Napoléon intime

Part 1

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Napoléon intime

Par Arthur-Lévy (Auteur de Napoléon et la paix)

Ouvrage couronné par l’Académie française (Prix Thérouanne)

Précédé d’une étude par François Coppée Orné d’un portrait de Napoléon par Édouard Detaille

Paris Nelson, Éditeurs 189, rue Saint-Jacques Londres, Édimbourg, et New-York

COLLECTION NELSON

Publiée sous la direction de CHARLES SAROLEA,

Docteur ès lettres: Directeur de la Section française à l’Université d’Édimbourg

Étude[1] sur “Napoléon intime”

PAR FRANÇOIS COPPÉE

[1] Cette étude a paru dans _Le Journal_ du 9 Mars 1893.

Je ne connais pas M. Arthur-Lévy, mais il peut se vanter de m’avoir fait un sensible plaisir, en m’envoyant gracieusement son _Napoléon intime_.

Depuis une dizaine de jours, dès que j’ai une heure à moi, je la consacre à ce gros in-octavo de plus de six cents pages, où, par un prodigieux travail, l’auteur a patiemment réuni, avec textes et preuves à l’appui, tous les témoignages favorables à la personne de l’Empereur. C’est exactement la contre-partie, c’est même, à mon humble avis, la réfutation de l’œuvre de Taine. Pour tout dire, la ressemblance existe entre les deux livres. Car Taine, dans son dernier et monumental ouvrage, _Les Origines de la France contemporaine_, et particulièrement dans le volume consacré à l’analyse du caractère de Napoléon, avait purgé son style volontairement, j’en suis certain--d’imagination et d’éloquence, et l’avait réduit à une sécheresse toute scientifique. C’est par l’accumulation des petits faits, c’est par un tricotage--très curieux du reste--de notules et de scolies, qu’il a soutenu son opinion--j’allais écrire: son paradoxe--et qu’il a représenté l’auteur du Code civil, et le vainqueur d’Austerlitz, sous les traits d’un atroce et funeste condottiere.

Pour nous peindre Napoléon tel qu’il le voit, c’est à dire comme un homme de génie, mais aussi comme un homme animé des plus nobles instincts, M. Arthur-Lévy n’a pas employé d’autres procédés. Comme Taine, et avec autant d’abondance que lui, il s’est contenté de grouper des faits et des citations, et il a combattu victorieusement, selon moi, les détracteurs de Bonaparte par la même inflexible méthode.

En vérité, un tel livre était nécessaire.

Dans les dernières années du second Empire, et surtout depuis sa chute, le courant de la réaction, la poussée de dénigrement et de calomnies contre Napoléon Ier avaient dépassé les dernières limites de l’injustice. L’acte monstrueux de la Commune, renversant, en présence des Allemands vainqueurs, la colonne Vendôme sur un lit de fumier, eut un caractère symbolique. Par une folie, que l’imbécillité des passions politiques peut seule expliquer, la France, le lendemain de sa défaite, semblait vouloir déchirer les plus glorieuses pages de son histoire, avilir et souiller une épopée militaire comme aucun peuple n’en a dans ses annales. On exhuma les libelles anglais et les pamphlets de l’émigration. Bonaparte redevint l’Ogre de Corse. Les propos de femme rancunière, comme la Rémusat, les potins de laquais chassé comme ce voleur de Bourrienne, firent autorité. Le moindre vice qu’on reprochât à l’Empereur était l’inceste; la seule excuse qu’on invoquât en sa faveur était l’épilepsie. Il y eut des pères Loriquets orléanistes et républicains, qui travestirent les personnages et dénaturèrent les évènements à qui mieux mieux. Beaucoup de larmes de crocodile furent répandues. Des Jacobins pleurèrent le duc d’Enghien, et des royalistes s’attendrirent sur Malet. Il fut d’ailleurs convenu que, même comme homme de guerre, Bonaparte avait été singulièrement surfait. Chacune de ses victoires était due à l’un de ses lieutenants; et l’on dénonça avec indignation son envie et son ingratitude envers ceux qu’il avait seulement faits princes, ducs et maréchaux. Des stratèges de cabinet et de bibliothèque, des tacticiens armés d’un simple couteau à papier, conclurent à la médiocrité de ce général, qui avait cependant commandé en personne dans six cents combats et dans quatre-vingt-cinq batailles rangées.

L’étude de Taine, que je ne confonds pas, à coup sûr, avec tout ce fatras, mais qui n’en est pas moins, selon moi, l’erreur d’un grand esprit, dupe et victime de son système, l’étude de Taine si imposante par le talent et l’autorité de son auteur et par l’énorme labeur qu’elle représente, semblait de nature à porter un coup décisif à la renommée de Napoléon. Il n’en fut rien, pourtant; à partir de cette attaque, venue en dernier lieu, et certainement la plus redoutable de toutes, l’opinion s’est brusquement retournée. Le patriotisme, et aussi le besoin de justice et de vérité, qui est une des vertus de notre race, protestèrent. On s’aperçut que le torrent d’accusations et d’outrages avait glissé sur les gloires impériales sans les salir, comme une averse sur l’Arc de Triomphe. De nombreuses publications, parmi lesquelles il convient de citer au premier rang les _Mémoires du général Marbot_, replacèrent la figure de l’Empereur dans son vrai jour, et furent accueillies par le public avec une faveur exceptionnelle. D’un seul coup d’aile, l’aigle de la Grande-Armée reprit sa place légitime, la plus haute. L’œuvre de réparation, sans doute, n’est pas complète; mais elle se fait chaque jour, et ce nouveau livre y contribuera.

M. Arthur-Lévy nous présente seulement, comme l’indique le titre de son ouvrage, un Napoléon intime; et si j’avais une reproche à lui adresser, ce serait d’avoir un peu trop insisté peut-être, sur les traits de simplicité, de bonhomie presque bourgeoise, très réels cependant, qu’on trouve dans la vie privée de l’Empereur. Mais je ne fais pas ici de critique littéraire, et je me borne à causer avec mes lecteurs à propos d’une lecture qui m’a charmé. Ce qu’il y a d’excellent dans ce livre, ce qui en fait la force, c’est que l’auteur, en parlant d’un génie sans pareil, d’un météore comme il n’en a flamboyé que quatre ou cinq dans le ciel de l’histoire, n’oublie pas un seul instant qu’il parle d’un homme, soumis, dans une certaine mesure, et malgré toute sa grandeur, aux mêmes fatalités de nature, aux mêmes passions, aux mêmes habitudes que les autres. En général, les ennemis de Napoléon le tiennent pour un monstre, insensible comme tous les monstres; et, à les en croire, toutes ses actions et tous ses sentiments relèvent de la tératologie! C’est vraiment trop simple, et, avec ce point de départ, on va où l’on veut. M. Arthur-Lévy, au contraire, s’efforce de montrer--et par d’innombrables preuves--que Napoléon est un homme, exceptionnel sans doute, doué comme personne peut-être ne le fut jamais, mais un homme qui, dans l’existence de chaque jour, a souffert et joui comme le premier venu. C’est un réaliste au fond, que M. Arthur-Lévy; mais un bon peintre de portraits doit toujours être un peu réaliste. Ce portrait de l’Empereur est très ressemblant, parce qu’il est très humain!

Ne me dites pas que mon goût pour le livre de M. Arthur-Lévy est suspect, parce que vous savez que je suis admirateur passionné de Napoléon et que dans mes promenades suburbaines, je vais tout droit aux étalages de bric-à-brac où j’aperçois le _Bivouac d’Austerlitz_ et les _Adieux de Fontainebleau_. Non, je ne suis pas aveugle. Lisez ce _Napoléon intime_, et quelle que soit votre opinion sur le modèle, vous rendrez justice à l’artiste, et vous admirerez dans ces pages, l’esprit d’ordre, le calme, la conscience, et surtout le haut sentiment d’impartialité qui caractérisent le véritable historien.

Cependant, en fermant le livre, je n’ai pu me défendre d’une mélancolie.

Qu’ils sont vains, nos efforts vers la vérité! En toute chose, et même en histoire! Dans le lointain passé, quelles ténèbres! Que savons-nous? Voici, par exemple, ces premiers Césars de la Rome impériale. Ils nous apparaissent tous comme des scélérats. Mais qui nous l’a dit? Tacite, Suétone, Juvénal. Nous n’avons, pour les condamner que le témoignage de leurs ennemis. Plus tard, quand les documents sont nombreux et multipliés par l’imprimerie, c’est leur abondance même qui fait que la postérité hésite à rendre un verdict. Et puis, que de contradictions! Un savant n’a-t-il pas expliqué assez récemment la mission de Jeanne d’Arc par des accidents hystériques? Qui donc a prétendu que Lucrèce Borgia était inceste et empoisonneuse? Voici cet autre docteur en us qui accourt les mains pleines de paperasses, et me donne la preuve du contraire. Je connais donc bien mal ma Révolution française que Marat me semble un tigre! On l’a comparé à Jésus et, pour beaucoup, il fait encore partie du “bloc”. Défense d’y toucher! Si j’ouvre ces deux journaux qui traînent sur la table du cercle, Thiers est en même temps le fondateur de la République et le sinistre vieillard aux mains sanglantes--Quel désordre! Quel gâchis...

La vérité--qu’on pardonne ceci à un poète--elle est, je crois, dans la légende. Et pour le grand Empereur, puisque nous parlons de lui--elle est, tenez! dans cette émouvante lithographie de Raffet, que j’ai là, sur ma muraille.

Sous une lourde pluie d’automne, les grenadiers de la garde défilent par sections, courbés de fatigue, les pieds boueux et pesants, protégeant, d’un pan de leur capote, la batterie du fusil. Nous sommes évidemment aux derniers jours de la campagne de France, quelque part en Champagne. Dans le fuligineux paysage rien que le vague squelette d’un moulin à vent, et, partout, le moutonnement des bonnets à poil. Sur la gauche, s’éloigne l’Empereur, à cheval, et tous ont le regard tourné vers son gros dos, voûté et soucieux. Tous pensent à lui, mais lui ne songe qu’à son affaire, qu’à sa bataille de demain ou de tout-à-l’heure. Et sur les visages des soldats du premier plan, éclate un drame sublime de souffrance et de fidélité.

Et l’artiste, sous cette pathétique image a tracé un mot sublime, où éclate toute la noble folie des grenadiers pour leur Empereur et des Français pour la gloire:

“Ils grognaient... et le suivaient toujours.”

FRANÇOIS COPPÉE.

PRÉFACE DE L’AUTEUR

Napoléon, durant sa vie, a été tour à tour l’objet du culte et du mépris de ses sujets. Aujourd’hui,--quoique l’influence de son action individuelle sur les destinées de la France et de l’Europe ne puisse encore être exactement définie,--sa mémoire nous partage toujours en deux camps, les admirateurs et les détracteurs, également zélés pour dénaturer, en bien comme en mal, la personnalité de l’Empereur.

Or, les louanges excessives et les attaques virulentes, qui se valent par leur exagération, s’annulent les unes les autres et laissent la raison aussi peu éclairée sur le caractère de Napoléon que si rien n’en avait été dit.

Toutefois, en étudiant la vie de l’Empereur avec droiture, on voit bientôt la réalité se dégager de la légende dorée et de ce qu’il est permis d’appeler la légende noire napoléonienne. Cette réalité la voici: Napoléon ne fut ni un dieu ni un monstre, mais, simplement,--selon la célèbre formule classique qu’on peut lui appliquer,--il était homme, et rien d’humain ne lui était étranger. Le haut sentiment familial, en effet, la bonté, la gratitude, la cordialité, furent ses qualités essentielles.

Cette conclusion, qui, malgré son évidence, me mettait en désaccord complet avec d’éminents écrivains, n’a pas été sans me causer un peu d’hésitation.

Avant de l’adopter définitivement, je me suis prescrit le devoir de m’entourer de renseignements contradictoires, de vérifier les assertions des amis de l’Empereur par les dires de ses ennemis. Selon l’expression actuelle, j’ai _interviewé_, en quelque sorte, les contemporains dans leurs écrits, les pressant de questions, tout en ne retenant que les allégations corroborées, au moins dans leur esprit, par plusieurs auteurs. C’est ainsi que j’ai apporté quinze, vingt, parfois trente témoignages favorables, à l’encontre d’une appréciation malveillante. Puis, voulant davantage encore, j’ai contrôlé, au moyen de faits historiques, les attestations recueillies dans les souvenirs de l’époque.

On ne trouvera dans cet ouvrage aucune opinion se rapportant à Napoléon qui ne soit fondée sur des renseignements émanant des sources les plus diverses, sur des textes officiels dont les originaux sont faciles à consulter, soit aux Archives nationales, soit dans les collections que j’indique soigneusement.

Enfin, par un dernier scrupule, j’ai tenu à ne point faire usage du _Mémorial de Sainte-Hélène_, qui aurait souvent confirmé ma thèse. J’ai estimé qu’il ne fallait pas prendre à un homme ses définitions de lui-même, surtout lorsque cet homme, irrémissiblement vaincu, rayé avant sa mort du nombre des humains, n’a pu avoir, sans doute possible, d’autre visée en dictant ses mémoires que de se donner, au regard des générations prochaines, la posture la plus avantageuse à sa renommée, la plus profitable aux intérêts de sa dynastie.

Bien qu’on ait dit à satiété que l’Empereur, au cours de son règne, a été l’instigateur de toutes les guerres européennes, la question, avant d’être tranchée, me paraît demander cependant un supplément d’enquête,--quand on considère qu’après huit ans de luttes permanentes avec l’Europe, sous la Révolution et sous le Directoire, les quatre premières années du pouvoir personnel de Napoléon furent une ère de reconstitution pacifique; quand on est obligé de constater que la théorie des guerres, commencée à la fin du siècle dernier, se continue à présent avec une régularité presque mathématique; quand on voit encore aujourd’hui les mêmes alliances se former, au nord comme au midi, contre la France.

L’histoire documentée des guerres de l’Empire n’est pas faite. Pour l’écrire véridiquement, il importera beaucoup plus de connaître à fond les archives des pays étrangers que celles de la France.

Le jour où l’on voudra déterminer si Napoléon a provoqué telle guerre de son plein gré, ou si, au contraire, il n’a fait que prévenir une agression imminente, la correspondance échangée entre les souverains, à la veille des coalitions, sera autrement édifiante que celle de l’Empereur avec ses agents.

Du rapprochement des résolutions de l’Empereur et des combinaisons secrètes qui se tramaient, hors de France, aux heures décisives des confits, naîtra, peut-être, un nouvel ouvrage qui sera le complément de cette étude intime du caractère de Napoléon.

ARTHUR-LÉVY.

Paris, 1er septembre 1892.

BIBLIOGRAPHIE

OUVRAGES CITÉS DANS CE VOLUME

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_Briefwechsel der Konigin Katharina sowie des Kaisers Napoleon I mit dem Konig Friedrich von Wurtemberg_.--2 volumes.

_Bulletins de la Grande-Armée_.

_Bulletin des lois_.

CADET DE GASSICOURT. _Voyage en Autriche_.--1 volume.

_Calendrier de la Cour pour l’an 1812_.--1 volume.

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CHAMPAGNY (comte DE). _Souvenirs_.--1 volume.

CHAMPOLLION-FIGEAC. _Mémoires_.--1 volume.

CHARAVAY. _Manuel de l’amateur d’autographes_.--11 volumes.

CHATEAUBRIAND. _Mémoires d’outre-tombe_.--6 volumes.

CHEVRIER (Edmond). _Correspondance du général Joubert_ (Martin Bottier, à Bourg).--1 volume.

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_Correspondance de Marie-Louise_. (Vienne, 1887.)--1 volume.

_Correspondance de Napoléon 1er_.--32 volumes.

_Correspondant (le). Année 1891._

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DU CASSE. _Les rois frères de Napoléon Ier_.--1 volume.

DURAND (la générale). _Mémoires_.--1 volume.

EUGÈNE (le prince). _Mémoires_.--7 volumes.

FABRE (Joseph). _Éphémérides de la vie de Jeanne d’Arc_.--1 volume.

FAIN (baron). _Manuscrit de l’an III_.--1 volume.

Id. -- _de 1812_.--2 volumes.

Id. -- _de 1813_.--2 volumes.

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FAUCHE-BOREL. _Mémoires_.--4 volumes.

FLEURY DE CHABOULON. _Mémoires_.--2 volumes.

FOISSY. _La famille Bonaparte depuis 1064 jusqu’à nos jours_.--1 volume.

FOUCHÉ. _Mémoires_.--2 volumes.

FRANCESCHETTI (le général). _Mémoires sur les événements qui ont précédé la mort de Joachim Ier_.--1 volume.

GAUDIN (duc DE GAETZ). _Mémoires_.--2 volumes.

_Gazette nationale (la)_.

GIRARDIN (Stanislas). _Journal et Souvenirs_.--2 volumes.

GOMIER. _Mémoires_.--2 volumes.

GOURGAUD (le général). _Napoléon et la Grande Armée en Russie_.--1 volume.

HÉRISSON (D’). _Le cabinet noir_.--1 volume.

_Hommages poétiques sur la naissance du roi de Rome_.--2 volumes.

HORN (Georg). _Das Buch von der Königin Luise_.

HOUSSAYE. _Mes confessions_.--4 volumes.

HUGO (Victor). _Odes et Ballades_.--1 volume.

HULIN (le comte). _Explications offertes aux gens impartiaux_.--1 volume.

HYDE DE NEUVILLE. _Mémoires et Souvenirs_.--2 volumes.

IMBERT DE SAINT-AMAND. _La citoyenne Bonaparte_.--1 volume.

IUNG (Th.). _Bonaparte et son temps_.--3 volumes.

Id. _Mémoires de Lucien Bonaparte_.--2 volumes.

JÉRÔME (le roi). _Mémoires_.--5 volumes.

JOMINI. _Vie politique et militaire de Napoléon_.--4 volumes.

JOSEPH (le roi). _Mémoires_.--18 volumes.

JOSÉPHINE (l’Impératrice). _Mémoires et correspondance_.--1 volume.

_Journal de l’Empire_.

KOTZEBUE. _Souvenirs de Paris de 1804_.--2 volumes.

LA PLACE. _Exposition du système du monde_. (Préface.)--1 volume.

LA RÉVEILLÈRE-LÉPEAUX. _Mémoires_.--2 volumes.

LAVALETTE (le comte). _Mémoires_.--2 volumes.

LE PLAY. _La réforme sociale en France_.--4 volumes.

_Le prince Louis Bonaparte et sa famille_.--1 volume.

_Lettres de Napoléon à Joséphine_.--2 volumes.

LEWIS-GOLDSMIT. _Histoire secrète de Napoléon Buonaparte_.--2 volumes.

LIBRI. _Souvenirs de la jeunesse de Napoléon_.--1 volume.

LORÉDAN LARCHEY. _Les cahiers du capitaine Coignet_.--1 vol.

MACDONALD (le maréchal). _Souvenirs_.--1 volume.

MAINDRON (E.). _L’Académie des sciences_.--1 volume.

MAITLAND (le capitaine), ex-commandant du _Bellérophon_. _Relation_.--1 volume.

MALLET DU PAN. _Correspondance inédite avec la Cour de Vienne_.--3 volumes.

MARBOT (le général). _Mémoires_.--3 volumes.

MARCO SAINT-HILAIRE (Émile). _Les habitations napoléoniennes_.--1 volume.

MARMONT (le maréchal). _Mémoires_.--9 volumes.

MATHIEU DUMAS (le lieutenant général comte). _Souvenirs_.--3 volumes.

MENEVAL (baron DE). _Souvenirs_.--3 volumes.

METTERNICH (prince DE). _Mémoires_.--6 volumes.

MICHAUD. _Biographie des hommes vivants_.

MIOT DE MÉLITO. _Mémoires_.--3 volumes.

MOLLIEN. _Mémoires d’un ministre du trésor public_.--4 volumes.

_Moniteur de l’Empire français_.

NASICA. _Mémoires sur l’enfance de Napoléon Ier_.--1 volume.

NEIL CAMPBELL (colonel Sir). _Journal publié par A. Pichot_.--1 volume.

OSSIAN. _Poèmes_.--1 volume.

OUVRARD (G.-J.). _Mémoires_.--3 volumes.

PALLAIN (G.). _Correspondance inédite de Talleyrand et du roi Louis XVIII_.--1 volume.

PARQUIN (le commandant). _Souvenirs et campagnes d’un vieux soldat de l’Empire_.--1 volume.

PASQUIER (le chancelier). _Mémoires_.--5 volumes.

PELET (de la Lozère). _Opinions de Napoléon au conseil d’État_.--1 volume.

PELET (Marcellin). _Napoléon à l’île d’Elbe_.--1 volume.

PETIET (le général). _Souvenirs militaires_.--1 volume.

PERROT (A.-M.). _Itinéraire général de Napoléon_.--1 volume.

PICHARD. _Napoléon à Auxonne_.--1 volume.

PEYRUSSE (le baron). _Mémorial de 1807 à 1815_.--1 volume.

PLANAT DE LA FAYE. _Le prince Eugène en 1814_.--1 volume.

PONTÉCOULANT (le comte DE). _Souvenirs_.--4 volumes.

PRADT (l’abbé DE). _Souvenirs de l’ambassade de Varsovie_.--1 volume.

PROTH (Mario). _Bonaparte, comediante, tragediante_.--1 volume.

RAFF (le général). _Mémoires_.--1 volume.

RÉCAMIER (Mme DE). _Souvenirs et correspondance_.--2 volumes.

_Recueil des interrogatoires subis par le général Moreau_.--1 volume.

_Recueil des discours prononcés par les différents défenseurs dans le procès Georges, Pichegru et autres_.--2 volumes.

RÉMUSAT (Mme DE). _Mémoires_.--3 volumes.

Id. _Lettres_.--2 volumes.

_Relation générale des fêtes relatives au mariage_. (Imprimerie impériale.)--1 volume.

ROCQUAIN (F.). _Napoléon Ier et le roi Louis_.--1 volume.

RŒDERER (le comte). _Mémoires_.--6 volumes.

ROUSTAM. _Mémoires. Revue rétrospective_ (année 1888).--1 volume.

ROVIGO (le duc DE). _Mémoires_.--7 volumes.

SAINTE-BEUVE. _Causeries du lundi_, tomes I et II.

SALGUES (J.-B.). _Mémoires pour servir à l’Histoire de France_.--10 volumes.

SÉGUR (le comte Philippe DE). _Mémoires_.--9 volumes.

SISMONDI. _Note, Revue historique_, tome IX.--1 volume.

SKLOWER (S.). _Entrevue de Napoléon Ier avec Gœthe_.--1 volume.

SOREL (Albert). _Madame de Staël_.--1 volume.

_Souvenirs intimes de Talleyrand_, publiés par A. Pichot.--1 volume.

STAËL (Mme DE). _Dix ans d’exil_.--1 volume.

STENDHAL. _Vie de Napoléon_.--1 volume.

TAINE (H.). _Origines de la France contemporaine. La Révolution_.--1 volume.

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TALLEYRAND (le prince DE). _Mémoires_.--4 volumes.

THIBAUDEAU. _Le Consulat et l’Empire_.--10 volumes.

Id. _Mémoires sur le Consulat_.--1 volume.

THOUMAS (général). _La vie militaire_. Journal _le Temps_.

VICENCE (le duc DE). _Souvenirs, 1re et 2e partie_.--4 volumes.

VIEUX (Honoré). _Napoléon à Lyon_.--1 volume.

VILLEMAIN. _Souvenirs contemporains_.--2 volumes.

WALDBOURG-TRUCHESS (général comte). _Voyage de Fontainebleau à l’île d’Elbe_.--1 volume.

WALTER SCOTT. _Vie de Napoléon Buonaparte_.--9 volumes.

WELSCHINGER (H.). _Le duc d’Enghien_.--1 volume.

TABLE

Page LIVRE I. Les débuts 25 LIVRE II. L’époux--Le père 107 LIVRE III. La famille 213 LIVRE IV. La sociabilité 265 LIVRE V. La générosité 336 LIVRE VI. Les habitudes et les idées personnelles 385 LIVRE VII. Le chef 455

NAPOLÉON INTIME

LIVRE PREMIER

LES DÉBUTS

I

Le 15 août 1769, vers onze heures du matin, naquit à Ajaccio Napoléon Bonaparte, fils de Charles Bonaparte et de Lætitia Ramolino.

La mère se trouvait à l’église quand elle fut prise des douleurs de l’enfantement; elle rentra chez elle et accoucha sur un tapis. Une allégorie existait-elle sur ce tapis? Était-ce un de ces tapis antiques à grandes figures? Il n’importe; abandonnons ce point de départ, vrai ou faux, aux amateurs de légendes. Voyons seulement dans quel milieu cette naissance vient de se produire.

Le père, Charles Bonaparte, est de race noble, originaire de Toscane. Des Bonapartes auraient, d’après des documents plus ou moins authentiques, régné à Trévise.