Part 37
Ces outils en grès sont rares, et semblent confinés dans la région du Niger. A cette exception près tout l’outillage est fabriqué avec des roches peu ou prou métamorphiques, ou éruptives.
=Quartzites.= — Deux haches en quartzite métamorphique probablement à amphibole ; — (oued Silet).
Une hache en quartzite ; — (au nord de Timissao).
Une hache en quartzite ; — (Aïr).
Une hache en quartzite ; — (cimetière de l’oued Tilemsi).
Deux meules sphériques, en quartzite à gros grains ; — (cimetière de l’oued Tilemsi).
Trois meules en olive, en quartzite micacé ; — (cimetière de l’oued Tilemsi).
Une meule en olive, en quartzite ; — (cimetière de l’oued Tilemsi).
Un pilon très allongé, en quartzite chloriteux ; — (au nord de Timissao).
=Chloritoschistes.= — Une meule sphérique, en chloritoschite.
Un fragment de bracelet, en chloritoschiste.
Un bracelet inachevé, en chloritoschiste ; — (oued Taoundrart).
=Leptynite.= — Un polissoir en leptynite ; — (oued Tougçemin).
=Ryolite.= — Une meule sphérique en ryolite ; — (nord d’In Ziza).
Une hache sphérique en ryolite ; — (nord d’In Ziza).
=Diabase[276].= — Une hache en diabase ; — (oued Silet).
Une hache en diabase ; — (Gao).
Quatre haches en diabase ; — (cimetière de l’oued Tilemsi).
=Granite.= — Un fragment de mortier en granite altéré.
Cette liste suggère quelques observations. Aucune de ces roches ne paraît étrangère à la région étudiée ; chacune d’elles au contraire y est bien connue et fréquente ; — grès, dévonien au Sahara, et d’âge indéterminé au Soudan ; — schistes métamorphiques siluriens ; — granite et roches éruptives ; — tels sont en effet les éléments constitutifs du sous-sol. Il semble donc que les outils aient été fabriqués sur place, et non importés.
Le bracelet en chloritoschiste de l’oued Toundrart a été trouvé encore mal dégagé de la roche dans un atelier actuel ; on sait que les Touaregs fabriquent et portent encore, au-dessus du coude, des bracelets en pierre. Le polissoir de l’oued Tougçemin atteste apparemment l’existence d’un atelier ancien. Les objets en ryolite ont été trouvés à proximité d’In Ziza, qui est un volcan à coulées de ryolite.
Les objets en grès ont tous été trouvés dans la même région, les bords du Niger, et il est possible en effet que les grès soudanais à ciment ferrugineux se prêtent au travail de la pierre mieux que les grès éodévoniens du Sahara.
[Note 276 : On a entendu diabase dans le sens le plus large, roches anciennes à feldspath triclinique, et à pyroxène plus ou moins transformé en amphibole par ouralitisation. Aucune plaque mince n’ayant été étudiée, on n’a pas cherché à déterminer si la structure est ophitique ou microlithique, autrement dit si on a affaire à des diabases ou à des labradorites.]
APPENDICE VII
=MINERAI ET BIJOUX (?) DE CUIVRE=
J’ai fait analyser par M. Bouhard, chimiste diplômé de la Faculté des sciences de Paris, un échantillon de minerai de cuivre, recueilli à Tamegroun ; c’est du quartz à imprégnation de malachite ; il contenait 3,37 p. 100 de cuivre. C’est une faible proportion, surtout si on considère que l’échantillon avait été choisi à cause de sa belle apparence.
J’ai fait analyser par le même chimiste, les objets en cuivre trouvés dans le redjem d’Ouan Tohra. M. Bouhard n’a pas trouvé d’étain. Il a noté en revanche la présence d’arsenic et de fer.
M. le Dr Hamy, ayant fait analyser les objets en cuivre trouvés dans les redjems d’Aïn Sefra a obtenu des résultats analogues, il a constaté l’absence d’étain.
Ce mobilier funéraire est donc en cuivre, et non pas en bronze. Faut-il conclure que c’est un produit des mines locales, nord-africaines ? La nature des impuretés (arsenic et fer) permettra peut-être un jour d’être affirmatif sur ce point, lorsque les gisements marocains et sahariens seront mieux connus ! (?).
APPENDICE VIII
NITRATES D’OULED MAHMOUD ANALYSE DÉTAILLÉE
_par_ M. POUGET, _professeur de chimie à l’École des sciences d’Alger._
=Échantillons de nitrates.=
No 1. — _Terre à nitrates._
=Résultats analytiques.= =Composition p. 100.=
Humidité 0,9 p. 100. Azotate de potasse (AzO³K) 0,9
Résidu insoluble Azotate de soude dans l’eau 27,6 — (AzO³Na) 4,1
Az²O⁵ 3,45 — Chlorure de potassium (KCl) 5,4
K²O 3,9 — Sulfate de soude (SO⁴Na²) 14,2
Na²O 29,5 — Chlorure de sodium (NaCl) 41,4
Cl 31,2 — Chlorure de magnésium (MgCl²) 3,8
SO³ 8,05 — Chlorure de calcium (CaCl²) 1,2
MgO 1,6 — Humidité 0,9
CaO (traces de Résidu insoluble 27,6 brome) 0,6 — ---- 99,5
_Remarque_ : L’ensemble des azotates contenu dans la substance équivaut à 5,35 p. 100 d’azotate de soude ou à 6,45 d’azotate de potasse.
No 2. — _Nitrates_ (_salpêtre_).
=Résultats analytiques.= =Composition p. 100.=
Humidité 4,1 p. 100. Azotate de potasse (AzO³K) 56,4
Résidu insoluble 1,3 — Azotate de soude (AzO³Na) 33,7
Az²O⁵ 52,3 — Chlorure de sodium (NaCl) 2,6
K²O 25,2 — Sulfate de soude (SO⁴Na²) 1,0
Na²O 14,1 — Chlorure de magnésium (MgCl²) 0,5
Cl 2,0 — Chlorure de calcium 0,02
SO³ 0,6 — Humidité 4,1
MgO 0,2 — Résidu insoluble 1,3 ----- CaO 0,02 — 99,62
No 3. — _Résidu de la préparation du salpêtre._
=Résultats analytiques.= =Composition p. 100.=
Humidité 3,2 p. 100. Azotate de potasse (AzO³K) 2,2
Résidu insoluble 0,8 — Azotate de soude (AzO³Na) 1,4
Az²O⁵ 2,1 — Chlorure de sodium (NaCl) 62,8
Na²O 47,3 — Sulfate de soude (SO⁴Na²) 22,9
K²O 3,5 — Chlorure de potassium (KCl) 3,9
Cl 41,3 — Chlorure de magnésium (MgCl²) 2,1
SO³ 12,9 — Chlorure de calcium 0,4
MgO 0,9 — Humidité 3,2
CaO 0,2 — Résidu insoluble 0,8 ---- 99,7
_Remarque._ — Les nitrates contenus dans ce résidu équivalent à 3,8 p. 100 environ d’azotate de potasse, c’est-à-dire à une quantité plus grande que la moitié de celle que contient le minerai [6,45].
Le mode de préparation est donc très mauvais puisque les pertes en nitrate sont énormes, on peut approximativement les évaluer à 40 p. 100 au moins.
Le salpêtre lui-même contient encore une proportion notable d’azotate de soude bien que le chlorure de potassium soit en excès dans le minerai.
Le minerai est plutôt une terre à nitrate de soude qu’à nitrate de potasse, c’est par le traitement qu’on lui fait subir qu’on en extrait du salpêtre, le traitement transforme partiellement le nitrate de soude en nitrate de potasse grâce à la présence du chlorure de potassium.
APPENDICE IX
ANALYSE D’UN ÉCHANTILLON DE TOMELA PROVENANT D’AKABLI
_par_ M. POUGET, _professeur de chimie à l’École des sciences d’Alger._
_Tomela._ — Masses concrétionnées, de couleur gris verdâtre, légèrement ocreuses en certains points de la surface, on y rencontre quelques cristaux blancs d’aspect fibreux.
L’analyse de la partie non cristallisée donne les résultats suivants :
SO³ 36,4 p. 100.
Al²O³ 10,0 —
FeO 8,2 —
CaO 1,1 —
MgO 2,4 —
Silice et sable 1,4 —
Eau 40,2 — -------------- 99,7 p. 100.
Les principaux éléments constitutifs sont donc le sulfate d’alumine et le sulfate ferreux.
La partie cristalline (densité 1,87) contient :
SO³ 38,4 p. 100.
Al²O³ 16,4 —
FeO 3,6 —
Eau 41,1 — ------------- 99,5 p. 100.
On peut la considérer comme un mélange de sulfate d’alumine hydraté, de sulfate ferreux, et d’un sulfate d’alumine basique ; sa composition peut être représentée par la formule
2(SO⁴)³Al²18H²O SO⁴Fe7²O (SO⁴)²AlAlO --------------- + ------------ + ----------- Alunogène. Mélantérite. Alumiane.
Est-ce un simple mélange, ou une espèce minéralogique ? L’analyse d’un seul échantillon ne se prêtant à aucune détermination cristallographique ne permet pas de conclure.
POUGET.
APPENDICE X
NOTE SUR LES MOLLUSQUES DU SAHARA ET PLUS PARTICULIÈREMENT DU TOUAT
Par M. LOUIS GERMAIN.
Au cours de sa belle exploration, M. Chudeau a recueilli une riche série de Mollusques terrestres et fluviatiles dont il a eu l’amabilité de me confier l’étude. Ces documents viennent heureusement compléter ceux réunis par les expéditions françaises antérieures et, notamment, par la Mission Chari-lac Tchad conduite par M. A. Chevalier[277].
La collection rapportée par M. Chudeau comprend surtout des Mollusques du bassin du lac Tchad. J’ai déjà, dans une courte note[278], donné quelques indications sur les espèces nouvelles et je compte publier prochainement une étude d’ensemble sur ce sujet[279]. Je me contenterai de donner ici quelques détails sur les coquilles vivantes et fossiles provenant du Sahara, c’est-à-dire de la région dont traite le présent volume.
_Planorbis salinarum_ Morelet.
1868. _Planorbis salinarum_. Morelet, _Mollusques terrestres fluviatiles, voyage_ Dr. Welwitsch, p. 85, no 56, Tab. V, fig. 4.
Un exemplaire de cette très intéressante espèce, qui n’était connue jusqu’ici que des ruisseaux de l’Angola, a été récoltée par M. Chudeau dans les alluvions, à Abalessa. C’est en vain que le voyageur a fouillé les environs de Tit dans l’espoir d’y découvrir de nouveaux Planorbes, mais je dois ajouter qu’en 1886, M. Palat a envoyé, au laboratoire de Malacologie du Muséum, un grand nombre de Planorbes subfossiles recueillis dans le Touat et qui se rapportent à ce même _Planorbis salinarum_ auxquels sont mêlés de nombreux exemplaires du _Planorbis Aucapitainieri_ Bourguignat[280] et un spécimen du _Planorbis Rollandi_ Morlet[281]. Ce fait a une grande importance car il montre que le massif du Hoggar et le Touat sont sur la limite septentrionale d’extension de la faune équatoriale proprement dite, c’est-à-dire à la zone où se fait le mélange entre cette faune et celle du système européen.
_Melania tuberculata_ Müller.
1774. _Nerita tuberculata_ Müller, _Verm. terr. et fluv. histor._ ; II, p. 191.
1862. _Melania tuberculata_ Bourguignat, _Paléontologie Mollusques terr. fluv. Algérie_ ; p. 102.
1901. _Melania_ (_Striatella_) _tuberculata_ Pallary, _Mollusques fossiles terr. fluv. Algérie_ ; p. 174, pl. III, fig. 32-33.
De nombreux exemplaires de cette espèce bien connue ont été récoltés à Adrar ainsi qu’à Taourirt, Tazoult et En Nefis.
_Melanopsis maroccana_ Chemnitz.
1795. _Buccinum maroccanum_ Chemnitz, _Conchyl. Cabinet_ ; 1re édit. ; X, p. 285, pl. CCX, fig. 2080 et 2081.
1862. _Melanopsis maroccana_ Bourguignat, _Paléontologie Mollusques terr. fluv. Algérie_ ; p. 105.
1901. _Melanopsis maroccana_ Pallary, _Mollusques fossiles terr. fluv. Algérie_ ; p. 177.
Espèce extrêmement variable qui se rencontre abondamment dans toutes les eaux douces du sud de la Tunisie, de l’Algérie et du Maroc. M. Chudeau en a recueilli de très nombreux exemplaires vivants et fossiles provenant d’Abd el Kader, Kaberten, Zaouiet Kounta, Taourirt, Tazoult et En Nefis. Ces documents me permettront d’étudier en détail, dans mon mémoire définitif, le polymorphisme de ce _Melanopsis_.
_Melanopsis Maresi_ Bourguignat.
1862. _Melanopsis Maresi_ Bourguignat, _Paléontologie Mollusques terr. fluv. Algérie_ ; p. 106, pl. VI, fig. 1 à 4.
1865. _Melanopsis Maresi_ Bourguignat, _Mollusques terr. fluv. recueillis par H. Duveyrier dans le Sahara_ ; p. 22, pl. XXVIII, fig. 18 à 21.
1901. _Melanopsis Maresi_ Pallary, _Mollusques fossiles terr. fluv. Algérie_ ; p. 179 ; — et pl. IV, fig. 22 [var. _crenulata_].
Cette espèce, si reconnaissable à sa columelle droite et aux fortes costulations dont son test est orné, a été récoltée, vivante et fossile, dans l’Iguidi (Échantillons communiqués à M. Chudeau par M. le lieutenant Mussel).
_Cardium edule_ Linné.
1767. _Cardium edule_ Linné, _Systema naturæ_, Ed. XII, p. 1124.
1878. _Cardium edule_ Tournouër, _Assoc. franç. avancement Sciences_ ; VII, p. 608.
1901. _Cardium edule_ Pallary, _Mollusques fossiles terr. fluv. Algérie_ ; p. 181.
M. Chudeau a recueilli, à Taourirt, de nombreux exemplaires de cette coquille, mêlés à quelques rares spécimens de _Melania tuberculata_ Müller. Un autre échantillon provient de Timimoun. C’est la première fois que cette espèce marine est signalée aussi loin dans le sud. On trouvera, dans le travail de Tournouër[282], de très nombreuses indications concernant ce Mollusque particulièrement intéressant.
A cette courte liste, il convient d’ajouter un tuf d’origine fluviatile recueilli dans la région de Tin Tagaret et de Taloak (Ahnet) et qui renfermait, m’a dit M. Chudeau, de nombreux exemplaires d’une coquille appartenant au genre _Physa_. Les échantillons de ce tuf ont, malheureusement, été perdus pendant le voyage ; mais il est probable qu’il s’agit ici d’une espèce appartenant au groupe du _Physa contorta_ Michaud[283], si abondamment répandu dans toutes les eaux douces du nord de l’Afrique.
Il faut ajouter aussi des couches à _Cardium edule_ et à _Melania_, qui ont été observées par M. Chudeau à quelques kilomètres au nord de Tikeidi (Açedjerad) ; les échantillons ont été égarés.
On voit donc tout l’intérêt qui s’attache à la connaissance faunistique de ces régions et, principalement, du massif du Hoggar dont l’exploration méthodique serait féconde en résultats. Il est permis d’espérer que de nouvelles expéditions fourniront les matériaux nécessaires pour entreprendre une telle étude.
LOUIS GERMAIN.
N. B. — J’avais recueilli à Zaouiet Kounta des _Melanopsis_ fossiles et à Temassekh des _Cardium edule_, qui, ayant été égarés, manquent à la liste de M. Germain. Comme coquilles je ne crois pas qu’elles fussent particulièrement intéressantes ; mais ce sont deux gisements nouveaux à ajouter aux autres. Les mollusques actuels et fossiles, d’eau douce et d’eau saumâtre, sont très abondants au Touat.
E.-F. GAUTIER.
[Note 277 : Chevalier (A.), _L’Afrique centrale française_, Récit du voyage de la Mission Chari-lac Tchad (1902-1904) ; Paris, 1907, gr. in-8o, xv-776 p., avec 111 fig. dans le texte, 9 planches et 6 cartes. J’ai publié, dans ce volume, une étude sur _Les Mollusques terrestres et fluviatiles de l’Afrique centrale française_, p. 457-617, avec 15 fig. dans le texte et 2 planches.]
[Note 278 : Germain (Louis), Contributions à la faune malacologique de l’Afrique équatoriale ; X. Mollusques nouveaux du lac Tchad ; _Bulletin du Muséum d’histoire naturelle Paris_ ; XIII, no 4, avril 1907, p. 269-274, fig. 19 à 23.]
[Note 279 : Ce travail paraîtra, pendant l’année 1908, dans la _Revue suisse de Zoologie et Annales du Musée d’histoire naturelle de Genève_, publiées sous la direction de M. Maurice Bedot, professeur à l’Université de Genève.]
[Note 280 : Bourguignat (J.-R.), _Mollusques terrestres et fluviatiles recueillis par M. H. Duveyrier dans le Sahara_ [Supplément aux : _Touareg du Nord_, par H. Duveyrier] ; 1865, p. 24, pl. XXVIII, fig. 1 à 5 [_Planorbis Aucapitainianus_]. Pallary a figuré une variété _major_ de cette espèce [Pallary (P.), sur les Mollusques fossiles terrestres, fluviatiles et des eaux saumâtres de l’Algérie, _Mémoires de la Société géologique de France_ ; XII, 1901, p. 157, fig. 16.]]
[Note 281 : Morlet (L.), Diagnoses Molluscorum novarum ; _Journal de Conchyliologie_ ; XXVIII, 1880, p. 355 ; XXIX, 1881, p. 46 ; — et Description de Coquilles nouvelles ; _ibid._, XXIX, p. 344, pl. XII, fig. 4.]
[Note 282 : Tournouër, Sur quelques coquilles marines recueillies par divers explorateurs dans la région des chotts sahariens ; _Association française pour l’avancement des Sciences_ ; 7e session, Paris, 1878, p. 608-622, pl. VI.]
[Note 283 : Michaud (G.), Description de Coquilles vivantes ; _Actes de la Société linnéenne de Bordeaux_ ; III, 1829, p. 268, fig. 15-16.]
APPENDICE XI
=OBSERVATION A PROPOS DE LA CARTE GÉOLOGIQUE DE BÉCHAR=
J’ai pris pour base de cette carte l’excellente topographie de M. le lieutenant Poirmeur. Mais ma géologie se trouve sur quelques points en désaccord tel avec la sienne, que je me crois obligé de justifier en quelques mots mon point de vue.
A. — M. Poirmeur écrit (_Bulletin de la Société géologique de France_, 4e série, t. VI, 1906, no 8, p. 725) :
« Le Dévonien inférieur de Ben Zireg (grès et calcaires durs) a été caractérisé par des Trilobites (capitaine de Lamothe), des orthocères et autres fossiles (collections du territoire d’Aïn-Sefra). »
Ces lignes affirment qu’on a trouvé à Ben Zireg des fossiles du Dévonien inférieur, mais elles n’indiquent pas le nom du paléontologiste qui a déterminé les fossiles ; et elles ne donnent pas des indications précises sur le gisement ; en fait je ne connais pas de grès au voisinage de Ben Zireg, mais seulement des ardoises et des calcaires.
D’autre part j’ai rapporté de Ben Zireg des fossiles que M. Haug déclare carbonifériens ; ils ont été cueillis dans une formation très puissante et très homogène, ardoises et calcaires interstratifiés, qui est la seule formation susceptible d’être primaire, à ma connaissance, au voisinage de Ben Zireg.
Je suis donc forcé, jusqu’à plus ample informé, d’attribuer ces couches au Carboniférien, et non au Dévonien.
B. — M. Poirmeur (_Bulletin de la Société géologique de France_, 4e série, t. VI, 1906, no 8, p. 726) rattache au Trias « l’affleurement de marnes irisées de ksar el Azoudj, _qui se présente comme inférieur aux couches noires de la base du Lias_ (?) (Rhynchonella déposée au musée du territoire d’Aïn-Sefra) ».
Cet affleurement m’est bien connu (voir pl. XXV, phot. 47 et 48). Ces marnes irisées, ou plutôt ces schistes argileux mous, sont vivement redressés, et supportent en discordance absolue le poudingue calcaire pliocène, sur lequel est construit le poste. Sauf preuves du contraire, et pour des raisons de stratigraphie générale, je crois ces couches infradinantiennes ou supradévoniennes ; la présence d’une rynchonelle est fort intéressante, mais n’y contredit pas.
C. — M. Poirmeur (_Bulletin de la Société géologique de France_, 4e série, t. VI, 1906, no 8, p. 726) place à la base du Lias « des calcaires et grès schisteux de couleur noire, non fossilifères (base des formations secondaires, qui font face au Moumen et au Béchar, entre Ksar el Azoudj et Ben Zireg ». Cette formation m’est bien connue ; il y a en effet partout à la base des falaises des schistes noirs, et au sommet des calcaires. Seulement, si mes souvenirs sont exacts, la discordance de stratification est absolue ; les schistes sont verticaux, et les calcaires horizontaux. De plus les calcaires, au voisinage de Ben Zireg, à tout le moins, contiennent les beaux fossiles cénomaniens habituels. J’ai donc conclu que nous avons affaire à la transgression cénomanienne sur la pénéplaine primaire. J’attribue par conséquent au Cénomanien les calcaires qui, sur la carte de M. Poirmeur, sont attribués non seulement au Lias, mais encore au Jurassique supérieur dans le voisinage de Ben Zireg.
D. — La carte de M. Poirmeur (_Bulletin de la Société géologique de France_, 4e série, t. VI, 1906, no 8, p. 726), si je l’interprète correctement, car ici le texte n’est pas explicite, attribue au Cénomanien, non seulement les collines de Bezazil Kelba, ce qui est parfaitement correct, mais les grès houillers de Kenatsa, les poudingues pliocènes de Bou Aiech, et les grès albiens de Beni Ounif.
E. — Enfin je ne suis pas d’accord avec M. Poirmeur sur l’emploi du mot oligocène, du moins en ce qui concerne la hammada de Kenatsa et celle de Beni Abbès. Il me semble que M. Poirmeur rattache régulièrement à l’Oligocène les poudingues calcaires très durs, à rognons siliceux, qui constituent certainement le sol des hammadas précitées, et que tous les géologues algériens rattachent au Pliocène.
ERRATA * * * * *
On s’est efforcé, dans le texte, d’uniformiser l’orthographe des noms. Entre le texte et les cartes, on a laissé échapper quelques fortes divergences orthographiques.
Dans la carte du Mouidir-Ahnet :
on a écrit _Açerdjerah_ au lieu d’ _Açedjerad_.
_Mekergan_ au lieu de _Mekhergan_.
_Megdoua_ — _Maghdoua_.
_Tiqueidi_ — _Tikeidi_.
_Mouïdir_ — _Mouidir_.
Dans la carte de Beni Abbès (p. 210) on a écrit : _si Mohammed ben Ammou_ au lieu de _ben Abbou_.
TABLE DES FIGURES * * * * *
Fig. 1. — Principaux types de redjems 69
— 2. — Redjems du Hoggar 72
— 3. — — 73
— 4. — Tombeau de Tin Hinan 74
— 5. — Tombeau de l’Aïr 76
— 6. — Tombes actuelles 78
— 7. — Tombeau de la sultane Tabeghount 80
— 8. — Tombeau de noble Touareg 81
— 9. — Monuments en pierres sèches (pavages à fleur de sol) 83
— 10. — Monuments en pierres sèches (pavages à fleur de sol) 85
— 11. — Gravures du col de Zenaga 89
— 12. — — 90
— 13. — — 91
— 14. — Gravures du col de Zenaga (le bélier) 93
— 15. — Gravures de Barrebi 95
— 16. — — 96
— 17. — — (cavalier numide) 97
— 18. — Gravures d’Aïn Memnouna 99
— 19. — Gravures de Hadjra mektouba 100
— 20. — Gravures de Taoulaoun (chasse au mouflon) 102
— 21. — Gravures de l’Oued Tar’it (méharis) 103