Les technologies et le livre pour tous
Chapter 2
A la fin des années 1990, l'avenir des catalogues en réseau tient à l'harmonisation du format MARC (machine readable cataloging) par le biais de l'UNIMARC (universal machine readable cataloging). Créé en 1977 par l'IFLA (International Federation of Library Associations), le format UNIMARC est un format universel permettant le stockage et l'échange de notices bibliographiques au moyen d'une codification des différentes parties de la notice (auteur, titre, éditeur, etc.) pour traitement informatique. Ce format favorise les échanges de données entre la vingtaine de formats MARC existants, qui correspondent chacun à une pratique nationale de catalogage (INTERMARC en France, UKMARC au Royaume-Uni, USMARC aux Etats-Unis, CAN/MARC au Canada, etc.). Les notices dans le format MARC d'origine sont d'abord converties au format UNIMARC avant d'être converties à nouveau dans le format MARC de destination. UNIMARC peut aussi être utilisé comme standard pour le développement de nouveaux formats MARC.
Dans le monde anglophone, la British Library (qui utilise UKMARC), la Library of Congress (qui utilise USMARC) et la Bibliothèque nationale du Canada (qui utilise CAN/MARC) décident d'harmoniser leurs formats MARC nationaux. Un programme de trois ans (de décembre 1995 à décembre 1998) permet de mettre au point un format MARC commun aux trois bibliothèques.
Parallèlement, en 1996, dans le cadre de son Programme des bibliothèques, la Commission européenne promeut l'utilisation du format UNIMARC comme format commun d'échange entre tous les formats MARC utilisés dans les pays de l'Union européenne. Le groupe de travail correspondant étudie aussi les problèmes posés par les différentes polices de caractères, ainsi que la manière d'harmoniser le format bibliographique, tout comme le format du document lui-même pour les documents disponibles en ligne.
1984: COPYLEFT
[Résumé]
L'idée du copyleft est lancée en 1984 par Richard Stallman, ingénieur en informatique et défenseur inlassable du mouvement «open source« au sein de la Free Software Foundation (FSF). Conçu à l'origine pour les logiciels, le copyleft est formalisé par la GPL (general public license) et étendu par la suite à toute oeuvre de création, le copyleft contient la déclaration normale du copyright affirmant la propriété et l'identification de l'auteur. Son originalité est de donner à l'utilisateur le droit de librement redistribuer le document et de le modifier. L'utilisateur ne peut toutefois revendiquer ni la paternité du travail original ni celle des changements effectués par d'autres. De plus, tous les travaux dérivés sont eux-mêmes soumis au copyleft. Chez les auteurs et les créateurs numériques, les adeptes du copyleft sont de plus en plus nombreux, afin de respecter la vocation première du web, réseau de communication et de diffusion à l'échelon mondial.
1990: WEB
[Résumé]
Nom usuel du World Wide Web, le web (avec ou sans majuscule) est conçu en 1989-90 par Tim Berners-Lee, alors chercheur au CERN (Organisation européenne pour la recherche nucléaire) à Genève. En 1989, il met en réseau des documents utilisant l'hypertexte. En 1990, il met au point le premier serveur HTTP (hypertext transfert protocol) et le premier navigateur web. En 1991, le web est opérationnel et change radicalement l'utilisation de l'internet (qui existe depuis 1974). Selon les termes mêmes de son inventeur, le web est "un espace commun d'information dans lequel nous communiquons en partageant cette information". En novembre 1993, le web prend son essor grâce à Mosaic, premier navigateur à destination du grand public. En octobre 1994 est fondé le consortium W3C (World Wide Web Consortium), un consortium international chargé de développer les normes et protocoles nécessaires au bon fonctionnement du web. Le W3C est présidé par Tim Berners-Lee. Quinze ans après la création du web, le magazine Wired constate dans son numéro d'août 2005 que "moins de la moitié du web est commercial, le reste fonctionne avec la passion".
[En détail]
Tim Berners-Lee invente le web en 1989-90. Dans The World Wide Web: A very short personal history, il écrit en avril 1998: "Le rêve derrière le web est un espace d'information commun dans lequel nous communiquons en partageant l'information. Son universalité est essentielle, à savoir le fait qu'un lien hypertexte puisse pointer sur quoi que ce soit, quelque chose de personnel, de local ou de global, aussi bien une ébauche qu'une réalisation très sophistiquée."
Le web est d'abord conçu comme un grand livre composé de pages reliées entre elles par des liens hypertextes et reproduisant les modèles connus de l'édition papier. Certains appellent cette étape le web 1.0.
Hébergé sur un serveur web et défini par une adresse web, appelée aussi URL (uniform service locator), un site web est constitué d'un ensemble de pages web reliées par des liens hypertextes (reliant entre eux des textes et des images) et hypermédias (reliant des textes et des images à des graphiques, des images animées, des bandes sonores et des vidéos). Ces hyperliens sont utilisés au sein d'une même page web, au sein du même site web (pour relier les pages les unes aux autres) et vers d'autres sites web.
Le web permet au livre de se convertir. On voit apparaître les textes électroniques, les bibliothèques numériques, les librairies en ligne, les éditeurs électroniques, les encyclopédies en ligne, les oeuvres hypermédias, les logiciels de lecture et les appareils de lecture dédiés. Le web devient une vaste encyclopédie.
Au début des années 2000, des milliers d'oeuvres du domaine public sont en accès libre. Les libraires et les éditeurs ont pour la plupart un site web. Certains naissent directement sur le web, avec la totalité de leurs transactions s'effectuant via l'internet. De plus en plus de livres et revues ne sont disponibles qu'en version numérique, pour éviter les coûts d'une publication imprimée. L'internet devient un outil indispensable pour se documenter, avoir accès aux documents et élargir ses connaissances. Le web est non seulement une gigantesque encyclopédie mais aussi une énorme bibliothèque, une immense librairie et un médium des plus complets. De statique dans les livres imprimés, l'information devient fluide, avec possibilité d'actualisation constante.
Dans The World Wide Web: A very short personal history, document écrit en avril 1998, Tim Berners-Lee ajoute: "Deuxième partie de ce rêve, le web deviendrait d'une utilisation tellement courante qu'il serait un miroir réaliste (sinon la principale incarnation) de la manière dont nous travaillons, jouons et nouons des relations sociales. Une fois que ces interactions seraient en ligne, nous pourrions utiliser nos ordinateurs pour nous aider à les analyser, donner un sens à ce que nous faisons, et voir comment chacun trouve sa place et comment nous pouvons mieux travailler ensemble."
En effet. Apparu en 2004, le web 2.0 serait un web de 2e génération, caractérisé par les notions de communauté et de partage, avec une floppée de sites dont le contenu est alimenté par les utilisateurs, par exemple les blogs, les wikis et les sites "sociaux". L'expression "web 2.0" émane d'ailleurs d'un éditeur puisqu'elle est utilisée pour la première fois en 2004 par Tim O'Reilly, fondateur O'Reilly Media, en tant que titre pour une série de conférences. Certains parlent de World Live Web au lieu de World Wide Web, le nom d'origine du web. Le web vise non seulement à utiliser l'information, mais aussi à collaborer en ligne, par exemple en tenant un blog personnel ou collectif, ou encore en participant aux encyclopédies Citizendium ou Wikipedia, cette dernière étant devenue l'un des dix sites les plus visités du web. Certains sites comunautaires sont "incontournables", par exemple le site de photos Flickr, le site de vidéos YouTube ou les réseaux sociaux Facebook et MySpace.
Le web 3.0 serait le web du futur, un web de 3e génération qui prendrait logiquement le relais du web 2.0. Il s'agirait d'un web capable d'apporter une réponse complète à une requête exprimée en langage courant. D'après la société Radar Networks, ce web serait "doté d'une forme d'intelligence artificielle globale et collective", avec des données qui seraient rassemblées sur les nombreux sites sociaux existant sur le web, tout comme les sites sur lesquels les utilisateurs donnent leur avis. Ces données pourraient ensuite être traitées automatiquement après avoir été structurées sur la base du langage descriptif RDF (resource description framework) développé par le W3C (World Wide Web Consortium), l'organisme international chargé du développement du web. Cette définition du web 3.0 est d'ailleurs loin de faire l'unanimité.
Terminons par quelques chiffres, ceux de Netcraft, une société de services internet qui fait un décompte des sites web au fil des ans. Netcraft recense un million de sites en avril 1997, 10 millions de sites en février 2000, 20 millions de sites en septembre 2000, 30 millions de sites en juillet 2001, 40 millions de sites en avril 2003, 50 millions de sites en mai 2004, 60 millions de sites en mars 2005, 70 millions de sites en août 2005, 80 millions de sites en avril 2006, 90 millions de sites en août 2006 et enfin 100 millions de sites le 1er novembre 2006. La forte croissance de l'année 2006 serait due à l'explosion des sites de petites entreprises et des blogs.
1991: UNICODE
[Résumé]
Publié pour la première fois en janvier 1991, l'Unicode est un système d'encodage informatique sur 16 bits spécifiant un nombre unique pour chaque caractère. Ce nombre est lisible quels que soient la plateforme, le logiciel et la langue utilisés. L'Unicode peut traiter 65.000 caractères uniques et prendre en compte tous les systèmes d'écriture de la planète. A la grande satisfaction des linguistes, l'Unicode remplace progressivement l'ASCII (American standard code for information interchange), un système d'encodage sur sept bits datant de 1968 et ne pouvant traiter que l'anglais et quelques langues européennes. L'utilisation de l'Unicode commence à se généraliser en 1998. Les versions récentes du système d'exploitation Windows de Microsoft (Windows NT, Windows 2000, Windows XP, Windows Vista) utilisent l'Unicode pour les fichiers texte, alors que les versions précédentes utilisaient l'ASCII. L'Unicode dispose de plusieurs variantes en fonction des besoins, par exemple UTF-8, UTF-16 et UTF-32 (UTF: Unicode transformation format).
[En détail]
Avec l'apparition du web en 1990, l'échange des données s'internationalise de plus en plus. On ne peut plus se limiter à l'utilisation de l'anglais et de quelques langues européennes, transcrites en ASCII (American standard code for information interchange), un système d'encodage sur sept bits datant de 1968.
Publié pour la première fois en janvier 1991, l'Unicode est un système d'encodage universel sur 16 bits spécifiant un nombre unique pour chaque caractère. Ce nombre est lisible quels que soient la plateforme, le logiciel et la langue utilisés. L'Unicode peut traiter 65.000 caractères uniques et prendre en compte tous les systèmes d'écriture de la planète. A la grande satisfaction des linguistes, il remplace progressivement l'ASCII. L'Unicode dispose de plusieurs variantes en fonction des besoins, par exemple UTF-8, UTF-16 et UTF-32 (UTF: Unicode transformation format). Il devient une composante des spécifications du W3C (World Wide Web Consortium), l'organisme international chargé du développement du web.
L'utilisation de l'Unicode se généralise en 1998, par exemple pour les fichiers texte sous plateforme Windows (Windows NT, Windows 2000, Windows XP, Windows Vista), qui étaient jusque-là en ASCII. Mais l'Unicode ne peut résoudre tous les problèmes, comme le souligne en juin 2000 Luc Dall'Armellina, co-auteur et webmestre d'oVosite, un espace d'écriture multimédia: "Les systèmes d'exploitation se dotent peu à peu des kits de langues et bientôt peut-être de polices de caractères Unicode à même de représenter toutes les langues du monde; reste que chaque application, du traitement de texte au navigateur web, emboîte ce pas. Les difficultés sont immenses: notre clavier avec ses ± 250 touches avoue ses manques dès lors qu'il faille saisir des Katakana ou Hiragana japonais, pire encore avec la langue chinoise. La grande variété des systèmes d'écritures de par le monde et le nombre de leurs signes font barrage. Mais les écueils culturels ne sont pas moins importants, liés aux codes et modalités de représentation propres à chaque culture ou ethnie."
Que préconise Olivier Gainon, créateur de CyLibris et pionnier de l'édition littéraire en ligne? "Première étape: le respect des particularismes au niveau technique, explique-t-il en décembre 2000. Il faut que le réseau respecte les lettres accentuées, les lettres spécifiques, etc. Je crois très important que les futurs protocoles permettent une transmission parfaite de ces aspects - ce qui n'est pas forcément simple (dans les futures évolutions de l'HTML, ou des protocoles IP, etc.). Donc, il faut que chacun puisse se sentir à l'aise avec l'internet et que ce ne soit pas simplement réservé à des (plus ou moins) anglophones. Il est anormal aujourd'hui que la transmission d'accents puisse poser problème dans les courriers électroniques. La première démarche me semble donc une démarche technique. Si on arrive à faire cela, le reste en découle: la représentation des langues se fera en fonction du nombre de connectés, et il faudra envisager à terme des moteurs de recherche multilingues."
1993: ONLINE BOOKS PAGE
[Résumé]
L'Online Books Page est créée en janvier 1993 par John Mark Ockerbloom pour répertorier les textes électroniques de langue anglaise en accès libre sur le web. A cette date, John Mark Ockerbloom est doctorant à l'Université Carnegie Mellon (à Pittsburgh, dans l'Etat de Pennsylvanie). En 1999, il rejoint l'Université de Pennsylvanie pour travailler à la R&D (recherche et développement) de la bibliothèque numérique. A la même époque, il y transfère l'Online Books Page, tout en gardant la même présentation, très sobre, et il poursuit son travail d'inventaire dans le même esprit. En 2003, ce répertoire fête ses dix ans et recense 20.000 textes électroniques, dont 4.000 textes publiés par des femmes. En 2006, il recense 25.000 textes. En 2008, il recense 30.000 textes, dont 7.000 titres du Projet Gutenberg.
[En détail]
Si certains se donnent pour tâche de numériser des oeuvres, comme le Projet Gutenberg, d'autres décident de répertorier celles qui sont en accès libre sur le web, en offrant au lecteur un point d'accès commun. C'est le cas de John Mark Ockerbloom, doctorant à l'Université Carnegie Mellon (à Pittsburgh, dans l'Etat de Pennsylvanie), qui crée l'Online Books Page pour recenser les oeuvres anglophones.
Cinq ans plus tard, en septembre 1998, John Mark relate: "J'étais webmestre ici pour la section informatique de la CMU (Carnegie Mellon University), et j'ai débuté notre site local en 1993. Il comprenait des pages avec des liens vers des ressources disponibles localement, et à l'origine l'Online Books Page était l'une de ces pages, avec des liens vers des livres mis en ligne par des collègues de notre département (par exemple Robert Stockton, qui a fait des versions web de certains textes du Projet Gutenberg). Ensuite les gens ont commencé à demander des liens vers des livres disponibles sur d'autres sites. J'ai remarqué que de nombreux sites (et pas seulement le Projet Gutenberg ou Wiretap) proposaient des livres en ligne, et qu'il serait utile d'en avoir une liste complète qui permette de télécharger ou de lire des livres où qu'ils soient sur l'internet. C'est ainsi que mon index a débuté. J'ai quitté mes fonctions de webmestre en 1996, mais j'ai gardé la gestion de l'Online Books Page, parce qu'entre temps je m'étais passionné pour l'énorme potentiel qu'a l'internet de rendre la littérature accessible au plus grand nombre. Maintenant il y a tant de livres mis en ligne que j'ai du mal à rester à jour. Je pense pourtant poursuivre cette activité d'une manière ou d'une autre. Je suis très intéressé par le développement de l'internet en tant que médium de communication de masse dans les prochaines années. J'aimerais aussi rester impliqué dans la mise à disposition gratuite de livres sur l'internet, que ceci fasse partie intégrante de mon activité professionnelle, ou que ceci soit une activité bénévole menée sur mon temps libre."
Fin 1998, John Mark Ockerbloom obtient son doctorat en informatique. En 1999, il rejoint l'Université de Pennsylvanie, où il travaille à la R&D (recherche et développement) de la bibliothèque numérique de l'université. A la même époque, il y transfère l'Online Books Page, tout en gardant la même présentation, très sobre, et il poursuit son travail d'inventaire dans le même esprit. Ce répertoire recense 20.000 livres en septembre 2003, 25.000 livres en décembre 2006 et 30.000 livres en décembre 2007.
1993: FORMAT PDF
[Résumé]
Le format PDF (portable document format) est lancé en juin 1993 par la société Adobe, en même temps que le logiciel Acrobat Reader. Défini par l'extension de fichier ".pdf", ce format conserve la présentation, les polices, les couleurs et les images du document source, quelle que soit la plateforme utilisée (Macintosh, Windows, Unix, Linux, etc.) pour le créer et pour le lire. Lisible à l'aide de l'Acrobat Reader - logiciel de lecture téléchargeable gratuitement - ce format devient au fil des ans la norme internationale de diffusion des documents dont la présentation originale doit être conservée. Tout document peut être converti en PDF à l'aide du logiciel Adobe Acrobat, disponible dans de nombreuses langues et pour de nombreuses plateformes. Dix ans plus tard, 10% des documents disponibles sur l'internet sont au format PDF, et ce format est également le format de livre numérique le plus répandu.
[En détail]
Lancé en juin 1993 par la société Adobe et diffusé gratuitement, le premier logiciel de lecture du marché est l'Acrobat Reader, qui permet de lire des documents au format PDF (portable document format). Ce format permet de figer les documents numériques dans une présentation donnée, pour conserver les polices, les couleurs et les images du document source, quelle que soit la plateforme utilisée pour le créer et pour le lire. Vendu en parallèle, le logiciel Adobe Acrobat permet de convertir n'importe quel document au format PDF.
Au fil des ans, le format PDF devient la norme internationale de diffusion des documents électroniques, pour impression ou pour transfert d'une plateforme à l'autre. Des millions de documents PDF sont présents sur le web pour lecture ou téléchargement, ou bien transitent par courriel. L'Acrobat Reader pour ordinateur est progressivement disponible dans plusieurs langues et pour diverses plateformes (Windows, Mac, Unix, Linux). En 2001, Adobe lance également un Acrobat Reader pour assistant personnel (PDA), utilisable sur le Palm Pilot (en mai 2001) puis sur le Pocket PC (en décembre 2001).
Face à la concurrence représentée par le Microsoft Reader (lancé en avril 2000), Adobe annonce en août 2000 l'acquisition de la société Glassbook, spécialisée dans les logiciels de distribution de livres numériques pour éditeurs, libraires, distributeurs et bibliothèques. Adobe passe aussi un partenariat avec Amazon.com et Barnes & Noble.com afin de proposer des titres lisibles sur l'Acrobat Reader et le Glassbook Reader.
En janvier 2001, Adobe lance deux nouveaux logiciels. Le premier logiciel, gratuit, est l'Acrobat eBook Reader. Il permet de lire les fichiers PDF de livres numériques sous droits, avec gestion des droits par l'Adobe Content Server. Il permet aussi d'ajouter des notes et des signets, de choisir l'orientation de lecture des livres (paysage ou portrait), ou encore de visualiser leur couverture dans une bibliothèque personnelle. Il utilise la technique d'affichage CoolType et comporte un dictionnaire intégré. Le deuxième logiciel, payant, est l'Adobe Content Server, destiné aux éditeurs et distributeurs. Il s'agit d'un logiciel serveur de contenu assurant le conditionnement, la protection, la distribution et la vente sécurisée de livres numériques au format PDF. Ce système de gestion des droits numériques (DRM - digital rights management) permet de contrôler l'accès aux livres numériques sous droits, et donc de gérer les droits d'un livre selon les consignes données par le gestionnaire des droits, par exemple en autorisant ou non l'impression ou le prêt. En avril 2001, Adobe conclut un partenariat avec la grande librairie en ligne Amazon.com, qui met en vente 2.000 livres numériques lisibles sur l'Acrobat eBook Reader: titres de grands éditeurs, guides de voyages, livres pour enfants, etc.
En dix ans, entre 1993 et 2003, l'Acrobat Reader aurait été téléchargé 500 millions de fois. Ce logiciel gratuit est désormais disponible dans de nombreuses langues et pour de nombreuses plateformes (Windows, Mac, Linux, Unix, Palm OS, Pocket PC, Symbian OS, etc.). En mai 2003, l'Acrobat Reader (5e version) fusionne avec l'Acrobat eBook Reader (2e version) pour devenir l'Adobe Reader (débutant à la version 6), qui permet de lire aussi bien les fichiers PDF standard que les fichiers PDF sécurisés.
Fin 2003, Adobe ouvre sa librairie en ligne, dénommée Digital Media Store, avec les titres au format PDF de grands éditeurs (HarperCollins Publishers, Random House, Simon & Schuster, etc.) ainsi que des versions électroniques de journaux et magazines (New York Times, Popular Science, etc.). Adobe lance aussi Adobe eBooks Central, un service permettant de lire, publier, vendre et prêter des livres numériques, et l'Adobe eBook Library, qui se veut un prototype de bibliothèque de livres numériques. En novembre 2004, l'Adobe Content Server est remplacé par l'Adobe LiveCycle Policy Server. Les versions récentes d'Adobe Acrobat permettent de créer des PDF compatibles avec les formats Open eBook (OeB) et ePub (ePub ayant succédé à OeB), devenus eux aussi des standards du livre numérique.
1994: PREMIER SITE DE BIBLIOTHEQUE
[Résumé]
La première bibliothèque présente sur le web est la Bibliothèque municipale d'Helsinki (Finlande), qui inaugure son site en février 1994. Puis nombre de bibliothèques créent un site web pour y mettre des informations pratiques, leur catalogue en ligne et une sélection de sites web, et développent une bibliothèque numérique à côté de leurs collections traditionnelles. Qu'elles soient des bibliothèques de textes, des bibliothèques d'images (fixes ou animées) ou des bibliothèques sonores, ou qu'elles associent les trois supports, ces bibliothèques numériques permettent à un large public d'avoir accès à des documents jusque-là difficiles à consulter parce qu'appartenant à des fonds anciens, des fonds locaux et régionaux, ou des fonds spécialisés.
[En détail]
La première bibliothèque présente sur le web est la Bibliothèque municipale d'Helsinki (Finlande), qui inaugure son site en février 1994. Puis nombre de bibliothèques créent un site web pour y mettre des informations pratiques, leur catalogue en ligne et une sélection de sites web, et développent aussi une bibliothèque numérique à côté de leurs collections traditionnelles. Qu'elles soient des bibliothèques de textes, des bibliothèques d'images (fixes ou animées) ou des bibliothèques sonores, ou qu'elles associent les trois supports, ces bibliothèques numériques permettent à un large public d'avoir accès à des documents jusque-là difficiles à consulter parce qu'appartenant à des fonds anciens, des fonds locaux et régionaux, ou des fonds spécialisés.