Théâtre de Hrotsvitha religieuse allemande du dixième siècle, traduit pour la première fois en français avec le texte latin revu sur le manuscrit de Munich

Part 21

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Cette pensée vraiment chrétienne est une nouvelle et bien remarquable censure des fondations, par lesquelles on croyait obtenir le pardon de tous les crimes. Hrotsvitha a déjà fait entendre le même blâme dans _Abraham_. Voyez p. 269 et note 54.

Note 72, Page 327.

Il semble que Virgile soit le guide de Hrotsvitha, comme de Dante. Le souvenir du poëte ne l’abandonne jamais longtemps. Elle s’empresse de revenir à lui, dès qu’elle en trouve l’occasion.

Note 73, Page 349.

La scène qu’on vient de lire, où Paphnuce recommande Thaïs pénitente aux soins de la supérieure d’un couvent de femmes, ne retrace en rien les usages monastiques du IVe siècle. Mais cet entretien nous offre en échange un exemple curieux des formules de pieuse courtoisie, avec lesquelles devaient s’aborder et converser un abbé et une abbesse dans le siècle et dans la patrie des Othons.

Note 74, Page 353.

Il pourra paraître singulier que je traduise _ecce tres mensurni_ par _il y a trois ans_; mais, ainsi que j’en ai fait la remarque dans les notes latines, le mot _mensurnus_ signifie dans Hrotsvitha, _la révolution complète de douze mois_. Cela est surtout évident dans le présent passage de _Paphnuce_. Un peu plus bas, en effet (p. 354), Hrotsvitha explique _ecce tres mensurni_, par _ante hoc triennium_.

Note 75, Page 357.

En reportant notre pensée sur la scène à laquelle il est fait ici allusion, nous ne pouvons nous empêcher de remarquer que ce mélange de _douces remontrances_ et d’énergiques conseils se rapporte avec beaucoup plus de vérité à la conversion de Marie par Abraham. C’est seulement, comme nous le verrons tout à l’heure, en assistant la pécheresse agonisante, que Paphnuce montrera envers elle toute sa tendresse de cœur.

Note 76, Page 359.

Hrotsvitha me paraît s’être plutôt rappelé ici le sens que les paroles de saint Matthieu: «Ubi sunt duo vel tres congregati in nomine meo, ibi sum in medio eorum.» _Evangil._, cap. XVIII, v. 20.—Il est presque impossible de signaler tous les emprunts que notre auteur fait au Nouveau et à l’Ancien Testament. Par exemple, un peu plus loin (p. 362), on lit: _Si Deus iniquitates observabit, nemo sustinebit._ C’est une allusion au verset 3 du psaume CXXIX: «Si iniquitates observaveris, Domine; Domine, quis sustinebit?»

Note 77, Page 367.

On voit que notre auteur suivait les opinions de saint Augustin sur la grâce.

Note 78, Page 367.

Cette théologie miséricordieuse, qui se retrouve dans toutes les pièces de Hrotsvitha, prouve que la barbarie des mœurs n’avait pas pénétré dans les doctrines.

Note 79, Page 371.

Voilà une belle et consolante prière, et qui aurait été bien digne d’être prononcée au chevet des agonisantes dans les monastères de femmes.

SAPIENCE.

Note 80, Page 375.

Au lieu du nom d’Hadrien, le manuscrit porte ici le nom de Dioclétien. J’ai pensé qu’il ne fallait voir dans cette variante qu’une faute de copiste, et j’ai rétabli dans l’argument le premier nom qu’on lit dans tout le cours de la pièce. Cependant, cette leçon acquiert un certain intérêt, quand on voit dans la dissertation préliminaire des Bollandistes «qu’on ne sait pas bien si le martyre des trois sœurs Foi, Espérance et Charité a eu lieu à Rome ou à Nicomédie, ni même si cet événement s’est passé du temps d’Hadrien ou sous le règne de Dioclétien.»

Note 81, Page 375.

Les noms significatifs des principaux acteurs de ce drame m’avaient d’abord induit à croire que _Foi, Espérance et Charité, filles de Sapience_, étaient une pièce allégorique du genre de nos anciennes _moralités_, plutôt que la mise en action d’une légende. Je m’étais trompé. Un assez grand nombre d’auteurs grecs et latins ont mentionné l’histoire de cette mère intrépide et de ses trois jeunes filles. Les Bollandistes, à la date du 1er août (_Acta Sanctor._, August. t. I, p. 16), donnent une notice des écrivains qui ont parlé de ces courageuses héroïnes, et regrettent que, hors leur martyre, on ignore ce qui les concerne. En effet, tous les agiographes, sauf le déclamateur Métaphraste, n’ont accordé qu’un très-petit nombre de lignes à cette histoire. Hrotsvitha a eu rarement moins de secours. Il faut encore remarquer qu’elle a un soin particulier de faire parler chaque personnage suivant le caractère que son nom suppose.

Note 82, Page 377.

C’est le titre que les légendes donnent à Antiochus.

Note 83, Page 383.

N’y a-t-il pas là un souvenir lointain de l’ancienne formule _Caveant consules_?

Note 84, Page 385.

Ce commandement est tiré de saint Marc, chapitre XIII, v. 11, et de saint Luc, chapitre XII, v. 11 et 12.—Il est juste de faire observer que si Hrotsvitha se montre versée dans la lecture d’Horace et de Virgile, elle ne l’est pas moins dans celle de l’Écriture Sainte.

Note 85, Page 389.

Cette circonstance semble prouver que la légende de Sapience ou de Sophie et de ses filles est d’origine hellénique.

Note 86, Page 391.

Hrotsvitha retombe ici dans une de ces digressions pédantesques où elle aime tant à se jeter en écolière émerveillée de son savoir de fraîche date. Ce ne sont pas cette fois des lambeaux de philosophie scolastique, comme dans _Callimaque_, ni une exposition technique de la science musicale, comme dans _Paphnuce_. Nous allons assister, bon gré, mal gré, à une leçon sur la théorie des nombres. Il semble que Hrotsvitha ait eu à cœur de prouver sa compétence dans presque toutes les branches du _trivium_ et du _quadrivium_. Elle a, d’ailleurs, laissé percer cette ambition dans la préface de ses comédies, sous une formule modestement orgueilleuse: «Pour que ma négligence, a-t-elle dit, n’anéantisse pas en moi les dons de Dieu, toutes les fois que, par hasard, j’ai pu recueillir quelques fils ou légers débris du vieux manteau de la philosophie, j’ai eu grand soin de les insérer dans le tissu de mon ouvrage (_Épître à certains savants_, p. 13).» Il est impossible de tenir plus exactement ses résolutions. La savante religieuse ne laisse, en effet, échapper aucune occasion de se parer du bonnet doctoral, ou plutôt elle s’en affuble, comme ici, sans même avoir pour excuse la moindre apparence d’occasion.

Note 87, Page 395.

Toute cette théorie des nombres se trouve dans Boëce, qui lui-même l’avait prise ailleurs. Il n’y a pas jusqu’à ces quatre nombres parfaits cités pour exemple, qui ne soient dans Boëce (_Arithm._, lib. I, cap. 20).—Un jeune mathématicien de Franche-Comté, M. Grillet, me communique sur ce passage la note suivante. «Les nombres parfaits dans l’ordre où l’on vient de les lire (6, 28, 496, 8128) sortent de la formule 2ⁿ (2ⁿ⁺¹-1) laquelle donne des nombres parfaits, toutes les fois que (2ⁿ⁺¹-1) est un nombre premier. On conçoit, d’ailleurs, que les arithméticiens du moyen âge se soient arrêtés à ces quatre nombres, car le plus petit que la formule fournit ensuite est 33,550336, pour n = 12.»

Note 88, Page 397.

Il est nécessaire d’interpréter ici la définition de la dénomination. Quand on dit qu’un nombre est la moitié, le tiers, etc., d’un autre nombre, cela signifie que le premier entre exactement deux fois, trois fois dans le second. Ce sont ces nombres de fois que Hrotsvitha considère, quand elle dit plus haut que la dénomination des parties est pairement paire, paire ou impaire.

Note 89, Page 403.

Encore une sorte de réminiscence mythologique.

Note 90, Page 439.

On voit par la lecture des agiographes que le seul instrument qui eût action sur les martyrs et qui pût leur donner sûrement la mort, c’était l’épée. Tous les Actes nous montrent les saints confesseurs insensibles aux autres supplices.

Note 91, Page 449.

C’est ici une allusion aux paroles de saint Matthieu, plutôt qu’une citation textuelle. Voy. _Evang._, cap. XIX, v. 29.

Note 92, Page 449.

Ce dénoûment me paraît avoir un frappant caractère de solennité et de grandeur. Cette vieille mère éplorée, cette Hécube calme et chrétienne, qui, après avoir enterré de ses mains ses trois filles offertes au ciel, se retire à l’écart et n’émet qu’un vœu, celui de mourir après une courte et fervente prière, et qui meurt comme elle l’a souhaité, me semble rappeler un autre grand et noble type de maternité courageuse, la vénérable duchesse Oda, qui consacra cinq de ses filles à Dieu, en vit mourir quatre et, ne devançant la dernière que de peu de mois, descendit, en priant, dans la tombe. Hrotsvitha, dans son poëme sur la fondation du monastère de Gandersheim, a rappelé avec émotion la glorieuse vieillesse d’Oda et les tombeaux de la mère et des filles:

Oda nimis felix, nostri spes et dominatrix, Quum decies denos septem quoque vixerat annos, Vitam fine bono consummans transit ad astra, Exspectans spe felici tempus redeundi Flatus, atque resurgendi de pulvere pleni Corporis in tumulo, quod nunc sub tegmine duro Juxta natarum requiescit busta suarum. ..................................... Christina......................... Jungitur in lucis patria pacisque perennis Ejus germanis....................... Quas matri cunctas in cœlo consociatas, Alme Pater, tecum præsta gaudere per ævum.

Je me figure que Hrotsvitha et ses compagnes, en attendant la béatification de leur digne fondatrice, aimaient à la glorifier par anticipation, sous le nom et sous les traits de Sapience.

FIN.

TABLE DES MATIÈRES.

HROTSVITHA, son temps, sa vie et ses ouvrages Pages I-LXIV Prologue 3 Préface des comédies 5 Épître à certains savants 9 GALLICANUS (1re partie) 15 GALLICANUS (2e partie) 85 DULCITIUS 111 CALLIMAQUE 157 ABRAHAM 215 PAPHNUCE 281 SAPIENCE 373 Notes et éclaircissements 451–481

FIN DE LA TABLE DES MATIÈRES.

ERRATA.

Pages 4, ligne 17, hujus modi, _lisez_ hujusmodi. 8, ligne 4, uvat, _lisez_ juvat. 12, note _a_, energeiam, _lisez_ energeian. 13, ligne 9, soin de l’insérer, _lisez_ soin de les insérer. 19, note _b_, nullibi, _lisez_ nusquam. 20, ligne 14, idipsum, _lisez_ id ipsum. 50, note _b_, uncis inclusa, _lisez_ parenthesi inclusa. 51, note _b_, quid sit agendum in scena a ludentibus, _lisez_ quid sit ludentibus agendum in scena. 51, note _b_, pagin. 40, _lisez_ pagin. 42. 83, ligne 6, et me faire, _lisez_ et de me faire. 86, note _a_, congrunt, _lisez_ congruunt. 201, ligne 17, qui avez, _lisez_ qui aviez. 201, ligne 27, biens de la mort, _lisez_ liens de la mort. 210, lignes 18 et 19, commandatum, _lisez_ commendatum. 446, ligne 14, jucundase renitas, _lisez_ jucunda serenitas. 477, ligne 14, eu a lieu, _lisez_ a eu lieu. 480, ligne 27, de peu d’années, _lisez_ de peu de mois.

— Note de transcription détaillée —

Cette version électronique comporte les corrections suivantes:

* p. xiii, continuation de la note, «Tangmar» corrigé en «Thangmar», et «Leukfeld» corrigé en «Leuckfeld»; * p. liii, «le» corrigé en «la» («la prudente nonne»); * p. 196, «Tœdet» corrigé en «Tædet» (2 fois); * p. 395, note 367, «omissit» corrigé en «omisit»; * p. 458, «quelle emploie» corrigé en «qu’elle emploie».

Les errata à la fin du livre ont été appliqués.

End of Project Gutenberg's Théâtre de Hrotsvitha, by unknown Hrotsvitha