Relation des choses de Yucatan de Diego de Landa Texte espagnol et traduction française en regard, comprenant les signes du calendrier et de l'alphabet hiéroglyphique de la langue maya; accompagné de documents divers historiques et chronologiques, avec une grammaire et un vocabulaire abrégés français-maya, précédés d'un essai sur les sources de l'histoire primitive du Mexique et de l'Amérique Centrale, etc., d'après les monuments égyptiens, et de l'histoire primitive de l'égypte d'après les monuments américains par l'abbé Brasseur de Bourbourg

Part 35

Chapter 353,953 wordsPublic domain

[207] Stephens parle d’ornements analogues, existant encore sur une des façades de l’édifice appelé _Monjas_, à Uxmal; on y voit précisément le corps d’un homme, vêtu comme le dit Landa, et quant aux décorations en ciment si dur ou en stuc, on sait que les édifices de Palenqué en présentaient encore beaucoup, il y a peu d’années. (Stephens, _Incidents of travel in Yucatan_, vol. I, chap. 14, pag. 313.)

[208] Ce ne serait pas là une bien forte preuve en faveur de l’assertion de Landa; heureusement il y en a beaucoup d’autres. Quant à l’urne dont il est question ici, nous en avons vu du même genre au Musée national de Mexico, et d’une grande beauté.

[209]

Nº 1.—Chapelle (_capilla_). Nº 2.—Escalier (_escalera_). Nº 3.—Palier ou plate-forme (_descanso o plaça_). Nº 4.—Plate-forme grande et belle (_plaça muy grande y hermosa_). Nº 5.—Escalier très-raide à monter (_escalones muy agros de subir_).

[210] Voir à la suite de ce chapitre la description des temples d’Izamal, tirée de Lizana.

[211] Cogolludo parlant des routes qui allaient à Cozumel et à Izamal, les compare pour la solidité et la perfection aux plus belles chaussées royales d’Espagne: divers témoignages contemporains corroborent cette opinion. (Cogolludo, _Hist. de Yucatan_, liv. IV, cap. 7.—Stephens, _Incidents of travel in Yucatan_, vol. II, chap. 24.)

[212] Cette mesure équivaut, dit-on, à l’élan que fournit un cheval sans reprendre haleine évalué en quelques endroits de l’Amérique espagnole à 400 vares (environ 400 mètres) pour le moins, dans d’autres à 1,200, ce qui donnerait à la base de ce monument une étendue de plus de 3,000 pieds.

[213] Dans le petit plan de la page 332, le lecteur ne doit voir qu’une idée de l’ensemble, les cellules ayant dû être en beaucoup plus grand nombre que celles qui se montrent ici; mais en rectifiant l’esquisse de Landa pour pouvoir la graver, nous n’avons pas voulu en faire un plan d’architecture. Ce qu’il y a à remarquer ici surtout, c’est ce qu’il appelle les passages en arc de pont, dont l’un est figuré rond ou à plein cintre dans son plan, et l’autre à voûte _en encorbellement_ qui est la voûte commune de l’Amérique centrale.

[214] C’est le stuc antique du pays dont j’ai vu moi-même des restes considérables dans un grand nombre de ruines, et que les Indiens employaient soit à modeler des ornements, soit à couvrir des murs et quelquefois le sol.

[215] Il est question en plusieurs endroits de l’ouvrage de Cogolludo, d’une de ces pyramides désignée par lui comme la plus grande, _el grande de los Kues, adoratorio que era de los idolos_, dont les débris embarrassèrent pendant de longues années une des rues de Mérida. Je ne saurais dire si c’est la même dont parle ici Landa. Cogolludo cite également un autre _omul_ qui était à l’est du monastère des franciscains, dédié au dieu _Ahchun-Caan_, et sur la cime duquel ceux-ci édifièrent, à la place de l’édicule de ce dieu, une chapelle à saint Antoine de Padoue, mais qui ne tarda pas tomber en ruines. (_Hist. de Yucatan_, liv. XVIII, cap. 8).

[216] «La ville de Mérida a reçu son nom des édifices somptueux bâtis en pierre qu’on y voit. On ignore qui les a construits; mais ce sont les _plus_ beaux qu’on ait vus dans toutes les Indes. Ils doivent avoir été bâtis avant Jésus-Christ; car, sur leurs ruines, les broussailles sont aussi épaisses et les arbres aussi élevés que dans le reste de la forêt. Les bâtiments ont cinq toises de haut, etc.» (Bienvenida, _Carta fecha de Yucatan, á 10 de Hebrero_ de 1548, Archivo de Simancas.)

[217] C’était encore, suivant Cogolludo, la plus belle des pyramides de Tihóo, et Montejo, avant de la donner aux franciscains, avait eu l’intention d’y bâtir une citadelle. (_Hist. de Yucatan_, liv. V, cap. 5.) Ce monastère fut fondé en 1547. «Il est situé, dit-il ailleurs, sur une petite colline, de celles qu’il y avait en grand nombre et faite de main d’homme dans ce pays, et il s’y trouvait plusieurs édifices antiques, dont les vestiges existent encore aujourd’hui sous le dortoir principal. (Lib IV, cap. 12.)» En 1669, le besoin d’avoir une forteresse à Mérida, pour soutenir, en cas de révolte des Indiens, une attaque imprévue de leurpart, s’étant fait sentir de nouveau, le gouverneur don Rodrigo Florez Aldana exhaussa les murs qui entouraient le couvent des franciscains, et en prit une partie pour y loger des soldats, malgré les réclamations des religieux. Voici comme en parle un écrivain yucatèque moderne: «Le site marqué d’abord pour y ériger un château, fut donné aux franciscains qui y bâtirent un labyrinthe de fabriques unies les unes aux autres au moyen de galeries, de passages étroits et même de souterrains, œuvre d’années diverses et de différents provinciaux. Dans cet entassement confus de demeures, il ne règne aucun goût, et dans ces constructions faites partiellement, on ne consulta jamais aucune des règles architectoniques. Aujourd’hui, cependant, que tout cela n’est plus qu’un triste amas de ruines abandonnées au cœur même de Mérida, l’aspect qu’il présente n’en est pas moins imposant et majestueux. (Apendice al libro IV de la _Hist. de Yucatan_, Campeche, 1842.) Norman et Stephens parlent longuement dans leurs ouvrages des ruines de ce monastère, d’où les religieux, au nombre de trois cents, furent chassés en 1820. C’est en contemplant leur étendue et leur immensité qu’on peut se faire une idée des édifices qui les couvraient avant la venue des Espagnols, dont l’œuvre n’a pas duré trois cents ans. Sans le savoir, Stephens rappelle dans un paragraphe les vestiges des édifices antiques qui y existaient encore au temps de Cogolludo: «Dans un des cloîtres inférieurs, dit-il, sortant du côté du nord, et sous le dortoir principal, il y a trois corridors parallèles. Le corridor extérieur fait face à la cour principale, et on y trouve précisément de ces voûtes particulières dont j’ai si souvent parlé dans mes volumes précédents, deux côtés s’élevant de manière à se rencontrer, et couvertes, à peu de distance l’une de l’autre, d’une rangée de pierres plates qui en sont la clef. Il ne peut y avoir aucune erreur sur le caractère de cette voûte; car on ne peut supposer un seul instant que les Espagnols aient rien construit de si différent des règles ordinaires de l’architecture, et il n’y a pas le moindre doute que c’était là un de ces mystérieux édifices qui ont fait naître tant de spéculations.» (_Incidents of travel in Yucatan_, vol. I, chap. 5.) N’est-ce pas le cas de répéter ici avec Norman: «Les caciques et le peuple furent chassés de leurs demeures; ils périrent sous les coups impitoyables de l’envahisseur, avec qui l’Église vint prendre sa part des dépouilles. Où sont-ils maintenant? vainqueurs et vaincus sont ensevelis dans la même poussière! Et nous contemplons aujourd’hui les pierres éparses qui rappellent indistinctement la grandeur de l’un et la ruine de l’autre.» (Norman, _Rambles in Yucatan_, etc., chap. II.)

[218] La confusion qui règne dans le manuscrit que nous avons copié semblerait, ainsi que ces paroles, foire croire que certaines parties y ont été omises; mais il se pourrait que ce chapitre qui traite des principaux édifices du Yucatan eût du entrer dans le § V, dont il est une amplification.

[219] Où se retira ce saint personnage? C’est ce qu’il est impossible de déterminer; mais sa religion se rattachait probablement à celle dont l’Ara était le symbole, antérieure à celle des Nahuas ou Toltèques, dont les Tutul-Xius étaient une fraction. Aussi serait-il intéressant de rechercher les traces de ces prophètes qui, sous le nom commun à plusieurs autres, de _Viracocha_, parcoururent le Pérou et la Bolivie, et dont l’un ou l’autre laissa des indices analogues dans les légendes traditionnelles du royaume de Quito et dans les sculptures de Tiahuanaco.

[220] Ces deux princes auraient plutôt été les victimes d’une réaction religieuse ou d’une religion nouvelle. On sait, en effet, par le manuscrit maya que nous publions plus loin, que Chichen-Itza fut conquis par les Tutul-Xius vers l’an 394 de notre ère, et que les Itzaes, qui lui donnèrent leur nom, se réfugièrent à Champoton, d’où ils furent chassés plus tard par leurs ennemis. Kukulcan était-il un des leurs, c’est ce qu’on ne saurait déterminer encore? Ce que je crois entrevoir, c’est que leur religion était celle des Cocom, ennemis acharnés des Tutul-Xius; car le document qui nous donne les renseignements ci-dessus les appelle des hommes saints «_cuyen uincob_.»

[221] Cet édifice est le même dont Stephens donne une description si complète, avec la gravure représentant un de ces escaliers aux têtes de serpents. (_Incidents of travel in Yucatan_, vol. II, chap. 27.) C’est celui dont parle M. Viollet Leduc et M. Charnay, _Cités et Ruines américaines_, pag. 48 et 340.

[222] La phrase de l’auteur est intraduisible; je crois cependant en avoir saisi le sens.

[223] Voir encore Stephens, _ibid._, et Charnay, _loc. cit._; l’un et l’autre parlent de ces deux théâtres, sans toutefois les identifier absolument, ainsi que la salle du jeu de paume, _Tlachco_ en langue nahuatl, où se trouvent enclavés dans le mur les anneaux dont le titre de ce livre présente une image.

[224] Stephens donne au puits de Chichen-Itza une profondeur de soixante à soixante-dix pieds et un diamètre d’environ trois cent cinquante. (_Ibid._, _ut sup._, chap. 26.)

[225] Probablement des principaux _dieux_ du pays.

DEL PRINCIPIO Y FUNDACION DESTOS CUYOS OMULES DESTE SITIO Y PUEBLO DE YTZMAL SACADA DE LA PARTE PRIMERA DE LA OBRA DEL PADRE LIZANA TITULADA HISTORIA DE NUESTRA SEÑORA DE YTZAMAL.

DU COMMENCEMENT ET DE LA FONDATION DE CES OMULES SACRÉS DE CE SITE ET VILLE D’IZAMAL EXTRAIT DU LIVRE PREMIER DE L’OUVRAGE DU PÈRE LIZANA, INTITULÉ HISTORIA DE NUESTRA SEÑORA DE YTZAMAL[1].

1. Llamavan esta tierra en la gentilidad, tierra de pavos y venados, _u luumil cutz, u luumil ceb_, y la causa era porque la abundancia que destas cosas tenia de su naturaleza la tierra, en que mas se señalava que en otras..... Lo primero que se debe advertir es que esta tierra es la parte oriental de la Nueva-España, tierra firme con ella, por la parte del Puniente y conjunta con la de Guatemala por la parte de medio dia. Fué sujeta esta tierra al emperador de Mexico, Monteçuma: y si bien es verdad que avia aqui muchos reyecuelos y señores propios, reconocian y pagavan tributos al Monteçuma. Algunos dicen que le embiavan por tributo hijas destos reyeçuelos y otras principales donzellas, por ser hermosas. Otros que le embiavan mantas de lana y unas monedas que ellos usavan, y que oy se llaman _cuzcas_.

2. Y aunque es verdad que al tiempo de la conquista desta tierra de Yucatan, havia muchos reyeçuelos, segun la antigua noticia, en sus principios fué sujeta a solo un rey y señor y la tyrania vino á criar muchos señores y a ser muchos esclavos y perseguidores de otros, y assi se destruyeron, de suerte que dexando las ciudades y edificios de piedra, se huyian a los montes y se escondian las familias juntas. Y al mayor destos reconocian y estimaban por mayor cabeça, y assi creo que esto era lo que sucedio en la ley natural, y se siguió por muchos tiempos despues del diluvio, hasta que la tyrania dió traça de que huviessen reyes y cabeças, que sujetaron familias y assimismo se fundaron y nombraron reynos. Y volviendo de donde salimos, he dicho que huvo un rey solo y cabeças por que los edificios que oy se ven despoblados son de una misma manera y un mismo modelo, y todos fundados sobre cerros, ó cuyos, hechos á mano; y es de creer que entonces, por indulto y orden de uno se hazia y fabricava, pues todo iva de una forma misma.

Ay grande suma de vestigios destos edificios, y muchos dellos casi enteros y tan suntuosos y bien labrados de figuras y hombres armados, y animales de piedra blanca, con portadas de mucho primor, que sin duda son muy antiquissimos; si bien es verdad, que oy se ven algunos tan nuevos y blancos, y los marcos de puertas de madera, y estavan tan sanos, que no parecia haver veynte años que se edificaron, y a estos tales no los habitavan estos indios, quando llegaron los españoles, mas estavan en casas de paja en los montes, por familias, como dicho es: les servian empero de templos y sanctuarios, que ellos dezian, y sobre cada uno, en lo mas alto tenian su Dios, si bien falso, y alli le ofrecian sacrificios, á las vueltas muchos hombres y mugeres y niños, y assimismo hazian otras oraciones y ceremonias, ayunos penitencias que despues diré, por haber al intento que llevo, de los mas nombrados y suntuosos sanctuarios, ó el mas celebrado y reverenciado de los que en esta tierra avia, y adonde todos acudian de muchas partes, era este pueblo y cuyos de Ytzamal que oy llaman; y por que su fundacion es, como ya he dicho antiquissima, y que se sepa quien los fundó, se declarará en el capitulo siguiente.

3. La historia y autores que podemos alegar, son unos antiguos caracteres, mal entendidos de muchos y glossados de unos indios antiguos, que son hijos de los sacerdotes de sus Dioses, que son los que solo sabian leer y adivinar, y a quien creian y reverenciavan los demas como á Dioses destos: pues supieron los padres antiguos, que primero plantaron la Fé de Christo en Yucatan, que la gente de aqui, parte vino del puniente, y parte del oriente; y assi en su lengua antigua, nombran al oriente de otra manera que oy. Oy llaman al oriente _Likin_, que es lo mismo que donde se levanta el sol sobre nosotros, y al puniente llaman _Chi-kin_, que es lo mismo que caida ó final del sol, ó donde se esconde de nos otros. Y antiguamente dezian al oriente _Cen-ial_, Pequeña-Baxada, y al puniente _Nohen-ial_, la Grande-Baxada.

Y es el caso que dizen que por la parte del oriente baxó á esta tierra poca gente, y por la parte del puniente mucha; y con aquella silaba entendian poco ó mucho al oriente y puniente; y la poca gente de una parte, y la mucha de otra; y qual fuesse la una y la otra gente, remito al lector, que quisiere saber mas al P. Torquemada, en su Historia indiana, que alli verá como los Mexicanos vinieron del Nuevo-Mexico, y de alli aqui. Y como la isla Hispañola se poblo de Cartagineses, y de estos se pobló Cuba, y esta tierra, por saber edificar tan suntuosos edificios y sujetar á otras gentes, sino que como les faltó la comunicacion de Carthago, en los tiempos los convirtio con los climas en gente barbara y tosca.....

4. Ay en este pueblo de Ytzamal cinco cuyos ó cerros muy altos, todos levantados de piedra seca, con sus fuerças y reparos, que ayudan á levantar la piedra en alto, y no se ven edificios enteros oy, mas los señales y vestigios están patentes en uno dellos de la parte de mediodia. Tenian los antiguos un idolo el mas celebrado, que se llamava _Ytzmal-ul_, que quiere dezir el que recibe y possee la gracia, ó rozio, ó sustancia del cielo: y este idolo no tenia otro nombre, ó no se le nombravan, porque dizen que fue un rey, gran señor desta tierra, que era obedecido por hijo de dioses: y quando le preguntavan como se llamava, ó quien era, no dezia mas destas palabras: _Ytzen caan, ytzen muyal_, que era dezir yo soy el rozio ó sustancia del cielo y nubes.

Murió este rey y levantaron altares, y era oraculo, y despues se verá como le edificaron otro templo y para que. Quando vivia este rey idolo, le consultavan los pueblos las cosas que sucedia en las partes remotas, y les dezia esto, y otras cosas futuras. Assimismo le llevavan los muertos, y dizen que los resucitava, y á los enfermes sanava, y assi le tenian grande veneracion, y con razon si fuera verdad que era Dios verdadero, que solo puede dar vida á los muertos, y salud á los enfermos; pues es impossible que un hombre gentil, ni el demonio sino es el mismo Dios que es señor de la vida y de la muerte. Ellos pues creian esso, y no conocian otro Dios, y por esso dizen que los resucitava y sanava.

Otro altar y templo sobre otro cuyo levantaron estos indios en su gentilidad á aquel su rey ó falso Dios _Ytzmat-ul_, donde pusieron la figura de la mano, que les servia de memoria, y dizen que alli le llevavan los muertos y enfermos, y que alli resucitavan y sanavan, tocandolos la mano; y este era el que está en la parte del puniente; y assi se llama y nombra _Kab-ul_ que quiere dezir mano obradora. Alli ofrecian grandes limosnas, y llevavan presentes, y hazian romerias de todas partes, para lo qual havian hecho quatro caminos ó calçadas á todos los quatre vientos, que llegavan á todos los fines de la tierra y passavan á la de Tabasco, y Guatemala y Chiapa, que aun oy se vé en muchas partes pedaços y vestigios dellos. Tanto era el concurso de gente que acudia á estos oraculos de _Ytzmat-ul_ y _Kab-ul_, que havia hechos caminos. Assimismo havia otro cuyo, ó cerro de la parte del norte, que oy es el mas alto; que se llamava _Kinich-Kakmó_, y era la causa, que sobre él havia un templo, y en él un idolo, que se llamava assi, y significa en nuestra lengua. «Sol con rostro que sus rayos eran de fuego;» y baxava á quemar el sacrificio á mediodia, como baxava bolando la vacamaya, con sus plumas de varios colores.

Y este Dios ó idolo era venerado, y dezian que quando tenian mortandad, ó pestes, ó otros comunes males, ivan á él todos, assi hombres como mugeres, y llevando muchos presentes, les ofrecian, y que alli á la vista de todos baxava un fuego (como es dicho) á mediodia, y quemava el sacrificio; y les dezia el sacerdote lo que avia de suceder de lo que querian saber de la enfermedad, hambre ó mortandad, y conforme á esso quedavan ya sabidores de su mal ó su bien, si bien veian á las vezes lo contrario y no lo quo les dezia.

Avia assimismo otro cuyo llamado (aun oy en dia por los naturales) _Ppapp-Hol-Chac_, que es él en que oy está fundado el convento de mi padre San Francisco y significa en Castilla el nombre «Casa de las Cabeças y Rayos,» y es que alli moravan los sacerdotes de los dioses, y eran tan venerados, que ellos eran los señores y los que castigavan y premiavan, y á quien obedecian con grande estremo; y lo que ellos declaravan, creian con tanto estremo, que no avia cosa que fuesse creyble. En contrario llamavanse y se llaman oy los sacerdotes en esta lengua de Maya _Ahkin_, que se deriva de un verbo _kinyah_, que significa «sortear ó echar suertes.» Y por que los sacerdotes antiguos las echavan en sus sacrificios, quando querian saber ó declarar cosas que se les preguntava, los llamavan _Alakin_ y oy llaman en su lengua al sacerdote de Christo _Ahkin_, como antiguamente llamavan a los de sus dioses falsos.

Otro cerro ay, que era casa y morada de un gran capitan que se llamava _Hunpictok_, y este está entre el mediodia y puniente; significa el nombre deste capitan en castellano, el «Capitan que tiene exercito de ocho mil pedernales,» que eran los hierros de sus lanças, y flechas con que peleavan en las guerras. Su officio deste era el mayor y esta gente servia de sujetar los vassallos y obligalles a que sustentassen al rey, ó idolo y á los sacerdotes y para defensa de todos los sujetos á este reyno y guarda de sus templos. Estos eran los oraculos mas nombrados de _Ytzmat-ul_ ó _Ytzamal_, que oy llaman.

1. Au temps de la gentilité, ce pays s’appelait la Terre des Oisons et des Daims, _u luumil cutz, u luumil ceb_; la raison en était dans l’abondance qu’il y en avait naturellement dans le Yucatan. La première chose à observer, c’est que cette région est la partie orientale de la Nouvelle-Espagne, terre ferme avec elle du côté du couchant, et unie avec celle de Guatémala, du côté du midi. Ce pays fut sujet à Montézuma[2], empereur du Mexique, et s’il est vrai qu’il y avait ici un grand nombre de petits rois et de princes particuliers, ils le reconnaissaient néanmoins et payaient tribut à ce souverain. Quelques-uns disent qu’on lui envoyait pour tribut les filles de ces princes, ainsi que d’autres demoiselles de qualité, à cause de leur beauté. D’autres assurent qu’on lui envoyait des étoffes de laine[3] et de certaines monnaies à leur usage qu’on appelle aujourd’hui _cuzcas_.

N. 2. Quoiqu’il soit vrai de dire qu’au temps de la conquête de cette terre de Yucatan, il y avait beaucoup de petits rois, d’après les relations antiques, elle fut soumise au commencement à un seul monarque et seigneur; mais la tyrannie étant venue à donner naissance à un grand nombre de princes comme à la servitude et à la persécution contre d’autres, ils se ruinèrent de telle sorte, qu’abandonnant les villes et les édifices de pierre, ils se réfugièrent dans les forêts, où les familles vécurent réunies en petits groupes. Dans cette situation, c’était le plus grand qui exerçait l’autorité, et qu’on tenait pour chef principal; d’où je crois que c’est ce qui arriva dans la loi naturelle, et qui continua longtemps, à la suite du déluge, jusqu’à ce que la tyrannie eût donné lieu à ce qu’il existât des rois et des chefs qui assujettirent les familles, fondant des royaumes auxquels ils donnèrent ce nom. Mais pour retourner à l’objet qui nous occupe, j’ai dit qu’il y avait un roi unique et un seul chef; car les édifices que l’on voit aujourd’hui abandonnés, sont tous d’une même architecture et d’un même style, tous fondés sur des élévations ou _Ku_, faits à la main, ce qui donne à penser qu’alors, par l’ordre et le commandement d’un seul, tous ces édifices se seraient élevés, puisqu’ils se ressemblaient tous[4].

Il existe une grande quantité de vestiges de ces édifices; la plupart, encore presque entiers, sont si somptueux et si bien travaillés de figures et d’hommes armés et d’animaux en pierre blanche, avec des façades d’une grande beauté, qu’ils ne peuvent qu’être excessivement anciens; sans omettre, toutefois, qu’on en voit quelques-uns qui paraissent si neufs et si blancs, avec des linteaux de bois aux portes[5] qui étaient si sains, qu’on dirait qu’il n’y a pas vingt ans qu’ils ont été bâtis; cependant ces édifices n’étaient pas habités par les Indiens, lorsqu’arrivèrent les Espagnols[6], car ils demeuraient par familles dans des chaumières éparpillées au milieu des bois, comme je l’ai remarqué plus haut. Mais ils s’en servaient comme de temples et de sanctuaires, disaient-ils, et en chacun d’eux, à l’endroit le plus élevé, ils tenaient leur dieu, tout faux qu’il fût, et là, ils lui offraient des sacrifices, quelquefois d’hommes, de femmes ou d’enfants: c’est là également qu’ils faisaient leurs prières et leurs cérémonies, leurs jeûnes et pénitences, comme je le dirai ensuite, ne voulant, pour le moment, parler que des sanctuaires les plus renommés ou du plus célèbre qu’il y avait dans ce pays, et auquel on accourait de toutes parts. C’était cette ville et les temples d’Ytzamal, ainsi qu’on l’appelle aujourd’hui[7]; or, comme leur fondation est, ainsi que je l’ai dit, d’une très-haute antiquité, et qu’on sait qui les fonda, on le fera connaître dans le chapitre suivant.

3. L’histoire et les auteurs que nous pouvons citer, sont certains caractères antiques, mal entendus du plus grand nombre, et expliqués par quelques vieillards indiens[8] qui étaient fils des prêtres de leurs dieux; car ceux-ci étaient les seuls qui sussent lire et tirer des horoscopes, et les autres les croyaient et les vénéraient comme leurs dieux eux-mêmes; or nos pères les plus anciens, qui jetèrent les premiers fondements de la foi du Christ en Yucatan, apprirent d’eux que le peuple de ce pays était venu, partie du couchant et partie du levant; c’est pourquoi, dans l’ancienne langue, ils nommaient le levant autrement qu’aujourd’hui. Actuellement, ils appellent l’orient _Likin_, qui est la même chose que dire que de là le soleil se lève sur nous, et au couchant, ils disent _Chi-kin_, c’est-à-dire la chute ou la fin du soleil, ou là où il se cache de nous. Mais dans l’antiquité ils appelaient l’orient _Cen-ial_, petite descente, et l’occident _Nohen-ial_, grande descente.