Les Pardaillan — Tome 05 : Pardaillan et Fausta
Chapter 25
--Mais vous-même, croyez-vous que vous ayez été bien inspiré en entrant ici? Vous parlez d'imprudence? Il vous était si facile de tirer au large!
--Mais, madame, fit Pardaillan avec son air le plus naïf, j'ai eu l'honneur de vous dire que j'avais absolument besoin d'avoir un entretien avec vous!
--Il faut donc que ce que vous avez à me dire soit bien grave pour que vous vous exposiez ainsi après avoir échappé miraculeusement à la mort?
--Bon Dieu! madame, où prenez-vous que je m'expose, et qu'ai-je à craindre en tête-à-tête avec vous?
--Croyez-vous donc que je vous laisserai sortir d'ici aussi facilement que vous y êtes entré? Vous vous dites que ce n'est pas moi qui vous barrerai la route... Vous avez raison. Mais sachez que dans un instant vous allez être assailli. Vous allez vous trouver seul et sans arme, dans cette salle bien gardée.
Pourquoi lui disait-elle cela, alors qu'elle était seule encore avec lui? Elle savait bien que, s'il lui plaisait de mettre à profit l'avertissement qu'elle lui donnait, il n'avait que quelques pas à faire pour sortir. Pensait-elle qu'il ne trouverait pas le ressort qui actionnait la porte secrète? Ou plutôt ne pensait-elle pas qu'en l'avertissant il se croirait obligé de rester?
Très tranquillement, il répondit:
--Vous voulez parler des braves que ce sacripant d'inquisiteur est allé chercher, tout courant?
--Vous saviez...
--Sans doute! De même que j'ai bien remarqué votre petit manège qui consistait à m'acculer dans ce coin de la salle.
Fausta ne put s'empêcher de l'admirer. Mais, en même temps que l'admiration, l'inquiétude pénétrait en elle. Elle se disait que, si fort qu'il fût, Pardaillan ne pouvait s'être exposé à un aussi formidable danger sans avoir la certitude de s'en tirer indemne.
Une fois encore, elle jeta autour d'elle un coup d'oeil soupçonneux et ne découvrit rien. Elle étudia encore la physionomie du chevalier et le vit si confiant en sa force, que ses soupçons se dissipèrent, et elle se dit:
«Il pousse la bravade aux plus extrêmes limites!»
--Sachant que vous alliez être attaqué, dit-elle tout haut--et je vous préviens qu'une vingtaine d'épées vont vous assaillir--, sachant cela vous êtes resté. Vous comptez donc passer sur le corps aux vingt combattants que vous allez avoir sur les bras?
--Leur passer sur le corps serait trop dire. Mais, ce que je sais, c'est que je m'en irai d'ici sans blessure sérieuse, parce que mon heure n'est pas venue... Parce qu'il est écrit que je dois vous tuer.
--Pourquoi ne me tuez-vous pas tout de suite, en ce cas?
Elle prononça ces mots avec bravade et comme si elle l'eût défié de mettre sa menace à exécution.
Très naturellement, il dit:
--Votre heure n'est pas venue, à vous non plus.
--Ainsi, selon vous, je dois échouer dans toutes les tentatives que je dirigerai contre vous?
--Je le crois, dit-il très sincèrement. Récapitulons un peu les différents moyens que vous avez employés dans l'unique but de m'occire: le fer, la noyade, l'incendie, le poison, la faim et la soif... et me voici devant-vous, bien vivant. Dieu merci! Tenez, vous faites fausse route en cherchant à me tuer. Renoncez-y. C'est dur? Vous tenez absolument à m'expédier dans un monde qu'on prétend meilleur? Oui!... Mais puisque vous ne pouvez y parvenir! Que diable! il n'est pas besoin de tuer les gens pour s'en débarrasser. On cherche. Les moyens ne manquent pas qui font qu'un homme, vivant encore, n'existe plus pour ceux qu'il gênait.
Il plaisantait.
Malheureusement, dans l'état d'esprit où elle était, sous l'influence de la superstition qui lui suggérait qu'en effet il était invulnérable, elle he pouvait pas comprendre qu'il osât plaisanter sur un sujet aussi macabre. Et, dans sa superstition, elle se persuada que, nouveau Samson, il livrerait lui-même le secret de sa force.
--Comment? demanda-t-elle naïvement.
Il eut un imperceptible sourire de pitié.
--Eh! le sais-je? plaisanta-t-il.
Et, avec une lueur de malice dans les yeux, en mettant son doigt sur son front:
--Ma force est là... Essayez de me frapper là.
Elle le considéra longuement. Il paraissait très sérieux. Il eût frémi s'il eût pu lire ce qui se passait dans son cerveau et quelle pensée infernale il venait de faire germer en elle par une simple plaisanterie.
Elle demeura un instant pensive, cherchant à comprendre le sens de ses paroles et le parti qu'elle pourrait en tirer, et dans son esprit obstinément tendu vers ce but: la suppression de Pardaillan, en un éclair, elle entrevit la solution cherchée et elle pensa:
«Le cerveau!... le frapper au cerveau!... le faire sombrer dans la folie!... Et c'est lui qui m'indique ce moyen... Il a raison, cela vaut mille fois mieux que la mort... Comment n'y ai-je pas pensé?»
Et, tout haut, avec un sourire sinistre:
--Vous avez raison. Si vous sortez d'ici vivant, je ne chercherai plus à vous tuer. J'essaierai autre chose.
Quoi qu'il en eût, Pardaillan ne put réprimer un frisson. Cette intuition merveilleuse qui le guidait lui fit deviner qu'elle avait combiné quelque chose d'horrible, suggéré par sa plaisanterie. Mais il n'était pas homme à rester longtemps sous cette impression pénible. Il se secoua et, de sa voix railleuse:
--Mille grâces! dit-il.
Il lui apparut si calme, si maître de lui, que, de nouveau, elle l'admira. Et, d'une voix vibrante:
--Vous avez entendu ce que j'ai dit à ces Espagnols? Encore ne leur ai-je point dévoilé ma pensée tout entière. Vous m'avez, en raillant, saluée du titre de restauratrice de l'empire de Charlemagne. L'empire de Charlemagne ne serait rien comparé à celui que je pourrais créer si je m'appuyais sur un homme tel que vous. Cet avenir prestigieux ne vous tente-t-il pas? Que ne ferions-nous pas tous les deux! Nous pourrions voir l'univers entier soumis à notre loi. Dites un mot, un seul, ce prince espagnol disparaît, vous seul demeurez maître de celle qui n'eut jamais d'autre maître que Dieu. Et nous marchons à la conquête du monde.
Glacial, il répondit:
--Je croyais vous avoir dit une fois pour toutes mon sentiment sur ces rêves d'ambition. Excusez-moi, madame, mais nous ne pouvons pas nous entendre.
Elle comprit qu'il était inébranlable. Elle n'insista pas et se contenta d'approuver de la tête.
Pardaillan reprît d'une voix mordante:
--Que vous fassiez assassiner le roi Philippe, comme il y a quelques mois vous avez fait assassiner Henri de Valois, c'est affaire entre vous et lui. Je n'ai pas à prendre la défense de Philippe qui, du reste, me paraît de taille à se défendre lui-même. Que vous mettiez, dans un but d'ambition personnelle, ce pays à feu et à sang, comme vous l'avez fait en France, ceci encore est affaire entre vous et Philippe ou son peuple. Si les moyens que vous employez étaient avouables, je dirais même que je n'en suis pas fâchée, car, en soulevant l'Espagne contre son roi, vous donnerez assez d'occupation à celui-ci pour le mettre dans l'impossibilité de poursuivre ses projets sur la France. Par cela même, mon malheureux pays, sous la conduite d'un roi rusé mais brave homme, tel que le Béarnais, aura le temps de réparer en grande partie les calamités que vous aviez déchaînées sur lui. Sur ces deux points, madame, si je n'approuve pas vos idées et vos procédés, du moins, vous ne me trouverez pas devant vous.
--C'est beaucoup, chevalier, dit-elle franchement; et, si vous n'avez pas des exigences inacceptables en échange de cette neutralité, je suis assurée du sucès.
Pardaillan eut un sourire réservé et il reprit:
--Faites ce que bon vous semblera ici, cela vous regarde. Mais ne jetez pas les yeux sur mon pays. Je vous l'ai dit, la France a besoin de repos et de paix. Ne cherchez pas à y fomenter la haine et la discorde comme vous l'avez déjà fait, vous me trouveriez sur votre route. La nouvelle entreprise que vous tentez ici est appelée à un échec certain. Elle aura le même sort qu'ont eu vos entreprises en France: vous serez battue.
--Pourquoi?
--Je pourrais vous dire: parce que ces entreprises sont fondées sur la violence, la trahison et l'assassinat. Je vous dirai plus simplement: parce que vos rêves d'ambition reposent sur la tête d'un homme loyal et simple, le Torero, qui n'acceptera pas les offres que vous voulez lui faire. Parce que don César est un homme que j'estime et que j'aime, moi, et que je vous défends, vous entendez bien, je vous défends de vous attaquer à lui. Et, maintenant que je vous ai dit ce que j'avais à vous dire, vous pouvez faire entrer vos assassins.
En disant ces mots, il se leva et se tint debout devant elle, rayonnant d'audace. Et, comme s'ils eussent entendu son ordre, au même moment, les assassins se ruèrent dans la salle avec des cris de mort.
Fausta s'était levée aussi. Elle ne répondit pas un mot. Sans se presser, elle se retourna, s'éloigna majestueusement et alla se placer à l'autre extrémité de la salle, désireuse d'assister à la lutte.
Si Pardaillan avait voulu, il n'aurait eu qu'à étendre le bras, abattre sa main sur l'épaule de Fausta, et le combat eût été terminé avant que d'être engagé. Aucun des assistants n'eût osé ébaucher une menace en voyant leur maîtresse aux mains de celui qu'ils avaient pour mission de tuer sans pitié.
Mais Pardaillan n'était pas homme à employer de tels moyens. Il la regarda s'éloigner sans faire un geste.
Centurion avait bien fait les choses. Il avait été un peu long, mais il savait qu'il pouvait compter sur Fausta pour garder le chevalier autant de temps qu'il serait nécessaire. Il amenait avec lui une quinzaine de sacripants qui le suivaient dans toutes ses expéditions avec Barba Roja.
En plus de cette troupe, le familier amenait avec lui les trois ordinaires de Fausta: Sainte-Maline, Montsery et Chalabre, lesquels avaient bien consenti à suivre Centurion parlant au nom de la princesse.
Les deux troupes réunies formaient un total d'une vingtaine d'hommes, armés de solides et longues rapières et de bonnes et courtes dagues.
Les assaillants, avons-nous dit, s'étaient rués avec des cris de mort. Mais, si la précaution qu'avait eue Fausta de placer Pardaillan au fond de la salle était bonne, car elle l'acculait dans un coin et le mettait dans la nécessité d'enjamber un nombre considérable d'obstacles et de passer sur le ventre de toute la troupe pour atteindre la sortie, cette précaution devenait mauvaise car, pour atteindre leur victime, les hommes de Centurion devaient d'abord, eux aussi, enjamber ces mêmes obstacles, ce qui ralentissait considérablement leur élan.
Pardaillan les regardait venir à lui avec ce sourire railleur qu'il avait dans ces moments.
Il avait dédaigné de tirer sa dague, seule arme qu'il eût à sa disposition. Seulement, il s'était placé derrière la banquette, sur laquelle il était assis l'instant d'avant. Cette banquette était la dernière de la rangée. Pardaillan avait placé son genou gauche sur cette banquette, et, ainsi placé, les bras croisés, l'oeil aux aguets et pétillant de malice, il attendait qu'ils fussent à sa portée.
Fausta, qui le surveillait de sa place, et qui, devant cette froide intrépidité, sentait le doute l'envahir de plus en plus, se disait:
«Il va les battre tous! c'est certain! c'est fatal!»
Cependant Pardaillan avait reconnu les ordinaires, et, de sa voix railleuse:
--Bonsoir, messieurs!
--Bonsoir, monsieur de Pardaillan, répondirent poliment les trois.
--C'est la deuxième fois aujourd'hui que vous me chargez, messieurs. Je vois que vous gagnez honnêtement l'argent que vous donne Mme Fausta. Seulement je suis confus de vous donner tant de mal.
--J'espère que nous serons plus heureux cette fois-ci, dit Chalabre.
--C'est possible! fit paisiblement Pardaillan, d'autant que, vous le voyez, je suis sans arme.
--C'est vrai! dit Montsery, en s'arrêtant. M. de Pardaillan est désarmé!
--Nous ne pouvons pourtant pas le charger, s'il ne peut se défendre, dit tout bas Montsery.
--D'autant qu'ils sont assez nombreux pour mener à bien la besogne, ajouta Sainte-Maline en désignant du coin de l'oeil les hommes de Centurion.
--Puisque vous n'avez pas d'arme, dit-il tout haut à Pardaillan, nous nous abstenons, monsieur. Que diable! nous ne sommes pas des assassins!
Pardaillan s'inclina gracieusement, et:
--En ce cas, messieurs, écartez-vous et regardez...
A ce moment, sept ou huit des plus vifs parmi les assaillants n'avaient plus que deux rangées de banquettes à franchir pour être sur lui. Posément, avec des gestes mesurés, Pardaillan se courba et saisit à pleins bras la banquette sur laquelle il appuyait son genou.
C'était une banquette longue de plus d'une toise, en chêne massif et dont le poids devait être énorme.
Pardaillan la souleva sans effort apparent et, quand les premiers assaillants se trouvèrent à sa portée, il balaya l'espace de sa banquette tendue à bout de bras, en un geste large, foudroyant de force et de rapidité.
Un homme resta sur le carreau, trois se retirèrent en gémissant, les autres s'arrêtèrent interdits. Pardaillan se mit à rire doucement et souffla un moment.
Mais le reste de la bande arrivait et poussait les premiers rangs, qui durent avancer malgré eux. Pardaillan, froidement, méthodiquement, recommença le geste de la mort. Trois nouveaux éclopés durent se retirer.
Ils n'étaient plus que treize, en omettant les trois ordinaires qui assistaient, béants d'admiration, à cette lutte épique d'un homme contre vingt. Les hommes de Centurion s'arrêtèrent, quelques-uns même s'empressèrent de reculer, de mettre la plus grande distance possible entre eux et la terrible banquette.
Pardaillan souffla encore un moment et, profitant de ce qu'ils se tenaient en groupe compact, il souleva de nouveau l'arme formidable que lui seul peut-être était capable de manier avec cette aisance: il la balança un instant et la jeta à toute volée sur le groupe pétrifié.
Alors ce fut la débandade. Les hommes de Centurion s'enfuirent en désordre et ne s'arrêtèrent que dans l'espace libre devant l'estrade. Avec Centurion, qui avait eu la chance de s'en tirer avec quelques contusions sans importance, bien qu'il ne se fût pas ménagé, ils n'étaient plus que six hommes valides.
Cinq étaient restés sur le carreau, morts ou trop grièvement endommagés pour avoir la force de se relever. Les autres, plus ou moins éclopés, geignant et gémissant, étaient hors d'état de reprendre la lutte.
Pardaillan passa sa main sur son front ruisselant de l'effort soutenu, et, en riant, du bout des lèvres:
--Eh bien, mes braves, qu'attendez-vous? Vous savez bien que je suis seul et sans arme!
Mais, comme, en disant ces mots, il plaçait son pied sur la banquette qui se trouvait à sa portée, les autres, malgré les objurgations de Centurion, restèrent cois.
Alors, Pardaillan se mit à rire plus fort, et, s'apercevant que plusieurs rapières s'étalaient à ses pieds, il se baissa tranquillement, ramassa celle qui lui parut la plus longue et la plus solide, et, la, faisant siffler, de son air railleur, il leur lança:
--Allez, drôles! le chevalier de Pardaillan vous fait grâce!
Et, se tournant vers Fausta, sans plus s'occuper d'eux:
--A vous revoir, princesse! lui cria-t-il.
Il fit un demi-tour méthodique, et lentement, sans se retourner, il se dirigea vers la muraille qui fermait le fond de la salle, dans ce coin où il avait plu à Fausta de le placer, certaine qu'il n'y avait là aucune issue.
Arrivé au mur, il frappa dessus trois coups du pommeau de la rapière qu'il venait de ramasser.
La muraille s'ouvrit d'elle-même.
Avant de sortir, il se retourna. Centurion et ses hommes, revenus de leur stupeur, se lançaient à sa poursuite. Les trois ordinaires eux-mêmes, le voyant armé, chargeaient de leur côté. Le rire clair de Pardaillan fusa plus ironique que jamais. Il lança:
--Trop tard!
Quand la bande hurlante et menaçante arriva, elle se heurta à la muraille qui s'était refermée d'elle-même.
Honteux, furieux, ils se mirent à frapper le mur à coups redoublés. Trois hommes de Centurion soulevèrent péniblement une de ces banquettes que le chevalier avait maniée avec tant de facilité et s'en servirent de bélier sans réussir davantage à ébranler le mur.
Exténués, ils se résignèrent à abandonner la poursuite, et, piteux, ils se rangèrent autour de Fausta. Centurion surtout était très inquiet. Il s'attendait à des reproches sanglants. Sainte-Maline, Chalabre, Montsery n'étaient pas très rassurés non plus.
A la grande surprise de tous, Fausta ne fit aucun reproche. Elle savait, elle, que Pardaillan devait sortir vainqueur de la lutte. Donc elle se contenta de dire:
--Ramassez ces hommes, qu'on leur donne les soins que nécessite leur état. Vous distribuerez à chacun cent livres à titre de gratification. Ils ont fait ce qu'ils ont pu, je n'ai rien à dire.
Une rumeur joyeuse accueillit ces paroles. En un clin'd'oeil les éclopés furent enlevés.
Demeurée seule, Fausta resta immobile sur la banquette où elle s'était assise, cherchant, combinant, mettant en oeuvre toutes les ressources de son esprit si fertile en inventions de toutes sortes. Que voulait-elle? Peut-être ne le savait-elle pas très bien elle-même. Toujours est-il que, de temps en temps, elle prononçait un mot, toujours le même:
--La folie!...
Enfin, ayant sans doute trouvé la solution tant cherchée, elle se leva, rejoignit ses gardes du corps et remonta dans ses appartements.
Tandis que les ordinaires, sur un signe d'elle, s'installaient dans le vestibule, elle pénétra dans son cabinet, suivie de Centurion à qui elle donna des instructions claires et minutieuses, ensuite de quoi le bravo quitta la maison des Cyprès et rentra dans Séville. Fausta attendit dans son cabinet. Une demi-heure après, sa litière l'attendait devant le perron. Elle y monta. Autour caracolaient ses gardés ordinaires: Montsery, Chalabre, Sainte-Maline, et derrière venait une imposante escorte de cavaliers armés jusqu'aux dents.
La litière pénétra dans l'Alcazar et s'arrêta devant les appartements réservés à Mgr le grand inquisiteur.
Quelques instants plus tard, Fausta était introduite auprès d'Espinosa, avec qui elle eut une longue et secrète conversation. Sans doute ces deux puissants personnages arrivèrent-ils à s'entendre, sans doute Fausta obtint-elle ce qu'elle voulait, car, lorsqu'elle sortit, un sourire de triomphe errait sur ses lèvres et une lueur de contentement rendait ses yeux noirs plus brillants [1].
[Note 1: L'épisode qui termine ce récit a pour titre _Les Amours du Chico_.]
TABLE
I.--La mort de Fausta II.--Le grand inquisiteur d'Espagne III.--La vieillesse de Sixte-Quint IV.--Le réveil de Fausta V.--La dernière pensée de Sixte-Quint VI.--Le chevalier de Pardaillan VII.--Bussi-Leclerc VIII.--Trois anciennes connaissances IX.--Conjonction de Pardaillan et de Fausta X.--Don Quichotte XI.--Don César et Giralda XII.--L'ambassadeur du roi Henri XIII.--Le document XIV.--Les deux diplomates XV.--Le plan de Fausta XVI.--Le caveau des morts vivants XVII.--Où Bussi-Leclerc verse des larmes XVIII.--Don Cristobal Centurion XIX.--Le souper XX.--La maison des Cyprès XXI.--Centurion dompté. XXII.--Le nain à l'oeuvre XXIII.--El Chico et Juana XXIV.--Suite des aventures du nain XXV.--Où le Chico se découvre un ami XXVI.--Les conspirateurs