La vita Italiana nel Risorgimento (1831-1846), parte 3 Seconda serie - Lettere, scienze e arti
Part 7
Chez les paysannes de nos champs la démarche est souvent lourde, le geste gauche, l'expression dénuée de pensée et les yeux sans flamme: la Monténégrine a souvent dans le regard comme un reflet de la poésie des légendes de sa patrie, de la tristesse d'une race qui a longtemps lutté et souffert. Cermak, l'artiste serbe, un patriote qui chaque fois le Monténégrin passait la frontière et se soulevait contre le joug, abandonnait Paris pour courir au danger, nous revint un jour mutilé de la Cernagora, a bien fixé son image et l'a associée aux actes virils de revendication dans des toiles pleines de talent.
Ferogio, un Italien qui vivait aussi parmi nous, a recueilli tous les types et illustré tous les actes de la vie du peuple, et mieux que personne a montré la beauté de la silhouette, les fières attitudes, le geste simple et toujours noble de la population rurale ou montagnarde.
La femme monténégrine cependant, est douce, résignée, fidèle; tout son horizon est au foyer, on ne la voit au bras de l'époux que les jours de fête, elle attend un mot ou un signe, elle le devine et ose à peine le prévenir. Si on s'en tenait aux apparences on dirait que l'homme, à côté du respect, lui inspire la crainte, et dans le recueil des dictons Monténégrins d'un autre âge, qui s'appliquent à la femme, quelques uns ne sont pas à la louange de l'homme. On reproche aux Monténégrins du peuple son indolence aux durs travaux, sa tendance à laisser à sa compagne ceux qui sont les plus pénibles; et les yeux du voyageur au détour de la route, dans la montagne ou dans la plaine, sont parfois attristés en les voyant plier sous de lourds fardeaux.
Mais cette femme est respectée et protégée par le droit coutumier, devenu code civil, plus qu'en aucun pays de l'Europe. Le voyageur de la Ballade de Schubert, celui «qui passe en chantant et qui part sans regret», s'il pénétrait dans la famille rurale, assisterait à un spectacle vraiment touchant. Qui n'a vu chez les peuples qui se piquent de tenir la tête de la civilisation, à la mort du chef de la famille, sous la loi du Majorat, ou même dans les maisons moins fortunées, la veuve en cheveux blancs s'en aller solitaire, et laisser à son fils et à sa jeune épouse le foyer où sa vie s'est écoulée, dans un luxe devenu une habitude, dans une affection devenue un besoin? Qui n'a rencontré sur sa route, surtout dans votre beau pays, où ceux dont la vie est solitaire essaient de combler par la vue des chefs-d'œuvre et la clemence du climat, le vide d'une existence, sans amour et sans hyménée, — une sœur qui a quitté elle aussi le foyer de son frère?
Ici, la loi est la communauté; le père est le chef, chacun doit son travail à la famille toute entière et la part de chacun est la même. Tout appartenant à tous, chacun a droit à tout son entretien, et puise par part égale au bien commun. Si l'un des membres commet un délit et une faute, tous le réparent, et paient l'amende — sauf à mettre au compte du coupable, au jour du partage, le dommage qu'il a causé.
Cependant le _Pécule_ est personnel à l'individu, et nous entendons, par pécule, tout résultat d'un travail fait à moments perdus et autorisé par tous, comme aussi tout profit qui est acquis sans travail, c'est-à-dire, un don du père retiré de la communauté après avoir pris ce qui lui revient en partage et dont il dispose à son gré, un don du Prince, une arme, une étoffe, une somme d'argent, tout gain enfin qui est le résultat soit de hasard, soit de la sympathie inspirée, soit d'une action méritoire et personnelle.
L'âge venu de s'unir à une famille nouvelle, il est permis à la jeune fille, en dehors du travail en commun pour l'avantage de tous, de travailler pour elle-même; et on fermera les yeux. A partir de ce jour on la laisse augmenter son pécule, le père, la mère, le frère peuvent y ajouter une part du leur, mais du leur seul, selon le penchant que chacun d'eux a pour celle qui va les quitter.
Dans la nouvelle famille où elle entre elle a le privilège de la même loi. Et cette fois sa dot, c'est-à-dire son _Pécule_, lui appartient absolument; elle en dispose sans réserve; elle n'a nulle formalité à remplir, nulle signature à obtenir; elle est personnalité civile.
Mais nous ne sommes pas dans ces républiques idéales qui ont pour base la perfection de l'homme. Dans cette communauté nouvelle où elle entre, toute injustice ou tout outrage à ce nouveau venu déchaînait autrefois la _vendetta_ de la communauté primitive; alors le sang coulait. Le pouvoir du prince, centralisé désormais, ayant absorbé le pouvoir du clan, c'est la loi désormais qui venge. La loi seule, et un Prince au cœur tendre, à l'âme juste, et à la main ferme.
Cependant cette jeune femme est devenue veuve, le lien est rompu; que deviendra-t-elle? Elle a le droit de rester dans sa nouvelle famille sous les mêmes conditions, comme elle peut aussi revenir à l'ancienne avec le même sort — à moins cependant qu'au moment de contracter le mariage, son père lui ait donné la part à laquelle il avait droit en quittant la communauté, s'il s'en est séparé.
Ainsi donc, enfant et jeune fille, la femme est membre de la communauté. Mariée elle garde les mêmes droits dans la nouvelle, et pour mieux cimenter cette union, chaque famille ayant un patron, — prenons St. Pierre puisqu'il a des clefs, et peut ouvrir bien des portes, ou St. Nicolas, qui aime bien les enfants, — elle abandonne son patron, celui de la communauté et se fait adopter par celui de sa famille nouvelle.
* * *
Après tant de combats, quand tout convergeait vers l'attaque ou la défense, voyons ce qu'on a fait pour l'instruction publique.
C'est seulement on 1852, quand Danilo II a pris le pouvoir, qu'on a organisé et décrété l'école d'abord dans les villes et les villages de la montagne noire, et après la bataille de Grahovo dans les régions conquises. Tout-à-fait primaires d'abord les écoles ont un cours de trois ou quatre ans. A Cettigné un gymnase s'est ouvert, qui se transforme après quatre ans d'étude, et devient école normale. Une classe de théologie permet de recruter les prêtres dont on limite le nombre à la seule nécessité du diocèse. Plus tard pour les sujets avancés, bien doués, avides d'apprendre et assez fortunés pour promettre au pays des esprits ouverts, capables de faire progresser; on a la ressource des missions temporaires à l'étranger. L'enfant du village va à l'école, et c'est un charme de voir partout, dans les étroits chemins de la montagne, au carrefour des routes, les petits monténégrins avec le carton et l'ardoise en bandoulière, prenant le chemin des écoliers et s'arrêtant pour cueillir une fleurette dans la fente d'un rocher.
Pour les jeunes filles, les demoiselles qui ont des aspirations plus hautes que le village, filles de Voivodes et de riches propriétaires, s'ouvre une institution fondée par l'Impératrice veuve d'Alexandre II, avec des professeurs distingués, six ans de cours, l'internat, un niveau élevé qui va croissant avec le temps. On y cultive d'office les trois langues: _le Serbe_, _le Russe_, _le Français_, et la connaissance des trois littératures, et souvent l'_Italien_: grâce aux relations de famille et de voisinage.
* * *
Pour l'instruction militaire, notre école nationale de St.-Cyr fut parfois celle où des aides-de-camp du Prince ont appris le métier des armes, et plus tard sont devenus aptes à la direction des divers services administratifs, toujours prêts d'ailleurs à échanger la plume contre l'épée aux jours de péril. Aujourd'hui, c'est l'Italie, Modène, qui est l'école, la pépinière des officiers, fondus au retour dans l'armée indigène, ils l'encadrent, sans émousser le caractère offensif du soldat monténégrin et lui faire perdre sa personnalité de combattant. Trois aides-de-camp, deux officiers d'ordonnance, le capitaine des Périaniks, ou gardes du corps, forment un Etat major personnel au Prince. Une grande caserne s'est élevé à Cettigné, une école militaire à Pogdoritza, pour les sous-officiers, et un bataillon régulier reste permanent. Le fond de la défense nationale étant la milice légère, qui se mobilise, pour ainsi dire, d'instinct. On peut compter à l'effectif, au moins 45 bataillons compacts et bien armés. Nous nous souvenons d'avoir assisté jadis aux évolutions d'un escadron bien monté — le noyau subsiste, mais la nature du pays proteste et le cavalier, comme masse militaire, n'a pas sa raison d'être, vu la nature du Pays.
* * *
Nous constaterons encore d'autres innovations, si j'en crois un de mes jeunes amis, un grand voyageur, nouvellement revenu du Pays dont les lettres de crédit avaient pour unique objet de saluer de ma part S. A. le prince Nicolas, et de chanter pour moi le «_Cari luoghi_» à la montagne Noire. Celui-ci m'a assuré qu'il s'était couvert de gloire au _Lawn Tennis_ de Cettigné où il avait eu pour partner des dames du corps diplomatique, des jupes de Laferrière, des manches bouffantes de M^me Pacquin et des chapeaux de chez Virot. — C'est la loi du progrès. — Les nouvelles routes de Cettigné à la frontière sont désormais propices à la byciclette: un jour ou l'autre on importera _le polo_ et _l'automobile_, qui ne rappelle que de loin les temps de la chevalerie.
Cependant le Pays tient à ses coutumes. Le costume national reste en honneur partout, le trésor des poésies populaires, des chants épiques, chants de gloire, de guerre et d'amour, histoire vivante, sont une source féconde qui ne tarit jamais. Il y a toujours dans chaque ancien clan quelque Barde errant qui chante au son de la Guzla au détour de la route ou sous l'orme des vallées et souvent le chantre est aveugle, comme Homère; il dit et redit des poésies, qui restent presque toujours anonymes, et semblent portées sur l'aile du vent de montagne en montagne ou répercutées par un écho comme celles des recueils de Vuk Stefanovich que Tommaseo vous a fait connaître.
Pierre II Pétrovich, le grand chantre de la Cernagora employait dans ses poësies le décasyllabe qui ne recherche point la rime mais la donne parfois, quand la raison l'appelle. Le Prince qui règne aujourd'hui à la fois soldat, législateur et poëte, auteur de «_l'Impératrice des Balkans_» devenu populaire, en fixant en vers de huit syllabes, le caractère de chacune des tribus monténégrines; a faite cette poësie plus personnelle, c'est la poësie littéraire avec la strophe de quatre vers de la Poësie Ragusaine, qui garde à ces chants leur caractère à la fois tendre et épique.
«Si j'avais recueilli toutes les fleurs dont ta main a jonché le chemin de ma vie (dit le Prince Poëte à celle qui partage son trône, en lui dédiant son œuvre); si j'en avais respiré tout le parfum: j'en aurais pu faire un poème si beau, un livre ailé tel que jamais le monde n'en eût lu de pareil.... j'eus mieux chanté l'amour, l'intelligence et j'aurais pu écrire un livre tout entier rien qu'en y recueillant toutes les vertus de ton âme qui resplendissent comme un diadème impérial.»
En entendant parler ainsi le Père, vous reconnaissez l'Épouse et la Mère, et vous devinez celle dont les destinées sont désormais les vôtres.
Quelque rapide qu'ait été l'hommage que j'ai voulu rendre aux Monténégrins, il n'était peut-être pas inutile qu'une voix et un cœur français vinssent ici confondre dans la même sympathie et les mêmes vœux de prospérité la Cernagora, l'Italie et.... la France.
NOTE:
[1] V. son _Voyage d'Italie_.
[2] Lettre à Fontanes du 20 janvier 1804, insérée dans le _Voyage d'Italie_.
[3] _Les martyrs_, V^e livre.
[4] Lettre précitée à Fontanes.
[5] _Mémoires d'outre-tombe_, p. 121, 122, 123 du V^e vol. dans la récente édition Garnier.
[6] Discours du 2 janvier 1848, p. 122-123 et 144 du V^e vol. de l'édition de ses Discours publiée par L. Ulbach en 1865.
[7] Discours précité.
[8] Discours précité.
INDICE
Lamartine, Châteaubriand et l'Italie Pag. 5 La pleiade musicale 39 La elettricità animale 75 _Appendice_: Le Monténégro 113
LE CONFERENZE FIORENTINE SULLA VITA ITALIANA
Alcuni giudizi della stampa.
«Le _Conferenze fiorentine_, che tanto favore incontrarono nel pubblico che ascolta e in quello che legge, hanno cambiato di editore: sono passate dai fratelli Treves di Milano alla Casa R. Bemporad e figlio di Firenze; ma ciò non vuol dire nulla: la sostanza è rimasta sempre la stessa, cioè buona.
«Dopo aver trattato della vita italiana negli albóri, nel trecento, nel rinascimento, nel cinquecento, nel seicento, nel settecento, nel periodo della rivoluzione francese e dell'impero, le conferenze fiorentine hanno ora preso a trattare della _Vita Italiana nel Risorgimento_ e sono già state raccolte in volume.» (_La Rassegna settimanale universale_, 3 aprile 1898).
«Alla prima serie di _Conferenze fiorentine_, edite dalla Casa Treves di Milano, che ebbero tanta fortuna nel pubblico degli ascoltatori e dei lettori, quando furono dette e stampate, segue questa seconda intorno al periodo più serio, interessante glorioso della nostra storia. Il periodo del risorgimento ci commuove e ci fa fremere anco adesso, poichè le più belle energie intellettuali e morali ond'esso fu prodotto si vanno spegnendo, e fra le diserzioni e le delusioni, lo scetticismo dilaga.» (G. PIPITONE FEDERIGO nel _Flirt_ di Palermo, 5 maggio 1898).
«I volumi, che la Casa E. Bemporad e figlio ha dato alla luce con una signorilità eguale a quella dei Treves di Milano, contengono la prima, la seconda e la terza serie delle letture tenute l'anno scorso sulla _Vita Italiana nel Risorgimento_ e si aggirano su quel burrascoso periodo, che va dal 1815 al 1831; periodo in cui gli amori più puri e gli slanci più generosi si alternano agli odi i più feroci, alle mène più tenebrose e più sozze.
«Tredici letture fra le più belle e le più attraenti, perchè parlano di cose e di uomini il cui ricordo è ancor vivo nella mente come fossero d'ieri e perchè toccate dalla mano, non sempre maestra, ma spesso sicura del Del Lungo, del Rovetta, del Nitti, del Biagi, del Costa di Beauregard, dell'Alfani, del Panzacchi, del Bonfadini, della Serao, del Colombo e del Ricci.
«Io potrei, se volessi, darvene qui un'idea più ampia e farvene anche un tantino di critica; ma a che prò, se i giornali della città seppero meglio di me, aiutati dalla freschezza delle impressioni, darvi, allora, l'una e l'altra?...» (GUIDO RUBETTI nel _Corriere italiano_ del 6 giugno 1898).
«Pochi libri come questo sono degni di essere letti e meditati profondamente.... I soggetti che gli autori imprendono a trattare con l'usata maestria, non possono, in verità, essere più serii ed attraenti, come quelli che ravvivano il culto delle patrie memorie, e, tesoro di osservazioni quasi sempre giuste e di bellezze peregrine, mirano tutti a dilettare istruendo.» (N. PENNA, nell'_Ebe_ di Loreto Aprutino, 1º luglio 1898).
«In realtà queste Conferenze portano un geniale e utile contributo alla coltura nazionale. Non l'aridità dei fatti, non una cifra uggiosa, ma un'esposizione facile e limpida, un giudizio equamine o sereno danno il quadro più completo e vivo del periodo preso a studiare, e rendono con la maggiore schiettezza il pensiero che l'ha agitato. Il tema svolto da ciascun conferenziere dice subito l'interesse o l'importanza di questi volumi.» (_Il Paese_ di Palermo, 8 ottobre 1898).
«Apprendere senza fatica e senza perdita di tempo è il desiderio di quanti assistono a ogni conferenza, ed è quello che pensava anche il Giusti prima che le conferenze venissero di moda. A un così giusto desiderio rispondono le conferenze tenutesi con costante accorrenza di pubblico a Firenze, per cura della Società di letture, riguardanti argomenti di letteratura e di storia. Raccolte in volumi, questi ebbero lieta accoglienza; ora, gli editori fiorentini R. Bemporad e figlio inaugurano le serie delle conferenze storiche sul nostro Risorgimento, pel periodo compreso dal 1815 al 1831. Anche a coloro che non ignorano le vicende di quegli anni, tornerà gradito questo volume, che per la varietà degli argomenti, per la vivezza e il colorito della esposizione e pel valore degli autori, riesce un interessante e nuovo contributo alla storia paesana.» (_Cronaca universitaria_ di Catania, 16 novembre 1898).
«V'è da rallegrarsi che le dotte e geniali conferenze tenutesi a Firenze per iniziativa della Società di pubbliche letture si raccolgano ogni anno in un bel volume che il pubblico legge avidamente.
«Quello uscito ora, il primo della serie storica, non potrebbe essere più interessante, per l'indole, la varietà e l'importanza degli argomenti trattati. Romualdo Bonfadini discorre dottamente della politica degli Stati italiani dal 1831 al 1846; Guglielmo Ferrero ci ricorda la vecchia Italia e ne deduce i bisogni della «nuova»; F. S. Nitti tratta del brigantaggio meridionale durante il regime borbonico; e per ultimo il Masi ci delinea la figura del vescovo d'Imola, che fu poi Pio IX, del quale reca notizie inedite e rievoca memorie patriottiche. Certo la lettura di questo volume giustifica il pregio e l'interesse dei precedenti e conferma il favore del pubblico.» (_Il Commercio_ di Milano, 3-4 giugno 1899).
«En deux volumes la maison R. Bemporad et fils de Florence nous donne une série de conférences très intéressantes sur la vie italienne pendant le _Risorgimento_. C'est la seconde serie et l'accueil fait au premier recueil est mérité par celui-ci.
«Le premier volume — Histoire — contient quatre études de: MM. Bonfadini, Ferrero, Nitti et Masi. Le second volume consacré aux Lettres, Sciences et Arts, nous offre des articles d'Antonio Fogazzaro, d'Enrico Panzacchi, d'Arturo Linaker et de Guido Mazzoni.
«Chacune de ces études mériterait un article special et l'espace nous incite ù renvoyer le lecteur aux deux volumes, dont chaque page a une haute valeur littéraire, historique ou philosophique.» (_L'Italie_, 19 giugno 1899).
Nota del Trascrittore
Ortografia e punteggiatura originali sono state mantenute, così come le grafie alternative (Monténégro/Monténegro e simili), correggendo senza annotazione minimi errori tipografici.