Part 22
=============================================================== | | | Noms des sels neutres. | | | Noms des bases |------------------------| | | salifiables. | Nomenclature | | | | nouvelle. | |-------------------------------------------------------------| |Combinaisons {L'alumine. |Bombiate d'alumine. | |de l'acide {L'ammoniaque. |Bombiate d'ammoniaque. | |bombique {L'oxide d'antimoine. |Bombiate d'antimoine. | |avec: {L'oxide d'argent. |Bombiate d'argent. | | {L'oxide d'arsenic. |Bombiate d'arsenic. | | {La baryte. |Bombiate de baryte. | | {L'oxide de bismuth. |Bombiate de bismuth. | | {La chaux. |Bombiate de chaux. | | {L'oxide de cobalt. |Bombiate de cobalt. | | {L'oxide de cuivre. |Bombiate de cuivre. | | {L'oxide d'étain. |Bombiate d'étain. | | {L'oxide de fer. |Bombiate de fer. | | {L'oxide de manganèse. |Bombiate de manganèse. | | {La magnésie. |Bombiate de magnésie. | | {L'oxide de mercure. |Bombiate de mercure. | | {L'oxide de nickel |Bombiate de nickel. | | {L'oxide d'or. |Bombiate d'or. | | {L'oxide de platine. |Bombiate de platine. | | {L'oxide de plomb. |Bombiate de plomb. | | {La potasse. |Bombiate de potasse. | | {La soude. |Bombiate de soude. | | {L'oxide de zinc. |Bombiate de zinc. | ===============================================================
_Nota._ Toutes ces combinaisons ont été inconnues aux anciens Chimistes.
OBSERVATIONS
_Sur l'Acide bombique, & sur le Tableau de ses combinaisons._
LORSQUE le ver à soie se change en crisalide, ses humeurs paroissent prendre un caractère d'acidité. Il laisse même échapper au moment où il se transforme en papillon, une liqueur rousse très-acide, qui rougit le papier bleu, & qui a fixé l'attention de M. Chaussier, membre de l'Académie de Dijon. Après plusieurs tentatives pour obtenir cet acide pur, voici le procédé auquel il a cru devoir s'arrêter. On fait infuser des crisalides de vers à soie dans de l'alcohol: ce dissolvant se charge de l'acide, sans attaquer les parties muqueuses ou gommeuses; & en faisant évaporer l'esprit-de-vin, on a l'acide bombique assez pur. On n'a pas encore déterminé avec précision les propriétés & les affinités de cet acide. Il y a apparence que la famille des insectes en fourniroit beaucoup d'analogues. Son radical, ainsi que celui de tous les acides du règne animal, paroît être composé de carbone, d'hydrogène, d'azote & peut-être de phosphore.
_TABLEAU des combinaisons du Radical sébacique oxygéné, ou Acide sébacique, avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec cet acide._
=============================================================== | | | Noms des sels neutres. | | | Noms des bases |------------------------| | | salifiables. | Nomenclature | | | | nouvelle. | |-------------------------------------------------------------| |Combinaisons {La baryte. |Sébate de baryte. | |de l'acide {La potasse. |Sébate de potasse. | |sébacique {La soude. |Sébate de soude. | |avec: {La chaux. |Sébate de chaux. | | {La magnésie. |Sébate de magnésie. | | {L'ammoniaque. |Sébate d'ammoniaque. | | {L'alumine. |Sébate d'alumine. | | {L'oxide de zinc. |Sébate de zinc. | | {L'oxide de manganèse. |Sébate de manganèse. | | {L'oxide de fer. |Sébate de fer. | | {L'oxide de plomb. |Sébate de plomb. | | {L'oxide d'étain. |Sébate d'étain. | | {L'oxide de cobalt. |Sébate de cobalt. | | {L'oxide de cuivre. |Sébate de cuivre. | | {L'oxide de nickel. |Sébate de nickel. | | {L'oxide d'arsenic. |Sébate d'arsenic. | | {L'oxide de bismuth. |Sébate de bismuth. | | {L'oxide de mercure. |Sébate de mercure. | | {L'oxide d'antimoine. |Sébate d'antimoine. | | {L'oxide d'argent. |Sébate d'argent. | ===============================================================
_Nota._ Toutes ces combinaisons ont été inconnues aux anciens Chimistes.
OBSERVATIONS
_Sur l'Acide sébacique, & sur le Tableau de ses combinaisons._
POUR obtenir l'acide sébacique, on prend du suif qu'on fait fondre dans un poëlon de fer; on y jette de la chaux vive pulvérisée, & on remue continuellement. La vapeur qui s'élève du mêlange est très-piquante, & on doit tenir les vaisseaux élevés afin d'éviter de la respirer. Sur la fin on hausse le feu. L'acide sébacique dans cette opération se porte sur la chaux & forme du sébate calcaire, espèce de sel peu soluble: pour le séparer des parties grasses dont il est empâté, on fait bouillir à grande eau la masse; le sébate calcaire se dissout, le suif se fond & surnage. On sépare ensuite le sel en faisant évaporer l'eau, on le calcine à une chaleur modérée; on redissout, on fait cristalliser de nouveau & on parvient à l'avoir pur.
Pour obtenir l'acide libre, on verse de l'acide sulfurique sur le sébate de chaux ainsi purifié, & on distille; l'acide sébacique passe clair dans le récipient.
_TABLEAU des combinaisons du Radical lithique oxygéné, ou Acide lithique, avec les bases salifiables, rangées par ordre alphabétique._
=============================================================== | | Noms des bases | Noms des sels neutres. | | | salifiables. | | |-------------------------------------------------------------| |Combinaisons {L'alumine. |Lithiate d'alumine. | |de l'acide {L'ammoniaque. |Lithiate d'ammoniaque. | |lithique {L'oxide d'antimoine. |Lithiate d'antimoine. | |avec: {L'oxide d'argent. |Lithiate d'argent. | | {L'oxide d'arsenic. |Lithiate d'arsenic. | | {La baryte. |Lithiate de baryte. | | {L'oxide de bismuth. |Lithiate de bismuth. | | {La chaux. |Lithiate de chaux. | | {L'oxide de cobalt. |Lithiate de cobalt. | | {L'oxide de cuivre. |Lithiate de cuivre. | | {L'oxide d'étain. |Lithiate d'étain. | | {L'oxide de fer. |Lithiate de fer. | | {La magnésie. |Lithiate de magnésie. | | {L'oxide de manganèse. |Lithiate de manganèse. | | {L'oxide de mercure. |Lithiate de mercure. | | {L'oxide de nickel. |Lithiate de nickel. | | {L'oxide d'or. |Lithiate d'or. | | {L'oxide de platine. |Lithiate de platine. | | {L'oxide de plomb. |Lithiate de plomb. | | {La potasse. |Lithiate de potasse. | | {La soude. |Lithiate de soude. | | {L'oxide de zinc. |Lithiate de zinc. | ===============================================================
_Nota._ Toutes ces combinaisons ont été inconnues aux anciens.
OBSERVATIONS
_Sur l'Acide lithique, & sur le Tableau de ses combinaisons._
LE calcul de la vessie, d'après les dernières expériences de Bergman & de Schéele, paroîtroit être une espèce de sel concret à base terreuse, légèrement acide, qui demande une grande quantité d'eau pour être dissous. Mille grains d'eau bouillante en dissolvent à peine trois grains, & la majeure partie recristallise par le refroidissement. C'est cet acide concret auquel M. de Morveau a donné le nom d'acide lithiasique, & que nous nommons acide lithique. La nature & les propriétés de cet acide sont encore peu connues. Il y a quelqu'apparence que c'est un sel acidule déjà combiné à une base, & plusieurs raisons me portent à croire que c'est un phosphate acidule de chaux. Si cette présomption se confirme, il faudra le rayer de la classe des acides particuliers.
_TABLEAU des combinaisons du Radical prussique oxygéné, ou Acide prussique, avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec cet acide._
=============================================================== | | Noms des bases | Noms des sels neutres. | | | salifiables. | | |-------------------------------------------------------------| |Combinaisons {La potasse. |Prussiate de potasse. | |de l'acide {La soude. |Prussiate de soude. | |prussique {L'ammoniaque. |Prussiate d'ammoniaque. | |avec: {La chaux. |Prussiate de chaux. | | {La baryte. |Prussiate de baryte. | | {La magnésie. |Prussiate de magnésie. | | {L'oxide de zinc. |Prussiate de zinc. | | {L'oxide de fer. |Prussiate de fer. | | {L'oxide de manganèse. |Prussiate de manganèse. | | {L'oxide de cobalt. |Prussiate de cobalt. | | {L'oxide de nickel. |Prussiate de nickel. | | {L'oxide de plomb. |Prussiate de plomb. | | {L'oxide d'étain. |Prussiate d'étain. | | {L'oxide de cuivre. |Prussiate de cuivre. | | {L'oxide de bismuth. |Prussiate de bismuth. | | {L'oxide d'antimoine. |Prussiate d'antimoine. | | {L'oxide d'arsenic. |Prussiate d'arsenic. | | {L'oxide d'argent. |Prussiate d'argent. | | {L'oxide de mercure. |Prussiate de mercure. | | {L'oxide d'or. |Prussiate d'or. | | {L'oxide de platine. |Prussiate de platine. | ===============================================================
_Nota._ Toutes ces combinaisons ont été inconnues aux anciens.
OBSERVATIONS
_Sur l'Acide prussique, & sur le Tableau de ses combinaisons._
JE ne m'étendrai point ici sur les propriétés de l'acide prussique, ni sur les procédés qu'on emploie pour l'obtenir pur & dégagé de toute combinaison. Les expériences qui ont été faites à cet égard, me paroissent laisser encore quelques nuages sur la vraie nature de cet acide. Il me suffira de dire qu'il se combine avec le fer, & qu'il lui donne la couleur bleue; qu'il est également susceptible de s'unir avec presque tous les métaux, mais que les alkalis, l'ammoniaque & la chaux le leur enlèvent en vertu de leur plus grande force d'affinité. On ne connoît point le radical de l'acide prussique; mais les expériences de M. Schéele & sur-tout celles de M. Berthollet, donnent lieu de croire qu'il est composé de carbone & d'azote; c'est donc un acide à base double: quant à l'acide phosphorique qui s'y rencontre, il paroît, d'après les expériences de M. Hassenfratz, qu'il y est accidentel.
Quoique l'acide prussique s'unisse avec les métaux, avec les alkalis & avec les terres, à la manière des acides, il n'a cependant qu'une partie des propriétés qu'on a coutume d'attribuer aux acides. Il seroit donc possible que ce fût improprement qu'on l'eût rangé dans cette classe. Mais, comme je l'ai déjà fait observer, il me paroît difficile de prendre une opinion déterminée sur la nature de cette substance, jusqu'à ce que la matière ait été éclaircie par de nouvelles expériences.
_Fin du Tome premier._
TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE DE CHIMIE.
_TOME SECOND._
TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE DE CHIMIE,
PRÉSENTÉ DANS UN ORDRE NOUVEAU ET D'APRÈS LES DÉCOUVERTES MODERNES;
Avec Figures:
_Par M. LAVOISIER, de l'Académie des Sciences, de la Société Royale de Médecine, des Sociétés d'Agriculture de Paris & d'Orléans, de la Société Royale de Londres, de l'Institut de Bologne, de la Société Helvétique de Basle, de celles de Philadelphie, Harlem, Manchester, Padoue, &c._
TOME SECOND.
_A PARIS_,
Chez CUCHET, Libraire, rue & hôtel Serpente.
M. DCC. LXXXIX.
_Sous le Privilège de l'Académie des Sciences & de la Société Royale de Médecine._
TABLE DES CHAPITRES DU TOME SECOND.
TROISIEME PARTIE.
_Description des Appareils & des Opérations manuelles de la Chimie._
_INTRODUCTION_, 323
CHAP. I. _Des instrumens propres à déterminer le poids absolu & la pesanteur spécifique des corps solides & liquides,_ 327
CHAP. II. _De la Gazométrie, ou de la mesure du poids & du volume des substances aériformes,_ 342
§. I. _Description des Appareils pneumato-chimiques,_ ibid.
§. II. _Du Gazomètre,_ 346
§. III. _De quelques autres manières de mesurer le volume des Gaz,_ 360
§. IV. _De la manière de séparer les unes des autres les différentes espèces de Gaz,_ 365
§. V. _Des corrections à faire au volume des Gaz obtenus dans les expériences, relativement à la pression de l'atmosphère,_ 370
§. VI. _Des corrections relatives aux différens degrés du Thermomètre,_ 378
§. VII. _Modèle de calcul pour les corrections relatives au degré de pression & de température,_ 380
§. VIII. _De la manière de déterminer le poids absolu des différens Gaz,_ 384
CHAP. III. _Des Appareils relatifs à la mesure du Calorique,_ 387
_Description du Calorimètre,_ ibid.
CHAP. IV. _Des opérations purement mécaniques qui ont pour objet de diviser les corps,_ 403
§. I. _De la Trituration, de la Porphirisation, & de la Pulvérisation,_ ibid.
§. II. _Du Tamisage & du Lavage,_ 409
§. III. _De la Filtration,_ 412
§. IV. _De la Décantation,_ 419
CHAP. V. _Des moyens que la Chimie emploie pour écarter les unes des autres les molécules des corps sans les décomposer, & réciproquement pour les réunir,_ 422
§. I. _De la Solution des Sels,_ 423
§. II. _De la Lixiviation,_ 428
§. III. _De l'Evaporation,_ 431
§. IV. _De la Cristallisation,_ 436
§. V. _De la Distillation simple,_ 442
§. VI. _De la Sublimation,_ 448
CHAP. VI. _Des Distillations pneumato-chimiques, des Dissolutions métalliques, & de quelques autres opérations qui exigent des Appareils très-compliqués,_ 449
§. I. _Des Distillations composées, & des Distillations pneumato-chimiques,_ 449
§. II. _Des dissolutions métalliques,_ 458
§. III. _Des Appareils relatifs aux fermentations vineuse & putride,_ 461
§. IV. _Appareil particulier pour la décomposition de l'eau,_ 465
§. V. _De la préparation & de l'emploi des Luts,_ 468
CHAP. VII. _Des Opérations relatives à la combustion proprement dite & à la détonation,_ 478
§. I. _De la Combustion du Phosphore & du Charbon,_ 482
§. II. _De la Combustion des Huiles,_ 493
§. III. _De la Combustion de l'Esprit-de-vin ou Alkool,_ 501
§. IV. _De la Combustion de l'Ether,_ 503
§. V. _De la Combustion du Gaz hydrogène, & de la Formation de l'Eau,_ 506
§. VI. _De l'Oxidation des Métaux,_ 513
§. VII. _De la Détonation,_ 524
CHAP. VIII. _Des Instrumens nécessaires pour opérer sur les corps à de très-hautes températures,_ 534
§. I. _De la Fusion,_ ibid.
§. II. _Des Fourneaux,_ 537
§. III. _Des moyens d'augmenter considérablement l'action du feu, en substituant le gaz oxygène à l'air de l'atmosphère,_ 552
TABLES A L'USAGE DES CHIMISTES. 559
TABLE DES MATIERES. 592
EXTRAIT _des Registres de l'Académie Royale des Sciences_. Du 4 Février 1789. 620
EXTRAIT _des Registres de la Société Royale de Médecine_. Du 6 Février 1789. 629
EXTRAIT _des Registres de la Société Royale d'Agriculture_. Du 5 Février 1789. 650
ERRATA 654
_Planches._ 656
TROISIÈME PARTIE.
_Description des appareils & des opérations manuelles de la Chimie._
INTRODUCTION.
Ce n'est pas sans dessein que je ne me suis pas étendu davantage dans les deux premières parties de cet Ouvrage, sur les opérations manuelles de la Chimie. J'ai reconnu, d'après ma propre expérience, que des descriptions minutieuses, des détails de procédés & des explications de planches, figuroient mal dans un ouvrage de raisonnement; qu'elles interrompoient la marche des idées, & qu'elles rendoient la lecture de l'ouvrage fastidieuse & difficile.
D'un autre côté, si je m'en fusse tenu aux simples descriptions sommaires que j'ai données jusqu'ici, les commençans n'auroient pu prendre dans cet Ouvrage que des idées très-vagues de la Chimie-pratique. Des opérations qu'il leur auroit été impossible de répéter, ne leur auroient inspiré ni confiance ni intérêt: ils n'auroient pas même eu la ressource de chercher dans d'autres ouvrages de quoi suppléer à ce qui auroit manqué à celui-ci. Indépendamment de ce qu'il n'en existe aucun où les expériences modernes se trouvent décrites avec assez d'étendue, il leur auroit été impossible de recourir à des traités où les idées n'auroient point été présentées dans le même ordre, où l'on n'auroit pas parlé le même langage; en sorte que le but d'utilité que je me suis proposé n'auroit pas été rempli.
J'ai pris, d'après ces réflexions, la résolution de réserver pour une troisième partie la description sommaire de tous les appareils & de toutes les opérations manuelles qui ont rapport à la Chimie élémentaire. J'ai préféré de placer ce traité particulier à la fin plutôt qu'au commencement de cet Ouvrage, parce qu'il m'auroit été impossible de n'y pas supposer des connoissances que les commençans ne peuvent avoir, & qu'ils ne peuvent acquérir que par la lecture de l'Ouvrage même. Toute cette troisième partie doit être en quelque façon considérée comme l'explication des figures qu'on a coutume de rejetter à la fin des Mémoires, pour ne point en couper le texte par des descriptions trop étendues.
Quelque soin que j'aye pris pour mettre de la clarté & de la méthode dans cette partie de mon travail, & pour n'omettre la description d'aucun appareil essentiel, je suis loin de prétendre que ceux qui veulent prendre des connoissances exactes en Chimie, puissent se dispenser de suivre des cours, de fréquenter les laboratoires & de se familiariser avec les instrumens qu'on y emploie. _Nihil est in intellectu quod non prius fuerit in sensu_: grande & importante vérité que ne doivent jamais oublier ceux qui apprennent comme ceux qui enseignent, & que le célèbre Rouelle avoit fait tracer en gros caractères dans le lieu le plus apparent de son laboratoire.
Les opérations chimiques se divisent naturellement en plusieurs classes, suivant l'objet qu'elles se proposent de remplir: les unes peuvent être regardées comme purement mécaniques; telle est la détermination du poids des corps, la mesure de leur volume, la trituration, la porphyrisation, le tamisage, le lavage, la filtration: les autres sont des opérations véritablement chimiques, parce qu'elles emploient des forces & des agens chimiques, telles que la dissolution, la fusion, &c. Enfin les unes ont pour objet de séparer les principes des corps, les autres de les réunir; souvent même elles ont ce double but, & il n'est pas rare que dans une même opération, comme dans la combustion, par exemple, il y ait à la fois décomposition & recomposition.
Sans adopter particulièrement aucune de ces divisions, auxquelles il seroit difficile de s'astreindre, du moins d'une manière rigoureuse, je vais présenter le détail des opérations chimiques, dans l'ordre qui m'a paru le plus propre à en faciliter l'intelligence. J'insisterai particulièrement sur les appareils relatifs à la Chimie moderne, parce qu'ils sont encore peu connus, même de ceux qui font une étude particulière de cette science, je pourrois presque dire, d'une partie de ceux qui la professent.
CHAPITRE PREMIER.
_Des instrumens propres à déterminer le poids absolu & la pesanteur spécifique des corps solides & liquides._
On ne connoît jusqu'à présent aucun meilleur moyen pour déterminer les quantités de matières qu'on emploie dans les opérations chimiques, & celles qu'on obtient par le résultat des expériences, que de les mettre en équilibre avec d'autres corps qu'on est convenu de prendre pour terme de comparaison. Lors, par exemple, que nous voulons allier ensemble douze livres de plomb & six livres d'étain, nous nous procurons un levier de fer assez fort pour qu'il ne fléchisse pas; nous le suspendons dans son milieu & de manière que ses deux bras soient parfaitement égaux; nous attachons à l'une de ses extrêmités un poids de douze livres; nous attachons à l'autre du plomb, & nous en ajoutons jusqu'à ce qu'il y ait équilibre, c'est-à-dire jusqu'à ce que le levier demeure parfaitement horisontal. Après avoir ainsi opéré sur le plomb, on opère sur l'étain; & on en use de la même manière pour toutes les autres matières dont on veut déterminer la quantité. Cette opération se nomme _peser_; l'instrument dont on se sert se nomme _balance_: il est principalement composé, comme tout le monde le sait, d'un fléau, de deux bassins & d'une aiguille.
Quant au choix des poids & à la quantité de matière qui doit composer une unité, une livre, par exemple, c'est une chose absolument arbitraire; aussi voyons-nous que la livre differe d'un royaume à un autre, d'une province & souvent même d'une ville à une autre. Les sociétés n'ont même d'autre moyen de conserver l'unité qu'elles se sont choisie, & d'empêcher qu'elle ne varie & ne s'altère par la révolution des tems, qu'en formant ce qu'on nomme des étalons, qui sont déposés & soigneusement conservés dans les greffes des jurisdictions.