Relation des choses de Yucatan de Diego de Landa Texte espagnol et traduction française en regard, comprenant les signes du calendrier et de l'alphabet hiéroglyphique de la langue maya; accompagné de documents divers historiques et chronologiques, avec une grammaire et un vocabulaire abrégés français-maya, précédés d'un essai sur les sources de l'histoire primitive du Mexique et de l'Amérique Centrale, etc., d'après les monuments égyptiens, et de l'histoire primitive de l'égypte d'après les monuments américains par l'abbé Brasseur de Bourbourg

Part 30

Chapter 303,518 wordsPublic domain

31 — I CAUAC.

1ᵉʳ Août. II AHAU.

2 — III YMIX.

3 — IV IK.

4 — V AKBAL.

5 — VI KAN. 1ᵉʳ _jour du mois_ UO.

6 — VII CHICCHAN.

7 — VIII CIMI.

8 — IX MANIK.

9 — X LAMAT.

10 — XI MULUC.

11 — XII OC.

12 — XIII CHUEN.

13 — I EB.

14 — II BEN.

15 — III YX.

16 — IV MEN.

17 — V CIB.

18 — VI CABAN.

19 — VII EZANAB.

20 — VIII CAUAC.

21 — IX AHAU.

Durant le mois _Uo_, les prêtres, les médecins et les sorciers, ce qui était tout un, commençaient à se préparer par des jeûnes et autres actes de piété, à la célébration d’une autre fête que les chasseurs et les pêcheurs solennisaient au septième jour du mois _Zip_; chacun d’eux la célébrait en son jour de son côté; les prêtres les premiers. On donnait à cette fête le nom de _Pocam_. S’étant rassemblés, revêtus de leurs ornements, dans la maison du prince, ils chassaient d’abord le mauvais esprit, comme à l’ordinaire: ils découvraient ensuite leurs livres et les exposaient sur un tapis de verdure qu’ils avaient préparé à cet effet. Ils invoquaient ensuite dévotement un dieu nommé _Cinchau-Yzamna_, qui avait, disaient-ils, été le premier prêtre[187]; ils lui offraient divers présents et lui brûlaient au feu nouveau des boulettes d’encens. Pendant ce temps-là d’autres délayaient dans un vase un peu de vert-de-gris avec de l’eau vierge, qu’ils disaient avoir apportée des bois où jamais femme n’avait pénétré: ils en humectaient les planches des livres, afin de les nettoyer; cela fait, le plus savant des prêtres ouvrait un livre où il examinait les pronostics de cette année, qu’il déclarait à tous ceux qui étaient présents[188]. Il les prêchait après cela quelque peu, leur recommandant ce qu’ils devaient faire pour en éloigner les effets sinistres, et faisait connaître cette même fête pour l’année suivante au prêtre ou seigneur qui devait la célébrer: si celui-ci venait à mourir dans l’intervalle, ses fils étaient tenus de la célébrer à sa place. Cela terminé, tous ensemble consommaient les vivres et les boissons des offrandes, buvant comme des sacs à vin. Ainsi s’achevait la fête, durant laquelle ils dansaient quelquefois un ballet du nom d’_Okot-Uil_.

22 — X YMIX.

23 — XI IK.

24 — XII AKBAL.

25 — XIII KAN. 1ᵉʳ _jour du mois_ ZIP.

26 — I CHICCHAN.

27 — II CIMI.

28 — III MANIK.

29 — IV LAMAT.

30 — V MULUC.

31 — VI OC.

1ᵉʳ Septemb. VII CHUEN.

Le jour suivant, les médecins et sorciers se réunissaient dans la maison de l’un d’eux avec leurs femmes. Les prêtres chassaient l’esprit mauvais, après quoi ils exposaient les enveloppes de leur médecine, où ils tenaient une foule de bagatelles et, chacun en particulier, de petites images de la déesse de la médecine qu’ils appelaient _Ixchel_, d’où le nom de la fête _Ihcil-Ixchel_, ainsi que des petites pierres servant à leurs sortiléges, nommées _am_. Avec une grande dévotion, ils invoquaient alors dans leurs prières les dieux de la médecine _Yzamna_, _Cit-Bolon-Tun_ et _Ahau-Chamahez_, tandis que les prêtres brûlaient en leur honneur de l’encens qu’ils jetaient dans le brasier du feu nouveau et que les _Chac_ les barbouillaient de couleur bleue comme les livres des prêtres. Cela fait, chacun enveloppait les choses qui le regardaient, et, chargés de leurs paquets, ils dansaient un ballet nommé _Chan-tun-yab_. Le ballet terminé, les hommes s’asseyaient d’un côté et les femmes de l’autre; on signalait ensuite le jour pour la fête de l’année suivante, et tous ensemble faisaient le festin accoutumé des offrandes et des boissons, s’enivrant à qui mieux mieux. Les prêtres seuls, dit-on, honteux de s’y joindre cette fois, mettaient de côté leur part du vin, afin de le boire à leur aise et sans témoins.

Le jour précédent, les chasseurs se réunissaient dans la maison de l’un d’eux où ils amenaient leurs femmes; les prêtres y venaient comme les autres, et après avoir chassé le mauvais esprit, comme à l’ordinaire, ils plaçaient au milieu de la maison les préparatifs nécessaires au sacrifice d’encens et de feu nouveau avec de la couleur bleue. Les chasseurs invoquaient avec dévotion les dieux de la chasse _Acanum_, _Zuhuy-Zip_, _Tabai_ et d’autres, et distribuaient l’encens qu’ils jetaient ensuite dans le brasier. Tandis qu’il brûlait, chacun prenait une flèche et une tête de cerf que les _Chac_ frottaient de la couleur bleue; ainsi peints, les uns dansaient, en les tenant à la main, pendant que d’autres se perçaient les oreilles ou la langue, se passant par les trous qu’ils y pratiquaient sept feuilles d’une herbe appelée _Ac_[189]. Cela terminé, le prêtre d’abord et les officiers de la fête après, lui présentaient les oblations, puis ils se mettaient à danser, se faisant verser du vin et s’enivrant jusqu’à satiété.

Le lendemain c’était le tour des pêcheurs à célébrer la fête, ce qu’ils faisaient de la même manière que les autres, sauf qu’au lieu de têtes de cerfs, ils barbouillaient de couleur leurs instruments de pêche; ils ne se perçaient pas non plus les oreilles, mais se les taillaient à l’entour, après quoi ils dansaient un ballet nommé _Chohom_[190]. Cela fait, ils bénissaient un grand et gros arbre qu’ils laissaient debout. Lorsque cette fête était finie dans les villes, les seigneurs avaient coutume d’aller la célébrer avec beaucoup de monde à la côte, où ils faisaient de grandes pêches avec des réjouissances de toute sorte; car ils portaient avec eux une grande quantité de filets et de hameçons, avec d’autres instruments à pêcher. Les dieux qu’ils invoquaient alors comme leurs patrons étaient _Ahkak-Nexoï_, _Ahpua_, _Ahcitz_ et _Amalcum_[191].

2 — VIII EB.

3 — IX BEN.

4 — X YX.

5 — XI MEN.

6 — XII CIB.

7 — XIII CABAN.

8 — I EZANAB.

9 — II CAUAC.

10 — III AHAU.

11 — IV YMIX.

12 — V IK.

13 — VI AKBAL.

14 — VII KAN. 1ᵉʳ _jour du mois_ TZOZ.

Au mois _Tzoz_, les maîtres de ruches à miel se préparaient à la célébration de leur fête de _Tzec_; mais quoique la principale préparation à ces fêtes fût le jeûne, il n’obligeait que le prêtre et les officiers qui lui prêtaient leur aide, étant tout volontaire pour les autres.

15 — VIII CHICCHAN.

16 — IX CIMI.

17 — X MANIK.

18 — XI LAMAT.

19 — XII MULUC.

20 — XIII OC.

21 — I CHUEN.

22 — II EB.

23 — III BEN.

24 — IV YX.

25 — V MEN.

26 — VI CIB.

27 — VII CABAN.

28 — VIII EZANAB.

29 — IX CAUAC.

30 — X AHAU.

1ᵉʳ Octobre. XI YMIX.

2 — XII YX.

3 — XIII AKBAL.

4 — I KAN. 1ᵉʳ _jour du mois_ TZEC.

Le jour de la fête étant venu, ils se réunissaient dans la maison de celui qui la célébrait et faisaient tout ce qu’ils étaient accoutumés de faire dans les autres, sauf qu’ils ne répandaient pas de sang. Ils avaient pour patrons les _Bacab_, et surtout _Hobnil_. Ils faisaient alors de grandes offrandes, en particulier aux quatre _Chac_, auxquels ils présentaient quatre plats, peints tout autour de figures de miel, afin d’en obtenir en abondance par le moyen de cette fête. Ils la finissaient, comme de coutume, par une orgie complète, les maîtres des ruches n’épargnant pas le miel en cette circonstance[192].

5 — II CHICCHAN.

6 — III CIMI.

7 — IV MANIK.

8 — V LAMAT.

9 — VI MULUC.

10 — VII OC.

11 — VIII CHUEN.

12 — IX EB.

13 — X BEN.

14 — XI YX.

15 — XII MEN.

16 — XIII CIB.

17 — I CABAN.

18 — II EZANAB.

19 — III CAUAC.

20 — IV AHAU.

21 — V YMIX.

22 — VI IK.

23 — VII AKBAL.

24 — VIII KAN. 1ᵉʳ _jour du mois_ XUL.

On a vu, dans le dixième chapitre[193], comment après le départ de Kukulcan du Yucatan, il y eut des Indiens qui assurèrent qu’il était monté au ciel avec les dieux, le regardant comme un dieu et lui bâtissant des temples; c’est pourquoi ils célébrèrent des fêtes en son honneur et elles continuèrent par toute la contrée jusqu’à la destruction de Mayapan. A la suite de cet événement, on ne les célébra plus que dans la province de Mani[194]; mais les autres provinces, en reconnaissance de ce qu’elles devaient à Kukulcan, lui présentaient tour à tour, chaque année, à Mani, quelquefois quatre et d’autres fois cinq bannières magnifiques de plume, avec lesquelles ils solennisaient la fête, non comme les autres, mais de la manière suivante. Au 16 du mois _Xul_, tous les seigneurs et les prêtres de Mani s’assemblaient et avec eux une multitude considérable qui se joignait à eux, après s’être préparés par des jeûnes et des abstinences. Le soir de ce jour ils sortaient en procession, avec un grand nombre de comédiens, de la maison du prince et s’avançaient lentement vers le temple de _Kukulcan_ qu’on avait au préalable orné convenablement. En arrivant, ils faisaient leurs prières et plaçaient les bannières en haut du temple; ils étalaient leurs idoles sur un tapis de feuillage; ayant ensuite tiré du feu nouveau, ils brûlaient de l’encens en beaucoup d’endroits, faisant des oblations de viande, cuite sans sel ni piment, avec des boissons de fèves et de pepins de calebasses. Les seigneurs ainsi que ceux qui avaient observé le jeûne, passaient là, sans retourner chez eux, cinq jours et cinq nuits en prière, brûlant du copal, et exécutant quelques danses sacrées. Pendant ce temps-là, les comédiens allaient de la maison d’un des nobles à l’autre, représentant leurs pièces et recueillant les dons qu’on leur offrait; au bout de cinq jours, ils portaient le tout au temple où ils les partageaient aux seigneurs, aux prêtres et aux danseurs; après cela, on reprenait les bannières avec les idoles; on les remportait à la maison du prince, d’où chacun rentrait chez lui avec ce qui lui revenait. Ils disaient et tenaient pour certain que Kukulcan descendait du ciel le dernier jour de la fête et recevait personnellement les sacrifices, les pénitences et les offrandes qu’on faisait en son honneur. Quant à la fête on l’appelait _Chic-Kaban_.

25 — IX CHICCHAN.

26 — X CIMI.

27 — XI MANIK.

28 — XII LAMAT.

29 — XIII MULUC.

30 — I OC.

31 — II CHUEN.

1ᵉʳ Novemb. III EB.

2 — IV BEN.

3 — V YX.

4 — VI MEN.

5 — VII CIB.

6 — VIII CABAN.

7 — IX EZANAB.

8 — X CAUAC.

9 — XI AHAU.

10 — XII YMIX.

11 — XIII IK.

12 — I AKBAL.

13 — II KAN. 1ᵉʳ _jour du mois_ YAXKIN.

Durant ce mois _Yaxkin_, on commençait à se préparer, suivant la coutume, pour une fête générale qui se célébrait en _Mol_, en un jour que le prêtre désignait, en l’honneur de tous les dieux; on l’appelait _Oloh-Zab-Kam Yax_. Après les cérémonies et encensements d’usage, ce qu’ils voulaient faire, c’était de barbouiller avec leur couleur bleue les instruments de toutes les professions, depuis ceux dont se servaient les prêtres jusqu’aux fuseaux des femmes et jusqu’aux portes de leurs maisons. A cette occasion, ils peignaient de la même couleur les enfants des deux sexes; mais, au lieu de leur barbouiller les mains, on leur donnait en dehors, sur les articulations, à chacun, neuf petits coups; quant aux petites filles, c’était une vieille femme qui les amenait là, et pour cela on la nommait _Ixmol_, c’est-à-dire la conductrice. On donnait ces petits coups sur les mains aux enfants, afin qu’ils devinssent d’habiles ouvriers dans les professions de leurs pères et de leurs mères. La conclusion de cette cérémonie était une bonne orgie et un festin de toutes les offrandes qu’on avait présentées, quoiqu’il y ait à croire qu’on ne permettait à la dévote vieille de ne s’enivrer que chez elle, afin qu’elle ne perdît pas en chemin la plume de son office.

14 — III CHICCHAN.

15 — IV CIMI.

16 — V MANIK.

17 — VI LAMAT.

18 — VII MULUC.

19 — VIII OC.

20 — IX CHUEN.

21 — X EB.

22 — XI BEN.

23 — XII YX.

24 — XIII MEN.

25 — I CIB.

26 — II CABAN.

27 — III EZANAB.

28 — IV CAUAC.

29 — V AHAU.

30 — VI YMIX.

1ᵉʳ Décemb. VII IK.

2 — VIII AKBAL.

3 — IX KAN. 1ᵉʳ _jour du mois_ MOL.

Durant ce mois, les maîtres de ruches à miel recommençaient la fête qu’ils avaient célébrée au mois _Tzec_, afin que les dieux fissent naître des fleurs pour les abeilles.

Une des choses que ces misérables regardaient comme des plus difficiles et des plus ardues, c’était de fabriquer leurs idoles de bois, ce qu’ils appelaient faire des dieux,[195]. Ils avaient pour cela une époque particulière qui était ce mois de _Mol_, ou un autre, si le prêtre jugeait à propos de la changer. Ceux qui souhaitaient en faire faire, consultaient d’abord le prêtre, et, d’après son avis, allaient trouver les artistes qui s’occupaient de cette profession; mais, à ce qu’on dit, ceux-ci s’en excusaient toujours, parce qu’ils étaient persuadés que l’un ou l’autre de leur maison en mourrait, ou qu’il leur surviendrait quelque maladie du cœur. Dès qu’ils avaient accepté, les _Chac_ qu’ils choisissaient à cet effet, ainsi que le prêtre et l’artiste, commençaient le jeûne. Entre temps, celui qui avait commandé les idoles, allait en personne, ou bien envoyait couper dans le bois l’arbre dont elles devaient être sculptées, et c’était toujours du cèdre. Quand le bois était arrivé, ils édifiaient une cabane de chaume bien fermée, où ils mettaient le bois avec une grande urne pour y enfermer les idoles tout le temps qu’ils y travailleraient. Ils offraient de l’encens à quatre dieux, appelés _Acantun_, dont ils plaçaient les images aux quatre points cardinaux; ils prenaient également ce qu’il fallait pour se scarifier ou se tirer du sang des oreilles, ainsi que les instruments dont ils avaient besoin pour sculpter leurs noires divinités. Préparés de cette manière, le prêtre, les _Chac_ et l’artiste s’enfermaient dans la chaumière et se mettaient à l’œuvre sacrée, se scarifiant fréquemment les oreilles et barbouillant les idoles de leur sang et leur brûlant de l’encens; ils continuaient ainsi jusqu’à ce que le travail fût terminé, les gens de leur famille leur apportant à manger, avec ce qui leur était nécessaire; mais ils ne pouvaient, durant tout ce temps, s’approcher de leurs femmes, et nul n’était admis dans l’endroit où ils étaient renfermés.

4 — X CHICCHAN.

5 — XI CIMI.

6 — XII MANIK.

7 — XIII LAMAT.

8 — I MULUC.

9 — II OC.

10 — III CHUEN.

11 — IV EB.

12 — V BEN.

13 — VI YX.

14 — VII MEN.

15 — VIII CIB.

16 — IX CABAN.

17 — X EZANAB.

18 — XI CAUAC.

19 — XII AHAU.

20 — XIII YMIX.

21 — I IK.

22 — II AKBAL.

23 — III KAN. 1ᵉʳ _jour du mois_ CHEN.

24 — IV CHICCHAN.

25 — V CIMI.

26 — VI MANIK.

27 — VII LAMAT.

28 — VIII MULUC.

29 — IX OC.

30 — X CHUEN.

31 — XI EB.

Au centre de la roue qui fait face à cette page, se trouvent dans le texte original ces paroles:

«Llaman a esta cuenta en su lengua Uazlazon Katun que quiere dezir la _gerra_ de los Katunes.»

C’est-à-dire, ils appellent, dans leur langue, cette computation _Uazlazon Katun_, ce qui signifie la guerre ou le jeu des Katuns.

§ XLI.—_Ahau Katun ó siglo de los Mayas. Escritura de ellos._

No solo tenian los indios cuenta en el año y meses, como queda dicho, y señalado atras pero tenian cierto modo de contar los tiempos y sus cosas por edades, las quales hazian de veynte en veynte años, contando XIII veyntes con una de las XX letras de los meses que llaman _Ahau_, sin orden sino retruecanados como pareceran en la siguiente raya redonda; llaman les a estos en su lengua _Katunes_, y con ellos tenian a maravilla cuenta con sus edades, y le fue assi facil al viejo de quien en el primero capitulo dixe avia trescientos años acordarse dellos. Ca si yo no supiera destas sus cuentas yo no creyera se pudiera assi acordar de tanta edad.

Quien esta cuenta de katunes ordeno, si fue el demonio, hizo lo que suele hordenandolo a su honor, o si fue hombre, devia ser buen idolatra, porque con estos sus katunes añadio todos los principales engaños y agueros, y embaymientos con que aquesta gente anda allende de sus miserias del todo enbaucada y assi esta era la sciencia a que ellos davan mas credito, y la que tenian en mas, y de la que no los sacerdotes todos sabian dar cuenta. La orden que tenian en contar sus cosas y hazer sus divinaciones, con esta cuenta, era que tenian en el templo dos idolos dedicados a dos destos caracteres. Al primero conforme a la cuenta desde la cruz de la raya redonda arriba contenida adoravan, y hazian servicios para remedio de las plagas de sus XX años, y a los X años que faltavan de los XX del primero, no hazian con el mas de quemarle encienso y reverenciarle. Cumplidos los XX años del primero, començava a seguirse por los hados del segundo, y a hazerle sus sacrificios, y quitado aquel idolo primero, ponian otro para venerarle otros diez años.

_Verbi gratia_ dizen los indios que acabaron de llegar los españoles a la cibdad de Merida el año de la Natividad del Senor de MDXLI, que era en punto en el primero año de la era de _Buluc-Ahau_, que es el que esta en la casa donde esta la Cruz, y llegaron el mesmo mes de _Pop_, que es el primero mes de su año. Sino huviera españoles, adoraran ellos el idolo de _Buluc-Ahau_ hasta el año de LI, que son dies años, y al año decimo, pusieran otro idolo a _Bolon-Ahau_, y honraranle, siguiendose por los pronosticos de _Buluc-Ahau_ hasta el año de LXI, y entonces quitaranle del templo, y pusieran a _Uuc-Ahau_ idolo, y siguieranse por los pronosticos de _Bolon-Ahau_ otros X anos, y assi davan a todos buelta; de manera que veneravan a estos sus katunes XX años, y los X se regian por sus supersticiones y engaños, las quales eran tantas y tan bastantes para engañar a gente simple que admira aunque no a los que saben de las cosas naturales, y la experiencia que dellas el demonio tiene.

Usavan tambien esta gente de ciertos carateres o letras con las quales escrivian en sus libros sus cosas antiguas, y sus sciencias, y con ellas, y figuras, y algunas señales en las figuras entendian sus cosas, y las davan a entender y enseñavan. Hallamosles grande numero de libros destas sus letras, y porque no tenian cosa en que no uviesse supersticion y falsedades del demonio se les quemamos todos, lo qual a maravilla sentian, y les dava pena.

De sus letras porne aqui un _a_, _b_, _c_, que no permite su pesadumbre mas porque usan para todas las aspiraciones de las letras de un caracter, y despues, al puntar de las partes otro, y assi viene a hazer _in infinitum_, como se podra ver en el siguiente exemplo. _Lé_, quiere dezir laço y caçar con el; para escrivirle con sus carateres, haviendoles nosotros hecho entender que son dos letras, lo escrivian ellos con tres, puniendo a la aspiracion de la _l_ la vocal _é_, que antes de si trae, y en esto no hierran, aunque usense, si quisieren ellos de su curiosidad. Exemplo: [Illustration: e L e Lé] Despues al cabo le pegan la parte junta. _Ha_ que quiere dezir agua, porque la _haché_ tiene [Illustration: ha] _a_, _h_, antes de si la ponen ellos al principio con _a_, y al cabo desta manera. Tambien lo escriven a partes pero de la una y otra manera, yo no pusiera aqui ni tratara dello sino por dar cuenta entera de las cosas desta gente. _Ma in kati_ quiere dezir no quiero, ellos lo escriven a partes desta manera: [Illustration: ma i n ka ti]

De las letras que aqui faltan carece esta lengua y tiene otras añadidas de la nuestra para otras cosas que las ha menester, y ya no usan para nada destos sus caracteres especialmente la gente moça que an aprendido los nuestros.

§ XLI.—_Ahau-Katun ou cycle des Mayas. Leur écriture et leur alphabet._

Ainsi qu’on l’a fait voir plus haut, ces Indiens n’avaient pas seulement la computation de l’année et des mois, mais ils avaient aussi une certaine manière de compter les temps et leurs choses par âges, ce qu’ils faisaient de vingt en vingt ans, en comptant treize vingtaines au moyen d’une des vingt lettres de leur mois, appelé _Ahau_, mais sans ordre et alternés seulement, comme on le verra dans la roue ci-dessus: ils appellent ces figures _Katun_ et ils y retrouvaient à merveille la computation de leurs âges. Aussi était-il facile au vieillard dont j’ai parlé dans le premier chapitre[196] de se souvenir de trois cents ans en arrière; car si je n’avais su ce que c’est que ces computations, je n’aurais jamais cru qu’ils pussent ainsi se souvenir d’un temps si long.

Quant à celui qui régla l’ordre de ces _Katuns_, si ce fut le démon, il s’en tira certainement comme à l’ordinaire, en tout honneur; si ce fut un homme, ce devait être un bien grand idolâtre; car à tous ces _Katuns_ il ajouta toutes les tromperies, les divinations et les subtilités où ces gens, en outre de leurs misères, se sont laissés enjoler, cette science étant entre toutes celle à laquelle ils donnaient le plus de crédit, mais dont tous les prêtres également ne savaient, d’ailleurs, pas rendre bien compte. L’ordre qu’ils avaient pour compter leurs dates et faire leurs divinations, à l’aide de cette computation, était qu’ils avaient dans le temple deux idoles dédiées à deux de ces caractères. Au premier, qui commençait avec la croix placée au-dessus du cercle, ils rendaient leurs hommages, en lui faisant des offrandes et des sacrifices pour obtenir le remède des calamités de ces vingt ans; mais après qu’il s’était passé dix années de ce premier, ils ne lui offraient plus autre chose que de l’encens et des respects. Une fois les vingt années du premier passées, ils commençaient à se conduire d’après les présages du second et à lui offrir des sacrifices, ayant ôté l’idole du premier pour mettre celle du second, afin de le vénérer dix autres années.