Saint Dominique

Part 13

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Après avoir évoqué en un style mystique le souvenir des grands fondateurs d’Ordres, le Pape rappela à grands traits la vie de saint Dominique, faisant un éloge magnifique de sa sainteté. «Tout jeune encore, dit-il, il portait dans sa poitrine d’enfant un cœur de vieillard; adoptant à jamais une vie de mortification, il rechercha l’Auteur de la Vie; voué à Dieu, consacré Nazaréen sous la règle de saint Augustin, imitant le zèle de Samuel pour les choses sacrées, il rappela, par le soin qu’il mit à châtier ses désirs, la sainteté de Daniel. Ferme comme un athlète dans les sentiers de la justice et la voie des saints, ne s’écartant jamais ni des enseignements, ni du service de l’Église militante, soumettant la chair à l’esprit, les sens à la raison, s’unissant à Dieu en esprit, il s’efforça de marcher à lui en restant attaché au prochain par les liens d’une sage compassion. Devant cet homme qui foulait aux pieds les plaisirs charnels et foudroyait les cœurs de pierre des impies, la secte des hérétiques trembla tout entière, tout entière l’assemblée des fidèles tressaillit d’allégresse. Il crût en même temps en âge et en grâce; goûtant un plaisir ineffable au salut des âmes, il voua son cœur aux paroles du Seigneur et fit naître à la vie, des foules par l’Évangile du Christ... élevé à la dignité de pasteur et de guide parmi le peuple de Dieu, il institua par ses mérites un nouvel Ordre de Prêcheurs et il ne cessa de le conformer par des merveilles évidentes et certaines; car, outre les œuvres de sainteté et les miracles de vertu qui donnèrent tant d’éclat à sa vie mortelle, il rendit, après sa mort, la santé aux malades, la parole aux muets, la vue aux aveugles, l’ouïe aux sourds, le mouvement aux paralytiques, montrant ainsi quelle âme avait animé son corps.

«Lié d’une étroite amitié avec nous, lorsque nous étions dans une condition plus humble, il nous a donné par le témoignage de sa vie des preuves certaines de sainteté; elles ont été confirmées ensuite par la vérité de ses miracles que nous ont rapportés de fidèles témoins. C’est pourquoi, partageant, avec les peuples qui nous sont confiés, l’assurance que, par ses suffrages, la miséricorde de Dieu pourra être aidée, et que nous nous réjouirons d’avoir dans le ciel le patronage de celui qui aura été notre ami sur la terre, de l’avis de nos frères et de tous les prélats présents auprès du Siège Apostolique, nous avons décidé de l’inscrire au nombre des saints, statuant et vous[196] ordonnant qu’aux nones d’août, la veille du jour où, déposant la charge de son corps, il est entré, riche en mérites, dans la gloire céleste, devenant semblable aux saints, vous célébriez sa fête et la fassiez célébrer avec solennité; ainsi, fléchi par les prières de celui qui, vivant, l’a servi, Dieu nous donnera la grâce en cette vie et la gloire dans l’autre. Voulant honorer par l’affluence des pieux chrétiens la sépulture de ce grand confesseur, qui illustre l’Église universelle par l’éclat de ses miracles, à tous ceux qui, contrits et confessés, la visiteront chaque année, au jour de la fête, avec dévotion et respect, nous accordons, par la miséricorde de Dieu et l’autorité de ses apôtres, Pierre et Paul, un an d’indulgence[197].»

[196] Il s’adresse aux archevêques, aux abbés et aux prélats de l’Église universelle.

[197] Labbe, _Concilia_, t. XI, pars I, p. 329.

Après l’Église, les arts et les lettres ont exalté saint Dominique; une école de peintres et de sculpteurs s’est développée au sein de son Ordre, si bien que l’on a pu écrire des livres sur «les artistes de l’Ordre des Prêcheurs». Ils ont consacré leur génie à la gloire de leur Père.

On ne tarda pas à trouver indigne d’un si grand Saint le tombeau que Jourdain de Saxe lui avait érigé en 1233; le couvent et la commune de Bologne confièrent à l’illustre Nicolas Pisano et à un Dominicain bolonais, Fra Guglielmo, le soin de de lui élever une _Arca_ magnifique en marbre sculpté. Les artistes y travaillèrent longtemps; enfin, le 5 juin 1267, fête de la Pentecôte, en présence d’un grand concours de peuple, ils firent placer dans l’église Saint-Dominique de Bologne le tombeau que l’on y admire encore. Très simple, le sarcophage qui contenait les précieuses reliques reposait sur des rangées de colonnes. Les deux grandes faces ont été décorées chacune de deux bas-reliefs, séparés par des statues, celle du Christ sur l’une, celle de la Vierge sur l’autre, les faces étroites n’ayant chacune qu’un bas-relief. L’artiste a représenté les principales scènes de la vie du Bienheureux: le miracle de Fanjeaux, la vision d’Innocent III, l’apparition des Apôtres Pierre et Paul, la vision et la vocation dans l’Ordre du bienheureux Réginald, la résurrection de Napoléon Orsini, le neveu du cardinal de Fossanova. Le tout formait un ensemble de quatre-vingts figures. «Dans cette représentation tout unie d’événements contemporains et surtout dans les reliefs du devant, le maître (Nicolas Pisano) s’est surpassé lui-même par une meilleure proportion des figures, par la vie, le mouvement, par la mesure du style, l’élégance de l’exécution[198].» Artiste moins puissant, Fra Guglielmo s’est élevé aussi au-dessus de lui-même, en travaillant pour le fondateur de son Ordre.

[198] Burkhardt, _Le Cicérone, Art moderne_ (trad. franc.), p. 319.

Quelque beau qu’il fût, ce tombeau ne satisfit pas encore la piété des Bolonais pour saint Dominique. En 1469, la commune vota 700 écus d’or pour faire exécuter le couvercle de son tombeau. On en confia le travail à l’un des disciples de Giacomo della Quercia, Nicolas de Bari, qui fut dès lors connu sous le nom de Nicolas dell’ Arca. Il consacra à cette œuvre quatre ans, de 1469 à 1473, et la laissa inachevée. Vasari la trouvait divine. Une série de statues ornent le couronnement pyramidal du tombeau, représentant un ange en prières, saint François d’Assise et saint Dominique, les deux saints que l’on se plaisait à unir en un commun hommage, saint Florian, saint Agricol, saint Vital, une déposition de croix entre deux anges, les quatre Évangélistes; au sommet de la pyramide, présidant cette assemblée de saints, se dresse la statue grave et majestueuse du Père Éternel. Nicolas dell’ Arca eut pour continuateur Michel-Ange lui-même. Frère d’un Dominicain, ami de l’illustre moine de Saint-Marc, Savonarole, le grand sculpteur florentin apporta à saint Dominique l’hommage de son génie. En 1492, il fit pour son tombeau un ange à genoux, la statuette de saint Procule et celle de saint Pétrone, le protecteur de Bologne. Enfin, l’ami et le collaborateur de Michel-Ange, Alfonso Lombardi, acheva cette œuvre merveilleuse en sculptant le soubassement sur lequel le sarcophage fut posé. En 1532, il y représenta en bas-reliefs la naissance de saint Dominique, l’adoration des Mages, le triomphe de saint Dominique[199].

[199] Sur le tombeau de saint Dominique, on pourra consulter: Davia, _Memorie intorno all’ Arca di S. Domenico_;--R. P. Berthier, _Le tombeau de saint Dominique_;--la _Revue de l’Art chrétien_, «_Le Tombeau de saint Dominique à Bologne_», 1895, p. 456;--Burkhardt, _le Cicerone, Art moderne_, p. 319, 320, 404, 438 et suiv., et les histoires générales de l’art italien.

De leur côté, les peintres primitifs ont consacré au fondateur de l’Ordre des Prêcheurs d’admirables fresques sur les murs des cloîtres dominicains et des tableaux pleins de grâce et de piété. A sainte Catherine de Pise, Trains peignait, au quatorzième siècle, sur une table à champ d’or, un saint Dominique debout et il l’encadrait de huit histoires tirées de sa vie. A Sainte-Marie Nouvelle de Florence, Simone Memmi exécutait, dans la chapelle des Espagnols, cette belle fresque où il nous a montré la lutte acharnée de la théologie dominicaine contre l’erreur, des chiens du Seigneur (_Domini Canes_) contre les loups de l’hérésie. Mais c’est le grand peintre dominicain, Fra Angelico, qui a rendu à son Maître l’hommage le plus chrétien. Saint Dominique imposant la règle du silence, tel qu’il l’a peint sur la porte du couvent de Saint-Marc, est une image saisissante de l’austérité monacale. Et comment oublier les gracieuses scènes de la vie du Saint qu’il a peintes à Cortone sur la prédelle d’autel du Gesù, et la Crucifixion de Saint-Marc où saint Dominique assiste, avec les autres fondateurs d’Ordres, au mystère du Calvaire? Pisano, Lombardi, Michel-Ange, Memmi, Fra Angelico, quels rayons éclatants dans la gloire de saint Dominique!

Comme les arts, les lettres ont glorifié le fondateur de l’Ordre des Prêcheurs; innombrables sont les panégyriques qui ont proclamé sa sainteté, depuis la bulle de Grégoire IX jusqu’à nos jours. Retenons entre tous celui que Dante a inséré dans son Paradis. Après que, devant l’assemblée des saints, saint Thomas d’Aquin a chanté la pauvreté de saint François, le grand docteur franciscain, saint Bonaventure célèbre la science et le zèle apostolique de saint Dominique. «Dans cette partie du monde où se lève le zéphyr, ramenant les feuilles nouvelles dont se revêt l’Europe, non loin du fracas de ces ondes, derrière lesquelles le soleil, dans sa longue fuite, se cache quelquefois à tous les hommes, est placée la fortunée Calahorra... C’est là que naquit l’amant passionné de la foi chrétienne, le saint athlète si bon aux siens, si formidable aux ennemis. Quand il fut conçu, Dieu remplit son esprit d’une telle vertu, que sa mère devint prophète.

«Après qu’il eut contracté sur les fonts sacrés une sainte alliance avec la foi, alliance dans laquelle ils se dotèrent d’une délivrance réciproque, la femme qui donna pour lui l’assentiment, vit en songe le fruit admirable qui devait sortir de lui et de ses héritiers.

«Un ange descendit du ciel, et pour manifester ce qu’était cet enfant, le nomma Dominique, du nom du Seigneur auquel il appartenait tout entier; c’était le jardinier diligent que le Christ avait choisi pour l’aider dans sa vigne. On vit en lui l’envoyé chéri du Christ quand on connut le don du premier amour qui brillait en cet enfant, quand on sut comment il suivrait le premier conseil que donna le Christ... O toi, Félix, son père, que tu fus dignement nommé! O toi, Jeanne, sa mère, que tu méritais de porter ce nom, s’il s’interprète comme on le dit[200]! Il ne se passionna pas pour le monde, comme quiconque étudie le cardinal d’Ostie et Thadée[201]; mais il chercha la manne véritable. En peu de temps, il acquit une science étendue et sut cultiver la vigne qui languit quand le vigneron ne travaille pas. Il ne demanda pas au Saint-Siège... qu’on le dispensât de rendre six moyennant deux ou trois; il ne demanda pas l’assurance d’obtenir les premiers bénéfices vacants, ni les dîmes qui appartiennent aux pauvres de Dieu; il ne sollicita que le droit de combattre la malice du monde avec la semence dont tu vois vingt-quatre plantes autour de toi. Ensuite, ce savant et saint religieux se mit en mouvement, avec la protection apostolique, comme un torrent que des pluies considérables ont formé. Son impétuosité frappa les germes de l’hérésie avec d’autant plus de force qu’on opposa plus de résistance. De cette source naquirent plusieurs ruisseaux qui baignent le jardin catholique et rafraîchissent ses arbustes[202].»

[200] _Felix_ en latin signifie heureux; Jeanne, en hébreu, signifie _favorisée de la grâce_.

[201] Le cardinal d’Ostie est un célèbre commentateur des Décrétales, Thadée un illustre médecin florentin.

[202] Dante, _La Divine Comédie_, _Paradis_, chant XII, vers 52-105. (Trad. Artaud de Montor.)

* * * * *

Après avoir signé la bulle de canonisation, Grégoire IX déclara qu’il ne doutait pas plus de la sainteté de saint Dominique que de celle des apôtres Pierre et Paul; de nombreuses générations de chrétiens l’ont redit avec lui. Il est impossible, en effet, d’imaginer une abnégation plus complète de soi-même, une vie plus entièrement vouée au service de Dieu. Depuis le jour où, jeune étudiant à Palencia, il vendait ses livres pour secourir les pauvres, jusqu’à celui où mourant, il adressait à ses religieux ses dernières exhortations, saint Dominique n’a poursuivi qu’un but, la gloire de Dieu; et c’est ce qui donne à sa vie une merveilleuse unité. En cela, il ressemble à un grand nombre de saints; mais sa physionomie devient plus précise et plus personnelle, quand on considère les moyens dont il s’est servi. Parmi les élus, les uns se consacrent à la contemplation des choses divines; pour mieux pratiquer l’ascétisme, ils s’enfoncent dans la solitude, s’enferment dans les cloîtres, afin qu’aucun bruit extérieur ne vienne troubler leurs extases. D’autres se lancent dans l’action, soit pour opérer des miracles de charité, soit pour étendre toujours plus loin le règne de l’Évangile. Quelques-uns même arrivent à la sainteté par des moyens qui répugnent à notre délicatesse et étonnent notre esprit. Rares sont ceux qui ont uni harmonieusement le mysticisme et l’action, en les poussant l’un et l’autre jusqu’au sublime.

Saint Dominique fut de ceux-là. Si l’on considère ses austérités, si l’on se rappelle le cilice qui était attaché à sa chair, la chaîne de fer qui adhérait à ses reins, les disciplines qu’il se faisait donner jusqu’au sang, les abstinences qu’il pratiqua toute sa vie, les nuits entières qu’il passa en prières; si l’on n’oublie pas qu’il a fondé un Ordre de religieuses cloîtrées qui, derrière leurs grilles, se vouent à la pénitence et à la contemplation, il nous apparaît comme un mystique digne de figurer sur les autels à côté de saint Bruno, sainte Thérèse, saint Paul de la Croix. Mais le même Saint a parcouru à pied l’Europe occidentale pour prêcher; il a fait entendre sa voix à des milliers de villes et de bourgades; il a fondé un Ordre où tout converge vers l’action de l’apostolat; il a organisé lui-même la plupart de ses couvents, dirigé les délibérations de ses Frères réunis en Chapitre. Savant dans les choses du ciel, connaissant à merveille les choses de la terre, il excellait à conduire ou une négociation ou une controverse, à gérer des intérêts matériels, à faire des achats, des échanges, des comptes d’exploitation rurale pour assurer l’existence de ses chères filles de Prouille. Ami de Simon de Montfort, conseiller des Papes, il a été mêlé aux affaires politiques les plus importantes de son temps: il a jugé les hérétiques; le crucifix à la main, il a paru dans les batailles, et, à peine âgé de cinquante-un ans, il est tombé, épuisé par son activité autant que par ses macérations.

C’est ce qui a rendu son influence si profonde et si durable. C’est ce qui nous permet aussi de rechercher dans sa vie des enseignements qui s’appliquent à merveille aux nécessités de l’heure présente. Ce n’est plus seulement en Lombardie ou dans le Languedoc que l’Église est aujourd’hui reniée et que la société est agitée par des doctrines néfastes. Ce n’est plus dans un pays isolé que les gouvernements favorisent les missionnaires de l’erreur et entravent les apôtres de la vérité. Les grands moyens qu’employa saint Dominique avec tant de succès, sont encore nécessaires aujourd’hui; plus que jamais, il faut des Prédicateurs; plus que jamais, il faut que l’Église fasse œuvre de science et que, tout en augmentant en eux-mêmes par la prière et les secours surnaturels, la vie divine, ses défenseurs ne manquent pas d’aller puiser dans les Universités et dans l’étude, la connaissance des choses divines et humaines.

La vie de saint Dominique est encore une école de patience et de courage. Après dix ans de prédications en Languedoc, il n’avait encore que quinze compagnons et les hérétiques semblaient triompher! Mais sa foi restait inébranlable et, cinq ans après, plus de mille Frères étaient répandus dans le monde chrétien tout entier, attestant par leur zèle combien était féconde cette œuvre qui avait paru d’abord échouer. Il n’avait pas attendu le succès pour avoir confiance: ouvrier dans la vigne du Seigneur, il était assuré d’avance que le Père céleste la ferait fructifier.

BIBLIOGRAPHIE

OUVRAGES ET DOCUMENTS DU TREIZIÈME SIÈCLE.

JOURDAIN DE SAXE.--_De l’origine de l’Ordre des Frères Prêcheurs_. Successeur immédiat de saint Dominique comme Maître général de l’Ordre, Jourdain de Saxe écrivit ce récit sommaire avant la canonisation du Saint, avant 1234. Ce texte est imprimé dans le recueil des Bollandistes _Acta Sanctorum_, 4 août, p. 545; et a été réédité par le R. P. Berthier O. P., professeur à l’Université catholique de Fribourg. Écrit par un ami et un disciple de saint Dominique, ce texte a une valeur capitale.

--_Lettre encyclique_ adressée par le Maître général Jourdain de Saxe à l’Ordre, sur la translation de saint Dominique. Elle fut écrite entre le 24 mai 1233, date de la translation, et le 13 juillet 1234, date de la canonisation du saint. C’est le récit d’un témoin oculaire; nous nous en sommes particulièrement servi.--Éditée par les Bollandistes, _ibidem_.

_Actes de Bologne et de Toulouse_, recueil des dépositions sur la vie, les vertus et les miracles du Saint, qui furent recueillies en 1233, par les commissaires enquêteurs dans le procès de canonisation. Nous nous en sommes servi pour décrire les traits particuliers de la vie et du caractère de saint Dominique.--Édités par les Bollandistes.

BARTHÉLEMY DE TRENTE.--_Vie de saint Dominique_; écrite de 1234 à 1251 par un religieux dominicain qui avait connu personnellement saint Dominique.--Éditée par les Bollandistes.

HUMBERT DE ROMANS.--_Chronique de l’Ordre des Prêcheurs de 1202 à 1254_, écrite par Humbert de Romans, Maître général de l’Ordre; mérite la plus grande confiance à cause de la sincérité et de la situation officielle de son auteur; publiée par Mamachi, _Annales Ordinis Prædicatorum_, et rééditée par le R. P. Berthier dans sa réédition complète des œuvres d’Humbert.

--_Vie du Bienheureux Dominique_; écrite avant 1254, alors que Humbert n’était pas encore Maître général; publiée par Mamachi, _op. cit._, et le R. P. Berthier; recueil des traditions les plus authentiques sur la vie de saint Dominique.

CONSTANTIN D’ORVIETO O. P.--_Vie de saint Dominique_, écrite de 1242 à 1247, pour compléter celle qu’avait écrite Jourdain de Saxe; éditée par Échard dans ses _Scriptores Ordinis Prædicatorum_; Paris, 1719. Constantin était évêque d’Orvieto et il écrivit à la demande du Maître général, Jean le Teutonique.

SŒUR CÉCILE.--_Relation sur la vie de saint Dominique_. Sœur Cécile avait été une des religieuses que saint Dominique avait transférées de Sainte-Marie du Transtévère à Saint-Sixte; elle devint plus tard prieure du monastère de Sainte-Agnès à Bologne. Agée, elle dicta, vers 1280, cette relation à sœur Angélique. Écrit près de soixante ans après les événements, ce document, quoique venant d’un témoin oculaire, a besoin quelquefois d’être contrôlé; il y a une tendance à l’exagération et au merveilleux.--Publiée par Mamachi, dans ses _Annales Ordinis Prædicatorum_.

GÉRARD DE FRACHET O. P.--_Vie des Frères de l’Ordre des Prêcheurs_, écrite par Frère Gérard, originaire de Frachet, dans le diocèse de Limoges, provincial de de Provence; il l’entreprit, en 1256, sur l’ordre du Chapitre général de Paris et du Maître général Humbert de Romans, sur des documents authentiques. Nous en avons tiré de nombreux traits sur la vie du Saint. Édité en 1619, à Douai, cet ouvrage a été réimprimé de nos jours par le R. P. Reichert O. P. dans les _Monumenta Ordinis Prædicatorum_, en voie de publication.

RODRIGUE DE CERRAT.--_Vie du Bienheureux Dominique_, écrite par un religieux espagnol avant 1266; compilation sans grande valeur.--Éditée par Mamachi, _op. cit._

THIERRY D’APOLDA.--_Histoire de la vie et des miracles de saint Dominique et de l’Ordre qu’il a fondé_, vie complète et détaillée du saint, écrite, vers 1288, par un Dominicain allemand, par ordre de Muño de Zamora, Maître général de l’Ordre, d’après tous les écrits antérieurs.--Éditée par les Bollandistes.

Sur la guerre des Albigeois, il faut surtout consulter les chroniques de Pierre de Vaux-Cernay (Migne, _Patr. lat._, t. CCXIII) et de Guillaume de Puylaurens (Bouquet, _Historiens des Gaules_, t. XIX). Les bulles pontificales concernant saint Dominique et les premiers temps de l’Ordre occupent les premiers numéros du _Bullarium Ordinis Prædicatorum_.

QUATORZIÈME SIÈCLE.

BERNARD GUI.--Cet illustre historien dominicain a écrit d’après les traditions de l’Ordre et les documents antérieurs, dont il s’est servi avec beaucoup de tact, plusieurs ouvrages utiles à consulter, notamment une _Histoire des fondations dominicaines_, un _Catalogue des Maîtres généraux de l’Ordre_, et un _Catalogue des prieurs de Prouille_, qui ont été imprimés par Martène et Durand, dans leur _Veterum scriptorum et monumentorum amplissima collectio_, t. VI.

PIERRE CALO.--_Vie de saint Dominique_, écrite, vers 1314, par un religieux dominicain; compilation qui se sert surtout de l’ouvrage quelque peu antérieur d’un autre Dominicain, Étienne de Salagnac: _Des quatre choses en quoi Dieu a honoré l’Ordre des Prêcheurs_ (inédit).

DU QUINZIÈME AU DIX-NEUVIÈME SIÈCLE.

ALAIN DE LA ROCHE.--_Vie de saint Dominique_. Ce Dominicain breton, qui écrivait au milieu du quinzième siècle, prétendit écrire la vie de saint Dominique d’après ses propres révélations. Avec ce procédé tout particulier, il composa un récit, presque de tout point fabuleux, qui n’a eu que trop de crédit auprès des âmes pieuses. Une grande partie de la légende du Rosaire provient des récits d’Alain. Fribourg, 1619, in-4º.

JEAN DE RÉCHAC O. P.--_Vie de saint Dominique_. Paris, in-4º. A le plus souvent mis en français les récits fabuleux d’Alain. Paris, 1647, 2 vol. in-4º.

MALVENDA O. P.--_Annales Ordinis Prædicatorum_. Œuvre de peu de critique, Naples, 1627, in-fº.

BOLLANDISTES.--_Acta S. Dominici confessoris_. Vie critique de saint Dominique, écrite par le Jésuite Guillaume Cuper, et publiée dans le 1er volume d’août du grand recueil des _Acta Sanctorum_, Anvers, 1733; fait justice de plusieurs fausses légendes obscurcissant la vie de saint Dominique; nous nous en sommes beaucoup servi.

TOURON O. P.--_La Vie de saint Dominique Guzman, fondateur de l’Ordre des Prêcheurs, avec l’histoire abrégée de ses premiers disciples_, Paris, 1739, in-4º. Faite avec une certaine critique, d’après les sources primitives; elle nous a été de quelque utilité.

MAMACHI O. P.--_Annales Ordinis Prædicatorum_. Rome, 1756, t. I, seul paru, in-fº.

OUVRAGES MODERNES.

LACORDAIRE O. P.--_Vie de saint Dominique_, parue en 1840, in-8º, lorsque le grand écrivain travaillait à rétablir en France l’Ordre des Prêcheurs, dans lequel il venait d’entrer; vaut beaucoup plus par la forme que par le fond.

DANZAS O. P.--_Études sur les temps primitifs de l’Ordre des Frères Prêcheurs_. Ier volume, in-8º. Poitiers, 1885.

RÉV. MÈRE DRANE.--_Histoire de saint Dominique_ (en angl.), trad. fr. par Cardon. Paris, in-8º, 1895.

BALME ET LELAIDIER O. P.--_Cartulaire ou Histoire diplomatique de saint Dominique_; recueil complet de tous les actes concernant saint Dominique, publiés et commentés par le R. P. Balme. Nous devons beaucoup à cette publication, qui permet de préciser la vie du Saint et de la dégager de beaucoup de légendes. 2 vol. in-8º, parus à Paris, troisième sous presse.

_Histoire du monastère de Notre-Dame de Prouille_, par une religieuse du même monastère. Ce livre est surtout intéressant pour ce qui concerne l’histoire du nouveau monastère. In-8º; au monast. de Prouille.

_Analecta sacri Ordinis Prædicatorum_. Revue publiée par ordre du Maître général de l’Ordre et donnant, à côté des documents contemporains concernant l’Ordre, d’importants documents sur l’histoire primitive des Prêcheurs. Rome, 3 vol. in-fº, maison généralice.

TABLE DES MATIÈRES