Manuel de synonymie Latine

Part 4

Chapter 43,498 wordsPublic domain

Cæteri. Reliqui. *Cæteri*, les autres, par opposition aux premiers nommés, comme οἱ ἄλλοι; l’opposition est fortement marquée; *reliqui*, le reste, comme simple complément du tout, οἱ λοιποί. Cic. Brut. 2, 6. Si viveret Hortensius, *cætera* fortasse desideraret una cum *reliquis* bonis civibus; hunc aut præter *cæteros* aut cum paucis sustineret dolorem. Si Hortensius vivait, il partagerait sans doute les autres privations avec le reste des bons citoyens; mais une douleur qu’il aurait de plus que les autres citoyens ou qu’on n’aurait guère avec lui serait...

—Calamitas, v. *Infortunium*. —Calculus, v. *Saxum*. —Calamus, v. *Culmus*.

Calere. Fervere. Æstuare. Calefacere. Fovere. 1. *Calere* et *fervere*, il fait chaud, il fait très-chaud, désignent la chaleur même: *calidus*, dont l’opposé est *frigidus*, un degré de chaleur modéré; *fervidus*, dont l’opposé est *gelidus*, le degré du point d’ébullition. *Æstuare*, dont l’opposé est *algere*, désigne la sensation que la chaleur fait éprouver, comme avoir chaud.

2. *Calefacere*, chauffer, au sens purement physique, sans idée accessoire; *fovere*, chauffer, avec allusion à la sensation agréable ou à l’effet bienfaisant de la chaleur.

—Caligo, v. *Obscurum*. —Calix, v. *Poculum*. —Callidus, v. *Astutus* et *Sapiens*. —Callis, v. *Iter*. —Campus, v. *Equus* et *Villa*.

Candela. Lucerna. *Candela*, chandelle que l’on peut porter comme une torche, λαμπάς; *lucerna*, lumière qui brûle sur une table et qu’on ne saurait se représenter autrement.

—Candidus, v. *Albus*.

Canere. Cantare. Psallere. Canticum. Cantilena. Carmen. Poema. Poeta. Vates. 1. *Canere*, terme général, faire de la musique, *canere voce*, *tibiis*, *fidibus*, μέλπειν; *cantare* se dit de la musique vocale, ἀείδειν; *psallere*, de la musique instrumentale exécutée avec des instruments à cordes.

2. *Cantica* et *cantilenæ*, compositions exclusivement destinées à être chantées, dans lesquelles les paroles et la mélodie sont inséparables, comme dans les chants populaires, et qui servent d’expression à la joie et aux plaisirs de la vie, par opposition au discours, au langage parlé: *canticum*, chanson favorite qui égaye; *cantilena*, chanson rebattue qui a perdu le charme de la nouveauté et n’est plus qu’une vieillerie. *Carmina* et *poemata*, poésies susceptibles d’être chantées, mais dont les paroles sont une œuvre d’art, ayant une valeur propre, et qui sont consacrées à la religion ou au dieu des vers, par opposition à la prose et à la vérité pratique. *Carmina*, dans sa signification primitive, désigne des chants religieux, ἐπῳδαὶ, et par extension d’autres poésies, surtout de petites pièces et des morceaux lyriques, comme ᾠδαί; *poemata*, des productions d’un art avancé, de longs poèmes, la plupart du temps épiques ou tragiques, comme ποιήματα. Le *carmen* est le fruit d’une inspiration naïve; le *poema*, d’une inspiration qui se connaît et se maîtrise.

3. *Poeta*, terme savant, technique, ne fait voir dans le poète que l’artiste; *vates*, terme religieux qui appartient à la vieille langue latine, le présente comme une personne sainte.

—Canna, v. *Culmus*. —Cantare, v. *Canere*. —Canterius, v. *Equus*. —Canticum, cantilena, v. *Canere*.

Caper. Hircus. Hædus. *Caper*, terme général, nom du bouc en histoire naturelle, τράγος; *hircus*, vieux bouc qui a toute sa croissance; *hœdus*, *hædus*, jeune bouc, ἔριφος.

—Capere, v. *Sumere*. —Capillus, v. *Crinis*. —Carcer, v. *Custodia*.

Carere. Egere. Indigere. 1. *Carere* se rapporte à ce qu’on souhaite de posséder, c’est être privé de quelque chose, s’en passer, par opposition à *habere*; *egere* et *indigere* se rapportent à ce qu’il nous faut absolument et dont nous ne pouvons pas nous passer, comme avoir besoin, par opposition à *abundare*. Sen. V. B. 7. Voluptate virtus sæpe *caret*, nunquam *indiget*. Le plaisir a beau fuir la vertu, elle n’en est jamais en peine. Ep. 9. Sapiens *eget* nulla re; *egere* enim *necessitatis* est. Le sage n’a aucun besoin, car qui dit besoin dit nécessité. Cic. Ep. ad Qu. Fr. I, 3, 2. Nunc commisi ut me vivo *careres*, vivo me aliis *indigeres*. Je t’ai donc imposé de mon vivant des privations, réduit de mon vivant à dépendre des autres.

2. *Egere* marque le besoin même, par opposition à *uti*; *indigere*, le sentiment pressant du besoin et le vif désir de le voir satisfait.

—Caritas, v. *Diligere*. —Carmen, v. *Canere*. —Carnifex, v. *Homicida*.

Caro. Pulpa. Viscera. Exta. Intestina. Ilia. 1. *Caro*, la chair en général, comme substance, par opposition à la graisse, aux nerfs, aux muscles; *pulpa*, terme particulier pour la chair qui se mange et qui a du goût, par opposition aux os; *viscera*, toutes les chairs et parties charnues comprises entre la peau et les os.

2. *Viscera*, au sens restreint, désigne toutes les parties internes du corps; *exta*, les parties molles de la poitrine, comme le cœur, les poumons; *intestina*, *interanea* et *ilia*, les parties molles du ventre, surtout les intestins: *intestina*, et après le siècle d’Auguste, *interanea*, les intestins considérés comme organes de la digestion; *ilia*, tout ce qui se trouve dans l’abdomen, et particulièrement les parties mangeables.

Cassis. Galea. Cudo. *Cassis*, *cassida*, casque de métal; *galea*, casque de peau et à proprement parler de peau de belette; *cudo*, casque de forme inconnue. Tac. G. 6. Paucis loricæ; vix uni alterive *cassis* aut *galea*. Un petit nombre de cuirasses; à peine un ou deux casques de métal ou de peau.

—Cassis, v. *Rete*. —Castigatio, v. *Vindicta*.

Castus. Pudicus. Pudens. Pudibundus. 1. *Castus* représente la chasteté comme une vertu innée, pur, innocent; *pudicus*, comme une vertu morale, pudique, modeste.

2. *Pudicus*, *pudicitia*, la modestie naturelle, la peur de paraître nu aux yeux des autres, et l’esprit de chasteté qui en est la suite au point de vue exclusif des rapports des deux sexes, la pudicité; *pudens*, *pudor*, la modestie en général, la peur de se faire voir sous un jour fâcheux et de s’exposer au mépris, le sens de l’honneur. Cic. Catil. II, 11, 25. Ex hac parte *pudor* pugnat, illinc petulantia; hinc *pudicitia*, illinc stuprum. La modestie est aux prises avec l’effronterie, la pudeur avec la débauche.

3. *Pudicus* et *pudens* s’entendent de la modestie à l’état de qualité permanente; *pudibundus*, d’un accès de modestie.

4. La modestie, *pudor*, procède de l’estime de soi-même, on ne veut point se compromettre aux yeux des autres; la délicatesse, *verecundia*, procède de l’estime qu’on a pour les autres, on ne veut donner aucun sujet de scandale à ceux qu’on estime.

Casu. Forte. Fortuito. Fortasse. Forsitan. Haud scio an. *Casu*, *forte* et *fortuito*, marquent les chances diverses: *casu*, la chance inattendue, par accident, par concours de circonstances, il est opposé à *consulto*, συμϐεϐηϰότως; *forte*, la chance ordinaire, par hasard, τυχόν; *fortuito*, *fortuitu*, qui sont emphatiques, la chance extraordinaire, par pur hasard, ἀπὸ τύχης; ils ont pour opposé *causa*. *Fortasse*, *forsitan* et *haud scio an* marquent une éventualité: *fortasse* et *fortassis*, quand on reconnaît et qu’on affirme la possibilité: peut-être et même vraisemblablement: ils se construisent avec l’indicatif, ἴσως; *forsitan*, *forsan*, quand on admet simplement la possibilité: après tout, il est possible: ils se joignent au subjonctif, τάχ᾽ ἄν; *haud scio an*, quand on feint par modestie de ne pas être sûr de son fait, qu’on restreint l’affirmation par euphémisme. *Fortasse verum est* et *forsitan verum sit* veulent dire: la chose est vraie peut-être, peut-être aussi ne l’est-elle pas; mais *haud scio an verum sit*: je la tiens pour vraie, mais sans vouloir la donner pour certaine.

Casus. Fors. Fortuna. Fors fortuna. Fatum. 1. *Casus* présente le hasard comme un fait brutal qui ne se rattache ni aux calculs de l’homme, ni à des causes connues, συμφορά; *fors*, comme une sorte d’être fabuleux qui influe sur les choses humaines sans dessein et sans but, sans autre fin, pour ainsi dire, que de taquiner les mortels et de confondre leurs calculs, τύχη.

2. *Fors*, pris comme un vrai personnage mythologique, c’est le même hasard sous les traits d’un bonheur aveugle; *fortuna*, c’est le bonheur qui n’est ni aveugle ni étourdi, qui intervient dans la marche des affaires humaines pour accorder ou refuser sa faveur; enfin, *fors fortuna* est une chance heureuse, ἀγαθὴ τύχη.

3. Tous ces êtres sont en opposition avec les *dii* et le *fatum* qui amènent ou détournent un événement non par humeur et caprice, mais par des motifs plus élevés, les *dii*, selon les lois appréciables de la morale, selon le mérite et la dignité, selon le droit et l’équité; le *fatum*, selon les lois mystérieuses de l’ordre éternel qui préside à l’univers, comme l’εἰμαρμένη, la μοῖρα. Tac. Hist. IV, 26. Quod in pace *fors* seu natura, tunc *fatum* et ira *deorum* vocabatur. En temps de paix, on aurait appliqué à ces faits les noms de hasard et d’accidents naturels; on n’avait plus maintenant à la bouche que les mots de fatalité et de colère divine.

—Catenæ, v. *Vincula*.

Caterva. Cohors. Agmen. Grex. Globus. Turba. *Caterva*, *cohors* et *agmen*, multitude assemblée en bon ordre: *caterva*, en masse qui constitue un tout, comme par exemple un bataillon; *cohors*, sous forme d’escorte et de cortége autour d’un chef; *agmen*, en procession solennelle. *Turba*, *grex* et *globus*, multitude réunie sans ordre: *grex*, sans aucun arrangement; *turba*, avec une idée accessoire de désordre et d’embarras; *globus*, en foule qui se presse, se gêne et aboutit à former le cercle, chacun cherchant à gagner le centre.

—Catus, v. *Sapiens*. —Caupona, v. *Deversorium*. —Causidicus, v. *Advocatus*. —Cautes, v. *Saxum*. —Caverna, v. *Specus*. —Cavillator, v. *Lepidus*.

Celare. Occulere. Occultare. Clam. Abdere. Condere. Abscondere. Recondere. 1. *Celare*, verbe abstrait, comme céler, tenir secret, ϰεύθειν, par opposition à *fateri*, il est synonyme de *reticere*; *occulere*, *occultare*, verbes concrets, comme cacher, ϰρύπτειν, par opposition à *aperire*, ils sont synonymes d’*obtegere*. Les *celanda* restent inconnus hors le cas de trahison; les *occultanda* seraient exposés à tous les regards si l’on manquait de prévoyance et de précaution.

2. *Clam* et *clanculum* signifient de même secrètement, par opposition à *palam*; occulte, en cachette, par opposition à *aperte*.

3. *Occulere* se dit de toutes les manières de cacher, mais *occultare*, c’est cacher avec soin ou même avec sollicitude, et ce dernier verbe ne peut pas plus trouver place dans les propositions négatives que *redolere* et autres, aussi forts de sens.

4. *Occultare* couvrir d’un voile quelconque pour soustraire à la vue; *abdere*, *condere* et *abscondere*, dérober les choses à la vue en les éloignant: *abdere*, en les mettant simplement de côté, hors du chemin, comme ἀποϰρύπτειν; *condere*, en les rangeant à leur place et en les serrant, comme ϰαταϰρύπτειν; *recondere*, en les gardant avec un soin extrême; *abscondere*, en les gardant après les avoir mises à l’écart.

Celeber. Inclytus. Clarus. Illustris. Nobilis. *Celeber* et *inclytus*, termes généraux pour signifier la célébrité, surtout en parlant des choses, et qui ne s’appliquent guère aux personnes que chez les poëtes; *clarus*, *illustris* et *nobilis* ont particulièrement rapport à la politique: *clarus*, célèbre par des services éminents rendus à la patrie; *illustris*, considéré à cause de son rang et de sa fortune; *nobilis*, qui appartient à une famille dont les membres ont déjà occupé de hautes positions dans l’État.

—Celebrare, v. *Sæpe*. —Celer, v. *Citus*. —Celox, v. *Navigium*. —Celsus, v. *Altus*.

Censere. Judicare. Arbitrari. Æstimare. Opinari. Putare. Reri. Autumare. Existimare. Credere. 1. *Censere*, *judicare*, *arbitrari*, *æstimare*, émettre un avis à titre d’autorité compétente et commise à cet effet: *censere*, comme censeur ou comme sénateur votant; *judicare*, comme juge qui rend un arrêt; *arbitrari*, comme arbitre; *æstimare*, comme taxateur ou commissaire-priseur. *Opinari*, *putare*, *reri* et *existimare*, émettre une opinion comme simple particulier, en son propre et privé nom: *opinari* exprime un simple sentiment/ou un pressentiment, par opposition à la conviction claire et nette et à la certitude, comme croire; *putare*, le résultat d’un calcul; *reri* est une expression poétique; *autumare*, un mot vieilli.

2. *Æstimare* présente l’avis à donner sous l’aspect d’un devoir de police rempli par un véritable taxateur, estimer quelque chose, au propre ou au figuré, d’après son prix et sa valeur en argent; *existimare*, sous l’aspect d’un devoir de morale, estimer une chose par sa valeur intrinsèque ou par ce qu’elle a de vrai. Cicéron n’oppose comme opinion particulière au jugement de l’autorité compétente, *judicio*, que l’*existimatio*, jamais l’*æstimatio*.

3. *Censere*, etc., présentent l’opinion et la croyance comme basées sur des réflexions et sur une conviction personnelles; *credere*, comme basées sur la confiance qu’on accorde au témoignage d’autrui. Sen. Tranq. 11. Non *putavi* hoc futurum, nunquam hoc eventurum *credidissem*, à savoir: si quis mihi prædixisset. Cela n’entrait pas dans mes prévisions; je n’aurais jamais cru que cela pût arriver (même si on me l’avait prédit).

4. *Opinor*, employé sous forme de parenthèse est une formule de modestie, comme οἶμαι, à ce que je crois; *credo* est une formule d’ironie, comme ὡς ἔοιϰεν. Ce dernier peut signifier: 1º je l’imagine bien, j’imagine, dans des affirmations qui vont d’elles-mêmes, et l’ironie tombe alors soit sur celui auquel il faut dire ou répéter les choses, soit sur celui qui paraîtrait tenté d’avoir quelque doute; 2° oui, je le crois, ou: ne devrait- on pas croire? à propos d’affirmations absurdes qu’on se juge autorisé à prêter aux autres et à placer dans leur bouche; 3º je le crois, naturellement, cela se conçoit, à propos de propositions évidentes, quand on demande pour ainsi dire la permission de ne pas les commenter.

—Cernere, v. *Videre*. —Cerritus, v. *Amens*. —Certare, v. *Imitatio*. —Cessare, v. *Vacare* et *Cunctari*.

Chorda. Fides. *Chorda*, la corde isolée; *fides* exprime toujours au singulier comme au pluriel une idée collective, c’est la garniture entière ou l’instrument même.

—Cibare, cibus, v. *Alimenta*. —Cicatrix, v. *Vulnus*.

Cicur. Mansuetus. *Cicur*, apprivoisé au sens purement physique, terme de classification en histoire naturelle, par opposition à *ferus*; *mansuetus*, apprivoisé au sens moral, lequel suppose un adoucissement de caractère, par opposition à *sævus*.

—Cincinnus, v. *Crinis*. —Circulus, v. *Orbis*. —Circumire, v. *Ambire*. —Circumvenire, v. *Fallere*. —Cirrus, v. *Crinis*.

Citus. Celer. Velox. Pernix. Properus. Festinus. 1. *Citus* et *celer* s’entendent d’un mouvement rapide, par opposition à *tardus*, il s’agit simplement de vitesse; *velox* et *pernix*, opposés à *lentus*, se disent de l’agilité due à la force du corps et développée par l’exercice, par l’art; *properus* et *festinus*, de la hâte, de la volonté d’atteindre un but dans le moins de temps possible, par opposition à *segnis*.

2. *Citus* marque un mouvement prompt et vif, il se rapproche de *vegetus*; *celer*, un mouvement violent et entraînant, il se rapproche de *rapidus*.

3. *Pernicitas*, c’est en général l’agilité et la prestesse dans tous les exercices du corps, saut, escalade, voltige; *velocitas*, c’est par préférence la vitesse à la course, au vol, à la nage. Plaut. Mil. III, 1, 36. Clare oculis video, *pernix* sum manibus, pedibus mobilis. J’ai des yeux qui voient clair, des mains lestes, des pieds qui ne tiennent pas en place. Virg. Æn. IV, 180. Famam pedibus *celerem* et *pernicibus* alis. La Renommée dont la course est rapide et le vol agile. Curt. VII, 7, 53. Equorum *velocitati* par est hominum *pernicitas*. L’agilité des hommes égale la vitesse des chevaux.

4. *Properus*, *properare* marquent la hâte d’aller droit au but à force d’énergie, elle est opposée au laisser-aller, à *cessare*; *festinus*, *festinare*, la hâte qui provient d’impatience et qui est voisine de la précipitation.

—Civilitas, v. *Humanitas*. —Civitas, v. *Gens*. —Clam, v. *Celare*. —Claritas, v. *Gloria*. —Clarus, v. *Celeber*. —Claustrum, v. *Sera*. —Clementia, v. *Mansuetudo*. —Clivus, v. *Collis*. —Codicilli, v. *Litteræ*. —Clypeus, v. *Scutum*.

Clangere. Clamare. Vociferari. *Clangere* se dit du cri des animaux et du son des instruments, comme ϰλάγγειν; *clamare* et *vociferari*, du cri de l’homme: *clamare* est l’expression de la volonté; *vociferari*, celle de la passion dans la colère, la douleur, l’ivresse. Rhet. ad Her. III, 12. Acuta *exclamatio* habet quiddam illiberale et ad muliebrem potius *vociferationem*, quam ad virilem dignitatem in dicendo accommodatum. Des éclats de voix aigus ont quelque chose de bas; cela est bon pour des femmes qui criaillent, mais indigne d’un orateur. Virg. Æn. II, 310. Exoritur *clamor*que virûm *clangor*que tubarum. Les cris des hommes, le son des trompettes s’élèvent jusqu’à moi.

—Cœnum, v. *Lutum*. —Cœpisse, v. *Incipere*.

Coercere. Compescere. *Coercere* se dit d’un acte de compression par force et abus de pouvoir; *compescere*, d’un acte de répression par autorité et sagesse.

—Cœtus, v. *Concilium*.

Cogere. Adigere. *Cogere*, obliger à quelque chose par contrainte et par force; *adigere*, déterminer à quelque chose par des motifs qui donnent à réfléchir. Tac. Ann. VI, 27. Se ea necessitate ad preces *cogi*, per quas consularium aliqui capessere provincias *adigerentur*. Dans cette extrémité il se voyait contraint de recourir aux prières pour engager des consulaires à se charger du gouvernement des provinces.

Cogitare. Meditari. Commentari. 1. *Cogitare* se dit de l’activité habituelle de l’esprit qui est toujours occupé d’une chose ou d’une autre; *meditari*, de l’activité d’esprit surexcitée, de l’effort qui tend vers un résultat déterminé. Le premier équivaut à penser, le second à penser à quelque chose. Ter. Heaut. III, 3, 46. Quid nunc facere *cogitas*? C’est-à-dire qu’as-tu en tête à présent? Comparez avec Adelp. V, 6, 8. *Meditor* esse affabilis, c’est-à-dire: je songe aux moyens d’être aimable. Dans les Tusculanes (III, 6,) *cogitatio* ne désigne guère que la pensée qui a conscience d’elle-même; *meditatio* désigne la réflexion, la spéculation.

2. *Meditari* s’emploie pour marquer l’intensité, c’est méditer sérieusement, avec effort, avec ardeur; *commentari* (dans Cicéron seulement), pour marquer la durée, méditer à loisir, avec calme, à fond.

—Cognatus, v. *Necessarius*.

Cognitio. Notitia. Scientia. Ignarus. Inscius. Nescius. 1. *Cognitio*, acte par lequel l’esprit acquiert une connaissance; *notitia* et *scientia*, état de l’esprit: *notitia* et *nosse* se disent d’un état dans lequel l’âme est passive et ne fait que recevoir des impressions, quand elle a conscience d’un phénomène extérieur et en conserve le souvenir; *scientia* et *scire* impliquent, comme le savoir, une certaine spontanéité et la conviction de la réalité des choses. La *notitia* peut se borner à des notions de rencontre; la *scientia* doit s’être rendu l’objet familier, l’avoir approfondi à force de travail. Cic. Sen. 4, 12. Quanta *notitia* antiquitatis! quanta *scientia* juris romani! Quelle pratique de l’antiquité! quelle science du droit romain!

2. L’*ignarus* ne possède pas cette *notitia*, l’*inscius* cette *scientia*. Tac. Hist. I, 11. Ægyptum provinciam *insciam* legum, *ignaram* magistratuum. La province d’Égypte qui n’est ni initiée à nos lois, ni façonnée à nos habitudes de gouvernement. La législation exige une étude en règle, tandis qu’on peut apprendre l’administration par la pratique.

3. *Inscius*, celui qui n’a rien appris ou qui n’a pas appris quelque chose, il y a lieu de blâmer; *nescius*, celui qui par hasard n’a pas entendu parler de quelque chose, n’en a pas fait l’expérience; le mot se prend indifféremment en bonne ou en mauvaise part. Cic. Brut. 83. *Inscium* omnium rerum et rudem. Ignare et brut. Comparez avec Plin. EP. VIII, 23. Absens et impendentis mali *nescius*. J’étais absent, je ne me doutais pas du malheur suspendu sur ma tête.

—Cognoscere, v. *Intelligere*. —Cohors, v. *Caterva*. —Colaphus, v. *Alapa*. —Colere, v. *Vereri*.

Collis. Clivus. Tumulus. Grumus. *Collis* et *clivus*, grande colline qui est une petite montagne: *collis*, ϰολωνὸς, hauteur, par opposition à la plaine qui est au-dessous, et, par suite colline assez raide; *clivus*, ϰλιτὸς, plan incliné, par opposition à la plaine horizontale, et, par suite, colline en pente douce. *Tumulus* et *grumus*, petite colline qui n’est qu’un gros tertre: *tumulus*, comme ὄχθος, tertre naturel ou artificiel, par exemple un tumulus; *grumus*, élévation exclusivement artificielle, faite de main d’homme, χῶμα. Colum. Arbor. vers la fin. *Collem* autem et *clivum* modum jugeri continentem repastinabis operis sexaginta. Vous emploierez soixante manœuvres à défricher sur une colline une pente de la contenance d’un arpent. Liv. XXI, 32. Erigentibus in primos agmen *clivos* apparuerunt imminentes *tumulos* insidentes montani. Quand les têtes de colonne de l’armée d’Annibal s’élevèrent sur les premières pentes des Alpes, elles découvrirent les montagnards établis sur les mamelons qui dominaient la route. Hirt. B. Hisp. Ex *grumo* excelsum *tumulum* capiebat. Il voulut quitter son tertre pour gagner une éminence qui commandait les environs.

—Colloquium, v. *Sermo*. —Colonus, v. *Incolere*. —Coluber, v. *Repere*. —Comburere, v. *Accendere*. —Coma, v. *Crinis*.

Comere. Decorare. Ornare. 1. *Comere* et *decorare*, parer, pour embellir et pour flatter la vue; *ornare*, orner en joignant l’utile à l’agréable.

2. *Comere* présente la parure comme une recherche minutieuse et efféminée, souvent avec une idée de blâme, comme *nitere*; il s’oppose à la nature, à une simplicité noble, à une négligence gracieuse, parer, ϰομμοῦν; *decorare* et *ornare* la présentent toujours sous un jour favorable, comme *splendere*, comme un signe d’aisance et de richesse: *decorare*, par opposition à ce qui est commun et n’a point d’apparence, embellir, ϰοσμεῖν; *ornare*, par opposition à ce qui est pauvre et incomplet, orner, ἀσϰεῖν.

3. L’idée contenue dans *comere* ne va pas au delà d’une question d’arrangement: on ajuste, on polit pour donner bonne mine, par exemple en peignant et tressant les cheveux; *decorare* et *ornare* supposent une addition matérielle; on emprunte des ornements extérieurs, par exemple, un diadème. Quintil. XII, 10, 47. *Comere* caput in gradus et annulos. Parer une tête de boucles disposées par étages. Et Virg. Ecl. VI, 69. Apio crines *ornatus* amaro. Linus, qui orne ses cheveux de fleurs et d’ache amère. ТIB. II, 2, 6. Sertis *decorare* comas. Relever de guirlandes la beauté des cheveux.

—Comissatio, v. *Epulæ*.

Comitari. Deducere. Prosequi. *Comitari*, accompagner, dans tous les sens, ἀϰολουθεῖν; *prosequi* et *deducere*, avec l’idée accessoire d’un témoignage d’estime ou d’amitié: le *prosequens* reconduit les gens comme le προπέμπων, soit jusqu’au bout, soit pendant une partie du chemin; le *deducens* les ramène chez eux ou les mène du moins au terme de leur voyage, comme le ϰατάγων, soit qu’il se mette à leur suite dès le départ ou seulement en route.

—Comitas, v. *Humanitas*. —Comitia, v. *Concilium*. —Commentari, v. *Cogitare*. —Committere, v. *Fidere*.

Commodare. Mutuum dare. *Commodare*, prêter sans formalités ni stipulations, à charge de restituer l’objet tel quel, fût-il usé; *mutuum dare*, faire un prêt avec ou sans intérêt, à charge de rendre au bout d’un certain temps l’équivalent du prêt. La *commodatio* est un service rendu par affection, la *mutuum datio* est une affaire.