Manuel de synonymie Latine

Part 3

Chapter 33,480 wordsPublic domain

2. *Returare*, donner accès par une ouverture qui était bouchée; *recludere*, par une ouverture fermée à clef; *reserare*, paг une ouverture fermée au verrou.

3. *Aperte*, ouvertement et sans se cacher, en sorte que tout le monde puisse apprendre et savoir les choses, par opposition à *occulte*, comme φανερῶς; *palam*, publiquement et sans secret, en sorte que tout le monde puisse voir et entendre, comme ἀναφανδόν; *manifesto*, manifestement, de manière à rendre superflues les recherches, les conjectures, le secours et l’effort des sens et de l’esprit, comme δῆλον.

4. *Palam* marque qu’on expose les choses à la vue du public par effronterie; *propalam*, par dessein prémédité. Cic. Orat. I, 35. Neque proposito argento neque tabulis et signis *propalam* collocatis, c’est-à-dire à l’admiration de tout le monde. Comparez avec Pis. 36. Mensis *palam* propositis, c’est-à-dire effrontément et sans gêne.

Apparet. Eminet. *Apparet* se dit de ce qui est visible à l’observation; *eminet*, de ce qui se fait remarquer de soi-même et saute aux yeux. Sen. Ir. I, 1. *Apparent* alii affectus, hic (scil. iræ) *eminet*. Les signes des autres passions sont visibles, ceux de la colère sont frappants.

—Apparet, v. *Constat*. —Appellare, v. *Alloqui* et *Nominare*. —Aptus, v. *Idoneus*.

Aqua. Unda. Fluctus. Fluentum. 1. *Aqua*, l’eau prise comme matière élémentaire, par opposition à *terra*; *unda*, l’élément liquide toujours en mouvement, par opposition à *solum*; *lympha*, simple synonyme poétique d’*aqua*, avec l’idée accessoire d’une belle eau claire, sens fondé sur une ressemblance fortuite de son avec la première syllabe de l’adjectif *limpidus*, qui n’a point la même racine.

2. *Unda* est un intermédiaire entre *aqua* et *fluctus*, comme *aura* entre *aer* et *ventus*. Car *unda* désigne comme onde l’eau qui semble se mouvoir d’elle-même, mais *fluctus* et *fluenta*, le flot, l’eau agitée par quelque cause extérieure, comme une tempête: *fluctus*, en général, c’est la mer avec ses flots; *fluentum*, la vague isolée. La mer orageuse, le torrent impétueux, roulent seuls des *fluctus*, mais toute eau qui n’est pas stagnante a des *undas*. Aussi y a-t-il une grande différence entre ces deux images dans Cic. Mil. 2, 5. Tempestates et procellas in illis duntaxat *fluctibus* concionum semper putavi Miloni esse subeundas, c’est-à-dire dans les assemblées orageuses et agitées du peuple; et Planc. 6, 15. Si campus atque illæ *undæ* comitiorum, ut mare profundum et immensum, sic effervescunt quodam quasi æstu, c’est-à-dire les réunions populaires faciles à émouvoir. Sen. N. Q. III, 10. Quid si ullam *undam* superesse mireris tot *fluctibus* fractis? Étonnez-vous plutôt qu’il reste des ondes à la mer pour venir remplacer au rivage tant de flots qui s’y sont brisés. Et IV, 2. Nec mergit cadens *unda*, sed planis aquis tradit. Et l’onde ne les submerge pas dans sa chute, elle les lance sur des eaux immobiles.

—Aquosus, v. *Udus*. —Arbitrari, v. *Censere*.

Arcana. Secreta. Mysteria. *Arcana* et *mysteria*, les secrets envisagés par leur côté honorable, ceux qui tirent d’eux-mêmes leur raison d’être, qui tiennent à la nature des choses et qui méritent à ce titre d’inspirer un saint respect; *arcana* est d’ailleurs un terme populaire pour toute sorte de secrets; *mysteria*, un terme savant pour les secrets religieux comparables aux mystères d’Éleusis; enfin, *secreta*, les secrets, au sens le plus vulgaire, ceux qui ont une origine purement humaine, en parlant des choses qu’on tient cachées par crainte. Tac. I, 6. Sallustius Crispus particeps *secretorum*... monuit Liviam ne *arcana* domus vulgarentur. Sallustius Crispus, pour qui Tibère et Livie n’avaient rien de caché, engagea Livie à ne plus livrer au public les augustes secrets de la famille impériale.

Arcere. Prohibere. *Arcere*, repousser et empêcher d’entrer, par opposition à *admittere*; *prohibere*, tenir éloigné et empêcher d’approcher, par opposition à *adhibere*. L’*arcens* se tient sur la défensive, comme le *resistens*, et agit par sollicitude pour la personne menacée; le *prohibens* prend l’offensive, comme le *propulsans*, et agit par inimitié contre l’agresseur.

Arcessere. Accire. Evocare. Accersere. 1. *Arcessere* et *accersere*, termes généraux, signifient simplement faire venir; *accire*, inviter, suppose qu’on s’adresse à un égal; *evocare*, mander, à un inférieur. L’*arcessens* pousse à se présenter, l’*acciens* engage, l’*evocans* ordonne. Cic. Att. V, 1. Tu invita mulieres, ego *accivero* pueros. Chargeons-nous, toi de prier les femmes, moi d’inviter les jeunes gens. Comparez avec Dej. 5. Venit vel rogatus ut amicus, vel *arcessitus* ut socius, vel *evocatus* ut qui senatui parere didicisset. Il s’est présenté ou en ami dont on souhaitait l’arrivée, ou en allié qu’on faisait venir, ou en sujet mandé par le sénat et dressé à lui obéir. Liv. X, 19. *Collegæ* auxilium quod *acciendum* ultro fuerit. Le secours de son collègue qu’il aurait dû demander sans façon. Comparez avec XLIV, 31. *Evocati* litteris imperatoris. Mandés par un ordre écrit du général. Et XXXIX, 11. Æbutia *accita* ad Sulpiciam venit. Ebutia vint trouver Sulpicie comme elle l’en avait priée. Mais 12. Ut Hispalam libertinam *arcesseret* ad sese. Afin de faire venir l’affranchie Hispala.

2. *Arcessere* signifiait primitivement pousser à venir; *accersere*, à accourir en toute hâte; mais la ressemblance de son a fait confondre les deux mots.

—Arctus, v. *Angustus*.

Ardere. Flagrare. *Ardere*, brûler comme un brasier, αίθειν; *flagrare*, être en flammes, comme φλέγεσθαι. Au figuré, *ardere* marque une passion qui couve; *flagrare*, une passion qui éclate. Cic. Or. III, 2, 8. Non vidit Crassus *flagrantem* bello Italiam, non *ardentem* invidia senatum. Crassus n’a vu ni l’Italie dévorée par les flammes de la guerre, ni le sénat consumé par le feu de la jalousie.

Arduus. Difficilis. *Arduus*, difficile à atteindre, par opposition à *pronus*; *difficilis*, à exécuter, par opposition à *facilis*. *Arduus* est d’ailleurs le terme le plus fort et marque une difficulté voisine de l’impossibilité. Plin. Ep. VI, 17. Est enim res difficilis, *ardua*. La chose est pleine de difficultés et d’obstacles. Tac. H. II, 76. Æstimare debent an quod inchoatur, reipublicæ utile, ipsis gloriosum aut *promptum effectu*, aut certe non *arduum* sit. Tous ceux qui osent former de grands desseins sont tenus d’examiner si leur entreprise est utile à la république, si elle paraît d’une exécution facile, ou du moins si elle ne présente pas trop d’obstacles. Cic. Verr. I, 51. Cum sibi omnes ad illum allegationes *difficiles*, omnes aditus *arduos* ac pæne *interclusos* viderent. Voyant les difficultés qu’il y avait pour eux à faire parvenir une députation jusqu’à lui, toutes les voies hérissées d’obstacles et pour ainsi dire barrées.

—Arduus, v. *Altus*. —Arena, v. *Sabulo*.

Arguere. Incusare. Culpare. Criminari. Insimulare. Deferre. Accusare. *Arguere*, terme général pour toutes les manières de mettre au jour une faute supposée ou réelle par devant la justice ou ailleurs, incriminer; *incusare* et le terme rare de *culpare* ne marquent qu’une accusation extrajudiciaire; *criminari*, accuser avec des sentiments d’hostilité ou de méchanceté, en noircissant; *insimulare*, accuser faussement, sans reculer devant la calomnie, rendre suspect; *deferre*, dénoncer au juge; *accusare*, accuser au criminel. Cic. Lig. IV, 10. *Arguis* fatentem. Non est satis. *Accusas* eum. Il avoue, et tu l’incrimines. Tu ne t’en tiens pas là. Tu le poursuis devant les juges criminels.

Aridus. Torridus. Siccus. *Aridus* et *torridus* marquent une privation de sucs: les *arida* ont perdu leur humidité naturelle par l’effet d’un feu qui agit à l’intérieur; l’équivalent grec est αὖος, l’opposé *humidus*; les *torrida*, par l’effet d’une chaleur qui agit du dehors au dedans; ils ont pour opposé *uvidus*, comme σϰληρός; *siccus* ne marque qu’une sécheresse extérieure, limitée à la surface, par opposition à *madidus*, comme ξηρός. Plin. H. N. XII, 12. Ne sint fragilia et *arida* potius quam *sicca* folia. De peur que les feuilles ne soient cassantes et tout à fait desséchées, au lieu d’être simplement sèches. Et XV, 29: Cato docuit vinum fieri ex nigra myrta *siccata* usque in *ariditatem* in umbra. Caton a enseigné qu’on peut fabriquer du vin avec les baies de myrte noir qu’on fait sécher à l’ombre jusqu’à ce que la dessiccation soit parfaite.

—Arista, v. *Culmus*. —Armentum, v. *Pecus*.

Armus. Humerus. Ala. Axilla. *Armus*, le sommet du bras chez l’homme, de la jambe de devant chez les animaux, mais partie du corps entier à la différence de *scapula*, l’omoplate, qui n’est qu’une partie du squelette, ὦμος; *humerus*, la surface plane qui existe chez l’homme au- dessus du bras, l’épaule, ἐπωμίς; *ala* et *axilla*, le creux qui se forme sous le bras, l’aisselle, μασχάλη. Ovid. Met. XII, 396. Ex *humeris* medios coma dependebat in *armos*. Des épaules, sa chevelure descendait jusqu’au-dessous de la naissance des jambes. (Il s’agit du centaure Cyllarus.)

—Arrogantia, v. *Superbia*. —Artes, v. *Litteræ*. —Artifex, v. *Faber*. —Artus, v. *Membrum*. —Arundo, v. *Culmus*. —Arvum, v. *Villa*.

Ascia. Securis. *Ascia*, la hache du charpentier pour débiter le bois; *securis*, le couperet du boucher pour dépecer la viande.

—Asper, v. *Horridus*. —Aspernari, v. *Spernere*.

Assentiri. Assentari. Blandiri. Adulari. 1. *Assentiri*, donner son assentiment par conviction; l’opposé est *dissentire*; *assentari*, exprimer son assentiment, que ce soit par conviction ou par hypocrisie, l’opposé est *adversari*.

2. *Assentari* désigne la flatterie qui a horreur de contredire, comme θωπεύειν; *blandiri*, celle qui fait dire des choses agréables, comme ἀρεσϰεύειν; *adulari*, celle qui cherche à plaire en s’abaissant, comme ϰολαϰεύειν. Entre flatteurs, l’*assentans* recherche la faveur d’autrui en résignant son droit à toute opinion indépendante; le *blandiens*, par des complaisances et des marques visibles d’affection; l’*adulans*, en s’abaissant et en donnant des marques d’un indigne respect. L’*assentatio*, ou l’art de celui qui dit toujours oui, procède de lâcheté ou de sottise; les *blanditiæ* ou cajoleries procèdent avant tout de l’envie de paraître aimable, et au pis aller de l’égoïsme; l’*adulatio* ou la flatterie, la flagornerie, ϰολαϰεία, de sentiments bas, bons pour des esclaves ou des chiens. Sen. Ir. III, 8. Magis adhuc proderunt submissi et humani et dulces, non tamen usque in *adulationem*, nam iracundos nimia *assentatio* offendit. Erat certe amicus... cui non magis tutum erat *blandiri* quam maledicere. Un commerce plus profitable pour vous, tant que vous en serez là, c’est celui des personnes respectueuses, polies, douces, sans descendre jusqu’à l’adulation, car une complaisance excessive choque les tempéraments colériques. Je possédais en ce genre un ami qu’il n’y avait pas plus de sûreté à choyer qu’à rudoyer. Et II, 28. Sæpe *adulatio* dum *blanditur* offendit. L’adulation, en voulant complaire, s’expose à choquer.

—Asseverare, v. *Dicere*. —Assiduitas, v. *Opera*. —Astrum, v. *Stella*.

Astutus. Callidus. Vafer. Versutus. *Astutus*, en vieux latin *astus*, et *callidus* s’entendent de la finesse au sens intellectuel; c’est une variété de la prudence: *astutus* se dit de la sagacité qui invente et dirige des menées secrètes; il est synonyme de *solers*, rusé; *callidus* se dit de la pénétration qui débrouille les affaires embarrassées, de la prudence pratique qui provient de la connaissance des hommes et de l’expérience du monde; il est synonyme de *rerum peritus* et signifie, par corruption, délié, comme ϰερδαλέος. *Vafer* et *versutus* désignent la finesse par son côté immoral, comme un effet de l’improbité: *vafer* caractérise l’adresse à créer des difficultés, surtout en justice, en fait de chicanes d’avocat, comme madré, πανοῦργος; *versutus*, la prestesse dans l’art de se déguiser, de se tirer d’embarras par tous les moyens, retors, comme στροφαῖος; il a pour opposé simplex. Plin. Ep. VII, 6. Juvenis ingeniosus sed parum *callidus*. Jeune homme qui a de l’esprit naturel, mais qui n’est guère avisé. Cic. Brut. 48. *Callidus* et in capiendo adversario *versutus*. Avisé et même retors quand il s’agit d’embarrasser un adversaire.

Ater. Niger. Pullus. 1. *Ater*, le noir considéré comme une négation de la couleur, par opposition à *albus*; *niger*, le noir comme étant une couleur par lui-même et la plus foncée de toutes, par opposition à *candidus*. L’*atrum* ne cause qu’une impression triste et sombre; le *nigrum* produit une impression sévère et imposante qui se concilie avec la beauté, comme dans Hor. Carm. I, 32, 11. Lycum *nigris* oculis *nigro*que crine decorum. Lycus paré de ses yeux noirs et de ses cheveux noirs. Tac. G. 43. *Nigra* scuta, tincta corpora, *atras* ad prælia noctes legunt. Ils ont des boucliers noirs, ils se peignent le corps, ils choisissent pour leurs attaques des nuits sombres.

2. *Ater* et *niger*, le noir parfait, foncé, *pullus*, le brun qui tire sur le noir; ce dernier rappelle la parenté qui existe entre une couleur sombre et la malpropreté.

—Atque, v. *Et*.

Atrox. Trux. Truculentus. Dirus. Sævus. Torvus. 1. *Atrox*, *trux* et *truculentus* se disent de ce qui a un extérieur effrayant, de ce qui fait sur l’imagination, sur les yeux et les oreilles une impression terrible, comme épouvantable: *atrox* marque une qualité des choses; *trux* et *truculentus*, des qualités personnelles. *Dirus* et *sævus* se disent de ce qui est vraiment terrible et dangereux: *dirus*, par essence, par une propriété des choses, effroyable, δεινὸς, mais *sævus*, par caractère, par une qualité propre à des êtres animés, sanguinaire, cruel, αἰνός. Plin. Pan. 53. *Atrocissima* effigies *sævissimi* domini. L’image effroyable du plus cruel des maîtres. Mela. II, 7. Ionium pelagus... *atrox*, *sævum*, c’est-à-dire qui a un aspect menaçant et ne cause d’ailleurs que trop de malheurs.

2. *Trux* désigne uu regard, une voix épouvantable par leur côté héroïque ou tragique, comme autant de signes d’un courage barbare ou de quelque sentiment cruel; *truculentus*, par leur côté trivial ou comique, comme des signes de mauvaise humeur ou d’une passion basse. L’esclave de la comédie de Plaute est *truculentus*, Achille courroucé est *trux*. Mais *truculentior*, *truculentissimus* servent de comparatif et de superlatif à *trux*.

3. *Trux* et *truculentus* vultus regard courroucé qui inspire la crainte, comme τραχύς; *torvus* (regard pénétrant, etc.) regard pénétrant, perçant, toujours farouche, comme τορὸν ou ταυρηδὸν ϐλέπων. Plin. H. N. XI, 54. Contuitu quoque multiformes, *truces*, *torvi*, flagrantes. Le regard varie à l’infini l’aspect que prennent les yeux; ils paraissent courroucés et effrayants, perçants et farouches, étincelants, etc.

Attonitus. Stupens. *Attonitus*, comme frappé de la foudre, c’est un état passager; *stupens*, pétrifié, c’est un état durable. Curt. VIII, 2, 3. *Attoniti* et *stupentibus* similes. Comme frappés de la foudre et pour ainsi dire pétrifiés.

Audere. Conari. Moliri. *Audere* se dit d’une entreprise considérée sous le rapport du danger de l’action et du courage de la personne, comme oser; *conari*, sous le rapport de l’importance de l’action et de l’énergie de la personne, comme tenter; enfin *moliri*, sous le rapport de la difficulté de l’action et des efforts qu’elle exige de la part de la personne, comme entreprendre.

—Audacia, audentia, v. *Fides*.

Audire. Auscultare. *Audire*, entendre, ἀϰούειν, c’est un terme purement passif, comme *olfacere*; *auscultare*, écouter, ἀϰροᾶσθαι; c’est vouloir entendre, écouter avec attention, soit en cachette, soit au grand jour, par un acte de volonté, comme *odorari*. Ter. Ad. IV, 5, 45. Æsch. Pater, obsecro, *ausculta*. Mic. Æschine, *audivi* omnia. Esch. Père, je t’en supplie, écoute-moi. Mic. Eschine, j’ai tout entendu.

—Auferre, v. *Demere*.

Auguria. Auspicia. Prodigia. Ostenta. Portenta. Monstra. Omina. *Auguria* et *auspicia*, apparitions naturelles qui n’ont de sens que pour les personnes versées dans l’art d’interpréter les signes: *auguria*, pour les membres savants du collége des augures; *auspicia*, pour les magistrats qui avaient le droit de prendre les auspices. *Prodigia*, *ostenta*, *portenta*, *monstra*, apparitions surnaturelles qui frappent aussi le vulgaire et qu’un devin ne peut qu’expliquer avec plus d’exactitude; enfin *omina*, signes que toute personne à qui ils apparaissent s’explique elle-même sans intermédiaire. L’idée qui domine dans *prodigium* est celle de la portée et des conséquences du phénomène; dans *ostentum*, c’est le merveilleux et le grandiose; dans *portentum*, le côté effrayant, l’annonce du danger; dans *monstrum*, le côté contre nature et hideux.

—Aura, v. *Anima*. —Auscultare, v. *Audire*. —Auspicia, v. *Auguria*.

Austerus. Severus. Difficilis. Morosus. Tetricus. 1. *Austerus* présente la sévérité comme une tournure d’esprit; *severus*, comme une qualité morale. L’*austerus*, dont l’opposé est *jucundus*, répugne à la plaisanterie et aux futilités; il demande du sérieux et du positif dans l’art, dans la science, dans le commerce de la société, au risque de passer pour un esprit sec; le *severus*, dont l’opposé est *luxuriosus*, est rigoureux; il hait tout libertinage, tout relâchement; il exige des autres et de lui de l’empire sur soi-même et de l’énergie, au risque de passer pour un cœur dur. Le stoïcien est *austerus* comme philosophe, *severus* comme homme.

2. *Austerus* et *severus* n’impliquent point de blâme; mais *difficilis*, *morosus* et *tetricus* désignent l’abus de la rigueur. Le *difficilis* ignore l’art d’un commerce facile et agréable, à cause de son tempérament hypocondriaque; le *morosus* est scrupuleux; il veut tout redresser par excès de conscience et défaut de tolérance; le *tetricus* est roide et gênant par pédantisme et défaut de bonne humeur.

—Autumare, v. *Censere*.

Auxilium. Opem ferre. Opitulari. Juvare. Adjuvare. 1. *Auxilium*, *opem ferre* et *opitulari*, secourir, supposent un opprimé qu’il s’agit de tirer d’embarras et de danger en venant à son secours, par opposition à *deserere*, *destituere*: il faut se représenter l’*auxilium ferens* comme un allié qui se met au service de la personne ou des intérêts de l’opprimé; l’*opem ferens*, comme un bienfaiteur qui fait profiter le faible de sa puissance et de sa force. *Juvare* et *adjuvare* ne supposent, comme soutenir, qu’une personne qui réussira mieux et plus vite dans ce qu’elle entreprend, si on l’assiste, par opposition à *impedire*. Ter. Heaut. V, 2, 39. Matres solent esse filiis in peccato *adjutrices*, *auxilio* in paterna injuria. Les mères ne manquent jamais de se prêter aux sottises de leurs fils et de les secourir contre l’oppression d’un père. Quand Tarquin, dans Liv. II, 6, prie les Véiens: *ferrent opem*, *adjuvarent*, il faut se le représenter d’abord comme exilé, *exulans*, ensuite comme prétendant, *regnum repetiturus*.

2. *Opem* et *auxilium ferre* ont l’accent sur le substantif; c’est du secours qu’on porte, non autre chose; *opitulari* et le terme poétique *auxiliari* ont l’accent sur leur racine verbale; c’est secourir sans hésiter.

Ave. Salve. Vale. *Ave*, formule de salutation qui s’emploie également à l’arrivée et au départ, comme χαῖρε; *salve*, formule d’usage à l’arrivée; *vale*, au départ, comme ἔῤῥωσο. Suet. Galb. 4. Ut liberti mane *salvere*, vespere *valere* sibi singuli dicerent. Il maintint l’usage qui obligeait ses affranchis à venir lui souhaiter chacun le bonjour le matin, et le soir une bonne nuit.

—Aves, v. *Volucres*. —Avidus, v. *Velle*.

Axes. Plancæ. Tabulæ. *Axes* ou *asses* et *plancæ*, planches brutes qu’on emploie telles qu’elles sortent de la scie: *asses*, terme usuel; *plancæ*, terme technique, comme ais. *Tabulæ*, planches travaillées avec plus de fini à l’aide du rabot, pour servir à des meubles de luxe.

—Axilla, v. *Armus*.

B

Balbus. Blæsus. *Balbus*, bègue, c’est un défaut habituel; *blæsus*, qui bégaye, c’est un accident temporaire.

—Baculus, v. *Fustis*. —Bajulare, v. *Ferre*. —Bardus, v. *Stupidus*. —Baubari, v. *Latrare*. —Beatus, v. *Felix*. —Bellua, v. *Animal*. —Bene moratus, v. *Bonus*. —Benevolentia, v. *Studium*. —Benignus, v. *Largus*. —Bestia, v. *Animal*.

Bibere. Potare. *Bibere*, boire à la façon des hommes, πίνειν; *potare*, à la façon des bêtes et en prendre plus qu’on n’en peut porter. Sen. Ep. 122. Inter nudos *bibunt*, imo *potant*. Ils boivent, ils se soûlent de vin au milieu des baigneurs nus. Plaut. Curc. I, 1, 88. Agite, *bibite*, festivæ fores, *potate*, fite mihi volentes propitiæ. Bois, bois, charmante porte, soûle-toi, sois-moi bienveillante et favorable.

—Bifariam, v. *Duplex*. —Bilis, v. *Fel*. —Blæsus, v. *Balbus*. —Blandiri, v. *Assentiri*. —Blatire, blaterare, v. *Garrire*. —Boni consulere, v. *Satis habere*.

Bonus. Bene moratus. Probus. Frugi. Honestus. Sanctus. 1. *Bonus*, *bene moratus*, *probus* et *frugi* marquent un degré inférieur de moralité qui consiste à éviter le blâme et le châtiment, la haine et le mépris. *Bonus* se prend au sens populaire selon lequel la bienveillance et la bonté de cœur constituent un des principaux éléments de la moralité, comme bon, ἀγαθὸς, par opposition à *malus*. *Bene moratus* se dit, dans un sens plus philosophique, d’un caractère formé par l’éducation dont les traits indispensables sont de l’empire sur soi-même, de la droiture, un certain détachement de l’égoïsme vulgaire, moral, qui a des mœurs, εὔτροπος. *Probus* s’entend de celui qui ne fait de tort ou d’injustice à personne, le brave homme, l’honnête homme, l’homme juste. *Frugi*, c’est celui que son savoir-faire, son exactitude, son application, rendent un personnage utile dans la vie pratique, l’homme brave et rangé, par opposition à *nequam*, comme χρηστός. Quintil. VI, 4, 11. Non est altercandi ars... res animi jacentis et *mollis* supra modum frontis, fallitque plerumque quod *probitas* vocatur quæ est *imbecillitas*. Il faut, pour paraître en maître aux débats, une âme qui ne se laisse point abattre, un front qui ne se courbe pas trop vite, et la commune erreur vient de ce qu’on donne en cette matière le nom de probité à la pure faiblesse d’esprit. Cic. Dej. 10. *Frugi* hominem dici non multum laudis habet in *rege*. Ce n’est pas faire un grand éloge d’un roi que de l’appeler un homme rangé.

2. *Honestus* et *sanctus* désignent un degré supérieur de moralité qui s’inspire d’une raison plus haute, qui s’élève au- dessus du vulgaire et de la morale au jour le jour. *Honestus*, âme noble et héroïque qui conforme sa conduite aux principes d’un honneur exquis, par opposition à *turpis*. *Sanctus*, âme religieuse et sainte que gouverne le désir de plaire à Dieu.

—Brachium, v. *Ulna*.

Brevis. Curtus. *Brevis*, court par nature; *curtus*, raccourci.

—Brutus, v. *Stupidus*.

C

—Caballus, v. *Equus*. —Cachinnare, v. *Ridere*. —Cacumen, v. *Acies*.

Cadaver. Corpus. Il y a entre *cadaver* et *corpus* à peu près la même différence qu’entre os et ossements. Le corps inanimé désigné par *cadaver* n’est qu’un objet matériel; désigné par *corpus*, c’est la dépouille mortelle d’une personne, et on emploie toujours ce dernier mot quand on s’intéresse au mort.

—Cadere, v. *Labi*. —Cædere, v. *Verberare*. —Cærimonia, v. *Consuetudo*. —Cæsar, v. *Primus*. —Cæsaries, v. *Crinis*.