Part 13
LES radicaux du règne végétal & du règne animal que présente ce tableau, & qui tous sont susceptibles d'être oxidés & acidifiés, n'ayant point encore été analysés avec précision, il est impossible de les assujétir encore à une nomenclature régulière. Des expériences dont quelques-unes me sont propres, & dont d'autres ont été faites par M. Hassenfratz, m'ont seulement appris qu'en général, presque tous les acides végétaux, tels que l'acide tartareux, l'acide oxalique, l'acide citrique, l'acide malique, l'acide acéteux, l'acide pyro-tartarique, l'acide pyro-mucique, ont pour radical l'hydrogène & le carbone, mais réunis de manière à ne former qu'une seule & même base; que tous ces acides ne diffèrent entr'eux que par la différence de proportion de ces deux substances, & par le degré d'oxygénation. Nous savons de plus, principalement par les expériences de M. Berthollet, que les radicaux du règne animal, & quelques-uns même du règne végétal sont plus composés, & qu'indépendamment de l'hydrogène & du carbone, ils contiennent encore souvent de l'azote, & quelquefois du phosphore; mais il n'existe point encore de calculs exacts sur les quantités. Nous nous sommes donc trouvés forcés de donner, à la manière des anciens, à ces différens radicaux des noms dérivés de celui de la substance dont ils ont été tirés. Sans doute, un jour & à mesure que nos connoissances acquerront plus de certitude & d'étendue, tous ces noms disparoîtront, & ils ne subsisteront plus que comme un témoignage de l'état dans lequel la science chimique nous a été transmise: ils feront place à ceux des radicaux hydro-carboneux & hydro-carbonique, carbone-hydreux & carbone-hydrique, comme je l'ai expliqué dans le chapitre XI, & le choix de ces noms sera déterminé par la proportion des deux bases dont ils sont composés.
On apperçoit aisément que les huiles étant composées d'hydrogène & de carbone, elles sont de véritables radicaux carbone-hydreux ou hydro-carboneux, & en effet, il suffit d'oxygéner des huiles pour les convertir d'abord en oxides, & ensuite en acides végétaux, suivant le degré d'oxygénation. On ne peut pas cependant assurer d'une manière positive que les huiles entrent toutes entières dans la composition des oxides & des acides végétaux; il est possible qu'elles perdent auparavant une portion de leur hydrogène ou de leur carbone, & que ce qui reste de l'une & de l'autre de ces substances ne soit plus dans la proportion nécessaire pour constituer des huiles. C'est sur quoi nous avons encore besoin d'être éclairés par l'expérience.
Nous ne connoissons, à proprement parler, dans le règne minéral d'autre radical composé que le radical nitro-muriatique. Il est formé par la réunion de l'azote avec le radical muriatique. Les autres acides composés ont été beaucoup moins étudiés, & ne présentent pas d'ailleurs des phénomènes aussi frappans.
OBSERVATIONS
_Sur les combinaisons de la Lumière & du Calorique avec les différentes substances._
JE n'ai point formé de Tableau pour les combinaisons de la lumière & du calorique avec les substances simples ou composées; parce que nous n'avons point encore des idées suffisamment arrêtées sur ces sortes de combinaisons. Nous savons, en général, que tous les corps de la nature sont plongés dans le calorique, qu'ils en sont environnés, pénétrés de toutes parts, & qu'il remplit tous les intervalles que laissent entr'elles leurs molécules: que dans certains cas le calorique se fixe dans les corps, de manière même à constituer leurs parties solides; mais que le plus souvent il en écarte les molécules, il exerce sur elles une force répulsive, & que c'est de son action ou de son accumulation plus ou moins grande que dépend le passage des corps de l'état solide à l'état liquide, de l'état liquide à l'état aériforme. Enfin nous avons appelé du nom générique de _gaz_ toutes les substances portées à l'état aériforme par une addition suffisante de calorique; en sorte que si nous voulons désigner l'acide muriatique, l'acide carbonique, l'hydrogène, l'eau, l'alkool dans l'état aériforme, nous leur donnons le nom de _gaz acide muriatique_, _gaz acide carbonique_, _gaz hydrogène_, _gaz aqueux_, _gaz alkool_.
A l'égard de la lumière, ses combinaisons & sa manière d'agir sur les corps sont encore moins connues. Il paroît seulement, d'après les expériences de M. Berthollet, qu'elle a une grande affinité avec l'oxygène, qu'elle est susceptible de se combiner avec lui, & qu'elle contribue avec le calorique à le constituer dans l'état de gaz. Les expériences qui ont été faites sur la végétation, donnent aussi lieu de croire que la lumière se combine avec quelques parties des plantes, & que c'est à cette combinaison qu'est due la couleur verte des feuilles & la diversité de couleurs des fleurs. Il est au moins certain que les plantes qui croissent dans l'obscurité sont étiolées, qu'elles sont absolument blanches, qu'elles sont dans un état de langueur & de souffrance, & qu'elles ont besoin pour reprendre leur vigueur naturelle & pour se colorer, de l'influence immédiate de la lumière.
On observe quelque chose de semblable sur les animaux eux-mêmes; les hommes, les femmes, les enfans s'étiolent jusqu'à un certain point dans les travaux sédentaires des manufactures, dans les logemens resserrés, dans les rues étroites des villes. Ils se développent au contraire, ils acquièrent plus de force & plus de vie dans la plupart des occupations champêtres & dans les travaux qui se font en plein air.
L'organisation, le sentiment, le mouvement spontané, la vie, n'existent qu'à la surface de la terre & dans les lieux exposés à la lumière. On diroit que la fable du flambeau de Prométhée étoit l'expression d'une vérité philosophique qui n'avoit point échappé aux anciens. Sans la lumière la nature étoit sans vie, elle étoit morte & inanimée: un Dieu bienfaisant, en apportant la lumière, a répandu sur la surface de la terre l'organisation, le sentiment & la pensée.
Mais ce n'est point ici le lieu d'entrer dans aucuns détails sur les corps organisés; c'est à dessein que j'ai évité de m'en occuper dans cet Ouvrage, & c'est ce qui m'a empêché de parler des phénomènes de la respiration, de la sanguification & de la chaleur animale. Je reviendrai un jour sur ces objets.
_TABLEAU des Combinaisons binaires de l'oxygène avec les substances métalliques & non métalliques oxidables & acidifiables._
====================================================================== | Premier degré d'oxigénation. | |--------------------------------------------------------------------| | | Noms nouveaux. | Noms anciens. | |--------------------------------------------------------------------| | Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples | | non métalliques, telles que: | |--------------------------------------------------------------------| |Le calorique. |Le gaz oxygène. |Air vital ou | | | |déphlogistiqué. | |L'hydrogène. |On ne connoît qu'un degré de combinaison de | | |l'oxygène & de l'hydrogène, & cette | | |combinaison forme de l'eau. | |L'azote. |Oxide nitreux ou |Gaz nitreux. | | |base du gaz nitreux.| | |Le carbone. |Oxide de carbone. |Inconnu. | |Le soufre. |Oxide de soufre. |Soufre mou. | |Le phosphore. |Oxide de phosphore. |Résidu de la combustion | | | |du phosphore. | |Le radical muriatique.|Oxide muriatique. |Inconnu. | |Le radical fluorique. |Oxide fluorique. |Inconnu. | |Le radical boracique. |Oxide boracique. |Inconnu. | |--------------------------------------------------------------------| | Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples | | métalliques, telles que: | |--------------------------------------------------------------------| |L'antimoine. |Oxide gris d'antimoine. |Chaux grise d'antimoine. | |L'argent. |Oxide d'argent. |Chaux d'argent. | |L'arsenic. |Oxide gris d'arsenic. |Chaux grise d'arsenic. | |Le bismuth. |Oxide gris de bismuth. |Chaux grise de bismuth. | |Le cobalt. |Oxide gris de cobalt. |Chaux grise de cobalt. | |Le cuivre. |Oxide rouge brun de |Chaux rouge brune de cuivre.| | |cuivre. | | |L'étain. |Oxide gris d'étain. |Chaux grise d'étain. | |Le fer. |Oxide noir de fer. |Ethiops martial. | |Le manganèse. |Oxide noir de manganèse.|Chaux noire de manganèse. | |Le mercure. |Oxide noir de mercure. |Ethiops minéral. | |Le molybdène. |Oxide de molybdène. |Chaux de molybdène. | |Le nickel. |Oxide de nickel. |Chaux de nickel. | |L'or. |Oxide jaune d'or. |Chaux jaune d'or. | |Le platine. |Oxide jaune de platine. |Chaux jaune de platine. | |Le plomb. |Oxide gris de plomb. |Chaux grise de plomb. | |Le tungstène. |Oxide de tungstène. |Chaux de tungstène. | |Le zinc. |Oxide gris de zinc. |Chaux grise de zinc. | ======================================================================
====================================================================== | Second degré d'oxigénation. | |--------------------------------------------------------------------| | | Noms nouveaux. | Noms anciens. | |--------------------------------------------------------------------| | Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples | | non métalliques, telles que: | |--------------------------------------------------------------------| |Le calorique. | | | |L'hydrogène. | | | |L'azote. |Acide nitreux. |Acide nitreux fumant. | |Le carbone. |Acide carboneux. |Inconnu. | |Le soufre. |Acide sulfureux. |Acide sulfureux. | |Le phosphore. |Acide phosphoreux. |Acide volatil du | | | |phosphore. | |Le radical muriatique.|Acide muriateux. |Inconnu. | |Le radical fluorique. |Acide fluoreux. |Inconnu. | |Le radical boracique. |Acide boraceux. |Inconnu. | |--------------------------------------------------------------------| | Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples | | métalliques, telles que: | |--------------------------------------------------------------------| |L'antimoine. |Oxide blanc d'antimoine. |Chaux blanche d'antimoine. | | | |Antimoine diaphorétique. | |L'argent. |........................ |........................... | |L'arsenic. |Oxide blanc d'arsenic. |Chaux blanche d'arsenic. | |Le bismuth. |Oxide blanc de bismuth. |Chaux blanche de bismuth. | |Le cobalt. |....................... |........................... | |Le cuivre. |Oxide vert & bleu de |Chaux verte & bleue de | | |cuivre. |cuivre. | |L'étain. |Oxide blanc d'étain. |Chaux blanche d'étain ou | | | |potée d'étain. | |Le fer. |Oxide jaune & rouge |Ocre & rouille. | | |de fer. | | |Le manganèse.|Oxide blanc de manganèse.|Chaux blanche de manganèse. | |Le mercure. |Oxide jaune & rouge de |Turbith minéral, précipité | | |mercure. |rouge, précipité _per se_. | |Le molybdène.|........................ |........................... | |Le nickel. |........................ |........................... | |L'or. |Oxide rouge d'or. |Chaux rouge d'or. | | | |Précipité pourpre de | | | |Cassius. | |Le platine. |........................ |........................... | |Le plomb. |Oxide jaune & rouge de |Massicot & minium. | | |plomb. | | |Le tungstène.|........................ |........................... | |Le zinc. |Oxide blanc de zinc. |Chaux blanche de zinc, | | | |Pompholix. | ======================================================================
====================================================================== | Troisième degré d'oxigénation. | |--------------------------------------------------------------------| | | Noms nouveaux. | Noms anciens. | |--------------------------------------------------------------------| | Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples | | non métalliques, telles que: | |--------------------------------------------------------------------| |Le calorique. | | | |L'hydrogène. | | | |L'azote. |Acide nitrique. |Acide nitreux non fumant.| |Le carbone. |Acide carbonique. |Air fixe. | |Le soufre. |Acide sulfurique. |Acide vitriolique. | |Le phosphore. |Acide phosphorique.|Acide phosphorique. | |Le radical muriatique.|Acide muriatique. |Acide marin. | |Le radical fluorique. |Acide fluorique. |Inconnu des anciens. | |Le radical boracique. |Acide boracique. |Sel sédatif de Homberg. | |--------------------------------------------------------------------| | Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples | | métalliques, telles que: | |--------------------------------------------------------------------| |L'antimoine. |Acide antimonique. |........................ | |L'argent. |Acide argentique. |........................ | |L'arsenic. |Acide arsenique. |Acide arsenical. | |Le bismuth. |Acide bismutique. |........................ | |Le cobalt. |Acide cobaltique. |........................ | |Le cuivre. |Acide cuprique. |........................ | |L'étain. |Acide stamnique. |........................ | |Le fer. |Acide ferrique. |........................ | |Le manganèse. |Acide manganique. |........................ | |Le mercure. |Acide mercurique. |........................ | |Le molybdène. |Acide molybdique. |Acide de la molybdène. | |Le nickel. |Acide nickelique. |........................ | |L'or. |Acide aurique. |........................ | |Le platine. |Acide platinique. |........................ | |Le plomb. |Oxide plombique. |........................ | |Le tungstène. |Acide tungstique. |Acide de la tungstène. | |Le zinc. |Acide zincique. |........................ | ======================================================================
====================================================================== | Quatrième degré d'oxigénation. | |--------------------------------------------------------------------| | | Noms nouveaux. | Noms anciens. | |--------------------------------------------------------------------| | Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples | | non métalliques, telles que: | |--------------------------------------------------------------------| |Le calorique. | | | |L'hydrogène. | | | |L'azote. |Acide nitrique oxigéné. |Inconnu. | |Le carbone. |Acide carbonique oxigéné. |Inconnu. | |Le soufre. |Acide sulfurique oxigéné. |Inconnu. | |Le phosphore. |Acide phosphorique oxigéné.|Inconnu. | |Le radical muriatique.|Acide muriatique oxigéné. |Acide marin | | | |déphlogistiqué. | |Le radical fluorique. |.......................... |................ | |Le radical boracique. |.......................... |................ | |--------------------------------------------------------------------| | Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples | | métalliques, telles que: | |--------------------------------------------------------------------| |L'antimoine. |.......................... |................ | |L'argent. |.......................... |................ | |L'arsenic. |Acide arsenic oxigéné. |Inconnu. | |Le bismuth. |.......................... |................ | |Le cobalt. |.......................... |................ | |Le cuivre. |.......................... |................ | |L'étain. |.......................... |................ | |Le fer. |.......................... |................ | |Le manganèse. |.......................... |................ | |Le mercure. |.......................... |................ | |Le molybdène. |Acide molybdique oxygéné. |Inconnu. | |Le nickel. |.......................... |................ | |L'or. |.......................... |................ | |Le platine. |.......................... |................ | |Le plomb. |.......................... |................ | |Le tungstène. |Acide tungstique oxygéné. |Inconnu. | |Le zinc. |.......................... |................ | ======================================================================
OBSERVATIONS
_Sur les combinaisons binaires de l'Oxygène avec les substances simples métalliques & non métalliques._
L'OXYGÈNE est une des substances les plus abondamment répandues dans la nature, puisqu'elle forme près du tiers en poids de notre atmosphère, & par conséquent du fluide élastique que nous respirons. C'est dans ce réservoir immense que vivent & croissent les animaux & les végétaux, & c'est également de lui que nous tirons principalement tout l'oxygène que nous employons dans nos expériences. L'attraction réciproque qui s'exerce entre ce principe & les différentes substances est telle, qu'il est impossible de l'obtenir seul & dégagé de toute combinaison. Dans notre atmosphère, il est uni au calorique qui le tient en état de gaz, & il est mêlé avec environ deux tiers en poids de gaz azote.
Il faut, pour qu'un corps s'oxygène, réunir un certain nombre de conditions: la première est que les molécules constituantes de ce corps n'exercent pas sur elles-mêmes une attraction plus forte que celle qu'elles exercent sur l'oxygène; car il est évident qu'alors il ne peut plus y avoir de combinaison. L'art dans ce cas peut venir au secours de la nature, & l'on peut diminuer presqu'à volonté l'attraction des molécules des corps, en les échauffant, c'est-à-dire, en y introduisant du calorique.
Echauffer un corps, c'est écarter les unes des autres les molécules qui le constituent; & comme l'attraction de ces molécules diminue suivant une certaine loi relative à la distance, il se trouve nécessairement un instant où les molécules exercent une plus forte attraction sur l'oxygène, qu'elles n'en exercent sur elles-mêmes; c'est alors que l'oxygénation a lieu.
On conçoit que le degré de chaleur auquel commence ce phénomène, doit être différent pour chaque substance. Ainsi, pour oxygéner la plupart des corps & en général presque toutes les substances simples, il ne s'agit que de les exposer à l'action de l'air de l'atmosphère, & de les élever à une température convenable. Cette température pour le plomb, le mercure, l'étain, n'est pas fort supérieure à celle dans laquelle nous vivons. Il faut au contraire un degré de chaleur assez grand pour oxygéner le fer, le cuivre, &c. du moins par la voie sèche & lorsque l'oxygénation n'est point aidée par l'action de l'humidité. Quelquefois l'oxygénation se fait avec une extrême rapidité, & alors elle est accompagnée de chaleur, de lumière & même de flamme; telle est la combustion du phosphore dans l'air de l'atmosphère, & celle du fer dans le gaz oxygène. Celle du soufre est moins rapide: enfin celle du plomb, de l'étain & de la plupart des métaux, se fait beaucoup plus lentement & sans que le dégagement du calorique, & sur-tout de la lumière, soit sensible.
Il est des substances qui ont une telle affinité pour l'oxygène, & qui ont la propriété de s'oxygéner à une température si basse, que nous ne les voyons que dans l'état d'oxygénation. Tel est l'acide muriatique que l'art, ni peut-être la nature, n'ont encore pu décomposer, & qui ne se présente à nous que dans l'état d'acide. Il est probable qu'il y a beaucoup d'autres substances du règne minéral qui, comme l'acide muriatique, sont nécessairement oxygénées au degré de chaleur dans lequel nous vivons; & c'est sans doute parce qu'elles sont déjà saturées d'oxygène, qu'elles n'exercent plus aucune action sur ce principe.
L'exposition des substances simples à l'air, élevées à un certain degré de température, n'est pas le seul moyen de les oxygéner. Au lieu de leur présenter l'oxygène uni au calorique, on peut leur présenter cette substance unie à un métal avec lequel elle ait peu d'affinité. L'oxide rouge de mercure est un des plus propres à remplir cet objet, sur-tout à l'égard des corps qui ne sont point attaqués par le mercure. L'oxygène dans cet oxide tient très-peu au métal, & même il n'y tient plus au degré de chaleur qui commence à faire rougir le verre. En conséquence on oxygène avec beaucoup de facilité tous les corps qui en sont susceptibles, en les mêlant avec de l'oxide rouge de mercure, & en les élevant à un degré de chaleur médiocre.
L'oxide noir de manganèse, l'oxide rouge de plomb, les oxides d'argent, & en général presque tous les oxides métalliques peuvent remplir jusqu'à un certain point le même objet, en choisissant de préférence ceux dans lesquels l'oxygène a le moins d'adhérence. Toutes les réductions ou revivifications métalliques ne sont même que des opérations de ce genre: elles ne sont autre chose que des oxygénations du charbon par un oxide métallique quelconque. Le charbon combiné avec l'oxygène & avec du calorique, s'échappe sous forme de gaz acide carbonique, & le métal reste pur & revivifié.