Part 14
On peut encore oxygéner toutes les substances combustibles en les combinant, soit avec du nitrate de potasse ou de soude, soit avec du muriate oxygéné de potasse. A un certain degré de chaleur, l'oxygène quitte le nitrate & le muriate, pour se combiner avec le corps combustible: mais ces sortes d'oxygénation ne doivent être tentées qu'avec des précautions extrêmes & sur de très-petites quantités. L'oxygène entre dans la combinaison des nitrates & sur-tout des muriates oxygénés, avec une quantité de calorique presqu'égale à celle qui est nécessaire pour le constituer gaz oxygène. Cette immense quantité de calorique devient subitement libre au moment de sa combinaison avec les corps combustibles; & il en résulte des détonations terribles auxquelles rien ne résiste.
Enfin on peut oxygéner par la voie humide une partie des corps combustibles, & transformer en acides la plupart des oxides des trois règnes. On se sert principalement à cet effet de l'acide nitrique, auquel l'oxygène tient peu & qui le cède facilement à un grand nombre de corps, à l'aide d'une douce chaleur. On peut également employer l'acide muriatique oxygéné pour quelques-unes de ces opérations, mais non pas pour toutes.
J'appelle _binaires_ les combinaisons des substances simples avec l'oxygène, parce qu'elles ne sont formées que de la réunion de deux substances. Je nommerai combinaisons _ternaires_ celles composées de trois substances simples, & combinaisons _quaternaires_ celles composées de quatre substances.
_TABLEAU des combinaisons de l'Oxygène avec les radicaux composés._
====================================================================== | Combinaisons de l'oxigène avec les radicaux composés | | du règne minéral, tels que | |--------------------------------------------------------------------| | | Noms des acides qui en résultent. | | Noms |-------------------------------------------------| | des radicaux | Nomenclature | Nomenclature | | | nouvelle. | ancienne. | |--------------------------------------------------------------------| |Le radical |L'acide nitro-muriatique.|L'eau régale. | |nitro-muriatique. | | | |--------------------------------------------------------------------| | Combinaisons de l'oxigène avec les radicaux carbone-hydreux | | & hydro-carboneux du règne végétal, tels que le radical: * | |--------------------------------------------------------------------| |tartarique. |L'acide tartareux. |inconnu des anciens. | |malique. |L'acide malique. |inconnu des anciens. | |citrique. |L'acide citrique. |L'acide du citron. | |pyro-lignique. |L'acide pyro-ligneux. |L'acide empyreumatique | | | |du bois. | |pyro-mucique. |L'acide pyro-muqueux. |L'acide empyreumatique | | | |du sucre. | |pyro-tartarique. |L'acide pyro-tartareux. |L'acide empyreumatique | | | |du tartre. | |oxalique. |L'acide oxalique. |Le sel d'oseille. | |acétique. |L'acide acéteux ou |Le vinaigre, l'acide | | |acétique. |du vinaigre. | | | |Le vinaigre radical. | |succinique. |L'acide succinique. |Le sel volatil de | | | |succin. | |benzoïque. |L'acide benzoïque. |Les fleurs de benjoin. | |camphorique. |L'acide camphorique. |inconnu des anciens. | |gallique. |L'acide gallique. |Le principe astringent | | | |des végétaux. | |--------------------------------------------------------------------| | Combinaisons de l'oxigène avec les radicaux carbone-hydreux & | | hydro-carboneux du règne animal, auxquels se joint presque | | toujours l'azote & souvent le phosphore, tels que le radical: ** | |--------------------------------------------------------------------| |lactique. |L'acide lactique. |L'acide du petit lait | | | |aigri. | |saccho-lactique. |L'acide saccho-lactique. |inconnu des anciens. | |formique. |L'acide formique. |L'acide des fourmis. | |bombique. |L'acide bombique. |inconnu des anciens. | |sébacique. |L'acide sébacique. |inconnu des anciens. | |lithique. |L'acide lithique. |Le calcul de la vessie.| |prussique. |L'acide prussique. |La matière colorante | | | |du bleu de Prusse. | ======================================================================
* Ces radicaux, par un premier degré d'oxigénation, donnent le sucre, l'amidon, le muqueux, & en général tous les oxides végétaux.
** Ces radicaux, par un premier degré d'oxigénation, donnent la limphe animale, différentes humeurs, & en général tous les oxides animaux.
OBSERVATIONS
_Sur les combinaisons de l'Oxigène avec les Radicaux composés._
DEPUIS que j'ai publié dans les Mémoires de l'Académ. année 1776, pag. 671, & 1778, page 535, une nouvelle théorie sur la nature & sur la formation des acides; & que j'en ai conclu que le nombre de ces substances devoit être beaucoup plus grand qu'on ne l'avoit pensé jusqu'alors, une nouvelle carrière s'est ouverte en Chimie: au lieu de cinq ou six acides qu'on connoissoit, on en a découvert successivement jusqu'à trente, & le nombre des sels neutres s'est accru dans la même proportion. Ce qui nous reste à étudier maintenant, est la nature des bases acidifiables & le degré d'oxygénation dont elles sont susceptibles. J'ai déjà fait observer que dans le règne minéral, presque tous les radicaux oxidables & acidifiables étoient simples; que dans le règne végétal au contraire, & sur-tout dans le règne animal, il n'en existoit presque pas qui ne fussent composés au moins de deux substances, d'hydrogène & de carbone; que souvent l'azote & le phosphore s'y réunissoient, & qu'il en résultoit des radicaux à quatre bases.
Les oxides & acides animaux & végétaux peuvent, d'après ces observations, différer entr'eux, 1º. par le nombre des principes acidifians qui constituent leur base; 2º. par la différente proportion de ces principes; 3º. par le différent degré d'oxygénation; ce qui suffit & au-delà pour expliquer le grand nombre de variétés que nous présente la nature. Il n'est pas étonnant, d'après cela, qu'on puisse convertir presque tous les acides végétaux les uns dans les autres; il ne s'agit, pour y parvenir, que de changer la proportion du carbone & de l'hydrogène, ou de les oxygéner plus ou moins. C'est ce qu'a fait M. Crell dans des expériences très-ingénieuses, qui ont été confirmées & étendues depuis par M. Hassenfratz. Il en résulte que le carbone & l'hydrogène donnent par un premier degré d'oxygénation de l'acide tartareux, par un second de l'acide oxalique, par un troisième de l'acide acéteux ou acétique. Il paroîtroit seulement que le carbone entre dans une proportion un peu moindre dans la combinaison des acides acéteux & acétique. L'acide citrique & l'acide malique diffèrent très-peu des précédens.
Doit-on conclure de ces réflexions, que les huiles soient la base, qu'elles soient le radical des acides végétaux & animaux? J'ai déjà exposé mes doutes à cet égard. Premièrement, quoique les huiles paroissent n'être uniquement composées que d'hydrogène & de carbone, nous ne savons pas si la proportion qu'elles en contiennent est précisément celle nécessaire pour constituer les radicaux des acides. Secondement, puisque les acides végétaux & animaux ne sont pas seulement composés d'hydrogène, & de carbone, mais que l'oxygène entre également dans leur combinaison, il n'y a pas de raison de conclure qu'ils contiennent plutôt de l'huile que de l'acide carbonique & de l'eau. Ils contiennent bien, il est vrai, les matériaux propres à chacune de ces combinaisons; mais ces combinaisons ne sont point réalisées à la température habituelle dont nous jouissons, & les trois principes sont dans un état d'équilibre, qu'un degré de chaleur un peu supérieur à celui de l'eau bouillante suffit pour troubler. On peut consulter ce que j'ai dit à cet égard, page 132 & suivantes de cet Ouvrage.
_TABLEAU des combinaisons binaires de l'Azote avec les substances simples._
====================================================================== | Combinaisons de l'azote avec: | |--------------------------------------------------------------------| | Substances | Résultat des combinaisons. | | simples. |----------------------------------------------------| | | Nomenclature nouvelle. | Nomenclature anc. | |--------------------------------------------------------------------| |Le calorique. |Le gaz azote. |Air phlogistiqué, | | | |mofète. | | | | | |L'hydrogène. |L'ammoniaque. |Alkali volatil. | | | | | |L'oxigène. {Oxide nitreux. |Base du gaz nitreux. | | {Acide nitreux. |Acide nitreux fumant.| | {Acide nitrique. |Acide nitreux blanc. | | | | | |Le Carbone. |Azoture de carbone. |Inconnue. | | | | | | | Combinaison inconnue. On | | | |sait seulement que le carbone | | | |est susceptible de se | | | |dissoudre dans l'azote, & il | | | |en résulte un gaz azotique | | | |carboné. | | | | | | |Le phosphore. |Azoture de phosphore. |Inconnue. | | | | | | | Combinaison inconnue. | | | | | | |Le soufre. |Azoture de soufre. |Inconnue. | | | | | | | Combinaison inconnue. On | | | |sait seulement que le soufre | | | |est susceptible de se | | | |dissoudre dans le gaz | | | |azotique, & il en résulte un | | | |gaz azotique sulfuré. | | | | | | |Les radicaux | L'azote se combine avec le |Inconnues. | |composés. |carbone & l'hydrogène, & | | | |quelquefois avec le phosphore,| | | |pour former des radicaux | | | |composés, qui sont | | | |susceptibles, comme on l'a | | | |vu plus haut, de s'oxider & | | | |de s'acidifier. Ce principe | | | |entre généralement dans tous | | | |les radicaux du règne animal. | | | | | | |Les substances | Ces combinaisons sont |Inconnues. | |métalliques. |absolument inconnues. Si elles| | | |sont découvertes un jour, | | | |on les nommera azotures | | | |métalliques. | | | | | | |La chaux. | Toutes ces combinaisons | | |La magnésie. |sont entièrement inconnues. | | |La baryte. |Si un jour elles sont | | |L'alumine. |reconnues possibles, elles | | |La potasse. |seront nommées azotures de | | |La soude. |chaux, azotures magnésiènes, | | | |&c. | | ======================================================================
OBSERVATIONS
_Sur l'Azote & sur ses combinaisons avec les substances simples._
L'AZOTE est un des principes les plus abondamment répandus dans la nature. Combiné avec le calorique, il forme le gaz azote ou la mofète, qui entre environ pour les deux tiers dans le poids de l'air de l'atmosphère. Il demeure constamment dans l'état de gaz au degré de pression & de température dans lequel nous vivons; aucun degré de compression ni de froid n'ont encore pu le réduire à l'état liquide ou solide.
Ce principe est aussi un des élémens qui constitue essentiellement les matières animales: il y est combiné avec le carbone & l'hydrogène, quelquefois avec le phosphore, & le tout est lié par une certaine portion d'oxygène qui les met ou à l'état d'oxide, ou à celui d'acide, suivant le degré d'oxygénation. La nature des matières animales peut donc varier comme celles des matières végétales, de trois manières, 1º. par le nombre des substances qui entrent dans la combinaison du radical, 2º. par leur proportion, 3º. par le degré d'oxygénation.
L'azote combiné avec l'oxygène forme les oxides & acides nitreux & nitrique; combiné avec l'hydrogène, il forme l'ammoniaque: ses autres combinaisons avec les substances simples sont peu connues. Nous leur donnerons le nom d'azotures, pour conserver l'identité de terminaison en _ure_ que nous avons affectée à toutes les substances non-oxygénées. Il est assez probable que toutes les substances alkalines appartiennent à ce genre de combinaisons.
Il y a plusieurs manières d'obtenir le gaz azote: la première, de le tirer de l'air commun en absorbant par le sulfure de potasse ou de chaux dissous dans l'eau, le gaz oxygène qu'il contient. Il faut douze ou quinze jours pour que l'absorption soit complette; en supposant même qu'on agite & qu'on renouvelle les surfaces, & qu'on rompe la pellicule qui s'y forme.
La seconde, de le tirer des matières animales en les dissolvant dans de l'acide nitrique affoibli & presqu'à froid. L'azote, dans cette opération, se dégage sous forme de gaz, & on le reçoit sous des cloches remplies d'eau dans l'appareil pneumato-chimique: mêlé avec un tiers en poids de gaz oxygène, il reforme de l'air atmosphérique.
Une troisième manière d'obtenir le gaz azote, est de le retirer du nitre par la détonation, soit avec le charbon, soit avec quelques autres corps combustibles. Dans le premier cas, le gaz azote se dégage mêlé avec du gaz acide carbonique, qu'on absorbe ensuite par de l'alkali caustique ou de l'eau de chaux, & le gaz azote reste pur.
Enfin un quatrième moyen d'obtenir le gaz azote, est de le tirer de la combinaison de l'ammoniaque avec les oxides métalliques. L'hydrogène de l'ammoniaque se combine avec l'oxygène de l'oxide; il se forme de l'eau, comme l'a observé M. de Fourcroy: en même tems l'azote devenu libre, se dégage sous la forme de gaz.
Il n'y a pas long-tems que les combinaisons de l'azote sont connues en Chimie. M. Cavendish est le premier qui l'ait observé dans le gaz & dans l'acide nitreux. M. Berthollet l'a ensuite découvert dans l'ammoniaque & dans l'acide prussique. Tout jusqu'ici porte à croire que cette substance est un être simple & élémentaire; rien ne prouve au moins qu'elle ait encore été décomposée, & ce motif suffit pour justifier la place que nous lui avons assignée.
_TABLEAU des combinaisons binaires de l'Hydrogène avec les substances simples._
====================================================================== | Noms des | Résultat des combinaisons de l'hydrogène avec: | | Substances |-----------------------------------------------------| | simples. | Nomenclature nouvelle. | Observations. | |--------------------------------------------------------------------| |Le calorique. |Gaz hydrogène. {Cette combinaison de | |L'azote. |Ammoniaque ou alkali {l'oxygène & du carbone | | |volatil. {comprend les huiles | |L'oxigène. |Eau. {fixes & volatiles, & | | | {forme le radical d'une | |Le soufre. }Combinaison inconnue. * {partie des oxides & | |Le phosphore. } {des acides végétaux | | | {& animaux; lorsqu'elle | |Le carbone. |Radical hydro-carboneux {a lieu dans l'état | | |ou carbone-hydreux. {de gaz, il en résulte | | | {du gaz hydrogène | | | {carboné. | | | | | |L'antimoine. |Hydrure d'antimoine. }Aucunes de ces | |L'argent. |Hydrure d'argent. }combinaisons ne sont | |L'arsenic. |Hydrure d'arsenic. }connues, & il y a toute| |Le bismuth. |Hydrure de bismuth. }apparence qu'elles ne | |Le cobalt. |Hydrure de cobalt. }peuvent exister à la | |Le cuivre. |Hydrure de cuivre. }température dans | |L'étain. |Hydrure d'étain. }laquelle nous vivons, | |Le fer. |Hydrure de fer. }à cause de la grande | |Le manganèse. |Hydrure de manganèse. }affinité de l'hydrogène| |Le mercure. |Hydrure de mercure. }pour le calorique. | |Le molybdène. |Hydrure de molybdène. } | |Le nickel. |Hydrure de nickel. } | |L'or. |Hydrure d'or. } | |Le platine. |Hydrure de platine. } | |Le plomb. |Hydrure de plomb. } | |Le tungstène. |Hydrure de tungstène. } | |Le zinc. |Hydrure de zinc. } | |La potasse. |Hydrure de potasse. } | |La soude. |Hydrure de soude. } | |L'ammoniaque. |Hydrure d'ammoniaque. } | |La chaux. |Hydrure de chaux. } | |La magnésie. |Hydrure de magnésie. } | |La baryte. |Hydrure de baryte. } | |L'alumine. |Hydrure d'alumine. } | ======================================================================
* Ces combinaisons ont lieu dans l'état de gaz & il en résulte du gaz hydrogène sulfuré & phosphoré.
OBSERVATIONS
_Sur l'Hydrogène, & sur le tableau de ses combinaisons._
L'HYDROGÈNE, comme l'exprime sa dénomination, est un des principes de l'eau; il entre pour quinze centièmes dans sa composition: l'oxygène en forme les quatre-vingt-cinq autres centièmes. Cette substance dont ses propriétés & même l'existence ne sont connues que depuis très-peu de tems, est un des principes des plus abondamment répandus dans la nature: c'est un de ceux qui jouent le principal rôle dans le règne végétal & dans le règne animal.
L'affinité de l'hydrogène pour le calorique est telle qu'il reste constamment dans l'état de gaz au degré de chaleur & de pression dans lequel nous vivons. Il nous est donc impossible de connoître ce principe dans un état concret & dépouillé de toute combinaison.
Pour obtenir l'hydrogène ou plutôt le gaz hydrogène, il ne faut que présenter à l'eau une substance pour laquelle l'oxygène ait plus d'affinité qu'il n'en a avec l'hydrogène. Aussitôt l'hydrogène devient libre, il se combine avec le calorique & forme le gaz hydrogène. C'est le fer qu'on a coutume d'employer pour opérer cette séparation, & il faut pour cela qu'il soit élevé à un degré de chaleur capable de le faire rougir. Le fer s'oxide dans cette opération, & devient semblable à la mine de fer de l'île d'Elbe. Dans cet état il est beaucoup moins attirable à l'aimant, & il se dissout sans effervescence dans les acides.
Le carbone, lorsqu'il est rouge & embrâsé, a également la propriété de décomposer l'eau & d'enlever l'oxygène à l'hydrogène: mais alors il se forme de l'acide carbonique qui se mêle avec le gaz hydrogène; on l'en sépare facilement, parce que l'acide carbonique est absorbable par l'eau & par les alkalis, tandis que l'hydrogène ne l'est pas. On peut encore obtenir du gaz hydrogène en faisant dissoudre du fer ou du zinc dans de l'acide sulfurique étendu d'eau. Ces deux métaux qui ne décomposent que très-difficilement & très-lentement l'eau lorsqu'ils sont seuls, la décomposent au contraire avec beaucoup de facilité lorsqu'ils sont aidés par la présence de l'acide sulfurique. L'hydrogène s'unit au calorique dans cette opération, aussitôt qu'il est dégagé, & on l'obtient dans l'état de gaz hydrogène.
Quelques Chimistes d'un ordre très-distingué se persuadent que l'hydrogène est le phlogistique de Stalh, & comme ce célèbre Chimiste admettoit du phlogistique dans les métaux, dans le soufre, dans le charbon, &c. ils sont obligés de supposer qu'il existe également, de l'hydrogène fixé & combiné dans toutes ces substances: ils le supposent, mais ils ne le prouvent pas, & quand ils le prouveroient, ils ne seroient pas beaucoup plus avancés, puisque ce dégagement du gaz hydrogène n'explique en aucune manière les phénomènes de la calcination & de la combustion. Il faudroit toujours en revenir à l'examen de cette question; le calorique & la lumière qui se dégagent pendant les différentes espèces de combustion, sont-ils fournis par le corps qui brûle ou par le gaz oxygène qui se fixe dans toutes les opérations? & certainement la supposition de l'hydrogène dans les différens corps combustibles ne jette aucune lumière sur cette question. C'est au surplus à ceux qui supposent à prouver; & toute doctrine qui expliquera aussi bien & aussi naturellement que la leur, sans supposition, aura au moins l'avantage de la simplicité.
On peut voir ce que nous avons publié sur cette grande question, M. de Morveau, M. Bertholet, M. de Fourcroy & moi, dans la traduction de l'essai de M. Kirwan sur le phlogistique.
_TABLEAU des combinaisons binaires du Soufre non oxygéné avec les substances simples._