Part 22
«Ces fleurs sont au nombre de 29; sçavoir: l'Amarante, l'Anémone, l'Angélique, la Couronne Impériale, l'Eliotrope, la Flambe, la Fleur d'Adonis, la Fleur de Grenade, la Fleur d'Orange, la Fleur de Thym, l'Hyacinthe, le Jasmin, l'Immortelle blanche, l'Immortelle jaune, la Jonquille, le Lis, le Méleagre, le Muguet, le Narcisse, l'OEillet, le Pavot, la Pensée, la Perceneige, la Rose, le Safran, le Souci, la Tulipe, la Tulipe flamboyante et la Violette.
«Ces Fleurs, réunies d'abord sur une même page et formant une guirlande superbe au milieu de laquelle on lit: _La Guirlande de Iulie_, se trouvent ensuite séparées et peintes sur le recto de 29 feuillets, qui ne contient jamais qu'une seule fleur.
«Les Madrigaux, dont chaque fleur est l'objet, sont supérieurement écrits en lettres rondes, chacun séparément sur un feuillet. On en compte 61, parce qu'il y en a plusieurs sur une même fleur. M. de Montausier, lui-même, est au nombre des Poëtes qui les ont faits. Le plus beau, le plus connu et le plus souvent cité, est celui de Desmarets, sur la Violette.
«On voit sur le septième feuillet une belle miniature représentant Zéphyr dans un nuage, tenant dans sa main gauche la Guirlande de Julie et, dans sa droite, une rose. Il parsème la terre de diverses fleurs que son souffle fait éclore de sa bouche.
«Le duc de Montausier, en ordonnant l'exécution de ce riche MS., le destinoit à Julie-Lucine d'Angenes, Marquise de Rambouillet, à qui il le présenta en 1641. Il eut soin auparavant de faire relier magnifiquement ce livre [en maroquin rouge, par _Le Gascon_], et d'orner le dedans et le dehors de la couverture, du chiffre de cette fille célèbre, qu'il épousa quatre ans après, en 1645. Ce fut, sans contredit, le plus beau présent qu'il pût lui faire, et le plus analogue à son goût et à ses talents.
«M. l'Abbé Rive a donné une notice particulière très-exacte et très-étendue de ce MS. [_Notices historiques et critiques de deux Manuscrits, uniques et très-précieux, de la Bibliothèque de M. le Duc de la Vallière, dont l'un a pour titre: la Guirlande de Julie, et l'autre, Recueil de fleurs et insectes, peints par Daniel Rabel, en 1624_; Paris, Didot l'aîné, 1779, in-4.]»
Une autre notice écrite par Gaignères et complétée par De Bure se trouve dans le _Supplément à la première partie du Catalogue de M. le duc de la Vallière_; elle a été reproduite par Didot jeune, Nodier et M. Livet, en tête des éditions citées ci-après.
Six pièces de la _Guirlande_: le _Lis_, la _Tulipe_, la _Hyacinthe_, la _Fleur d'orange_, la _Fleur de Grenade_ et l'_Immortelle blanche_, sont signées d'un C. dans le manuscrit. Le libraire _Charles de Sercy_, qui a fait entrer la _Guirlande_ dans un recueil de poésies dont nous parlerons plus loin, a signé du nom entier de Corneille trois de ces madrigaux: la _Tulipe_, la _Fleur d'orange_ et l'_Immortelle blanche_, tandis qu'il n'a marqué les trois autres que d'une simple initiale. Granet n'a reproduit dans ses _OEuvres diversés_ de Corneille que les trois morceaux que lui attribuait _Sercy_; mais M. Taschereau (_Vie de Corneille_, 2e éd., pp. 107 sq.) a, non sans raison, croyons-nous, revendiqué les six pièces pour l'auteur du _Cid_. Il est fort possible en effet que _Sercy_ ait donné ses indications au hasard.
Gaignères et deux des éditeurs de la _Guirlande de Julie_, Didot et Nodier, ont fait honneur à Conrard des six madrigaux marqués d'un C. M. Marty-Laveaux a cru prudent de suivre l'exemple de Granet.
Ce précieux manuscrit fut vendu après la mort de la duchesse d'Uzès, fille du duc de Montausier, à un particulier qui le paya quinze louis et le revendit à Moreau, valet de chambre du duc de Bourgogne, lequel en fit présent à M. de Gaignères. Après la mort de Gaignères, le volume passa entre les mains du chevalier de B***. L'abbé de Rothelin l'acheta à la vente de cet amateur, et en fit présent, à son tour, à Boze, dans le catalogue de qui nous le voyons mentionné. M. de Cotte l'acquit des héritiers de M. de Boze et le céda plus tard à Gaignat. Il fut donné pour 780 livres à la vente Gaignat, mais il atteignit le prix de 14,510 à la vente la Vallière, en décembre 1783. Il fut acquis par la duchesse de Châtillon, fille du duc de la Vallière, à la mort de laquelle il passa chez Mme la duchesse d'Uzès, sa fille. Il appartient aujourd'hui à M. le duc de Crussol, qui l'a reçu de son père, M. le duc d'Uzès. Il a figuré à l'exposition organisée à Paris, en 1874, au profit des Alsaciens-Lorrains.
M. Brunet (_Manuel du Libraire_, vo Jarry) parle d'un manuscrit qui paraît avoir été l'esquisse et le modèle de _Jarry_. C'est un in-4 de 53 ff., exécuté sur papier en belles lettres bâtardes. Il a figuré aux ventes Crozat de Tugny en 1751 (no 1316 du Catalogue) et Courtanveaux, en 1783 (no 1275 du Catalogue). M. P. Firmin-Didot jeune s'en est alors rendu acquéreur pour la somme modique de 3 fr. 75.
187. LA GVIRLANDE DE IVLIE. Pour Mademoiselle de Ramboüillet, Iulie-Lucine d'Angennes. _Escript par N. Jarry._ 1641. In-8.
L'auteur du _Huetiana_ dit que le duc de Montausier fit faire deux exemplaires tout pareils de la _Guirlande de Julie_; c'est une erreur. La copie fut également exécutée par _Jarry_, mais elle est du format in-8. «Elle contient 40 feuillets écrits en bâtarde. Elle ne renferme que les Madrigaux seuls, sans aucune peinture. La couverture en est ornée du chiffre de Julie, à qui il fut offert par le duc de Montausier, en même temps que le MS. précédent.»--_Catalogue la Vallière_, 1re partie, t. IIe, no 3248.
Ce volume vendu 406 fr. chez la Vallière, en 1783, fut revendu 622 fr. chez d'Hangard; 250 fr. seulement chez Lefebvre, et 2,900 fr. chez de Bure, en 1853; il appartient depuis lors à M. le marquis de Sainte-Maure.
188. LA GUIRLANDE DE JULIE. _A Paris, De l'Imprimerie de Didot jeune_, 1784. In-8.
Édition publiée d'après le manuscrit sur papier cité plus haut.
Renouard dit qu'elle a été tirée à 90 exemplaires; M. Brunet (vo _Montausier_) dit, au contraire, qu'il en existe au moins 250 exemplaires.
_La Guirlande de Julie_ avait été déjà imprimée à la suite de la _Vie de M. de Montausier, écrite sur les Mémoires de la duchesse d'Uzès sa fille_ (par Nicolas Petit, jésuite); Paris, 1729, 2 tomes en un vol. in-12.
189. LA GUIRLANDE DE JULIE, offerte à Mademoiselle de Rambouillet, Julie Lucie-Lucine d'Angènes, par le marquis de Montausier; ornée de 30 gravures dessinées et peintes par Madame Legendre. _A Paris, chez Mademoiselle Adèle Prudhomme, rue des Marais, no 18; H. Nicolle et Pélicier, [Imprimerie de Didot jeune], 1818._ In-8,
Édition sur papier vélin double satiné.
190. LA GUIRLANDE DE JULIE, expliquée par de nouvelles annotations sur les madrigaux et sur les fleurs peintes qui la composent, par M. Amoreux, D. M. _Montpellier et Paris, Gabon et Ce, [Imprimerie de X. Jullien, à Montpellier], 1824._ In-18.
191. LA GUIRLANDE DE JULIE, offerte à Mademoiselle de Rambouillet par M. de Montausier. _Paris, N. Delangle, éditeur, rue du Battoir_, no XIX, M.DCCC.XXVI [1826]. Pet. in-12 de xj et CIV pp.
_Collection de Petits Classiques françois_, «imprimée à 500 exemplaires, aux frais et par les soins de Charles Nodier et N. Delangle, avec les caractères de Jules Didot aîné.»
Nous avons dit que Nodier attribuait à Conrard les six madrigaux signés d'un C dans l'original.
192. PRÉCIEUX ET PRÉCIEUSES.--Caractères et Moeurs littéraires au XVIIe siècle, par M. Ch.-L. Livet. _Paris, Libraire académique, Didier et Ce, 1859_, in-8 de 2 ff., XXXVI-442 pp. et 1 f. pour la _Table_.
L'ouvrage de M. Livet contient (pp. 393-442) une réimpression complète de la _Guirlande de Julie_.
193. LES || CHEVILLES || DE || Me ADAM || Menuisier || de Neuers. || _A Paris, || Chez Toussainct Quinet, || au Palais, sous la montée de la || Cour des Aydes._ || M.DC.XLIV [1644]. || Auec Priuilege du Roy. In-4 de 18 ff., 100 pp., 4 ff. et 315 pp.
Collation des feuillets prélim.: portrait de Me Adam, au-dessous duquel on lit un sixain en son honneur et l'adresse de _Quinet_; --titre;--12 ff. (paginés 5-28) pour l'_Epistre_;--4 ff. pour la _Preface de Monsieur de Marolles, Abbé de Ville-Loin_, et le _Privilége_.
Les 100 pp. qui forment la première partie contiennent des vers français, latins, grecs, italiens et espagnols adressés au poëte par plus de cinquante auteurs, et réunis sous le titre d'_Hommage du Parnasse_. Un sonnet signé de Corneille occupe la p. 11; en voici le premier quatrain:
Le Dieu de Pythagore, et sa Metempsycose, Jettans l'ame d'Orphée en un Poëte François, Par quel crime, dit-elle, ay-je offencé vos loix, Digne du triste sort que leur rigueur m'impose?
Les 4 ff. qui suivent l'_Hommage du Parnasse_ contiennent les _Noms des Auteurs_ et la _Table des Pieces contenues aux Chevilles de Maistre Adam_.
Le privilége, daté du 16 avril 1644, est accordé pour dix ans à «Adam Billault, Maistre Menuisier de la ville de Nevers», qui déclare en faire cession à _Toussaint Quinet_. L'achevé d'imprimer est du 25 mai 1644. Détail curieux: on trouve dans l'_Honneur du Parnasse_ deux pièces signées du libraire _Quinet_.
194. LES EPISTRES || DV SIEVR || DE BOIS-ROBERT- || METEL, Abbé de Chastillon. || Dédiées a Monseigneur || l'Eminentissime Cardinal Mazarin. || _A Paris, || Chez Cardin Besongne, au Palais, au haut de la montée || de la Ste Chappelle, aux Roses vermeilles._ || M.DC.XLVII [1647]. || Auec Priuilege du Roy. In-4 de 10 ff., 200 et 47 pp.
Collation des feuillets prélim.: titre, avec la marque du libraire;--3 pp. pour la dédicace «A Monseigneur l'Eminentissime Cardinal Mazarin;--7 pp. pour les hommages poëtiques, signés: Menagius, de Gombaut, Menard et Corneille;--4 ff. pour la _Préface_, par M. Mascaron.
Le recueil se compose de deux parties, dont la première compte 200 pp.; la seconde commence ensuite par un titre de départ ainsi conçu: _Autres || OEuures || poëtiques || de Monsieur de Boisrobert_.
Au verso de la p. 47 se trouve l'_Extrait_ du privilége accordé pour dix ans à Boisrobert, à la date du 4 juin 1646; l'auteur déclare en faire cession à _Cardin Besogne_. L'achevé d'imprimer est du 21 juillet 1646.
La pièce de Corneille occupe le recto du 6e f. prélim.; elle débute ainsi:
Que tes entretiens sont charmants, Que leur douceur est infinie, etc.
195. LES || TRIOMPHES || DE || LOVIS LE IVSTE || XIII. DV NOM, || ROY DE FRANCE ET DE NAVARRE. || Contenans || les plus grandes Actions ou Sa Maiesté s'est || trouuée en personne, representées en Figures Ænigmatiques exposées par vn || Poëme Heroïque de Charles Beys, & accompagnées de vers François sous || chaque Figure, composez par P. de Corneille. || Auec les Portraits des Rois, Princes et Generaux d'Armees, || qui ont assisté ou seruy ce Belliqueux Louis le Iuste Combattant; Et de leurs Deuises & || Expositions en forme d'Eloges, par Henry Estienne, Escuyer, Sieur des Fossez, Poëte & || Interprete du Roy és Langues Grecque & Latine. || Ensemble le Plan des Villes, Sieges et Batailles, auec || vn Abregé de la Vie de ce Grand Monarque, par René Barry, Conseiller du Roy, & Hi- || storiographe de sa Majesté. || Le tout traduit en Latin par le R. P. Nicolaï, Docteur en Sorbonne de la Faculté || de Paris, & premier Regent du grand Conuent des Iacobins. || Ouurage entrepris & finy par Iean Valdor, Liegeois, Calcographe du Roy. || Le tout par commandement de leurs Maiestez. || _A Paris, || En l'Imprimerie Royale, Par Antoine Estienne, Premier Imprimeur || & Libraire ordinaire du Roy._ || M.DC.XLIX [1649]. || Auec Priuilege de Sa Maiesté.--LVDOVICI IVSTI || TERTII DECIMI || NVNCVPATI, GALLIÆ SIMVL ET NAVARRÆ || CHRISTIANISSIMI REGIS, || TRIVMPHALIA MONVMENTA. || Quibus egregia maxime quæ per seipsam tam Augusta || Maiestas facinora peregit, continentur; Ænigmaticis Iconibus ac figuris expressa, || quas Heroico Carmine Carolus Beys explicauit, & Gallicis quoque versibus ad || singulas figuras Iconasque affixis P. Cornelius seorsim exornauit. || Cum Iconibus etiam Regum, Principum, Strategorum,|| qui bellicoso illi Regi Ludouico Iusto pugnanti, vel obsequium, vel auxilium præstiterunt; Adectis || ad has eorum effigies ac stemmata, singulorum Symbolis & Elogiis per Henricum Stephanum Equitem || Fossarum Dominum, Græcarum Latinarumque literarum Interpretem, ac Poëtam Regium, explicatis. || Accessit et Vrbium, Obsidionum, ac Præliorum, tam Augusti || Monarchæ Regno gestorum, cum compendiariâ vitæ illius narratione, descriptio; quam historico || stylo Renatus Barry, Consiliarius & Historiographus Regius, delineauit ac expressit. || Omnia porrô ex Gallico Idiomate in Latinum conuertit F. Ioannes Nicolai Sacræ Theologiæ in Facultate || Parisiensi Doctor, & apud Fratres Prædicatores in Conuentu S. Iacobi primarius Professor. || Opus, curâ Ioannis Valdorii Leodiensis propalatum, susceptum, ac perfectum; || Accedente ad præfata omnia elaboranda Regio iussu. || _Lutetiæ Parisiorum, || In Regiâ ipsâ Typographiâ per Antonium Stephanum, Proto Typographum Regium, || & Christianissimi Regis Bibliocômum ordinarium._ || M.DC.XLIX [1649]. || Cum eiusdem Christianissimæ Majestatis Priuilegio. In-fol. de 33 ff., 87 pp., 142 pp. et 2 ff., non chiffr.; 106 ff. chiffr., 6 ff. non chiffr. et 2 ff. chiffr. 109-110.
Collation des feuillets prélim.: titre français; titre latin; 2 ff. pour l'_Epistre_ de Valdor au Roi (l'un de ces feuillets est un encart qui répète la signature _aij_, détail qui explique le nombre impair des ff. prélim.);--2 ff. pour la traduction latine de l'_Epistre_, et un morceau signé des Fossez (Estienne);--2 ff. pour l'_Epistre_ de Valdor à la Reine;--5 ff. pour la traduction latine de cette _Epistre_, une _Ode au Roy_, en vers français et latins et une grande figure;--13 ff. pour l'_Exposition des Devises qui sont pour la Reyne Regente_, une _Ode à la Reyne_, en français et en latin, ode qui est accompagnée d'un grand portrait; deux hommages poétiques à Louis le Juste en français et en latin, signés du P. Le Moyne et de R. Rapin; des hommages poétiques à Valdor, sur son ouvrage, signés de Ferran, de Beys, d'Isaac Habert, de G. Colletet, de Scudéry, de Tristan l'Hermite, de Furetière, de F. Cassandre, de Jean Nicolaï;--7 ff. pour les préfaces en latin et en français, pour les lettres du roi au P. Nicolaï, à Estienne des Fossez, à Beys, à Bary et à Corneille, pour une ode de Furetière _Au Roy, sur son portrait_ et pour le _Privilege_.
La 1re partie renferme une planche de _S. della Bella_ et 20 planches de _Valdor_ qui représentent les grandes actions du roi; chacune de ces dernières est accompagnée d'une inscription en vers due à Corneille.
La 2e partie contient 25 portraits remarquablement gravés.
La 3e partie est entièrement consacrée à des plans topographiques, gravés dans un format double de celui du livre; la collation en présente quelques irrégularités. Il semble que l'ouvrage dût contenir six planches de plus qu'il n'en contient en réalité. Voici l'indication de ces lacunes: La foliation saute de 10 à 13; de 26 à 29; de 68 à 71; de 72 à 75; de 96 à 99; de 102 à 105. Après le f. 106 sont placées 2 feuilles doubles (soit 4 ff.) signées d'une simple étoile et 2 ff. sans chiffre ni signature. Le volume se termine par 2 ff. chiffrés 109 et 110.
Le privilége, daté du 22 mai 1649, est accordé à Valdor pour dix ans. Sur ce graveur, qui fut nommé en 1651 agent du prince-évêque de Liége en France, et sur son ouvrage, on peut consulter le travail suivant: _Le 3e Valdor, calcographe de Louis XIV_; Liége, imprimerie de L. Grandmont-Donders, 1865, in-8 de 50 pp. avec un portrait lithographié. (_Extrait du Bulletin de l'Institut archéologique liégeois._)
M. Ambr. F. Didot possède l'exemplaire de dédicace relié en mar. r., aux armes d'Anne d'Autriche.
196. LES LETTRES || DE SAINCT || BERNARD, || Premier Abbé || de Clervaux, || Docteur de l'Eglise. || Traduites || Par le R. P. Dom Gabriel de Sainct Malachie, || Religieux Feuillent [_sic_] de l'Ordre de Cisteaux. || Dédiées à Monseigneur le Mareschal de l'Hospital. || _A Paris, || Chez Gaspar Meturas, ruë Sainct Iacque || à la Trinité, prés les Maturins._ || M.DC.XLIX [1649.] || Auec Priuilege & Approbation. In-4 de 22 ff. (dont le premier est blanc) et 607 pp.--LETTRES || DE SAINCT || BERNARD, || Traduites en François || Par le R. P. en Nostre Seigneur, Dom Gabriel de Saint || Malachie, Religieux de la Congregation de N. Dame || de [sic] Feüillans, de l'Ordre de Cisteaux. || Seconde Partie. || _A Paris, || Chez George Iosse, rue Sainct Iacques, || à la Couronne d'Espine._ || M.DC.LIV [1654]. || Auec Priuilege & Approbation. In-4 de 12 ff. et 644 pp.
Dans l'exemplaire de ce livre que possède la Bibliothèque nationale (C. 2043), les feuillets prélim. du Ier sont ainsi composés: 1 f, blanc;--titre;--4 ff. pour l'_Epistre_;--2 ff. pour l'_Avertissement_;--2 ff. pour des hommages poétiques au traducteur, signés de Gemmaris;--4 ff. pour un _Cantique de S. Bernard à la louange de Jesus, traduit en François par Monsieur de Sales_ (ces 4 ff. qui portent une pagination et qui sont signés A, forment encart dans le volume et ne se trouvent peut-être pas dans tous les exemplaires);--2 ff. pour des hommages poétiques au traducteur, signés: Corneille, de Sales, du Breton et pour l'_Extrait du Privilége_;--6 ff. contenant la _Table_ et 1 figure.
Le privilége, dont la première partie seule contient un extrait, est daté du 14 mai 1648; il est accordé pour dix ans à _G. Meturas_. On trouve à la fin un achevé d'imprimer du 23 août 1649.
Le sonnet de Corneille est adressé à saint Bernard; il commence ainsi:
Du Cloistre et de la Cour precieuse clarté, Mais du Cloistre sans tache, et d'une Cour sans crimes, Aussi ferme soustien des Ordres legitimes, Qu'implacable ennemy de la fausse equité...
197. EPITAPHIVM IN ÆDE SAN BENEDICTINA PARISIIS APPENDENDVM, Nicolaus Gulonius, mortalitatis maiorumque memor, piis illorum Manibus designabat. _Anno_ CI[C] DCL [1650]. In-fol. de 12 pp.
Ce recueil, que M. Marty-Laveaux a signalé pour la première fois, et dont la Bibliothèque nationale possède un exemplaire, contient les épitaphes de neuf membres de la famille de Nicolas Goulu et la sienne propre, sans parler d'un éloge de Jean Goulu et d'un avis sur ses ouvrages. Jean Goulu, savant bénédictin, né en 1576, mort en 1629, était petit-fils par sa mère du célèbre poëte Jean Dorat. Corneille composa en son honneur une épitaphe latine à laquelle Dom Pierre de Saint Romuald fait allusion dans son _Trésor chronologique et historique_ (Paris, 1647, in-fol., 3e partie, pp. 899 sq.). C'est précisément cette épitaphe, dont le texte authentique s'est retrouvé dans le volume cité plus haut. Voy. Marty-Laveaux, t. Xe, pp. 392 sqq.
198. L'OVIDE || EN BELLE HVMEVR, || DE M. DASSOVCY. || Enrichi de toutes ses || figures burlesques. || _A Paris, || Chez Charles de Sercy, au Palais, en la || Galerie Dauphine, à la Bonne Foy._ || M.DC.L [1650]. || Auec Priuilege du Roy. In-4 de 6 ff., 142 pp. et 1 f.
Collation des feuillets prélim.: frontispice gravé représentant Ovide, en costume grotesque, une couronne de lauriers sur la tête, et sa plume sur l'oreille; il est assis dans un fauteuil, et le poëte lui présente un portrait où il se reconnaît; titre imprimé; 4 ff. pour la dédicace «A Monseigneur le Comte de St Aignan», le sonnet de Corneille à Dassoucy et deux envois poétiques de Chavannes et de Tristan l'Hermite.
La p. 1 est occupée par un madrigal de Bergerac; la p. 2 par une figure singulière qui représente une lanterne étendant les bras pour créer le monde.
Le volume contient 6 autres figures comptées dans la pagination.
Le privilége, dont un extrait occupe le recto du dernier feuillet, est accordé pour sept ans à Dassoucy, à la date du 18 février 1650. L'achevé d'imprimer est du 25 février 1650.
L'_Ovide en belle humeur_ a été réimprimé à _Paris_ en 1653, in-4; en 1659 et 1664, pet. in-12; et à _Lyon_, 1658, in-12. Il en existe une édition elzévirienne (_Suivant la copie imprimée à Paris_, 1651, pet. in-12 de 94 pp.) que M. Pieters (2e édition, p. 201) qualifie de «rare et chère».
199. LES CHASTES || MARTIRS, || Tragedie || chrestienne || Par Mademoiselle Cosnard. || _A Paris, || Chez Nicolas et Iean de la Coste, au mont S. Hilaire à || l'Escu de Bretagne: Et en leur boutique à la petire_ [sic] _porte du Palais, || qui regarde le Quay des Augustins._ || M.DC.L [1650]. || Auec Priuilege du Roy. In-4 de 6 ff. et 95 pp.
Collation des feuillets prélim.: un f. blanc ou un frontispice gravé (?); titre; 1 f. pour la dédicace «A la Reyne Regente»; 1 f pour deux hommages poétiques signés de Corneille et de M. de Saint-Nicolas, maître des eaux et forêts à Vire; 2 ff. pour l'avis _Au Lecteur_ et les _Acteurs_.
Nous empruntons cette description à M. Marty-Laveaux (_OEuvres de Corneille_, t. Xe, p. 129), qui l'a donnée d'après un exemplaire appartenant à M. Léon de la Sicotière, d'Alençon, exemplaire qui provient de la vente Soleinne (no 1249 du Catalogue). La Bibliothèque de l'Arsenal ne possède qu'un exemplaire incomplet, et, quant à la Bibliothèque nationale, nous n'y avons trouvé qu'une contrefaçon intitulée:
LES CHASTES || MARTIRS, || Tragedie || chrestienne. || Par Mademoiselle Cosnard. || _Sur l'Imprimé. || A Paris, || Chez Augustin Courbé, dans la petite || Salle du Palais, à la Palme._ || M.DC.LI [1651], In-12 de 3 ff. et 65 pp., soit en tout 36 ff. signés A-K.
Cette contrefaçon, mal imprimée, ne contient pas les hommages poétiques.
La Bibliothèque nationale possède en outre une tragédie chrétienne de Mlle Cosnard intitulée: _Les Filles genereuses, ou le Triomphe de la Pudicité_ (Ms. franç., no 25503).
200. ILLVSTRISSIMO VIRO || POMPONIO || DE BELLIEVRE || Regi a Consiliis || et || Primo in Principe || Galliarum Senatu || Præsidi || inaugurato || Panegyricus || in Colleg. Marchiano || Parisiensis || Academiæ || dictus. || _Parisiis, || Apud Dionysium Langlæum, || in monte D. Hilarij, sub Pelicano._ || M.DC.LIII [1653]. In-4 de 32 pp. et 2 ff.
Au verso de l'avant-dernier f. (p. 34) se trouvent des vers de Corneille «A Monsieur de Loy, Professeur en l'Université de Paris, sur son Panegyrique de Monseigneur le Premier President de Bellievre», vers qui commencent ainsi:
Pourquoy s'étoner que de Loy Réussisse avec avantage...
201. AIRS || à quatre parties, || Du Sieur Dassoucy, || _A Paris, || Par Robert Ballard, seul Imprimeur du || Roy pour la Musique._ || Auec Priuilege de sa Majesté. || Basse-Contre. || 1653. Très-pet, in-8 obl. de 23 ff. chiffr. et 1 f. non chiffr., sign. A-C., titre encadré.
Au verso du titre commence la dédicace _A Son Altesse Royale Madame la Duchesse de Savoye_, qui se développe sur le feuillet suivant. En voici le début:
«Apres avoir respandu toutes mes larmes sur le Tombeau du deffunct Roy mon auguste Protecteur, je creus apres l'eclypse de ce grand Astre, qu'il n'y avoit plus de jour au monde, ny d'azile pour la vertu; Dans cette funeste pensée, je jugé que ce n'estoit pas assez de faire pleurer à mes tristes Airs la mort de celuy qui ne les avoit pas dedaignez durant sa vie, si pour satisfaire à ma douleur, je ne les condamnois à mourir: C'en estoit fait et mes Competiteurs n'estoient pas marris que j'eusse enterré un talent qui leur causoit de la jalousie; Mais depuis que (par l'honneur que j'ay receu dans vostre Royal service) j'ay appris qu'il y avoit encore un climat, une Cour, et une Reyne, ou plustost une divinité, l'amour de toute la terre, et l'aymant de toutes les vertus, aupres de qui le merite ne va jamais, sans y trouver sa gloire et sa recompense; J'ay revoqué cet Arrest inhumain, etc.»