Œuvres de Voltaire Tome XIX: Siècle de Louis XIV.—Tome I
Part 38
On a dit que Jacques, placé sur le rivage, voyant combattre les mêmes vaisseaux avec lesquels il avait gagné des batailles, ne pouvait s’empêcher de s’intéresser à eux contre lui-même. Cependant il avait demandé à combattre sur la flotte française. K.
[509] On a nié ce fait dans les _Mémoires de Berwick_. Nous observerons que M. de Voltaire a été lié intimement avec les personnes qui connaissaient le mieux les petits détails de la cour de Saint-Germain. K.
[510] En 1701, ainsi qu’on le lit page 13. B.
[511] On a poussé le ridicule jusqu’à dire que ses reliques avaient guéri un évêque d’Autun de la fistule.
[512] Voyez, tome XXI, les chapitres XXIV et XXV du _Précis du Siècle de Louis XV_. B.
[513] Le 29 octobre. B.
[514] _Mémoires du maréchal de Luxembourg._
[515] Voyez les _Anecdotes_ à l’article de la _Chambre ardente_, chap. XXVI. Il est aujourd’hui généralement regardé par les militaires comme le premier homme de guerre qui ait connu l’art de faire manœuvrer et combattre de grandes armées.
[516] On voit, par les _Lettres de madame de Maintenon_, qu’elle n’aimait pas le maréchal de Catinat. Elle n’espère rien de lui; elle appelle sa modestie _orgueil_. Il paraît que le peu de connaissance qu’avait cette dame des affaires et des hommes, et les mauvais choix qu’elle fit, contribuèrent depuis aux malheurs de la France.
[517] Plus d’un siècle après, une autre victoire a été remportée par les Français, le 26 juin 1794, sous le commandement du général Jourdan. B.
[518] Né le 2 août 1674, le duc de Chartres avait, le jour de la bataille, dix-huit ans révolus. B.
[519] Racine, dans sa lettre à Boileau, du 6 août 1693, rapporte ces paroles un peu différemment, et les met dans la bouche du comte de Solms. B.
[520] Voyez, tome XX, une note de Voltaire sur le chap. xxvii. B.
[521] Voyez tome XXXIX, page 19-20. B.
[522] Voyez chapitre xiv, page 445. B.
[523] Voyez l’_Ode_ de Boileau, et le _Fragment historique_ de Racine. L’expérience, dit Racine, avait fait connaître au prince d’Orange combien il était inutile de s’opposer à un dessein que le roi conduisait lui-même.
[524] Voyez chapitre XVIII, année 1703. B.
[525] Ces _Mémoires de Torci_ ont été imprimés depuis, et confirment combien l’auteur du _Siècle de Louis XIV_ était instruit de tout ce qu’il avance.--Les _Mémoires de Torci_ ont été, comme on l’a vu, page 83, publiés en 1756. La note de Voltaire est de 1761; son texte est de 1752. B.
[526] _Paix précipitée par le seul motif de soulager le royaume. Mémoires de Torci_, tome Iᵉʳ, page 50, première édition.
[527] Giannone, si célèbre par son utile _Histoire de Naples_, dit que ces tribunaux étaient établis à Tournai. Il se trompe souvent sur toutes les affaires qui ne sont pas celles de son pays. Il dit, par exemple, qu’à Nimègue, Louis XIV fit la paix avec la Suède. Au contraire, la Suède était son alliée.
[528] François 1ᵉʳ, époux de Marie-Thérèse: voyez, tome XXI, le chap. XVII du _Précis du Siècle de Louis XV_. B.
[529] Il avait dix-huit ans, comme Voltaire le dit tome XXIV, page 64, dans son _Histoire de Charles XII_. B.
[530] Voltaire l’appelle _Maximilien-Marie_, tome XXIII, pages 28-29; et _Marie-Emmanuel_, tome XXIII, page 644. L’_Art de vérifier les dates_ dit _Maximilien-Emmanuel_. B.
[531] Voyez les _Mémoires de Torci_, tome Iᵉʳ, page 52.
[532] L’auteur du _Siècle de Louis XIV_ avait écrit la plupart de ces particularités, alors aussi nouvelles qu’intéressantes, long-temps avant que les _Mémoires_ du marquis de Torci parussent; et ces _Mémoires_ ont enfin confirmé tous les faits rapportés dans cette histoire.--Voyez ma note, page 504. B.
[533] Joseph-Ferdinand Léopold, destiné à la couronne d’Espagne, était né le 27 octobre 1692. B.
[534] Les bruits odieux répandus sur la mort du prince électoral de Bavière ne sont plus répétés aujourd’hui que par de vils écrivains sans aveu, sans pudeur, et sans connaissance du monde, qui travaillent pour des libraires, et qui se donnent pour des politiques. On trouve dans les prétendus _Mémoires de madame de Maintenon_, tome V, page 6, ces paroles: «La cour de Vienne, de tout temps infectée des maximes de Machiavel, et soupçonnée de réparer par ses empoisonneurs les fautes de ses ministres.» Il semble, par cette phrase, que la cour de Vienne eût de tout temps des empoisonneurs en titre d’office, comme on a des huissiers et des drabans. C’est un devoir de relever des expressions si indécentes, et de combattre des idées si calomnieuses.
[535] Voltaire dit _Pernits_, dans le chap. XXVI. Saint-Simon écrit _Berlips_; voyez pages 278, 445 du tome II de l’édition de ses _Mémoires_ en vingt volumes in-8º. B.
[536] Reboulet suppose que cet ambassadeur fut reçu d’abord magnifiquement. Il fait un grand éloge de sa livrée, de son beau carrosse doré, et de l’accueil tout-à-fait gracieux de sa majesté. Mais le marquis, dans ses dépêches, avoue qu’on ne lui fit nulle civilité, et qu’il ne vit le roi qu’un moment dans une chambre très sombre, éclairée de deux bougies, de peur qu’il ne s’aperçût que ce prince était moribond. Enfin, les _Mémoires_ de Torci démontrent qu’il n’y a pas un mot de vrai dans tout ce que Reboulet, Limiers, et les autres historiens, ont dit de cette grande affaire.
[537] Il y avait toujours un parti français à la cour d’Espagne. Les chefs de ce parti imaginèrent de faire accroire au roi qu’il était ensorcelé, et l’on envoya consulter, en conséquence, le plus habile sorcier qu’il y eût alors dans toute l’Espagne. Le sorcier répondit comme on le desirait, mais il eut la maladresse de compromettre dans sa réponse des personnes très considérables; ce qui fournit à la reine, contre qui cette intrigue était dirigée, et qui n’osait s’en plaindre, un prétexte pour perdre le sorcier et ses protecteurs. (_Mémoires de Saint-Philippe_). K.
[538] Quelques mémoires disent que le cardinal Portocarrero arracha du roi mourant la signature de ce testament; ils lui font tenir un long discours pour y disposer ce monarque: mais on voit que tout était déjà préparé et réglé dès le mois de juillet. Qui pourrait d’ailleurs savoir ce que dit le cardinal Portocarrero au roi tête à tête?
[539] Voyez, dans le volume suivant, le chapitre (XXVII) des _Anecdotes_.
[540] Voyez les _Mémoires_ de Torci, tome Iᵉʳ, page 12.
[541] A ne considérer que la justice, cette question était délicate. Le traité de partage liait Louis XIV; mais il n’avait aucun droit de priver son petit-fils d’une succession qui était indépendante de son autorité. Il avait encore moins celui de donner à l’Espagne un autre maître que celui qui était appelé au trône par la règle ordinaire des successions, par le testament de Charles II et le consentement des peuples. Le traité fait avec l’Angleterre paraît donc injuste; et ce n’est pas de l’avoir violé, mais de l’avoir proposé, qu’on peut faire un reproche à Louis XIV. Devait-il regarder comme absolument nul cet engagement injuste, ou devait-il, en laissant la liberté à son petit-fils d’accepter ou de refuser, se croire obligé à ne lui point donner de secours contre les puissances avec lesquelles il avait pris des engagements? La guerre qu’elles feraient au nouveau roi d’Espagne n’était-elle point évidemment injuste? Et l’engagement de ne pas défendre son petit-fils, injustement attaqué, aurait-il pu être légitime? K.
[542] Malgré le mépris où sont en France les prétendus _Mémoires de madame de Maintenon_, en est pourtant obligé d’avertir les étrangers que tout ce qu’on y dit au sujet de ce testament est faux. L’auteur prétend que lorsque l’ambassadeur d’Espagne vint apporter à Louis XIV les dernières volontés de Charles II, le roi lui répondit: _Je verrai_. Certainement le roi ne fit point une réponse si étrange, puisque, de l’aveu du marquis de Torci, l’ambassadeur d’Espagne n’eut audience de Louis XIV qu’après le conseil dans lequel le testament fut accepté.
Le ministre qu’on avait alors en Espagne s’appelait _Blécour_, et non pas _Belcour_. Ce que le roi dit à l’ambassadeur Castel dos Rios, dans les _Mémoires de Maintenon_, n’a jamais été dit que dans ce roman.
[543] Guillaume III, né, suivant les uns, le 14 octobre 1650, suivant les autres, le 13 novembre, est mort le 16 mars 1702, avant d’avoir atteint sa cinquante-deuxième année. Il était dans la cinquante et unième au commencement de 1701. B.
[544] Du moins c’est ce que rapportent les _Mémoires_ manuscrits _du marquis de Dangeau_. Ils sont quelquefois infidèles.
[545] Cet alinéa fut ajouté dans l’édition de 1752. Des changements et additions furent aussi faits à ce qui précède et à ce qui suit. B.
[546] Il paraît, d’après les notes des _Mémoires de Berwick_, que Louis XIV avait pris sa résolution avant la mort de Jacques, et qu’ainsi le conseil, dont en a parlé ici, fut tenu avant la troisième visite de Louis XIV à ce prince, celle où il déclara au malheureux Jacques qu’il reconnaîtrait son fils pour roi d’Angleterre. K.
[547] Entre autres, milord Bolingbroke, dont les _Mémoires_ ont depuis justifié ce que l’auteur du _Siècle_ avance. Voyez ses _Lettres_, tome II, page 56. C’est ainsi que pense encore M. de Torci dans ses _Mémoires_. Il dit, page 164 du tome Iᵉʳ, première édition: «La résolution que prit le roi, de reconnaître le prince de Galles en qualité de roi d’Angleterre, changea les dispositions qu’une grande partie de la nation témoignait à conserver la paix, etc.» Le lord Bolingbroke avoue, dans ses _Lettres_, que Louis XIV reconnut le prétendant _par des importunités de femmes_. On voit, par ces témoignages, avec quelle exactitude l’auteur du _Siècle de Louis XIV_ a cherché la vérité, et avec quelle candeur il l’a dite.
[548] Voyez page 476. B.
[549] Voyez, ci-devant, la note de la page 460.
On a fait dire à Guillaume: «Le roi de France ne devrait point me haïr; je l’imite en beaucoup de choses, je le crains en plusieurs, et je l’admire en tout.» On cite sur cela les _Mémoires de M. de Dangeau_. Je ne me souviens point d’y avoir vu ces paroles: elles ne sont ni dans le caractère ni dans le style du roi Guillaume. Elles ne se trouvent dans aucun mémoire anglais concernant ce prince, et il n’est pas possible qu’il ait dit qu’il imitait Louis XIV, lui dont les mœurs, les goûts, la conduite dans la guerre et dans la paix, furent en tout l’opposé de ce monarque.