Bibliographie Cornélienne Description raisonnée de toutes les éditions des oeuvres de Pierre Corneille

Part 21

Chapter 213,615 wordsPublic domain

Ennemis de mon Roy, Flandre, Espagne, Allemagne, Qui croyiez que Bouchain deust finir sa Campagne, Et n'avanciez vers luy que pour voir comme il faut Régler l'ordre d'un Siege, ou livrer un assaut, etc.

Bibliothèque nationale (Y. Rés.).

168. ODE A MONSIEUR PELLISSON. _S. l. n. d._ [_Paris, vers 1676_], in-4.

Cette pièce, traduite par Corneille d'une pièce latine dont on ignore l'auteur (_Clarissimo Viro D. Pellissonio_, _Regi Christianissimo a secretioribus Consiliis_, _supplicum Libellorum Magistro_), dut être composée vers 1676; elle a été reproduite pour la première fois par l'abbé Granet (_OEuvres diverses de Corneille_, pp. 220 sqq.).

Nous n'avons pu retrouver l'édition originale citée par Granet.

169. SUR LES VICTOIRES DU ROY. En l'année 1677.--[A la fin:] _A Paris, Chez Guillaume de Luyne, Libraire Juré, au Palais, dans la Salle des Merciers, sous la montée de la Cour des Aydes à la Justice._ Avec Permission. In-4 de 2 ff.

Cette pièce, reproduite dans le _Mercure galant_ du mois de juillet 1677, compte 72 vers; elle commence ainsi:

Je vous l'avois bien dit, Ennemis de la France, Que pour vous la victoire auroit peu de constance, Et que de Philisbourg à vos armes rendu Le pénible succès vous seroit cher vendu...

Elle n'a pas d'autre titre qu'un simple titre de départ et ne porte pas le nom de Corneille.

M. Marty-Laveaux (t. Xe, p. 322) dit que cette édition existe à la Bibliothèque de l'Arsenal: nous ne l'y avons pas retrouvée.

170. SUR LES VICTOIRES || DU ROY || En l'Année 1677. _S. l. n. d._ [_Paris_, 1677], in-4 de 2 ff. de 26 lignes à la page, sans chiffre, réclame ni signature.

Cette édition n'a, comme la précédente, qu'un titre de départ.

Bibliothèque nationale (Y. Rés.).

171. AV ROY. || SUR LA PAIX DE 1678.--[A la fin:] _De l'Imprimerie de Pierre le Petit. Impr. ord. du Roy & de l'Academie Françoise._ In-fol. de 4 pp. chiffr. de 30 lignes.

Cette pièce n'a qu'un simple titre de départ surmonté d'un large fleuron représentant les armes royales.

Le poëme, qui n'est pas signé, compte 100 vers et commence ainsi:

Ce n'estoit pas assez, grand Roy, que la victoire A te suivre en tous lieux mist sa plus haute gloire, Il falloit pour fermer ces grands evenements, Que la paix se tinst preste à tes commandements, etc.

Bibliothèque nationale (Y. Rés.).

172. INSCRIPTION POUR L'ARCENAL DE BREST. _S. l. n. d._ [_Paris_, 1679]. 1 f. in-8.

Cette feuille volante contient la traduction, faite par Corneille, en huit vers, d'une des inscriptions que Santeul avait composées pour l'arsenal de Brest. Elle est signée P. CORNEILLE.

Le poëte de Saint-Victor avait dû primitivement faire imprimer cinq des pièces qu'il écrivit sur ce sujet, bien que nous n'en connaissions pas d'édition antérieure à l'impression des vers de Corneille. Le placard, dont la Bibliothèque de l'Arsenal (B. L., no 7329 B. a) et la Bibliothèque de Caen possèdent un exemplaire, contient, en effet, avec les vers français, cinq pièces latines. Nous ignorons si ce placard doit se confondre avec le placard in-4 dont parle l'abbé Granet.

Santeul composa plus tard d'autres inscriptions sur le même sujet. Un recueil intitulé: _Inscriptions faites pour l'Arcenal de Brest_, et daté, en français, _Du 6 Septembre 1679_ (_s. l._, in-4 de 10 ff., à la Bibliothèque Mazarine), en contient huit, à la suite desquelles on trouve une longue _Réponse à la critique des Inscriptions faites pour l'Arcenal de Brest_. Dans les oeuvres de Santeul, les inscriptions sont au nombre de neuf.

Un placard, formant 2 ff. in-4 imprimés d'un seul côté (Bibliothèque nationale, Y), contient, sous ce titre: _Pour l'Arcenal de Brest_, les neuf inscriptions de Santeuil, et une dixième pièce: _Pour la Fontaine du même Port._

173. A || MONSEIGNEVR. || SVR SON MARIAGE. _S. l. n. d._ [_Paris_, 1680], in-fol. de 4 pp. chiffr. de 34 lignes, caract. ital.

La pièce commence par un simple titre de départ, précédé d'un fleuron qui représente Apollon entouré des Muses; elle est signée à la fin des initiales: P. C.

Le poëme, composé de 124 vers, débute ainsi:

Prince, l'appuy des Lys, et l'amour de la France, Toy, dont au berceau mesme elle admira l'enfance, Et pour qui tous nos voeux s'efforçoient d'obtenir Du Souverain des Rois un si bel avenir... etc.

Il a été reproduit dans le _Mercure galant_ du mois de mars 1680.

La Bibliothèque nationale possède en même temps l'imprimé (Y + Rés.) et le manuscrit autographe du poëme (Msc. franc., no 12763, fol. 165).

174. OEUVRES DIVERSES DE PIERRE CORNEILLE. _A Paris, chez Gissey, rue de la Vieille Boucherie, à l'Arbre de Jessé_; _Bordelet, ruë S. Jacques, vis-à-vis le College des Jésuites, à S. Ignace_, M.DCC.XXXVIII [1738]. Avec Approbation et Privilége du Roi. In 12. de XXXIV-461 pp. et 3 ff. non chiffr. pour la _Table_ (laquelle commence p. 462) et le _Privilége_.

Les pp. XXXIII-XXXIV sont imprimées sur un encart, sans feuillet correspondant.

L'abbé François Granet, éditeur de ce recueil, l'a fait précéder d'une préface dans laquelle il insiste sur l'intérêt que présentent les moindres fragments de Corneille. Il a réuni les traductions que le grand tragique avait faites de plusieurs poëmes latins du P. de la Rue et de Santeul, les vers qu'il avait présentés au Roi dans plusieurs circonstances, etc. Pour les productions de la jeunesse de Corneille, il s'est montré plus réservé. «En retranchant les morceaux d'une galanterie licencieuse, dit-il, je n'ai fait que me conformer à l'exemple de M. Corneille, qui a purgé ses premieres comédies de tout ce qui en pouvoit rappeler l'idée.» L'éditeur a fait entrer dans son livre trois madrigaux extraits de _la Guirlande de Julie_; il a réimprimé plusieurs morceaux qui figuraient dans les éditions originales des pièces de théâtre, mais qui avaient été laissés de côté depuis; enfin il a reproduit quelques-uns des vers adressés par Corneille aux auteurs de ses amis et mis par ceux-ci en tête de leurs ouvrages.

A l'exemple de Fontenelle, Granet s'est efforcé de retrouver les deux livres de Stace traduits par Corneille, mais il n'a pas été plus heureux que son devancier.

Le privilége, daté du 13 décembre 1737, est accordé pour six ans au sieur.....

La préface est suivie de la _Défense du grand Corneille_, par le Père Tournemine, jésuite.

Les pièces qui composent le recueil sont au nombre de 96, en y comprenant diverses épigrammes latines traduites par Corneille.

Le volume doit renfermer un carton qui n'est pas semblable dans tous les exemplaires. Dans les uns, il contient seulement le _Sonnet sur la Mort de Louis XIII_; dans les autres, il contient une autre rédaction de la même pièce, suivie du _Placet au Roy, sur le retardement de sa pension_. (Voy. Marty-Laveaux, t. Xe, pp. 88 sq.)

175. OEUVRES DIVERSES DE PIERRE CORNEILLE. Nouvelle édition augmentée. _A Amsterdam, chez Zacharie Chatelain_, 1740, in-12 de LX pp. 1 f. blanc, 428 pp. et 4 ff.

Réimpression du recueil de l'abbé Granet. L'éditeur hollandais se vante dans un avis _Au Lecteur_ de l'avoir notablement augmenté; mais, en réalité, il n'y a pas ajouté une seule pièce de Corneille.

Les additions sont indiquées à la table des matières par un astérisque; elles comprennent:

1º _Dissertation sur les caractères de Corneille et de Racine_, _contre le sentiment de la Bruyère_ (par Tafignon), pp. XXXI-LX;

2º _La Fable est un reste du paganisme dont les poëtes chrétiens doivent s'abstenir dans leurs ouvrages_ (imitation en vers d'une pièce de Santeul; elle n'est pas de Corneille), pp. 209-212;

3º _In hæc verba Sancti Augustini Deum alloquentis_: _Quis mihi dabit acquiescere in te, etc._ (épigramme latine de Santeul, traduite par Corneille; Granet n'avait pas reproduit le texte original), p. 372;

4º _Ad Santolium Victorinum de obitu Petri Cornelii_ (5 distiques latins de Léonard Mathieu imprimés dans les OEuvres de Santeul), p. 428.

Le titre du recueil porte un fleuron avec la devise: _Libertas ex foedere et pace._ On lit au-dessous · _B. Picart del.--C. de Putter fecit 1739_.

176. DOCUMENT RELATIF A CORNEILLE, communiqué à l'Académie par M. Floquet. [_Rouen_, 1835], in-8 de 4 pp.

Extrait du _Précis analytique des travaux de l'Académie de Rouen_, 1835, in-8, pp. 240 sqq.

Le document publié par M. Floquet est la touchante lettre adressée par Corneille à Colbert, en 1678, pour le prier de lui faire obtenir, comme par le passé, une part dans les faveurs du roi. Cette lettre, dont la Bibliothèque nationale possède l'autographe original, a été découverte par M. Lacabane dans la collection généalogique de Chérin de Barbimont.

177. VERS INÉDITS DE P. CORNEILLE, publiés par M. Faugère. _Paris, Typographie de F. Didot frères_, 1847, in-8 de 16 pp.

Extrait de la _Nouvelle Revue encyclopédique_, t. IIIe, pp. 466-478, mars 1847.

M. Faugère a eu l'heureuse chance de retrouver, à la Bibliothèque Sainte-Geneviève, une version des _Hymnes de Sainte-Geneviève_, écrite en entier de la main de Corneille. Cette version, exécutée sans doute entre 1660 et 1665, à la requête du P. Boulart, ou de quelque autre génovéfain, ami du poëte, a été réunie, en 1855, par M. Lefèvre aux _OEuvres de Corneille_. (Voy. Marty-Laveaux, t. IXe, pp. 615 sqq.)

178. LETTRES INÉDITES DE P. CORNEILLE. 1653-1656. Avec une introduction par M. Célestin Port. _Paris, Typographie de F. Didot frères_, 1852, in-8 de 15 pp.

Extrait de la _Bibliothèque de l'École de Chartes_, 3e série, t. IIIe, pp. 348 sqq.

Ces lettres sont au nombre de quatre; elles sont adressées au R. P** Boulard, et datées de _Rouen, la veille de Pasques_ (30 mars) 1652, le 12 avril 1652, le 23 avril 1652 et le 10 juin 1656. Elles sont tirées d'un manuscrit de la Bibliothèque Sainte-Geneviève, intitulé: _Recueil de pièces pour prouver que Thomas à Kempis est l'auteur de l'Imitation_ (D. f. 11, in-fol.), et sont toutes relatives à la traduction de l'_Imitation_.

179. DEUX LETTRES INÉDITES DE P. CORNEILLE à Huyghens de Zuilychem, par Édouard Fournier. (Extrait de la _Revue des Provinces_ du 15 février 1865.) _Paris, Imprimerie parisienne Dupray de la Maherie_, 1865, in-8 de 11 pp.

«Ces deux lettres, dit M. Fournier, se trouvent au _British Museum_, où nous en avons nous-même pris copie, il y a deux ans, avec l'aide de notre savant ami Francisque Michel. Elles y sont placées dans les _Additional Mss._, sous les nos 21,514, fol. 20, 21 et 22, 23. La première fut acquise, en 1824, à une vente dont le livret (_Catalogue of a valuable Collection of Autograph Letters_, 1824, in-8), l'indique à la p. 21. La seconde ne fut achetée qu'en 1856 (_British Museum. A Guide to the Autograph Letters_, 1862, in-8).»

Les deux lettres sont datées du 6 mars 1649 et du 28 mai 1650.

Dans la première, Corneille remercie son correspondant de l'envoi d'un volume de poésies latines, sans doute, les _Momenta desultoria, Poematum Libri XIV_; il lui envoie en même temps deux recueils de ses ouvrages, «qui n'ont rien de nouveau que l'impression», et y joint quelques vers ïambiques latins sur sa tragédie de _Médée_, tout en s'excusant de «cette eschappée en une langue qu'il y a trente ans qu'il a oubliée».

Dans la seconde, Corneille annonce à Zuilychem l'envoi d'une comédie qu'il lui dédie, c'est-à-dire de _Don Sanche d'Aragon_. (Voy. no 60.)

II. OUVRAGES OU RECUEILS DIVERS CONTENANT DES PIÈCES DE CORNEILLE EN PROSE OU EN VERS.

180. LIGDAMON || ET LIDIAS: || OV || LA RESSEMBLANCE. || Tragi-Comedie. || Par Monsieur || de Scudery. || _A Paris, || Chez François Targa, au premier || pilier de la grand'Salle du Palais, || deuant les Consultations._ || M.DC.XXXI [1631]. || Auec Priuilege du Roy.--AVTRES || OEVVRES || DE || MONSIEVR || DE SCVDERY. || _A Paris, || Chez François Targa, au premier || pilier de la grand'Salle du Palais, || deuant les Consultations._ || M.DC.XXXI [1631]. || Auec Priuilege du Roy. In-8 de 20 ff. et 264 pp., sign. A-R.

Collation des feuillets prélim.: frontispice gravé qui représente Ligdamon combattant dans une arène contre des lions, en présence de trois juges et de plusieurs autres personnages (ce frontispice porte le titre de la pièce, le nom et l'adresse de _Targa_, et deux marques très-curieuses de ce libraire);--titre imprimé;--2 ff. pour l'a dédicace à M. le duc de Montmorency;--1 p. pour un _Sonnet à luy mesme_;--8 pp. pour un avis _A qui lit_;--12 pp. pour des hommages à Scudéry, signés: de Rotrou, Scarron, A. Hardy, Corneille, de la Crette Bellenger, du Ryer, Guerente, Belleville, il Cavalier Grambosco, Dom Ivan Florimond, de Chandeville-Sarcilly;--3 pp. pour le _Privilége_;--3 ff. pour l'_Argument_; 1 f. pour l'erratum et les _Acteurs_.

La tragi-comédie occupe les 133 premières pages du volume; on trouve ensuite le second titre que nous avons reproduit ci-dessus, et la pagination reprend de 137 à 264.

Le privilége, daté du 17 juillet 1631, est accordé à _Targa_ pour dix ans; l'achevé d'imprimer est du 18 septembre 1631.

Le verso du 11e feuillet prélim. contient un quatrain adressé par Corneille à Scudéry. Ce quatrain, signalé déjà par les frères Parfaict (_Histoire du Théatre françois_, t. IVe, p. 443), puis inséré par M. Edouard Tricotel dans le _Bulletin du Bouquiniste_ (1er août 1859), a été ajouté aux oeuvres de notre poëte, par M. Marty-Laveaux (t. Xe, p. 57). Il est ainsi conçu:

Encor que Ligdamon en dépeignant Silvie Lui donne assez d'appas pour charmer l'Univers, Sa beauté toutefois dont la France est ravie Ne me toucheroit point sans celle de tes vers.

181. LE TROMPEVR PVNY, OV L'HISTOIRE SEPTENTRIONALE, Tragi-Comedie par Monsieur de Scudery. _A Paris, Chez Pierre Billaine._ M.DC.XXXIII [1633]. In-8.

Nous n'avons pas vu cette édition mentionnée au Catalogue Soleinne sous le no 1070.

Au verso du 12e feuillet se trouve le madrigal suivant, signé CORNEILLE:

Ton Cleonte, par son trespas, Jette un puissant appas A la supercherie; Vu l'esclat infini Qu'il reçoit de ta plume, apres sa tromperie; Chacun voudra tromper pour estre ainsi puny; Et quoy qu'il en perde la vie, On portera tousjours envie A l'heur qui suit son mauvais sort; Puis qu'il ne vivroit plus s'il ne fust ainsi mort.

182. LE || TROMPEVR || PUNY. || OV L'HISTOIRE SEPTENTRIONALE. || Tragi-Comedie || Par || Monsieur de Scudery. || _A Paris, || Chez Antoine de Sommauille, au Palais, || dans la petite Salle à l'Escu de France._ || M.DC.XXXV [1635]. || Auec Priuilege.--AVTRES ||OEVVRES || DE MONSIEVR || DE SCVDERY. In-8 de 16 ff. et 168 pp., sign. A-L.

Collation des feuillets prélim.: frontispice gravé qui représente deux personnages assis, dont l'un écrit, tandis que l'autre tient un livre; un tableau, placé derrière eux, reproduit une autre scène de la pièce; enfin l'on aperçoit dans le lointain, à travers une porte ouverte, deux hommes qui se battent en duel; ce frontispice, signé de _Michel Lasne_, porte le titre de la pièce, l'adresse de _Sommaville_ et la date de 1635;--portrait de Scudéry par _Michel Lasne_, autour duquel on lit sa fameuse devise:

«Et Poëte et Guerrier, Il aura du laurier;»

--titre imprimé;--7 pp. pour la dédicace «A Madame de Combalet»;--4 pp. pour la «Préface par Monsieur de Chandeville, sur les OEuvres de Monsieur de Scudery»;--12 pp. occupées par divers hommages en vers, signés: Du Ryer, Mairet, d'Inville, Boisrobert, Corneille, d'Autheuil, Guérente, Mondory, G. de Coste, de S. Firmin;--3 pp. pour le privilége.

La pièce de Corneille occupe le recto du feuillet _[=e]iij_.

Le privilége, daté du 18 décembre 1632, est accordé à _Pierre Billaine_, qui déclare en faire cession à _Sommaville_. L'achevé d'imprimer est du 4 janvier 1633.

La tragi-comédie s'arrête à la p. 111 (sign. A-G); elle est suivie de 28 ff. qui continuent la pagination de la pièce de 113 à 168 et sont signés H-L. Cette seconde partie, analogue à celle qui est jointe au _Clitandre_ de Corneille (no 2), n'a qu'un faux-titre.

183. LA || SOEVR || VALEVREVSE, || OV || L'AVEVGLE || AMANTE. || Tragi-Comedie || Dediée à Monseigneur || le Duc de Vandosme. || Par le Sr Mareschal. || _A Paris, || Chez Anthoine de Sommauille, dans la || Galerie du Palais, à l'Escu de France._ || M.DC.XXXIIII [1634]. || Auec Priuilege du Roy. In-8 de 16 ff. et 200 pp. (la dernière page est chiffr. par erreur 196).

Collation des feuillets prélim.: frontispice gravé de _Michel Lasne_, représentant Mars qui tient un bouclier, sur lequel se détache le portrait du poëte; aux pieds de Mars jouent deux Amours; au-dessus du dieu une Renommée tient une couronne de lauriers et une trompette qui porte le titre;--titre imprimé;--5 pp. pour la dédicace;--7 pp. contenant des hommages en vers, signés: de Scudéry, Mairet, de Rotrou, Corneille, du Ryer; 7 ff. pour l'_Argument_;--1 f. pour les _Acteurs_.

L'édition ne renferme ni privilége ni achevé d'imprimer.

Au verso du 6e feuillet commence une pièce en 20 vers, signée CORNEILLE, dont voici les premiers vers:

Rendez-vous, Amants et Guerriers, Craignez ses attraits et ses armes; Sa valeur, égale à ses charmes, Unit les myrthes aux lauriers...

Cette pièce se termine au recto du 7e f. Elle a été recueillie pour la première fois par M. Edouard Fournier dans ses _Notes sur la vie de Corneille_, qui précèdent _Corneille à la Butte Saint-Roch_, et reproduite par M. Marty-Laveaux (t. Xe, pp. 62 sq.).

M. de Soleinne possédait le manuscrit original de cette pièce avec une dédicace particulière au duc de Vendôme (Catalogue Soleinne, no 1047); les envois poétiques à l'auteur ne devaient pas s'y trouver.

184. EPINICIA || MVSARVM. || Eminentissimo || Cardinali || Duci || de Richelieu. || _Parisiis, || Apud Sebastianum Cramoisy Typographum || Regium, via Iacobæa, sub Ciconiis._ M.DC.XXXIV [1634]. || Cum Priuilegio Regis. In-4 de 12 ff., 282 pp. et 1 f., pour la _Table_.

Collation des feuillets prélim.: titre;--7 ff. pour l'épître adressée au cardinal de Richelieu, par Gomin;--4 ff. contenant une pièce en prose à la louange des _Epinicia_, un avis du libraire au lecteur, un extrait du privilége et un portrait de Richelieu, non signé.

L'avis au lecteur est ainsi conçu: «_Typographus Lectori._ Ne mirare, Lector, si nullam hîc, nec rerum, nec temporum, nec personarum servatam seriem vides: nam ut singula in manus nostras venere, ea prælo subjecimus. Si qui sua hîc desiderari querentur, sciant ea nos effugisse, quibus tamen secunda editione, quæ brevi locupletior prodibit et accuratior, faciemus satis. Hoc te monitum volui. Vale et fruere.»

Le privilége, daté du 23 avril 1633, est accordé à Boisrobert, qui en a fait cession à _Cramoisy_; l'achevé d'imprimer est du 14 août 1634.

Ce recueil, relié d'ordinaire à la suite d'un recueil français intitulé: _Les Sacrifices des Muses au grand Cardinal de Richelieu_ (à Paris, chez Sebastien Cramoisy, 1635, in-4), contient, pp. 248-251, une pièce composée de 43 distiques latins et intitulée: _P. Cornelli || Rothomagensis, || ad illustrissimi || Francisci || Archiepiscopi || Normanniæ Primatis || invitationem, || qua gloriosissimum Regem, || Emimentissimumque Cardinalem-Ducem || versibus celebrare jussus est, || Excusatio._ Suivent les distiques qui commencent ainsi:

Neustriacæ lux alma plagæ, quo nostra superbit Infula, et Aonii laurus opaca jugi, Heroum ad laudes, dignosque Marone triumphos Parce, precor, tenuem sollicitare chelyn...

En étudiant ce poëme avec plus de soin que les précédents éditeurs, M. Marty-Laveaux y a remarqué des allusions à la _Place Royale_, qui lui ont permis de rectifier la date de cette pièce et celle de la _Galerie du Palais_. (Voy. ci-dessus, nos 5 et 7.)

Il existe dans le même format, avec le même privilége et le même achevé d'imprimer, deux recueils destinés à célébrer la gloire du Roi, comme les précédents ont pour but de publier les louanges du Cardinal: _Palmæ Regiæ invictissimo Ludovico XIII. Regi Christianissimo, a præcipuis nostri ævi Poetis in Trophæum erectæ_; Parisiis, apud Sebastianum Cramoisy, 1634; et _Le Parnasse Royal, où les immortelles Actions du tres-chrestien et tres-victorieux Monarque Louis XIII sont publiées par les plus celebres Esprits de ce temps_; à Paris, chez Sebastien Cramoisy, 1635.

On ne trouve dans ces recueils en l'honneur du roi aucune pièce de Corneille. L'auteur du _Cid_ n'avait chanté la gloire de Richelieu qu'à l'instigation de l'archevêque de Rouen, François Harlay de Champvalon, et l'on peut admettre que le prélat avait recommandé au poëte de s'adresser plutôt à Richelieu qu'à Louis XIII. Les panégyristes montrèrent d'ailleurs peu d'empressement à chanter la gloire du roi. La difficulté qu'eut l'imprimeur à remplir son recueil en retarda longtemps la publication, ainsi qu'il l'avoue lui-même dans l'avis au lecteur. Les vers adressés au cardinal eussent probablement pu paraître plus tôt, mais il eût été peu convenable qu'ils parussent avant les vers adressés au roi.

185. HIPPOLYTE, || Tragedie. || Par de la Pineliere, Angeuin. || _A Paris, || Chez Antoine de Sommauille, au Palais, || en la petite Salle, à l'Escu de France._ || M.DC.XXXV [1635]. || Auec Priuilege du Roy.--AVTRES || OEVVRES || POETIQVES || du mesme || Autheur. || M.DC.XXXV [1635]. In-8 de 20 ff. et 112 pp., dont les deux dernières ne sont pas chiffr.

Collation des feuillets prélim.: titre;--3 ff. pour la dédicace «A Monsieur de Bautru, introducteur des Ambassadeurs»;--6 ff. pour la «Préface sur l'Hippolyte de Monsieur de la Pineliere. Par le sieur de Hautgalion»;--4 ff. pour l'avis _Au Lecteur_;--6 ff. pour l'erratum, les _Acteurs_ et les envois poétiques de divers auteurs à la Pinelière.

Les envois, au nombre de six, sont signés: Th. de la Rivière, Je Bensserade, Corneille, le sieur de Buys, de Montereul, d'Alibray.

Les vers de Corneille occupent le verso du f. [=u] ij. Ils commencent ainsi:

Phedre, si ton chasseur auoit autant de charmes Qu'en donne à son visage un si docte pinceau, Ta passion fut juste et merite des larmes Pour plaindre le malheur qui le met au tombeau.

L'_Hippolyte_ s'arrête à la p. 98, après le 1er f. du cahier N, et les _Autres OEuvres poëtiques_ occupent le reste du cahier N et le cahier O. Ils se terminent par le mot _Fin_, après l'épigramme intitulée: _Sur une Courtisane devenue aveugle._

Les vers de Corneille, reproduits pour la première fois au Catalogue Soleinne (_Supplément au_ t. Ier, p. 201), ont été réimprimés depuis par M. Edouard Fournier (_Notes sur la vie de Corneille_, pp. XCVII sq.) et par M. Marty-Laveaux (t. Xe, p. 73).

186. LA GVIRLANDE DE IVLIE. Pour Mademoiselle de Ramboüillet Iulie Lucine d'Angennes. _Escript par N. Jarry._ M.DC.XLI [1641]. In-fol.

Tous ceux qui s'occupent de livres connaissent, au moins de réputation, le chef-d'oeuvre du calligraphe _Jarry_. Ce manuscrit, exécuté pour le duc de Montausier, passa plus tard entre les mains de Gaignat et du duc de la Vallière. Voici la description qu'en donne le _Catalogue_ de cet illustre amateur (1re partie, t. IIe, no 3247): «Manuscrit précieux sur vélin, unique dans son genre, et que rien ne peut égaler en beauté. M. Huet [_Huetiana_, Paris, 1722, in-12, p. 103] l'a appelé le chef-d'oeuvre de la galanterie, et en a vanté la magnificence de l'exécution. Ce fut le baron de Sainte-Maure, plus connu sous le nom de duc de Montausier, qui en conçut l'idée et en fit la dépense. Il chargea le fameux _Robert_ de peindre les fleurs dont il est enrichi, et _Nicolas Jarry_, dont le talent ne peut être trop célébré, d'écrire les Madrigaux, que les hommes de lettres qui fréquentoient l'hôtel de Rambouillet s'empressèrent de faire sur chaque fleur, à la louange de celle pour qui ce livre était destiné.