Abrégé de l'histoire de l'Ukraine
Part 21
[38] Un exemple caractéristique est celui du leader bolchéviste ukrainien, Al. Neronovytch, qui presque seul avait défendu les principes soviétistes à la Rada Centrale. Pendant l’occupation de Kiev par les bolchéviks, il se rangea de leur côté, mais après quelques semaines il s’aperçut qu’il était impossible pour un nationaliste ukrainien de collaborer avec eux. Il les quitta et se rendit au front à l’armée ukrainienne, où le commandant le fit fusiller--pour bolchévisme!
Les organisations soviétistes de Kiev, composées en grande partie de russes et d’israélites, voulurent s’emparer du pouvoir et convoquèrent pour le commencement de décembre les délégués des conseils de soldats et d’ouvriers, espérant que cette assemblée déciderait de nouvelles élections pour la Rada Centrale et qu’ainsi le gouvernement ukrainien serait renversé. Mais «l’Union des paysans» fit venir ses délégués à Kiev pour assister au congrès, afin que la volonté de tous les travailleurs soit exprimée. Les paysans, en participant au congrès, assurèrent la victoire de la Rada et de son gouvernement national. Les incitateurs bolchévistes, après s’être convaincus de leur insuccès, quittèrent la ville pour se rendre à Charkov. Là ils organisèrent à grand bruit une conférence qu’ils intitulèrent «Congrès des ouvriers des régions du Donets et de Kryvy-Rih, des soviètes des soldats et d’une partie des paysans». Cette conférence élut, le 13 (26) décembre, un comité central exécutif qui s’arrogea le rôle «d’organe du pouvoir élu par toute l’Ukraine» en face de la Rada Centrale et opposa ses «secrétaires du peuple» au Secrétariat général. Les soviètes de Pétersbourg le reconnurent comme gouvernement de l’Ukraine. Tout cela avait l’air d’une farce, mais bientôt des troupes composées de matelots, de soldats et de tout un ramassis d’individus se ruèrent sur Charkov sous le prétexte d’aller faire campagne sur le Don. Leur arrivée encouragea les éléments locaux favorables aux bolchéviks, la population fut terrorisée, la garnison ukrainienne, après avoir tenu quinze jours, fut contrainte de se rendre et la ville devint la base d’opération non point contre les pays réactionnaires du Don, mais pour faire la conquête de l’Ukraine, ou, pour mieux dire, s’emparer de ses voies ferrées. En même temps, les unités militaires du front, travaillées par l’agitation bolchéviste, s’avancèrent dans le pays. A Kiev même une propagande intense excita la population et les troupes contre la Rada Centrale, leur conseillant de rester neutres dans la lutte qui se déchaînait entre cette assemblée, qu’ils qualifiaient de «bourgeoise», et le gouvernement bolchéviste de Charkov.
La Rada se trouva dans une situation des plus sérieuses. Grâce à ces manœuvres bolchévistes on ne put élire la constituante de l’Ukraine, à qui devaient être remis tous les pouvoirs et qui aurait dû trancher les questions vitales intérieures et extérieures, comme la réforme agricole et la question de savoir si l’Ukraine resterait complètement indépendante ou si elle entrerait dans une fédération et qui composerait cette fédération.
Après que les démarches du Secrétariat général pour réunir en une fédération toutes les républiques formées sur le territoire de l’ancienne Russie eurent échoué contre le mauvais vouloir de la Russie soviétiste (les autres états ne pouvaient se décider à prendre sur soi de former une fédération sans sa participation), l’Ukraine vivait de fait en république indépendante et ne l’était-elle pas _de jure_, puisque la fédération n’existait pas? Cela fut mis en relief à la fin de la VIIIme session de la Rada Centrale, au mois de décembre. Pendant ce temps elle avait été reconnue déjà par les puissances centrales et même par le gouvernement russe des Soviètes à la conférence de Brest-Litovsk, le 30 décembre (ancien style).
Si la fédération n’existait pas en réalité, on ne manquait pas d’en appeler, au besoin, au principe fédératif, ce qui amenait de terribles imbroglios dans la pratique. Ainsi les puissances de l’Entente avaient reconnu la République Ukrainienne (la France d’abord, ensuite l’Angleterre, au mois de décembre), mais en supposant que l’Ukraine était prête à participer à la fédération de Russie, de sorte qu’elles en tiraient des conséquences défavorables pour les droits souverains de ce pays. Le gouvernement des soviètes, de son côté, après avoir admis le principe de «la libre disposition des peuples jusqu’à la séparation complète», déclarait, une autre fois, en se basant sur le principe fédéraliste, qu’il fallait unifier le prolétariat russe et ukrainien. Il présentait la guerre qu’il menait contre l’Ukraine comme une lutte politique intestine et derrière cette formule se retranchaient les neutralistes de toutes les catégories.
Cette situation compliquée fut le sujet de longues et violentes discussions, au milieu desquelles l’idée se fit jour qu’il fallait rejeter tout compromis, s’opposer énergiquement aux prétentions bolchévistes, remettre les projets de fédérations à des temps plus favorables et, pour éviter toutes complications aussi bien intérieures qu’extérieures, proclamer solennellement la République Ukrainienne, souveraine et indépendante. Le 9 (22) janvier, jour où aurait dû se réunir l’assemblée constituante, fut la date de cet arrêt de principe. Les prescriptions de détail furent exposées dans le IVe universal promulgué quelques jours après et portant la date de l’arrêt.
La République Ukrainienne constituait «l’état souverain, tout-à-fait indépendant et libre du peuple ukrainien»; le Secrétariat général était transformé en un «Conseil des ministres du peuple»; il était chargé de mener à conclusion l’œuvre de paix entamée par le pacte conclu sur le front occidental et de délivrer l’Ukraine de l’invasion bolchéviste. L’Universal proclamait, en outre, la démobilisation de l’armée; il chargeait le pouvoir exécutif de prendre des mesures pour la reconstruction des pays dévastés et les précautions nécessaires pour passer à l’état de paix; il établissait un programme de réformes sociales basées sur les principes exposés dans le troisième Universal et, enfin, il remettait le règlement définitif des questions politiques et sociales à une assemblée constituante qui serait convoquée aussitôt que les circonstances le permettraient.
C’est à cela qu’aboutit, en fin de compte, la renaissance politique de l’Ukraine--à la proclamation de la complète indépendance. Nous ne continuerons pas ici à esquisser les évènements qui la mènent à sa réalisation, car, au moment critique où nous posons la plume, il n’est pas encore permis d’enregistrer des conclusions définitives. Cette proclamation qui se détache comme un point saillant de la mêlée encore confuse servira de borne au présent ouvrage.
Nous nous contenterons de dire encore un mot de l’acte d’unification du territoire ukrainien, proclamé un an plus tard, l’acte de réunion de la Grande Ukraine issue de l’empire russe et des pays occidentaux qui dépendaient de l’Autriche-Hongrie. La guerre mondiale mit chacune des deux parties du territoire ukrainien dans des camps opposés, plaça des armes dans les mains de ses enfants et les invita à une lutte fratricide, sous les drapeaux russe ou autrichien, qui leur étaient tout-à-fait étrangers. Ce furent justement la Galicie et la Bukovine d’un côté, la Podolie, la Volhynie et les pays de Kholm, de l’autre, qui, pendant tout le temps que durèrent les hostilités, furent le champ de bataille, où se heurtèrent les nations, écrasant tout sous leurs pas, semant la misère et la haine. Quelle pénible situation pour nos nationaux! La pitié que soulevaient leurs souffrances physiques et surtout l’esclavage moral où les avait réduits, le mépris que l’on avait eu pour leur nationalité, stimulèrent puissamment les Ukrainiens chargés de conclure l’armistice. Le traité de Brest-Litovsk réunissait de fait les deux parties de l’Ukraine. La défaite des puissances centrales et la proclamation par les alliés du droit des peuples de l’empire des Habsbourg de disposer d’eux-mêmes semblaient rendre possible une déclaration formelle à cet égard.
Les délégués des organisations nationales de l’Ukraine occidentale réunis à Léopol, le 15 octobre 1919, nommèrent un «Conseil national ukrainien», composé des anciens députés de cette nationalité au parlement autrichien, à la diète locale de Galicie, à celle de Bukovine et de délégués des divers partis politiques. Ce conseil devait prendre le pouvoir dans l’Ukraine occidentale, qui devenait «République ukrainienne occidentale» indépendante.
Le désir général de la population d’être réunie immédiatement à la Grande Ukraine ne pouvait, pour le moment, être satisfait, car ce dernier pays gémissait alors sous l’occupation des troupes allemandes, ou pour parler officiellement, sous le gouvernement de leur homme de paille, l’hetman Skoropadsky. Pouvait-on se placer volontairement sous un tel joug? D’ailleurs les insurrections et les guérillas ne faisaient-elles pas prévoir la chute prochaine de ce régime? Aussi le conseil national, en prenant le pouvoir en main, décida de remettre l’unification à un moment plus opportun et d’organiser en attendant le pays en une république indépendante. Mais ce travail d’organisation fut paralysé par une offensive polonaise déclenchée ce même mois de Peremychl, tandis que la population polonaise se soulevait à Léopol et que la Roumanie, conformément à son traité secret avec la Pologne, faisait occuper par ses troupes la Bukovine.
Mais en ce moment la grande poussée populaire brisa les chaînes que les Allemands avaient imposées à la Grande Ukraine. Au milieu du mois de décembre, après avoir été longtemps assiégé dans Kiev, l’hetman Skoropadsky fut contraint d’abdiquer et de s’enfuir. La République Ukrainienne du peuple était restaurée. Rien ne s’opposait plus à l’union des territoires, les circonstances exigeaient même que tous les Ukrainiens se rassemblassent sous le drapeau national pour défendre le sol de la patrie attaqué de tous les côtés, par la Pologne, la Roumanie, la Russie soviétiste et la Russie réactionnaire sous la protection des baïonnettes françaises. Le 3 janvier, le Conseil National adopta une déclaration unissant à jamais la République Ukrainienne Occidentale à la République démocratique ukrainienne, pour en faire partie en tant que «territoire occidental», conservant son administration intérieure séparée jusqu’à l’adoption d’une constitution générale pour toute l’Ukraine.
Cet acte d’union fut également publié solennellement, le 22 janvier suivant, sur la place Sainte Sophie, à Kiev.
Les pays ukrainiens d’au delà des Carpathes (l’Ukraine Subcarpathique) étaient censés compris dans cette déclaration; la population des parties orientales penchait surtout de ce côté. Mais, sous l’impression des graves évènements qui agitaient l’Ukraine, la majorité préféra se résoudre à adopter la solution proposée par les gens du pays émigrés en Amérique et sanctionnée par le Conseil suprême à Paris, de se réunir à la République Tchéco-Slovaque, sous la garantie d’une large autonomie. C’est dans ce sens que se prononça, au mois de mai 1919, la Rada Centrale, composée des délégués des organisations locales, réunis à Ujhorod. Le peuple se prononcera dans la diète qu’il élira directement.
En revanche, la décision postérieure du Conseil suprême des alliés, soumettant la Galicie Orientale à l’administration polonaise, a soulevé immédiatement des protestations unanimes de la population ukrainienne. Cette décision n’a jamais été ratifiée par le peuple, qui considérait comme nul et non avenu tout ce qui pourrait être fait dans ce sens.
Principaux événements par ordre chronologique[39].
[39] Pour les premiers siècles nous n’avons, en général, que peu de dates certaines; force nous est de nous en tenir à ce que nous donnent occasionnellement les sources.
L’astérisque signifie que la date n’est qu’approximative.
839 Ambassade russe à la cour de l’empereur de Byzance, Théophile.
860 Expédition des Russes contre Constantinople.
909 Premier traité d’Oleg avec Byzance.
944 Traité d’Igor; mention de l’église St. Élie à Kiev. Expédition des Russes dans le Caucase.
959 Olga envoie une ambassade à l’empereur d’Allemagne.
983* Vladimir le Grand enlève aux Polonais l’Ukraine Occidentale.
988* Les Russes reçoivent le baptême sous le règne de Vladimir.
1037 Jaroslav édifie la nouvelle ville de Kiev et sa cathédrale.
1068 Les Coumanes attaquent les pays ukrainiens; soulèvement des Kiéviens contre leur prince.
1085* L’Ukraine Occidentale se sépare sous le pouvoir des fils de Rostislav.
1097 Congrès des princes à Lubtché: arrêt concernant le droit patrimonial des princes.
1103-1111 Expéditions des princes contre les Coumanes.
1110* Rédaction définitive de la chronique de Kiev.
1120* «Le Droit Russe» est soumis à une rédaction plus complète.
1146-1154 La grande guerre au sujet du trône de Kiev.
1169 Kiev est dévasté par Andrée de Souzdal.
1187* La chanson de geste sur l’expédition d’Igor.
1199* Fin de la dynastie de Galicie et commencement de l’état de Galicie-Volhynie.
1203* Deuxième dévastation de Kiev.
1220-1224 Première incursion des Tartares.
1240 Dévastation de Kiev par la horde de Batou.
1245 Bataille près de Iaroslav.--Consolidation de l’état de Galicie-Volhynie.
1253 Danilo est couronné roi.
1289 Fin de la chronique de Volhynie.
1299 Le métropolite de Kiev transporte sa résidence dans les pays du nord.
1303 Organisation de l’archevêché de la «Petite-Russie» pour les pays de Galicie-Volhynie.
1340 Première expédition ougro-polonaise pour s’emparer de l’Ukraine Occidentale.
1349 Le roi Casimir s’empare de la Galicie.
1360* Olguerd occupe l’Ukraine Orientale.
1366 Casimir s’empare de la Volhynie.
1372-1387 La Galicie sous la domination hongroise.
1385 Traité de Krevo: union dynastique de la Lithuanie et de la Pologne.
1393-1394 Vitovte enlève les terres ukrainiennes à leurs princes.
1399 Bataille de Vorskla.
1413 Règlement des rapports polono-lithuaniens à Horodlo; les orthodoxes sont écartés des affaires en Lithuanie.
1415 Séparation de la hiérarchie ecclésiastique des pays ukrainiens des pays moscovites.
1430 Les Polonais s’emparent de la Podolie Occidentale.
1434 Introduction formelle du droit polonais en Ukraine Occidentale.
1435 Défaite de Svitrigaïl et du parti ukraino-blanc-russien.
1440-1452 Les derniers temps de la domination de Svitrigaïl en Volhynie.
1454-1470 Siméon Olelkovitch, dernier prince de Kiev.
1481 Conspiration des princes ukrainiens et blancs-russes contre le grand-duché de Lithuanie.
1482 Dévastation de l’Ukraine par le Khan de Crimée Mengli-Heraï.
1490 Soulèvement ukrainien en Galicie, sous la direction de Moukha.
1491 La première bible pour l’Ukraine est imprimée à Cracovie.
1492 Premières mentions des cosaques de Kiev et de Tcherkassy.
1503 La Moscovie s’empare des pays de Tchernyhiv.
1507 Soulèvement de Michel Hlinsky en Ukraine Orientale.
1509 Concile de Vilna; essais de réorganisation de l’église orthodoxe.
1529 «Le Statut Lithuanien» (première rédaction).
1539 Restauration de l’évêché orthodoxe à Léopol.
1540* Réformation de la confrérie de Léopol.
1552 Demétrius Vychnevtsky bâtit la forteresse de Khortytsia.
1559 Incorporation à la Pologne de la Pidlachié, de la Volhynie, des pays de Bratslav et de Kiev (diète de Lublin).
1570 Première charte de l’immunité cosaque.
1574 Publication de «l’Apôtre» à Léopol.
1578 La prétendue réforme de l’organisation cosaque par Batory.
1580 La bible d’Ostrog.
1584-5 La lutte à propos de la réforme du calendrier.
1586 Réformation de la confrérie de Léopol et nouvelle organisation des confréries.
1590 Conjuration des évêques pour l’union des églises.
1591-1593 Soulèvement des cosaques sous la direction de Kossinsky.
1595-1596 Guerres des cosaques contre le gouvernement polonais sous la direction de Loboda et Nalyvaïko.
1596 Concile de Brest et proclamation de l’union des églises.
1601 L’armée des cosaques est reconnue de nouveau.
1613-1616 Grandes expéditions maritimes des cosaques.
1615 Fondation de la Confrérie de Kiev et création dans cette ville d’une imprimerie et d’une école.
1620 Restauration de la hiérarchie orthodoxe, sous le protectorat des cosaques.
1621 Guerre de Khotine.
1625 Guerre des cosaques contre la Pologne et arrêt concernant les cosaques.
1627 Commencement de l’Académie de Mohila à Kiev.
1630 Guerre de Peréïaslav entre les cosaques et les Polonais.
1632 Compromis religieux; reconnaissance de l’église orthodoxe; Pierre Mohila--métropolite.
1635 Soulèvement des cosaques, sous la direction de Soulyma.
1637 Soulèvement des cosaques, sous la direction de Pavliouk.
1638 Campagne au delà du Dniéper (Ostrianin-Hounia).
1647-48 Soulèvement de Chmelnytsky.
1648 Défaite de l’armée polonaise près de Jovti-Vody, de Korsoun et de Pylavtsi--armistice avec les cosaques.
1649 Deuxième guerre polono-ukrainienne; l’entente de Zboriv. Proclamation de l’union des églises en Ukraine au delà des Carpathes.
1650-51 Troisième guerre avec la Pologne et entente de Bila-Tzerkva.
1653 L’assemblée d’état de Moscou décide de prendre l’Ukraine sous la protection de la Moscovie.
1654 Traité de Péreïaslav et «les pactes de Bohdan Chmelnytsky».
1655 Première campagne ukraino-suédoise contre la Pologne.
1657 Deuxième campagne ukraino-suédoise; mort de Chmelnytsky.
1658 Guerre de l’Ukraine contre la Moscovie; union de Hadiatch entre l’Ukraine et la Pologne.
1659 Deuxième traité de Péreïaslav avec la Moscovie.
1660 Rupture avec la Moscovie et renouvellement de l’union de Hadiatch; division de fait de l’Ukraine en deux parties: celle de la rive gauche du Dniéper et celle de la rive droite.
1665-66 L’Ukraine accepte le protectorat de la Horde de Crimée et de la Turquie (Dorochenko).
1667 La Moscovie et la Pologne se partagent l’Ukraine (armistice d’Androussov).
1668 Soulèvement de l’Ukraine de la rive gauche contre la Moscovie; l’unification de l’Ukraine par Dorochenko.
1672 Expédition des Turcs pour porter secours à Dorochenko. Les Turcs occupent la Podolie (entente de Boutchatche). «Les pactes de Hloukhiv» de l’Ukraine de la rive gauche avec la Moscovie.
1674 L’Ukraine de la rive droite se soumet à Samoïlovitch (au protectorat de la Moscovie).
1676 Capitulation de Dorochenko. «Expulsion» des Ukrainiens des pays de la rive droite; ils sont chassés vers les pays de la rive gauche.
1680 Conjuration des évêques de Galicie à propos de l’union des églises.
1681 Traité de la Turquie avec la Moscovie (la frontière--le Dniéper).
1683 Restauration de l’organisation des cosaques dans les pays de la rive droite (les colonels Paliy, Samuss et autres).
1685 L’église ukrainienne passe sous le pouvoir du patriarche de Moscou.
1686 «La paix éternelle» de la Pologne avec la Moscovie, par laquelle la première renonce à Kiev.
1687 Pactes de Kolomak, à propos de l’élection de Mazeppa, confirmation des droits de la noblesse cosaque sur les terres qu’elle avait occupées.
1689 Paliy expulse les seigneurs polonais de l’Ukraine de la rive droite.
1692-96 Soulèvement de Petryk contre la domination moscovite et contre la noblesse cosaque.
1699 Le gouvernement moscovite confirme les droits de l’académie de Kiev.
1700 L’évêque Choumliansky proclame l’union des églises dans le diocèse de Léopol.
1704 Mazeppa occupe l’Ukraine de la rive droite; exil de Paliy.
1708 L’Ukraine s’allie avec Charles XII; terreur moscovite en Ukraine. La confrérie de Léopol adopte l’union des églises.
1709 La Sitche s’allie aux Suédois; bataille de Poltava.
1710 La constitution est élaborée à propos de l’élection d’Orlyk.
1711 Guerre moscovito-turque; la Moscovie est contrainte de renoncer à l’Ukraine.
1712 Expédition d’Orlyk dans l’Ukraine de la rive droite.
1714 La Moscovie évacue l’Ukraine de la rive droite.
1720 Le gouvernement moscovite interdit la langue ukrainienne.
1722 Formation du «Collège de la Petite Russie».
1723 Première abolition de l’hetmanat.
1724 Mort de P. Poloubotok.
1727 Restauration de l’hetmanat (D. Apostol).
1728 «Les articles décisifs» (la nouvelle constitution de l’Ukraine).
1730 Instruction de l’hetman aux tribunaux.
1732 Abolition de l’organisation cosaque en Ukraine Slobidska; «la Nouvelle Serbie» en Ukraine.
1734 Deuxième abolition de l’hetmanat. Retour des cosaques Zaporogues à leur Sitche. Le mouvement des haïdamaks dans l’Ukraine de la rive droite.
1743 Codification du «droit d’après lequel on rend la justice chez le peuple petit-russien». Restauration de l’organisation cosaque en Ukraine Slobidska.
1747 Restauration de l’hetmanat (élection de fait de C. Rozoumovsky en 1750).
1750 Soulèvement des haïdamaks dans l’Ukraine de la rive droite.
1760 Mouvement contre l’union des églises à Marmaroch.
1763 Prohibition faite aux paysans de changer de domicile.
1764 Abdication de C. Rozoumovsky et dernière abolition de l’hetmanat.
1767 Les mandats ukrainiens pour «la Commission du code».
1768 Mouvement «des Kolii».
1772 Incorporation de l’Ukraine Occidentale à l’Autriche.
1774 Incorporation de la Bukovine à l’Autriche.
1775 Dévastation de la Sitche Zaporogue.
1778 Nouvelle Sitche sous le protectorat du sultan.
1780 Introduction en Ukraine de l’administration ordinaire de l’empire.
1783 Le gouvernement russe abolit l’organisation cosaque en Ukraine et organise «l’Armée de la Mer Noire». Complet asservissement des paysans.
1784 Fondation de l’université de Léopol avec les chaires «ruthènes».
1785 Les cosaques Zaporogues s’installent à Banate.
1786 Confiscation des domaines ecclésiastiques et nouvelle réglementation des monastères.
1791 Mission des frères Kapniste auprès des gouvernements européens.
1792 Les cosaques Zaporogues obtiennent des terres au pays de Kouban.
1793 Incorporation de l’Ukraine de la rive droite à la Russie.
1795 Dernier partage de la Pologne--incorporation à la Russie du reste des terres ukrainiennes qui étaient encore restées à la Pologne.
1798 Publication de «l’Énéïde» de Kotlarevsky.
1804 Fondation de l’université de Charkov.
1815 Nouveau partage des terres ukrainiennes par le Congrès de Vienne.
1818 «La grammaire petite-russienne» de Pavlovsky.
1819 Débuts du nouveau théâtre ukrainien («Natalka Poltavka» de Kotlarevsky).
1833 Les nouvelles de Kvitka.
1834 Fondation de l’université de Kiev.
1837 La «Roussalka Dnistrovaïa».
1840 Le «Kobzar» de T. Chevtchenko.
1846 «La Confrérie de Cyrille et de Méthode» à Kiev.
1848 «Le Conseil Principal Russe» et «l’Assemblée des savants russes» à Léopol. Abolissement du servage dans l’Ukraine Occidentale.
1861 Abolissement du servage dans l’Ukraine Orientale.
1861-62 La revue «Osnova» à Pétersbourg. Mouvement populaire dans la Galicie.
1873 Fondation de «la Section du Sud-Ouest de la Société Géographique» à Kiev et de la «Société de Chevtchenko» à Léopol.
1874 Le congrès archéologique à Kiev.
1876 Décret du tzar contre la langue ukrainienne.
1878 La «Hromada» de Genève.
1880 Premières assemblées populaires en Galicie (origine du parti «populaire»).
1881 Les représentations théâtrales ukrainiennes sont permises sous condition.
1882 La «Kievskaïa Starina».
1889 Commencement du parti radical en Galicie.
1890 «L’entente» du parti populaire de Galicie avec le gouvernement autrichien.
1892 «Les mémoires de la Société de Chevtchenko».
1894-95 La chaire d’histoire de l’Ukraine et la demande d’une université ukrainienne à Léopol.
1898 Transformation de fait de la Société de Chevtchenko en une Académie des sciences. «Le messager des sciences et des lettres».
1899 Le postulat de la reconnaissance de la langue ukrainienne, à propos du congrès archéologique de Kiev.
1900 «Le parti Révolutionnaire ukrainien» en Grande Ukraine.
1901 «L’Ukraine Indépendante».
1903 Démonstrations à Poltava pendant l’inauguration du monument de Kotlarevsky.
1905 Commencements de la presse ukrainienne en Grande Ukraine.