur le théâtre de la Scala, à Milan, vers 1824.

1110. IL CID, dramma per musica in tre atti; poesia di Jacopo Ferreti; musica di Luigi Savi.

Représenté à Parme le 22 janvier 1834.

1111. DER CID, grosse Oper von ?; Musik von Neeb.

Représenté à Francfort vers 1857.

1112. DON RODRIGO, drama lírico en tres actos, subdividido en cinco cuadros, que obtuvo el accesit en el certámen literario abierto por la real Academia española en 12 de Diciembre de 1857. Su autor D. Antonio Arnao. _Madrid, Imprenta Nacional, 1859._ In-4 de 72 pp.

1113. DER CID, romantische Oper. Worte und Musik von P. Cornelius.

Représenté à Weimar en juin 1865.

1114. LE CID, opéra en quatre actes; paroles de Louis Gallet; musique de Georges Bizet.

Cet opéra est la dernière oeuvre du regretté Bizet, si prématurément enlevé à l'art musical français. Peut-être le directeur de notre grande scène lyrique se décidera-t-il un jour à produire cette oeuvre posthume.

X

1115. ORAZIO CURIAZIO, Dramma per musica rappresentato in Venezia nel Teatro di S. Samuele nella Fiera dell' Ascensione l'anno 1746. _In Venezia, 1746._ In-12.

La musique de cet opéra était de Fernand Bertoni, de Saló.

1116. GLI ORAZI E CURIAZI, Dramma per musica in tre atti. _Venezia, 1794._ In-8.

Le livret de cet opéra célèbre fut tiré de Corneille par Ant.-Simon Sografi; la musique fut écrite par Cimarosa.

Une édition de la partition avec paroles parut à Venise en 1797.

1117. GLI ORAZI E CURIAZI. Dramma per musica in tre atti.--LES HORACES ET LES CURIACES. Drame en musique en trois actes. Représenté sur le théâtre des Tuileries, devant Sa Majesté Impériale et Royale, le 18 janvier 1810. _Paris_, [_Fain, Imprimeur des Théâtres de la Cour, rue Sainte-Hyacinthe, no 25_], 1810. In-8 de 4 ff. et 84 pp.

Texte italien de Sografi, avec traduction française en regard; la pagination est la même pour les deux textes, en sorte qu'elle va de 1 à 41 au lieu d'aller de 1 à 82.

1118. GLI ORAZI E CURIAZI, dramma per musica in tre atti.--LES HORACES ET LES CURIACES, tragédie lyrique en trois actes. Représentée, pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre de l'Impératrice, le 10 juin 1813. Prix: 1 fr. 50 c. _Paris, au Théâtre de l'Impératrice. De l'Imprimerie de Hocquet, rue du Faubourg-Montmartre, no 4, 1813._ In-8 de 52 pp.

Texte italien de Sografi, avec traduction française en regard; pagination double de 1 à 27.

Une édition des paroles italiennes parut à _Padoue_ en 1814.

1119. GLI ORAZI ET CURIAZI, dramma per musica in tre atti.--LES HORACES ET LES CURIACES, tragédie lyrique en trois actes, Représentée, pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre Royal Italien, salle Favart, le 8 novembre 1815. _Paris, Au Théâtre Royal Italien. De l'Imprimerie de Hocquet, rue du Faubourg-Montmartre, no 4, 1815._ In-8 de 56 pp.

Texte et traduction française; pagination double de 1 à 27.

1120. GLI ORAZI E CURIAZI, dramma per musica in tre atti.--LES HORACES ET LES CURIACES, tragédie lyrique en trois actes, Représentée, pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre Royal Italien, Salle de Louvois, le 14 août 1823. Prix: 1 fr. 50 c. _Paris, au Théâtre Royal Italien, Et chez Roullet, libraire de l'Académie royale de musique, rue Villedot [sic], no 9. De l'Imprimerie de Hocquet, rue du Faub. Montmartre, 1823._ In-8 de 56 pp.

Texte italien et traduction française en regard; pagination double de 1 à 27.

1121. [Cyrillique: Horatsiy y Kuriatsiy, opera v' d'[vy]stviyakh' v' st[vy]khakh', s' khoramy, baletamy y srazheniyamy. Perevod' s' ytalitsyskaho Aleksandrom' Shellerom. Sanktpeterburh'.] 1815. In-8.

Traduction russe du livret de Sografi, par Alexandre Scheller.

Des éditions italiennes parurent encore à _Londres_ (1829), à _Venise_ (1830), etc., etc.

1122. LES HORACES, ballet tragique [en cinq parties], de la composition de Mr. Noverre, représenté, pour la première fois, par l'Académie Royale de Musique, le mardi 21 Janvier 1777. Prix: XVIII. sols. _A Paris, ches Delormel, Imprimeur de ladite Académie, rue du Foin. On trouvera des Exemplaires de ce Programme à la Salle de l'Opéra._ M.DCC.LXXVII [1777]. Avec Approbation et Privilege du Roi. In-8 de 36 pp. en tout.

La musique de ce ballet était de Starzer, qui composa beaucoup de musique de danse et la plupart des ballets que Noverre fit jouer à Vienne.

Quant au livret, Noverre en parle dans sa préface avec le sérieux imperturbable qui caractérise les danseurs. «Le sujet des _Horaces_, dit-il, le plus riche peut-être qu'offre l'histoire de la danse en action, est bien fait pour déployer et mettre en jeu tous les ressorts de la pantomime..... On se plaindra peut-être que je n'ai pas saisi les beautés de Corneille; je répondrai pour ma justification que les beautés d'un art sont souvent inapplicables à un autre; si je me suis trompé dans le choix des moyens que j'ai risqués pour le succès de mon ouvrage, je dirai que ce n'est qu'en franchissant les barrières des préjugés qu'on peut atteindre le vol rapide du génie. Si j'ai pris quelques licences, c'est que je m'y suis trouvé forcé; les artistes doivent recourir à tous les moyens qui peuvent embellir leurs productions. Par exemple, ces êtres grands et sublimes, que la fonte ou le ciseau transmet à la postérité, paraîtront, pour la plupart, à ses yeux, sous un vêtement différent de celui où ils ont vécu, et par une suite de l'enthousiasme qu'inspire aux artistes les vertus et le goût des Grecs et des Romains: le costume de ces nations est devenu pour eux (si j'ose m'exprimer ainsi) cosmopolite...»

Ce ballet était dansé par les deux _Gardel_, _Vestris_, _Léger_, _Barré_, _Favre_, _Abraham_, _Le Doux_, _Mlles Heinel_, _Guimard_, _Lafond_, etc.

1123. LES HORACES, tragédie-lyrique en trois actes, mêlée d'intermèdes, représentée devant Leurs Majestés, à Versailles, le 2 Décembre 1786, et, pour la première fois, sur le Théatre de l'Académie Royale de Musique, le jeudi 7 Décembre de la même année. Prix XXX sols. _A Paris, De l'Imprimerie de P. de Lormel, Imprimeur de ladite Académie, rue du Foin Saint-Jacques, à l'Image Sainte-Geneviève. On trouvera des Exemplaires à la Salle de l'Opéra._ M.DCC.LXXXVI [1786]. Avec Approbation et Privilege du Roi. In-4 de 52 pp. en tout.

Guillard avait écrit le poëme de cet opéra, dont Scalieri avait composé la musique. Le librettiste fait lui-même connaître dans sa préface les changements apportés par lui à la tragédie de Corneille. Il a supprimé, suivant l'avis donné par le poëte lui-même dans son _Examen_, la mort de Camille qui «fait une action double par le second péril où tombe Horace après être sorti du premier.» Il a retranché de même le rôle de _Sabine_, et justifie encore ce retranchement par l'avis de Corneille lui-même: «_Sabine_, dit en effet le poëte, ne sert pas davantage à l'action que l'_Infante_ à celle du _Cid_, et ne fait que se laisser toucher diversement, comme elle, à la diversité des événements.»

Guillard se défend ensuite contre les critiques adressées aux auteurs de livrets qui empruntent leurs sujets au théâtre classique. «Le cri général qui s'est élevé depuis peu contre cet usage, paroît d'autant plus étonnant, d'autant moins conforme à la véritable opinion du public, qu'il est de fait que les plus beaux ouvrages, les plus suivis depuis la Révolution, sont parfaitement dans ce cas. On ne me démentira pas quand je placerai à la tête les deux très-belles tragédies lyriques d'_Iphigénie en Aulide et Didon_.»

_Les Horaces_ furent chantés par _Chéron, Lays, Lainez, MMlles St Huberti et Gavaudan cadette; Mlle Bigottini_ figura parmi les marcheuses. Le succès ne répondit pas à l'attente des auteurs.

1124. GLI ORAZI E CURIAZI, Dramma per musica; poesia di ?; musica di Nic. Antonio Zingarelli.

Opéra représenté à Turin en 1794.

1125. LES HORACES. Tragédie-Lyrique, en trois actes, [poëme de Guillard, musique de Porta]; Remise au Théatre des Arts, le 12 Vendémiaire an 9 de la République française [10 octobre 1800]. Prix: 1 fr. 25 c. _A Paris, Chez Ballard, Imprimeur du Théatre des Arts, rue des Mathurins-Jacques, no_ 328. An IX de la République [1800]. In-8 de 2 ff,, vij pp., 2 ff. pour les _Acteurs et Actrices_, 38 pp., 1 f. blanc et 2 ff. contenant une _Note essentielle à joindre au poëme_.

«Cet ouvrage, dit Guillard dans son _Avertissement_, n'est plus, à proprement parler, le même qui fut donné au théâtre de l'Opéra en 1786, et dont le célèbre Scalieri avait fait la musique. La suppression des intermèdes, qui formoient deux petits actes dénués de mouvement et d'intérêt, donne plus de rapidité à la marche du poëme. J'ai changé entièrement le troisième acte, qui étoit en récit, et que j'ai cru convenable de mettre en action.»

Cette reprise fut interprétée par _Adrien_ (le vieil Horace), _Lainé_ (Curiace), _Lays_ (le jeune Horace), _Mlle Maillard_ (Camille).

C'est pendant la représentation de cet opéra que le premier consul devait être assassiné. Le moment fixé pour l'exécution du complot était celui où devaient retentir les premières mesures du choeur du serment, au second acte. La police, prévenue à temps, fit arrêter les soixante conjurés, sans que le public qui remplissait la salle pût se douter de ce qui s'y passait.

Le 23 vendémiaire an IX (15 octobre 1800), on joua, sur le théâtre des Troubadours, une parodie intitulée: _Les Voraces et les Coriaces_. Nous ne pensons pas que cette pièce ait été imprimée. Elle n'est du moins pas citée au Catalogue Soleinne.

1126. LES HORACES, tragédie-lyrique en trois actes [en vers libres], par H. Montol-Sérigny. _Paris, Fagès_, an IX |1801]. In-8.

Cette pièce ne fut point représentée.

1127. ORAZI E CURIAZI, tragedia lirica in tre atti di Salvatore Cammarano, musica di Mercadante. _Vienna, 1830._ In-8.

Le livret italien fut réimprimé à _Londres_ en 1846, à _Venise_ en 1817, et dans plusieurs autres villes.

XI

1128. LA CLEMENZA DI AUGUSTO, Melodramma rappresentato in Roma l'anno 1696 nel Teatro di Torre di Nona. _In Roma, 1696._ In-12.

L'auteur est Sigismond Capeci, de Rome.

1129. CLEMENZA DI AUGUSTO, Poemetto drammatico nel giorno del gloriosissimo Nome della Sac. Ces. R. M. di Leopoldo Imperadore de' Romani sempre Augusto, per comando della S. C. R. M. dell' Imperadrice Eleonora Maddalena Teresa, l'anno 1702. _In Vienna, per gli Eredi Cosmeroviani, 1702._ In-4.

Ce livret est d'Antoine Bernardoni, de Bologne. Joseph Fux en avait écrit la musique.

1130. CINNA, Dramma lirico di Leopoldo de' Villati; musica di C. H. Craun.

Représenté à Berlin en 1748.

1131. CINNA, Dramma lirico di ?; musica di Ferdinando Paer.

Représenté à Parme en 1797.

1132. CINNA. Dramma lirico di ?; musica di Bonifazio Asioli.

Représenté à Milan en 1801.

XII

1133. POLIUTO, tragedia lirica di Salvatore Cammarano; musica di Donizetti.