Part 16
[50] Voir notamment chapitre VI: un intéressant exposé du développement des armées, depuis les temps antiques jusqu'aux actuelles nations en armes; et chapitre XIV: les reflets de la guerre et de la paix dans les écrits des poètes et des philosophes anciens et modernes.
N. B. Mes citations sont prises d'après la première édition allemande, en un seul volume.
[51] «_Erfassen_». Nicolaï fait remarquer le sens intellectuel du mot «_erfassen_», comme de «_apprendre_», ou «_comprendre_», qui dérivent de la «préhension» primitive de la main.
[52] Je laisse de côté les abondantes preuves que Nicolaï puise dans l'histoire des espèces animales et dans l'ethnologie. Il montre notamment que les peuples les plus primitifs: Boshimans, Fuégiens, Esquimaux, etc., vivent en hordes, même quand ils n'ont pas de dispositions pour la vie familiale. Tous les sauvages sont extrêmement sociables; la solitude les détruit physiquement et psychiquement. Les civilisés eux-mêmes ont grand peine à la supporter.
[53] «Tout être, et, avant tout, tout être vivant a tendance à persévérer dans la croissance indéfinie.»
[54] Limite par osmose, pour les cellules isolées; limite mécanique, pour les individus polycellulaires; limite énergétique, pour les groupements supérieurs des individus en des êtres collectifs, des communautés sociales.
[55] Chapitre XIV.--Il prête d'ailleurs à discussion.
[56] Chapitres V et VI.
[57] Pages 154-156.
[58] Chapitre III.
[59] Chapitre V, pages 156 et suivantes.
[60] Pages 160 et suivantes.
[61] Pages 180 et suivantes.
[62] Chapitres VII et VIII.
[63] Chapitre VIII, p. 234 et suivantes.
[64] On trouvera, page 243, une carte, assez ironique, des races en Allemagne.
[65] Voir la note à la fin du volume.
[66] Ed. Jeheber, Genève, 1915.
[67] _Buddhist views of war_, the Open court, mai 1904.
[68] Le texte exact est: «_Les peuples meurent, pour que Dieu vive_».
[69] Nicolaï dit même: «des produits de hasard» (_sind nur zufällige Produkte_).
[70] Muschenbroek.
[71] Lichtenberg.
[72] On est surpris de rencontrer rarement dans le livre de Nicolaï le nom d'Auguste Comte, dont le «Grand-Etre Humain» a quelque parenté avec l'«Humanité» du biologiste allemand.
[73] Il est bon de noter que Nicolaï s'excuse presque d'avoir recours à ces démonstrations matérielles. Pour son compte, il lui suffirait, comme à Aristote, d'observer l'action des forces existantes entre les hommes, pour démontrer que l'humanité doit être considérée comme un organisme. «Mais les modernes sont tous (bien qu'ils le nient souvent) infectés de matérialisme... Bien qu'il ne soit pas absolument nécessaire de trouver entre les hommes les ponts de substance réelle (_die Brücke realer Substanz_), puisque les liens dynamiques suffisent, il faut pourtant satisfaire un besoin matérialiste du temps, et montrer qu'il existe en fait entre tous les hommes de tous les siècles et de tous les pays une liaison effective, une, continue, éternelle.» (P. 367-8.)
[74] D'après cette théorie, dont l'initiateur fut Jäger (1878), il y aurait transmission éternelle d'un protoplasma _germinatif_ héréditaire, emmagasiné à l'intérieur d'un autre plasma dit _somatique_, celui-ci périssable. Cette hypothèse du plasma immortel a suscité de vives discussions, qui ne sont pas terminées.
[75] _Ueber Ursprung und Bedeutung der Amphimixis_, 1906.
[76] A la vérité, ceci me semble le point délicat de la théorie. Comment concilier la mutation et la variabilité du plasma germinatif avec son immortalité et sa transmission éternelle?
[77] _Arten und Varietäten, und ihre Entstehung durch Mutation_, 1906.
[78] Fin du chapitre XIII.
[79] Il faudrait ici faire place, dans cet exposé, à la solution que Nicolaï donne du problème de la liberté. C'est un des chapitres capitaux de son livre.--Comment un biologiste, aussi pénétré du sentiment de la nécessité universelle, peut-il y faire rentrer, sans dommages pour elle, la liberté humaine? La caractéristique même de ce grand esprit est d'associer en lui ces deux forces rivales et complémentaires. Il a fait une suggestive étude, à la fois philosophique et physiologique, de l'anatomie du cerveau et des possibilités d'avenir presque infinies qui sont contenues en lui, sans que nous en ayons conscience, des milliers de chemins qui y sont inscrits, bien des siècles avant que l'humanité songe à les utiliser.--Mais il faudrait entrer en des développements qui dépassent le cadre de cette étude. Nous renvoyons au chapitre II, p. 58 et suivantes. C'est un modèle d'intuition scientifique.
[80] Chapitre X, page 290.
[81] Chapitre XIV.
[82] Chapitre XIV.
[83] Introduction.
[84] Introduction, p. 12.
[85] Les plus importantes de ces études se trouvent réunies dans le grand ouvrage: _Les Fourmis de la Suisse_. (_Nouveaux mémoires de la Société helvétique des Sciences naturelles_, t. XXVI, 1874, Zurich), et dans les admirables séries d'_Expériences et remarques pratiques sur les sensations des insectes_, publiées, en cinq parties, dans la _Rivista di Scienze biologiche_, Côme, 1900-1901.
Mais elles ne forment encore qu'une partie des recherches de l'auteur sur ce sujet. Le Dr A. Forel me disait récemment qu'il n'a pas écrit moins de 226 articles sur les fourmis, depuis l'ouvrage, devenu classique, de 1874.
[86] On l'utilise aussi à l'office de boucher: il découpe les proies en petits morceaux.
[87] Auguste FOREL: _Les Fourmis de la Suisse_ (1874, Zurich; p. 261-263).
[88] _Id._, p. 240.
[89] Chez le _Polyergus rufescens_.
[90] Voir A. FOREL: _Les Fourmis de la Suisse_, p. 266-273.
[91] Une des grandes causes d'erreurs, quand on prétend juger des insectes, est qu'on généralise l'observation d'une ou de quelques espèces au genre tout entier. Or, ces espèces sont excessivement nombreuses. Parmi les seules fourmis, on connaît actuellement, m'écrit M. le dr A. Forel, plus de 7.500 espèces. Et elles offrent toutes les nuances, tous les degrés de l'instinct.
[92] Je n'ignore pas que cette dernière affirmation paraît en complet désaccord avec la pensée de A. Forel, qui nie la liberté de notre arbitre ou de notre volonté. Mais je ne prétends pas ici rouvrir l'éternel débat du Libre Arbitre et du Déterminisme, qui me semble, pour beaucoup, une question de mots. Nous y reviendrons ailleurs.
[93] A propos d'un Institut des Nations, dont l'idée avait été émise dans un article de la _Revue Politique Internationale_, de Lausanne, par M. Gerhard Gran, professeur de l'Université de Christiania. Ma réponse a paru d'abord sous le titre: «_Pour une culture universelle_».
[94] Cet Institut vient de fonder une _Weltkulturgesellschaft_, qui a pour organe le journal: _Erde_, «journal pour le travail spirituel de l'humanité entière». Le premier numéro, qui m'en parvient, tandis que je revois les épreuves de ces pages, est tout entier une ardente profession de foi «panhumaniste».
[95] «Un grand Européen, G.-F. Nicolaï» (_Demain_, Numéros d'octobre et novembre 1917).--Voir plus haut, article XX.
[96] Copenhague, Steen Hasselbach's Verlag, premier numéro, 1er octobre 1918.
[97] Nicolaï évite, dans ce récit, de donner des détails sur sa fuite. Trop de personnes y ont été mêlées, qui auraient à souffrir; déjà, dit-il, on a mis en prison une des plus innocentes, la fiancée d'un de ses compagnons.--Il nous promet pour plus tard des Mémoires de sa vie de soldat.
[98] Cet _Aufruf an die Europäer_, est reproduit, dans le premier numéro de _Das werdende Europa_, à la suite de l'article que j'analyse; et Nicolaï fait appel à ses lecteurs, pour qu'ils y envoient leur adhésion et leur signature.
[99] La suite des événements a montré que ce n'était pas beaucoup dire. L'abdication morale du président Wilson, abandonnant ses propres principes, sans avoir la franchise de le reconnaître, a marqué la ruine du grand idéalisme bourgeois qui assura, depuis un siècle et demi, malgré toutes les erreurs, le prestige et la force de la classe dirigeante. Les conséquences d'un tel acte sont incalculables.
(R. R., juin 1919.)
[100] Elle est, d'ailleurs, très incomplète encore, par suite des retards ou des obstacles de la correspondance. Nous devons la faire paraître, avant d'avoir reçu la liste des signataires américains, qui nous est annoncée par notre ami Waldo Frank.