Œuvres de Voltaire Tome XIX: Siècle de Louis XIV.—Tome I
Part 2
LOUIS, dauphin, a laissé une fille naturelle. Après la mort de son père on voulut la faire religieuse; madame la duchesse de Bourgogne, apprenant que cette vocation était forcée, s’y opposa, lui donna une dot, et la maria.
PRINCES ET PRINCESSES DU SANG ROYAL,
QUI VÉCURENT DANS LE SIÈCLE DE LOUIS XIV.
JEAN-BAPTISTE GASTON, duc d’Orléans, second fils de Henri IV et de Marie de Médicis, né à Fontainebleau en 1608, presque toujours infortuné, haï de son frère, persécuté par le cardinal de Richelieu, entrant dans toutes les intrigues, et abandonnant souvent ses amis. Il fut la cause de la mort du duc de Montmorenci, de Cinq-Mars, du vertueux de Thou. Jaloux de son rang et de l’étiquette, il fit un jour changer de place toutes les personnes de la cour à une fête qu’il donnait; et prenant le duc de Montbazon par la main pour le faire descendre d’un gradin, le duc de Montbazon lui dit: «Je suis le premier de vos amis que vous ayez aidé à descendre de l’échafaud.» Il joua un rôle considérable, mais triste, pendant la régence, et mourut relégué à Blois, en 1660.
ÉLISABETH, fille de Henri IV, née en 1602, épouse de Philippe IV, très malheureuse en Espagne, où elle vécut sans crédit et sans consolation: morte en 1644.
CHRISTINE, seconde fille de Henri IV, femme de Victor-Amédée, duc de Savoie. Sa vie fut un continuel orage à la cour et dans les affaires. On lui disputa la tutèle de son fils, on attaqua son pouvoir et sa réputation. Morte en 1663.
HENRIETTE-MARIE, épouse de Charles Iᵉʳ, roi de la Grande-Bretagne, la plus malheureuse princesse de cette maison; elle avait presque toutes les qualités de son père. Morte en 1669.
Mademoiselle DE MONTPENSIER[15], nommée _la Grande Mademoiselle_, fille de Gaston et de Marie de Bourbon-Montpensier, dont nous avons les _Mémoires_, et dont il est beaucoup parlé dans cette histoire; morte en 1693.
MARGUERITE-LOUISE, femme de Cosme de Médicis, laquelle abandonna son mari et se retira en France.
FRANÇOISE-MAGDELEINE, femme de Charles-Emmanuel, duc de Savoie.
PHILIPPE, _Monsieur_, frère unique de Louis XIV, mort le 9 juin 1701. Il épousa Henriette, fille de Charles Iᵉʳ, roi d’Angleterre, petite-fille de Henri-le-Grand, princesse chère à la France par son esprit et par ses graces, morte à la fleur de son âge en 1670. Il eut de cette princesse Marie-Louise, mariée à Charles II, roi d’Espagne, en 1679, morte à 27 ans, en 1689; et Anne-Marie, mariée à Victor-Amédée, duc de Savoie, depuis roi de Sardaigne. C’est à cause de ce mariage que dans la plupart des mémoires sur la guerre de la succession, on nomme le duc d’Orléans oncle[16] de Philippe V.
Ce fut lui qui commença la nouvelle maison d’Orléans. Il eut de la fille de l’électeur palatin, morte en 1722,
PHILIPPE D’ORLÉANS, régent de France, célèbre par le courage, par l’esprit, et les plaisirs; né pour la société encore plus que pour les affaires; et l’un des plus aimables hommes qui aient jamais été. Sa sœur a été la dernière duchesse de Lorraine. Mort en 1723.
LA BRANCHE DE CONDÉ EUT UN TRÈS GRAND ÉCLAT.
HENRI, prince de CONDÉ, second du nom, premier prince du sang, jouit d’un crédit solide pendant la régence, et de la réputation d’une probité rare dans ces temps de trouble. Possédant environ deux millions de rente selon la manière de compter d’aujourd’hui, il donna dans sa maison l’exemple d’une économie que le cardinal Mazarin aurait dû imiter dans le gouvernement de l’état, mais qui était trop difficile. Sa plus grande gloire fut d’être le père du grand Condé. Mort en 1646.
LE GRAND CONDÉ, LOUIS II du nom, fils du précédent et de Charlotte-Marguerite de Montmorenci, neveu de l’illustre et malheureux duc de Montmorenci, décapité à Toulouse, réunit en sa personne tout ce qui avait caractérisé pendant tant de siècles ces deux maisons de héros. Né le 8 septembre 1621: mort le 11 décembre 1686.
Il eut de Clémence de Maillé de Brézé, nièce du cardinal de Richelieu,
HENRI-JULES, nommé communément _Monsieur le Prince_, mort en 1709.
Henri-Jules eut d’Anne de Bavière, palatine du Rhin,
LOUIS DE BOURBON, nommé _Monsieur le duc_, père de celui qui fut le premier ministre sous Louis XV: mort en 1710.
BRANCHE DE CONTI.
Le premier prince DE CONTI[17], ARMAND, était frère du grand Condé; il joua un rôle dans la fronde. Mort en 1666.
Il laissa d’Anne Martinozzi, nièce du cardinal Mazarin,
LOUIS, mort sans enfant de sa femme Marie-Anne, fille de Louis XIV et de la duchesse de La Vallière, en 1685;
Et FRANÇOIS-LOUIS, prince de la Roche-sur-Yon, puis de Conti, qui fut élu roi de Pologne en 1697; prince dont la mémoire a été long-temps chère à la France, ressemblant au grand Condé par l’esprit et le courage, et toujours animé du désir de plaire, qualité qui manqua quelquefois au grand Condé: mort en 1709.
Il eut d’Adélaïde de Bourbon, sa cousine,
LOUIS-ARMAND, né en 1695, qui survécut à Louis XIV[18].
BRANCHE DE BOURBON-SOISSONS.
Il n’y eut de cette branche que LOUIS, comte de Soissons: tué à la bataille de La Marfée, en 1641.
Toutes les autres branches de la maison de Bourbon étaient éteintes.
Les COURTENAI n’étaient reconnus princes du sang que par la voix publique, et ils n’en avaient point le rang. Ils descendaient de Louis-le-Gros; mais leurs ancêtres ayant pris les armoiries de l’héritière de Courtenai, ils n’avaient pas eu la précaution de s’attacher à la maison royale, dans un temps où les grands terriens ne connaissaient de prérogative que celle des grands fiefs et de la pairie. Cette branche avait produit des empereurs de Constantinople, et ne put fournir un prince du sang reconnu. Le cardinal Mazarin voulut, pour mortifier la maison de Condé, faire donner aux Courtenai le rang et les honneurs qu’ils demandaient depuis long-temps; mais il ne trouva pas en eux un grand appui pour exécuter ce dessein.
SOUVERAINS CONTEMPORAINS.
PAPES.
Barberini, URBAIN VIII. Ce fut lui qui donna aux cardinaux le titre d’_éminence_. Il abolit les jésuitesses[19]: il n’était pas encore question d’abolir les jésuites. Nous avons de lui un gros recueil de vers latins. Il faut avouer que l’Arioste et le Tasse ont mieux réussi. Mort en 1644.
Pamphilo, INNOCENT X, connu pour avoir chassé de Rome les deux neveux d’Urbain VIII, auxquels il devait tout; pour avoir condamné les cinq propositions de Jansénius sans avoir eu l’ennui de lire le livre, et pour avoir été gouverné par la _Dona Olympia_, sa belle-sœur, qui vendit sous son pontificat tout ce qui pouvait se vendre: mort en 1655.
Chigi, ALEXANDRE VII. C’est lui qui demanda pardon à Louis XIV, par un légat _a latere_. Il était plus mauvais poëte qu’Urbain VIII. Long-temps loué pour avoir négligé le népotisme, il finit par le mettre sur le trône. Mort en 1667.
Rospigliosi, CLÉMENT IX, ami des lettres sans faire de vers, pacifique, économe, et libéral, père du peuple. Il avait à cœur deux choses dont il ne put venir à bout: d’empêcher les Turcs de prendre Candie, et de mettre la paix dans l’Église de France. Mort en 1669.
Altieri, CLÉMENT X, honnête homme et pacifique comme son prédécesseur, mais gouverné: mort en 1676.
Odescalchi, INNOCENT XI, fier ennemi de Louis XIV, oubliant les intérêts de l’Église en faveur de la ligue formée contre ce monarque. Il en est beaucoup parlé dans cette histoire[20]. Mort en 1689.
Ottoboni, Vénitien, ALEXANDRE VIII. Nul ne secourut plus les pauvres, et n’enrichit plus ses parents. Mort en 1691.
Pignatelli, INNOCENT XII. Il condamna l’illustre Fénélon; d’ailleurs il fut aimé et estimé. Mort en 1700.
Albani, CLÉMENT XI. Sa bulle contre Quesnel, qui n’a qu’une feuille, est beaucoup plus connue que ses ouvrages en six volumes in-folio. Mort en 1721.
MAISON OTTOMANE.
IBRAHIM. C’est lui dont Racine dit avec juste raison,
L’imbécile Ibrahim, sans craindre sa naissance, Traine, exempt de péril, une éternelle enfance.
Tiré de sa prison pour régner après la mort d’Amurat, son frère. Tout imbécile qu’il était, les Turcs conquirent l’île de Candie sous son règne. Étranglé en 1649.
MAHOMET IV, fils d’Ibrahim, déposé et mort en 1687[21].
SOLIMAN III, fils d’Ibrahim, et frère de Mahomet IV, après des succès divers dans ses guerres contre l’Allemagne, meurt de sa mort naturelle en 1691.
ACHMET II, frère du précédent, poëte et musicien. Son armée fut battue à Salenkemen par le prince Louis de Bade. Mort en 1695.
MUSTAPHA II, fils de Mahomet IV, vainqueur à Témesvar, vaincu par le prince Eugène à la bataille de Zenta sur le Tibisk, en septembre 1697, déposé dans Andrinople, et mort dans le sérail de Constantinople en 1703.
ACHMET III, frère du précédent, battu encore par le prince Eugène à Peterwaradin et à Belgrade, déposé en 1730.
EMPEREURS D’ALLEMAGNE.
On n’en dira rien ici, parcequ’il en est beaucoup parlé dans le corps de l’histoire.
FERDINAND III, mort en 1657[22].
LÉOPOLD Iᵉʳ, mort en 1705.
JOSEPH Iᵉʳ, mort en 1711.
CHARLES VI, mort en 1740.
ROIS D’ESPAGNE.
_Idem._
PHILIPPE IV, mort en 1665.
CHARLES II, mort en 1700.
PHILIPPE V, mort en 1746.
ROIS DE PORTUGAL.
JEAN IV, duc de Bragance, surnommé _le Fortuné_. Sa femme, Louise de Gusman, le fit roi de Portugal. Mort en 1656.
ALFONSE VI, fils du précédent. Si Jean fut roi par le courage de sa femme, Alfonse fut détrôné par la sienne en 1667; confiné dans l’île de Tercère, où il mourut en 1683[23].
DOM PÈDRE, frère du précédent, lui ravit sa couronne et sa femme; et pour l’épouser légitimement le fit déclarer impuissant, tout débauché qu’il était. Mort en 1706.
JEAN V, mort en 1750.
ROIS D’ANGLETERRE, D’ÉCOSSE, ET D’IRLANDE,
DONT IL EST PARLÉ DANS LE SIÈCLE DE LOUIS XIV.
CHARLES Iᵉʳ, assassiné juridiquement sur un échafaud, en 1649.
CROMWELL (Olivier), protecteur, le 22 décembre 1653, plus puissant qu’un roi: mort le 13 septembre 1658.
CROMWELL (Richard), protecteur immédiatement après la mort de son père, dépossédé paisiblement au mois de juin 1659: mort en 1685[24].
CHARLES II, mort en 1685.
JACQUES II, détrôné en 1688: mort en 1701.
GUILLAUME III, mort en 1702.
ANNE STUART, morte en 1714.
GEORGE Iᵉʳ, mort en 1727.
ROIS DE DANEMARK.
CHRISTIAN IV, mort en 1648.
FRÉDÉRIC III, reconnu, en 1661, par le clergé et les bourgeois, pour souverain absolu, supérieur aux lois, pouvant les faire, les abroger, les négliger, à sa volonté. La noblesse fut obligée de se conformer aux vœux des deux autres ordres de l’état. Par cette étrange loi, les rois de Danemark ont été les seuls princes despotiques de droit; et ce qui est encore plus étrange, c’est que ni ce roi ni ses successeurs n’en ont abusé que rarement. Mort le 19 février 1670.
CHRISTIAN V, mort en 1699.
FRÉDÉRIC IV, mort en 1730.
ROIS DE SUÈDE.
CHRISTINE. Il en est parlé beaucoup dans le siècle de Louis XIV. Elle avait abdiqué en 1654. Morte à Rome en 1689.
CHARLES X, plus communément appelé _Charles-Gustave_: il était de la maison palatine, et neveu de Gustave-Adolphe par sa mère. Il voulut établir en Suède la puissance arbitraire. Mort en 1660.
CHARLES XI, qui établit cette puissance: mort en 1697.
CHARLES XII, qui en abusa, et qui, par cet abus, fut cause de la liberté du royaume: mort en 1718[25].
ROIS DE POLOGNE.
LADISLAS-SIGISMOND, vainqueur des Turcs. Ce fut lui qui, en 1645, envoya une magnifique ambassade pour épouser par procureur la princesse Marie de Gonzague de Nevers. Les personnes, les habits, les chevaux, les carrosses des ambassadeurs polonais, éclipsèrent la splendeur de la cour de France, à qui Louis XIV n’avait pas encore donné cet éclat qui éclipsa depuis toutes les autres cours du monde. Mort en 1648.
JEAN-CASIMIR, frère du précédent, jésuite, puis cardinal, puis roi, épousa la veuve de son frère, s’ennuya de la Pologne, la quitta en 1670[26], se retira à Paris, fut abbé de Saint-Germain-des-Prés, vécut beaucoup avec Ninon. Mort en 1672.
MICHEL VIESNOVIESKI, élu en 1670. Il laissa prendre par les Turcs Kaminieck, la seule ville fortifiée et la clef du royaume, et se soumit à être leur tributaire: mort en 1673.
JEAN SOBIESKI, élu en 1674, vainqueur des Turcs et libérateur de Vienne. Sa vie a été écrite par l’abbé Coyer, homme d’esprit et philosophe. Il épousa une Française, ainsi que Ladislas et Casimir[27]; c’était mademoiselle d’Arquien. Mort en 1696.
AUGUSTE Iᵉʳ[28], électeur de Saxe, élu en 1697, par une partie de la noblesse, pendant que le prince de Conti était choisi par l’autre. Bientôt seul roi; détrôné par Charles XII, rétabli par le czar Pierre Iᵉʳ: mort en 1733.
STANISLAS, établi au contraire par Charles XII, et détrôné par Pierre Iᵉʳ: mort en 1765[29].
ROIS DE PRUSSE.
FRÉDÉRIC, le premier roi: mort en 1700[30].
FRÉDÉRIC-GUILLAUME, le premier qui eut une grande armée et qui la disciplina, père de Frédéric-le-Grand, le premier qui vainquit avec cette armée: mort en 1740.
CZARS DE RUSSIE,
DEPUIS EMPEREURS.
MICHEL ROMANOV[31], fils de Philarète, archevêque de Rostou, élu en 1613, à l’âge de quinze ans. De son temps les czars n’épousaient que leurs sujettes; ils fesaient venir à leur cour un certain nombre de filles, et choisissaient. Ce sont les anciennes mœurs asiatiques. C’est ainsi que Michel épousa la fille d’un pauvre gentilhomme qui cultivait ses champs lui-même: mort en juillet 1645.
ALEXIS, fils de Michel, qui combattit les Ottomans avec succès: mort en février 1676[32].
FÉDOR, fils d’Alexis, qui voulut policer les Russes, ouvrage réservé à Pierre-le-Grand: mort en 1682.
IVAN, frère de Fédor, et aîné de Pierre, incapable du trône: mort en 1696.
PIERRE-LE-GRAND, vrai fondateur: mort en janvier 1725[33].
GOUVERNEURS DE FLANDRE.
Les Pays-Bas ayant presque toujours été le théâtre de la guerre sous Louis XIV, il paraît convenable de placer ici la suite des gouverneurs de cette province, qui ne vit aucun de ses rois depuis Philippe II.
Le marquis FRANCISCO DE MELLO D’ASUMAR, le même qui fut battu par le grand Condé: démis en 1644.
Le grand commandeur CASTEL RODRIGO: mort en 1647[34].
LÉOPOLD-GUILLAUME, archiduc d’Autriche, c’est-à-dire portant le titre d’archiduc, mais n’ayant rien dans l’Autriche, frère de Ferdinand II. Ce fut lui qui envoya un député au parlement de Paris pour s’unir avec lui contre le cardinal Mazarin. Mort en 1656.
DON JUAN D’AUTRICHE, fils naturel de Philippe IV, fameux ennemi du premier ministre d’Espagne, le jésuite Nitard, comme le prince de Condé du cardinal Mazarin, mais plus heureux que le prince de Condé, en ce qu’il fit chasser Nitard pour jamais. Ce fut lui qui fut battu par Turenne à la bataille des Dunes. Mort en 1659[35].
Le marquis DE CARACÈNE: mort en 1664.
Le marquis DE CASTEL RODRIGO, qui soutint mal la guerre contre Louis XIV, et qui ne pouvait pas la bien soutenir: mort en 1668.
FERNANDÈS DE VELASCO, connétable de Castille: mort en 1669.
Le comte DE MONTEREY, qui secourut sous main les Hollandais contre Louis XIV: mort en 1675.
Le duc DE VILLA HERMOSA, l’homme le plus généreux de son temps: mort en 1678.
ALEXANDRE FARNÈSE, second fils du duc de Parme. Ce nom d’Alexandre était difficile à soutenir: démis en 1682.
Le marquis DE GRANA: mort en 1685.
Le marquis DE CASTANAGA: mort en 1692.
MAXIMILIEN-EMMANUEL, électeur de Bavière, fut gouverneur des Pays-Bas, après la bataille d’Hochstedt, et en garda le titre jusqu’à la paix d’Utrecht en 1714. Mort la même année.
Le prince EUGÈNE, vicaire général des Pays-Bas. Il n’y résida jamais. Mort en 1736.
MARÉCHAUX DE FRANCE
MORTS SOUS LOUIS XIV, OU QUI ONT SERVI SOUS LUI.
ALBRET (César-Phœbus d’), de la maison des rois de Navarre, maréchal de France en 1653[36]. Il ne fit point de difficulté d’épouser la fille de Guénégaud, trésorier de l’épargne, qui fut une dame d’un très grand mérite. Saint-Évremond l’a célébrée. Il fut amant de madame de Maintenon et de la fameuse Ninon; chéri dans la société, estimé à la guerre. Mort en 1676.
ALÈGRE (Yves d’), ayant servi près de soixante ans sous Louis XIV, n’a été maréchal qu’en 1724: mort en 1733.
ASFELD (Claude-François Bidal d’) s’acquit une grande réputation pour l’attaque et la défense des places. Il contribua beaucoup à la bataille d’Almanza: maréchal en 1734: mort en 1743.
AUBUSSON DE LA FEUILLADE (François d’), maréchal en 1675. C’est lui qui, par reconnaissance, fit élever la statue de Louis XIV à la place des Victoires. Mort en 1691. Son fils ne fut maréchal que long-temps après, en 1725.
AUMONT (Antoine d’), petit-fils du célèbre Jean, maréchal d’Aumont, l’un des grands capitaines de Henri IV. Antoine contribua beaucoup au gain de la bataille de Rethel en 1650. Il eut le bâton de maréchal pour récompense, et mourut en 1669.
BALINCOURT (Testu de), maréchal en 1746.
BARWICK, ou plutôt BERWICK (Jacques Fitzjames, duc de), fils naturel du roi d’Angleterre, Jacques II, et d’une sœur du duc de Marlborough. Son père le fit duc de Barwick en Angleterre. Il fut aussi duc en Espagne. Il le fut en France. Maréchal en 1706; tué au siége de Philipsbourg en 1734. Il a laissé des Mémoires que M. l’abbé Hook a publiés en 1778; on y trouve des anecdotes curieuses, et des détails instructifs sur ses campagnes[37].
BASSOMPIERRE (François de), né en avril 1579, colonel général des Suisses, maréchal en 1622; détenu à la Bastille depuis 1631 jusqu’à la mort du cardinal de Richelieu. Il y composa ses Mémoires qui roulent sur des intrigues de cour et ses galanteries. César, dans ses Mémoires, ne parle point de ses bonnes fortunes. L’on ignore assez communément qu’il fit revêtir de pierres, à ses dépens, le fossé du Cours-la-Reine, qu’on vient de combler. Mort en 1646.
BELLEFONDS (Bernardin Gigault, marquis de), maréchal en 1668; il gagna une bataille en Catalogne, en 1684. Mort en 1694.
BELLE-ISLE (Charles-Louis-Auguste Fouquet, comte de), petit-fils du surintendant, distingué dans les guerres de 1701; duc et pair, prince de l’empire, maréchal en 1741. Il fit avec son frère (Louis-Charles) tout le plan de la guerre contre la reine de Hongrie[38], où son frère fut tué. Mort ministre et secrétaire d’état de la guerre, en 1761.
BEZONS (Jacques Bazin de), maréchal en 1709: mort en 1733.
BIRON (Armand-Charles de Gontaut, duc de), qui a fait revivre le duché de sa maison[39]. Ayant servi dans toutes les guerres de Louis XIV, et perdu un bras au siége de Landau, n’a été maréchal qu’en 1734.
BOUFFLERS (Louis-François, duc de), l’un des meilleurs officiers de Louis XIV; maréchal en 1693: mort en 1711.
BOURG (Éléonor-Marie du Maine, comte du), gagna un combat important sous Louis XIV, et ne fut maréchal qu’en 1725. Mort la même année.
BRANCAS (Henri de), ayant servi long-temps sous Louis XIV, fut maréchal en 1734.
BRÉZÉ (Urbain de Maillé, marquis de), beau-frère du cardinal de Richelieu, maréchal en 1632, vice-roi de Catalogne: mort en 1650.
BROGLIO (Victor-Maurice), ayant servi dans toutes les guerres de Louis XIV, maréchal en 1724: mort en 1727.
BROGLIO (François-Marie, duc de), fils du précédent. L’un des meilleurs lieutenants-généraux dans les guerres de Louis XIV, maréchal en 1734; père d’un autre maréchal de Broglio[40], qui a réuni les talents de ses ancêtres.
CASTELNAU (Jacques de), maréchal en 1658, blessé à mort, la même année[41], au siége de Calais.
CATINAT (Nicolas de), maréchal en 1693. Il mêla la philosophie aux talents de la guerre. Le dernier jour qu’il commanda en Italie, il donna pour mot, _Paris_ et _Saint-Gratien_, qui était le nom de sa maison de campagne. Il y mourut en sage, après avoir refusé le cordon bleu, en 1712.
CHAMILLI (Noël Bouton, marquis de), avait été au siége de Candie; maréchal en 1703, il s’est rendu célèbre par la défense de Grave en 1675; le siége de cette petite place dura quatre mois, et coûta seize mille hommes à l’armée des alliés. Les gens de l’art regardent encore cette défense comme un modèle. Mort en 1715.
CHATEAU-REGNAUD (François-Louis Rousselet, comte de), vice-amiral de France, servit également bien sur terre et sur mer, nettoya la mer des pirates, battit les Anglais dans la baie de Bantri, bombarda Alger en 1688, mit en sûreté les îles de l’Amérique. Maréchal en 1703: mort en 1716.
CHAULNES (Honoré d’Albert, duc de), maréchal en 1620: mort en 1649.
CHOISEUL-FRANCIÈRES (Claude, comte de), troisième maréchal de France de ce nom, en 1693: mort en 1711.
CLÉREMBAULT (Philippe de), comte de Palluau, maréchal en 1653: mort en 1665.
CLERMONT-TONNERRE (Gaspard, marquis de), ayant servi dans la guerre de 1701, maréchal en 1747.
COIGNI (François de Franquetot, duc de), long-temps officier général sous Louis XIV, maréchal en 1734, a gagné deux batailles en Italie[42].
COLIGNI (Gaspard de), petit-fils de l’amiral; maréchal en 1622; il commanda l’armée de Louis XIII contre les troupes rebelles du comte de Soissons. Tué à La Marfée: mort en 1646.
CRÉQUI (François de Bonne de), maréchal en 1668; mort avec la réputation d’un homme qui devait remplacer le vicomte de Turenne, en 1687. Il était de la maison de Blanchefort.
DURAS (Jacques-Henri de Durfort, duc de), neveu du vicomte de Turenne, fut maréchal en 1675, immédiatement après la mort de son oncle: mort en 1704.
DURAS (Jean-Baptiste de Durfort, duc de), maréchal de camp sous Louis XIV; maréchal de France en 1741[43]; fils de Jacques-Henri, et père du maréchal de Duras actuellement vivant.
ESTAMPES (Jacques de La Ferté-Imbaut d’), maréchal en 1651: mort en 1668[44].
ESTRÉES (François-Annibal, duc d’), maréchal en 1626. Ce qui est très singulier, c’est qu’à l’âge de quatre-vingt-treize ans il se remaria avec mademoiselle de Manicamp, qui fit une fausse couche. Il mourut à plus de cent ans, en 1670.
ESTRÉES (Jean, comte d’), vice-amiral en 1670, et maréchal en 1681: mort en 1707.
ESTRÉES (Victor-Marie, duc d’), fils de Jean d’Estrées, vice-amiral de France, comme son père, avant d’être maréchal. Il est à remarquer qu’en cette qualité de vice-amiral de France il commandait les flottes française et espagnole en 1701; maréchal en 1703. Mort en 1737.
FABERT (Abraham), maréchal en 1658. On s’est obstiné à vouloir attribuer sa fortune et sa mort à des causes surnaturelles. Il n’y eut d’extraordinaire en lui que d’avoir fait sa fortune uniquement par son mérite, et d’avoir refusé le cordon de l’ordre, quoiqu’on le dispensât de faire des preuves[45]. On prétend que le cardinal Mazarin lui proposant de lui servir d’espion dans l’armée, il lui dit: «Peut-être faut-il à un ministre de braves gens et des fripons. Je ne puis être que du nombre des premiers.» Mort en 1662.
FARE (de LA), fils du marquis de La Fare, célèbre par ses poésies agréables; officier dans la guerre de 1701, maréchal en 1746.
FERTÉ-SENNECTERRE (Henri, duc de LA), fait maréchal de camp sur la brèche de Hesdin, commanda l’aile gauche à la bataille de Rocroi; maréchal en 1651: mort en 1681.
FORCE (Jacques Nompar de Caumont, duc de LA), maréchal en 1622. C’est lui qui échappa au massacre de la Saint-Barthélemi, et qui a écrit cet événement dans des Mémoires[46] conservés dans sa maison. Mort à quatre-vingt-dix-sept ans, en 1652.
FOUCAULT (Louis), comte de Daugnon, maréchal en 1653: mort en 1659.
GASSION (Jean de), élève du grand Gustave, maréchal en 1643. Il était calviniste. Il ne voulut jamais se marier, disant qu’il fesait trop peu de cas de la vie pour en faire part à quelqu’un. Tué au siége de Lens, en 1647.
GRAMMONT (Antoine de), maréchal en 1641: mort en 1678.
GRAMMONT (Antoine de), petit-fils du précédent, maréchal en 1724, père du duc de Grammont, tué à la bataille de Fontenoi: mort en 1725.
GRANCEI (Jacques Rouxel, comte de), maréchal en 1651: mort en 1680.
GUÉBRIANT (Jean-Baptiste Budes, comte de), maréchal en 1642, l’un des grands hommes de guerre de son temps; tué, en 1643, au siége de Rotveil, enterré avec pompe à Notre-Dame.