Panouille

Part 8

Chapter 82,737 wordsPublic domain

Et il regarda autour de lui, après l’avoir regardée qui s’éloignait. Mais, si deux ou trois manifestants des P. T. T. le saluèrent au passage, les autres, qui discutaient entre eux en gagnant la station de métro la plus proche, ne firent même pas attention à lui. Et bientôt, il fut seul.

* * * * *

Il fut seul dans Paris pour la première fois. Pour la première fois depuis sa sortie de prison, il se sentit embarrassé de ses puissantes mains sans emploi. Alors il eut soif, et, avisant un bar d’aspect modeste, il s’attabla à la terrasse.

--Une chopine de blanc, commanda-t-il.

Et il ajouta pour le garçon qui le servait d’un air distrait:

--Il faisait rudement chaud là-dedans!

--Ah! oui, répondit l’autre sans plus d’entrain. Qu’est-ce que c’était, le métingue de ce soir? Les ouvriers du bâtiment?

--Les P. T. T.

--Ah! dit encore le garçon. Vous êtes dans les postes?

--Non, non, je...

--J’ai un frère facteur à Saint-Bali...

Mais un client réclamait le garçon. Le garçon coupa court et disparut.

Panouille haussa les épaules.

--Quel veau! songea-t-il, mais l’expression qui lui vint à la pensée était obscène.

Ce garçon de café ne connaissait point Panouille, ou ne l’avait pas reconnu.

* * * * *

Panouille examina les gens qui l’entouraient, puis ceux qui défilaient sur le trottoir devant lui. Nul ne semblait le reconnaître. Et il s’en étonnait.

--Tiens! se dit-il tout à coup. On jurerait le lieutenant Calorgne!

Un passant le regardait, mais ne s’arrêta pas et ne parut rien voir.

--On jurerait, se dit Panouille, mais c’est pas lui.

--Quelle vache, celui-là! songea-t-il.

Cependant il eût été heureux de rencontrer le lieutenant Calorgne, pour l’écraser de sa gloire.

--Oui, mon vieux! songeait-il qu’il dirait à son bourreau de jadis. Cette nouille de Panouille, on l’a élu député, oui, mon vieux, et conseiller municipal de Paris, et on l’applaudit quand il prononce des discours à la salle Wagram.

Douce vengeance. Panouille était satisfait. Sans doute, tout le monde encore ne le reconnaissait pas. Mais on n’avait pas eu le temps de s’accoutumer à sa présence. Dans deux ou trois mois, assurément, Panouille ne pourrait plus passer inaperçu, même dans cette ville de Paris où les hommes grouillent comme vers en fromage, nuit et jour.

--Quelle heure qu’il est? demanda Panouille au garçon qui essuyait une table voisine.

--Minuit vingt.

--Je vas me pieuter. Combien que je vous dois?

Autre sujet d’embarras: à minuit, Panouille était dehors, seul, sans savoir où il dormirait, puisque Zaza l’avait abandonné. Il s’enquit d’un hôtel.

--Un bon hôtel, précisa-t-il.

--Y a que ça dans le quartier, répondit le garçon en empochant son pourboire. Vous n’avez qu’à prendre la première rue à main gauche.

* * * * *

L’hôtel où Panouille se présenta, l’avait attiré par sa double porte à petits carreaux ouvrant sur un large couloir généreusement éclairé. Et ce fut le patron en personne, lequel était sur le point de se coucher lui-même, qui accueillit le client d’allure assez peu dégagée que faisait Panouille.

L’hôtelier, un gaillard solide et rubicond, jaugeait le client.

--Un lit à un?

--Oui.

--Sans bagages?

--Oui.

L’hôtelier consulta le tableau de ses chambres disponibles.

--Le trente-six, au quatrième. Dix francs. On paye d’avance, ça vous va?

--Ça va, dit Panouille.

--Donnez une fiche à Monsieur, Édouard.

Le veilleur de nuit tendit à Panouille un porte-plume et la fiche d’identité à remplir. Panouille ôta son chapeau, comme s’il avait à exécuter un ouvrage de force. Il ne savait guère écrire, en effet. Il fut lent.

Quand il eut fini, et remis sa fiche:

--Panouille! exclama le patron. C’est vous, Panouille?

--Oui, c’est moi.

Il souriait, savourant son plaisir.

--Ah! C’est vous! reprit l’hôtelier. Eh bien! vous pouvez retourner là d’où vous venez. Je ne reçois que les honnêtes gens, moi, vous entendez? Et les fainéants qui se tapent la cloche aux frais de Moscou en attendant de se les rouler aux nôtres, vous entendez, je n’en veux pas chez moi. Vous entendez, monsieur Panouille? Vous entendez, camarade Panouille? Les communistes et les anarchistes, moi, je les ai quelque part, et ils ne me font pas peur, vous savez! Allez, ouste! Du balai!

Et, colosse chassant l’autre colosse, il montrait la porte à Panouille.

Stupide, son chapeau à la main, Panouille battit en retraite sans répliquer d’un mot.

XIV

Tous les hôteliers de Paris n’attachent pas la même importance aux opinions politiques de leurs clients et ne subordonnent pas leur intérêt à l’intérêt national. Tous non plus n’exigent pas que leurs clients d’une nuit remplissent rigoureusement la fiche d’identité que la police exige: ce leur est une façon supplémentaire d’échapper au Fisc avide. Panouille échoua sans difficulté dans une chambre qui sentait le parfum à bon marché, le moisi et la vieille pipe.

Il trouva moins facilement le sommeil: la soirée lui avait apporté trop de déceptions imprévues. Un nuage s’allongeait devant son soleil.

--Cette Zaza, tout de même!

La regrettait-il? Aurait-il pu vivre longtemps avec cette femme qui tutoyait tous les hommes et qui avait, un an plus tôt, en pleine avenue de l’Opéra, tué de deux coups de revolver un général et un des chefs du parti royaliste? Elle effrayait un peu Panouille, qui n’était pas méchant. Et, s’il la regretta, ne fût-ce que pendant cinq minutes, dans cette chambre d’hôtel où il avait échoué, supposons que ce fut parce que, dans la chambre voisine, un couple s’oubliait sans scrupule, malgré l’heure et la fragilité des cloisons.

Un grain de sable s’était glissé dans la machine. Un rien. Ce rien toutefois inquiétait Panouille.

--Faudrait voir!

Panouille pensait le plus simplement du monde. Somme toute, où en était-il de ses affaires? Au même point que lorsqu’il sortit de prison. Il avait serré des mains nombreuses et reçu des hommages flatteurs.

--Et puis après?

Il avait été l’amant d’une des femmes les plus célèbres du parti révolutionnaire. Il ne l’était plus.

--Et après?

Que ferait-il le lendemain?

Il songea, délivré de Zaza qui en riait, à son camarade Rechin, ouvrier de Paris, et au maréchal des logis Faituel. Celui-ci ou celui-là, celui-là surtout, eût été, dans la circonstance, de bon conseil. Mais où et comment les atteindre?

--Faut une solution. Alors?

Panouille pensa qu’une visite aux chefs du parti s’imposait. Ne lui avait-on pas promis aide, protection, fraternité, revanche et triomphe? Son avocat, le Camarade Maître Pigace le jurait sur tous les tons, quand Panouille espérait l’amnistie.

--Alors, faut pas s’en faire.

Zaza n’était qu’une grognasse après tout; le garçon de café qui ne connaissait point Panouille, un veau; et l’hôtelier qui avait expulsé Panouille de son hôtel, un sale bourgeois que la peur des reprises imminentes exaspérait. Pour le reste...

--Faut pas s’en faire.

Et Panouille finit par s’endormir, persuadé que le lendemain lui rendrait sa joie.

* * * * *

Vers onze heures du matin, ayant tiré à pile ou face avec un jeton de cinquante centimes pour savoir s’il irait d’abord aux bureaux de l’_Humanité_, ou à ceux de l’_Ami du Peuple_, il héla un taxi.

--A l’_Ami du Peuple_.

Les deux journaux communistes ont leur siège dans la même rue, l’un près de l’autre, non loin de l’endroit où Jean Jaurès fut assassiné en 1914. Panouille monta les deux étages, poussa la porte qu’on était prié de pousser sans frapper, et entra dans l’antichambre dont des rayons chargés de piles de brochures garnissaient les murs. Zaza l’avait déjà conduit à _l’Ami du Peuple_: il fut moins timide.

--Le camarade Chipline, dit-il au camarade huissier qui s’avançait vers lui.

--Il ne vient jamais le matin, répondit le camarade huissier. Et il ne reçoit que sur rendez-vous, entre quatre et cinq. Si vous voulez lui écrire...

--C’est pour Panouille...

--Eh bien! Dites à Panouille qu’il écrive ou qu’il vienne entre quatre et cinq. Lui, Panouille, peut-être qu’il sera reçu.

--C’est moi, fit Panouille.

--Eh bien! venez entre quatre et cinq.

--Bon.

D’un geste large, Panouille tendit la main au camarade huissier qui la serra sans rien ajouter.

Cette fois, en redescendant, il souriait.

--Tu parles d’un frère! se disait-il.

Il n’était pas vexé que l’huissier ne l’eût pas reconnu. Lui-même n’avait pas reconnu l’huissier, qui n’était sans doute pas de service quand Panouille avait suivi Zaza, la première fois, à _l’Ami du Peuple_. Et il souriait, convaincu que le camarade huissier devait se morfondre de sa maladresse ou de son ignorance.

* * * * *

Le soir, il est vrai, Panouille fut reconnu. On l’introduisit tout de suite dans une grande salle aux murs garnis de rayons où s’empilaient des brochures et des livres. Une table énorme, couverte de journaux, accaparait presque toute la salle.

--Un instant! annonça l’huissier qui revenait par la porte à double tambour capitonné du fond. Le camarade Chipline est en conférence.

--Bon! dit Panouille. J’attendrai.

Il prit un journal au hasard sur la table: c’était _La Liberté_ de la veille, qu’il attaqua de confiance, présumant, à l’aspect du titre, que ce journal fût des amis du parti.

Tandis qu’il lisait, des hommes et des femmes allaient et venaient devant lui, entrant dans le bureau du camarade directeur ou en sortant. Certains s’arrêtaient, qui reconnaissaient Panouille, eux, et lui serraient la main et échangeaient avec lui quelques paroles sans importance. D’autres ne le remarquaient pas, et filaient, prompts, affairés.

Chaque fois que la porte capitonnée du bureau directorial s’ouvrait, Panouille entendait deux ou trois mots dont le double tambour, en se refermant, étouffait la suite. Ainsi Panouille perçut peu à peu:

--Sud-Algérien...

--Maroc...

--Syrie et Tunisie...

--Cent mille hommes...

L’instant d’attente que le camarade huissier avait demandé à Panouille, durait. Panouille prit, sur la table aux journaux, _l’Intransigeant_, qui a un titre mystérieux, du moins pour Panouille.

Des mots toujours s’échappaient du bureau de Chipline. C’étaient:

--Abd El Kracine...

--... Krim... (ou: Crime; plutôt Crime, selon Panouille.)

--Mais il n’est pas prêt!

Toute une petite phrase que le double tambour n’avait pas coupée assez vite. Mais Panouille ne comprenait pas. Et il ne cherchait d’ailleurs pas à comprendre.

Deux hommes s’arrêtèrent devant Panouille. Ils avaient l’air content.

--Vous faites école, mon vieux, lui dit l’un.

--Oui, précisa l’autre. Trois soldats, en Auvergne, ont fichu une tournée à leur capitaine, pour protester contre l’insuffisance de l’ordinaire.

--Vous avez donné l’exemple.

--C’est excellent.

--Vous verrez ça demain dans les journaux: trois soldats d’un coup!

--C’est excellent.

Panouille souriait, modestement, comme s’il était le héros de ce dernier exploit. Il aurait voulu obtenir de nouveaux détails; mais les deux camarades journalistes, pressés, le quittaient.

Il attendit encore.

* * * * *

A 6 heures 20, le camarade huissier, revenant une fois de plus du bureau directorial, annonça:

--Chipline est désolé de ne pas vous recevoir. Il a rendez-vous à la Chambre avec les députés du parti, à 6 heures. Si vous voulez revenir demain...

Panouille semblait ne pas comprendre.

--Demain, ou après-demain, dit l’huissier. Quand vous voudrez...

--Bon, répondit Panouille.

Il s’en alla, doutant s’il devait s’attrister.

--C’est embêtant, se dit-il simplement.

Mais il se servit d’un mot plus gros.

XV

Maître Pigace, avocat et député communiste, habitait un appartement de douze pièces, au premier étage d’une maison neuve de la rue Édouard-Detaille. Un valet de chambre en gilet à manches et à rayures jaunes ouvrait la porte d’un air grave et introduisait les visiteurs dans un petit salon de style Directoire où, sur une table charmante, voisinaient les feuilles communistes du jour, les livres de Barbusse et de Maurice Rostand, un cendrier de porphyre, et une adorable coupe de cristal pleine de cigarettes.

--Je ne sais pas si le camarade Pigace reçoit ce matin, fit sans ironie le valet de chambre.

--Dites que c’est Panouille.

--Monsieur a le pédicure, expliqua l’autre.

Mais, pour Panouille, l’explication n’expliquait rien.

Panouille entra dans le petit salon et attendit. Il alluma une cigarette de Maître Pigace. Puis, il déplia _l’Ami du Peuple_.

Déçu par sa visite vaine au directeur de _l’Ami du Peuple_, Panouille, hélant un taxi, s’était fait conduire aussitôt chez Maître Pigace. Mais l’avocat avait partagé son après-midi entre le Palais de Justice et la Chambre des Députés, et il dînait en ville. Panouille remit au lendemain sa visite.

--Maître Pigace reçoit le matin, lui avait dit le valet de chambre.

Comme il avait attendu la veille le directeur Chipline, Panouille attendit son défenseur, en lisant. _L’Ami du Peuple_ reparlait de l’assemblée des postiers, qui avait été présidée par Panouille, mais il ne parlait pas du président de la séance.

Cependant le camarade valet de chambre reparut.

--Si tu veux venir, fit-il, le patron te recevra dans son cabinet de toilette.

Maître Pigace en pyjama, se rasait.

--Quoi de neuf? demanda-t-il joyeusement sans se retourner.

Panouille était déconcerté. L’endroit lui semblait mal choisi pour une conversation sérieuse. Comme nulle réponse ne venait:

--Ça ne va pas? reprit Maître Pigace en se retournant.

--Dame!

--Qu’est-ce qu’il y a?

--Ben, y a tout.

--Tout? Mais encore?

--Je suis seul.

--Zaza t’a quitté? Le grand malheur! Tu n’avais pas l’intention de l’épouser, je suppose?

--Dame, non.

--Alors?

--Je voulais vous poser une question.

--Pose.

Péniblement, mal aidé par l’attitude indifférente de Maître Pigace, Panouille exposa qu’il désirait savoir s’il était, oui ou non, député.

--Mais non, tu ne l’es pas. Quelle question!

--Vous m’aviez dit que j’étais élu. Les journaux aussi le disaient.

--Tu as été élu, oui, mais les élections dont tu es sorti trois ou quatre fois en tête...

--Quatre, précisa Panouille.

--... N’étaient pas valables. Elles furent annulées.

--Pourquoi? Parce que j’étais en prison?

--Naturellement.

--Ben! Je n’y suis plus.

--Et alors?

--Ben, alors, pourquoi que le parti me représenterait pas, maintenant?

Maître Pigace regarda son client.

--Est-ce que tu veux te payer ma tête, Panouille?

--Moi!

--Réfléchis un peu, voyons. Ainsi tu crois que n’importe qui peut être député, comme ça, de but en blanc?

--Non, bien sûr.

--Alors?

--Je croyais...

Maître Pigace était rasé.

--Écoute, dit-il, viens dans mon bureau. Nous y serons mieux.

* * * * *

Dans le bureau, meublé à l’américaine, Maître Pigace se carra au fond de son fauteuil de cuir.

--Mon pauvre ami! dit-il. C’est le bruit de la salle Wagram qui t’a grisé? Il faut pourtant que tu comprennes. Oui, je comprends, tu t’imaginais... Le parti t’a présenté comme candidat à tous les sièges de député ou de conseiller municipal qui ont été vacants depuis un an, et tu as été élu parce que le parti ordonnait à ses adhérents de voter pour toi. Mais sais-tu pourquoi on te présentait, pourquoi on t’élisait? Pour obliger le gouvernement à te tirer de ta prison. Une injustice avait été commise envers toi. Le parti, qui protège tous les opprimés, t’a défendu sans même s’enquérir de tes opinions. Est-ce vrai?

--Oui.

--Tu ne pouvais pas échapper à la condamnation.

--J’avais rien fait.

--Comment l’aurais-tu prouvé?

Panouille baissa les yeux.

--Je sais pas.

--Condamné, nous t’avons tiré de la prison. Tu n’es pas content?

--Si.

--Alors?

--Je sais pas, murmura Panouille.

--Rappelle-toi le soir de la salle Wagram. Tout le monde était content de te voir libre. Ça ne t’a pas fait plaisir? Et toi, comment as-tu remercié ces braves gens? Tu n’as pas su les remercier. Tu n’as même pas chanté _l’Internationale_.

--Je la connais pas.

--Alors?

--Je sais pas, répéta Panouille.

Il était penaud, le pauvre Panouille. Quel réveil, après ces songes merveilleux des derniers mois de sa prison!

--Comprends-tu?

--Je comprends.

Il comprenait.

Comment avait-il pu s’imaginer qu’il fût capable de devenir un député, ainsi que ce Maître Pigace qui avait été si bon pour lui! Panouille cherchait dans sa tête une phrase qui forçât Maître Pigace à lui pardonner son insolence. Mais l’avocat ne lui en laissa pas le loisir.

--Mon cher Panouille, dit-il, tu es un brave type. Tu ne redoutais pas le travail, autrefois. Il faut t’y remettre. Tu te feras aimer et estimer partout. Un gars comme toi...

Il se tut soudain: Panouille, sans bruit, pleurait.

Maître Pigace marcha vers son infortuné client et, lui appliquant la main sur l’épaule, l’étreignit, affectueusement.

--Allons, vieux! Courage! Tu es jeune. Quel âge as-tu?

--Vingt-quatre ans du mois dernier.

--Vingt-quatre ans? Mais on n’est éligible qu’à vingt-cinq. Tu l’ignorais?

--Oh! fit Panouille. C’est pas ça.

Il s’essuya les yeux.

Maître Pigace ouvrit un tiroir de son bureau, y prit un billet de banque, le plia discrètement et le posa dans la large patte de Panouille en la lui serrant pour le congédier.

Panouille, qui comprenait peut-être tout enfin, se leva.

Maître Pigace lui serra encore la main.

--Au revoir, Panouille. Et, tu sais, si tu as jamais des ennuis, n’hésite pas à nous appeler: le parti te défendra, comme il t’a défendu. Ne l’oublie pas.

--Merci, dit Panouille, le cœur gros.

* * * * *

Sur le palier, Panouille regarda le billet que Maître Pigace lui avait si discrètement offert. C’était une coupure de vingt francs.

FIN

ACHEVÉ D’IMPRIMER LE 26 AVRIL 1926 PAR EMMANUEL GREVIN A LAGNY-SUR-MARNE