Reconnaissance au Maroc, 1883-1884 (Texte)

Part 46

Chapter 463,099 wordsPublic domain

{ Aït Ḥamed } { } { Aït Mesạoud } { } Aït Bella { Aït Azouafid } 1 qaïd. { } { Aït Iasin } { } { Aït Bou } { Hioualat }

{ Aït Mousa ou } { Ạli } { } { Aït Cheggout } { } { Aït El Ḥasen } { } { Aït El Ḥaseïn } { } { Aït Chergouout } Aït { } 1 qaïd. Djemel. { } { Aït Mejjat } { } { Aït Tedrarin } { } { Oulad Bou Ạïṭa } { } { Oulad Izenqad } { } { Oulad Taoubbalt }

Ouad Noun 1 qaïd.

Ainsi qu’on le voit, l’expédition de Moulei El Ḥasen dans le Sous et le Sahel avait sans doute un double objet : l’un d’affirmer aux yeux des Chrétiens sa suprématie sur ces contrées ; l’autre de s’emparer de la personne de Sidi El Ḥoseïn, contre qui il nourrissait une vieille rancune et de qui les trésors lui offraient une riche proie. Les instances sans nombre qu’il fit auprès du marabout pour l’attirer dans son camp prouvent le prix qu’il attachait à sa capture. De ces deux buts, c’était, je crois, le second que le sultan avait le plus à cœur. Il ne put l’atteindre. Le premier au contraire fut rempli sans difficulté. Si l’on s’étonne qu’un si grand nombre de tribus aient aisément consenti à se soumettre, que ni elles ni Sidi El Ḥoseïn n’aient tenté aucune résistance, on trouvera la principale cause de cette conduite dans la famine épouvantable qui régnait alors en ces régions. Le pays était affaibli ; chacun était obligé d’aller chercher des vivres au loin ; on n’avait plus de bestiaux, plus de provisions, on avait dû vendre les chevaux, enfin on était dans de très mauvaises conditions pour faire la guerre. Il parut sage de se soumettre, quitte à se révolter quand, l’abondance revenue, on serait en état de lutter. On m’a assuré que c’était déjà fait. Lors de mon voyage (hiver et printemps 1884), le pays était encore en l’état où l’avait laissé le sultan. Mais il paraît que, 5 ou 6 mois après, la récolte ayant été excellente et la richesse régnant partout, on s’est soulevé de tous les côtés à la fois et que la plus grande partie des tribus du Sahel, du Ras el Ouad et même du bas Sous, les Chtouka entre autres, ont secoué le joug.

=Notes diverses sur le Sahel.=

1o _DAR BEN DLEIMI_ est un grand village situé au bord de la mer, à un jour de marche au sud d’Agadir Iṛir. Il se trouve sur le territoire des Chtouka et est la résidence du qaïd de cette tribu, Ould Ben Dleïmi.

2o _OUAD NOUN_ n’est ni le nom d’une rivière ni celui d’une ville, mais celui d’un petit district formé de la réunion de plusieurs qçars ; ceux-ci s’élèvent au milieu d’une plaine nue et stérile ; autour d’eux, ni palmiers, ni jardins, ni labourages : ils se dressent isolés dans l’areg. L’Ouad Noun a un chikh héréditaire, El Ḥabib ould Beïrouk ; c’est un personnage peu aimé, mais puissant et craint aux environs. Le sultan a nommé son frère, Daḥman, qaïd du district.

3o _REGIBAT, OULAD DELEIM_. — Ce sont deux tribus nomades ayant leurs campements dans le Sahel, au sud du Maroc, entre l’Ouad Noun et l’Adrar. Leurs ṛezous écument le Sahara entre Timbouktou et Tindouf et apparaissent parfois sur le cours inférieur du Dra.

4o _CHQARNA_. — Tribu nomade errant dans le Sahel, au sud du Maroc. Elle comptait, il y a 20 ans, 500 ou 600 combattants montés à chameau ; c’est à peine si elle en possède 200 aujourd’hui. Les Chqarna n’ont point de chevaux, le chameau est leur seule monture.

[Note 118 : On n’a pu me dire le nom de la douzième fraction.]

[Note 119 : Une légende qui a cours dans le pays veut que les Haha soient Arabes d’origine et que ce soit par leur long séjour au milieu d’Imaziren qu’ils aient pris les mœurs et la langue de ces derniers.]

V

BASSIN DE L’OUAD ZIZ.

1o. — OUAD ZIZ.

L’Ouad Ziz prend sa source aux crêtes supérieures du Grand Atlas, dans la grande fraction des Aït Ḥediddou. Il coule pendant quelque temps sur leur territoire ; cette partie de son cours prend le nom de district des Aït Ḥediddou ; des qçars nombreux sont sur ses bords ; sa vallée est dominée par de hautes montagnes. En sortant des Aït Ḥediddou, il reste désert un certain temps ; puis il entre dans le district du Ziz. Le Ziz se compose de 25 à 30 qçars, tous sur les rives du fleuve ; il appartient aux Aït Izdeg. Après avoir arrosé le Ziz, l’ouad traverse un court passage désert et entre dans le Gers. C’est un nouveau district ; il le traverse, en baigne tous les qçars, et de là passe immédiatement dans le Tiallalin. En sortant du Tiallalin, le fleuve se trouve de nouveau, mais pour la dernière fois, dans le désert ; après y avoir coulé pendant quelque temps, il s’engage dans le district d’El Kheneg, où commencent les palmiers : à partir de là, il ne cesse d’en avoir son cours ombragé, et il se déroule jusqu’au Tafilelt entre deux rubans continus de dattiers et de qçars ; ses rives, devenues un des endroits les plus riches du Maroc, s’appellent alors successivement districts de Qçar es Souq, du Metṛara, de Reṭeb, de Tizimi et du Tafilelt.

Nous allons examiner une partie de ces districts.

Nous nous occuperons ensuite des affluents de l’Ouad Ziz.

=I. — District des Aït Hediddou.=

C’est le premier qu’on rencontre sur le haut cours de l’Ouad Ziz. Il se compose d’un certain nombre de qçars appartenant aux Aït Ḥediddou et échelonnés sur les deux rives du fleuve : ces qçars, avec quelques autres situés sur l’Ouad Sidi Ḥamza, sont les seuls que possèdent les Aït Ḥediddou, fraction très nombreuse des Aït Iafelman, mais composée surtout de nomades. En voici l’énumération, dans l’ordre où on les trouve en descendant l’ouad :

RIVE DROITE :

Aït Bou Ouzellif (2 qçars). 50 fusils.

Sountat. 100

Toulgdit. 20

Aït Ouazerf. 100

Aqdim. 100

Imtras. 300

Aït Ạmer. 30

Taberracht. 60

Aït Ạli ou Iqqo. 50

Tarribant. 20

Aït Ạmer. 50

Igli. 200

RIVE GAUCHE :

Imelouan 50 fusils.

Aït Ạmer 150

Aït Ạli ou Iqqo 30

Igli, Aït Ạmer, Tarribant forment un groupe distinct, séparé du reste du district par un long kheneg. La réunion de ces trois qçars se nomme Aït Sạïd ou Ḥeddou. Les autres portent le nom collectif de Qçour Asif Melloul : l’Ouad Ziz, au nord du kheneg, s’appelle Asif Melloul.

Plus de qçar sur l’Asif Melloul au-dessus de ceux que nous venons de nommer. Ce sont les plus hauts de l’Ouad Ziz.

Les Aït Ḥediddou, maîtres de ce pays, en sont les seuls habitants. Ils sont indépendants. Point de relations avec le makhzen.

Langue tamaziṛt.

Deux marchés : tenîn et khemîs à Aqdim.

Pas de Juifs.

Distances : de Mezizelt à Igli comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït Ọtman.

d’Aït Bou Ouzellif à Igli comme de Mellaḥ Tiallalin à Qçar es Souq.

de Tarribant à Aït Ạli ou Iqqo comme de Mellaḥ Tiallalin à Tamerrakecht.

Aït Ạli ou Iqqo (de la rive gauche) est en face de Taberracht.

Imelouan est en face de Toulgdit.

Il y a un espace désert entre Tarribant et Aït Ạli ou Iqqo ; les autres qçars sont les uns près des autres, unis par leurs cultures.

=II. — Ziz.=

Le district du Ziz se compose d’un certain nombre de qçars échelonnés sur les deux rives de l’Ouad Ziz ; en voici l’énumération, dans l’ordre où on les rencontre en descendant le fleuve :

RIVE DROITE :

Mezizelt. 20 fusils.

Zaouïa Sidi Bou Qil (2 qçars) 500

Tabia } } Tabia 300 El Ḥara }

Aït Sạïd.

Aït Zebbour. 20

Aït Ḥammou el Ḥadj. 15

Tirezdet. 80

Aït Mousa ou Ạli. 70

Irezd (cherifs ; 3 qçars). 150

Aït el Ḥadj Sạïd. 10

Aït Kharroub. 4

Ibzazen } } Aït Bou el Khial } Aït Iaḥia ou Khalifa. 150 } Izouṛar }

Rich. 20

RIVE GAUCHE :

Tamagourt. 100 fusils.

Gafaï. 100

Tasiset. 18

Tabarkaït. 25

Ou Allal. 60

Izebban. 15

Izebban. 80

Tagersift. 100

Le pays de Ziz appartient aux Aït Izdeg et n’est habité que par eux. Les Aït Izdeg sont une fraction des Aït Iafelman. Ils sont indépendants.

Langue tamaziṛt.

Deux marchés : tenîn et khemîs à Zaouïa Sidi Bou Qil.

Pas de Juifs.

Distances : de Tiṛilasin à Rich comme de Souq Tiallalin à Mellaḥ Tiallalin.

de Rich à Mezizelt comme de Tamerrakecht à Mellaḥ Tiallalin.

de Tamagourt à Igli (Aït Ḥediddou) comme d’Aït Ọtman à Mellaḥ Tiallalin.

Désert entre Tamagourt et Igli.

Pas de désert entre Rich et Mezizelt, sur les rives de l’ouad.

Tamagourt est en face de Mezizelt.

Tagersift est en face d’Aït Iaḥia ou Khalifa.

=III. — Gers.=

Le district du Gers se compose d’un certain nombre de qçars situés sur les bords de l’Ouad Ziz et tous sur sa rive droite : en face d’eux, la rive gauche est déserte. Voici les noms des qçars du Gers, dans l’ordre où on les trouve en descendant l’Ouad Ziz :

RIVE DROITE :

Tiṛilasin Qedîm } 15 fusils. } Tiṛilasin Aït Tikkert } 40

Kherzouza. 40

Qcîra Aït Ạouda. 25

Amalou. 60

El Ḥaïn. 150

Aït El Feqih. 50

Qcîra Alibou (Alibou est le chikh el ạam de toute la fraction des Aït Izdeg, cette année). 20

Cedouqa. 30

De plus, entre Amalou et El Ḥaïn, on voit les ruines de Douar, grand qçar détruit.

Le district du Gers appartient aux Aït Izdeg. La population y est un mélange d’Aït Izdeg et de Qebala[120].

Langue tamaziṛt.

Point de marché.

Pas de Juifs. Mellaḥ ruiné à Douar.

Distances : Cedouqa est en face d’Aït Khozman, sur la rive opposée de l’ouad.

de Cedouqa à Aït Tikkert comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït Çaleḥ.

=IV. — Tiallalin.=

Le Tiallalin se compose d’un certain nombre de qçars échelonnés sur les deux rives de l’Ouad Ziz. En voici l’énumération, dans l’ordre où on les trouve en descendant le fleuve :

RIVE DROITE :

Kerrando. 50 fusils.

Qcîra el Ihoud (appelée aussi Mellaḥ Tiallalin).

Iserdan. 30

Bousam. 20

Tadaout. 20

Qcîra Aït Aḥa. 10

Aït ou Alil. 50

Aït Ḥaḥou. 15

Aït Ạmer. 4

Aït Çaleḥ. 30

RIVE GAUCHE :

Aït Khozman. 40 fusils.

Aït Ḥeqqou. 20

Aït ou Isaden. 20

Aït ou Innou. 20

Aït Zaïa. 15

Bou Idiren. 60

Qcîr Cherif. 15

Qcîr Sidi Ọmar. 50

Izabouben. 10

Aït Iaḥia ou Khalifa. 10

Aït Brahim. 10

Aït Attou. 30

El Qçar el Kebir. 20

Tamdafelt. 12

Taouaḥit. 80

Imazan. 60

Tamazount. 15

Izerraḥen. 15

Isaffen. 6

Aït Iaḥia. 50

Timṛirt. 12

Imri. 30

Le Tiallalin appartient aux Aït Izdeg et n’est peuplé que d’eux. Chez les Aït Izdeg, chaque district, pour les sédentaires, chaque campement, pour les nomades, se gouverne à sa fantaisie, sans chikh, ni à l’année, ni autre : quelquefois on en nomme, mais pour quelques mois, pour la durée d’une guerre par exemple. Ces jours-ci, on en a élu ; voici pourquoi : le sultan a prié les Aït Izdeg de lui envoyer leurs chikhs : après délibération, ils y ont consenti, en ont nommé et les lui ont envoyés. Mais ils ne dépendent point de Moulei El Ḥasen ; ils ne lui paient rien et n’ont, disent-ils, que de la poudre à lui donner. S’ils n’ont pas de chikhs permanents dans leurs diverses subdivisions, ils en ont toujours un pour l’ensemble des Aït Izdeg : c’est un chikh el ạam, qui est nommé chaque année par l’assemblée des diverses djemaạas.

Langue tamaziṛt.

Trois marchés à Aït ou Alil, le ḥad, le tlâta, le khemîs.

Un mellaḥ.

Distances : Qcîr Sidi Ọmar est juste en face de Qcîra el Ihoud.

=V. — El Kheneg.=

On appelle de ce nom le district formé par les qçars échelonnés sur les deux rives de l’Ouad Ziz dans le long défilé qu’il traverse entre Foum Jabel et Foum Ṛiour. Voici les noms de ces qçars, dans l’ordre où on les rencontre en descendant le fleuve :

RIVE DROITE :

Asbarou. 20 fusils.

Aït Ọtman. 200

Qcîra el Mehenni. 30

Oul Itgir. 60

Serṛin. 40

Cheba. 20

RIVE GAUCHE :

Tamerrakecht (3 petits qçars). 40 fusils

Ifri (3 petits qçars). 40

Aït Isfa ou Daoud. 30

Amzou. 300

Ingbi. 30

Tingbit. 40

Beni Iffous. 50

Aït Moulei Moḥammed. 100

Timzourin (2 qçars). 40

El Kheneg appartient aux Aït Izdeg et n’est peuplé que d’eux.

Langue tamaziṛt.

Pas de marché.

Pas de Juifs.

=VI. — Qçar es Souq.=

Le district du Qçar es Souq se compose d’un certain nombre de qçars échelonnés sur les rives de l’Ouad Ziz ; en voici l’énumération, dans l’ordre où on les trouve en descendant le fleuve.

RIVE DROITE :

Tazouqa. 200 fusils.

Tagnit. 40

Qçar es Souq (composée de 5 qçars : Mouskellal, Qcîba 300 Aït Moḥa ou Ạli, El Ḥaraṭîn, Agaouz, Azrou ; ils forment un cercle au milieu duquel sont le marché et le mellaḥ).

Tisgedlt. 100

Taṛzout (2 qçars). 100

Azemmour. 150

Targa (2 qçars). 150

RIVE GAUCHE :

Tiṛiourin. 150 fusils.

Beni Ouaṛaïn (3 qçars). 100

Er Raḥba. 60

Qçar Djedid Aït Ḥammou (3 qçars). 60

Le Qçar es Souq est peuplé d’Aït Izdeg et de cherifs. Ceux-ci sont indépendants des premiers. Point de djemaạa ni de chikh pour l’ensemble du district. Chaque qçar a sa djemaạa et son gouvernement à part ; ils ne s’unissent entre eux qu’en cas de guerre.

Langue tamaziṛt.

Un marché, à Qçar es Souq.

Un mellaḥ.

Distances : de Mellaḥ Qçar es Souq à Targa comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït Çaleḥ.

Qçar Djedid Aït Ḥammou est en face de Taṛzout.

Tiṛiourin est en face de Tazouqa.

=VII. — Metrara.=

Le district se compose d’un certain nombre de qçars échelonnés sur les bords de l’Ouad Ziz. En voici l’énumération, dans l’ordre où on les rencontre en descendant le cours du fleuve :

RIVE DROITE :

Tisgedlt. 40 fusils.

Beni Meḥelli. 100

Asrir. 200

Mediouna. 20

El Ḥibous. 400

Qaçba Qedîma. 400

RIVE GAUCHE :

Oulad el Ḥadj. 300 fusils.

Qçar Dekhlani. 150

El Ṛrouch. 40

Qçar Djedid. 100

Zaouïa Moulei Ạbd Allah. 20

Qçar Berrani. 100

Taourirt. 100

Sidi Bou Ạbd Allah. 300

Ṭitaf. 200

Qaçba Djedida. 200

Beni Mousi. 300

Geri Ourgaz. 4

Gaouz. 100

Tazenagt. 400

Le Metṛara n’est habité que par des cherifs et des Qebala : les premiers sont les plus nombreux et ont la prépondérance. Ils sont seuls maîtres du pays. Ils sont libres, n’obéissent pas au sultan et ne sont sous la dépendance d’aucune tribu : ni Berâber ni autres n’ont droit de parler dans le Metṛara. Cherifs et Qebala sont mélangés dans les divers qçars. Point de chikh ni de djemaạa administrant l’ensemble du district. Chaque qçar a son existence isolée, se gouverne au moyen de sa djemaạa et ne s’unit à d’autres qu’en cas de guerre.

On ne parle que l’arabe.

Quatre marchés : tenîn et khemîs à Qaçba Qedîma ; tenîn et khemîs à Sidi Bou Ạbd Allah.

Pas de Juifs.

Un homme est tout-puissant dans le Metṛara et a en sa main tout le district, c’est Chikh Moḥammed El Ạrabi el Derkaoui. Ce chef religieux, qui réside à Gaouz, est extrêmement influent : chaque année, le sultan lui envoie sa part de dîme ; il y a deux ans, il lui a expédié 40 qanṭars (le _qanṭar_ vaut ici 1250 francs). Sidi Moḥammed El Ạrabi avait, à la fin de 1881, appelé les Berâber à la guerre sainte contre les Français ; mais peu après il les contremanda. Son pouvoir est énorme sur tous les Berâber, Aït Atta comme Aït Iafelman. D’un mot, il peut les armer. Par le nombre et la valeur guerrière de ces tribus, tout à sa dévotion, il est un des cinq chefs religieux les plus puissants du Maroc. Il compte au même rang que Moulei Ạbd es Selam el Ouazzâni, Sidi Ben Daoud, Sidi Moḥammed ou Bou Bekr et Sidi El Ḥoseïn.

Distances : point de désert entre le Qçar es Souq et le Metṛara.

d’Oulad el Ḥadj à Tazenagt comme de Mellaḥ Tiallalin à Tamerrakecht.

de Qçar Djedid Aït Ḥammou à Oulad el Ḥadj comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït Çaleḥ.

de Tisgedlt à Targa comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït Çaleḥ.

Beni Mousi est en face de Qaçba Qedîma.

=VIII. — Districts inférieurs.=

Les trois districts les plus bas de l’Ouad Ziz se composent chacun, comme les précédents, d’une double ligne de qçars échelonnés sur les deux rives du fleuve.

Le Reṭeb comprend 30 ou 40 qçars : population mélangée, cherifs, marabouts, Qebala. Langue arabe. Un mellaḥ.

Le Tizimi se compose de 30 à 40 qçars. Deux mellaḥs.

Le Tafilelt, d’environ 360 qçars. Cinq mellaḥs.

=IX. — Affluents de l’Ouad Ziz.=

L’Ouad Ziz reçoit divers affluents ; voici quelques-uns d’entre eux :

1o L’Ouad Aït Iaḥia, se jetant sur sa rive gauche à Igli (Aït Ḥediddou).

2o L’Ouad Zaouïa Sidi Ḥamza, se jetant sur sa rive gauche à Tagersift (district du Ziz).

3o L’Ouad Todṛa, se jetant sur sa rive droite au-dessous du Reṭeb, dans un des districts de son cours inférieur.

1o OUAD AIT IAHIA. — Il prend sa source dans le Grand Atlas et se jette sur la rive gauche de l’Ouad Ziz à Igli (Aït Ḥediddou). Voici les qçars que l’on rencontre sur son cours, en le descendant :

RIVE GAUCHE :

Tazarin. 90 fusils.

Izloufa. 20

Tabouạrbit. 50

Anfergal. 150

El Bordj. 10

Ces qçars appartiennent aux Aït Iaḥia, fraction des Aït Iafelman. Les Aït Iahia sont très nombreux, mais presque tous nomades ; ils ne possèdent pas d’autres qçars que les 5 précédents. Ils sont indépendants et passent pour grands pillards. Leurs quelques qçars n’ont point de chikh spécial.

Langue tamaziṛt.

Ni marché, ni Juifs.

Distances : d’El Bordj à Igli comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït ou Alil.

d’El Bordj à Tazarin comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït Çaleḥ.

Point de désert entre ces deux derniers points.

2o OUAD SIDI HAMZA. — Il prend sa source au Djebel El Ạïachi et se jette sur la rive gauche de l’Ouad Ziz à Tagersift (Ziz). Voici les qçars qu’il arrose, dans l’ordre où on les trouve en le descendant :

RIVE DROITE :

Tazrouft (marabouts). 200 fusils

Zaouïa Sidi Ḥamza (marabouts). 300

Aït ou Allou (2 qçars) (Aït Izdeg). 100

Aït Iạqob (Aït Ḥediddou). 600

Tanṛerift (Ait Ḥediddou). 50

Toullist (4 qçars) (Aït Izdeg). 200

Langue tamaziṛt.

Pas de marché.

Deux Juifs à Zaouïa Sidi Ḥamza.

Distances : de Tagersift à Tanṛerift comme de Mellaḥ Tiallalin à Qçar es Souq.

Défilé désert assez long entre ces deux points, appelé Kheneg Tarq.

de Tanṛerift à Aït Iạqob comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït ou Alil.

Désert entre ces deux points.

d’Aït Iạqob à Aït ou Allou comme de Mellaḥ Tiallalin à Qçar es Souq.

Désert entre ces deux points.

d’Aït ou Allou à Zaouïa Sidi Ḥamza comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït Ọtman.

Désert entre ces deux points.

de Zaouïa Sidi Ḥamza à Tazrouft comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït ou Alil.

Désert entre ces deux points.

de Toullist à Tagersift comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït ou Alil.

L’Ouad Zaouïa Sidi Ḥamza reçoit un affluent, l’Ouad Nezala, se jetant sur sa rive gauche à Toullist.

=Ouad Nezala.= — Il prend sa source au Djebel El Ạbbari ; voici les qçars qui se trouvent sur son cours, dans l’ordre où on les trouve en le descendant :

Ibabaḥen rive droite, 6 fusils.

Ạbbari rive gauche, 40

Qcîra ou Ba El Ḥasen rive gauche, 20

Bou Seroual rive droite, 20

Nezala rive droite, 20

Tiffitra rive droite, 8

Semlal rive gauche, 10

Tazalaṛt rive gauche, 30

Tous ces qçars appartiennent aux Aït Izdeg.

Langue tamaziṛt.

Ni marché, ni Juifs.

Distances : de Toullist à Tazalaṛt comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït Çaleḥ.

Désert entre ces deux points.