Les Phénomènes Psychiques Occultes: État Actuel de la Question

Part 5

Chapter 53,855 wordsPublic domain

Le samedi 24 mars, vers le soir, N. J. S., qui avait mal à la tête, était assis dans sa chambre. Il dit à sa femme qu'il avait trop chaud, ce qui ne lui était pas arrivé depuis des mois. Après avoir fait cette remarque, il se renversa en arrière sur la chaise longue et, à la minute suivante, il vit son ami F. L. qui se tenait devant lui, habillé comme d'habitude. N. J. S. remarqua les détails de sa toilette: il avait un chapeau entouré d'un ruban noir, son pardessus était déboutonné, il avait une canne à la main. Il fixa son regard sur N. J. S., puis s'en alla. N. J. S. se cita à lui-même les paroles de Job: «Et un esprit passa devant moi et le poil de ma chair se hérissa.» A ce moment, un froid glacial le traversa et ses cheveux se dressèrent. Puis, il se tourna vers sa femme en lui demandant l'heure qu'il était: «9 heures moins 12 minutes», répondit-elle. Sur quoi, il lui dit: «Je vous demandais l'heure, parce que F. L. est mort. Je viens de le voir.» Elle tâcha de lui persuader que c'était une imagination, mais il lui assura positivement qu'aucun argument ne pourrait changer son opinion.

Le lendemain dimanche, vers 3 heures de l'après-midi, A. L., frère de F. L., vint chez N. J. S., qui lui ouvrit la porte. A. L. dit: «Je suppose que vous savez ce que je viens de vous dire?» N. J. S. répliqua: «Oui, votre frère est mort.» A. L. dit: «Je pensais que vous le saviez.» «Pourquoi?» répliqua N. J. S. A. L. répondit: «Parce que vous aviez une grande sympathie l'un pour l'autre.» Plus tard, N. J. S. s'assura que A. L. était venu voir son frère le samedi soir, et qu'en le quittant, il avait vu à l'horloge de l'escalier qu'il était 9 heures moins 25 minutes. La sœur de F. L., qui vint le voir à 9 heures, le trouva mort; il était mort de la rupture d'un anévrisme.

C'est un simple exposé des faits, et la seule théorie que N. J. S. a sur le sujet est la suivante: Au moment suprême de sa mort, F. L. a éprouvé le vif désir de communiquer avec lui; par la force de sa volonté, il a donc imprimé sa propre image dans le sens de N. J. S.

En réponse à nos demandes, M. S. nous dit:

11 mars 1883.

Ma femme était assise à une table, au milieu de la chambre, au-dessus d'un lustre à gaz. Elle lisait ou elle travaillait à quelque ouvrage de couture. J'étais assis sur une chaise longue, placée contre le mur, dans l'ombre. Ma femme ne regardait pas dans la même direction que moi. Je m'appliquai à parler tranquillement pour ne pas l'alarmer; elle ne remarqua rien de particulier en moi.

Je n'ai jamais eu d'apparitions avant cette époque; je n'y croyais pas, parce que je ne voyais pas de raisons d'y croire.

M. A. L... me raconta que, tandis qu'il était en route pour m'annoncer la mort de son frère, il cherchait quelle serait la meilleure manière de m'apprendre la nouvelle. Mais, tout d'un coup, et sans autre raison que la connaissance de grande affection que nous avions l'un pour l'autre, l'idée lui vint que je pourrais le savoir.

Il n'y avait pas d'exemple de transmission de pensée entre nous. Il y a encore beaucoup de petits détails qu'il est impossible de donner en écrivant. Je suis donc tout à fait disposé à causer avec vous de tout cela et à répondre à toutes les questions, lorsque vous viendrez à la ville.

Il y a surtout un fait dont l'étrangeté me frappe, c'est la certitude profonde que j'ai qu'avant la mort de mon ami rien ne pouvait m'amener à cette idée. Je semblais cependant accepter tout ce qui se passait sans ressentir de surprise et comme si c'était chose toute naturelle.

N. J. S.

Mme S... nous envoie la confirmation suivante:

18 septembre 1883.

Le 29 septembre dernier, au soir, j'étais assise à une table et je lisais, mon mari était assis sur une chaise longue placée contre le mur de la chambre; il me demanda l'heure, et, sur ma réponse qu'il était 9 heures moins douze minutes, il me dit: «La raison pour laquelle je vous demande cela, c'est que S... est mort. Je viens de le voir.» Je lui répondis: «Quelle absurdité! Vous ne savez même pas s'il est malade; j'affirme que vous le verrez tout à fait bien portant lorsque vous irez en ville mardi prochain.» Cependant mon mari persista à déclarer qu'il avait vu S... et qu'il était sûr de sa mort; je remarquai alors qu'il avait l'air très inquiet et qu'il était fort pâle.»

Maria S...

Nous trouvons dans la nécrologie du _Times_ que la mort de M. F. L. eut lieu le 24 mars 1883.

Dans une communication postérieure, M. S... dit:

23 février 1885.

Comme vous me l'avez demandé, j'ai prié M. A. L.. de vous écrire ce qu'il sait relativement au moment de la mort de son frère.

Depuis ce temps, j'ai souvent réfléchi sur cet incident: je ne suis pas à même de satisfaire mon propre esprit quant au _pourquoi_ de l'apparition, mais j'affirme encore l'exactitude de chaque détail, je n'ai rien à ajouter ni à retrancher.

Le frère de M. L... confirme le fait de la manière suivante:

Banque d'Angleterre, 24 février 1885.

M. S.... m'a informé du désir que vous aviez de voir confirmer par écrit ce qu'il vous a raconté de la mort subite de mon frère Frédéric; je le prie en conséquence de vous communiquer les détails suivants: Mon frère n'était pas venu à son bureau le 24 mars 1883; j'allai, vers 8 heures du soir, le voir et je le trouvai assis dans sa chambre à coucher. Lorsque je le quittai, il se trouvait en apparence beaucoup mieux et je descendis vers 8 heures 40 à la salle à manger, où je restai avec ma sœur, à peu près une demi-heure. Aussitôt que je fus parti, elle monta à la chambre de mon frère, qu'elle trouva étendu sur le lit: il était mort. Le moment exact de sa mort ne sera par conséquent jamais connu. Lorsque je me rendis, le lendemain, chez M. S... pour lui apporter la nouvelle, l'idée me vint--je connaissais la forte sympathie qui existait entre eux--qu'il pourrait bien avoir eu un pressentiment de cette mort. Lorsqu'il vint à ma rencontre près de la porte, son regard me prouva qu'il savait tout; je lui dis donc: «Vous savez pourquoi je viens?» Il me raconta alors que, dans la soirée précédente, il avait vu mon frère Frédéric dans une vision, un peu avant 9 heures. Je dois vous dire que je ne crois pas aux visions et que je n'ai pas toujours vu les pressentiments se vérifier, mais je suis parfaitement convaincu de la véracité du récit de M. S... On me demande de le confirmer: je le fais volontiers, quoique je sache que je fortifie ainsi une doctrine dont je ne suis pas le disciple.

A. T. L.

Voici un second cas, encore plus typique. On remarquera la longue durée de l'apparition, et aussi cette expression qui se retrouve dans quelques autres observations: _Je marchai à travers l'apparition_.

Capitaine G. F. Russell Calt, Cartltierrie, Coatbridge, N. B.

Je passais mes vacances à la maison, je demeurais avec mon père et ma mère, non pas ici, mais dans une autre vieille résidence de famille, dans le Mid-Lothian, construite par un ancêtre au temps de Marie, reine d'Ecosse, et appelée Inveresk House. Ma chambre à coucher était une vieille pièce curieuse, longue et étroite, avec une fenêtre à un bout et une porte à l'autre. Mon lit était à gauche de la fenêtre et regardait la porte. J'avais un frère qui m'était bien cher (mon frère aîné), Oliver; il était lieutenant dans le 7e Royal Fusiliers. Il avait à peu près 19 ans et il se trouvait à cette époque, depuis quelques mois, devant Sébastopol. J'entretenais une correspondance suivie avec lui.

Un jour, il m'écrivit dans un moment d'abattement, étant indisposé; je lui répondis de reprendre courage, mais que, si quelque chose lui arrivait, il devait me le faire savoir en m'apparaissant dans ma chambre où, petits garçons encore, nous nous étions si souvent assis, le soir, fumant et bavardant en cachette. Mon frère reçut cette lettre (comme je l'appris plus tard) lorsqu'il sortait pour aller recevoir la sainte cène; le clergyman qui la lui a donnée me l'a raconté. Après avoir communié, il alla aux retranchements, d'où il ne revint pas; quelques heures plus tard, commença l'assaut du Redan. Lorsque le capitaine de sa compagnie fut tombé, mon frère prit sa place, et il conduisit bravement ses hommes. Bien qu'il eût déjà reçu plusieurs blessures, il faisait franchir les remparts à ses soldats, lorsqu'il fut frappé d'une balle à la tempe droite. Il tomba parmi les monceaux d'autres; il fut trouvé dans une sorte de posture agenouillée (il était soutenu par d'autres cadavres), 36 heures plus tard. Sa mort eut lieu, ou plutôt il tomba, peut-être sans mourir immédiatement, le 8 septembre 1855.

»Cette même nuit, je me réveillai tout d'un coup. Je voyais en face de la fenêtre de ma chambre, près de mon lit, mon frère à genoux, entouré, à ce qu'il me semblait, d'un léger brouillard phosphorescent. Je tâchai de parler, mais je ne pus y réussir. J'enfonçai ma tête dans les couvertures; je n'étais pas du tout effrayé (nous avons tous été élevés à ne pas croire aux esprits et aux apparitions), mais je voulais simplement rassembler mes idées, parce que je n'avais pas pensé à lui, ni rêvé de lui, et que j'avais oublié ce que je lui avais écrit une quinzaine avant cette nuit-là. Je me dis que ce ne pouvait être qu'une illusion, un reflet de la lune sur une serviette ou sur quelque autre objet hors de sa place. Mais lorsque je levai les yeux, il était encore là, fixant sur moi un regard plein d'affection, de supplication et de tristesse. Je m'efforçai encore une fois de parler, mais ma langue était comme liée; je ne pus prononcer un son. Je sautai du lit, je regardai par la fenêtre et je m'aperçus qu'il n'y avait pas de clair de lune: la nuit était noire et il pleuvait serré, à en juger d'après le bruit qu'on entendait contre les carreaux; je me retournai, et je vis encore le pauvre Oliver: je fermai les yeux, _marchai à travers l'apparition_ et arrivai à la porte de la chambre. En tournant le bouton, avant de sortir, je regardai encore une fois en arrière. L'apparition tourna lentement la tête vers moi et me jeta encore un regard plein d'angoisse et d'amour. Pour la première fois, je remarquai alors à la tempe droite une blessure d'où coulait un filet rouge. Le visage avait un teint pâle comme de la cire, mais transparent; transparente était aussi la marque rouge. Mais il est presque impossible de décrire l'apparence de la vision. Je sais seulement que je ne l'oublierai jamais. Je quittai la chambre et j'allai dans celle d'un ami, où je m'installai sur le sofa pour le reste de la nuit; je lui dis pourquoi. Je parlai aussi de l'apparition à d'autres personnes de la maison; mais, lorsque j'en parlai à mon père, celui-ci m'ordonna de ne pas répéter un tel non-sens, et surtout de n'en rien dire à ma mère.

Le lundi suivant, il reçut une note de Sir Alexandre Milne annonçant que le Redan avait été pris d'assaut, mais sans donner des détails. Je dis à mon ami de me le faire savoir, s'il voyait avant moi le nom de mon frère parmi les tués et les blessés. Environ une quinzaine plus tard, il entra dans la chambre à coucher que j'occupais dans la maison de sa mère, à Athole Crescent, Edinburgh.

Je lui dis, l'air très grave: «Je suppose que vous venez pour me communiquer la triste nouvelle que j'attends.» Il répondit: «Oui.» Le colonel du régiment et un officier ou deux, qui avaient vu le cadavre, confirmaient le fait que l'apparence du corps s'accordait très bien avec ma description. La blessure mortelle était exactement là où je l'avais vue. Mais personne ne put dire s'il était vraiment mort tout de suite. Son apparition, dans ce cas, devait avoir eu lieu quelques heures après sa mort, car je l'avais vue quelques minutes après 2 heures du matin. Quelques mois plus tard, on renvoya à Inveresk un petit livre de prières _et la lettre que je lui avais écrite_. Les deux objets avaient été trouvés dans la poche intérieure de la tunique qu'il portait au moment de sa mort; je les ai encore.

Le récit de la _London Gazette Extraordinary_, du 22 septembre 1855, prouve que l'assaut du Redan commença dans l'après-midi du 8 septembre et qu'il dura au moins une heure et demie. Le rapport de Bunell nous apprend «que les morts, les moribonds et les non blessés étaient empilés pêle-mêle.» L'heure exacte de la mort du lieutenant Oliver Calt n'est pas connue.

Le capitaine Calt dit dans une autre communication:

Mon père reçut la lettre de l'amiral Milne juste au moment où nous partions en voiture pour visiter des ruines situées à une distance de quelques milles. Mon père conduisait, j'étais assis à côté de lui, et il fit l'observation: «J'ai bien fait de vous dire de ne pas parler à votre mère de l'apparition de votre frère Oliver. J'espère que vous défendrez à toutes les personnes auxquelles vous en avez parlé de mentionner cet incident, parce que, à présent, depuis cette nouvelle, votre mère serait doublement tourmentée.»

Le capitaine Calt nous a nommé plusieurs personnes qui pourraient confirmer son récit. Sa sœur, Mme Halpe, de Fermey, nous a envoyé la lettre suivante:

Le 12 septembre 1882.

Dans la matinée du 8 septembre 1855, mon père, M. Calt, nous a raconté, à moi, au capitaine Ferguson, du 42e régiment, qui est mort depuis, au major Dorwick, de la Rifle Brigade (qui vit encore), et à d'autres, qu'il s'était réveillé pendant la nuit et qu'il avait vu, lui avait-il semblé, mon frère aîné, le lieutenant Oliver Calt, des Royal Fusiliers (alors en Crimée), qui se tenait debout entre le lit et la porte. Il avait vu que Oliver avait été blessé de plusieurs balles; je me souviens qu'il nous a parlé d'une blessure à la tempe. Mon frère s'était levé; il s'était précipité, les yeux fermés, vers la porte et, en se retournant, il avait vu l'apparition, qui se tenait entre lui et le lit. Mon père lui ordonna de ne plus parler de cela pour ne pas effrayer ma mère; mais, bientôt après, arrive la nouvelle de la chute du Redan et de la mort de mon frère.

Deux années plus tard, mon mari, le colonel Hape, invita mon frère à diner. Mon mari n'était alors encore que lieutenant aux Royal Fusiliers, et mon frère, enseigne aux Royal Welsh Fusiliers. Ils parlèrent à diner de mon frère aîné. Mon mari indiquait quel était l'aspect de son cadavre, quand on l'avait trouvé, lorsque mon frère décrivit, ce qu'il avait vu. A l'étonnement de toutes les personnes présentes, la description des blessures correspondait aux faits.

Mon mari était l'ami le plus intime de mon frère aîné; il était parmi ceux qui virent le cadavre immédiatement après qu'on l'eut retrouvé.

On remarquera que cette confirmation diffère du récit précédent en deux points qui, cependant, n'affectent pas grandement sa valeur. La date de l'apparition était, en réalité, le 9 septembre et non le 8, mais il est très naturel que la vision a été associée à la date _mémorable_, c'est-à-dire le 8 septembre, et la figure était à genoux et non pas debout.

Citons maintenant un exemple d'hallucination véridique, où l'agent est dans un état parfaitement normal.

XCIV (256) Mlle Hopkinson, 37, Wolcem place, WC, Londres.

26 février 1886.

«Dans le cours de ma vie, j'ai été accusée quatre fois d'apparaître aux gens. Je ne puis donner aucune explication de ces visites supposées.»

Nous avons demandé à Mlle Hopkinson des détails et la confirmation des faits qu'elle avançait: elle nous a répondu:

«Vous seriez tout à fait excusable de ne pas croire un mot de mes récits; je ne peux, en effet, vous donner aucun témoignage extérieur pour les confirmer. La jeune femme qui a vu la première apparition est morte peu de temps après; ses parents, eux aussi, sont morts. Lors de la seconde apparition, j'ai donné à entendre au monsieur à qui j'étais apparue qu'il s'était trompé; je ne puis rien lui demander maintenant. Dans le troisième cas, bien que la dame qui m'a vue m'ait encore raconté les faits, il y a un ou deux jours, elle se refuse absolument à m'en écrire le récit ou à me permettre de me servir de son nom. Elle pense, en effet, et c'est une idée assez répandue, qu'il est contraire à la religion de s'occuper de ces sortes de choses. Le quatrième cas diffère des autres à certains égards, mais la jeune femme dont il s'agit, dans cette circonstance, mourut peu de temps après; je dois dire que, dans tous ces cas, ma pensée était fort occupée des personnes qui crurent me voir. Voici des détails plus circonstanciés:

_Premier cas._--C'était, il y a bien des années déjà: une jeune fille qui couchait dans une chambre contiguë à la mienne, déclara que, pendant la nuit, j'étais allée la voir; elle était réveillée et je lui avais rendu, disait-elle, quelques légers services. Elle maintint ses affirmations avec tant d'énergie que, malgré toutes mes dénégations, ceux qui l'entouraient ne me crurent pas. J'étais absolument certaine de ne pas avoir quitté ma chambre, je n'aurais pu le faire sans qu'on s'en fût aperçu. Je n'aurais pas confiance en ma mémoire pour d'autres détails; après un si long laps de temps, je pourrais me tromper.

_Deuxième cas._--Il y a sept ans, j'étais allée dans la cité (endroit que j'évite toujours), ayant à m'occuper d'une petite affaire qui concernait un de mes parents. Je tenais beaucoup à ce qu'il ne sût rien de ma démarche. Mes pensées étaient donc concentrées sur lui. Je fus tirée de ma rêverie par l'horloge de _Bow Church_ qui sonnait 3 heures. Le soir, je vis mon parent, et la première chose qu'il me dit fut: «L..., où êtes-vous allée aujourd'hui? Je vous ai vu venir chez moi, vous avez passé devant mon bureau, et je ne sais ce que vous êtes devenue.» Je lui répondis: «A quel moment avez-vous été assez ridicule pour penser que j'aurais pu aller vous voir»?--«Au moment où la pendule sonnait 3 heures», répliqua-t-il.

Je changeai de sujet, et depuis je ne suis pas revenue là-dessus. Ce monsieur me connaissait fort bien et savait comment je m'habillais d'ordinaire. Il va de soi que je n'allais pas le voir, si ce n'est pour affaires et lorsqu'il me donnait rendez-vous.

_Troisième cas._--C'était il y a environ 6 ans: j'habitais une maison de province à 100 milles de Londres. On était fort occupé dans la maison et d'esprit fort positif. Il y avait aussi beaucoup de jeunes gens très gais. Un matin, je descendis pour déjeuner, comme pressée par une sensation que je ne pouvais ni comprendre ni secouer. L'après-midi, cette sensation fut remplacée par l'idée obsédante d'une de mes parentes de Londres. Je lui écrivis pour lui demander ce qu'elle faisait, mais sa lettre se croisa avec la mienne; elle m'adressait la même question. Quand je la vis, elle m'a dit ce qu'elle m'a encore répété la semaine dernière: elle était assise et travaillait tranquillement, lorsque la porte s'ouvrit et j'entrai, ayant mon air habituel. Bien qu'elle me sût fort loin, elle conclut, en me voyant, que j'étais revenue. Elle ne s'aperçut du contraire que lorsque je me fus retournée et que je fus sortie de la chambre.

_Quatrième cas._--Il y a quatre ans, une jeune fille m'affirma que je m'étais tenue au pied de son lit (elle était souffrante à ce moment-là) et que je lui avais dit distinctement de se lever, de s'habiller, que je la croyais suffisamment bien pour le faire; elle obéit. Je lui dis qu'elle s'était tout à fait trompée et que je n'avais rien fait de pareil. Elle pensa évidemment que je niais le fait pour un motif quelconque. A ce moment-là, j'étais à une distance de 20 minutes de marche de la chambre de cette jeune fille. Elle était sûre de ce qu'elle affirmait et je n'aurais pas voulu discuter la question avec elle.

Sa maladie n'était pas une maladie mentale.»

Louisa HOPKINSON.

Il semblerait que des cas semblables dussent aider à découvrir le mécanisme de la production des hallucinations télépathiques; en réalité, on le voit, il n'en est rien. Bien mieux, des faits de ce genre semblent obscurcir encore la genèse du phénomène.

Le livre anglais contient plus de cent observations d'hallucinations visuelles analogues à celles que nous venons de citer.

_B._--HALLUCINATIONS TÉLÉPATHIQUES AUDITIVES

Les hallucinations véridiques auditives sont moins nombreuses que les visuelles.

Comme ces dernières, elles présentent divers degrés d'intensité et de netteté.

_Du côté du sujet_, tantôt ce n'est qu'un son inarticulé, un simple bruit qu'il perçoit, tantôt (et c'est le cas le plus fréquent) c'est une voix humaine qui est _reconnue_ ou non. Cette voix pousse un simple cri, ou bien prononce des paroles.

_Du côté de l'agent_, dans les cas qui n'ont pas été suivis de mort, et où la vérification est possible, il arrive que les cris ou les mots n'ont été qu'à demi-émis, et même simplement imaginés.

Ces diverses classes d'hallucinations auditives indiquées, voici quelques observations empruntées toujours au livre de MM. Gurney, Myers et Podmore.

Dans la suivante, il s'agit d'un cri terrible d'agonie poussé par l'agent et entendu par le sujet qui ne reconnaît pas la voix.

CIX (34). Ce récit est dû à un homme fort honorable que nous désignerons par les initiales de A. Z... Il nous a donné les noms véritables de toutes les personnes dont il est question dans son récit, mais il désire qu'ils ne soient pas publiés, en raison du caractère douloureux des faits qui y sont rapportés.

Mai 1885.

«En 1876, je demeurais dans une petite paroisse agricole de l'est de l'Angleterre.

J'avais pour voisin un jeune homme S. B... qui possédait, depuis peu, une des grandes fermes du pays. Pendant qu'on arrangeait sa maison, il logeait, avec son domestique, à l'autre bout du village. Son logement était fort éloigné de ma maison; il en était distant d'un demi-mille au moins, et il en était séparé par beaucoup de maisons et de jardins, par une plantation et des bâtiments de ferme. Il aimait les exercices du corps et la vie en plein air, et passait une bonne partie de son temps à chasser. Ce n'était pas pour moi un ami personnel, mais une simple relation; je ne m'intéressais à lui que comme à l'un des grands propriétaires du pays. Par politesse, je l'ai invité à venir me voir, mais autant que je m'en souviens, je ne suis jamais allé chez lui.

Une après-midi du mois de mars 1876, comme je quittais la gare, avec ma femme, pour rentrer chez moi, S. B... nous aborda. Il nous accompagna jusqu'à la porte d'entrée; il resta encore quelques instants à causer avec nous, mais il n'y eut rien de particulier dans cette conversation. Il faut noter que la distance entre cette porte et les fenêtres des salles à manger est, par le chemin, à 60 yards; mais les fenêtres de ces pièces donnent au nord-est sur le chemin à voitures.