Part 7
J’ai été invitée à un grand banquet donné en mon honneur au palais impérial. Voilà qu’à mon arrivée au palais, de grands laquais galonnés et poudrés m’attendaient et m’escortent: l’un prend ma pelisse, l’autre me précède et m’annonce, et me voici dans un salon tout plein de dorures, où tout le monde se précipite au-devant de moi. C’est un grand-duc frère de l’empereur, qui vient lui-même m’offrir la main pour me conduire à la table du banquet. Quel choix de convives! La famille impériale, les grands-ducs, les petits ducs, et les archiducs, tous les ducs enfin de tous les calibres, et tout ce tralala de princes et de princesses curieux et attentifs, me dévorant des yeux, épiant mes moindres mouvements, mes paroles, mes sourires, en un mot ne me quittant pas du regard. Eh bien! ne croyez pas que j’aie été trop embarrassée. Pas le moins du monde! J’ai été comme d’habitude, au moins jusqu’au milieu du repas, qui d’ailleurs était fort bon. A ce moment, les toasts en mon honneur commencent: il se passe alors un spectacle bien extraordinaire. Les jeunes archiducs, pour me voir de plus près, quittent leurs places, montent sur des chaises, et mettent même un peu les pieds sur la table, — j’allais dire dans le plat! sans que cela ait l’air de choquer personne. Et les voilà qui poussent des cris, des bravos à m’assourdir, et qui me demandent de dire quelque chose. Répondre à des toasts par une tirade de tragédie, c’était bien étrange! mais je ne me suis pas laissé démonter pour si peu. Je me suis levée, et, reculant ma chaise, j’ai pris le geste le plus tragique de mon répertoire, et je leur ai entamé la grande scène de _Phèdre_. Il se fit alors un silence de mort; on aurait entendu voler une mouche, s’il y en avait dans ce pays-ci. Tous m’écoutaient religieusement, penchés vers moi, se bornant à des gestes admiratifs et à des murmures étouffés. Puis, quand j’eus fini, ce fut un nouvel assaut de cris, de bravos, de chocs de verre, et de nouveaux toasts, au point que j’en demeurai un moment comme interdite. Puis bientôt je me montai moi-même aussi, et, excitée en même temps par l’odeur des vins et des fleurs, et par tout cet enthousiasme qui n’était pas sans châtouiller mon petit orgueil, je me levai de nouveau, et j’entonnai, ou plutôt je déclamai avec beaucoup de châleur l’hymne national russe. Alors, ce ne fut plus de l’enthousiasme, ça devint du délire: on s’empressa autour de moi, on me serrait les mains, on me remerciait; j’étais la plus grande tragédienne du monde, et des temps passés et futurs....
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Ma oh, come essa passò presto da questo tono confidente e gioviale all’accento dello sconforto e dei funebri presentimenti! L’interno turbamento provato quasi quotidianamente nel rappresentare e incarnare le più violente passioni, gli strapazzi dei suoi lunghi viaggi d’attrice, rovinarono presto la sua salute. L’anima ardente consumava e uccideva in lei il gracile corpo. Si può dire della Rachel quel che Musset cantò della Malibran:
C’est le Dieu tout-puissant, c’est la Muse implacable Qui dans ses bras en feu t’a portée au tombeau.
Ogni grido di _Fedra_, ogni gemito di _Ifigenia_ accresceva la magrezza e il pallore delle sue gote.
Fin dal ’55 essa sentì che per lei non c’era più speranza, e che i suoi giorni erano contati. La tosse, la febbre non la lasciarono quasi più. Il 7 gennaio essa scriveva dall’Avana queste dolorose parole:
.... Je suis malade, bien malade. Mon cœur et mon esprit sont tombés à rien. Je ne jouerai pas non plus à la Havane; mais j’y suis venue, et le directeur, usant du droit de son contrat, a demandé comme dommage 7000 piastres. J’ai payé les artistes jusqu’à ce jour. Je ramène toute ma pauvre armée en déroute sur les bords de la Seine; et moi peut-être comme un autre Napoléon j’irai mourir aux Invalides et demander une pierre ou reposer ma tête.... Mais non, je trouverai encore mes deux anges gardiens, mes jeunes fils: je les entends qui m’appellent. Aussi, c’est trop de temps passé hors de leurs baisers, de leurs caresses, de leurs chers petits bras. Je ne regrette plus l’argent perdu, je ne regrette plus la fatigue. _J’ai porté mon nom aussi loin que j’ai pu, et je rapporte mon cœur a ceux qui l’aiment_.
Semplice e antica espressione di un sentimento umano ed eterno! È il grido della madre moribonda, che essa manda dall’Avana e dall’Egitto nelle sue ultime fatali escursioni. Da Tebe, nel ’57, pochi mesi prima di morire, dettò la più bella, sua lettera, la quale rivela in lei rare qualità di scrittore. Descrive le rovine d’Egitto, il placido corso del Nilo, le Piramidi, e le ruine di Burnah che essa contemplò silenziosamente a un magnifico lume di luna, vincendo forse la sua repugnanza a morire nello spettacolo della morte di un mondo. Fragile vaso d’alabastro, rischiarato per pochi anni dalla fiamma interiore del genio, essa posò per qualche giorno sulle tombe dei re; e forse, come Adriano, sentì sospirare la statua di Mèmnone....
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Nell’estate del ’57, detto l’ultimo addio alla _Comédie Française_, il teatro delle sue glorie, lasciò Parigi, e andò ad aspettar la morte a Cannes, in villa Sardou.
Il 3 gennaio 1858, Rachel era in agonia. Parenti e correligionari, chiamati dalla famiglia, accorsero in fretta da Nizza. E la figliola d’Isdraello si udì raccomandare alla misericordia del Signore, nella lingua di Giob e di Geremia.
Restarono soli nella funebre camera un vecchio rabbino e due donne. Si avvicinarono al letto della morente. Essa si voltò dalla loro parte, e con lo sguardo intento parve dire: leggete, aspetto le parole di Gèova!
— Vola, torna al tuo Dio, o figliola d’Israel!
Ascolta, Israel; l’Eterno, il nostro Dio, l’Eterno è uno.
Va’ ove il Signore ti chiama, va’, e che la sua misericordia ti assista!
Dio dei nostri padri, ricevi nella tua misericordia quest’anima che viene a te; riuniscila a quella dei patriarchi tra le gioie del paradiso celeste. —
Rachel ascoltava in solenne raccoglimento: era tutta attenzione a quelle grandi parole: il suo volto parve illuminarsi di una luce divina....
Vi fu un lungo silenzio. La sorella Sara rientrò nella camera, e si appressò al letto della morente. Rachel le strinse la mano, le sorrise, e spirò.
Allora il funebre trio cantò a bassa voce: Benedetto il Giudice di Verità!...
Il volto di Rachel era divenuto severo e maestoso. Le sue labbra eloquenti eran sigillate per sempre. Sul suo profilo di cammeo, sulla sua pura e pallida fronte furono versate lacrime ardenti d’amore e di ammirazione.
Ho qui dinanzi il ritratto della morta. La sua nobile testa è cinta del sacro alloro. Le mani ceree sono distese in un completo abbandono. Tutta la bella persona è composta nel riposo supremo. I capelli nerissimi ombreggiano la faccia e il collo marmoreo.
Anche il cadavere di Rachel ha una tragica fisonomia. Dal volto emana una suprema tristezza. Si direbbe la maschera di Melpomene, o, meglio, il tipo incarnato dei dolori infiniti e delle indomate speranze del popolo d’Isdraele.
FINE
INDICE
PREFAZIONE pag. V La Pompadour 3 La Du Barry 23 Sofia Arnould 51 Julie-Marianne 69 Giulia Lespinasse 89 La baronessa di Krüdener 113 La contessa Guiccioli 123 Elisabetta Barrett Browning 145 La signora Carlyle 169 Rachel 191
Nota del Trascrittore
Ortografia e punteggiatura originali sono state mantenute, correggendo senza annotazione minimi errori tipografici.