Der Zauberberg. Erster Band

Part 42

Chapter 422,267 wordsPublic domain

„_Fort possible qu’il va mourir, s’il essaye d’être soldat dans les plaines._“

„_Qu’il va mourir. La mort. Terrible mot, n’est-ce pas? Mais c’est étrange, il ne m’impressionne pas tellement aujourd’hui, ce mot. C’était une façon de parler bien conventionnelle, lorsque je disais »Tu m’effraies«. L’idée de la mort ne m’effraie pas. Elle me laisse tranquille. Je n’ai pas pitié – ni de mon bon Joachim ni de moi-même, en entendant qu’il va peut-être mourir. Si c’est vrai, son état ressemble beaucoup au mien et je ne le trouve pas particulièrement imposant. Il est moribond, et moi, je suis amoureux, eh bien! – Tu as parlé à mon cousin à l’atelier de photographie intime, dans l’antichambre, tu te souviens._“

„_Je me souviens un peu._“

„_Donc ce jour-là Behrens a fait ton portrait transparent!_“

„_Mais oui._“

„_Mon dieu. Et l’as-tu sur toi?_“

„_Non, je l’ai dans ma chambre._“

„_Ah, dans ta chambre. Quant au mien, je l’ai toujours dans mon portefeuille. Veux-tu que je te le fasse voir?_“

„_Mille remerciements. Ma curiosité n’est pas invincible. Ce sera un aspect très innocent._“

„_Moi, j’ai vu ton portrait extérieur. J’aimerais beaucoup mieux voir ton portrait intérieur qui est enfermé dans ta chambre ... Laisse-moi demander autre chose! Parfois un monsieur russe qui loge en ville vient te voir. Qui est-ce? Dans quel but vient-il, cet homme?_“

„_Tu es joliment fort en espionnage, je l’avoue. Eh bien, je réponds. Oui, c’est un compatriote souffrant, un ami. J’ai fait sa connaissance à une autre station balnéaire, il y a quelques années déjà. Nos relations? Les voilà: nous prenons notre thé ensemble, nous fumons deux ou trois papiros, et nous bavardons, nous philosophons, nous parlons de l’homme, de Dieu, de la vie, de la morale, de mille choses. Voilà mon compte rendu. Es-tu satisfait?_“

„_De la morale aussi! Et qu’est-ce que vous avez trouvé en fait de morale, par exemple?_“

„_La morale? Cela t’intéresse? Eh bien, il nous semble, qu’il faudrait chercher la morale non dans la vertu, c’est-à-dire dans la raison, la discipline, les bonnes mœurs, l’honnêteté, – mais plutôt dans le contraire, je veux dire: dans le péché, en s’abandonnant au danger, à ce qui est nuisible, à ce qui nous consume. Il nous semble qu’il est plus moral de se perdre et même de se laisser dépérir que de se conserver. Les grands moralistes n’étaient point des vertueux, mais des aventuriers dans le mal, des vicieux, des grands pécheurs qui nous enseignent à nous incliner chrétiennement devant la misère. Tout ça doit te déplaire beaucoup, n’est-ce pas?_“

Er schwieg. Er saß noch immer wie anfangs, die verschlungenen Füße tief unter seinem knisternden Stuhl, vorgeneigt gegen die Liegende im Papierdreispitz, ihr Crayon zwischen den Fingern, und blickte aus Hans Lorenz Castorps blauen Augen von unten in das Zimmer, das leer geworden war. Zerstoben die Gästeschaft. Das Klavier, in der schräg gegenüberliegenden Ecke, tönte nur noch leise und abgebrochen, gespielt mit einer Hand von dem mannheimischen Kranken, an dessen Seite die Lehrerin saß und in einem Notenbuch blätterte, das sie auf den Knien hielt. Als das Gespräch zwischen Hans Castorp und Clawdia Chauchat verstummte, hörte der Pianist vollends zu spielen auf und legte auch die Hand, mit der er die Tasten leicht gerührt hatte, in den Schoß, während Fräulein Engelhart fortfuhr, in ihre Noten zu blicken. Die vier von der Fastnachtsgeselligkeit übriggebliebenen Personen saßen unbeweglich. Die Stille dauerte mehrere Minuten. Langsam neigten sich unter ihrem Druck die Köpfe des Paares am Pianino tiefer und tiefer, der des Mannheimers gegen die Klaviatur hinab, der Fräulein Engelharts auf das Notenheft. Endlich, beide gleichzeitig, wie nach geheimer Verständigung, standen sie vorsichtig auf, und leise, auf den Zehen, indem sie es künstlich vermieden, sich nach der anderen noch belebten Zimmerecke umzusehen, die Köpfe eingezogen und die Arme steif am Leibe, verschwanden der Mannheimer und die Lehrerin miteinander durch das Schreib- und Lesezimmer. „_Tout le monde se retire_“, sagte Frau Chauchat. „_C’étaient les derniers; il se fait tard. Eh bien, la fête de carnaval est finie._“ Und sie hob die Arme, um mit beiden Händen die Papiermütze von ihrem rötlichen Haar zu nehmen, dessen Zopf als Kranz um den Kopf geschlungen war. „_Vous connaissez les conséquences, monsieur._“

Aber Hans Castorp verneinte mit geschlossenen Augen, ohne im übrigen seine Stellung zu verändern. Er antwortete:

„_Jamais, Clawdia. Jamais je te dirai »vous«, jamais de la vie ni de la mort_, wenn man so sagen kann, – man sollte es können. _Cette forme de s’adresser à une personne, qui est celle de l’Occident cultivé et de la civilisation humanitaire, me semble fort bourgeoise et pédante. Pourquoi, au fond, de la forme? La forme, c’est la pédanterie elle-même! Tout ce que vous avez fixé à l’égard de la morale, toi et ton compatriote souffrant, – tu veux sérieusement que ça me surprenne? Pour quel sot me prends-tu? Dis donc, qu’est-ce que tu penses de moi?_“

„_C’est un sujet qui ne donne pas beaucoup à penser. Tu es un petit bonhomme convenable, de bonne famille, d’une tenue appétissante, disciple docile de ses précepteurs et qui retournera bientôt dans les plaines, pour oublier complètement qu’il a jamais parlé en rêve ici et pour aider à rendre son pays grand et puissant par son travail honnête sur le chantier. Voilà ta photographie intime, faite sans appareil. Tu la trouves exacte, j’espère?_“

„_Il y manque quelques détails que Behrens y a trouvés._“

„_Ah, les médecins en trouvent toujours, ils s’y connaissent ..._“

„_Tu parles comme M. Settembrini. Et ma fièvre? D’où vient-elle?_“

„_Allons donc, c’est un incident sans conséquence qui passera vite._“

„_Non, Clawdia, tu sais bien que ce que tu dis là n’est pas vrai et tu le dis sans conviction, j’en suis sûr. La fièvre de mon corps et le battement de mon cœur harassé et le frissonnement de mes membres, c’est le contraire d’un incident, car ce n’est rien d’autre_ –“ und sein bleiches Gesicht mit den zuckenden Lippen beugte sich tiefer zu dem ihren – „_rien d’autre que mon amour pour toi, oui, cet amour qui m’a saisi à l’instant, où mes yeux t’ont vue, ou, plutôt, que j’ai reconnu, quand je t’ai reconnue toi, – et c’était lui, évidemment, qui m’a mené à cet endroit ..._“

„_Quelle folie!_“

„_Oh, l’amour n’est rien, s’il n’est pas de la folie, une chose insensée, défendue et une aventure dans le mal. Autrement c’est une banalité agréable, bonne pour en faire de petites chansons paisibles dans les plaines. Mais quant à ce que je t’ai reconnue et que j’ai reconnu mon amour pour toi, – oui, c’est vrai, je t’ai déjà connue, anciennement, toi et tes yeux merveilleusement obliques et ta bouche et ta voix, avec laquelle tu parles, – une fois déjà, lorsque j’étais collégien, je t’ai demandé ton crayon, pour faire enfin ta connaissance mondaine, parce que je t’aimais irraisonnablement, et c’est de là, sans doute, c’est de mon ancien amour pour toi, que ces marques me restent que Behrens a trouvées dans mon corps, et qui indiquent que jadis aussi j’étais malade ..._“

Seine Zähne schlugen aufeinander. Er hatte den einen Fuß unter seinem knisternden Stuhl hervorgezogen, während er phantasierte, und indem er ihn vorschob, diesen Fuß, berührte er mit dem anderen Knie schon den Boden, so daß er denn also neben ihr kniete, gebeugten Kopfes und am ganzen Körper zitternd. „_Je t’aime_,“ lallte er, „_je t’ai aimée de tout temps, car tu es le Toi de ma vie, mon rêve, mon sort, mon envie, mon éternel désir ..._“

„_Allons, allons!_“ sagte sie. „_Si tes précepteurs te voyaient ..._“

Aber er schüttelte verzweifelt den Kopf, das Gesicht über den Teppich, und antwortete:

„_Je m’en ficherais, je me fiche de tous ces Carducci et de la République éloquente et du progrès humain dans le temps, car je t’aime!_“

Sie streichelte ihm leicht mit der Hand das kurzgeschorene Haar am Hinterkopf.

„_Petit bourgeois!_“ sagte sie. „_Joli bourgeois à la petite tache humide. Est-ce vrai que tu m’aimes tant?_“

Und begeistert von ihrer Berührung, nun auf beiden Knien, den Kopf im Nacken und mit geschlossenen Augen fuhr er zu sprechen fort:

„_Oh, l’amour, tu sais ... Le corps, l’amour, la mort, ces trois ne font qu’un. Car le corps, c’est la maladie et la volupté, et c’est lui qui fait la mort, oui, ils sont charnels tous deux, l’amour et la mort, et voilà leur terreur et leur grande magie! Mais la mort, tu comprends, c’est d’une part une chose mal famée, impudente qui fait rougir de honte; et d’autre part c’est une puissance très solennelle et très majestueuse, – beaucoup plus haute que la vie riante gagnant de la monnaie et farcissant sa panse, – beaucoup plus vénérable que le progrès qui bavarde par les temps, – parce qu’elle est l’histoire et la noblesse et la piété et l’éternel et le sacré qui nous fait tirer le chapeau et marcher sur la pointe des pieds ... Or, de même, le corps, lui aussi, et l’amour du corps, sont une affaire indécente et fâcheuse, et le corps rougit et pâlit à sa surface par frayeur et honte de lui-même. Mais aussi il est une grande gloire adorable, image miraculeuse de la vie organique, sainte merveille de la forme et de la beauté, et l’amour pour lui, pour le corps humain, c’est de même un intérêt extrêmement humanitaire et une puissance plus éducative que toute la pédagogie du monde! ... Oh, enchantante beauté organique qui ne se compose ni de teinture à l’huile ni de pierre, mais de matière vivante et corruptible, pleine du secret fébrile de la vie et de la pourriture! Regarde la symétrie merveilleuse de l’édifice humain, les épaules et les hanches et les mamelons fleurissants de part et d’autre sur la poitrine, et les côtes arrangées par paires, et le nombril au milieu dans la mollesse du ventre, et le sexe obscur entre les cuisses! Regarde les omoplates se remuer sous la peau soyeuse du dos, et l’échine qui descend vers la luxuriance double et fraîche des fesses, et les grandes branches des vases et des nerfs qui passent du tronc aux rameaux par les aisselles, et comme la structure des bras correspond à celle des jambes. Oh, les douces régions de la jointure intérieure du coude et du jarret avec leur abondance de délicatesses organiques sous leurs coussins de chair! Quelle fête immense de les caresser ces endroits délicieux du corps humain! Fête à mourir sans plainte après! Oui, mon dieu, laisse-moi sentir l’odeur de la peau de ta rotule, sous laquelle l’ingénieuse capsule articulaire sécrète son huile glissante! Laisse-moi toucher dévotement de ma bouche l’Arteria femoralis qui bat au front de ta cuisse et qui se divise plus bas en les deux artères du tibia! Laisse-moi ressentir l’exhalation de tes pores et tâter ton duvet, image humaine d’eau et d’albumine, destinée pour l’anatomie du tombeau, et laisse-moi périr, mes lèvres aux tiennes!_“

Er öffnete die Augen nicht, nachdem er gesprochen; er blieb, wie er war, den Kopf im Nacken, die Hände mit dem Silberstiftchen von sich gestreckt, auf seinen Knien bebend und schwankend. Sie sagte:

„_Tu es en effet un galant qui sait solliciter d’une manière profonde, à l’allemande._“

Und sie setzte ihm die Papiermütze auf.

„_Adieu, mon prince Carnaval! Vous aurez une mauvaise ligne de fièvre ce soir, je vous le prédis._“

Damit glitt sie vom Stuhl, glitt über den Teppich zur Tür, in deren Rahmen sie zögerte, halb rückwärts gewandt, einen ihrer nackten Arme erhoben, die Hand an der Türangel. Über die Schulter sagte sie leise:

„_N’oubliez pas de me rendre mon crayon._“

Und trat hinaus.

Druck vom Bibliographischen Institut in Leipzig

Anmerkungen zur Transkription

Offensichtliche Fehler wurden stillschweigend korrigiert. Die Schreibweise häufig vorkommender Namen wurde vereinheitlicht. Weitere Änderungen, teilweise unter Zuhilfenahme späterer Auflagen, sind hier aufgeführt (vorher/nachher):

[S. 36]: ... verschiedene Gemütsbewegungen hin und her geworfen, bis ... ... verschiedenen Gemütsbewegungen hin und her geworfen, bis ...

[S. 39]: ... die Wangen streifenden Halskragen des Großvaters ausfüllte. ... ... die Wangen streifenden Halskragens des Großvaters ausfüllte. ...

[S. 58]: ... gegeben und selbstverständlich betrachten und vor dem Einfall, ... ... gegeben und selbstverständlich betrachten und von dem Einfall, ...

[S. 81]: ... Vetter macht. In ihrem Fall kann man gar nichts Schlaueres ... ... Vetter macht. In Ihrem Fall kann man gar nichts Schlaueres ...

[S. 90]: ... auf Platz Davos, etwa in Drittelhöhe des Ganges, und gewährte ... ... auf Platz Davos, etwa in Drittelhöhe des Hanges, und gewährte ...

[S. 104]: ... „Wie heißt es doch in der Oper ihres Meisters? ‚Der Vogelfänger ... ... „Wie heißt es doch in der Oper Ihres Meisters? ‚Der Vogelfänger ...

[S. 136]: ... den Revolver von ihrer Schläfe weg, es ist nicht anzusehen! ... ... den Revolver von Ihrer Schläfe weg, es ist nicht anzusehen! ...

[S. 147]: ... Ihnen nicht zuträglich zu sein scheint, da sie sich körperlich und, ... ... Ihnen nicht zuträglich zu sein scheint, da Sie sich körperlich und, ...

[S. 155]: ... Vorhaben erwachte, seinen Vetter Joachim morgen von diesem ... ... Vorhaben erwachte, seinem Vetter Joachim morgen von diesem ...

[S. 165]: ... als Sie sich den Anschein geben, da sie offenbar Geist besitzen. ... ... als Sie sich den Anschein geben, da Sie offenbar Geist besitzen. ...

[S. 165]: ... So entspricht es ihrem Alter, welches männlicher Entschlossenheit ... ... So entspricht es Ihrem Alter, welches männlicher Entschlossenheit ...

[S. 173]: ... die Griffe übte, die man ihm lehrte. Nur einige ... ... die Griffe übte, die man ihn lehrte. Nur einige ...

[S. 190]: ... Ingenieur. Sie sind in ihrem Elemente, das freut mich. ... ... Ingenieur. Sie sind in Ihrem Elemente, das freut mich. ...

[S. 198]: ... und dann schräg hin und ziemlich steil den rechtsseitigen Gang ... ... und dann schräg hin und ziemlich steil den rechtsseitigen Hang ...

[S. 269]: ... Humanität überhaupt, alte Menschenwürde, Menschenachtung ... ... Humanität überhaupt, alle Menschenwürde, Menschenachtung ...

[S. 303]: ... wie sie sich anspielen.“ Und wie vorhin begann er sein Klopfen. ... ... wie Sie sich anspielen.“ Und wie vorhin begann er sein Klopfen. ...

[S. 330]: ... Wir wollen hoffen, daß sie bei Ihrem Mann im Osten wieder ... ... Wir wollen hoffen, daß sie bei ihrem Mann im Osten wieder ...

[S. 353]: ... Palmzweige auf dem Vorderdeckel. Dieser nun, so bemerkte ... ... Palmzweigen auf dem Vorderdeckel. Dieser nun, so bemerkte ...

[S. 383]: ... Wunsch in ihm gezeitigt hätten, des Rausches ledig zu werden. ... ... Wunsch in ihm gezeitigt hätte, des Rausches ledig zu werden. ...