Les technologies et le livre pour tous
Chapter 7
Wikipedia est non seulement une encyclopédie mais aussi un wiki. Un wiki - terme hawaïen signifiant: vite, rapide - est un site web permettant à plusieurs utilisateurs de collaborer en ligne sur un même texte. A tout moment, ces utilisateurs peuvent contribuer à la rédaction du contenu, modifier ce contenu et l'enrichir en permanence. Le wiki est utilisé par exemple pour créer et gérer des dictionnaires, des encyclopédies ou encore des sites d'information sur un sujet donné. Le programme présent derrière l'interface d'un wiki est plus ou moins élaboré. Un programme simple gère du texte et des hyperliens. Un programme élaboré permet d'inclure des images, des graphiques, des tableaux, etc.
Wikipedia est immédiatement très populaire. Sans publicité et financée par des dons, cette encyclopédie coopérative est rédigée par des milliers de volontaires - appelés Wikipédiens, et qui s'inscrivent en prenant un pseudonyme - avec possibilité de corriger ou compléter les articles. Les articles restent la propriété de leurs auteurs, et leur libre utilisation est régie par la licence GFDL (GNU free documentation license). En décembre 2004, Wikipedia compte 1,3 million d'articles rédigés par 13.000 contributeurs dans 100 langues. En décembre 2006, elle compte 6 millions d'articles dans 250 langues, et elle est l'un de dix sites les plus visités du web. En avril 2007, Wikipedia publie pour la première fois un CD payant avec une sélection de 2.000 articles en anglais. En mai 2007, la version francophone fête ses 500.000 articles (un CD est également prévu). A la même date, Wikipedia compte 7 millions d'articles dans 192 langues, dont 1,8 million en anglais, 589.000 en allemand, 260.000 en portugais et 236.000 en espagnol.
Fondée en juin 2003, la Wikimedia Foundation gère non seulement Wikipedia mais aussi Wiktionary, dictionnaire et thésaurus multilingue lancé en décembre 2002, puis Wikibooks (livres et manuels en cours de rédaction) lancé en juin 2003, auxquels s'ajoutent ensuite Wikiquote (répertoire de citations), Wikisource (textes du domaine public), Wikimedia Commons (sources multimédias), Wikispecies (répertoire d'espèces animales et végétales), Wikinews (site d'actualités) et enfin Wikiversity (matériel d'enseignement), lancé en août 2006. La fin 2007 voit le lancement d'un moteur de recherche dénommé Wiki Search, qui utilise le réseau de contributeurs de Wikipedia pour classer les sites en fonction de leur qualité.
Les précurseurs de Wikipedia sont WebEncyclo (disparu depuis) et Britannica.com, lancés tous deux en décembre 1999 sur le web. WebEncyclo, publié par les éditions Atlas, est la première grande encyclopédie francophone en accès libre. La recherche est possible par mots-clés, thèmes, médias (cartes, liens internet, photos, illustrations) et idées. Un appel à contribution incite les spécialistes d'un sujet donné à envoyer des articles, qui sont regroupés dans la section WebEncyclo contributif. Après avoir été libre, l'accès est ensuite soumis à une inscription préalable gratuite. La version web de l'Encyclopaedia Universalis est mise en ligne à la même date, soit un ensemble de 28.000 articles signés par 4.000 auteurs. Si la consultation est payante sur la base d'un abonnement annuel, de nombreux articles sont en accès libre.
Le site Britannica.com - mis en ligne lui aussi en décembre 1999 - propose en accès libre l'équivalent numérique des 32 volumes de la 15e édition de l'Encyclopaedia Britannica, parallèlement à la version imprimée et à la version CD-Rom, toutes deux payantes. Le site web offre une sélection d'articles issus de 70 magazines, un guide des meilleurs sites, un choix de livres, etc., le tout étant accessible à partir d'un moteur de recherche unique. En septembre 2000, le site fait partie des cent sites les plus visités au monde. En juillet 2001, la consultation devient payante sur la base d'un abonnement mensuel ou annuel. Fin 2008, Britannica.com annnonce l'ouverture prochaine de son site à des contributeurs extérieurs, avec inscription obligatoire pour écrire et modifier des articles.
2001: CREATIVE COMMONS
[Résumé]
Lancée en 2001 à l'initiative de Lawrence Lessig, professeur de droit en Californie, la licence Creative Commons est destinée à favoriser la diffusion d'oeuvres numériques tout en protégeant le droit d'auteur. L'organisme du même nom propose des licences-type, qui sont des contrats flexibles de droit d'auteur compatibles avec une diffusion sur l'internet. Simplement rédigées, ces autorisations non exclusives permettent aux titulaires des droits d'autoriser le public à utiliser leurs créations tout en ayant la possibilité de restreindre les exploitations commerciales et les oeuvres dérivées. L'auteur peut par exemple choisir d'autoriser ou non les reproductions et les rediffusions de ses oeuvres. Ces contrats peuvent être utilisés pour tout type de création: texte, film, photo, musique, site web, etc. Finalisée en février 2007, la version 3.0 des Creative Commons instaure entre autres une licence internationale et la compatibilité avec d'autres licences similaires, dont le copyleft et la GPL (general public license).
[En détail]
Lancée en 2001 à l'initiative de Lawrence Lessig, professeur de droit en Californie, la licence Creative Commons est destinée à favoriser la diffusion d'oeuvres numériques tout en protégeant le droit d'auteur. L'organisme du même nom propose des licences-type, qui sont des contrats flexibles de droit d'auteur compatibles avec une diffusion sur l'internet. Simplement rédigées, ces autorisations non exclusives permettent aux titulaires des droits d'autoriser le public à utiliser leurs créations tout en ayant la possibilité de restreindre les exploitations commerciales et les oeuvres dérivées. L'auteur peut par exemple choisir d'autoriser ou non les reproductions et les rediffusions de ses oeuvres. Ces contrats peuvent être utilisés pour tout type de création: texte, film, photo, musique, site web, etc. Finalisée en février 2007, la version 3.0 des Creative Commons instaure entre autres une licence internationale et la compatibilité avec d'autres licences similaires comme le copyleft et la GPL (general public license).
Qui utilise la licence Creative Commons? O'Reilly Media par exemple. Fondé par Tim O'Reilly en 1978, O'Reilly Media est un éditeur réputé de manuels informatiques et de livres sur les technologies de pointe. O'Reilly dispose d'abord d'une formule de "copyright ouvert" pour les auteurs qui le souhaitent, ou alors pour des projets collectifs. A partir de 2003, il privilégie le Creative Commons Founders' Copyright permettant d'offrir des contrats flexibles de droit d'auteur à ceux qui veulent également diffuser leurs oeuvres sur le web. La Public Library of Science (PLoS) utilise elle aussi la licence Creative Commons. Les articles de ses périodiques en ligne peuvent être librement diffusés et réutilisés ailleurs, y compris pour des traductions, la seule contrainte étant la mention des auteurs et de la source.
Une licence Creative Commons est utilisée pour un million d'oeuvres en 2003, 4,7 millions d'oeuvres en 2004, 20 millions d'oeuvres en 2005, 50 millions d'oeuvres en 2006, 90 millions d'oeuvres en 2007 et 130 millions d'oeuvres en 2008.
En complément, Science Commons est fondé en 2005 pour définir les stratégies et les outils nécessaires à la diffusion sur le web de la recherche scientifique, et ccLearn est fondé en 2007 dans le même but, mais pour l'enseignement.
2002: COURS DU MIT GRATUITS
[Résumé]
Le MIT (Massachusetts Institute of Technology) décide de publier le contenu de ses cours en ligne, avec accès libre et gratuit, pour les mettre à la disposition de tous, enseignants, étudiants et autodidactes. L'initiative est menée avec le soutien de la Hewlett Foundation et de la Mellon Foundation. Mise en ligne en septembre 2002, la version pilote du MIT OpenCourseWare (MIT OCW) offre en accès libre le matériel d'enseignement de 32 cours représentatifs des cinq facultés du MIT. Ce matériel d'enseignement comprend les textes des conférences, les travaux pratiques, les exercices et corrigés, les bibliographies, les documents audio et vidéo, etc. Le lancement officiel du site a lieu en septembre 2003, avec accès à quelques centaines de cours. En mars 2004, les 500 cours disponibles couvrent 33 disciplines. En mai 2006, les 1.400 cours disponibles couvrent 34 disciplines. La totalité des cours dispensés par le MIT, soit 1.800 cours, est disponible en novembre 2007, avec actualisation régulière.
[En détail]
Basé comme son nom l'indique dans le Massachusetts, un Etat des Etats-Unis, le MIT (Massachusetts Institute of Technology) a toujours été à la pointe de la recherche dans de nombreux domaines. En avril 1997, par exemple, ce sont des chercheurs du Media Lab du MIT qui créent la société E Ink pour développer une technologie d'encre électronique, elle aussi appelée E Ink.
Professeur à l'Université d'Ottawa (Canada), Christian Vandendorpe salue en mai 2001 "la décision du MIT de placer tout le contenu de ses cours sur le web d'ici dix ans, en le mettant gratuitement à la disposition de tous. Entre les tendances à la privatisation du savoir et celles du partage et de l'ouverture à tous, je crois en fin de compte que c'est cette dernière qui va l'emporter." Le MIT décide en effet de publier le contenu de ses cours en ligne, avec accès libre et gratuit, une initiative menée avec le soutien financier de la Hewlett Foundation et de la Mellon Foundation.
Lancée en septembre 2002, la version pilote du MIT OpenCourseWare (MIT OCW) offre en accès libre le matériel d'enseignement de 32 cours représentatifs des cinq facultés du MIT. Ce matériel d'enseignement comprend des textes de conférences, des travaux pratiques, des exercices et corrigés, des bibliographies, des documents audio et vidéo, etc. Le lancement officiel du site a lieu un an plus tard, en septembre 2003, avec accès à quelques centaines de cours. En mars 2004, les 500 cours disponibles couvrent 33 disciplines. En mai 2006, les 1.400 cours disponibles couvrent 34 disciplines. La totalité des 1.800 cours dispensés par le MIT est en ligne en novembre 2007, avec actualisation régulière. Parallèlement, certains cours sont traduits en espagnol, en portugais et en chinois avec l'aide d'autres organismes.
Le MIT espère que cette expérience de publication électronique - la première du genre - va permettre de définir un standard et une méthode de publication, et inciter d'autres universités à créer un "opencourseware" pour la mise à disposition gratuite du contenu de leurs propres cours. Un "opencourseware" peut être défini comme la publication électronique en accès libre du matériel d'enseignement d'une université donnée. A cet effet, le MIT lance l'OpenCourseWare Consortium (OCW Consortium) en décembre 2005, avec accès libre et gratuit au matériel d'enseignement de cent universités dans le monde un an plus tard.
2004: PROJET GUTENBERG EUROPE
[Résumé]
Dans la lignée du Projet Gutenberg, grande bibliothèque numérique de livres du domaine public, le Projet Gutenberg Europe est lancé en janvier 2004 par le Projet Rastko (Belgrade, Serbie), en même temps que Distributed Proofreaders Europe (DP Europe), calqué sur le site original de Distributed Proofreaders (qui opère aux Etats-Unis). Le concept est un site web qui permet la correction partagée en fragmentant les livres en pages pouvant être relues par des correcteurs différents. La présence de plusieurs langues reflète la diversité linguistique prévalant en Europe. La norme utilisée pour définir le domaine public est l'équation "décès de l'auteur + 50 ans", selon le copyright en vigueur en Serbie. Quand il aura atteint sa vitesse de croisière, le Projet Gutenberg Europe devrait se répartir en plusieurs bibliothèques numériques nationales et/ou linguistiques, avec respect du copyright en vigueur dans le pays donné. 100 livres sont numérisés en juin 2005, et 500 livres en octobre 2008.
[En détail]
En 2004, le multilinguisme devient l'une des priorités du Projet Gutenberg, tout comme l'internationalisation. Michael Hart prend son bâton de pèlerin vers l'Europe, avec des étapes à Bruxelles, Paris et Belgrade. Le 12 février 2004, il donne une conférence au siège de l'UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture) à Paris. Le lendemain, toujours à Paris, il anime un débat à l'Assemblée nationale. La semaine suivante, il s'adresse au Parlement européen à Bruxelles. Puis il rend visite à l'équipe du Projet Rastko à Belgrade (Serbie), pour soutenir la création du Projet Gutenberg Europe et de Distributed Proofreaders Europe.
Quand il aura atteint sa vitesse de croisière, le Projet Gutenberg Europe devrait alimenter plusieurs bibliothèques numériques nationales et/ou linguistiques, par exemple le Projet Gutenberg France pour la France. Chaque pays ou région aurait son propre accès réseau autorisé (respectant la législation en vigueur dans le pays donné), qui serait un accès local au sein d'un réseau continental (dans le cas de la France, le réseau européen) et d'un réseau global (à l'échelle de la planète).
Basé à Belgrade, en Serbie, le Projet Rastko s'est porté volontaire pour un pari aussi fou, catalysant du même coup les bonnes volontés européennes à l'est comme à l'ouest. Fondé en 1997, le Projet Rastko est une initiative non gouvernementale à vocation culturelle et pédagogique. L'un de ses objectifs est la mise en ligne de la culture serbe. Il fait partie de la Balkans Cultural Network Initiative, un réseau culturel régional couvrant la péninsule des Balkans, située au sud-est de l'Europe.
La règle utilisée pour définir le domaine public est l'équation "décès de l'auteur + 50 ans", qui correspond à la législation en vigueur en Serbie. Le Projet Gutenberg Europe utilise l'Unicode pour pouvoir traiter des livres dans un grand nombre de langues. Créé en 1991 et largement répandu à partir de 1998, l'Unicode est un système d'encodage qui attribue un code unique à chaque caractère pour être en mesure de traiter toutes les langues, contrairement à l'ASCII qui ne peut traiter que l'anglais et quelques langues européennes. Le Projet Gutenberg atteint 100 livres en mai 2005 et 500 livres en octobre 2008.
2004: GOOGLE BOOKS
[Résumé]
En octobre 2004, Google lance la première partie de son programme Google Print, établi en partenariat avec les éditeurs pour consulter à l'écran des extraits de livres, puis commander les livres auprès d'une librairie en ligne. En décembre 2004, Google lance la deuxième partie de son programme Google Print, cette fois à destination des bibliothèques, le but étant de numériser 15 millions de livres, à commencer par ceux des bibliothèques de plusieurs universités partenaires (Harvard, Stanford, Michigan, Oxford) et de la ville de New York. La version bêta de Google Print est mise en ligne en mai 2005. En août 2005, le programme est suspendu pour cause de conflit avec les associations d'auteurs et d'éditeurs de livres sous droits. Il reprend en août 2006 sous le nom de Google Books (Google Livres). La numérisation des fonds de grandes bibliothèques se poursuit, tout comme le développement de partenariats avec des éditeurs. En octobre 2008, Google clôt le conflit avec les associations d'auteurs et d'éditeurs en signant un accord avec eux.
[En détail]
En 2004, le moteur de recherche Google met son expertise au service du livre. En octobre 2004, Google lance la première partie de son programme Google Print, établi en partenariat avec les éditeurs pour consulter à l'écran des extraits de livres, puis commander les livres auprès d'une librairie en ligne. En décembre 2004, Google lance la deuxième partie de son programme Google Print, cette fois-ci à destination des bibliothèques. Il s'agit d'un projet de bibliothèque numérique de 15 millions de livres, qui consisterait à numériser en quelques années les livres de plusieurs grandes bibliothèques partenaires. Les premières bibliothèques participantes sont celles des universités du Michigan (dans sa totalité: 7 millions d'ouvrages), de Harvard, de Stanford et d'Oxford, et la New York Public Library. Le coût estimé se situe entre 150 et 200 millions de dollars US (environ 10 dollars par livre) et la durée prévue est de dix ans. La version bêta de Google Print est mise en ligne en mai 2005. En août 2005, ce programme est suspendu pour un temps indéterminé pour cause de conflit avec les associations d'auteurs et d'éditeurs de livres sous droits. Le programme reprend en août 2006 sous le nouveau nom de Google Books (Google Livres).
Google Book Search, le moteur de recherche de Google Books, permet chercher les livres par date, titre ou éditeur. La numérisation des fonds de grandes bibliothèques se poursuit, en étant cette fois axée sur les livres libres de droit, et sur le développement de partenariats avec les éditeurs qui le souhaitent. Les livres libres de droit sont consultables à l'écran et leur texte copiable, avec possibilité d'impression page à page. Ils sont téléchargeables sous forme de fichiers PDF et imprimables dans leur entier.
A l'exception de la New York Public Library, les bibliothèques participantes sont des bibliothèques universitaires (Harvard, Stanford, Michigan, Oxford, California, Virginia, Wisconsin-Madison, Complutense de Madrid). S'y ajoutent début 2007 les bibliothèques des Universités de Princeton et du Texas (Austin), ainsi que la Biblioteca de Catalunya (Catalogne, Espagne) et la Bayerische Staatbibliothek (Bavière, Allemagne). En mai 2007, Google annonce la participation de la première bibliothèque francophone, la Bibliothèque cantonale et universitaire (BCU) de Lausanne (Suisse), rejointe ensuite par la Bibliothèque municipale de Lyon (France). Google scannerait 3.000 livres par jour, ce qui représenterait un million de livres par an.
Pour les livres sous droits, Google fournit la fiche du livre et des extraits incluant les mots-clés recherchés, en invoquant le droit de citation. De ce fait, le conflit avec les éditeurs et les auteurs se poursuit lui aussi, puisque Google continue de numériser des livres sous droits sans l'autorisation préalable des éditeurs, en invoquant là aussi le droit de citation qu'il procure en aval. L'Authors Guild et l'Association of American Publishers (AAP) invoquent pour leur part le non respect de la législation relative au copyright pour attaquer Google en justice et réitérer leurs plaintes pendant deux ans. Ce conflit prend fin en octobre 2008 avec la signature d'un accord prévue en 2009 entre Google et les parties plaignantes.
2005: OPEN CONTENT ALLIANCE
[Résumé]
Lancé en octobre 2005 à l'instigation de l'Internet Archive, l'Open Content Alliance (OCA) est un projet public et coopératif de bibliothèque numérique mondiale. Le but est de créer un vaste répertoire libre et multilingue de livres numérisés et de documents multimédia pour consultation et téléchargement sur n'importe quel moteur de recherche. L'OCA regroupe de nombreux partenaires: bibliothèques, universités, organisations gouvernementales, associations à but non lucratif, organismes culturels, sociétés informatiques (Adobe, Hewlett Packard, Microsoft, Yahoo!, Xerox, etc.). Les premiers participants sont les bibliothèques des universités de Californie et de Toronto, l'European Archive, les Archives nationales du Royaume-Uni, O'Reilly Media et Prelinger Archives. L'OCA souhaite s'inspirer de l'initiative de Google tout en évitant ses travers, à savoir la numérisation des livres sous droits sans l'accord préalable des éditeurs, tout comme la consultation et le téléchargement impossibles sur un autre moteur de recherche.
[En détail]
Lancé en octobre 2005 à l'instigation de l'Internet Archive, l'Open Content Alliance (OCA) est un projet public et coopératif de bibliothèque numérique mondiale. Le but est de créer un vaste répertoire libre et multilingue de livres numérisés et de documents multimédia pour consultation et téléchargement sur n'importe quel moteur de recherche. L'OCA regroupe de nombreux partenaires: bibliothèques, universités, organisations gouvernementales, associations à but non lucratif, organismes culturels, sociétés informatiques (Adobe, Hewlett Packard, Microsoft, Yahoo!, Xerox, etc.). Les premiers participants sont les bibliothèques des universités de Californie et de Toronto, l'European Archive, les Archives nationales du Royaume-Uni, O'Reilly Media et Prelinger Archives. L'OCA souhaite s'inspirer de l'initiative de Google tout en évitant ses travers, à savoir la numérisation des livres sous droits sans l'accord préalable des éditeurs, tout comme la consultation et le téléchargement impossibles sur un autre moteur de recherche.
L'Open Content Alliance (OCA) franchit la barre des 100.000 livres numérisés en décembre 2006, avec un rythme de 12.000 nouveaux livres par mois. Ces livres sont disponibles dans la collection Text Archive de l'Internet Archive. A la même date, l'Internet Archive reçoit une subvention d'un million de dollars de la Sloan Foundation pour numériser cinq collections historiques appartenant à des établissements réputés (Metropolitan Museum of Art, Boston Public Library, Getty Research Institute, John Hopkins University, Université de Californie à Berkeley). La barre des 200.000 livres numérisés est franchie en mai 2007. La barre du million de livres numérisés est franchie en décembre 2008.
2006: WORLDCAT GRATUIT
[Résumé]
WorldCat, grand catalogue collectif mondial, voit le jour dès 1971. A cette date, l'association OCLC (Online Computer Library Center) lance un catalogue collectif permettant un catalogage partagé entre les bibliothèques universitaires de l'Ohio, un Etat des Etats-Unis. En 2006, 73 millions de notices provenant de 10.000 bibliothèques dans 112 pays permettent de localiser un milliard de documents. Une notice type contient non seulement la description du document mais aussi des informations sur son contenu: table des matières, résumé, couverture, illustrations et courte biographie de l'auteur. Toujours en 2006, WorldCat migre progressivement sur le web, tout d'abord en rendant la consultation des notices possible par le biais de plusieurs moteurs de recherche (Yahoo!, Google et d'autres), puis avec le lancement en août 2006 de la version web (bêta) de WorldCat en accès libre. Les bibliothèques membres y proposent non seulement leur catalogue mais aussi un accès direct (gratuit ou payant) à leurs documents électroniques: livres du domaine public, articles, photos, vidéos, musique et livres audio.
[En détail]
L'ancêtre de WorldCat est créé dès 1971 par l'association OCLC (Online Computer Library Center) pour permettre un catalogage partagé entre les bibliothèques universitaires de l'Ohio, un Etat des Etats-Unis. Renommé OCLC Online Union Catalog puis WorldCat, il devient au fil des ans l'un des deux grands catalogues collectifs mondiaux, l'autre étant le RLG Union Catalog (RLG: Research Library Group). En 1998, WorldCat est disponible sur abonnement payant et comprend 38 millions de notices en 370 langues, auxquelles s'ajoutent 2 millions de nouvelles notices par an. WorldCat utilise huit formats bibliographiques (livres, périodiques, documents visuels, cartes et plans, documents mixtes, enregistrements sonores, partitions, documents informatiques). En 2005, 61 millions de notices bibliographiques produites par 9.000 bibliothèques et centres de documentation sont disponibles dans 400 langues, avec translittération des notices pour les caractères non romains des langues JACKPHY (japonais, arabe, chinois, coréen (Korean), persan, hébreu et yiddish).