Œuvres de P. Corneille, Tome 03
Part 40
La constance est ici d'un difficile usage: 410 De pareils déplaisirs accablent un grand coeur; La vertu la plus mâle en perd toute vigueur; Et quand d'un feu si beau les âmes sont éprises, La mort les trouble moins que de telles surprises. Je ne suis plus à moi quand j'entends ce discours[1208]. 415 Pauline est mariée!
FABIAN.
Oui, depuis quinze jours, Polyeucte, un seigneur des premiers d'Arménie, Goûte de son hymen la douceur infinie.
SÉVÈRE.
Je ne la puis du moins blâmer d'un mauvais choix, Polyeucte a du nom, et sort du sang des rois. 420 Foibles soulagements d'un malheur sans remède! Pauline, je verrai qu'un autre vous possède! O ciel, qui malgré moi me renvoyez au jour. O sort, qui redonniez l'espoir à mon amour, Reprenez la faveur que vous m'avez prêtée, 425 Et rendez-moi la mort que vous m'avez ôtée. Voyons-la toutefois, et dans ce triste lieu Achevons de mourir en lui disant adieu; Que mon coeur, chez les morts emportant son image, De son dernier soupir puisse lui faire hommage[1209]! 430
FABIAN.
Seigneur, considérez....
SÉVÈRE.
Tout est considéré. Quel désordre peut craindre un coeur désespéré? N'y consent-elle pas?
FABIAN.
Oui, Seigneur, mais....
SÉVÈRE.
N'importe.
FABIAN.
Cette vive douleur en deviendra plus forte.
SÉVÈRE.
Et ce n'est pas un mal que je veuille guérir; 435 Je ne veux que la voir, soupirer, et mourir.
FABIAN.
Vous vous échapperez sans doute en sa présence: Un amant qui perd tout n'a plus de complaisance; Dans un tel entretien il suit sa passion[1210], Et ne pousse qu'injure et qu'imprécation. 440
SÉVÈRE.
Juge autrement de moi: mon respect dure encore; Tout violent qu'il est, mon désespoir l'adore. Quels reproches aussi peuvent m'être permis? De quoi puis-je accuser qui ne m'a rien promis? Elle n'est point parjure, elle n'est point légère: 445 Son devoir m'a trahi, mon malheur, et son père. Mais son devoir fut juste, et son père eut raison: J'impute à mon malheur toute la trahison; Un peu moins de fortune, et plus tôt arrivée, Eût gagné l'un par l'autre, et me l'eût conservée; 450 Trop heureux, mais trop tard, je n'ai pu l'acquérir: Laisse-la-moi donc voir, soupirer, et mourir.
FABIAN.
Oui, je vais l'assurer qu'en ce malheur extrême Vous êtes assez fort pour vous vaincre vous-même. Elle a craint comme moi ces premiers mouvements 455 Qu'une perte imprévue arrache aux vrais amants, Et dont la violence excite assez de trouble, Sans que l'objet présent l'irrite et le redouble[1211].
SÉVÈRE.
Fabian, je la vois.
FABIAN.
Seigneur, souvenez-vous....
SÉVÈRE.
Hélas! elle aime un autre, un autre est son époux. 460
SCÈNE II.
SÉVÈRE, PAULINE, STRATONICE, FABIAN.
PAULINE.
Oui, je l'aime, Seigneur, et n'en fais point d'excuse[1212]; Que tout autre que moi vous flatte et vous abuse, Pauline a l'âme noble, et parle à coeur ouvert: Le bruit de votre mort n'est point ce qui vous perd. Si le ciel en mon choix eût mis mon hyménée, 465 A vos seules vertus je me serois donnée, Et toute la rigueur de votre premier sort Contre votre mérite eût fait un vain effort. Je découvrois en vous d'assez illustres marques[1213] Pour vous préférer même aux plus heureux monarques; Mais puisque mon devoir m'imposoit d'autres lois, De quelque amant pour moi que mon père eût fait choix, Quand à ce grand pouvoir que la valeur vous donne Vous auriez ajouté l'éclat d'une couronne, Quand je vous aurois vu, quand je l'aurois haï, 475 J'en aurois soupiré, mais j'aurois obéi, Et sur mes passions ma raison souveraine Eût blâmé mes soupirs et dissipé ma haine.
SÉVÈRE.
Que vous êtes heureuse, et qu'un peu de soupirs Fait un aisé remède à tous vos déplaisirs[1214]! 480 Ainsi de vos desirs toujours reine absolue, Les plus grands changements vous trouvent résolue; De la plus forte ardeur vous portez vos esprits[1215] Jusqu'à l'indifférence et peut-être au mépris; Et votre fermeté fait succéder sans peine 485 La faveur au dédain, et l'amour à la haine[1216]. Qu'un peu de votre humeur ou de votre vertu Soulageroit les maux de ce coeur abattu! Un soupir, une larme à regret épandue M'auroit déjà guéri de vous avoir perdue; 490 Ma raison pourroit tout sur l'amour affoibli, Et de l'indifférence iroit jusqu'à l'oubli; Et mon feu désormais se réglant sur le vôtre, Je me tiendrois heureux entre les bras d'une autre[1217]. O trop aimable objet, qui m'avez trop charmé, 495 Est-ce là comme on aime, et m'avez-vous aimé?
PAULINE.
Je vous l'ai trop fait voir, Seigneur; et si mon âme[1218] Pouvoit bien étouffer les restes de sa flamme, Dieux, que j'éviterois de rigoureux tourments! Ma raison, il est vrai, dompte mes sentiments[1219]; 500 Mais quelque autorité que sur eux elle ait prise, Elle n'y règne pas, elle les tyrannise; Et quoique le dehors soit sans émotion, Le dedans n'est que trouble et que sédition. Un je ne sais quel charme encor vers vous m'emporte; 505 Votre mérite est grand, si ma raison est forte: Je le vois encor tel qu'il alluma mes feux, D'autant plus puissamment solliciter mes voeux, Qu'il est environné de puissance et de gloire, Qu'en tous lieux après vous il traîne la victoire, 510 Que j'en sais mieux le prix, et qu'il n'a point déçu Le généreux espoir que j'en avois conçu. Mais ce même devoir qui le vainquit dans Rome, Et qui me range ici dessous les lois d'un homme, Repousse encor si bien l'effort de tant d'appas, 515 Qu'il déchire mon âme et ne l'ébranle pas. C'est cette vertu même, à nos desirs cruelle, Que vous louiez alors en blasphémant contre elle: Plaignez-vous-en encor; mais louez sa rigueur, Qui triomphe à la fois de vous et de mon coeur; 520 Et voyez qu'un devoir moins ferme et moins sincère[1220] N'auroit pas mérité l'amour du grand Sévère.
SÉVÈRE.
Ah! Madame, excusez une aveugle douleur[1221], Qui ne connoît plus rien que l'excès du malheur: Je nommois inconstance, et prenois pour un crime[1222] 525 De ce juste devoir l'effort le plus sublime. De grâce, montrez moins à mes sens désolés La grandeur de ma perte et ce que vous valez; Et cachant par pitié cette vertu si rare, Qui redouble mes feux lorsqu'elle nous sépare, 530 Faites voir des défauts qui puissent à leur tour Affoiblir ma douleur avecque mon amour.
PAULINE.
Hélas! cette vertu, quoique enfin invincible, Ne laisse que trop voir une âme trop sensible. Ces pleurs en sont témoins, et ces lâches soupirs 535 Qu'arrachent de nos feux les cruels souvenirs: Trop rigoureux effets d'une aimable présence Contre qui mon devoir a trop peu de défense! Mais si vous estimez ce vertueux devoir, Conservez-m'en la gloire, et cessez de me voir. 540 Épargnez-moi des pleurs qui coulent à ma honte; Épargnez-moi des feux qu'à regret je surmonte; Enfin épargnez-moi ces tristes entretiens, Qui ne font qu'irriter vos tourments et les miens.
SÉVÈRE.
Que je me prive ainsi du seul bien qui me reste! 545
PAULINE.
Sauvez-vous d'une vue à tous les deux funeste.
SÉVÈRE.
Quel prix de mon amour! quel fruit de mes travaux!
PAULINE.
C'est le remède seul qui peut guérir nos maux.
SÉVÈRE.
Je veux mourir des miens: aimez-en la mémoire.
PAULINE.
Je veux guérir des miens: ils souilleroient ma gloire. 550
SÉVÈRE.
Ah! puisque votre gloire en prononce l'arrêt, Il faut que ma douleur cède à son intérêt. Est-il rien que sur moi cette gloire n'obtienne[1223]? Elle me rend les soins que je dois à la mienne. Adieu: je vais chercher au milieu des combats 555 Cette immortalité que donne un beau trépas, Et remplir dignement, par une mort pompeuse, De mes premiers exploits l'attente avantageuse, Si toutefois, après ce coup mortel du sort, J'ai de la vie assez pour chercher une mort. 560
PAULINE.
Et moi, dont votre vue augmente le supplice, Je l'éviterai même en votre sacrifice[1224]; Et seule dans ma chambre enfermant mes regrets, Je vais pour vous aux Dieux faire des voeux secrets.
SÉVÈRE.
Puisse le juste ciel, content de ma ruine, 565 Combler d'heur et de jours Polyeucte et Pauline!
PAULINE.
Puisse trouver Sévère, après tant de malheur, Une félicité digne de sa valeur!
SÉVÈRE.
Il la trouvoit en vous.
PAULINE.
Je dépendois d'un père.
SÉVÈRE.
O devoir qui me perd et qui me désespère! 570 Adieu, trop vertueux objet, et trop charmant.
PAULINE.
Adieu, trop malheureux et trop parfait amant.
SCÈNE III.
PAULINE, STRATONICE.
STRATONICE.
Je vous ai plaints[1225] tous deux, j'en verse encor des larmes; Mais du moins votre esprit est hors de ses alarmes: Vous voyez clairement que votre songe est vain; 575 Sévère ne vient pas la vengeance à la main.
PAULINE.
Laisse-moi respirer du moins, si tu m'as plainte: Au fort de ma douleur tu rappelles ma crainte; Souffre un peu de relâche à mes esprits troublés, Et ne m'accable point par des maux redoublés. 580
STRATONICE.
Quoi? vous craignez encor!
PAULINE.
Je tremble, Stratonice; Et bien que je m'effraye avec peu de justice[1226], Cette injuste frayeur sans cesse reproduit L'image des malheurs que j'ai vus cette nuit.
STRATONICE.
Sévère est généreux.
PAULINE.
Malgré sa retenue, 585 Polyeucte sanglant frappe toujours ma vue.
STRATONICE.
Vous voyez ce rival faire des voeux pour lui[1227].
PAULINE.
Je crois même au besoin qu'il seroit son appui; Mais soit cette croyance ou fausse ou véritable, Son séjour en ce lieu m'est toujours redoutable; 590 A quoi que sa vertu puisse le disposer[1228], Il est puissant, il m'aime, et vient pour m'épouser.
SCÈNE IV.
POLYEUCTE, NÉARQUE, PAULINE, STRATONICE.
POLYEUCTE.
C'est trop verser de pleurs: il est temps qu'ils tarissent, Que votre douleur cesse, et vos craintes finissent; Malgré les faux avis par vos Dieux envoyés, 595 Je suis vivant, Madame, et vous me revoyez.
PAULINE.
Le jour est encor long, et ce qui plus m'effraie, La moitié de l'avis se trouve déjà vraie: J'ai cru Sévère mort, et je le vois ici.
POLYEUCTE.
Je le sais; mais enfin j'en prends peu de souci. 600 Je suis dans Mélitène, et quel que soit Sévère, Votre père y commande, et l'on m'y considère; Et je ne pense pas qu'on puisse avec raison D'un coeur tel que le sien craindre une trahison. On m'avoit assuré qu'il vous faisoit visite, 605 Et je venois lui rendre un honneur qu'il mérite.
PAULINE.
Il vient de me quitter assez triste et confus; Mais j'ai gagné sur lui qu'il ne me verra plus.
POLYEUCTE.
Quoi! vous me soupçonnez déjà de quelque ombrage?
PAULINE.
Je ferois à tous trois un trop sensible outrage. 610 J'assure mon repos, que troublent ses regards. La vertu la plus ferme évite le hasards: Qui s'expose au péril veut bien trouver sa perte; Et pour vous en parler avec une âme ouverte, Depuis qu'un vrai mérite a pu nous enflammer, 615 Sa présence toujours a droit de nous charmer. Outre qu'on doit rougir de s'en laisser surprendre, On souffre à résister, on souffre à s'en défendre; Et bien que la vertu triomphe de ces feux, La victoire est pénible, et le combat honteux. 620
POLYEUCTE.
O vertu trop parfaite, et devoir trop sincère, Que vous devez coûter de regrets à Sévère! Qu'aux dépens d'un beau feu vous me rendez heureux, Et que vous êtes doux à mon coeur amoureux! Plus je vois mes défauts et plus je vous contemple, 625 Plus j'admire....
SCÈNE V.
POLYEUCTE, PAULINE, NÉARQUE, STRATONICE, CLÉON.
CLÉON.
Seigneur, Félix vous mande au temple: La victime est choisie, et le peuple à genoux, Et pour sacrifier on n'attend plus que vous.
POLYEUCTE.
Va, nous allons te suivre. Y venez-vous, Madame?
PAULINE.
Sévère craint ma vue, elle irrite sa flamme: 630 Je lui tiendrai parole, et ne veux plus le voir. Adieu: vous l'y verrez; pensez à son pouvoir, Et ressouvenez-vous que sa faveur est grande[1229].
POLYEUCTE.
Allez, tout son crédit n'a rien que j'appréhende; Et comme je connois sa générosité, 635 Nous ne nous combattrons que de civilité.
SCÈNE VI.
POLYEUCTE, NÉARQUE.
NÉARQUE.
Où pensez-vous aller?
POLYEUCTE.
Au temple, où l'on m'appelle.
NÉARQUE.
Quoi? vous mêler aux voeux d'une troupe infidèle! Oubliez-vous déjà que vous êtes chrétien?
POLYEUCTE.
Vous par qui je le suis, vous en souvient-il bien? 640
NÉARQUE.
J'abhorre les faux Dieux.
POLYEUCTE.
Et moi, je les déteste.
NÉARQUE.
Je tiens leur culte impie.
POLYEUCTE.
Et je le tiens funeste.
NÉARQUE.
Fuyez donc leurs autels.
POLYEUCTE.
Je les veux renverser[1230], Et mourir dans leur temple, ou les y terrasser[1231]. Allons, mon cher Néarque, allons aux yeux des hommes Braver l'idolâtrie, et montrer qui nous sommes C'est l'attente du ciel, il nous la faut remplir; Je viens de le promettre, et je vais l'accomplir[1232]. Je rends grâces au Dieu que tu m'as fait connoître De cette occasion qu'il a sitôt fait naître, 650 Où déjà sa bonté, prête à me couronner, Daigne éprouver la foi qu'il vient de me donner.
NÉARQUE.
Ce zèle est trop ardent, souffrez qu'il se modère.
POLYEUCTE.
On n'en peut avoir trop pour le Dieu qu'on révère.
NÉARQUE.
Vous trouverez la mort.
POLYEUCTE.
Je la cherche pour lui. 655
NÉARQUE.
Et si ce coeur s'ébranle?
POLYEUCTE.
Il sera mon appui.
NÉARQUE.
Il ne commande point que l'on s'y précipite.
POLYEUCTE.
Plus elle est volontaire, et plus elle mérite.
NÉARQUE.
Il suffit, sans chercher, d'attendre et de souffrir.
POLYEUCTE.
On souffre avec regret quand on n'ose s'offrir. 660
NÉARQUE.
Mais dans ce temple enfin la mort est assurée.
POLYEUCTE.
Mais dans le ciel déjà la palme est préparée.
NÉARQUE.
Par une sainte vie il faut la mériter[1233].
POLYEUCTE.
Mes crimes, en vivant, me la pourroient ôter. Pourquoi mettre au hasard ce que la mort assure? 665 Quand elle ouvre le ciel, peut-elle sembler dure? Je suis chrétien, Néarque, et le suis tout à fait; La foi que j'ai reçue aspire à son effet. Qui fuit croit lâchement, et n'a qu'une foi morte.
NÉARQUE.
Ménagez votre vie, à Dieu même elle importe[1234]: 670 Vivez pour protéger les chrétiens en ces lieux.
POLYEUCTE.
L'exemple de ma mort les fortifiera mieux.
NÉARQUE.
Vous voulez donc mourir?
POLYEUCTE.
Vous aimez donc à vivre?
NÉARQUE.
Je ne puis déguiser que j'ai peine à vous suivre: Sous l'horreur des tourments je crains de succomber.
POLYEUCTE.
Qui marche assurément n'a point peur de tomber: Dieu fait part, au besoin, de sa force infinie. Qui craint de le nier, dans son âme le nie: Il croit le pouvoir faire, et doute de sa foi.
NÉARQUE.
Qui n'appréhende rien présume trop de soi. 680
POLYEUCTE.
J'attends tout de sa grâce, et rien de ma foiblesse. Mais loin de me presser, il faut que je vous presse! D'où vient cette froideur?
NÉARQUE.
Dieu même a craint la mort.
POLYEUCTE.
Il s'est offert pourtant: suivons ce saint effort; Dressons-lui des autels sur des monceaux d'idoles. 685 Il faut (je me souviens encor de vos paroles[1235]) Négliger, pour lui plaire, et femme, et biens, et rang, Exposer pour sa gloire et verser tout son sang. Hélas! qu'avez-vous fait de cette amour parfaite Que vous me souhaitiez, et que je vous souhaite? 690 S'il vous en reste encor, n'êtes-vous point jaloux Qu'à grand'peine chrétien, j'en montre plus que vous?
NÉARQUE.
Vous sortez du baptême, et ce qui vous anime, C'est sa grâce qu'en vous n'affoiblit aucun crime; Comme encor toute entière, elle agit pleinement, 695 Et tout semble possible à son feu véhément; Mais cette même grâce, en moi diminuée, Et par mille péchés sans cesse exténuée, Agit aux grands effets avec tant de langueur, Que tout semble impossible à son peu de vigueur. 700 Cette indigne mollesse et ces lâches défenses Sont des punitions qu'attirent mes offenses; Mais Dieu, dont on ne doit jamais se défier, Me donne votre exemple à me fortifier. Allons, cher Polyeucte, allons aux yeux[1236] des hommes Braver l'idolâtrie, et montrer qui nous sommes; Puissé-je vous donner l'exemple de souffrir, Comme vous me donnez celui de vous offrir!
POLYEUCTE.
A cet heureux transport que le ciel vous envoie, Je reconnois Néarque, et j'en pleure de joie. 710 Ne perdons plus de temps: le sacrifice est prêt; Allons-y du vrai Dieu soutenir l'intérêt; Allons fouler aux pieds ce foudre ridicule Dont arme un bois pourri ce peuple trop crédule; Allons en éclairer l'aveuglement fatal; 715 Allons briser ces Dieux de pierre et de métal: Abandonnons nos jours à cette ardeur céleste; Faisons triompher Dieu: qu'il dispose du reste!
NÉARQUE.
Allons faire éclater sa gloire aux yeux de tous, Et répondre avec zèle à ce qu'il veut de nous[1237]. 720
FIN DU SECOND ACTE.
NOTES:
[1202] _Var._ Du reste mon esprit ne s'en met guère en peine. (1643-56)
[1203] _Var._ Cet adorable objet consent que je le voie! (1643-56)
[1204] _Var._ En lui parlant d'amour, l'as-tu vu s'émouvoir? (1643) _Var._ En lui parlant de moi, l'as-tu vu s'émouvoir? (1648-60)
[1205] On lit _chargé_, pour _changé_, dans l'édition de 1660.
[1206] _Var._ Me croyez-vous, Seigneur? ne la revoyez point. (1655)
[1207] Voyez ci-dessus, p. 162, note 432, où l'on a imprimé, par inadvertance _dans Rome_, pour _à Rome_.
[1208] _Var._ J'ai de la peine encore à croire tes discours. (1643-60)
[1209] _Var._ De son dernier soupir lui puisse faire hommage. (1643-56 et 68)
[1210] _Var._ Dans un tel désespoir il suit sa passion. (1643 et 48 in-4º)
[1211] _Var._ Sans que l'objet présent l'irrite et la redouble. (1643-60)
[1212] _Var._ Oui, je l'aime, Sévère, et n'en fais point d'excuse. (1643-64)
[1213] _Var._ Je découvris en vous d'assez illustres marques. (1648 in-4º)
[1214] _Var._ Vous acquitte aisément de tous vos déplaisirs! (1643-56)
[1215] _Var._ De la plus forte amour vous portez vos esprits. (1643-56)
[1216] _Var._ La faveur au mépris, et l'amour à la haine. (1643-56)
[1217] _Var._ Je me tiendrois heureux entre les bras d'un autre. (1643-60) --Voyez tome I, p. 228, note 759-a.
[1218] _Var._ Je vous aimai, Sévère; et si dedans mon âme Je pouvois étouffer les restes de ma flamme. (1643-56)
[1219] _Var._ Ma raison, il est vrai, dompte mes mouvements. (1643-56)
[1220] _Var._ De plus bas sentiments n'auroient pas méritée Cette parfaite amour que vous m'avez portée. (1643 et 48 in-4º) _Var._ De plus bas sentiments d'une ardeur moins discrète N'auroient pas mérité cette amour si parfaite. (1648 in-12-56)
[1221] _Var._ Ah! Pauline, excusez une aveugle douleur. (1643-60)
[1222] _Var._ Je nommais inconstance, et prenois pour des crimes D'un vertueux devoir les efforts légitimes. (1643-56)
[1223] _Var._ D'un coeur comme le mien qu'est-ce qu'elle n'obtienne? Vous réveillez les soins que je dois à la mienne. (1643-56) _Var._ Il n'est rien que sur moi cette gloire n'obtienne. (1660-64)
[1224] _Var._ Je la veux éviter, mêmes au sacrifice. (1643-56)
[1225] Les éditions de 1668 et de 1682 portent: «Je vous ai plaint,» avec le participe invariable.
[1226] _Var._ Et quoique je m'effraye avec peu de justice. (1643-56)
[1227] _Var._ Vous-même êtes témoin des voeux qu'il fait pour lui. (1643-56)
[1228] _Var._ A quoi que sa vertu le puisse disposer. (1643-64)
[1229] _Var._ Et vous ressouvenez que sa faveur est grande. (1643-56)
[1230] Voyez la _Notice_, p. 466.
[1231] _Var._ Et mourir dans leur temple, ou bien les en chasser. (1643-56)
[1232] _Var._ Je le viens de promettre, et je vais l'accomplir. (1643-60)
[1233] _Var._ Par une sainte vie il la faut mériter. (1643-56)
[1234] _Var._ Voyez que votre vie à Dieu mêmes importe. (1643-56)
[1235] Les deux vers suivants sont la reproduction textuelle des vers 75 et 76.
[1236] L'édition de 1682 porte, par erreur: «aux pieds,» pour «aux yeux.»
[1237] _Var._ Allons mourir pour lui, comme il est mort pour nous[1237-a]. (1643 et 48 in-4º)
[1237-a] «Néarque ne fait ici que répéter en deux vers languissants ce qu'a dit Polyeucte; aussi j'ai vu souvent supprimer ces vers à la représentation.»
(_Voltaire._)
ACTE III.
SCÈNE PREMIÈRE.
PAULINE.