French Conversation and Composition

Chapter 6

Chapter 63,838 wordsPublic domain

Velours se dit d'un son doux remplaçant par erreur un son dur: "Elle était-z-à la campagne" pour "Elle était à," etc. À l'origine, ce mot velours s'employait par opposition à cuir, parce que souvent le premier donnait l'idée d'une chose plus douce que le second.

Pataquès se dit spécialement de l'emploi erroné d'un "t" pour un "s." Son origine est, dit-on, la suivante: Un étudiant, assis au théâtre près de deux dames, trouve un éventail sous sa main. Il dit à la première dame: "Est-il à vous, Madame?--Il n'est point-z-à moi, Monsieur.--Est-il à vous, Madame? reprend-il en s'adressant à la seconde.--Il n'est pas-t-à moi, dit-elle.--Puisqu'il n'est point-z-à vous et qu'il n'est pas-t-à cette dame que voici, je ne sais pas-t-à qu'est-ce!" dit l'étudiant en riant.

Expliquez les termes: cuir, velours, pataquès.

GRAMMAR REVIEW.--LESSON XIV

Review possessive pronouns.--Order in interrogative sentences.--Definite article used for possessive adjective.

EXAMPLES

Est-il arrivé? Has he arrived? Votre père le sait-il? Does your father know it? Jean a-t-il des plumes? Has John any pens? Combien ces montres How much do these watches cost? coûtent-elles? Comment votre mère a-t-elle su la How did your mother learn of the chose? affair? Pourquoi cet homme est-il venu? Why has this man come? Il leva la tête. He raised his head. Je me suis brossé les dents. I brushed my teeth.

A. 1. Did Pope have crooked legs? 2. Was he a[1] hunchback? 3. Did the peasant girl succeed in[2] hiring out? 4. Where did she visit? 5. Wasn't the lady's brain a little "off" (cracked)? 6. Why has the servant come back? 7. I like my profession better than yours. 8. That[3] is because you are a little soft-hearted. 9. When did the doctor put this book into your hands? 10. He has his mind full of the thing, hasn't he?[4] 11. The dog made a severe wound in my arm. 12. Is this cat yours or theirs? 13. I have a dog of my own.[5] 14. Don't stop up your ears, will you?[4] 15. The Spaniard had dirty hands, dirtier even[6] than mine. 16. I am going to take you to my house. 17. You may wash your hands, if you wish. 18. The fan isn't mine, it is my mother's,

[Footnotes 1: _omit_. 2: à. 3: ce. 4: n'est-ce pas? 5: à moi. 6: même.]

B. Word Study. In the following anecdote, substitute equivalents for expressions in italics:

81. JUSTICE DE SOLIMAN

_Comme_ Soliman, _sultan_ des Turcs, _allait_ à la conquête de Belgrade, _l'an_ 1521, une femme s'approcha de lui et se plaignit _vivement_ de ce que, _pendant son sommeil_, des soldats lui avaient _volé_ des bestiaux qui _faisaient_ route sa _fortune_.

"Il fallait que tu fusses _plongée_ dans un sommeil bien profond, lui dit en riant le _prince_, puisque tu n'as pas entendu _entrer_ les _ravisseurs_.--Oui, je dormais fort _paisiblement_, _repartit_ la vieille, dans la _certitude_ où j'étais que Votre _Hautesse_ veillait pour la _sécurité générale_."

Soliman ne _s'irrita_ point de _ce mot_, tout hardi qu'il était, et il _ordonna_ à son _visir_ de _compenser généreusement_ la _perte_ que cette femme avait _subie_.

82. NAÏVETÉ D'UN AVARE

Un avare observant que son vin diminuait quoiqu'il fût[1] dans une cruche cachetée, cherchait en vain à en deviner la cause. Sa femme lui dit: "Peut-être qu'il y a une ouverture par-dessous.--Sotte que tu es, repartit le mari, tu n'y entends rien, ce n'est pas par-dessous qu'il en manque, c'est par-dessus!"

[Footnote 1: Why subjunctive?]

De quai l'avare s'est-il aperçu?--Pourquoi était-il difficile d'en comprendre la cause?--Quelle suggestion la femme a-t-elle offerte?--Le mari admettait-il cette solution de l'énigme?

Nommez les prépositions qui correspondent à dessous et dessus.

83. PEINE PERDUE

Dans un temps de sécheresse, un curé des environs de Choisy, près Paris, est invité par ses paroissiens à faire une neuvaine pour obtenir de la pluie, ainsi qu'avaient fait tous ses confrères circonvoisins.

"Mes amis, leur dit-il, restons tranquilles, je vous en prie. Puisque toutes les paroisses circonvoisines ont adressé au ciel leurs voeux, si nos voisins ont de la pluie, nous en aurons aussi, car nous sommes au centre; s'ils n'en ont pas, nous aurons épargné nos prières et nos peines."

Quel temps faisait-il?--Quel mal pouvait en résulter?--Par quel moyen espérait-on se délivrer de ce fléau?--Est-ce que ce pays-là était le seul aux alentours à souffrir de la sorte?--Pourquoi le curé croyait-il inutile de recourir aux prières?--Son idée était-elle pratique?

Faites ce récit de mémoire.

84. LE MAUVAIS CHEVAL

Un fermier de Yorkshire ayant mené un cheval à la foire, le vendit à un officier de remonte. L'année suivante, l'officier retourne à la même foire et apercevant notre homme, il s'avance sur lui en colère: "Coquin, dit-il, vous m'avez vendu une rosse qui ne vaut rien pour l'armée!--Eh bien! répond le fermier sans s'émouvoir, faites-en cadeau à la marine."

Comment le fermier s'est-il défait de sa rosse?--A-t-il revu l'acheteur?--Celui-ci en voulait-il au fermier?--Quel conseil le fermier a-t-il donné à l'officier?

85. UN BON AVERTI EN VAUT DEUX

Un homme avait l'habitude d'emprunter de l'argent à l'un de ses amis. Un jour la conversation suivante eut lieu entre eux au sujet d'un nouvel emprunt.

"Vous m'avez dit que vous me prêtiez cinquante francs, dit l'emprunteur, mais vous ne m'en donnez que quarante-neuf.--Je garde un franc pour payer le port des lettres que j'aurai à vous écrire pour me faire rembourser.--En ce cas, reprit le premier, je vous conseille d'en retenir cinq."

Quelle fâcheuse coutume cet homme avait-il?--Avait-il également l'habitude de rendre promptement l'argent prêté?--Comment fallait-il toujours s'y prendre avec lui pour se faire rembourser?--Quel moyen l'ami a-t-il enfin inventé pour rentrer dans ses frais?--L'emprunteur a-t-il pris la chose en mauvaise part?

Expliquez les mots _emprunt, emprunteur, emprunter._

86. ON NE PEUT PAS SIFFLER QUAND ON BÂILLE

Zaïre, tragédie de Voltaire, ne fut point goûtée du public à sa première représentation, et l'auteur en était fort mécontent. Comme il s'en allait tout pensif, il rencontra Piron, à qui il se plaignit du peu de goût et de l'injustice de ce même public; mais voulant cacher en quelque sorte tout le dépit qu'il en concevait, il ajouta: "Il est vrai que ma pièce n'a pas plu, mais au moins elle n'a pas été sifflée.--Comment veux-tu, mon ami, que l'on siffle[1] quand on bâille?" lui répliqua Piron.

[Footnote 1: Why subjunctive?]

Zaïre de Voltaire a-t-il joui d'un immense succès dès la première représentation?--Comment a-t-il été accueilli du public?--L'auteur a-t-il été sensible au peu de louanges que sa pièce lui rapportait?--À qui s'en est-it ouvert?--Par quelle réflexion a-t-il voulu dorer la pilule?--Piron a-t-il ménagé les sensibilités de l'infortuné poète?

Écrivez en 100 mots cette histoire.

Quels livres de Voltaire avez-vous lus?

Nommez ceux que vous connaissez.

87. L'IGNORANT BEL ESPRIT

Un ignorant bel esprit se présente à l'Université de... pour y passer son doctorat. Il y est reçu. Surpris de la facilité avec laquelle il avait acquis ce grade, et voulant faire le plaisant, il va de nouveau trouver le recteur, et lui dit: "Monsieur, pendant que je suis en cette ville, je voudrais profiter de l'occasion pour faire recevoir aussi mon cheval.--Monsieur, lui répondit le recteur, je suis fâché de ne pouvoir vous obliger davantage, mais nous ne recevons ici que les ânes. Il y va de notre prestige."

Dans quel but l'ignorant s'est-il présenté à la faculté?--A-t-il été refusé?--S'en est-it étonné?--S'en est-il allé content?--Comment a-t-il voulu abuser de l'indulgence qu'on lui avait témoignée?--Quelle réponse lui a-t-on faite?

88. LE PORTRAIT DU CUIRASSIER

On conte sur Horace Vernet, qui fut un des meilleurs peintres militaires de la France, une amusante anecdote. Elle prouve que, chez ce grand artiste, la bonhomie naturelle était à la hauteur du talent.

Un matin, un cuirassier, qui avait fréquemment entendu prononcer le nom de Vernet, mais qui ne se rendait pas bien compte de la position du célèbre peintre, alla le trouver dans son atelier. Le brave garçon désirait avoir son portrait pour l'envoyer au pays. Il s'en ouvrit à l'artiste, mais il ajouta qu'il voulait avant tout être fixé sur le prix que cela lui coûterait.

"Combien veux-tu y mettre? demanda Horace.--J'irai bien jusqu'à trente sous, répondit le cuirassier.--Bon! cela me va."

En quelques coups de crayon, Vernet eut bien vite terminé une charmante esquisse du guerrier, que celui-ci emporta triomphant. Le beau militaire ne put cependant s'empêcher de dire à un camarade qui l'attendait à la porte: "J'ai eu tort de ne pas marchander: j'aurais peut-être eu mon portrait pour vingt sous."

La naïveté du cuirassier est d'autant plus amusante que le moindre dessin de Vernet se payait déjà fort cher quand ce peintre célèbre vivait. Aujourd'hui un tableau de lui vaut une petite fortune.--(CLAUDE AUGÉ.)

À quel titre Horace Vernet est-it célèbre?--Avait-il un caractère aimable?--Est-ce que le cuirassier de notre anecdote avait jamais entendu parler de lui?--Quel dessein le soldat a-t-il formé?--Qu'est-ce qu'il voulait savoir auparavant?--Le peintre a-t-il fixé le prix que cela lui coûterait?--Le soldat voulait-il payer cher son portrait?--Le peintre s'est-il montré complaisant?--Quel regret le cuirassier a-t-il éprouvé en sortant de chez Vernet?--Savait-il ce que valait son portrait fait par le célèbre artiste?

Quelles sont, dans cette anecdote, les expressions les plus usuelles? Les plus difficiles?

GRAMMAR REVIEW.--LESSON XV

Pronominal use of _en_ and _y_.--Order in the sentence.

EXAMPLES

Je suis content de mon sort. I am satisfied with my lot. J'en suis content, j'en suis fier. I am satisfied with it, I am proud of it. Je suis allé au théâtre; j'y ai vu I went to the theatre; I saw Talma. Y êtes-vous allé? Talma there. Did you go (there)? J'ai des pommes.--Donne-m'en.--Je I have some apples.--Give me vous en donne.--Donnes-en some.--I give you some.-- Give en à ma soeur aussi.--Ne lui en some to my sister, too.--Don't donne pas. Etc. give her any. Etc. Je vous y envoie.--Envoyez I send you there.--Send me m'y.--Envoies-y Jean.--Ne m'y there.--Send John there.--Don't envoie pas. Etc. send me there. Etc.

A. 1. There is good wine at Choisy, I am going there to get some. 2. There is some missing, and I can't guess the reason for it. 3. My friend is going to give a ball[1] and I am invited to it. 4. If you have any, give me a little.[2] 5. Give John some. Don't give him too much.[3] 6. If I had any horses, I would make a present of them to the army. 7. I didn't do anything of the sort.[4] 8. I had fifty francs and I kept five. 9. They [5] didn't like my tragedy, and I am very much displeased about it. 10. If you complain about it, they will go away. 11. I went to the University of X to get my doctor's degree. 12. I got it.[6] 13. You have such a fine chance, you ought to take advantage of it. 14. We can't receive you; I am very sorry about it. 15. They tell a funny story about him.[7] 16. Vernet was very famous, but the cavalryman didn't realize[8] it. 17. He didn't disclose[9] himself to the artist. 18. How much was he willing to put into it? 19. Give me some, I beg of you (to do so).[10] 20. Think of it![11] His life is at stake![12] 21. I can't make head nor tail of it.[13] 22. This wine is diminishing, although it is[14] in a sealed jug.

[Footnotes 1: bal (_m._). 2: un peu. 3: trop. 4: je n'en ai rien fait. 5: On. 6: Y être reçu. 7: _not_ en _here_. _Why?_ 8: se rendre compte de. 9: s'ouvrir (à). 10: en. 11: penser (à). 12: il y va de. 13: je n'y entends rien. 14: _subjunctive. Why?_]

B. Word Study, based on "Le Portrait du Cuirassier."

(a) Define, in French, the following words:

artiste, talent, entendre, se rendre compte, célèbre, atelier, portrait, cher, valoir, esquisse.

(b) Define, in French, at least one word cognate with each of the following:

conter, amuser, désirer, demander, répondre, marchander, vivre, peintre, nature, nom, compte, ouvrier, guerrier, dessin, grand, haut, brave, bon, triomphant, beau, fort.

Example: conter. Un conteur est un auteur de contes.

89. LE BOURGEOIS EN COLÈRE

Un bon bourgeois ayant appris que plusieurs de ses parents s'étaient trouvés à un repas de famille auquel il n'avait pas été invité s'écria en colère: "Eh bien! pour les faire enrager, je vais donner un grand dîner d'apparat où je serai tout seul."

Quel sujet le bourgeois avait-il de prendre la mouche?--A-t-il voulu passer l'affaire sous silence?--Comment s'est-il proposé de se venger de ses parents?--Le dîner a-t-il dû être triste ou gai?

90. LE TORRENT ET LE RUISSEAU

Un torrent furieux, dans sa course rapide, _insultait_ un ruisseau _timide_ dont l'onde arrosait un verger. "Va, lui dit le ruisseau, sois fier de l'avantage d'offrir à chaque pas quelque nouveau _danger_. Je serais bien fâché d'avoir pour mon _partage l'honneur cruel_ que tu poursuis: tu t'annonces par le ravage; moi, par les biens que je _produis_."

Quels sont les personnages de cette fable?--Qu'est-ce que le ruisseau reprochait au torrent?--De quai le torrent se faisait-il fort?--Quelle vertu le ruisseau avait-il?--Lequel des deux frappe plus fortement l'imagination des hommes?--Lequel des deux leur est le plus utile?--Quelle est la moralité de ce récit?

Formez d'autres mots des mots soulignés.

91. LES POUCES DU SERPENT

"Après une lutte horrible, dit un voyageur, je parvins à dégager mes bras des replis dont le boa avait serré mon corps, et au moment où le monstre ouvrait sa gueule formidable à deux pouces de ma tête, je lui lâchai mon coup de fusil entre les deux mâchoires, et il tomba raide mort.--C'est magnifique, dit quelqu'un. Combien de pieds de long avait ce serpent?--Il avait quatre-vingt douze pouces, répondit l'autre; les serpents n'ont pas de pieds."

Quelle scène le voyageur dépeignait-il?--Dans quelle situation périlleuse s'était-il trouvé?--Comment s'en est-il tiré--Son récit a-t-il produit l'effet désiré?--Quelle question un de ses auditeurs lui a-t-il posée?--Comment le voyageur lui a-t-il répondu?

92. LE PEINTRE DAVID ET LE COCHER

David, célèbre peintre français sous l'Empire, a excellé par la pureté classique de son dessin. On conte sur lui, pourtant, une anecdote qui porte à croire que les artistes mêmes sont faillibles.

Cet homme illustre avait exposé un de ses plus beaux tableaux et se trouvait par hasard confondu dans la foule qui l'admirait. Il remarqua un homme dont le costume annonçait un cocher de fiacre, et dont l'attitude indiquait le dédain. "Je vois que vous n'aimez point ce tableau, lui dit le peintre.--Ma foi, non!--C'est pourtant un de ceux devant lesquels tout le monde s'arrête.--Il n'y a pas de quoi. Voyez cet imbécile de peintre qui a fait un cheval dont la bouche est toute couverte d'écume et qui, pourtant, n'a pas de mors." David se tut; mais dès que le salon fut fermé, il effaça l'écume.

À quelle époque le peintre David a-t-il vécu?--À quel titre est-il célèbre?--Son dessin a-t-il cependant toujours été parfait, à tous les points de vue?--Dans quelle foule se trouvait-il un jour par hasard?--Tout le monde trouvait-il bons ses tableaux?--Qui est-ce qui regardait avec dédain certain tableau de cet artiste?--Qu'y avait-il de faux dans ce tableau, à son avis?--Avait-il raison?--Parlait-il en connaissance de cause?--Comment David a-t-il réparé la faute?

Donnez des synonymes à dix mots de cette histoire.

93. L'HOMME DUPE DE SA CRÉDULITÉ

Un bourgeois de Lyon, fort riche, ayant fait tirer son horoscope, mangea, pendant le temps qu'il croyait avoir à vivre, tout ce qu'il avait. Mais ayant été plus loin que l'astrologue ne l'avait prédit, il n'avait plus de quoi se nourrir. Il se vit obligé de demander l'aumône, et il disait en tendant la main: "Assistez un homme qui a été dupe de sa crédulité."

Est-ce qu'on croit encore de nos jours aux horoscopes?--Quelle destinée avait-on prédite au bourgeois?--Comment a-t-il voulu en tirer profit?--L'horoscope a-t-il dit vrai?--Qu'est-ce que le pauvre bourgeois a dû faire pour se nourrir?--Quelle est la moralité du récit?

94. GÉNÉREUX À BON MARCHÉ

Un jeune vaurien, qui espérait hériter un jour de son oncle, voulait le sonder un peu pour savoir les chances qu'il courait de réaliser son ambition. "J'ai fait un beau rêve cette nuit, mon cher oncle, lui dit-il un matin.--Vraiment! dit l'oncle, et qu'avez-vous rêvé?--Que vous me donniez cinq cents francs.--Eh bien! répond le vieux, qui voyait bien de quoi il retournait, pour ne pas vous désappointer je vous permets de les garder."

Qu'est-ce qui travaillait l'esprit du jeune homme?--Comment s'y est-il pris pour soutirer de l'argent à son oncle?--Est-ce que cela a pris?

Faites ce récit de memoire.

95. LES GRANDS HOMMES NE SONT PAS TOUT-PUISSANTS

Les hommes célèbres reçoivent parfois des communications assez bizarres. M. Edison, le grand inventeur américain, a reçu un jour une lettre que lui écrivait une demoiselle et dans laquelle elle lui demandait s'il ne pourrait pas inventer une machine au moyen de laquelle elle pourrait voir son futur mari. Il aurait pu répondre, comme le Pape au cardinal peint en enfer: "Mon pouvoir ne s'étend pas si loin."

Les grands personnages reçoivent-ils beaucoup de lettres?--À quel titre M. Edison est-il fameux?--De qui a-t-il reçu un jour une épître très curieuse?--Quel désir exprimait-on là-dedans?--M. Edison était-il à même de satisfaire la jeune personne?

96. UNE RÉPONSE AUDACIEUSE

Les hommes d'esprit aiment l'esprit partout où ils le rencontrent, et alors même que l'on s'en sert contre eux. Voici, à l'appui de cette opinion, une anecdote assez curieuse, qui se rattache au souvenir de la bataille de Kollin. On sait qu'elle fut gagnée en 1757 par le maréchal autrichien Daun sur Frédéric II, roi de Prusse.

Nous sommes à Berlin, après la conclusion de la paix définitive. Frederic aime à se promener dans sa capitale où il est acclamé par tous, mais où chacun tremble devant son regard sévère. Un jour, il rencontre un de ses vieux grenadiers de la Guerre de Sept Ans, dont le visage est tout sillonné d'énormes balafres. "Dans quelle auberge, lui demande le roi d'un ton moqueur, t'es-tu fait arranger de la sorte?--Sire, répond le grognard sans se déconcerter, dans une auberge où vous avez payé votre écot: à Kollin." À ces mots, Frédéric fronça d'abord les sourcils; puis, s'il faut en croire la légende, il sourit et récompensa celui qui avait su répondre spirituellement à sa blessante question.--CLAUDE AUGÉ.

Les hommes d'esprit reconnaissent-ils l'esprit chez les autres?--De quelle bataille est-il question dans cette anecdote?--Où la scène se passe-t-elle?--Frédéric jouissait-il de beaucoup d'estime dans sa capitale?--Avait-on ordinairement peur de lui?--Quelle rencontre a-t-il faite une fois?--Qu'est-ce qui a attiré surtout l'attention du roi?--Qu'est-ce qu'il a demandé à l'inconnu?--Quelle réponse spirituelle a-t-il tirée du soldat?--Comment a-t-il pris la chose,--en bonne ou en mauvaise part?

Écrivez en 200 mots cette histoire.

GRAMMAR REVIEW.--LESSON XVI

Relative Pronouns.

EXAMPLES

L'homme (le cheval, la vache, The man _who_ (the horse, cow, etc.), qui est devant la maison. _which_) is in front of the house. La femme que je rencontre. La The lady _whom_ I meet. The cow vache (le cheval) que je vends. (horse) _which_ I am selling. La fille de l'avocat qui est ici. The daughter of the lawyer who is here. La fille de l'avocat, laquelle est The lawyer's daughter, who is ici, est malade. here, is ill. L'homme avec qui je parle. The man with whom I speak. Le livre dans lequel j'étudie. The book in which I study. Le magasin auquel je vais, duquel The store to which I go, from je sors. which I come. Je vous donnerai ce qui est ici, I'll give you what is here, what I ce que j'ai trouvé. found. Le livre (l'homme) dont je parle. The book of _which_ (the man of _whom_) I speak. L'homme dont le fils est mort. The man whose son is dead. L'homme dont je connais le fils. The man whose son I know. La femme au fils de laquelle The lady to whose son I was j'écrivais. writing. La ville dont je suis venu. The city whence I came. Savez-vous de quoi s'agit? Do you know what it is about? Donnez-moi de quoi écrire. Give me writing material. Il n'a pas de quoi vivre. He has nothing to live on. La ville où il se trouve. The city in which he is. Le pays d'où il vient. The country from which he comes. Etc. Etc.

A. 1. That man who is stopping before the picture, and whose attitude shows contempt, is a celebrated painter. 2. There is the picture that I like most.[1] 3. A horse that had no bit wouldn't have his[2] mouth covered with foam. 4. The coachman whose horse you saw didn't like the picture. 5. The man for whom he made the picture was in the crowd. 6. Here is a salon in which you can admire the pictures about which we were talking. 7. The bourgeois has eaten all[3] he has. 8. I haven't anything[4] to write with.[4] 9. She has enough[4] to live on.[5] 10. The uncle saw which[6] way the wind blew.[7] 11. The wife of the inventor, who (_i.e._ the wife) wrote me a letter, wishes to see me. 12. The machine that we made use of was invented by Edison. 13. There is the man with whose uncle I was walking. 14. He[8] is a man whose opinion I respect. 15. That person whose aspect[9] is so severe is the grenadier to whom the king spoke. 16. What made me mad, was[10] that they invited me to a dinner at which I found several of my relatives. 17. He fell dead at the moment when I freed my arms. 18. This painter whose uncle I am is a famous man. 19. There is nothing to be astonished about.[4] 20. The city from which he comes is Lyons.

[Footnotes 1: le mieux. 2: la. 3: _supply "that which."_ 4: de quoi. 5: _omit._ 6-7: de quoi il retournait. 8: Ce. 9: l'aspect. 10: c'est.]

B. Word Study. Find opposites of the following words in the anecdotes included in this lesson: mauvais, recevoir, petit, sécurité, mal, avant, court, fermer, laid, admiration, pauvre, mourir, près, âgé, beaucoup, ignorer, demander, défendre de, commencement, tranquille, lent, hardi, vieux.

Use these words and their opposites in original sentences.

97. L 'OCCASION FAIT LE LARRON

Le propriétaire d'une auberge de village servit un oeuf au roi George II qui s'y était arrêté, et lui demanda en retour une guinée. Sa Majesté lui dit en souriant: "Il paraît que les oeufs sont bien rares ici.--Oh! non, sire, répondit l'hôtelier, ce ne sont pas les oeufs... ce sont les rois."

Où le roi s'est-il arrêté?--Pourquoi s'y est-il arrêté?--Combien l'aubergiste voulait-il faire payer ses oeufs?--Le roi a-t-il trouvé le prix raisonnable?--Pourquoi l'aubergiste avait-il tant demandé?

Faites ce récit de mémoire.

98. LE MARI BIEN APPRIVOISÉ.