Œuvres complètes de Mathurin Regnier accompagnées d'une notice biographique et bibliographique, de variantes, de notes, d'un glossaire et d'un index

Part 27

Chapter 273,663 wordsPublic domain

Mercier, le marchand par excellence. Voir, pour la justification de ce sens, le _Dictionnaire de Trevoux_ (1732) & le _Guide des Corps des Marchands_, Paris, 1766, in-12, p. 358. Le corps des merciers est le plus nombreux & le plus puissant des six corps des marchands, lit-on dans le premier des ouvrages cités plus haut. Voir aussi les _Variétés hist. & litt._ de M. Ed. Fournier.

MICHEL (Ceux de Saint-), 35.--Pèlerins que l’on appelait Michelets, du nom de leur patron.

Poissons que nous appelons sourdons, desquels les Michelets en enrichissent leurs bonnets ou chappeaux en venant de Saint-Michel.

(B. PALISSY, éd. Cap., p. 365.)

MINUTER, 61, 76.--Projeter.

Minutant me sauuer de cette tyrannie.

(S. X.)

Auecq’ vn froid adieu, ie minute ma fuitte.

(S. X.)

MOINE-BOURRU, 99, 115.--Lutin qui, dans la croyance du peuple, court les rues aux Avents de Noël en faisant des cris effroyables. (Furetière.) Suivant Cotgrave, moyne bourry ou moyne beur designe _a lubberly monke or in stead of beuveur a quaffing monke_.

Comp. Ie grezille d’estre marié & labourer en diable bur dessus ma femme.

(RAB., III, 7.)

MON (C’est).--Particule affirmative dont l’origine a été diversement expliquée. H. Estienne y voit c’est moult; Nicot y trouve le mot grec μεν francisé; Furetière veut que ce soit l’abréviation de c’est mon avis. D’après Ménage & les hellénistes Périon, Trippault, Lancelot, mon, dans c’est mon, dérive du grec μων, certes, assurément. Cette interprétation s’applique également aux locutions savoir mon, faire mon.

MONTRE, 81.--Revue.

MONUMENT, 10, 66.--Tombeau.

Deterrer les Grecs du monument.

(S. IX.)

MORGANT, 24, 50, 82, 199.--Hautain, menaçant.

Faire une morgue, c’est montrer un visage irrité. D’où est venu qu’au pluriel morgue signifie outrages, malheurs.

La centurie qui promettoit morgues à la France.

(MALHERBE, éd. Lalanne, III, 532.)

MOUTONS, 17.

Or laissant tout cecy retourne à nos moutons.

(S. II.)

Mais comme dit Marot, reprenons nos moutons.

(COURVAL SONNET, _Œuv. sat._, 1622, p. 166.)

MOUVANT, 111.--Fringant, pétulant.

L’apothicaire qui etoit vn grand mouueur.

(BOUCHET, _Serees_, liv. I, 9.)

Dans un sens plus proche de l’exemple tiré de Regnier, Pedoue, chanoine de Chartres, a fait dire par une maîtresse à son amant:

Monsieur vous estes si pressant & si mouueux, qu’on ne sçauroit estre vn quart d’heure en repos auec vous.

(_Le Bourgeois Poli._ Chartres, Cl. Peigné, 1631. Dialog. VIII.)

On trouve également dans l’ancien théâtre français, avec une acception peu différente, le mot saillant.

Tousiours ma femme se demaine Comme vng saillant.

(_La Farce du Cuvier._)

NAVIGER, 46, 128, 129.

Tous les gens de mer disent, naviguer, mais à la Cour on dit, naviger & tous les bons Autheurs l’écrivent ainsi.

(VAUGELAS, _Remarques sur la langue françoise_.)

NAZARDE, 88, 94.--Coup sur le nez.

NICE, 129.--Ignorance, de _nescia_.

Voulant tromper vne nice pucelle Il se deguise.

(BAÏF, _Poëmes_, 1573, fº 252.)

OFFUSQUER, 13, 33, 54.--Obscurcir, priver de son éclat.

Offusque tout sçauoir.

(S. I.)

Apollon est gesné par de sauuages loix, Qui retiennent sous l’art sa nature offusquée.

(S. IV.)

Le miroir ne peut représenter le simulacre des choses objectées si sa polissure est par haleines ou temps nebuleux offusquée.

(RAB., III, 13.)

OPILÉ, 18.--Obstrué.

Et durant quelques iours i’en demeure opilé.

(S. II.)

Ses larris tant furent oppilés & resserés.

(RAB., I, 6.)

ORES, 72.--Maintenant. OR’ répété signifie tantôt... tantôt.

PANTIÈRE, 25.--Filet à prendre les oiseaux.

PANTOIS, 162.--Hors d’haleine. Le primitif Pantais (Pantess, en anglais) est un terme de fauconnerie qui désigne l’asthme chez le faucon.

PARANIMPHE, 43.--Panégyrique.

Bastit vn paranimphe à sa belle vertu.

(S. V.)

PARQUET, 31.--Enceinte réservée aux juges d’un tribunal, y compris la barre, lieu de plaidoirie des avocats, laquelle établit la démarcation de l’espace abandonné au public. On désigna de bonne heure ainsi l’enceinte réservée aux gens du Roi, & par extension ces magistrats eux-mêmes reçurent le nom de Parquet.

PARTIS, 125.--Fermes d’impôts.

Les gentils hommes n’estant pas instruits à faire valoir leur bien par le trafic, le prest d’argent ou les partis.

(_Les Loix de la galanterie_, éd. Aubry, p. 3.)

PASSE VOLANT, 81, 105.--Soldats de parade qu’on louait aux jours de revue pour montrer des régiments complets.

PATELIN, 125.--Jargon insidieux.

Dans le recueil des _Poésies calvinistes_ publié par M. Tarbé, Reims, 1866 p. 59, on trouve un exemple de cette expression.

Le prestre se vest... Puis chante vne epistre... Puis vne legende En prose, en latin, De peur qu’on entende Tout son patelin.

(Chanson nouvelle contenant la forme & manière de dire la messe. 1562.)

PAVILLON, 94.

Un garde robe gras seruoit de pavillon.

(S. XI.)

Ce vers doit s’entendre ainsi: un fourreau de robe servait de couronne de lit.

Voici du reste un extrait de la correspondance de Malherbe qui éclaircira le sens du mot pavillon.

Son pavillon, pour la mettre quand elle aura accouchée est déjà pendu & dressé en sa ruelle, & celui de son travail est pendu au haut du plancher, troussé dans une enveloppe d’écarlate.

(_Lettre à Peiresc_ du 28 oct. 1609.)

PEAUTRE, 68.--Sel d’étain dont on faisait un fard, comme de la céruse qui est un sel de plomb.--Plus tard par confusion on a dit plâtre.

Et mettant la ceruse & le platre en usage Composa de sa main les fleurs de son visage.

(BOILEAU, _Ép._ IX.)

PERCHE 95.

Qu’en perche on me le mist.

(S. XI.)

Cette expression signifie ici, dans la langue de Regnier, faire _arrasser_ quelqu’un & probablement le soumettre à un congrès improvisé.

Et à ces paroles, asseurément tira son membre à perche.

(_Cent Nouv. nouv._, XIII.)

Comp.--Maistre moyne luy leue ses draps & en lieu du doy de la main bouta son perchant dur & roidde.

(_Ib._, XCV.)

PERRUQUE, 11, 214.--Chevelure.

Qui sa perruque blonde en guirlandes estraint.

(S. I.)

Et ma perruque en ma teste veluë Comme persil se frisoit crepeluë.

(BAÏF, _Les Jeux_, 1573, fº 36.)

PIOLÉ, 68.--De couleurs diverses & tranchées. Le primitif _pie_ nous est resté. Un cheval pie.

L’arc-en-ciel piolé.

(BAÏF, _Poëmes_, 1573, fº 1, vº.)

PIOT, 84.--Vin, proprement boisson.

Cy gist qui a bien aymé le piot: C’est grand dommage aux taverniers de Vire.

(JEAN LE HOUX, éd. Gasté. Paris, Lemerre, p. 49.)

PIQUÉ, 14.--Irrité.

Trop discret est Horace Pour vn homme picqué.

(S. II.)

Les Béotiens, piqués du meurtre de leur capitaine général.

(MALHERBE, éd. Lalanne, I, 397.)

PISSER, 15, 67.

Pissent au benestier affin qu’on parle d’eus.

(S. II.)

Que le Cheual volant n’ait pissé que pour eux.

(S. IX.)

Ce grippe aussi tost L’on accusoit d’auoir pissé dessus le rost.

(AUVRAY, _B. des muses_, 1628, p. 158.)

Le bled y provient comme si Dieu y eust pissé.

(RAB., IV, 7.)

PLAINDRE, 125.--Pleurer, regretter.

Comme vn sire qui plaint ses parents trespassez.

(S. XIII.)

PLATS, 28.--Propos.

Et beaucoup d’autres plats qui seroient longs à dire.

(S. III.)

Faire trois plats s’est dit pour faire beaucoup de bruit au sujet de quelque chose.

Ils en vinrent faire trois plats au roy.

(BASSOMPIERRE, _Mem._, t. III, p. 12. Voir Lacurne & Littré.)

PLUME, 47.--Passer la plume par le bec. Abuser.

Qui seure les desirs & passe mechamment La plume par le becq’ à mon entendement.

(S. VI.)

Tous les peuples s’allechent vistement à la servitude pour la moindre plume qu’on leur passe devant la bouche.

(LA BOÉTIE, éd. Feug., p. 52.)

POIL, 39, 68, 71, 196, 197.--Chevelure.

Et comme nostre poil blanchissent nos désirs.

(S. V.)

Que son poil dés le soir frisé dans la boutique.

(S. IX.)

POINDRE, 18.--Aiguillonner.

Et quand la faim les poind.

(S. II.)

POINT, 19, 32, 41.--But, visées.

Suant, touchant, crachant, pensant venir au point.

(S. II.)

Contrefaire l’honneste & quand viendroit au point.

(S. IV.)

Et rangent leur discours au point de l’interest.

(S. V.)

POINT-COUPPÉ.--Dentelle à jour.

Vn mignard point-couppé fait d’expertes lingeres.

(COURVAL SONNET, _Œuv. sat._, 1622, p. 159.)

On n’y laissoit pas de voir quelques dentelles de point couppé au travers desquelles la chair paroissoit.

(ILE DES HERMAPHRODITES, 1724, p. 15.)

POINTE, 39.--Acuité.

Qui donne cette pointe au vif entendement.

(S. V.)

POMMADES, 43.--Terme d’équitation. Saut fait en selle en appuyant seulement la main sur le pommeau.

Monte vn cheual de bois, fait dessus des pommades.

(S. V.)

PONT NEUF.--Que le Pont neuf s’acheue.

Le Pont-Neuf, achevé dans les premiers mois de 1604, fut commencé en mai 1578 par Henri III, qui en avait posé la première pierre. Palma Cayet rapporte, dans sa _Chronologie septennaire_, qu’à la mort du roi deux arcades seulement étaient terminées & les piles des arches amenées à fleur d’eau. «Tellement, dit le P. du Breul, qu’au moyen de certaines poutres & planches par dessus l’on pouuoit passer aysément des Augustins en l’Isle du Palais. Le vendredy 20 du mois de juin 1603, Henri IV traversa le pont qui n’estoit pas encore très assuré, & plusieurs personnes en ayant voulu faire l’essai, se rompirent le col & tomberent dans la rivière.»

PORFIL, 79.--Profil.--Voir de même, p. 78 & 82, Berlan pour Brelan.

POSTPOSER, 128.--Mettre après, rejeter.

Plutarque postpose Aristide à Marcus Caton, la fortune épargnant sa vertu.

(BOUCHET, _Seree_ XXXI.)

POT POURRY, 13.

Comme vn pot pourry des Freres mandians.

Noël du Faïl a donné, au début du chap. XXII des _Contes & Discours d’Eutrapel_: Du temps present & passé, la recette du pot pourry. On mestoit le pot sur la table sur laquelle y avoit seulement un grand plat garny de bœuf, mouton, veau & lard, & la grand’ brassee d’herbes cuites & composees ensemble dont se faisoit vn brouet, vray restaurant & elixir de vie.

Il y a quatre ordres mendiants, les Dominicains, les Franciscains, les Carmes & les Augustins.

POULLE, 24.

Fils de la poulle blanche.

(S. III.)

Brossette a donné de ce vers une interprétation compliquée. Fils de la poule blanche désigne un homme né sous un signe heureux, non pas le fils de la femme que l’on aime.

Feliciter natum, albæ gallinæ dicimus.

(_Adagiorum Erasmi epitome_, 1650, p. 73.)

Quia tu gallinæ filius albæ, Nos viles pulli nati infelicibus ovis.

(JUVÉNAL, XIII, 141.)

Petits mignons du Ciel, fils de la Poulle blanche.

(AUVRAY, _B. des muses_, 1628, p. 156.)

POURQUOY (Le), 26.--La chose, _atto venereo_.

Qu’on ne s’enquiert plus s’elle a fait le pourquoy.

(S. III.)

POUSSINIÈRE (Étoile), 50.--Nom populaire de la constellation que les astronomes appellent les Pléiades, & plus particulièrement de l’étoile la plus brillante du groupe.

QUEMANDE ou CAIMANDE, 31.--Mendiante. Caimand, _a beggar_ (Cotgrave). _Mendicus_ (Nicot).

Puisque pauure & quémande on voit la poésie.

(S. IV.)

QUINTAINE, 105.--Poteau fiché en terre & contre lequel on s’exerçait à lancer des dards ou à rompre des lances. Le mot _quaintin_ avait le sens de devanteau, tablier.

De là la signification équivoque attachée à ces deux expressions.

Il donne bien dans la quintaine, Il y fait du grand capitaine Et l’embroche le plus souvent.

(_Le Songe_, pièce contre le maréchal d’Ancre. Fournier, _Var. hist. & litt._, t. IV.)

Mesdames sans le linge On verroit votre petit singe Qui enrage sous le quaintin Et de la pature demande.

(_L’Éventail satyrique_. _Var. litt._, t. VIII.)

RANC, 38, 48.--Estre sur le ranc (nous dirions aujourd’hui sur le tapis), signifie être en butte à la critique, à la médisance.

Et cependant Bertaut ie suis dessus le ranc.

(S. V.)

RANCŒUR, 140.--Rancune.

Arrière, vaines chimères De haines & de rancueur.

(MALHERBE, éd. Lalanne, I, 90.)

REBOUCHER, 166.--Émousser. Se reboucher se disait d’une arme qui se fausse par suite d’un choc.

Vne petite pointe de convoitise qui se rebouche soudain contre le danger. (LA BOÉTIE, _Œuvres_, éd. Feugère, p. 17.)

Ses traits impetueux Ne font que reboucher contre les vertueux.

(AUVRAY, _B. des muses_, 1628, p. 156.)

RECHAPE, 32.--Travestissement du mot _recipe_, par lequel tous les médecins commençaient leurs ordonnances.

D’vn rechape s’il peut former vne ordonnance.

(S. IV.)

RECREU, 77.--A bout de forces.

Le voyageur lassé, l’artisan hors d’haleine, Et le soldat recreu s’empressent pour m’avoir.

(Le P. Carneau, _La Pièce de cabinet_.)

Ce mot commençait à vieillir en 1648. Racine l’a souligné, avec les termes passés de mode, dans le _Quinte Curce_ de Vaugelas (1653, p. 248) qui lui a appartenu, & qui se trouve aujourd’hui à la Bibliothèque nationale. (FOURNIER, _Var._, III, 288.)

REMEUGLE pour Remugle, 99.--Moisi, relent, _mustie_. (Cotgrave.)

RESPECT, 18, 139.--Considération, prévoyance.

Mais que pour leur respect l’ingrat siecle où nous sommes.

(S. II.)

Où les lois par respect sages humainement.

(S. III.)

RESSENTIMENT, 171, 191.--Renouvellement d’impression, souvenir.

Chatouille mon mal d’vn faux ressentiment.

(PLAINTE.)

Doux ressentimens d’vn acte si fidelle.

(DIAL. DE CL. & PH.)

ROME (Faire), 125.--Délivrer à vil prix des expéditions de faux brefs & de fausses bulles du pape.

Vn banquier qui fait Rome icy pour six testons.

(S. XV.)

RONDACHE, 85, 88.--Bouclier.

Qui pour vne rondache empoigne vn escabeau.

(S. X.)

ROTONDE, 177.--Collet empesé & monté sur du carton.

ROUSSOYANT, 37.--Rosoyante. De rosée, humecté par la rosée.

De la douce liqueur rosoyante du Ciel.

(S. V.)

Et ces herbes & ces plaines Toutes pleines De rosoyante blancheur.

(RONSARD, _Les Bacchanales_.)

Des perles blanches qui pendoyent Aux raincelets rosoyans nées.

(BAÏF, _Poëmes_, 1573, fº 115 vº.)

RUSTIQUE, 25.--Simple; proprement, de paysan.

Ma façon est rustique.

(S. III.)

SADE, 68.--Doux, agréable; proprement, qui a de la saveur.

SADINETTES, 56.--Même sens, avec l’idée de délicatesse attachée à tout diminutif.

Je l’ayme de propre nature Et elle moy, la douce sade.

(VILLON, _Gr. Test._, 138.)

Comp.

Le sadinet Assis sur grosses fermes cuisses.

(VILLON, _Les Reg. de la belle Heaumiere_.)

SAGETTES, 37.--Traits.

Mais ces diuers rapors sont de faibles sagettes.

(S. V.)

SAINT (Mal de).--Mal placé sous l’invocation d’un saint.

Si c’estoit mal de saint ou de fieure quartaine.

SARAIL, 55.--Sérail. Nous avons vu de même, page 113, garir pour guérir, & p. 115, carasser pour caresser.

SEAU (Draps du), 80.--Il faut lire Usseau: Petit village près de Carcassonne, où un sieur de Varennes avait établi des manufactures. Voir le _Dictionnaire_ de Furetière, vº Draps.

SILLER, 117, 165.--Priver de la vue. Se disait primitivement des oiseaux de proie dont on fillait les yeux en les cousant d’un point d’aiguille, quand on n’avait pas de chaperon pour leur couvrir la tête.

SIVÉ, 96.--D’après tous les commentateurs, à commencer par Brossette, l’eau de sive ou sivé serait une eau de mare ou d’égout. Un passage tronqué du _Grand Testament_ de Villon a donné naissance à cette interprétation inexacte:

Dont l’un est noir, l’autre plus vert que cive Où nourrices essangent leurs drappeaux.

Il faut lire, Ballade IX du _Grand Testament_:

En sang qu’on mect en poylettes secher Chez ces barbiers, quand plaine lune arrive, Dont l’un est noir, l’autre plus vert que cive; En chancre & fix, & en ces ords cuveaux, Où nourrices essangent leurs drapeaux, . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Soient frittes ces langues venimeuses.

Cive est évidemment employé ici pour ciboule. Mais dans Regnier, sivé a un tout autre sens. Suivant Nicot, sive ou sivé, _suillum jus conditum, jus e suillis intestinis_, désigne une sauce faite avec des épices & de la graisse de porc, du jus de tripes de porc.

SOPIQUET, 49--Saupiquet.

Mestez en la leschefrite des oignons comme dit est, & quand l’oisel sera cuit, si mettez en la leschefrite vn petit de verjus & moitié vin moitié vinaigre, ce tout bouli ensemble & après mis la tostée. Et ceste derreniere sausse est appelée le Saupiquet.

(_Le Ménagier de Paris_, Crapelet, 1846, t. II, p. 181. Voir plus loin, p. 233, la recette peu différente du saupiquet pour connin, ou pour oiseau de rivière, ou coulon ramier.)

SOUDRE, 85.--Résoudre, éclaircir.

SYNDERESE, 106.--Reproche secret que nous adresse notre conscience.

TACHE (Malle), 85.--Tache mauvaise, rebelle à un nettoyage ordinaire. Cri des dégraisseurs ambulants.

Elles te firent mainte tache Où le crieur de maletache Eust bien perdu tout son latin.

(_Cabinet satyrique_. Sur le bas de soye d’un courtisan, par le Sr de la Ronce, St. 19.)

TEMPERATURE, 139.--Constitution, santé.

Et change la nature De sept ans en sept ans nostre temperature.

(S. V.)

Le cardinal de Lorraine fut d’une température où il n’y avoit rien à desirer.

(MALHERBE, éd. Lalanne, IV, 204.)

TIERCELET, 18.

De tes enfants bastards, ces tiercelets des poetes.

(S. II.)

On dit, il fait du tiercelet de prince, du gentilhomme qui veut eniamber pardessus le reng & ha quelques façons qui sentent non-seulement le bien grand seigneur, mais le prince, ou pour le moins le petit prince. Car en fauconnerie, le masle s’appelle tiercelet, comme estant un tiers plus menu que la femelle.

(H. Estienne, _De la precellence du langage françois_. Paris, éd. Feugère, p. 130.)

TINEL, 51.--Réfectoire des officiers ou des familiers d’un grand seigneur. De l’italien Tinello, _luogo dove mangiano i cortigiani_.

TORCHE, LORGNE, 85.--Ces deux mots sont synonymes de frappe.

Lorgne se trouve dans la 98e nouvelle de Des Periers: A grands coups de poing lorgnoit dessus.

D’autre part on lit dans les _Modèles de la conversation_ tirés du manuscrit 3988 du Mus. brit. Harl. (Paris, A. Franck, 1873, p. 398):

Se ton maistre te trouueroit icy chantant, il te torcheroit tres bien sur la teste.

TOUSSIR, 31.--Tousser. Voir p. 192, Fanir.

Sans oser ny cracher, ny toussir, ny s’asseoir.

(S. IV.)

TRIACLEUR, 111.--Theriacleur. Vendeurs de thériaque. Charlatans.

VEAUX, 34.--Niais, nigaud. _A Iobbernoll_ (Cotg.); propr., grosse tête vide.

Ce malheur est venu de quelques ieunes veaux.

(S. IV.)

VELOURS (ongles de), 79.--Ongles crasseux. Le velours servait à border les vêtements. Des ongles de velours désignent donc des ongles bordés de noir.

VENT, 39.

Porter la teste basse & l’esprit dans le vent.

(S. V.)

VERCOQUIN, 70, 124.--Sorte de ver attaché à la cervelle de l’homme & dont la morsure provoquait l’emportement ou la folie. Telle était la croyance populaire que Cotgrave rapporte en ces termes: A certain worme bred in a mans head, and making him cholericke, humorous and fantasticall, when it biteth, also the Vine fretter or Dewills goldring. Les expressions _Vine fretter_ & _Dewills goldring_ donnent les sens figurés de Vercoquin. La première désigne le trouble de l’ivresse & la seconde les visions de l’esprit.

VERT (sur le), 68.--Sur le pré. Laisser sur le vert, abandonner.

VIEUX, 11, 23, 40, 42, dans le sens de vieillards, anciens.

Chose permise aus vieus.

(S. I.)

Mais n’en deplaise aux vieux.

(S. III.)

Facille au vice, il hait les vieux & les desdaigne.

(S. V.)

Peres des siecles vieux, exemples de la vie.

(_Ibid._)

VISIERE, 77.--Vue.

Que les gens de sauoir ont la visiere tendre.

(S. X.)

Vos deportements luy blessent la visiere.

(MOL., _L’Et._, 1, 2.)

Ce monsieur bas-normand me choque la visiere.

(REGNARD, _Le Bal._)

VISTE, 152.--Rapide.

Mesureur des vistes années.

VOIRE, 29, 31, 91.--En vérité; du latin _vere_.

Comme ces courtisans qui s’en faisant acroire N’ont point d’autre vertu sinon de dire voire.

(S. IV.)

VOIS, 75.

Et m’en vois à grands pas.

(S. X.)

Ne voise au bal, qui n’aymera la dance.

(PIBRAC, _Quatrain_ 105.)

VOLÉES, 136.--Essor, échappée.

Et comme bassement à secretes volees, Elle ouure de son cœur les flames recelees.

INDEX.

ACHILLE, 11, 70.

ÆNÉE, 70.

ALBERT LE GRAND, 79.

ALCIBIADE, 17.

ALCORAN, 78.

ALEMAGNE, 164.

ALEXANDRE, 77.

ALEZINA (l’), 84.--Équivoque sur Alene & Lezine. Vialardi a écrit sous ce titre: _Della famosissima compagnia della Lezina_, un code d’avarice raffinée, & cet ouvrage, traduit en français, a paru en 1604, à Paris, chez Abraham Saugrain. V. Bib. Viollet-le-Duc. Bibliog. des Chansons, 1859.

ALPES, 80, 160.

AMIENS, 161.

ANGLETERRE, 157.

ANTICIRE, 120.

APOLLON, 14, 20, 30, 31, 33, 66, 122, 149, 152, 175.

ARABE, 79.

ARCADIE, 85.

ARGUS, 99.

ARISTOTE, 22.

ARSENAC, 201.

ATHRACIEN (le bourg), 85.--Atrax, bourg de Thessalie où les Lapithes & les Centaures se livrèrent bataille aux noces de Pirithoüs. Voir Ovide, _Métam._, XII, & Lucien, _les Lapithes ou le Combat des Philosophes_.

ATLAS, 33, 44.

AUCATE (l’), 160.--Leucate.

AUGUSTE, 10.

AUTRICHE, 164.

BACCHUS, 121.

BARTOLLE, 31, 81.

BASTILLE, 112.--Lieu de dépôt du trésor royal sous Henri IV & Louis XIII. (Voir Sully, _Mémoires_, IVe part., chap. LI.)

BAYONNE, 160.

BEAULIEU, 58.

BELLAY (du), 18, 67.

BERNARD (saint), 106.

BERTAUT, 36, 38, 43.

BETHUNE (M. de), 44.

BEZE, 157.

BICESTRE, 78.

BORÉE, 45.

BRIARÉE, 82.

BROUAGE, 35.--Ville de l’Aunis (Charente-Inférieure), autrefois célèbre par ses marais dont on tirait du sel après les avoir inondés d’eau de mer.

CAIRE (le), 166.

CALLIOPE, 19, 31, 33.

CARAMAIN (comte de), 14.

CATON, 41, 78.

CENTAURES, 85.

CÉRÈS, 121.

CÉRIZOLLES, 25.

CÉSAR, 71.

CHALANGE, 201.--Ce partisan célèbre est cité dans la Chasse aux Larrons de Jean Bourgoin. Paris, 1618, in-4º. C’est à son instigation que le connétable de Luyne fit rendre contre les procureurs un édit qui provoqua de vives réclamations.

CHANGE (pont au), 201.--Ce pont était couvert de maisons où les orfévres de Paris avaient leurs _forges_ ou boutiques.

CHARITÉ, 90.--Maison de la Charité chrestienne, fondée en 1578, rue de Lourcine, par Nicolas Houel, pour servir d’asile aux soldats estropiés. Voir à ce sujet le _Mercure françois_ de 1611, fº 109, du 7 juillet 1606.

CHARLEMAGNE, 80.

CHARLES (le roy), 76.

CHARTRES, 161.

CHASTELET, 38.

CHINE, 60, 78.

CIBELLE, 121.

CIPRIS, 150.

CLAUDE, 38.

CŒUR (Jacques), 201.

CŒUVRES (marquis de), 22, 52.

CORBEIL, 119.

CORDELIERS, 29.

COUSIN (le), 118.--Suivant la plupart des commentateurs de Regnier, le Cousin serait un fou de cour ainsi nommé parce qu’il appelait le roi Henri IV _mon cousin_. Il s’agirait plutôt d’un original tel que celui dont il est question dans les poésies de Pedoue, IIe adventure satirique.

CYTHERE, 151.

DAVID, 69.

DELPHES, 11.

DENIS (Me), 90.

DESPAUTERRE, 85.

DESPORTES, 22, 33.

DIEU (Hostel), 45.

DIOGENE, 118.

EMPEDOCLE, 122.

ENÉE, 11.

ENGUERRAND, 201.--Enguerrand de Marigny, ministre de Philippe le Bel.

EPICURE, 80.

ERYCE, 189.--L’enfant d’Eryce est l’Amour. Erycine est un des surnoms de Vénus, déesse d’Eryx en Sicile.

ESPAGNE, 69, 78, 163.

ETYOPIE, 3.

EVESQUE (four-l’), 38.--Primitivement, le For-l’Evêque fut le siége de la juridiction de l’évêque de Paris. A la suppression de cette juridiction, il devint une prison pour dettes. On y enfermait aussi les comédiens coupables envers le public ou l’autorité.

FLAMENS, 44.

FLANDRE, 164.

FLEURS DE BIEN DIRE, 87.--Il s’agit ici du petit livre de François Desrues, intitulé: _Fleurs de bien dire_, recueillies des cabinets des plus rares esprits de ce temps, pour exprimer les passions amoureuses de l’un comme de l’autre sexe. Paris, Guillemot, 1598, in-12.

FLORE, 56, 121.

FONTAINE FRANÇOISE, 161.

FORQUEVAUX (de), 126, 128, 129.

FRANCE, 16, 37, 44, 45, 51, 75, 165.

FRANÇOIS, 44.

FREDÉGONDE, 35.--Nom donné à Marguerite de Valois, première femme de Henri IV, par les poëtes satiriques contemporains de Regnier.

FREMINET, 100.

GAIAC, 128.--Le bois de gaïac était au XVIe siècle le spécifique en faveur contre les maladies vénériennes. Voir: Loys Guyon. Div. Leçons, 1610, IV, 6.

GALLET, 117.--Contrôleur des finances à qui l’on attribue la construction de l’hôtel de Sully. Il fit souvent, dit Sauval, quitter les dez à Henri IV.

GALLIEN, 31.