Vathek

Part 9

Chapter 93,412 wordsPublic domain

Le Calife et Nouronihar restèrent dans un accablement mortel; leurs larmes ne pouvaient couler; à peine pouvaient-ils se soutenir; enfin, ils se prirent tristement par la main, et sortirent en chancelant de cette salle funeste, sans savoir où ils allaient. Toutes les portes s'ouvraient à leur approche, les Dives se prosternaient devant leurs pas, des magasins de richesses se déployaient à leurs yeux; mais ils n'avaient plus ni curiosité, ni orgueil, ni avarice. Avec la même indifférence, ils entendaient les choeurs des Ginns, et voyaient les superbes repas qui étaient étalés de toutes parts. Ils allaient errant de chambre en chambre, de salle en salle, d'allée en allée, tous autant de lieux sans bornes et sans limites, tous éclairés par une sombre lueur, tous parés avec la même triste magnificence, tous parcourus par des gens qui cherchaient le repos et le soulagement; mais qui le cherchaient en vain, puisqu'ils portaient partout un coeur tourmenté dans les flammes. Evités de tous ces malheureux qui, par leurs regards, semblaient se dire les uns aux autres, c'est toi qui m'as séduit, c'est toi qui m'as corrompu, ils se tenaient à l'écart, et attendaient dans une angoisse effroyable le moment qui devait les rendre semblables à ces objets de terreur.

Quoi! disait Nouronihar, le temps viendra-t-il que je retirerai ma main de la tienne? Ah! disait Vathek, mes yeux cesseront-ils jamais de puiser à longs traits la volupté dans les tiens? Les doux moments que nous avons passés ensemble me seront-ils en horreur? Non, ce n'est pas toi qui m'as mené dans ce lieu détestable, ce sont les principes impies par lesquels Carathis a perverti ma jeunesse, qui ont causé ma perte et la tienne: ah! que du moins elle souffre avec nous! En disant ces douloureuses paroles, il appela un Afrite qui attisait un brasier, et lui ordonna d'enlever la princesse Carathis du palais de Samarah, et de la lui amener.

Après avoir donné cet ordre, le Calife et Nouronihar continuèrent de marcher dans la foule silencieuse, jusqu'au moment où ils entendirent parler au bout d'une galerie. Présumant que c'étaient des malheureux qui, comme eux, n'avaient pas encore reçu leur arrêt final, ils se dirigèrent d'après le son des voix, et trouvèrent qu'elles partaient d'une petite chambre quarrée, où sur des sofas étaient assis quatre jeunes hommes de bonne mine et une belle femme, qui s'entretenaient tristement à la lueur d'une lampe. Ils avaient tous l'air morne et abattu, et deux d'entr'eux s'embrassaient avec beaucoup d'attendrissement. En voyant entrer le Calife et la fille de Fakreddin, ils se levèrent civilement, les saluèrent et leur firent place. Ensuite, celui qui paraissait le plus distingué de la compagnie, s'adressant au Calife, lui dit: Etranger, qui sans doute êtes dans la même horrible attente que nous, puisque vous ne portez pas encore la main droite sur votre coeur; si vous venez passer avec nous les affreux moments qui doivent s'écouler jusqu'à notre commun châtiment, daignez nous raconter les aventures qui vous ont conduit en ce lieu fatal, et nous vous apprendrons les nôtres, qui ne méritent que trop d'être entendues. Se retracer ses crimes, quoiqu'il ne soit plus temps de s'en repentir, est la seule occupation qui convienne à des malheureux tels que nous.

Le Calife et Nouronihar consentirent à cette proposition, et Vathek prenant la parole, leur fit, non sans gémir, un sincère récit de tout ce qui lui était arrivé. Lorsqu'il eut fini sa pénible narration, le jeune homme qui lui avait parlé, commença la sienne de la manière suivante.

Histoire des deux Princes amis, Alasi et Firouz, enfermés dans le palais du feu souterrain.

Histoire du Prince Barkiarokh enfermé dans le palais du feu souterrain.

Histoire du Prince Kalilah et de la Princesse Zulkais enfermés dans le palais du feu souterrain.

Le troisième Prince en était au milieu de son récit, quand il fut interrompu par un bruit qui fit trembler et entr'ouvrir la voûte. Bientôt après, une vapeur se dissipant peu-à-peu, laissa voir Carathis sur le dos de l'Afrite, qui se plaignait horriblement de son fardeau. Elle sauta à terre, et s'approchant de son fils, lui dit: Que fais-tu ici dans cette petite chambre? Voyant que les Dives t'obéissent, j'ai cru que tu étais placé sur le trône des Rois préadamites.

Femme exécrable, répondit le Calife, que maudit soit le jour où tu m'as mis au monde! Va, suis cet Afrite, qu'il te mène dans la salle du prophète Suleïman; là, tu apprendras à quoi est destiné ce palais qui t'a paru si désirable, et combien je dois abhorrer les connaissances impies que tu m'as données!--La puissance où tu es parvenu, t'a-t-elle troublé la tête, répliqua Carathis? Je ne demande pas mieux que de rendre mes hommages à Suleïman le prophète. Il faut pourtant que tu saches que l'Afrite m'ayant dit que ni toi ni moi ne retournerions à Samarah, je l'ai prié de me laisser mettre ordre à mes affaires, et qu'il a eu la politesse d'y consentir. Je n'ai pas manqué de mettre à profit ces instants; j'ai mis le feu à notre tour, où j'ai brûlé tout vif les muets, les négresses, les torpèdes et les serpents, qui pourtant m'avaient rendu beaucoup de services, et j'en aurais fait autant au grand visir, s'il ne m'avait pas abandonnée pour Motavekel. Quant à Bababalouk, qui avait eu la sottise de retourner à Samarah, et tout bonnement d'y trouver des maris pour tes femmes, je l'aurais mis à la torture, si j'en avais eu le temps; mais comme j'étais pressée, je l'ai seulement fait prendre, après lui avoir tendu un piége pour l'attirer auprès de moi, aussi bien que les femmes; je les ai fait enterrer toutes vivantes par mes négresses, qui ont ainsi employé leurs derniers moments à leur grande satisfaction. Pour Dilara, qui m'a toujours plu, elle a montré son esprit en se mettant ici-près au service d'un Mage, et je pense qu'elle sera bientôt des nôtres. Vathek était trop consterné pour exprimer l'indignation que lui causait un tel discours; il ordonna à l'Afrite d'éloigner Carathis de sa présence, et resta dans une morne rêverie que ses compagnons n'osèrent troubler.

Cependant Carathis pénétra brusquement jusqu'au dôme de Suleïman, et sans faire la moindre attention aux soupirs du Prophète, elle ôta audacieusement les couvercles des vases, et s'empara des talismans. Alors, élevant une voix telle qu'on n'en avait jamais entendue dans ce funeste Empire, elle força les Dives à lui montrer les trésors les plus cachés, les antres les plus mystérieux, que l'Afrite lui-même n'avait jamais vus. Elle passa par des descentes rapides qui n'étaient connues que d'Eblis et des plus puissants de ses favoris, et pénétra au moyen de ces talismans jusqu'aux entrailles de la terre d'où souffle le Sansar, vent glacé de la mort: rien n'effrayait son coeur indomptable. Elle trouvait cependant chez tout ce monde qui portait la main droite sur le coeur une petite singularité qui ne lui plaisait pas.

Comme elle sortait d'un des abîmes, Eblis se présenta à ses regards. Mais malgré tout l'imposant de sa majesté, elle ne perdit pas contenance, et lui fit même son compliment avec beaucoup de présence d'esprit: ce superbe Monarque lui répondit: Princesse, dont les connaissances et les crimes méritent un siége élevé dans mon empire, vous faites bien d'employer le loisir qui vous reste; car les flammes et les tourments qui s'empareront bientôt de votre coeur, vous donneront assez d'occupation. En disant ces mots, il disparut dans les draperies de son tabernacle.

Carathis resta un peu interdite; mais résolue d'aller jusqu'au bout, et de suivre le conseil d'Eblis, elle assembla tous les choeurs des Ginns, et tous les Dives pour en recevoir les hommages. Elle marchait ainsi en triomphe, à travers une vapeur de parfums, et aux acclamations de tous les Esprits malins dont la plupart étaient de sa connaissance. Elle allait même détrôner un des Solimans pour prendre sa place, quand une voix sortant de l'abîme de la mort, cria: Tout est accompli! Aussitôt le front orgueilleux, de l'intrépide Princesse se couvrit des rides de l'agonie; elle jeta un cri douloureux, et son coeur devint un brasier ardent: elle y porta la main pour ne l'en retirer jamais.

Dans cet état de délire, oubliant ses vues ambitieuses et sa soif des sciences qui doivent être cachées aux mortels, elle renversa les offrandes que les Ginns avaient déposées à ses pieds; et maudissant l'heure de sa naissance et le sein qui l'avait portée, elle se mit à courir pour ne plus s'arrêter, ni goûter un moment de repos.

A peu près dans ce même temps, la même voix avait annoncé au Calife, à Nouronihar, aux quatre Princes et à la Princesse, le décret irrévocable. Leurs coeurs venaient de s'embraser; et ce fut alors qu'ils perdirent le plus précieux des dons du ciel, l'_espérance_! Ces malheureux s'étaient séparés en se jetant des regards furieux. Vathek ne voyait plus dans ceux de Nouronihar que rage et que vengeance; elle ne voyait plus dans les siens qu'aversion et désespoir. Les deux Princes amis, qui jusqu'à ce moment s'étaient tenus tendrement embrassés, s'éloignèrent l'un de l'autre en frémissant. Kalilah et sa soeur se firent mutuellement un geste d'imprécation. Tous, par des contorsions effroyables et des cris étouffés, témoignèrent l'horreur qu'ils avaient d'eux-mêmes: tous se plongèrent dans la foule maudite pour y errer dans une éternité de peines.

* * * * *

Tel fut, et tel doit être le châtiment des passions effrénées, et des actions atroces; telle sera la punition de la curiosité aveugle, qui veut pénétrer au-delà des bornes que le Créateur a mises aux connaissances humaines; de l'ambition, qui, voulant acquérir des sciences réservées à de plus pures intelligences, n'acquiert qu'un orgueil insensé, et ne voit pas que l'état de l'homme est d'être humble et ignorant.

Ainsi le Calife Vathek, qui, pour parvenir à une pompe vaine, et à une puissance défendue, s'était noirci de mille crimes, se vit en proie à des remords, et à une douleur sans fin et sans borne; ainsi l'humble, le méprisé Gulchenrouz, passa des siècles dans la douce tranquillité et le bonheur de l'enfance.

FIN.

NOTES.

PAGE 1.

[1] _Calife._--Chez les Mahométans, ce titre comprend à la fois les caractères réunis de prophète, de prêtre et de roi; on l'emploie pour signifier le Vicaire de Dieu sur la terre.--_Etat de l'Empire Ottoman, par Habesci, pag. 9. d'Herbelot, page 985._

[2] _Expirait à l'instant._--L'auteur de Nighiaristan nous a conservé ce qui vient à l'appui de ce récit; et il n'y a aucune histoire de Vathek, dans laquelle il ne soit fait mention de son oeil terrible.

PAGE 2.

[3] _Omar Ben Abdalaziz._--Calife distingué de tous les autres par sa tempérance, et son abnégation de lui-même; au point que l'on croit qu'il a été reçu dans le sein de Mahomet, en récompense de son abstinence exemplaire dans un siècle de corruption.--_D'Herbelot, p. 690._

[4] _Samarah._--Ville de l'Iraque Babylonien, que l'on suppose avoir été située sur le lieu où Nembrod éleva sa tour. Khondemir raconte dans la vie de Motassem, que ce prince quitta Bagdad pour terminer les disputes qui s'élevaient continuellement entre les habitants de cette ville et ses esclaves Turcs; et qu'il choisit une situation dans la plaine de Catoul, où il bâtit Samarah. On assure qu'il avait dans les écuries de cette ville cent trente mille chevaux pies, dont chacun transporta par son ordre un sac de terre sur la place qu'il avait choisie: de cet amas énorme, il se forma une élévation qui dominait sur toute l'étendue de Samarah, et qui servit de base à son magnifique palais.--_D'Herbelot, p. 752. 808. 985. Anecdotes Arabes, p. 413._

PAGE 3.

[5] _Mani._--Cet artiste vivait sous le règne de Schabur ou Sapor, fils d'Ardschir Babegan; il était peintre et sculpteur de profession, et il fut fondateur de la secte des Manichéens.--_D'Herbelot, p. 548._

PAGE 23.

[6] _Giaour._--Infidèle.

PAGE 56.

[7] _Vases de Fagfouri._--Les Orientaux donnent le nom de Fagfouri à la porcelaine de la Chine, dont l'usage est ancien chez eux. Ils appellent l'Empereur de la Chine, le Fagfour.

PAGE 57.

[8] _Istakhar._--Cette cité était, sous les Rois des trois premières races, l'ancienne Persépolis, la capitale de la Perse. L'auteur du Lebtarikh dit que Kischtab établit son séjour dans cette ville; qu'il y érigea plusieurs temples consacrés à l'élément du feu; et qu'il fit creuser pour lui-même et ses successeurs, des sépulcres dans les rochers de la montagne qui communiquaient à la cité. Les ruines qui restent encore des colonnes et des figures mutilées par Alexandre et par le temps, prouvent évidemment que ces anciens potentats avaient choisi cet endroit pour leur sépulture.--_D'Herbelot, p. 327._

[9] _Gian Ben Gian._--Par ce nom l'on distinguait le Monarque de cette espèce d'êtres appelés par les Arabes, _Gian_, ou _Ginn_ qui signifie Génie, et par les Tarikhs _Thabari_, Feez ou Fées. Gian Ben Gian était fameux par ses expéditions guerrières et par ses édifices prodigieux; suivant les écrivains Orientaux, les pyramides d'Egypte étaient au nombre des monuments de sa puissance.--_D'Herbelot, p. 396. Bailly, sur l'Atlantide, p. 147._

[10] _Sultans préadamites._--Ces Monarques, qui étaient au nombre de soixante-douze, avaient chacun le gouvernement d'une espèce distincte d'êtres raisonnables, antérieurs à l'existence d'Adam.--_D'Herbelot, p. 820._

PAGE 59.

[11] _Rocnabad._--Le ruisseau de ce nom coule près de la cité de Schiraz. Ses eaux sont extraordinairement claires et limpides, et ses bords couverts de la plus belle verdure.

PAGE 62.

[12] _Pots remplis de scorpions._--C'était un goût de famille. Motavekel, frère de Vathek, régalait ses convives de la même manière et s'amusait aussi quelquefois à les guérir avec une thériaque admirable.--_D'Herbelot, p. 641._

[13] _Moullahs._--Titre de ceux qui, chez les Mahométans, étaient élevés dans la science des lois: de leur classe on tirait les Juges des villes et des provinces.

PAGE 63.

[14] _Bababalouk, hors de lui._--L'énormité de la profanation de Vathek ne peut être sentie que par un Musulman orthodoxe, ou par quelqu'un qui se rappelle l'ablution et la prière indispensablement requises en pareil cas.--_Disc. prél. de Sale, p. 139. Alcoran, chap. iv. Etat de l'Empire Ottoman, par Habetei, p. 93._

PAGE 65.

[15] _Vin de Schiraz._--Schiraz était fameuse dans l'Orient pour les vins de différentes sortes qu'elle produisait, mais particulièrement pour son vin rouge, qui était même plus estimé que le vin blanc de Kirmith.

PAGE 80.

[16] _Des fours d'argent._--Les fours portatifs étaient une partie des meubles des voyageurs Orientaux. S. Jérôme (_Compl. 8. 10._) les a décrits en détail. Ceux des Califes étaient de la même espèce, excepté qu'ils étaient d'argent au lieu de cuivre.

PAGE 81.

[17] _La Simorgue._--C'est cet oiseau chimérique de l'Orient dont on dit tant de merveilles. Il avait non-seulement le don de la raison, mais encore la connaissance de toutes les langues; d'où l'on peut conclure que c'était un génie sous une forme empruntée. Cette créature rapporte d'elle-même qu'elle avait vu douze fois commencer et finir la grande révolution de sept mille ans, et que dans sa durée, le monde avait été sept fois dépeuplé, et sept fois repeuplé d'habitants. Elle est représentée comme la grande amie de la race d'Adam et l'ennemie la plus décidée des Dives. Tahamurath et Aherman apprirent par ses prédictions tout ce qui devait leur arriver, et ils obtinrent qu'elle les seconderait dans toutes leurs entreprises. Tahamurath, armé du bouclier de Gian Ben Gian, fut porté dans l'air par la Simorgue, au-dessus du noir désert jusqu'à la montagne de Caf; le panache de son casque était de plumes tirées du sein de cet oiseau. La Simorgue était invulnérable dans les combats, et les héros qu'elle favorisait, ne manquaient jamais de réussir. Quoiqu'elle fût assez puissante pour exterminer ses ennemis, cependant on supposait qu'il lui était interdit d'exercer ce fatal pouvoir. Pour prouver combien la Providence est universelle dans le soin qu'elle prend des êtres créés, Sadi prétend que la Simorgue, malgré sa masse immense, n'est pas embarrassée de trouver sa nourriture sur la montagne de Caf.

PAGE 82.

[18] _Afrites._--C'était une espèce de Méduse ou Lamie, le plus terrible et le plus cruel de tous les ordres des Dives.

PAGE 88.

[19] _Le Bismillah._--Ce mot qui est à la tête de tous les chapitres de l'Alcoran, excepté le dix-neuvième, signifie «Au nom du Dieu très-miséricordieux.»

PAGE 90.

[20] _Tecthravan._--Cette espèce de trône ambulant, quoique plus commun à présent que dans le temps de Vathek, est encore réservé aux personnes du premier rang.

PAGE 103.

[21] _Des petits plats d'abomination._--Le Koran a établi diverses distinctions, relativement à différentes sortes de nourritures; et beaucoup de Mahométans sont assez scrupuleux pour ne pas toucher à la viande de certains animaux, sur lesquels on a oublié de prononcer, à l'instant de leur mort, le mot de Bismillah.--_Cérém. Relig. vol. vii. p. 110._

PAGE 104.

[22] _Périses._--Le mot _Péri_, dans le langage Persan, signifie cette belle race de créatures qui tient le milieu entre les anges et les hommes. Les Arabes lui donnent le nom de Ginn ou Génie; et nous, d'après les Persans, peut-être, nous les appelons, Fées.

PAGE 109.

[23] _Meignoun et Leilah._--Ces personnages sont considérés par les Arabes comme les amants les plus beaux et les plus fidèles. Leurs amours ont été célébrées avec tous les charmes de la poésie dans les différentes langues de l'Orient.

PAGE 111.

[24] _Shaddukian et Ambreabad._--Deux villes des Péries dans la région imaginaire du Ginnistan. La première signifie _plaisir_ et _désir_, l'autre la _cité de l'ambre gris_.--Voyez _Richardson, Dissert. p. 169._

PAGE 118.

[25] _Sombres Goules._--_Goul_ ou _Ghul_ en Arabe, signifie un objet épouvantable qui ôte l'usage des sens. De là dérive le nom de ces espèces de monstres qui passent pour habiter les forêts, les cimetières et les autres places désertes. On raconte que non-seulement ils déchirent les vivants, mais encore déterrent les morts pour les dévorer.--_Richardson, dissert. p. 174, 274._ _Voyez aussi_ l'histoire d'Amine dans les Mille et une Nuits.

PAGE 119

[26] _Plumes de héron toutes étincelantes d'escarboucles._--Les panaches de cette sorte font partie des attributs de la royauté Orientale.

PAGE 120.

[27] _L'escarboucle de Giamchid._--Ce puissant Potentat était le quatrième souverain de la Dynastie des Pischadians, et frère ou neveu de Tahamurath. Son vrai nom était Giam ou Gem et Shilo, lequel, dans l'ancien langage Persan, signifie le soleil, allusion faite à la majesté de sa personne, ou à la splendeur de ses actions.

PAGE 132.

[28] _Les cris de Leillah-Illeilah._--Ces exclamations qui signifient, «Il n'y a point d'autre Dieu que Dieu,» étaient ordinairement prononcées avec une violente émotion.

PAGE 135.

[29] _Monkir et Nekir._--Deux Anges noirs, dont la fonction est d'examiner tous les objets concernant la foi. Quiconque ne leur rend pas un compte satisfaisant est certain d'être assommé avec des massues de fer rouge, et d'être tourmenté au-delà de toute expression.--_Cérém. Relig. vol. V. p. 101, vol. VII. p. 59, 68, 118._

[30] _Le pont fatal._--Ce pont, nommé Al Siral en Arabe, est supposé s'étendre sur le gouffre infernal. On le représente aussi mince que le fil d'une toile d'araignée et aussi étroit que le tranchant de la lame d'un sabre.

PAGE 166.

[31] _Eblis._--D'Herbelot prétend que ce mot est une corruption du grec _diabolos_. C'est une qualification conférée par les Arabes au premier des Anges apostats. Il est représenté comme exilé dans les régions infernales, pour avoir refusé à Adam l'hommage que Dieu lui-même avait ordonné de lui rendre.

PAGE 180.

[32] _Balkis._--Nom de la reine de Saba, venue du Midi pour admirer la sagesse et la gloire de Salomon. Le Koran représente cette reine, comme une adoratrice du feu. Salomon a la réputation de l'avoir non-seulement traitée avec magnificence, mais encore de l'avoir honorée de son trône et de son lit.--_Alcoran chap. XXVII. et les notes de Sale. D'Herbelot, p. 182._

PAGE 189.

[33] _Ouranbad._--Ce monstre est représenté sous la figure d'une hydre ailée, très-féroce, et tient de la classe des Rakshes, qui font leur nourriture ordinaire de serpents et de dragons; du Soham, qui a la tête d'un cheval, avec quatre yeux, et le corps d'un dragon couleur de feu; du Syl, espèce de basilic, avec une face humaine si effroyable, qu'aucun mortel ne peut supporter son aspect; et ainsi des autres.--_Voyez les titres respectifs dans le_ Dictionnaire Persan, Arabe et Anglais de Richardson.

PAGE 190.

[34] _La forteresse d'Aherman._--Dans la mythologie Orientale, Aherman est réputé le démon de la discorde. Les anciens romans de la Perse abondent en descriptions de cette forteresse, dans laquelle les démons subalternes s'assemblent pour recevoir les lois de leurs princes; et c'est de là qu'ils partent pour aller exercer leur malice sur toute la terre.--_D'Herbelot, p. 71._

[35] _Les salles d'Argenk._--Les salles de ce puissant Dive qui régnait dans les montagnes de Caf, contenaient les statues des soixante-douze Solimans, et les portraits des différentes créatures qui leur étaient attachées. Aucune d'entr'elles n'avait rien qui ressemblât à la figure humaine.

FIN DES NOTES.

LONDRES:

SCHULZE ET CO. POLAND STREET.