Roland Furieux, tome 4

Part 18

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Roger, bien qu’il fût moins avancé sous ce rapport que Bradamante, se rappelait cependant que, parmi ses descendants, Atlante lui avait souvent parlé de cet Hippolyte. Quel poème serait assez vaste pour qu’on pût y relater toutes les munificences dont Charles entoura ses hôtes? Ce n’étaient que fêtes continuelles, jeux de toutes sortes, tables constamment chargées de mets délicats.

On put voir, à cette occasion, ceux qui étaient bons chevaliers, car, chaque jour, il se rompait plus de mille lances. On combattait à pied, à cheval, deux par deux ou en troupes plus ou moins nombreuses. Roger surpassait tout le monde en vaillance; il joutait jour et nuit, et était toujours vainqueur. A la danse, comme aux luttes et à tous les autres jeux, il remportait sans cesse le prix à son grand honneur.

Le dernier jour, au moment où un banquet solennel venait de commencer, Charles ayant à sa gauche Roger et Bradamante à sa droite, on vit accourir du côté de la campagne un chevalier armé. Son armure et celle de son destrier étaient entièrement noires. Il était de haute stature, et s’avançait d’un air hautain.

C’était le roi d’Alger. Après la chute honteuse que lui avait fait faire Bradamante du haut du pont, il avait juré de ne pas revêtir d’armure, de ne pas toucher une épée et de ne pas remonter en selle, avant un an, un mois et un jour accomplis. Puis il s’était retiré dans une cellule comme un ermite. C’est ainsi qu’à cette époque les chevaliers se punissaient eux-mêmes de s’être laissé battre.

Bien qu’il eût appris les succès remportés par Charles et la mort de son prince, il n’avait pas voulu manquer à sa parole, ni prendre les armes pour des faits qui ne le touchaient pas personnellement. Mais, au bout du terme fixé, c’est-à-dire après un an, un mois et un jour accomplis, il endossa des armes neuves, remonta à cheval et, reprenant l’épée et la lance, il s’en revint droit à la cour de France.

Sans mettre pied à terre, sans incliner la tête, sans donner aucun signe de respect, il s’arrêta devant la tente de l’empereur, montrant, par ses gestes hautains, combien il méprisait Charles et tous les illustres seigneurs qui l’entouraient. Chacun resta étonné de tant d’audace, et s’arrêta de manger ou de parler pour écouter ce que le guerrier allait dire.

Quand il fut bien en face de Charles et de Roger, le nouveau venu d’une voix forte et dédaigneuse: «--Roger--dit-il--je suis le roi de Sarze, Rodomont, qui viens te défier au combat. Avant que le soleil ne se couche, je veux te prouver ici que tu as été infidèle à ton prince, et qu’en ta qualité de traître, tu ne mérites pas d’être à la place d’honneur parmi ces chevaliers.

«Quoique ta félonie soit chose connue--et tu ne peux la nier puisque tu t’es fait chrétien,--je suis venu ici pour la prouver. Si tu as quelqu’un qui veuille combattre pour toi, je l’accepterai. Si un seul champion ne te paraît pas suffisant, j’accepte de combattre contre cinq ou six. Je maintiendrai, envers et contre eux tous, ce que je t’ai dit.--»

A ces mots, Roger se leva, et, avec la permission de Charles, il lui répondit qu’il mentait et que personne n’avait le droit de l’appeler traître; qu’il s’était toujours conduit loyalement envers son roi sans qu’on pût le blâmer en rien. Il ajouta qu’il était prêt à soutenir qu’il avait toujours fait son devoir.

Il n’avait besoin de solliciter l’aide de personne pour défendre sa propre cause, et il espérait lui montrer qu’il aurait assez, et peut-être trop, d’un adversaire. Renaud, Roland, le marquis, ses deux fils, aux armes blanches et noires, Dudon, Marphise s’étaient levés pour prendre, contre le fier païen, la défense de Roger,

Prétendant qu’en sa qualité de nouveau marié, il ne devait pas troubler ses propres noces. Roger leur répondit: «--Tenez-vous tranquilles; une pareille excuse serait honteuse pour moi.--» Puis il se fait apporter les armes qu’il a enlevées au comte Tartare, et les endosse pièce par pièce. Le fameux Roland lui chausse les éperons, et Charles lui attache l’épée au flanc.

Bradamante et Marphise lui avaient lacé sa cuirasse et ses autres armes. Astolphe lui tient son destrier et le fils d’Ogier le Danois lui présente l’étrier. Renaud, Naymes, et le marquis Olivier lui font faire place, et font évacuer en toute hâte la lice toujours prête pour pareille besogne.

Les dames et damoiselles, toutes pâles d’effroi, tremblent comme des colombes surprises dans un champ de blé par l’orage, et que la rage des vents chasse vers leur nid, au milieu du fracas du tonnerre, des éclairs qui sillonnent la nue obscure, à travers la grêle et la pluie qui portent le ravage dans les campagnes. Elles tremblent pour Roger, qui ne leur semble pas de force à lutter avec le fier païen.

La foule et la plupart des chevaliers et des barons partageaient la même crainte; on n’avait pas oublié ce que le païen avait fait dans Paris assiégé; on se souvenait qu’à lui seul il avait détruit une grande partie de la ville par le fer et par le feu. Les traces de son passage existaient encore et devaient exister longtemps; jamais le royaume n’avait subi plus cruel désastre.

Plus que tous les autres, Bradamante se sentait le cœur troublé; elle ne croyait pas, il est vrai, que le Sarrasin eût plus de force que Roger, et surtout plus de vaillance, car c’est du cœur seul que vient le courage. Elle ne croyait pas au bon droit de Rodomont. Cependant, en digne amante qu’elle était, elle ne pouvait bannir ses craintes.

Oh! combien volontiers elle aurait voulu courir les chances de ce combat incertain, eût-elle été assurée d’y laisser la vie! Elle aurait accepté de mourir mille fois, plutôt que de savoir son amant exposé à périr.

Mais sachant qu’aucune prière ne saurait faire renoncer Roger à son entreprise, elle regarde le combat, le visage triste, et le cœur tremblant. Roger et le païen se précipitent au-devant l’un de l’autre, le fer baissé; au choc terrible, les lances semblent être de verre; leurs éclats font l’effet d’oiseaux volant vers le ciel.

La lance du païen, frappant l’écu de Roger au beau milieu, ne produit qu’un faible effet, tellement parfaite est la trempe de l’acier forgé par Vulcain pour le célèbre Hector. Roger frappe également son adversaire sur l’écu et le traverse net, bien qu’il ait près d’une palme d’épaisseur, et qu’il soit fait d’os doublé d’acier au dedans et au dehors.

Si la lance de Roger avait pu supporter ce rude choc, et si, au premier coup, elle ne s’était pas rompue en mille morceaux qui volèrent jusqu’au ciel comme s’ils eussent eu des ailes, elle aurait percé le haubert, ce dernier eût-il été plus dur que le diamant, et le combat aurait été fini. Mais elle se rompit. Les deux destriers allèrent toucher la terre avec leur croupe.

Cependant les cavaliers relèvent promptement leurs destriers de la bride et de l’éperon; jetant leurs lances, ils tirent leur épée, et reviennent l’un sur l’autre pleins de fureur et de rage. Faisant caracoler de côté et d’autre, avec beaucoup d’adresse, leurs chevaux dociles et légers, ils cherchent de la pointe de l’épée le défaut de leurs cuirasses.

La poitrine de Rodomont n’était plus protégée par la rude écaille du serpent; il n’avait plus à la main l’épée tranchante de Nemrod, et son front n’était plus armé de son casque ordinaire. Il avait laissé les armes qu’il portait d’habitude, suspendues au monument d’Isabelle, après avoir été vaincu sur le pont par la dame de Dordogne, comme il me semble vous l’avoir dit plus haut.

Il avait une nouvelle armure fort bonne, mais qui était loin d’être aussi parfaite que la première. Mais pas plus l’ancienne que la nouvelle n’aurait arrêté Balisarde, à laquelle ne résistait ni enchantement, ni finesse d’acier, ni dureté de trempe. Roger s’escrime si bien de çà et de là, qu’il a déjà percé les armes du païen en plus d’un endroit.

Quand le païen voit son sang rougir ses armes de tous côtés, et qu’il ne peut éviter que la plus grande partie des coups qu’on lui porte arrivent jusqu’à sa chair, il est saisi d’une rage plus grande, d’une fureur plus intense que la mer un jour de tempête au cœur de l’hiver. Il jette son écu, et prenant son épée à deux mains, il frappe de toutes ses forces sur le casque de Roger.

La machine qui est supportée sur le Pô par deux bateaux, et dont le marteau relevé au moyen d’hommes et de roues, retombe sur les poutres aiguisées en pointes, ne frappe pas des coups plus formidables que celui que le fier païen asséna de toutes ses forces sur la tête de Roger. Ce dernier fut protégé par son casque enchanté; sans cela, lui et son cheval auraient été fendus d’un seul coup.

Roger s’incline à deux reprises; il ouvre les bras et les jambes comme s’il allait tomber. Avant qu’il ait eu le temps de se remettre, le Sarrasin lui porte un second coup plus terrible, suivi d’un troisième. Mais son glaive trop faible ne peut supporter une si rude besogne; il vole en éclats, et laisse la main du cruel païen désarmée.

Rodomont ne s’arrête point pour cela. Il s’approche de Roger qui est encore privé de sentiment, tellement les coups qu’il a reçus sur la tête lui ont troublé la cervelle. Mais le Sarrasin ne tarde pas à le réveiller de ce lourd sommeil; de son bras puissant, il lui enlace le cou et le serre avec une telle force, qu’il l’enlève des arçons, et le jette à terre.

Roger n’a pas plus tôt touché la terre, qu’il se redresse plein de colère et de vergogne. Il jette les yeux sur Bradamante. Il la voit si troublée de sa chute, que son beau visage pâlit et que la vie est prête à l’abandonner. Roger, désireux d’effacer promptement cette honte que Rodomont lui a fait subir, saisit son épée et fond sur le païen.

Celui-ci le heurte de son destrier, mais Roger l’esquive adroitement en se rejetant en arrière. Au moment où le destrier passe devant lui, il le saisit à la bride de la main gauche, et le force à tourner sur lui-même, tandis que, de la main droite, il cherche à frapper le cavalier soit au flanc, soit au ventre, soit à la poitrine. Il finit par lui porter deux coups de pointe, l’une au flanc, l’autre à la cuisse.

Rodomont, qui tenait encore à la main le pommeau de son épée brisée, en assène un tel coup sur le casque de Roger, qu’il aurait dû l’étourdir de nouveau. Mais Roger qui devait vaincre, ayant le bon droit pour lui, le saisit par le bras, et joignant sa main droite à la première, tire son adversaire tant et si bien, qu’il finit par l’arracher de selle.

Soit force, soit adresse, le païen tombe de façon qu’il n’a plus d’avantage sur Roger; je veux dire qu’il retombe à pied. Mais Roger qui a encore son épée, est mieux partagé. Il s’efforce de tenir le païen à distance, afin d’éviter une lutte corps à corps avec un adversaire d’une taille si gigantesque.

Il voit le sang couler de son flanc, de sa cuisse et de ses autres blessures. Il espère que, peu à peu, les forces lui manqueront, et qu’il pourra achever de le vaincre. Le païen avait encore à la main le pommeau de son épée; réunissant toutes ses forces, il en porte un coup qui étourdit Roger plus qu’il ne le fut jamais.

Roger, frappé à la visière de son casque et à l’épaule, vacille et chancelle sous le coup, et a toutes les peines du monde à se tenir debout. Le païen veut s’élancer sur lui, mais le pied lui manque, affaibli qu’il est par sa blessure à la cuisse. Dans sa précipitation à s’élancer sur Roger, il tombe sur un genou.

Roger ne perd pas de temps; il lui porte de grands coups à la poitrine et à la figure; il le martelle, et le tient en respect en le maintenant à terre avec la main. Mais le païen fait si bien, qu’il réussit à se relever; il saisit Roger, et l’enlace dans ses bras. L’un et l’autre, joignant l’adresse à la force, cherche à ébranler, à étouffer son adversaire.

Rodomont, blessé à la cuisse, et le flanc ouvert, avait perdu une grande partie de ses forces. Roger, depuis longtemps rompu à tous les exercices du corps, possédait une grande adresse. Il comprend son avantage et ne s’en dessaisit pas. La où il voit le sang sortir avec le plus d’abondance des blessures du païen, il pèse de tout le poids de ses bras, de sa poitrine, de ses deux pieds.

Rodomont, plein de rage et de dépit, a saisi Roger par le cou et par les épaules. Il le tire, il le secoue, il le soulève de terre et le tient suspendu sur sa poitrine. Il le serre étroitement, l’ébranle de çà de là, et cherche à le faire tomber. Roger, ramassé sur lui-même, fait appel à toute son adresse, à toute sa vigueur, pour garder l’avantage.

Le franc et brave Roger finit par saisir Rodomont. Il pèse avec sa poitrine sur le flanc droit de son adversaire, et le serre de toute ses forces; en même temps, il lui passe la jambe droite sous le genou gauche, tandis que son autre jambe enlace la jambe de Rodomont. Il le soulève ainsi de terre, et le renverse la tête la première.

Rodomont va frapper le sol de la tête et des épaules. La secousse est si violente, que le sang jaillit de ses blessures comme de deux fontaines, et rougit au loin la terre. Roger qui sent que la Fortune est pour lui, redouble d’efforts. Afin d’empêcher le Sarrasin de se relever, il lui porte d’une main le poignard à la visière, de l’autre il le tient à la gorge; avec ses genoux, il lui presse le ventre.

Parfois, dans les mines d’or de la Pannonie ou de l’Ibérie, un éboulement subit vient ensevelir ceux que leur avarice y a fait descendre; les malheureux sont tellement étouffés, que leur souffle peut à peine s’exhaler. Il en est de même du Sarrasin, oppressé sous le poids de son vainqueur et renversé par terre.

Roger a tiré son poignard; il en porte la pointe à la visière de Rodomont et lui crie de se rendre, en lui promettant de lui laisser la vie. Mais celui-ci, qui redoute moins de mourir que de montrer un seul instant de faiblesse, s’agite, se secoue et, sans répondre, cherche à mettre Roger sous lui.

De même qu’un mâtin, renversé par un dogue féroce qui lui a enfoncé ses crocs dans la gorge, s’agite et se débat en vain, les yeux ardents et la gueule baveuse, et ne peut se débarrasser de son redoutable adversaire qui le surpasse en force mais non en rage, ainsi le païen finit par perdre tout espoir de se délivrer de l’étreinte de Roger victorieux.

Cependant, il se tord et se débat de telle sorte qu’il réussit à dégager son bras droit et à tirer son poignard. Il cherche à frapper Roger sous les reins; mais le jeune homme s’aperçoit du danger qu’il court s’il tarde plus longtemps à donner la mort à cet indomptable Sarrasin.

Levant le bras le plus qu’il peut, il plonge deux ou trois fois tout entier le fer de son poignard dans le front horrible de Rodomont, et se dégage ainsi de tout péril. Vers les affreuses rives d’Achéron, délivrée du corps plus froid que glace, s’enfuit, en blasphémant, l’âme dédaigneuse qui fut si altière et si orgueilleuse au monde.

FIN DU TOME QUATRIÈME ET DERNIER

NOTES DU TOME QUATRIÈME

CHANT XXXVII.

[1] Page 2, ligne 27.--_Arpalice._--Fille du roi de Thrace, qui défendit le royaume paternel contre Pyrrhus, fils d’Achille.

[2] Page 2, ligne 27.--_Tomyris._--Reine des Massagètes, dont Hérodote raconte la victoire sur Cyrus, roi de Perse.

[3] Page 2, ligne 27.--_Celle qui secourut Turnus._--Camille, fille du roi des Volsques, qui aida Turnus contre Énée. (_Énéide_, liv. 10 et 11.)

[4] Page 2, ligne 28.--_Celle qui vint en aide à Hector._--Pentésilée, reine des Amazones.

[5] Page 2, lignes 28, 29 et 30.--_Celle qui, suivie des gens de Sidon et de Tyr, et longeant le rivage d’Afrique, s’établit en Libye._--Didon, fondatrice de Carthage.

[6] Page 2, ligne 30.--_Zénobie._--Reine de Palmyre, faite prisonnière par l’empereur Aurélien, après avoir opposé une longue résistance.

[7] Page 2, ligne 31.--_Celle qui sauva par ses victoires les Assyriens, les Perses et les Indiens._--Sémiramis.

[8] Page 5, lignes 14 et 15.--_S’abreuver avec les Muses à la fontaine d’Aganippe._--Cette fontaine jaillissait sur l’Hélicon, et était consacrée à Apollon et aux Muses. Ses eaux avaient la vertu d’inspirer les poètes.

[9] Page 24, lignes 16 et 17.--_Le grand fleuve qui sort du Vésale._--Le Pô qui descend du mont Viso, dans les Alpes liguriennes.

CHANT XXXVIII.

[10] Page 43, ligne 28.--_Le désert où l’armée de Cambyse fut détruite._--Cambyse, roi de Perse, ayant envoyé une armée contre les Ammons, peuple de la Libye, vers les confins de la Cyrénaïque, cette armée fut engloutie par les sables soulevés par le vent du désert. (Hérodote.)

CHANT XL.

[11] Page 78, lignes 5 et 6.--_Le jour où vous lui montrâtes la flotte ennemie écrasée à l’embouchure du Pô._--Allusion à la défaite des Vénitiens sur le Pô, par le cardinal d’Este.

[12] Page 85, lignes 19 et 20.--_S’ouvre un âpre sentier dans les champs d’Ocnus._--Le poète entend par là, la campagne autour de Mantoue, parce que cette ville avait eu, croyait-on, pour fondateur Ocnus, fils de la nymphe Manto.

[13] Page 88, lignes 6 et 7.--_Ludovic le More, remis aux mains d’un autre Ludovic._--Ludovic le More, trahi par les Suisses qu’il avait pris à son service, fut livré à Louis XII, roi de France.

CHANT XLII.

[14] Page 146, ligne 17.--_Par ce Camille, dont le Reno et Felsina écoutent les chants._--Camille Paleotto, de Bologne, attaché au cardinal de Bibbiena, et qui, de concert avec Guido Postumo, dont il est parlé quelques lignes plus loin, chanta les louanges de Lucrezia Bentivogli, fille naturelle du duc de Ferrare.

CHANT XLIII.

[15] Page 165, lignes 23 et 24.--_Personne ne voudrait plus entendre parler de la patrie de Nausica._--L’île de Corfou, renommée dans l’antiquité pour la beauté des jardins d’Alcinoüs, père de Nausica.

CHANT LXV.

[16] Page 229, lignes 3, 4 et 5.--_Servius, Marius et Ventidius l’ont montré dans l’antiquité, et, de notre temps, le roi Louis._--Le roi de France Louis XII.

FIN DES NOTES DU TOME QUATRIÈME

TABLE DES MATIÈRES DU TOME QUATRIÈME

ROLAND FURIEUX Pages

Chant XXXVII.--Passant en revue les écrivains divers qui ont employé leur plume à chanter les louanges du beau sexe, le poète en prend occasion pour louer Vittoria Colonna et les nobles vers consacrés par elle à la mémoire du marquis de Pescaire, son époux. Puis il introduit sur la scène Ullania, messagère de la reine de l’île Perdue, qui raconte à Roger, à Bradamante et à Marphise l’indigne coutume établie par Marganor dans son propre château à l’encontre des femmes. Les deux guerrières et Roger infligent à Marganor le châtiment qu’il a mérité. 1

Chant XXXVIII.--Roger, fidèle à l’honneur qui l’appelle auprès d’Agramant, s’en va à Arles. Bradamante et Marphise se présentent à la cour de Charles. Marphise reçoit le baptême.--Astolphe, à la tête d’une armée de Nubiens, saccage l’Afrique et menace Biserte. Agramant, instruit de ces événements, obtient de Charles de décider de la guerre entre eux par le combat singulier de deux champions élus dans chaque camp. 33

Chant XXXIX.--Mélisse, au moyen d’un enchantement, fait qu’Agramant viole le pacte juré. Les deux armées en viennent aux mains, et les Maures ont le dessous.--Astolphe accomplit des prouesses en Afrique, et y crée une flotte. Ses compagnons et lui s’emparent de Roland, et Astolphe lui rend la raison.--Agramant, s’étant embarqué avec ses troupes, rencontre la flotte chrétienne qui l’attaque. 56

Chant XL.--La flotte d’Agramant ayant été battue et brûlée, les chrétiens assiègent Biserte, qui est prise d’assaut, mise au pillage et livrée aux flammes. Agramant se réfugie à Lampéduse avec Sobrin. Ayant trouvé Gradasse dans cette île, ils arrêtent tous les trois le projet de défier Roland et deux autres chevaliers chrétiens au combat. Roland accueille volontiers cette offre, et choisit pour compagnons Brandimart et Olivier.--Entre temps, Roger, retournant à Arles, délivre sept rois africains que Dudon conduisait prisonniers, et en vient aux mains avec ce dernier. 77

Chant XLI.--Roger et Dudon cessent leur combat, après être convenus que les sept rois païens prisonniers seront rendus à la liberté. Roger s’embarque avec eux pour l’Afrique. Pendant la traversée, ils sont engloutis par une tempête, excepté Roger, qui est porté sain et sauf près d’un ermite, lequel lui prédit diverses choses.--Le navire, abandonné par son équipage, est poussé par le vent jusqu’à Biserte. Il y avait à bord l’épée, l’armure et le cheval de Roger. Roland prend l’épée pour lui, donne l’armure à Olivier et le cheval à Brandimart, et ils vont tous les trois à Lampéduse pour combattre les trois païens. Le combat s’engage; Sobrin et Olivier sont blessés, et Brandimart est tué. 98

Chant XLII.--Le combat de Lampéduse se termine par la mort de Gradasse et d’Agramant, occis par la main de Roland, qui accorde la vie à Sobrin.--Bradamante se désole du retard de Roger.--Renaud, en allant sur les traces d’Angélique, trouve un remède qui le guérit de son amoureuse passion. S’étant remis en chemin pour rejoindre Roland, il fait la rencontre d’un chevalier qui le reçoit dans un magnifique palais orné de statues représentant diverses dames de la maison d’Este. Son hôte lui propose un moyen de s’assurer de la fidélité de sa femme. 124

Chant XLIII.--Renaud entend raconter deux nouvelles, l’une contre les femmes, l’autre contre les hommes qui se laissent vaincre par l’ignoble passion de l’avarice. Après un long chemin sur terre et sur mer, Renaud arrive à Lampéduse, au moment où venait de se terminer le combat entre les paladins et les païens. Ils descendent tous en Sicile et, sur la plage d’Agrigente, ils rendent les derniers honneurs aux dépouilles mortelles de Brandimart. De là, ils vont à l’ermitage où est Roger, devenu déjà chrétien. L’ermite rend la santé à Olivier et à Sobrin, qui se fait aussi baptiser. 151

Chant XLIV.--Les cinq guerriers se lient d’une fraternelle amitié. Renaud, tenant Roger en grande estime, et sur les conseils de l’ermite, lui promet la main de sa sœur Bradamante. De là, ils s’en vont à Marseille, où arrive en même temps Astolphe, qui a licencié son armée de Nubiens, et rendu sa flotte à son premier état de feuilles. Les paladins et Sobrin sont magnifiquement accueillis par Charles dans Paris, mais la joie générale est troublée par le refus du duc Aymon et de sa femme Béatrice de consentir à l’union de Roger et de Bradamante, celle-ci ayant été déjà fiancée par eux à Léon, fils de l’empereur des Grecs. Roger prend ses armes et, plein de haine contre Léon, il se transporte au camp des Bulgares qui sont en guerre avec les Grecs. Il défait ces derniers, puis va loger dans une hôtellerie qu’il ignore être située sur les terres de l’empire grec. Il y est dénoncé comme l’auteur du désastre éprouvé par les Grecs. 202