Six mois dans les Montagnes-Rocheuses
Chapter 6
L'entrée en est interdite aux femmes de la tribu et aux étrangers. C'est là que se pratiquent les rites d'un culte dont on ne connaît guère les dogmes et les cérémonies; mais il est généralement admis que c'est un curieux mélange de traditions païennes et de cérémonies chrétiennes. Les blancs du pays avouent franchement ne connaître rien de précis, à ce sujet--et les missionnaires eux-mêmes ne paraissent pas en savoir beaucoup plus long,--On célèbre chaque année, par des jeux, des danses, des courses et des réjouissances publiques, la fête de saint Jérôme que les Indiens ont adopté comme patron, et tous les _pueblos_ de la vallée du _Rio Grande_ envoient des députations pour prendre part à la cérémonie. On m'a dit que c'était là une occasion unique d'étudier les coutumes et les traditions religieuses des _pueblos_, et j'ai regretté vivement de ne pouvoir être témoin de ces fêtes populaires, qui se célèbrent le dernier jour du mois de septembre de chaque année. Je me suis cependant bien promis, si jamais l'occasion s'en présentait, de revenir à Taos à cette époque de l'année, car j'avoue que tout ce qui touche à ces Indiens pique vivement ma curiosité. J'ai visité en détail tous les appartements--à l'exception de la salle du conseil--d'une des maisons communales, sous la conduite de l'_alguazil_ ou haut shérif. J'y ai été reçu avec la plus grande politesse; je pourrais même dire avec la plus grande cordialité, surtout par une foule de bambins absolument nus qui nous suivaient partout, nous regardant avec curiosité et acceptant volontiers les pièces de cinq sous que nous leur offrions comme cadeaux.