French Conversation and Composition

Chapter 9

Chapter 93,852 wordsPublic domain

144. _L'ASTROLOGUE SAUVÉ_ PAR SA _PRÉSENCE_ D'ESPRIT

Un astrologue, sous le règne de Louis XI, ayant _prédit_ quelque chose de désagréable à ce roi, sa _majesté_, pour se venger, _résolut_ de le faire _mourir_. Il envoie le jour suivant chercher l'astrologue, et ordonne à ses gens, à un signal donné, de le jeter par la fenêtre. Aussitôt que le _roi_ le voit: "Vous qui prétendez, dit-il, être si _sage_, et savoir si parfaitement la _destinée_ des autres, dites-moi un peu quelle est la vôtre, et combien de temps vous avez encore à vivre." L'astrologue, qui savait qu'il y allait de sa vie, répondit avec une grande présence d'esprit: "Je sais ma destinée, et je suis certain de mourir trois jours avant votre majesté." Le roi, là-dessus, loin de le faire jeter par la fenêtre, fit prendre, au contraire, le plus grand _soin_ de lui, et fit tout ce qui était en son pouvoir pour retarder la mort de celui qu'il _devait_ sitôt suivre.

Qu'est-ce que l'astrologue avait prédit?--Quelle était la résolution du roi?--Où a-t-il envoyé le jour suivant?--Qu'avait-il ordonné à ses gens?--Quelle question le roi a-t-il posée à l'astrologue?--Comment celui-ci y a-t-il répondu?--Qu'est-ce qui a effrayé le roi?--Quelle a été sa conduite après l'entrevue?

Racontez en 200 mots cette histoire.

Donnez un ou deux mots formés des mots soulignés: _sauvé_--sauveur, sauvetage.

145. UN MOT DE TRIBOULET

L'usage des bouffons fut légué par l'antiquité au moyen âge. Il se perpétua sous les rois de France, et l'emploi d'amuseur officiel devint une véritable charge à la cour des Valois. Les bouffons étaient, en général, des nains contrefaits que l'on affublait d'une livrée bizarre et que les rois ou les princes entretenaient auprès d'eux pour s'amuser de leurs facéties.

Triboulet, qui vécut sous Louis XII et François, I, est un de nos bouffons les plus célèbres. Son esprit, fertile en saillies, ne ménageait personne; mais ses bons mots étaient si plaisants que, d'ordinaire, le rire qu'ils provoquaient disposait à l'indulgence. Cependant il rencontra parfois sur son chemin des gens qui accueillirent mal ses plaisanteries. Un jour même, certain seigneur se fâcha si fort contre Triboulet qu'il le menaça de lui passer son épée à travers le corps. Le pauvre bouffon, tout effrayé, vint se plaindre au roi du mauvais traitement dont on le menaçait. "Que ton ennemi, s'écria François I, ne s'avise[1] pas de commettre une si sotte action, car je le fais pendre un quart d'heure après.--Merci, prince, répondit le bouffon; je n'attendais pas moins de votre générosité. Mais voulez-vous mettre le comble à votre bonté?--Que dois-je donc t'accorder encore?--Faites-le pendre un quart d'heure avant."--CLAUDE AUGÉ.

[Footnote 1: Why subjunctive?]

Comment les rois se faisaient-ils divertir autrefois?--L'emploi de bouffon était-il important au moyen âge?--Qui est-ce qui servait, le plus souvent, d'amuseur officiel?--Comment était-il habillé?--À quelle époque Triboulet a-t-il vécu?--S'amusait-on de ses plaisanteries?--Est-ce qu'il a fait prendre la mouche à ses victimes quelquefois?--De quai l'a-t-on menacé une fois?--Chez qui a-t-il couru?--Celui-ci qu'a-t-il promis de faire?--Qu'est-ce que Triboulet a demandé encore?

Soyez prêt à donner une définition des mots les plus difficiles.

146. LE PAYSAN ET LE PRINCE

Il était une fois un prince puissant et opulent qui pour agrandir le parc de son château, dépouilla un pauvre paysan du seul morceau de terre qu'il possédait. Un jour, comme il se promenait, triste et préoccupé, dans le champ qu'il avait volé, il vit le paysan qui s'approchait de lui, tenant à la main un sac vide. "Je viens vous parler, prince, dit-il, les larmes aux yeux, de vouloir bien accorder une grâce à celui que vous avez volé; souffrez qu'il emporte[1] de son patrimoine seulement autant de terre que se sac peut contenir.--Je ne puis vous refuser l'objet de cette sotte demande," répondit l'usurpateur.

Le paysan remplit alors de terre son sac: "J'ai encore une grâce à vous demander, dit-il ensuite à son fief interlocuteur, c'est de m'aider à charger ce sac sur mon épaule." Le prince y consentit, bien qu'impatienté et prêt à entrer en colère; mais lorsqu'il voulut soulever le sac plein, il s'écria: "Je suis fou de vouloir soulever ce sac, il est trop lourd; homme singulier, emportez-le comme vous pourrez." Alors le paysan, se redressant devant le prince, lui dit: "Un seul sac de cette terre est déjà trop lourd pour vous, et vous ne craignez pas de charger votre conscience de tout le poids de ce champ!"

Frappé de ces paroles, le prince comprit l'injustice de l'action qu'il avait commise et il restitua aussitôt au paysan le champ qu'il lui avait pris.

[Footnote 1: Why subjunctive?]

Écrivez en 300 mots cette histoire.

GRAMMAR REVIEW.--LESSON XXII

Impersonal verbs.--Use of _falloir_.--Present participles. Relative clause used for active infinitive or present participle.--Review also weather and time expressions.

EXAMPLES

Il faut travailler pour réussir. One must work to succeed. Il me faudra partir demain. I shall have to go to-morrow. Il faut que l'enfant revienne. The child must come back. Il lui faut un chapeau neuf. He needs a new hat. Une femme charmante.--Une A charming woman.--A woman femme chantant la Marseillaise. singing the Marseillaise. Je l'ai vu qui travaillait. I saw him work (working). Il a cessé _de chanter._ He has stopped _singing_. Il vaut mieux rester, il va It is better to stay, it is pleuvoir. going to rain. Il est deux heures. It is two o'clock. Il fait beau temps. The weather is fine.

A. 1. One must amuse oneself. 2. By [1] telling his stories, the story-teller keeps[2] himself from forgetting[3] them. 3. I have to have (I need) a book. 4. It is a question[4] of getting-revenge[3955 and there remains only[6] one way. 5. It seems[7] to me that it would be better to avenge yourself by[1] throwing him out of the window. 6. I see the king coming.[8] 7. It is half past seven; there still remains a quarter of an hour for[9] me to work. 8. He was walking in the park, because it was fine weather. 9. It happened[10] that he came to consult me. 10. It is an important matter. 11. Never mind,[11] it is better to wait. 12. We must not strike out the two remaining words. 13. What time is it? Must we be going? 14. It is fitting[12] that she remain[13] here. 15. She must amuse the children by telling them amusing stories. 16. Triboulet knows that his life is at stake.[14] 17. He is sure of dying.[3] 18. Far from amusing[3] me, he angered me. 19. Wishing to buy a hat, he entered the hatter's. 20. The following week it rained. 21. After filling[15] the sack, he started[16] to lift it. 22. Let[17] them[18] not have[19] him hanged.[20] 23. Do not suffer the peasant to approach[21] me.

[Footnotes 1: en. 2: empêcher. 3: _not present participle._ 4: s'agir. 5: se venger 6: ne ... que. 7: sembler. 8: _relative clause._ 9: _omit._ 10: arriver. 11: n'importe. 12: convenir. 13: _subjunctive, why?_ 14: il y va de sa vie. 15: _perfect infinitive._ 16: vouloir. 17: que. 18: on. 19: faire; _subjunctive, why?_ 20: _infinitive._ 21: s'approcher de; _subjunctive, why?_]

B. Word Study. Use in sentences: personne, personnage, perte, perdre, périr, péril, pitié, piteux, plaindre, plainte, pleurer, pleuvoir, poison, poisson, port, porte, pouvoir, pourvoir, propos, propre, repas, repasser, rester, reposer, sanglant, sanglot.

147. LA TÊTE SUR LES ÉPAULES

Quand Robespierre fut guillotiné, un officier gascon de l'armée française exprima ainsi l'effroi que lui avait inspiré ce tyran: "Toutes les fois que j'entendais proférer le nom de Robespierre, je portais la main à ma tête pour m'assurer qu'elle était encore sur mes épaules." Ce que c'est que d'avoir l'humeur gasconne!

Dans quelle époque Robespierre a-t-il joué un rôle prépondérant?--Comment est-il mort?--L'officier gascon a-t-il été un témoin oculaire de sa mort?--Quel sentiment a-t--il conçu du grand homme?

148. L'IMITATION DU TONNERRE

Un voyageur racontait avec un air de vérité des histoires si incroyables qu'un de ses auditeurs, vexé de son impertinence, lui dit: "Mais, monsieur, tout cela est peu de chose quand je puis vous assurer que le célèbre organiste Vogler imita une fois le tonnerre d'une manière si parfaite, qu'il fit cailler le lait à trois lieues à la ronde."

De quoi le voyageur parlait-il?--Ses histoires avaient-elles l'air d'être des contes en l'air?--S'est-on lassé de l'entendre en conter?--Comment s'est-on joué de lui?--Jusqu'où allait le talent de Vogler?

149. LE PRÉ PAVÉ

Un homme de la campagne se plaignait à un homme de la ville que les taupes ravageaient son pré: "Parbleu! vous êtes bien bon, répond le citadin, faites-le paver."

Avec qui le campagnard s'entretenait-il?--À quel sujet a-t-il témoigné de l'inquiétude?--Comment les taupes sont-elles nuisibles?--Les citadins sont-ils généralement très ferrés sur les choses de la campagne?--Celui dont il est question faisait-il exception à la règle générale?

150. LE FAT DÉBOUTÉ

Un paysan, chargé de fagots, criait en passant dans une rue: "Gare! gare!" afin de ne heurter personne. Un fanfaron croyant qu'il était au-dessous de lui de se déranger, se laissa accrocher, et son habit fut déchiré. Il s'emporte alors contre le paysan, et le traduit devant le juge de paix pour lui faire payer son habit. Le paysan, étant interrogé, ne répond rien. "Êtes-vous muet, mon ami? lui dit le magistrat.--Non, interrompit le plaignant, il fait le muet maintenant, parce qu'il ne peut pas se défendre; mais quand je l'ai rencontré ce matin, il criait si fort "Gare! gare!" qu'on aurait pu l'entendre à une lieue.--Et pourquoi donc, lui dit le juge de paix, ne vous êtes-vous pas garé?" Il va sans dire que le fat fut débouté de sa demande.

De quai ce paysan était-il charge?--Qu'est-ce qu'il criait?--Qu'est-il arrivé à un fanfaron?--Qu'est-ce qu'il a fait au paysan?--Quelle a été la conduite de celui-ci?--Le magistrat que lui a-t-il demandé?--Qu'est-ce que le plaignant a dit ensuite?--Est-ce qu'il s'est trahi par cette déclaration?

Racontez en 150 mots cette histoire.

151. PROBITÉ D'UN PAYSAN

Dans une campagne que nos troupes firent en Flandre, un capitaine de cavalerie reçut l'ordre d'aller au fourrage avec sa compagnie. Il aperçoit de loin une cabane, il y dirige ses pas et frappe à la porte. Un vieillard se présente. "Brave homme, dit le capitaine, montrez-moi, je vous prie, un champ où je puisse[1] faire fourrager mes cavaliers.--Volontiers," répond le vieillard. Aussitôt le bonhomme se met en tête du détachement et remonte avec lui le vallon. Après un quart d'heure de marche, ils rencontrent un beau champ d'orge. "Voilà ce qu'il nous faut, dit le capitaine.--Attendez un peu, reprend le paysan, et vous serez content." On continue de marcher, et un quart de lieue plus loin on trouve un nouveau champ d'orge où le paysan invite les cavaliers à descendre. La troupe met pied à terre, coupe le grain, le met en trousse, et remonte à cheval. L'officier dit alors à son guide: "Mon brave homme, vous nous avez fait faire une course inutile: le premier champ valait bien celui-ci.--Cela est vrai, répliqua le vieillard, mais il n'est pas à moi."

[Footnote 1: Why subjunctive?]

Dans quel pays les troupes se trouvaient-elles?--Quel ordre le capitaine a-t-il reçu?--Où s'est-il dirigé?--Qui lui a ouvert, quand il a frappé?--Le bonhomme voulait-il bien montrer au capitaine ce qu'il cherchait?--Où est-on allé ensuite?--Pourquoi le paysan est-il allé si loin?

Écrivez cette histoire.

152. LE QUART D'HEURE DE RABELAIS

Rabelais, à ce qu'on raconte, se trouva un jour à Lyon sans argent pour payer son hôte, et en même temps il se voyait dans l'impossibilité de continuer son voyage jusqu'à Paris. L'ingénieux auteur eut alors recours au stratagème suivant: il fit écrire, par un enfant, des étiquettes qu'il colla sur de petits sachets; elles portaient les mots: poison pour le roi, poison pour la reine, poison pour le dauphin. L'enfant effrayé prévint l'aubergiste et celui-ci, pris d'un beau zèle, fit aussitôt arrêter notre homme. Rabelais fut conduit à Paris sous bonne escorte..., et aux frais de l'État. Arrivé dans la capitale, il demanda qu'on le menât[1] immédiatement devant le roi. François I, en reconnaissant le prétendu criminel qu'on lui présentait, devina qu'il s'agissait de quelque beau tour. Il se fit conter les faits et en rit beaucoup avec le héros de l'aventure. C'est dans cette anecdote qu'il faudrait, d'après certains auteurs, voir l'origine d'une expression bien connue: nous voulons parler du "quart d'heure de Rabelais." On appelle ainsi le moment quelquefois embarrassant où il faut délier les cordons de la bourse, et, par extension, tout moment fâcheux et désagréable.--CLAUDE AUGE.

[Footnote 1: Why subjunctive?]

Où se trouvait Rabelais?--Pourquoi ne pouvait-il continuer son voyage à Paris?--De quel stratagème a-t-il usé pour y arriver?--Le garçon s'est-il effrayé?--À qui a-t-il dit la chose?--Que devint Rabelais?--Qu'est-ce qu'il a demandé une fois arrivé à Paris?--Le roi l'a-t-il reconnu?--Le roi a-t-il pris la chose en bonne ou en mauvaise part?--Fait-on quelquefois allusion à cet incident?--Quelle expression s'emploie en parlant d'une situation embarrassante?

Donnez une définition des mots les plus difficiles.

À quelle époque Rabelais a-t-il vécu?

153. LA MONTRE DE NEWTON

On s'amuse souvent et avec raison des distractions des professeurs. Plus on concentre ses facultés sur des questions philosophiques, et moins on s'aperçoit de ce qui se passe dans la vie matérielle. Voici une anecdote à l'appui de cette thèse:

Newton, illustre penseur anglais, était un jour absorbe dans ses profondes méditations philosophiques, lorsque sa domestique entra dans son cabinet de travail; elle apportait une casserole et un oeuf frais qu'elle voulait faire cuire en présence du maître, pour qu'il fût[1] à point; c'était le déjeuner habituel du savant. Newton, qui voulait être seul, lui dit de s'en aller, qu'il ferait cuire l'oeuf lui-même. La domestique mit l'oeuf sur la table, à côté de la montre du philosophe, en faisant à ce dernier la recommandation de ne le laisser que trois minutes dans l'eau bouillante, puis se retira. Quel ne fut pas son étonnement, lorsqu'elle revint une demi-heure après pour desservir, de trouver son maître devant la cheminée regardant attentivement l'oeuf qu'il tenait à la main pendant que la montre bouillait dans la casserole.

[Footnote 1: Why subjunctive?]

Quels sont, dans cette anecdote, les mots les plus usuels? Les plus difficiles?

GRAMMAR REVIEW.--LESSON XXIII

The causative construction.--Active infinitive with _faire, laisser, entendre_, and _voir_.

EXAMPLES

Je fais étudier mon fils. I make my son study. Je fais étudier ses leçons à I make my son study his lessons. (_or_ par) mon fils. Je le fais étudier. I make him study. Je les lui fais étudier. I make him study them. Elle va se faire faire une robe. She is going to have a dress made. Je l'entends chanter /I hear him sing. \I hear it sung. Je me laisse amuser. I allow myself to be amused. Il se laisse tomber. He lets himself drop. Je les vois venir. I see them coming. Je l'ai vu battre. I saw him beaten.

A. 1. Did you hear him tell that story? 2. Yes, but I had heard it told so often that I didn't laugh at [1] it this time. 3. Thunder makes milk sour. 4. They[2] are going to have this street paved. 5. Don't let your coat get[3] torn.[4] 6. I saw this man struck. 7. I am going to make him pay for[3] it. 8. He had himself led before the king. 9. The king will have the story told to him(self). 10. Rabelais made the boy write. 11. He made him write some labels. 12. If the king heard this talked of, he would have me arrested. 13. Do you know how[3] to cook eggs? 14. He gets absorbed in (lets himself be absorbed by) his work. 15. I am going to have a coat made for[3] me. 16. I am going to have it made by the tailor.[5] 17. He will charge[6] me 200 francs for[3] it. 18. Unless[7] it is[8] bad weather to-morrow, I shall go walking. 19. The innkeeper asks that he be informed[9] when the king arrives. 20. The servant withdraws, so her master may be[9] alone.

[Footnotes 1: _of it_. 2: on. 3: _omit_. 4: _active infinitive_. 5: le tailleur. 6: faire payer. 7: à moins que. 8: _subjunctive of_ faire, _introduced_ by ne. 9: _subjunctive, why?_ 10: _tense?_]

B. Word Study. In the following anecdote, substitute equivalents for expressions in italics:

154. LES DUELLISTES

Le roi de Suède Gustave-Adolphe _considérait_ les _combats singuliers_ comme l'_anéantissement_ de la discipline. Dans le _dessein_ de _détruire_ cette _coutume barbare_, il avait prononcé la peine _capitale_ contre tous ceux qui _iraient sur le terrain_. Quelque temps après que cette _volonté royale_ eût été _portée_, deux officiers qui avaient eu quelques _contestations_ ensemble demandèrent au _roi_ l'_autorisation_ de vider leur _querelle_ l'_épée_ à la main. Gustave fut d'abord _indigné_ de la _proposition_; il y _adhéra cependant_; mais il ajouta qu'il _voulait être témoin du_ combat, dont il _indiqua_ l'heure et le lieu.

Le jour _venu_, il s'y rend avec un corps d'infanterie qui _entoure_ les deux _champions_; puis il appelle _l'exécuteur des hautes-oeuvres_, et lui dit: "Ces deux hommes vont se battre; dès qu'il y en aura un de tué, coupe _devant moi_ la tête à l'autre." A ces _paroles_, les deux officiers _restèrent_ quelque temps _interdits_; mais bientôt, _reconnaissant_ la faute qu'ils avaient _commise_, ils se _jetèrent_ aux pieds du _monarque_, en _sollicitant_ son pardon, et en se _jurant_ l'un à l'autre une éternelle amitié.

155. MAUVAISE QUALIFICATION

Un bon jeune homme s'est présenté à un commerçant dans l'espoir d'obtenir une place chez lui. On avait justement besoin d'un commis. "Quelles sont vos qualifications pour l'emploi vacant? demanda l'homme d'affaires.--Je suis dans le commerce depuis cinq ans, et je m'occupe toujours de mon affaire, répondit le jeune homme, qui comptait ainsi faire une bonne impression.--En ce cas, nous ne pouvons nous entendre, répliqua l'autre. J'ai besoin de commis qui s'occupent[1] toujours de la mienne."

[Footnote 1: Why subjunctive?]

À qui le jeune homme s'est-il adressé?--Dans quel but?--Y avait-il une place vacante?--Le candidat possédait-il de bonnes qualifications?--Depuis quand était-il dans le commerce?--A-t-il réussi à obtenir la place?--Pourquoi?

Faites ce récit de mémoire.

156. PRIS SUR LE VIF

Un jeune homme avait fait faire sa photographie; le photographe attendait depuis longtemps qu'on vînt[1] la lui payer. Un jour le père du jeune homme l'accosta sur la rue. "C'est une excellente photographie que vous avez faite de mon fils, dit le père enchanté, je vous en fais mes compliments. Vous a-t-il payé?--Pas encore, monsieur.--Je vous le disais bien, s'écria le père, de plus en plus charmé, c'est tout lui!"

[Footnote 1: Why subjunctive?]

157. LA RUSE DU SACRISTAIN

Le curé d'une église de village aperçut un jour le sacristain prendre une pièce d'un franc dans l'assiette de la collecte et la mettre tranquillement dans sa poche. Le service fini, il va droit à lui et sévèrement l'accuse de vol. "Tranquillisez-vous, monsieur le curé, dit le sacristain, voilà plusieurs années que cette pièce rend de bons services à l'église. Je la mets le premier dans l'assiette, de sorte que les messieurs et les dames, voyant un pauvre homme comme moi donner tant d'argent à la fois, aient[1] honte d'en mettre moins."

[Footnote 1: Why subjunctive?]

Qu'est-ce que le curé a vu faire au sacristain?--Quelle conclusion a-t-il tirée de cette action?--Quel parti a-t-il pris?--Le sacristain s'est-il disculpé?--Comment avait-il l'habitude de donner l'exemple aux paroissiens?

Écrivez en 100 mots cette anecdote.

158. INGÉNIOSITÉ D'UN CADI

Un marchand chrétien avait confié un certain nombre de balles de soie à un chamelier turc. Ce dernier devait les conduire d'Alep à Constantinople et leur propriétaire devait les escorter. Mais à peine celui-ci se fut-il mis en route que la fièvre le prit et l'obligea à s'arrêter. Comme au bout d'un certain temps il n'était pas encore arrivé à Constantinople, le conducteur de caravanes forma bientôt un projet malhonnête; il vendit les soies et abandonna l'humble métier de chamelier. Cependant un habile médecin guérit miraculeusement le marchand chrétien.

Longtemps notre homme chercha en vain l'ancien chamelier. Enfin il le découvrit et lui réclama les balles de soie. Mais le malhonnête musulman nia le dépôt; il prétendit même que personne ne l'avait jamais connu comme chamelier. Aussi les contestants portèrent-ils l'affaire devant le cadi. Malheureusement, faute de preuves, ce magistrat ne put prendre aucune décision. Mais cet homme habile avait conçu une idée ingénieuse. À peine les plaideurs avaient-ils pris le chemin de la rue: "Chamelier, chamelier; un mot!" cria le cadi. Le Turc, oubliant qu'il avait abjuré cette profession, tourna aussitôt la tête. À peine eut-il ainsi trahi son identité que le cadi le rappela et le condamna à rembourser au chrétien le prix des balles de soie. On lui appliqua, en outre, pour sa friponnerie, une vigoureuse bastonnade.

Soyez prêt à donner une définition en français des adjectifs et des adverbes.

159. UN JUGEMENT ÉQUITABLE

Un émigré français, se voyant obligé de passer l'hiver dans un village de Westphalie, voulut acheter du bois, dont il avait grand besoin. Il en voit passer sur une charrette, et il le marchande. Le voiturier, s'apercevant qu'il a affaire à un étranger, lui demande trois louis de ce qui vaut tout au plus huit francs. Le marché conclu, le voiturier se rend au cabaret pour y déjeuner, et se vante d'avoir trompé l'étranger, disant que son bois était à lui et qu'il avait le droit de le vendre le prix qu'il voulait, sans que personne y trouvât[1] à redire. Le déjeuner fini, le voiturier demande ce qu'il doit. "Trois louis, répond l'aubergiste.--Comment! trois louis un si maigre repas?--Oui, c'est mon bien; je suis libre d'en demander le prix que je veux. Si vous n'êtes pas content, allons chez le bourgmestre." Cette proposition est acceptée. Ils exposent leur cause devant le magistrat. Celui-ci, rendant son jugement sur les réclamations du voiturier, prononça en faveur de l'aubergiste. Il se fit remettre les trois louis, donna huit francs au voiturier pour prix de son bois, obligea celui-ci à payer deux francs à l'aubergiste, et il confia le reste à ce dernier qui courut le porter au Français.

[Footnote 1: Why subjunctive?]

Écrivez cette histoire.

160. LES LANGUES D'ÉSOPE

Ésope, esclave du philosophe grec Xanthus, reçut un jour de son maître, qui avait invité plusieurs amis à dîner, l'ordre d'acheter au marché ce qu'il y aurait de meilleur, et rien autre chose. "Je t'apprendrai, dit en lui-même le Phrygien, à spécifier ce que tu souhaites, sans t'en remettre à la discrétion d'un esclave." Il n'acheta donc que des langues, qu'il fit accommoder à toutes les sauces: l'entrée, le second service, l'entremets, tout ne fut que langues. Les conviés louèrent d'abord le choix d'Ésope; à la fin ils s'en dégoûtèrent. "Ne t'avais-je pas ordonné, dit Xanthus, d'acheter ce qu'il y avait de meilleur?--Hé! qu'y a-t-il de meilleur que la langue? répondit Ésope. C'est le lien de la vie civile, la clef des sciences, l'organe de la vérité et de la raison; par elle, on bâtit des villes et on les police; on instruit, on persuade, on règne dans les assemblées; on s'acquitte du premier de tous les devoirs, qui est de louer les dieux.--Eh bien! reprit Xanthus, qui prétendait l'embarrasser, achète-moi demain ce qu'il y a de pire: ces mêmes personnes viendront chez moi, et je veux diversifier."